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  • il y a 1 jour
La France est devenue un coupe-gorge, les Français n’osent plus sortir de chez eux, les trafiquants de drogue contrôlent des quartiers entiers, les morts atroces de Lola ou de Lyhanna ont défrayé la chronique… Et les candidats à l’élection présidentielle vont prétendre réparer les défaillances graves de la police et de la justice, avec des propositions qu’ils n’appliqueront jamais, mais qui leur feront gagner des voix. L’ancien policier Jean-Pierre Colombiès dénonce cette imposture électorale.

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Transcription
00:03Générique
00:12Chers spectateurs, bonjour.
00:14Cette fois-ci, nous abordons un thème sans doute central de la campagne présidentielle à venir,
00:19la sécurité et la justice.
00:21Thème qui touche évidemment le quotidien des Français,
00:25quelle que soit la ville ou même la campagne où on habite.
00:28Tous les Français sont concernés.
00:31Pour en parler, nous recevons Jean-Pierre Colombias.
00:33Jean-Pierre Colombias, bonjour.
00:34Bonjour.
00:34Alors, vous êtes un ancien policier.
00:36Vous avez passé notamment 15 ans au Stup de Marseille.
00:40Donc, vous avez d'ailleurs quitté la police et écrit un livre pour raconter finalement
00:46comment la police a failli, comment l'état de droit a failli.
00:51La situation a évolué pendant ces 34 années que j'ai connues, effectivement.
00:55– Alors, selon vous, ce thème de la sécurité et de la justice va-t-il être au cœur
01:01de la campagne présidentielle à venir ?
01:03– Non, pas douté.
01:04C'est évident.
01:05Et on le voit avec l'intérêt de l'opinion publique qui se focalise dès lors qu'une affaire
01:10de droit commun commence à émerger et qu'elle prend une certaine ampleur.
01:16On voit avec l'affaire Jubilard, par exemple, et puis le cambriolage aussi du Louvre.
01:22Dès qu'il y a un fait divers un peu, qui sort des sentiers battus, il y a immédiatement
01:27une polémique qui naît et qui enfle.
01:29Parce qu'il faut le dire, c'est ce que, merci de l'avoir souligné, c'est ce que j
01:33'explique
01:33dans mon livre, La face obscure de la police.
01:36Il y a un déficit, un déficit de prise en compte totale, tout simplement parce que la France,
01:42les dirigeants de la France, depuis quelques dizaines d'années, ont pris le parti, ont
01:48adopté un parti pris qui consiste à mettre en place un système de dérégulation totale
01:55de la prise en compte de l'institution judiciaire, au niveau de la police et au niveau de la justice.
02:00Malgré les discours, les coups de menton de nos différents ministres, que ce soit
02:06Gérald Darmanien, Nouniez et Consor.
02:09Particulièrement depuis une dizaine d'années, on voit qu'il y a un glissement total, on
02:14laisse aller totalement l'institution à la dérive, contrairement justement à tous
02:18ces discours.
02:19Et on peut quand même faire un bilan qui dépasse le bilan d'Emmanuel Macron en responsabilisant
02:26tous les pouvoirs qui se sont succédés depuis, disons, environ une trentaine d'années,
02:30avec des budgets qui ne suivent pas, des fausses augmentations, fausses augmentations
02:35budgétaires, fausses augmentations en personnel, tout ça ce sont des fausses semblances et
02:40du discours.
02:41Alors on pourrait penser que c'est de l'amateurisme, moi j'ai la conviction plutôt que c'est
02:45véritablement un parti pris ultra libéral qui consiste à ne plus prendre en compte
02:51le pouvoir régalien et donc de ce fait la protection des plus faibles, c'est-à-dire
02:56vous et moi qui n'avons pas les moyens de nous payer des sociétés de protection
02:59privée.
03:00Donc ça va être un thème central, c'est un vrai thème, un vrai débat de société
03:04qui doit, de mon point de vue, dépasser même les antagonismes politiques.
03:07Malheureusement on voit qu'il y a toujours des arrières-pensées à ce niveau-là et
03:10que chacun défend sa boutique un petit peu comme ils le peuvent.
03:15– En écartant d'ailleurs les bilans qui leur reviennent, la droite parce qu'ils
03:20ont été un certain nombre d'années au pouvoir et la gauche parce qu'ils ont
03:23renoncé à aborder cette thématique de façon, je dirais, pragmatique et crédible.
03:30On reste dans les slogans, on reste dans les anathèmes, il n'y a pas de vraie programmation
03:35à part de nous balancer systématiquement le même slogan autour de la police de proximité
03:41sans d'ailleurs savoir réellement de quoi on parle à ce niveau-là.
03:44Il y a un vrai débat qui va naître, qui doit naître, qu'il faut provoquer et peut-être
03:48que si on peut apporter notre petite contribution, bien tant mieux.
03:52– Parce que là pour l'instant on a l'impression que dans les déclarations des candidats
03:56ou des futurs candidats, on est dans les chiffres, la comptabilité, augmenter les effectifs
04:02policiers et judiciaires, augmenter les places de prison, on est dans une logique comptable.
04:07Est-ce que selon vous il y a un débat ?
04:08– Comptable et communicatif.
04:09– Comptable et communicatif, c'est ce que j'explique là encore, je suis désolé
04:13d'y revenir, mais c'est ce que je démontre dans ce livre, c'est qu'il y a en
04:17fait
04:18une… c'est même pas une annonce, ce ne sont même pas des annonces, c'est de la pure
04:22propagande.
04:23C'est-à-dire que d'un côté on supprime des postes, on réduit des budgets, on ne
04:27modifie pas les concepts, je rappelle quand même que le système de procédure police
04:31fonctionne mal, il dysfonctionne totalement, ce que j'avais déjà dénoncé en tant que
04:34syndicaliste il y a quand même plus de dix ans maintenant.
04:37Et j'avais dit, attention, ça ne va pas fonctionner pour telle et telle raison, pas
04:40parce que je suis un technicien hors pair, mais tout simplement parce que les gens qui
04:44étaient chargés de ce développement m'expliquaient avec des petits dessins, vous savez, très
04:48simple, un enfant aurait pu comprendre que ça ne pouvait pas fonctionner de manière
04:52optimale.
04:53Bon ben tout ça a échoué, tout ça échoue, tout simplement parce qu'on a vraiment
04:57affaire à des amateurs, à des amateurs, à tous les niveaux.
05:01On parle d'augmentation de recrutement par exemple, sauf qu'on oublie d'expliquer
05:06à l'opinion publique qu'il y a des démissions par milliers.
05:10Jamais on n'a autant démissionné dans la police et dans la gendarmerie.
05:13Il y a un déficit de personnel dans la justice, donc on va vous sortir des chiffres qui consistent
05:17à dire, mais monsieur non, il n'y a pas de déficit, on est au quorum.
05:20Oui, effectivement, sauf qu'on oublie d'expliquer que la masse de travail, elle, a été multipliée
05:26par 5 et que de fait, il n'y a plus d'adéquation entre le nombre de fonctionnaires de la
05:31justice
05:31présent et la réalité du travail qui leur est dévolue.
05:34Et c'est pareil pour la police, police qui en plus s'accompagne d'une véritable révolution
05:39structurelle, puisqu'on voit bien que le discours qui a tendance aujourd'hui, qui
05:45tient la route, c'est quoi ? C'est la municipalisation de la sécurité, on décale le pouvoir
05:50régalien vers le pouvoir municipal, sauf que tout le monde n'aura pas les moyens
05:53de se payer une police municipale digne de ce nom.
05:56Et après, vous avez la manipulation des chiffres, ça c'est vieux comme le monde, on
05:59trafique allègrement les statistiques pour présenter un visage à peu près respectable
06:03à l'opinion publique et au peuple devant lequel ces braves gens doivent rendre des comptes.
06:08Oui, on voit par exemple l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, désormais
06:11candidat, qui a multiplié les conférences de presse pendant son passage Place Beauhau pour
06:15faire de l'autosatisfaction, selon vous une autosatisfaction qui n'est que de façade,
06:20qui n'est que de la poudre aux yeux ?
06:21C'est de la com, c'est de la com pure et simple.
06:23Moi je renvoie ceux que ça intéresse à des ouvrages de référence, comme celui de
06:27David Collomb sur la propagande justement, qui explique les mécaniques de communication
06:32de ceux qui nous gouvernent.
06:34Il y a une façon de présenter des chiffres, des augmentations partielles, des baisses de
06:40crédits qui sont tendancielles, mais pas tant que ça.
06:42Enfin, il y a toute une rhétorique de ceux qui nous gouvernent pour nous faire passer
06:46des vessies pour des lanternes, parlons clairement.
06:48Voilà, il y a des mensonges d'État, répétition, parce que dans le même temps, on a des satisfaiscites
06:53ou plutôt des autosatisfaiscites et on exfiltre un maire avec l'aide du RAID parce qu'il
06:59est menacé par des mafieux, par des trafiquants de drogue.
07:02Donc, à un moment donné, les faits s'imposent à nous et la réalité va se fracasser,
07:08enfin, le principe politique va se fracasser contre le mur des réalités.
07:11– Oui, vous faites référence au maire d'Alès dans le guerre qui a reçu des tags
07:14sur son domicile, tag menaçant et un courrier de la DZ, enfin, en tout cas attribué à
07:21la DZ Mafia, signé de la DZ Mafia, ce même édile qui, quelques mois plus tôt, affirmait
07:26que l'insécurité à Alès était exagérée par des systèmes de désinformation.
07:31Maintenant, il voit ça de ses propres...
07:33– Il paye les conséquences de son inconséquence, justement, et de son hypocrisie politique.
07:37– Mais comme beaucoup, comme beaucoup, vous savez, à gauche, on dénonce à la fois
07:41une forme de fascisme policier avec le slogan « la police tue », et puis en même temps,
07:46on voit bien que certains maires sont élus parce qu'ils ont des accointances
07:49avec les réseaux mafieux locaux.
07:52– Moi, je pense, si on fait un peu de prospective aux mois qui s'annoncent, aux années et aux
07:58mois, mais ça va aller très vite, vous allez voir, à partir du moment où l'État se retire,
08:01c'est un peu comme la mer qui se retire au moment où la marée basse, on est sur le
08:06sable, d'accord ? Et là, il y a la réalité du sol, on le voit.
08:09Donc l'État s'est désengagé, la réalité qui reste face à nous, c'est celle des gangs,
08:14tout simplement, c'est la seule organisation, ce sont les seules organisations structurées
08:17avec un commandement, avec une hiérarchie, et eux sont en ordre de bataille.
08:22Et on risque d'avoir, à un moment donné, ça conjugué, alors ce retrait du régalien
08:27conjugué avec une départementalisation ou une régionalisation politique démultipliée,
08:33on va arriver à une féodalité mafieuse.
08:35Ce que je veux dire par là, c'est que ceux qui sont en responsabilité au niveau des régions
08:40et des villes vont constituer des proies toutes trouvées, d'abord pour la corruption,
08:46tous ces systèmes corruptifs, et ils vont être la cible d'organisations criminelles
08:51qui sont déjà là, mais qui n'attendaient qu'une chose, ce sont les réformes d'Armanin,
08:55par exemple, ils n'attendaient que ça, la pulvérisation du pouvoir judiciaire face à eux.
09:00Il n'y a plus de réponse judiciaire à la hauteur, et donc la nature est en horreur du vide,
09:04ce sont les criminels qui vont occuper le terrain.
09:06Voilà à quoi nous allons être confrontés dans les mois à venir.
09:10Et ce n'est pas du tout du conspirationnisme, je ne suis pas en train de fantasmer sur un avenir
09:16noir,
09:16ce sont juste des faits.
09:18Ces faits sont dénoncés par certains, moi avec mon petit niveau,
09:22mais lorsque vous lisez justement certains comptes rendus réguliers de Xavier Roffer
09:26que vous devez connaître, ou même d'Alain Bauer, le bilan est accablant.
09:31Leur constat est cruel, cruel face à cette hypocrisie politique
09:36qu'on nous renvoie sans cesse comme étant la vérité suprême.
09:39Et on voit bien que ça les dérange, on voit bien que le pouvoir politique est gêné,
09:42nous en tournure, avec notamment cette tentative de loi contre les ingérences intérieures.
09:47Enfin, on est chez les fous, là.
09:49Là, je paraphrase Macron volontairement.
09:52Parler d'ingérence intérieure, donc noyauter toutes les paroles de vérité,
09:56ou du moins transgressives, au nom d'une stabilité politique, ça porte un nom.
10:00Ça s'appelle la censure.
10:02Et la censure va de pair avec la dictature.
10:04Donc on a intérêt à être très vigilant.
10:05Et là, pour le coup, je parle également pour défendre des médias comme le vôtre.
10:10Parce qu'un média sur lequel on a une liberté de parole totale,
10:14dès lors qu'on respecte, je dirais, les autres, l'individu,
10:18qu'on ne peut pas...
10:18– Oui, il n'y a pas de diffamation.
10:20– Voilà, de la diffamation, de l'injure ou des mensonges, tout simplement.
10:23Parlons simplement de la liberté de parole.
10:24Donc ces espaces de liberté de parole, il faut les protéger.
10:27Il faut être très vigilant et très agressif en retour.
10:30Parce que si on se laisse faire, si TV Liberté ou d'autres médias se laissent faire,
10:33je parle de manière très générale parce que je vais aussi sur d'autres médias
10:36qui ne sont pas nécessairement dans la ligne éditoriale que TV Liberté.
10:40Mais je salue à chaque fois la liberté de parole qui est offerte.
10:43Donc cette liberté de parole polymorphe, on va dire, doit être préservée.
10:46Il faut combattre contre ces tentatives de mainmise et de contrôle de la parole.
10:52Et ça va être...
10:53Ce n'est pas le débat de demain, ça.
10:55C'est le débat d'aujourd'hui, dans ce moment même.
10:58Parce qu'il y a des individus qui ont compris qu'il fallait appuyer là où ça fait mal
11:03en se servant du biais de la corruption au niveau des plus hauts échelons du pouvoir.
11:09– Alors cette censure justement de la parole libre, elle vise entre autres à faire taire
11:17ceux qui disent la réalité, l'État a failli, etc.
11:20Mais l'État il a failli, mais dans son objectif régalien, par idéologie comme je disais tout à l'heure
11:25ou aussi par défaitisme ? Les moyens ne sont plus là.
11:29– Je pense qu'il y a un calcul, comme je l'ai dit, en préambule, de système.
11:33C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous mettez en place une organisation socio-économique
11:39ultra-libérale sans entrave, aucune, vous laissez libre cours à toutes les dérives.
11:45La nature ayant horreur du vide, je me répète, mais ce n'est pas grave,
11:48dès lors que vous cassez toutes les barrières de contrôle, je ne parle pas d'empêcher le mouvement,
11:54je dis simplement de le contrôler.
11:56Tout va très bien, Mme la Marquise.
11:57Pour les trafiquants, c'est le bonheur absolu.
12:00Plus de contrôle aux frontières, plus de contrôle de l'espace,
12:04plus de contrôle même au niveau local.
12:06Il n'y a plus aucune entrave au pouvoir criminel, au pouvoir mafieux,
12:10qui, soit dit en passant, n'existe pas en France.
12:13La France est épargnée par le système mafieux.
12:15Donc on a mis en place, alors, cièrement, oui, cet espace, notamment européen, ultra-libéral,
12:21où il n'y a plus d'entrave au mouvement des biens, des personnes et des finances,
12:25est un terrain de jeu idéal pour les trafiquants et pour la mafia,
12:28les organisations mafieuses dans leur ensemble.
12:31Donc il n'y a pas une volonté, si vous voulez, on ne peut pas les accuser d'être des
12:34mafieux,
12:34des politiciens, mais en tout cas, on doit les accuser d'irresponsabilité
12:37pour ne pas avoir réfléchi aux conséquences des systèmes qu'ils mettaient en place,
12:41ou plutôt de la casse qu'ils étaient en train de faire.
12:44Dès lors que vous ne contrôlez plus votre État, vous ne contrôlez plus rien.
12:47– Mais alors, vous avez un candidat à l'élection présidentielle.
12:51Il veut sincèrement, je demande, réparer cette casse.
12:54Que devrait-il faire ? Quelles seraient ses premières mesures, une fois arrivé à l'Élysée ?
12:57– Il faudrait surtout une révolution sociale.
12:59Non mais là, je suis sérieux, il faut, à un moment donné,
13:02il nous faut une personnalité, homme ou femme,
13:05qui replace l'honnêteté politique et l'éthique au cœur du système.
13:09Alors là, c'est un vœu pieux pour le coup,
13:11ce que je suis en train de formuler devant vous,
13:13autant vous dire que je crois au Père Noël,
13:14parce qu'on voit bien que, j'ai fait le compte,
13:17on a aujourd'hui 23 candidats sur la ligne de départ, à peu de choses près,
13:21plus ou moins déclarés.
13:22– Pour l'instant.
13:22– Plus ou moins déclarés.
13:23– On aura peut-être encore une dizaine qui vont arriver au mois de septembre.
13:25– Oui, je pense que c'est un peu comme les champignons,
13:27dès qu'on va arriver à l'automne, plouf, ils vont émerger,
13:29on va les voir tous débarquer.
13:31Il y a les non-déclarés encore, comme Hollande, Zemmour,
13:34bon mais enfin tout ça, ça va se mettre en place.
13:36Il y a ceux qui ne se sont pas encore ralliés aux uns et aux autres,
13:39mais ils vont tous arriver avec la martingale.
13:41Vous citez Retailleau en disant,
13:43Retailleau fait en sens son bilan en tant que ministre de l'Intérieur,
13:47mais quelle blague, quelle blague.
13:50Débord un, son mandat, enfin son ministère a duré très peu de temps,
13:55si tenté qu'il ait eu la volonté réelle de faire quelque chose.
13:58Mais je rappelle quelque chose de très simple,
14:00d'historiquement, de politique, enfin on va faire un peu d'historique politique.
14:02Il appartient bien au LR.
14:04M. Retailleau, on est bien d'accord.
14:06Les LR, anciennement UMP, anciennement RPR,
14:09ce courant politique est bien celui qui a fait émerger un certain Nicolas Sarkozy.
14:13– Voilà, c'est une personne qui s'était servi d'ailleurs la sécurité pour ce succès.
14:16– Je ne crois pas me tromper, on est bien d'accord.
14:17C'était son levier, vous allez voir avec moi, ce sera la sécurité,
14:21la police de proximité c'est terminé, la police va être efficace
14:24et je vais vous démontrer avec des chiffres, chiffres à l'appui,
14:27que ce que je vais faire est très efficace.
14:28Sauf que dans le même temps, il alourdissait la procédure,
14:31il supprimait un poste de fonctionnaire sur deux,
14:34et les budgets étaient gelés.
14:36Donc c'est ça la réalité de l'hypocrisie, ce qu'on peut appeler l'hypocrisie politique.
14:39C'est-à-dire que vous avez une droite qui met le costume du guerrier,
14:45très grégaire, très vénéitaire, jusqu'au boutiste,
14:48et puis en fait qui gère des ministères avec une règle à calcul,
14:52avec des tableaux XL, qui réduit les budgets,
14:54et qui est, c'est le bal des faux-culs, excusez-moi du terme,
14:58mais alors là on y est en plein dedans.
14:59Et puis vous avez en face la gauche, totalement démagogique,
15:03qui résonne avec une échelle de valeurs qui lui est propre,
15:07qui se veut détenir la recette d'un humanisme universel,
15:11pour lequel les délinquants sont des victimes de la société.
15:15Vous voyez, il y a toute une structure de pensée
15:17qui est aussi délétère et dévastatrice que ceux qui sont en face,
15:21les uns avec la règle à calcul,
15:23les autres avec une démagogie criminelle.
15:26Parce qu'au milieu de tout ça, il y a la sécurité des uns et des autres,
15:29il y a la petite Liana, il y a la petite Lola,
15:31il y a tous ces gamins qui s'entretuent ou qui sont tués par des voyous,
15:35par des criminels, qu'ils soient délinquants sexuels ou autres.
15:38Elle est là la réalité, c'est qu'au centre de ça,
15:41entre ces deux blocs qui se font une guerre idéologique totalement vaine,
15:45il y a tout simplement des victimes.
15:47– D'ailleurs, un drame comme l'affaire Lola ou l'affaire Liana,
15:51un autre peut très bien survenir dans les mois qui viennent,
15:53ça peut arriver en plein premier tour, en pleine campagne de premier tour.
15:57– Mais bien sûr.
15:58– À ce moment-là, la question va faire l'une des infos.
16:01– Comme d'habitude.
16:01– Votre avis, quelles sont les réactions des différents candidats ?
16:03– Mais ce sera toujours la même, ce sera toujours la faute à l'autre.
16:06Ce n'est pas de ma faute à moi, c'est la faute à celui qui m'a précédé.
16:08Voilà, et celui qui me suivra ne saura pas faire.
16:10On est dans…
16:12Vous voyez, c'est une démagogie de bac à sable, franchement, je vois.
16:18C'est peut-être très pessimiste ce que je suis en train de vous dire,
16:20mais je ne vois pas de solution.
16:21À court terme, je ne vois pas de solution.
16:24Je ne vois pas quelqu'un en capacité de porter…
16:28Parce que vous ne pouvez pas gérer ça tout seul.
16:30Ce n'est pas un homme ou une femme qui, demain,
16:31serait ministre de l'Intérieur qui pourrait dire tout seul
16:33« Ouais, moi, je vais changer les choses ».
16:34Non, c'est tout un système de pensée qui doit être revu et mis en place.
16:39Mais ça nécessite quoi ?
16:41Eh bien qu'il y ait tout un back-office qui soit derrière
16:45et qui soutienne cette idée-là.
16:47Mais on est à l'inverse aujourd'hui.
16:48On est dans une société ultra-libérale qui résonne par individualisme,
16:53hyper-profit, le moins de dépenses possibles, le moins d'États possibles.
16:57Mais tout ça est un contresens dès lors qu'on veut assurer la sécurité des uns et des autres.
17:02Parce que ça coûte cher, tout simplement, la sécurité.
17:05Or, le citoyen lambda n'a pas les moyens de se payer un garde du corps permanent.
17:09Nous sommes bien d'accord.
17:10Même un quartier ne peut pas se payer des services de sécurité privée
17:15à hauteur des besoins.
17:17Ce n'est juste pas possible.
17:17Ça, c'est le rôle de l'État.
17:19Mais dès lors que vous avez à la tête de cet État
17:22une idéologie qui, je dirais, colbertiste, mais à l'extrême.
17:28C'est-à-dire de l'État juste quand il faut, mais pas trop.
17:31Pas plus que ça.
17:32Libre-échange à tous les niveaux.
17:33Y compris, donc, avec ces conséquences qui sont les trafics.
17:37C'est ça, ce que nous vivons aujourd'hui.
17:39C'est un délitement total.
17:41Et vous rajoutez à ça une absence totale de prise en compte
17:45de ce qui forge l'unité nationale.
17:48Et tout va à volo.
17:50Regardez un exemple simple.
17:51QR code pour assister au 14 juillet, de qui on se moque.
17:54Ce qui fait nation, c'est à un moment donné de se rassembler
17:58au cours d'un événement qui fait sens au fait d'appartenir à une nation.
18:04Soit un événement politique, la prise de la Bastille,
18:08pourquoi pas une bataille, pourquoi pas...
18:09Oui, une référence qu'on va pêcher, qu'on va piocher dans notre histoire
18:14pour faire commun.
18:16Voilà.
18:16Quand vous cassez ça, il n'y a plus rien.
18:18Et je vous renvoie à un bouquin qui est extraordinaire
18:20qui s'appelle Les temps sauvages de Kessel,
18:23qui explique, qui raconte l'aventure, enfin l'aventure,
18:27cette parenthèse de vie d'un pilote de la Première Guerre mondiale
18:30qui va à Vladivostok au début du siècle, dans les années 20,
18:33et qui est confrontée à une société qui s'effondre.
18:36C'est la société russe.
18:37L'Empire est tombé et il n'y a plus rien.
18:39Voilà, il n'y a plus rien.
18:40Il y a d'un côté les forces blanches, tsaristes, impérialistes,
18:44et puis de l'autre, vous avez les forces communistes
18:48qui sont d'abord léninistes et puis qui deviendront staliniennes,
18:51enfin qui sont surtout trotskistes pour le coup.
18:53Mais tout ça s'oppose dans une forme d'anarchie globale,
18:56d'anarchie absolue.
18:58Il y a des seigneurs de guerre partout.
18:59Vous, c'est vers ça que nous allons, tout simplement.
19:02Alors, vous allez me dire, il exagère.
19:04Un peu peut-être, mais pas vraiment.
19:06Quand on voit justement, on en revient à l'exfiltration du maire d'Alès,
19:10on a peur de trafiquants de drogue.
19:12Dans ce pays, c'est le RAID qui va l'exfiltrer.
19:14C'est même pas le commissariat local ou les gendarmes.
19:17Non, le RAID, c'est signifiant quand même.
19:21Oui.
19:21Pourtant, ça se dit, les Français ont encore envie que l'État se mêle de leur sécurité
19:25parce que dès qu'un candidat à la présidentielle parle d'augmenter les moyens de la police,
19:29tout de suite, ça fonctionne, ça marche auprès des électeurs.
19:32Ça n'a pas échappé qu'il y a juste une petite fracture
19:34entre ceux qui espèrent et ceux qui réalisent.
19:36On est quand même dans une configuration
19:40où on a des candidats qui vont vous promettre la lune
19:44et une attente de l'opinion publique qui est réelle
19:47parce qu'il y a une vraie peur, il y a une vraie angoisse.
19:50Mais enfin, on est là pour être lucides et concrets.
19:54En face, il n'y a rien.
19:55Voilà.
19:55Tous.
19:56Et à partir du moment où aucun de ces candidats,
19:58vous pourrez les citer tous, les 23 que j'évoquais tout à l'heure,
20:01par exemple, ne parle de se dissocier de l'autorité européenne,
20:05c'est vain.
20:06Ça ne fonctionnera pas parce que nous avons prêté allégeance
20:09à une entité supranationale à qui nous avons délégué
20:12notre pouvoir de décision.
20:13Si nous n'avons pas demain le courage,
20:15ce sera ça la vraie différence.
20:17C'est ça qui fera la différence entre le ou la candidate
20:20qui dira, ok, on est dans un espace européen,
20:23on a besoin d'être dans cet espace
20:24parce qu'il faut reconnaître que c'est bien pratique
20:26d'aller d'un pays à l'autre sans changer de monnaie, par exemple.
20:29Mais moi, je n'applique pas tout
20:30et je me dissocie de ce pouvoir supranational
20:33qui m'impose un diktat qui m'empêche
20:36d'assurer la sécurité des citoyens.
20:37Certains candidats ont évoqué cette idée
20:39de limiter l'influence de l'État européen,
20:42enfin de l'Europe.
20:42Ça paraît urgent.
20:43Lorsqu'il entrave l'État de droit,
20:45mais sans vraiment, après il reste à préciser comment.
20:48C'est le comment, voilà, c'est le comment.
20:49Mais il y a une possibilité,
20:51il y a une possibilité,
20:52mais elle nécessite avoir un petit peu de courage.
20:55C'est quoi ?
20:56Peut-être, peut-être, je dis ça comme ça,
20:58mais de créer une autre structure supranationale,
21:00mais qui ne prenne en compte cette fois
21:02que les intérêts économiques d'une zone.
21:06J'en reviens à la monnaie unique,
21:07éventuellement à la libre circulation
21:09des biens et des personnes.
21:11Moi, ça ne me dérange pas, ça.
21:12Par contre, gardons la main sur le régalien.
21:15D'accord ?
21:15Et à partir de là,
21:17ça avait été suggéré d'ailleurs
21:18par un ou deux candidats,
21:19et là je ne fais pas de prosélytisme
21:20ni pour les uns ni pour les autres,
21:21je le précise quand même,
21:22je n'appartiens à aucun parti politique.
21:24D'accord ?
21:25Mais ça ne me paraîtrait pas illogique
21:26qu'il existe un autre espace
21:29dissocié de l'espace européen actuel,
21:31parce qu'on ne peut pas en sortir.
21:32Contrairement à ce qu'on nous raconte actuellement,
21:34on ne peut pas en sortir comme ça.
21:36On est lié à ce pacte européen.
21:38Dès lors que vous avez une obligation
21:41de décision prise à l'unanimité,
21:43c'est une incohérence absolue.
21:45Par contre, rien ne vous interdit
21:46de créer un autre espace en parallèle
21:49qui permettrait d'associer uniquement
21:51les avantages de cet espace.
21:53C'était plus ou moins l'idée des Anglais.
21:55Mais pourquoi pas s'y rallier ?
21:56Tout en conservant, je dirais,
21:58ce qui est bon pour nous.
22:00Il ne faut pas être...
22:00À un moment donné, il faut arrêter d'être naïf.
22:02Il faut être pragmatique.
22:04Et pourquoi pas garder, effectivement,
22:05ce qui nous arrange,
22:06comme font les Anglais,
22:07et ce qui nous dérange,
22:08on le met de côté, tout simplement.
22:09– Alors, quelques mesures
22:11qui pourraient être prises
22:13malgré l'Union européenne,
22:14malgré certaines limites tout de même,
22:16ça concerne la justice.
22:18Là aussi, c'est un débat qui devrait revenir.
22:20Les peines planchers...
22:22– Ce qui est une âne rive.
22:22– Ils ont d'autres sécurités, bref.
22:25– Quelles orientations doivent être prises ?
22:27– Tout ça, c'est de la com'.
22:28On en revient à ce qu'on disait tout à l'heure.
22:29Tout ça, c'est de la com'.
22:30C'est du darmanisme.
22:32Moi, j'appelle ça du darmanisme.
22:33C'est-à-dire qu'il y a un fait,
22:35il y a un fait divers,
22:36il y a un mouvement d'humeur de la population.
22:38Ah ben, j'ai une idée,
22:39et vous allez voir, c'est la bonne idée.
22:41Alors, pourquoi la peine planchers,
22:42ce n'est pas une bonne idée ?
22:43Pour deux raisons.
22:44D'abord, parce que les magistrats du siège
22:46font ce qu'ils veulent.
22:46D'accord ?
22:47S'ils ont envie de prononcer une peine
22:48et pas une autre, ils le feront.
22:49De deux, il n'y a pas assez de places de prison.
22:51Donc, vous pouvez mettre le plancher que vous voulez,
22:53je vous accorde la moquette,
22:54le parquet, ce que vous voulez.
22:56À partir du moment où vous n'avez pas
22:57la capacité carcérale,
22:58ce que vous pouvez promettre ou pas
23:00n'a strictement aucun sens.
23:01– Les candidats en parlent.
23:02Là, pour le coup,
23:03l'augmentation des places de prison,
23:05c'est bien suivi, commissaire.
23:06– Ah ben, en parler, ça ne coûte rien.
23:07Par contre, entre le moment où vous décidez
23:09réellement, concrètement,
23:10d'implanter une prison quelque part,
23:12qu'elle n'est pas sortie de terre,
23:13vous avez un terrain vague,
23:14tiens, je vais mettre une prison là.
23:16Et le jour où, vraiment,
23:17elle sort de terre et vous avez la clé,
23:19il faut un certain nombre d'années,
23:20si vous voulez ce que je veux dire.
23:22Pas loin de 10 ans.
23:23Il faut faire des appels d'offres,
23:24il faut déjà que la commune soit d'accord,
23:26que les habitants de la commune soient d'accord.
23:28Enfin, il y a tout un débat politique
23:29qui est derrière tout ça,
23:31une hypocrisie politique absolue, totale.
23:33Mais tout ça revient à du vent.
23:36Je persiste et je signe.
23:37C'est du vent.
23:38Peine planchée, création ou...
23:42Je ne sais pas.
23:43Il faudrait réfléchir surtout
23:44à des moyens,
23:45à des peines alternatives
23:46qui soient vraiment dissuasives.
23:48Je pense à la justice des mineurs,
23:50aller chercher, par exemple,
23:51mettre l'obligation de réparation aux parents,
23:53leur imposer ça.
23:54Supprimer les aides sociales,
23:55c'est une ânerie.
23:56C'est une ânerie.
23:57Parce qu'une famille
23:58qui a 3 ou 4 enfants,
24:00si vous avez un délinquant,
24:01vous supprimez les aides sociales
24:02à la famille entière.
24:03Bon, je veux bien.
24:04Donc, vous mettez à la rue
24:05et vous poussez 3 autres gamins
24:07vers la délinquance.
24:07Ok.
24:08Si c'est ça l'idée,
24:09je ne suis pas sûr qu'elle soit très bonne.
24:10Par contre,
24:11aller piocher
24:12dans les biens de cette famille-là,
24:15du moins au prorata
24:17de la capacité de paiement,
24:18pourquoi pas ?
24:19Et puis, la responsabilité pénale.
24:21Il n'y a pas que des gens miséreux
24:22qui commettent des délits.
24:23Il y a aussi des gens qui ont les moyens.
24:25Ils ont de l'argent.
24:26Vous avez des parents
24:27qui ne respectent aucune,
24:29qui n'ont plus aucune autorité parentale.
24:31Et là, il y a des lois à faire,
24:32plutôt à défaire.
24:33Parce qu'on a ultra-judiciarisé la famille.
24:36On est allé jusqu'à l'intérieur des familles
24:39pour correctionnaliser une calotte,
24:41une gifle.
24:42Ok.
24:42Mais on a tout confondu dans l'histoire.
24:44On a confondu éventuellement
24:45la gifle éducative
24:47et les violences faites aux enfants.
24:48Ce n'est pas tout à fait la même chose.
24:50– Ça, pour nos législateurs,
24:51un peu trop idéologues…
24:53– C'est ça le problème.
24:54– Il est là le problème.
24:55C'est qu'on est dans l'idéologie permanente.
24:57Donc la demi-mesure, on ne connaît pas.
24:59On judiciarise tout.
25:01C'est comme sur la loi intégrale
25:03que veulent les associations féministes
25:06pour les violences faites aux femmes.
25:08Mais tout le monde est d'accord
25:08qu'il faut faire au maximum
25:11pour protéger les femmes
25:12qui sont victimes de ces agressions physiques.
25:15Mais cette loi-là, quand on la lit,
25:17elle est inapplicable.
25:19Ce n'est pas parce que vous allez voter
25:20une loi intégrale
25:21que tout à coup, les policiers vont sortir de terre,
25:23que tout à coup, les bâtiments vont exister.
25:26Non, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
25:28Il faut des mesures concrètes,
25:29mais intelligentes, pas n'importe quoi.
25:32La loi intégrale,
25:33on parlait de l'affaire Jubilard,
25:35dans ce cas précis-là,
25:36n'aurait servi strictement à rien.
25:38Puisque cette femme vivait chez elle.
25:40Elle était en train de divorcer de son mari
25:41qui jusque-là, que je sache,
25:43ne lui avait pas porté de coups
25:45puisqu'il n'y avait pas de main courante
25:46ni de plainte.
25:47Donc vous voyez, on est malgré tout…
25:48J'en reviens toujours à ce principe de réalité.
25:51du concret et pas de la démagogie.
25:54Parce que faire voter une loi
25:55applicable à tous,
25:56alors que chaque affaire répond
25:58à un contexte particulier,
26:00c'est de la démagogie pure et simple.
26:02Et vaine.
26:03– Et selon vous, là,
26:04des quelques idées de mesures,
26:06par exemple, très concrètes,
26:08qui pourraient être avancées
26:08pour la présidentielle ?
26:09Vous en avez repéré, déjà,
26:11chez certains candidats ?
26:13– Non, non, franchement,
26:13il n'y a rien d'intéressant.
26:14Non, non.
26:15Parce que, justement,
26:16ils sont tous dans un clientélisme
26:19juste, éhonté, décomplexé.
26:21C'est tout et n'importe quoi.
26:23Voilà, clairement.
26:24Alors que les uns et les autres
26:25savent de quoi ils en retournent.
26:27On n'a pas affaire non plus
26:28à des gens qui sont hors du système.
26:30Ces fameuses hommes que nous évoquons,
26:32ils sont députés,
26:33ou ils sont en tout cas
26:34membres de partis politiques.
26:35– Certains ont été ministres.
26:37– Certains ont été ministres.
26:37– Certains ont été présidents
26:38parce que François Lund devrait y revenir.
26:39– Par exemple.
26:40Donc, ils savent
26:41quelle est la complexité des choses.
26:42Ils le savent
26:43que pour obtenir une réforme
26:45ou du moins mettre en place
26:47un autre système
26:48ou avoir des moyens supplémentaires,
26:50ça nécessite des budgets.
26:51Enfin, ils connaissent la complexité
26:53qui est derrière toute proposition.
26:55Mais là, on est dans le mercantilisme.
26:57On est comme si demain,
26:58vous allez sur un marché,
26:59vous allez avoir votre…
26:59Il y a un battleur
27:00qui va essayer de vous vendre
27:01des draps de coton
27:03qui ont été tissés au Tibet.
27:05Et il va passer une demi-heure
27:06et essayer de vous convaincre.
27:07C'est exactement la même chose.
27:08Là, ils vont tous y aller.
27:10– Sauf que là, évidemment,
27:12la marchandise,
27:13c'est quand même
27:13la sécurité des Français.
27:14– Oui, bien d'accord.
27:15On n'a pas le droit
27:15de jouer avec ça.
27:17Malheureusement,
27:18on est habitués
27:18depuis plus de 30 ans
27:20à ce marchandage,
27:22à ce démarchage politique
27:25des uns et des autres
27:26pour récupérer des voix
27:27alors qu'ils savent
27:28que ce qu'ils proposent
27:29n'est tout simplement
27:30pas applicable.
27:31– Et ce sera emporté
27:32par le vent
27:33dès l'entrée à l'Elysée.
27:35– Notamment.
27:36Ou dès qu'un nouveau fait divers
27:37arrivera
27:38ou un autre événement,
27:39il y aura peut-être
27:39un virus miraculeux
27:40qui va arriver,
27:41qui va mettre
27:41tout le monde d'accord.
27:43On espère une guerre
27:44pour certains.
27:45On essaie
27:47avec leurs petits bras musclés
27:48de nous pousser
27:48vers un conflit
27:49histoire de faire oublier
27:50qu'il y a aussi
27:50une élection.
27:51Enfin,
27:52tout est bon.
27:53Tout est bon
27:53pour
27:55soit
27:57monter la dernière marche,
27:58soit la garder.
27:59– Oui,
28:00qui sait,
28:00peut-être qu'ils seront
28:00assez malins
28:01pour faire diversion,
28:03ne pas trop parler
28:03des problèmes d'insécurité,
28:04des trafics de drogue,
28:05de pédophilie,
28:06etc.
28:07– Et vous n'avez pas
28:07échappé que pendant
28:08l'affaire Jubilard,
28:08on a très peu parlé
28:09des autres affaires.
28:11Il n'y a plus…
28:12Dès qu'un fait divers
28:13sur un âge,
28:13il écrase tout.
28:14Il écrase tout.
28:16On n'a plus parlé
28:16de Palestine,
28:18ni d'Iran,
28:19ni rien.
28:19tous focales,
28:20toutes les focales
28:21se sont pointées
28:24vers quoi ?
28:24Faire Jubilard et les feux.
28:26Tout le reste disparaît.
28:28C'est ça le problème.
28:29On est dans l'immédiateté,
28:30l'immédiateté,
28:32je dirais,
28:32le traitement
28:33d'une actualité immédiate,
28:35mais très immédiate,
28:36sans recul,
28:37sans discernement,
28:38sans analyse.
28:39Et en attendant,
28:40eh bien,
28:40on fait passer des lois scélérates
28:41où on maintient un système
28:44qui, lui,
28:45écrase l'individu.
28:46Je veux dire,
28:47on passe notre temps
28:48à être focalisé sur quoi
28:49en ce moment ?
28:50Je parlais de Jubilard,
28:51je parlais des feux.
28:52Il y a eu la Coupe du Monde.
28:53Il n'y a pas une journée
28:54où on ne nous parlait pas
28:54de la Coupe du Monde de foot.
28:55Là, le Tour de France
28:56est en train de se terminer.
28:58Après, on va voir quoi ?
28:59La reprise du championnat
29:00de France de foot.
29:01Vous voyez,
29:01à chaque fois,
29:01il y a des dérivatifs.
29:03L'idée est de nous empêcher,
29:05à nous, population,
29:06de réfléchir.
29:07Il ne faut pas
29:08que nous réfléchissions.
29:09Voilà.
29:10Sauf que malheureusement,
29:10les Français,
29:11quand ils sortent chez eux,
29:13ils voient tout de suite
29:13la réalité.
29:15Merci beaucoup,
29:15Jean-Pierre Colombiase,
29:16pour toutes ces considérations.
29:19Espérons quand même
29:19que la campagne présidentielle
29:20ne pourra pas faire l'impasse
29:22sur toutes ces questions.
29:23On va essayer
29:23de le faire en sorte,
29:24en tout cas.
29:24Chers témoignateurs,
29:26en attendant,
29:26bonne fin de vacances.
29:27Et évidemment,
29:29vu tous les thèmes
29:30qu'on a évoqués,
29:31faites bien attention à vous.
29:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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