- il y a 2 jours
Alors que l’élection présidentielle approche, la culture devrait être une fois de plus la grande oubliée de la campagne. L’écrivain Yves-Marie Adeline commente cet effacement qui en dit long sur la vision de nos hommes politiques. Une vision selon laquelle “il n’y a pas de culture française” alors que la France a été tournée en dérision devant le monde entier lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris.
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00:11– Chers spectateurs, bonjour, un Zoom d'été sur la culture avec Yves-Marie Adeline.
00:18Yves-Marie Adeline, bonjour. – Bonjour.
00:20– Alors, vous êtes auteur de nombreux ouvrages, y compris de romans, pièces de théâtre
00:25et même un peu de poésie, et vous êtes aussi auteur d'œuvres musicales.
00:31Alors, vous êtes effectivement l'invité qu'il nous fallait pour parler de la culture,
00:35cette grande oubliée des programmes présidentiels.
00:39Comment expliquer ça ? Est-ce que c'est parce que nous sommes dirigés par des technocrates
00:43qui ne comprennent plus que la culture, c'est un peu l'esprit de la France ?
00:47– Oui, puis en plus, il y a une différence importante entre la droite et la gauche.
00:52– La gauche, ce n'est pas la culture qui l'intéresse, c'est un outil idéologique
01:01sous le masque de la culture pour pénétrer les esprits, les convaincre, les entraîner.
01:06C'est le joueur de flûte, vous savez, du comte nordique.
01:10Quant à la droite, elle y voit quelque chose de tellement naturel qu'elle ne s'y intéresse pas.
01:15Donc pour elle, quand la droite mène un combat politique,
01:18elle ne comprend pas qu'il faille mener également un combat métapolitique,
01:22c'est-à-dire au-dessus de la politique, qui est le combat des esprits,
01:27le conquête des esprits, des idées, etc.
01:29Donc la droite a toujours eu beaucoup de mal, à part quelques exceptions
01:33que l'on remarque d'ailleurs, qui sont saillantes dans le paysage de la droite française.
01:40Donc vous voyez, c'est la grande oubliée, surtout à droite.
01:44C'est bien dommage.
01:45– Oui, vous vous dites à gauche, ils savent en faire un instrument.
01:48On la voit avec cette question, au combien de réactualité, sur le wokisme ?
01:51– Oui, parce que la culture est un moyen, en fait, de s'emparer des esprits.
01:58Si vous voulez, quand vous accrochez des pains d'épices à des ficelles,
02:02et je ne rigole pas, c'est vraiment une œuvre d'art.
02:05Par exemple, dans l'ancienne région Poitou-Charentes,
02:10le Fonds Régional d'Art Contemporain avait acquis, entre autres,
02:13des blue jeans cloués sur des planches et des pains d'épices attachés à des ficelles.
02:20En fait, il y a un message idéologique derrière ça, c'est-à-dire, je fais ce que je veux.
02:25Vous voyez, il n'y a plus de lien, d'obligation, il n'y a plus rien.
02:30Et donc ça, c'est très la gauche, bien évidemment.
02:34Et le wokisme, c'est ça.
02:36Si j'ai envie de me proclamer cerise, ou lavabo, ou chien, ou, vous voyez, ou chat,
02:46eh bien, j'ai le droit de le dire, voilà.
02:48J'ai le droit d'exiger qu'on me considère comme une cerise, une pomme, un artichaut.
02:56Là, c'est la même chose avec le pain d'épices attaché à des ficelles.
03:00Et donc, on voit bien qu'il y a un enjeu idéologique fondamental.
03:04Et la gauche, ce n'est pas vraiment la culture.
03:07Elle se sert de la culture.
03:08C'est le masque culturel qui lui permet d'intoxiquer les esprits à son avantage.
03:15Oui, mais même pour faire avancer un programme,
03:17qu'il s'agisse de thématiques comme l'immigration,
03:21comme les thématiques LGBT,
03:24on le voit à travers nos films.
03:26Oui, bien sûr.
03:27C'est comme ça qu'ils avancent.
03:27Oui, le cinéma, évidemment.
03:29Alors, un exemple caractéristique,
03:32parce qu'en France, il n'y a plus vraiment de cinéma,
03:34enfin, digne de ce nom,
03:35mais aux États-Unis,
03:37où il y a vraiment une offensive woke très importante,
03:42depuis déjà un certain temps,
03:43quelques fois qu'ils se retournent contre elle.
03:46Je pense à Disney, par exemple,
03:48qui souffre beaucoup financièrement
03:51parce qu'il n'y a pas de public véritable.
03:53En France, ce n'est pas pareil.
03:55En France, de toute façon, vous payez le cinéma,
03:57même si vous n'y allez jamais,
03:59puisque tout repose sur des impôts.
04:00Si personne ne rentre dans une salle de cinéma en France,
04:04ce n'est pas grave.
04:05Le film, il est rentabilisé pour le réalisateur.
04:07Quand il y a des...
04:09Vous savez, il y a trois filles qui avaient joué
04:12les trois mousquetaires en féminin, là.
04:14– Que personne n'est allé voir.
04:15– Que personne n'est allé voir.
04:16Et en plus, qui ont dit devant la caméra,
04:19pour présenter le film,
04:20« On vous emmerde ».
04:21C'est-à-dire qu'elles nous insultent,
04:23mais elles s'en fichent,
04:24puisque elles seront payées de toute façon.
04:26Le film, de toute façon, est rentabilisé
04:28par les impôts, par les subventions.
04:31Aux Etats-Unis, c'est un peu moins vrai.
04:34Donc, en fait, c'est pareil.
04:36C'est pour...
04:37Aux Etats-Unis, c'est très clair.
04:40Par exemple, la surreprésentation
04:42de la minorité noire,
04:44qui est proportionnellement moins importante
04:47aux Etats-Unis qu'en France, désormais.
04:49Il doit y avoir à peu près 12% de noirs.
04:51Or, dans un film américain,
04:53il faut que la proportion soit
04:54beaucoup plus importante que ça.
04:56Mais c'est une manière d'habituer,
04:58vous voyez, tout le monde.
04:59C'est une manière un peu métapolitique
05:01de s'emparer des esprits.
05:02– C'est intéressant de parler des Etats-Unis,
05:04parce qu'au début de son second mandat,
05:06Donald Trump a nommé Mel Gibson,
05:09John Voight et Sylvester Stallone,
05:12ses ambassadeurs spéciaux à Hollywood,
05:14avec un peu pour mission de contrebalancer
05:16l'influence très progressiste
05:18dans la capitale américaine du cinéma.
05:20Est-ce qu'en France,
05:22on imagine un homme de droite
05:24avoir une pareille idée ?
05:25Ou même reprendre cette idée, après tout.
05:28– Je ne veux pas reprendre cette idée,
05:29mais vous vous rendez compte,
05:30ça fait partie de l'immense défi de la droite
05:34si elle arrive au pouvoir en France.
05:37Vraiment, là, c'est un front,
05:39c'est sur tous les fronts, quoi.
05:40Il faut lutter contre la corruption de la justice,
05:44il faut lutter contre la corruption de la culture,
05:46le gaspillage et tout ça.
05:48L'éducation nationale,
05:50qui est évidemment des centres
05:51de bourrage de crainte de la jeunesse,
05:54qui prépare ensuite ce qui arrive.
05:57donc c'est un travail considérable.
05:59Évidemment, il faudrait que ça arrive.
06:02Mais c'est une œuvre de longue haleine
06:05et il faudrait des gens extrêmement courageux
06:08qui résistent à la pression,
06:11à l'émeute même.
06:12Voilà, c'est ça ce qu'il nous faut en France.
06:14Mais d'une manière générale,
06:15pour la prochaine présidentielle,
06:16il faut y songer.
06:17– Alors, quand on dit que la culture
06:19est la grande oubliée des programmes,
06:20bon, c'est vrai qu'à droite,
06:21ça tient quand même sur quelques petites lignes.
06:23Mais ce qu'on remarque à droite,
06:24c'est plutôt une préservation du patrimoine,
06:28du patrimoine religieux.
06:29Alors, vous qui êtes dans votre Poitou natal,
06:31vous savez ce que c'est que le patrimoine culturel religieux.
06:33– Oui, bien sûr.
06:35– Mais est-ce que tout ça,
06:37cette idée de conservation du patrimoine,
06:38est-ce que ça suffit ?
06:39– Mais justement, ça c'est très la droite.
06:42La droite s'intéresse vraiment à la culture
06:45parce qu'elle s'intéresse au patrimoine incroyable de la France.
06:50Enfin, la France est un des pays
06:51qui possède le plus riche patrimoine au monde.
06:53C'est pour ça d'ailleurs que les gens viennent du monde entier
06:56pour visiter le patrimoine français.
06:57Elle n'est guère dépassée que par l'Italie, par exemple,
07:00qui est également…
07:01Alors là, le pays, dans notre civilisation en particulier,
07:05qui est le cœur de la civilisation occidentale.
07:07On ne peut pas faire 100 mètres
07:08sans qu'on passe à côté de quelque chose.
07:10Mais justement, on voit bien que dans le budget du ministère de la Culture,
07:18la moitié du budget est consacrée à l'audiovisuel public
07:21dont on connaît les gabegis, même si on n'en tient aucun compte
07:25puisque Mme Ernotte a été réélue,
07:27elle a été élue une quatrième fois à l'échelon européen
07:31chargée de l'audiovisuel européen.
07:33Donc ça montre bien l'emprise idéologique,
07:36une sorte de dictature, si vous voulez, culturelle sur l'Europe.
07:40En général, et sur la France en particulier.
07:43Mais la moitié du budget passe dans l'audiovisuel public.
07:47Donc, comme vous le savez, le rapport à l'oncle a établi la gabegie,
07:52l'orientation idéologique,
07:55enfin la captation des impôts des Français
07:58et de tout ce secteur audiovisuel à des fins politiques.
08:01Donc ça en dit long.
08:038 milliards de budget, 4 milliards consacrés à l'audiovisuel public
08:06qui par ailleurs est en déficit constant.
08:09Mais c'est pas grave puisque les Français payent.
08:11De toute façon, ils abondent ensuite au déficit.
08:14– C'est ça, les Français payent, tout ça pour rien.
08:19Et pendant ce temps-là, nos agents cultureux s'en mettent plein les poches.
08:22– Oui.
08:23– Est-ce qu'on peut espérer que le rapport à l'oncle,
08:25peut-être, change la donne pour la prochaine présidentielle, finalement ?
08:28– Alors, on aurait…
08:30– Qu'est-ce que le sujet soit mis sur la table ?
08:32– Oui, au moins qu'il soit mis sur la table.
08:34Il a été mis sur la table, sauf que certaines choses
08:38méritaient des poursuites pénales.
08:41Quand Delphine Ernotte affirme sous serment
08:44devant la représentation nationale des mensonges,
08:48normalement, elle devrait être poursuivie.
08:50Elle ne l'est pas.
08:51Donc, on voit bien qu'on est dans un système
08:54où, en fait, ça a été plus du spectacle qu'autre chose.
08:58Alors, cela dit, je ne remets pas du tout
09:00en question le travail de M. Allongle.
09:01Bien au contraire, il a fait un bien fou.
09:03Et d'ailleurs, il est devenu célèbre
09:05dans le paysage politique français grâce à ça.
09:07Et c'est une chose bien méritée.
09:09Mais je ne suis pas sûr que ça ait rendu
09:12vraiment service concrètement,
09:15sinon que beaucoup de gens se sont rendus compte,
09:17effectivement, des gabegies invraisemblables.
09:19Moi, j'aurais rêvé de travailler dans l'audiovisuel public.
09:22Moi, qui suis très gourmand,
09:24120 000 euros par jour de buffet, de champagne, de petits fours.
09:28– Le fameux hôtel de Cannes.
09:29– Ah, ben, ça, c'était mon paradis terrestre
09:32que je n'aurais pas connu.
09:35– Alors, autre gaspillage argent public,
09:38vous l'avez évoqué tout à l'heure,
09:39à la question du Centre National du Cinéma,
09:41les films s'autofinancent, personne ne va les voir,
09:44mais ça tourne, ça tourne.
09:45On peut faire du contenu extrêmement médiocre,
09:47même du contenu idéologique.
09:49Un film avec une famille de clandestins
09:52qui se retrouvent hébergés dans un village en Bretagne,
09:54où Fanny Ardant, bonne actrice, soit dit en passant,
09:56mais qui se compromet dans un film ridicule
09:58où elle fait une bourgeoise parisienne du 7e arrondissement
10:01qui accueille un aveugan chez elle.
10:03Personne ne va voir ces films.
10:04C'est du contenu idéologique,
10:06mais la machine à cash…
10:07– Vous savez, vous parlez de Fanny Ardant,
10:09on pourrait citer d'autres.
10:10Ensuite, eux, pour le coup, ils ont besoin de travailler.
10:15Donc, quand vous êtes dans ces secteurs-là,
10:17que ce soit le journalisme,
10:19alors que ça ne vous concerne pas vous,
10:20parce que vous êtes un média libre,
10:21mais il y en a combien,
10:23ou quand vous êtes un comédien,
10:25vous ne dépendez que de l'argent public,
10:28vous êtes un peu obligé, de temps à autre,
10:31de faire des ménages
10:33qui pourraient s'apparenter
10:34à une sorte de forme de prostitution,
10:36si vous voulez.
10:37Et donc, vous êtes obligés de jouer quelquefois des rôles
10:40qui ne sont pas forcément flattés,
10:42et dont vous savez très bien
10:43qu'ils sont porteurs d'idéologies.
10:45Mais regardez M. Lelouch,
10:47qui a été pris de court
10:49par une question incroyablement orientée
10:53d'une journaliste islamo-gauchiste,
10:56et qui, au début, répond,
10:57mais je n'ai pas de réponse à cela.
10:59Et puis, deux jours après,
11:00évidemment, il rentre dans le poétiquement correct
11:03en disant, mais oui, oui, oui,
11:04mais bien sûr,
11:05alto et rennes et tout ça.
11:08Bon, leur vie n'est pas forcément facile.
11:11Encore une fois,
11:12la culture a été,
11:15la gauche s'en sert uniquement
11:17comme d'une arme idéologique.
11:21Mais ça, ça a commencé même philosophiquement.
11:24Vous savez,
11:24comme vous avez rappelé que je suis musicien,
11:26quand j'ai fait le conservatoire,
11:29il y avait une définition de la musique
11:30qui disait,
11:31la musique est l'art de combiner les sons
11:33de telle manière qu'ils soient agréables à l'oreille.
11:37Et puis, le temps a passé,
11:38au bout d'un moment,
11:39c'est devenu,
11:40la musique est l'art de combiner les sons.
11:42C'est tout.
11:43Donc, on ne cherche pas à savoir
11:44si c'est agréable.
11:45C'est l'art de combiner les sons,
11:47donc je me fais mon propre Dieu.
11:48Enfin, ça, c'est tout à fait la gauche,
11:50c'est-à-dire cette espèce
11:51de subjectivisme absolu.
11:53Et donc, ça rentre dans cette idéologie-là.
11:56C'est pour ça que je vous parlais
11:56des pains d'épices attachés à des ficelles tout à l'heure.
11:59C'est la même logique.
12:02Pour certains, c'est l'art,
12:03alors que le pain d'épices,
12:04c'est plutôt fait pour être mangé,
12:06plutôt,
12:07pour se faire plaisir au petit-déjeuner
12:08ou au goûter.
12:10Mais alors, cette question tout de même
12:12du CNC,
12:13du Centre National du Cinéma,
12:16elle devrait être mise sur la table
12:18lors de la prochaine commune présentielle.
12:19L'association Contribuable Associé
12:21avait levé le voile.
12:23D'ailleurs, sur le gaspillage d'argent public.
12:25Bien sûr, ils ont fait un travail
12:26depuis déjà plusieurs décennies désormais,
12:29considérable, cette association.
12:32Alors, si la droite arrivait au pouvoir,
12:35pour autant que la droite accepte
12:37d'être fidèle
12:39ou de répondre aux attentes
12:41de ses électeurs,
12:42il faut l'espérer,
12:44parce qu'il lui faudra beaucoup,
12:46beaucoup de courage,
12:47de détermination,
12:49de patience aussi,
12:53pour faire ce que tout le monde attend d'elle.
12:55Tous ceux de droite, en tout cas,
12:56attendent d'elle.
12:57Là, c'est vrai qu'il y aurait un travail à faire,
12:59ne serait-ce que parce que
13:00la France est un pays surendetté.
13:02Quand on a 3 500 milliards de dettes,
13:06500 milliards d'euros de dettes,
13:09on est obligé de faire des économies,
13:10quand même.
13:11Et il faudrait, bien sûr,
13:13réaliser des économies
13:14dans l'audiovisuel,
13:16parce que c'est la gabgie totale,
13:18dans cette espèce de pseudo-culture.
13:21Il ne s'agit pas d'essayer
13:23de faire croire que la culture
13:24s'autofinancerait toujours.
13:27Ce n'est pas vrai.
13:28La culture a quand même
13:30généralement besoin de mécènes.
13:32Mais quand ces mécènes sont...
13:34C'est une sorte d'État
13:36un peu semi-totalitaire et idéologue.
13:39Alors là, ça pervertit tout,
13:41parce qu'on ne cherche même pas la beauté.
13:42Ce n'est pas du tout ce qu'on recherche.
13:44On cherche un message,
13:45un peu comme de l'éducation nationale,
13:47qui fabrique des citoyens,
13:49pas des gens instruits.
13:50C'est pour ça que maintenant,
13:51plus personne ne sait lire, écrire et compter.
13:54Et quand vous avez un ministre
13:55de l'éducation nationale qui dit
13:57que ce serait bien que les profs
13:58soient plus sévères sur l'orthographe...
14:00– Et que les profs en débattent entre eux.
14:02– Oui, ils en débattent,
14:03mais ils ne vont pas en débattre très longtemps,
14:05parce que encore faudrait-il
14:05qu'ils aient eux-mêmes
14:08une orthographe,
14:09la maîtrise de l'orthographe, vous voyez.
14:11Alors maintenant, à ce stade,
14:12il est dépassé, malheureusement.
14:15– Donc vous l'avez dit,
14:16le sens du beau,
14:18c'est vrai qu'on en vient à oublier
14:20que la culture, c'est tout simplement
14:23émerveillé, je veux dire, un public.
14:25Et la France faisait autrefois,
14:28était rayonnante.
14:29Dans un passé encore récent,
14:30on a parlé du cinéma,
14:32la France a inventé le cinéma,
14:34les films d'Henri-Georges Clouseau,
14:37de Jean Renoir,
14:37étaient vus dans le monde entier
14:38et admirés,
14:39notamment par les Américains,
14:40qui aujourd'hui se trouvent un peu
14:41le titre de capitale mondiale du cinéma.
14:44Est-ce que, pendant les Jeux olympiques de 2024,
14:48le chef-d'œuvre scénique
14:51qui a été vu dans le monde entier
14:54a donné une belle image de la France ?
14:56– Mais ce n'est pas la France,
14:57c'est la République française.
14:58C'est différent.
14:59– Ah oui, remarquez, c'est...
15:00– Oui, oui, c'est comme ça qu'elle s'appelle,
15:02c'est son nom officiel.
15:03Donc, je suppose que cette cérémonie
15:07n'était pas un hommage à la France,
15:09enfin, ne présentait pas la France au monde.
15:11D'ailleurs, le monde sait très bien
15:12que ce n'est pas ça, la France.
15:13Mais c'est bel et bien la République française,
15:15donc c'est assez fidèle.
15:16– Malheureusement, aux yeux de beaucoup,
15:18c'était tout de même la France.
15:19– Oui, mais...
15:20– Sans faire la nuance sur la République
15:21qui a deux siècles et la France qui a...
15:23– Enfin, ces gens-là,
15:24quand ils se baladent justement
15:27au milieu de notre patrimoine,
15:28ils savent très bien
15:29que toute cette grossièreté,
15:31cette vulgarité n'est pas.
15:33Mais c'est la République française.
15:34Et donc, moi, ça ne me choque pas
15:36que la République s'exprime,
15:38puisque là, elle est tout à fait fidèle
15:40à l'image que je m'en fais, moi,
15:42de la République française.
15:43– Oui, l'image de l'aideur.
15:45On a l'image pleine de messages contradictoires,
15:48parce qu'on a beaucoup parlé
15:49du blasphème sur la scène.
15:51On a beaucoup un petit peu moins parlé,
15:54ce qui est normal,
15:54mais intéressant de revenir dessus,
15:56sur ces images hideuses,
15:58ce moquant de Marie-Antoinette
15:59avec la dette coupée.
16:00Alors, Marie-Antoinette,
16:01on fait l'apologie de la peine de mort,
16:02on fait l'apologie d'un féminicide.
16:04– Oui, mais c'est...
16:05– C'est très paradoxal, tout ça.
16:06– Non, mais la République, c'est ça.
16:07Je veux dire, elle s'est fondée sur ça,
16:09sur ces meurtres-là.
16:10– Sur la peine de mort et le féminicide,
16:11et trois mois plus tard,
16:12on va panthéoniser Robert Beninter.
16:13C'est très, très surprenant.
16:14– Oui, mais ça, c'est l'imposture.
16:17C'est toujours la même chose.
16:19– C'est vrai que j'ai dit contradiction,
16:20vous avez dit imposture.
16:21– En fait, c'est imposture.
16:22Ce n'est pas une contradiction.
16:24Elle a toujours été...
16:25Regardez l'affaire récente
16:27de cette Manon Brie, là,
16:29qui, en fait, vit assez luxueusement.
16:32Personne ne songerait à lui en faire leur proche.
16:35Sinon, quand on se fait passer pour une prolo,
16:37mais quand elle...
16:38Là où ça devient vraiment pénible,
16:40c'est quand elle recrute un assistant parlementaire
16:43qu'elle exploite complètement à 45 heures par semaine,
16:46à 1 200 euros bruts par mois,
16:48enfin, bon, des choses...
16:49En exigeant de cet assistant
16:52de ce stagiaire, un bac plus sain,
16:54enfin, bon...
16:54Donc, on voit bien les imposteurs
16:56que sont ces gens-là.
16:57C'est-à-dire, il y a le discours mensonger
17:01et, effectivement, homicide,
17:02qui sont les deux.
17:04C'est menteur et homicide.
17:05C'est le chapitre 8 de Saint-Jean.
17:06Moi, c'est comme ça que j'ai toujours vu
17:08notre régime politique actuel.
17:10Donc, rien ne m'étonne,
17:12mais il faut savoir
17:12que nous avons affaire à l'imposture.
17:14En tout cas, la cérémonie des Jeux Olympiques,
17:17personnellement, ne m'a pas choqué.
17:18Ça représente la République française.
17:20Je lui laisse.
17:22Moi, comme vous le savez sans doute,
17:24je ne suis pas un républicain français.
17:27Je suis un français, tout court.
17:29– Bon, heureusement,
17:30beaucoup d'étrangers dans le monde
17:32voient bien que la France
17:33est bien plus ancienne
17:34que cette République.
17:34– Bien sûr.
17:35– Il le voit, d'ailleurs,
17:35à travers le musée du Louvre.
17:37Alors là, le musée du Louvre,
17:38il a fait couler de l'encre
17:39au cours des derniers mois.
17:42De nombreux musées, en fait,
17:43ont été cambrillés.
17:44On a eu le musée Adrien.
17:45On a beaucoup parlé du Louvre
17:46parce que le Louvre, c'est spectaculaire.
17:47– Bien sûr.
17:48C'est le plus grand musée du monde.
17:49– Il y a des bijoux liés
17:49à l'histoire de France
17:50qui ont été volés.
17:52Il y a aussi eu le musée Adrien du Boucher
17:54à Limoges,
17:55véritable institution pour les limousins.
17:58Cette question de la sécurisation des musées,
17:59la sécurisation du patrimoine,
18:02elle devrait être évoquée de façon marginale
18:04dans les mois à venir,
18:05mais…
18:05– Oui, mais comme je vous ai dit tout à l'heure,
18:07le patrimoine n'intéresse pas la gauche.
18:08Ce qui intéresse la gauche,
18:09c'est tout ce qui, dans la culture,
18:11permet le bourrage de crâne.
18:13Alors, il y a la moitié du budget
18:14qui est réservé à l'audiovisuel public
18:16parce que ça, évidemment,
18:18c'est le bourrage de crâne quotidien.
18:21Et une autre moitié
18:24dont on se sert un peu.
18:26Et c'est vrai que le patrimoine
18:27est tellement riche
18:28qu'une partie tombe en décrépitude.
18:33Donc, c'est un peu dommage.
18:35Mais je doute que la République française
18:37se lamente d'un vol de bijoux
18:40ayant appartenu à une branche dynastique.
18:43Franchement, j'en serais très étonné.
18:46Alors, c'est très dommage
18:48parce que c'est un pan de notre histoire
18:49qui, effectivement, est parti,
18:51a été volé.
18:52Peut-être qu'on retrouvera.
18:54On a bien retrouvé la Joconde
18:56au début du XXe siècle.
18:57Bon, peut-être qu'on retrouvera
18:59ces bijoux-là.
18:59Je n'en sais rien.
19:00Mais ça montre...
19:01En plus de ça,
19:02c'est là où vous voyez
19:03le désintérêt, en réalité,
19:05des institutions républicaines.
19:06républicaines, c'est que la personne
19:08qui était en charge de toutes ces affaires,
19:12naturellement, je ne dis pas
19:13qu'elle doit être coupable.
19:14On peut être responsable et pas coupable.
19:16Ça, ça ne me choque pas du tout.
19:17C'est le principe de la bureaucratie.
19:19Mais en tout cas, symboliquement,
19:21elle doit présenter sa démission.
19:22Et elle doit démissionner.
19:24Ou elle doit être démissionnée.
19:26Or, ça, ça n'arrive jamais.
19:28Donc...
19:28En France, on a des technocrates
19:30qui s'accrochent à leur poste
19:31et qui ne démissionnent pas.
19:32C'est comme les Anglais, au moins,
19:34ils savent démissionner
19:35quand ils comprennent
19:36que le peuple ne veut plus de...
19:37Oui, c'est vrai.
19:38Ils ne comprennent qu'à moitié, mais bon...
19:40Ils peuvent mettre du temps à le comprendre,
19:41mais ils finissent par y arriver.
19:42On l'a vu il y a quelques semaines
19:43avec le Premier ministre.
19:46En France, il ne faut pas s'attendre...
19:48Il ne faut pas trop leur en demander.
19:50Oui, oui.
19:53Mais cette...
19:53Enfin, la question des musées,
19:56c'est au-delà de ce que les bijoux
19:58ont représenté dans le passé,
19:59c'est aussi, c'est toujours actuellement
20:01le rayonnement aux yeux
20:02d'un très grand public.
20:03Bien sûr, je le disais tout à l'heure,
20:06le Louvre est le plus grand musée du monde.
20:08C'est un cadeau qui a été fait
20:10par les rois, disons,
20:13à partir de Louis XIV, on va dire.
20:15Et puis, peu à peu, ça s'est répandu
20:17parce que ce n'était pas habituel.
20:19Les gens n'allaient pas dans les musées.
20:21Puis, peu à peu, c'est rentré
20:22dans les habitudes.
20:24C'est un musée d'une richesse extraordinaire.
20:27Le Louvre, il n'y a aucun équivalent
20:29dans le monde.
20:30Donc, c'est très beau
20:32de pouvoir voir tout ça
20:34depuis l'Égypte antique
20:36jusqu'à notre époque à nous.
20:38Donc, évidemment,
20:39ça demande un certain effort,
20:41surtout qu'il y a beaucoup de visiteurs,
20:42y compris des visiteurs payants.
20:44Ça demanderait un certain effort.
20:45Mais à ce moment-là, c'est de l'argent
20:47qui ne serait pas, disons,
20:51destiné, encore une fois,
20:53au bourrage de crâne de l'audiovisuel.
20:54Encore une fois, l'audiovisuel
20:55mange la moitié du ministère,
20:57du budget du ministère.
20:58Vous voyez, donc, c'est compliqué.
21:01On ne peut pas...
21:02Il faudrait, non seulement, bien sûr,
21:05serrer les cordons de la bourse,
21:08fermer certains robinets,
21:10mais aussi mieux répartir
21:11les financements culturels.
21:14Alors là, ce sera l'œuvre
21:17d'un prochain, j'espère en tout cas,
21:19ministre de la Culture
21:20qui s'occupera de ça.
21:21– Alors, on parle du ministère de la Culture
21:23et selon vous, quel rôle
21:25le ministère de l'Éducation nationale
21:26devrait jouer dans cette transmission,
21:29justement, de l'éducation française ?
21:29– Alors, son rôle, ce serait
21:31de ne plus être un ministère
21:33de l'Éducation nationale,
21:34mais de l'instruction publique.
21:36C'est-à-dire instruire.
21:38Et là, c'est un travail d'une génération,
21:41puisque les profs eux-mêmes
21:43n'ont pas été instruits
21:45et donc ne peuvent pas instruire à leur tour.
21:47Je parlais du niveau d'orthographe
21:49de la génération actuelle
21:51des instituteurs ou des profs.
21:53On leur demande de veiller sur l'orthographe,
21:55mais ils ne peuvent pas.
21:56Ils ne la possèdent pas, l'orthographe.
21:58Donc, il faudrait recommencer
21:59par la méthode syllabique, par exemple,
22:02comme avait demandé un ministre
22:04autrefois sous l'époque chiracienne
22:07et qui s'était vu dresser contre lui
22:12l'ensemble de ce ministère,
22:14qui est la dernière armée rouge,
22:16on va dire, il y a le ministère de la Culture,
22:18mais il y a aussi l'Éducation nationale.
22:20Encore une fois, le rôle de l'Éducation nationale,
22:23ce serait d'instruire,
22:25là encore, de mieux répartir les efforts,
22:28c'est-à-dire de réhabiliter le travail manuel,
22:30surtout à l'époque de l'intelligence artificielle,
22:33où il y a énormément de travaux,
22:35on va dire, entre guillemets, intellectuels,
22:37qui vont disparaître.
22:38Je pensais au métier de traducteur, par exemple,
22:41et combien d'autres, de conseiller juridique.
22:44Je ne parle pas d'avocats, parce que la plaidoirie,
22:45c'est un peu différent,
22:47qui vont disparaître,
22:48tandis que le coiffeur,
22:53le décorateur,
22:54tout ce que vous voudrez,
22:55le boulanger,
22:55ça, c'est des métiers,
22:57ce n'est pas l'IA qui pourra remplacer ces métiers-là.
22:59Ça, ça a été méprisé,
23:01parce que le bourrage de crâne,
23:03ça passe par l'intellect, évidemment,
23:04ça ne passe pas par l'apprentissage
23:06de la mécanique,
23:07ou de la boulangerie,
23:08ou de la boucherie.
23:09Donc, on a négligé tout ce secteur-là,
23:12et il faudrait le remettre en valeur.
23:15Mais alors là, c'est un travail,
23:16encore une fois, de longue haleine.
23:17Et puis, il faut commencer par résister
23:21à l'offensive,
23:23vous imaginez,
23:24du personnel de l'éducation nationale,
23:26qui est très majoritairement islamo-gauchiste.
23:29Donc, il n'y a pas qu'à l'éducation nationale,
23:32mais il y a notamment à l'éducation nationale.
23:34Alors là, je ne souhaite pas à mon pire ennemi
23:36d'être le ministre de l'éducation nationale,
23:38parce que, dis donc,
23:39c'est un poste très exposé.
23:41– Ce qu'on peut dire, en fait,
23:42pour conclure que la gauche a bien compris
23:44que pour contrôler les esprits,
23:47il fallait prendre ces deux leviers,
23:48la culture et l'éducation nationale.
23:49– Qui maîtrise l'école, déjà,
23:52maîtrise les esprits.
23:54Donc, quand vous avez des gens
23:57qui défilent dans la rue,
23:58je me souviens d'une image
23:59qui m'avait beaucoup marquée
24:00au moment des Gilets jaunes.
24:02Il y avait quelqu'un,
24:03un grand couturier, je ne sais qui,
24:05qui avait déguisé
24:10des femmes en marianne.
24:12Et la marianne, alors,
24:14très belle femme,
24:15poitrine, découverte,
24:16mais de façon très pudique,
24:18tout ça, c'était la marianne.
24:19Et une marianne,
24:21une fausse marianne,
24:22se retrouve devant une femme policier.
24:26Et c'était extraordinaire,
24:27parce qu'il y avait le régime
24:28qui était là, en fait,
24:29qui, lui, peut taper, éborgner,
24:32blessé, comme il y a eu tant,
24:35tant de blessés à l'époque
24:36de Gilets jaunes.
24:37Et puis, cette allégorie
24:38qui procède d'un rêve,
24:41mais qui va dans le sens idéologique
24:44du régime qui l'opprime.
24:47Donc, qui possède l'éducation nationale,
24:49possède les esprits.
24:50Et par conséquent,
24:52si aujourd'hui,
24:53on en est à un vote de droite
24:55beaucoup plus important qu'autrefois,
24:56c'est parce que la vie quotidienne
24:59est devenue très, très difficile
25:01pour beaucoup de Français.
25:02À ce moment-là,
25:03ils sont poussés au désespoir
25:05et ils essayent de se raccrocher
25:06à quelqu'un.
25:08Sinon, non,
25:09ils ont l'esprit...
25:10Quand vous pensez
25:11qu'une des personnalités
25:12les plus attachantes
25:13et les plus talentueuses
25:14de la droite vous dit
25:15que le blanc du drapeau républicain
25:19représente les ardeurs
25:20de la Révolution,
25:21c'est-à-dire qu'il ne sait même pas
25:22la signification
25:24du drapeau tricolore,
25:26ça en dit long
25:27sur la captation des esprits
25:30par ce régime.
25:32Donc, ce qui veut vraiment
25:33redresser la France,
25:34qui commence déjà par,
25:36quelque part,
25:37faire un peu le ménage
25:38dans ces deux ministères, c'est ça ?
25:40Oui, bien sûr.
25:41Oh là là,
25:41c'est tout à fait capital.
25:43Tout à fait capital.
25:44Espérons que nos politiques
25:46en prendront vite conscience
25:47et peut-être pas encore
25:48tout à fait rentrées dans l'enfer.
25:49Espérons-le, espérons-le.
25:50Merci beaucoup Yves-Marie Agé.
25:51Je vous en prie.
25:52Chers téléspectateurs,
25:53bonne journée
25:54et puis bon programme culturel
25:56pour cet été
25:57et à très bientôt.
25:58Sous-titrage Société Radio-Canada
26:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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