- il y a 1 jour
Alors que la dette publique franchit le cap vertigineux des 3 500 milliards d’euros et que la France détient l'un des taux de dépenses publiques les plus élevés au monde (57 % du PIB), une question hante tous les contribuables : où passe notre argent ? Pour répondre à ce scandale national, TVL reçoit Jean-Baptiste Leon, directeur des publications de Contribuables Associés et auteur du "Livre noir de l'argent public".
Des 11 milliards d'euros de contribution nette versés à l'Union européenne au millefeuille territorial, en passant par les subventions à fonds perdus et les dérives administratives, Jean-Baptiste Leon dresse un réquisitoire sans concession contre "l'État mammouth".
- Pourquoi la France étouffe-t-elle sous la pression fiscale sans garantie de services publics efficaces ?
- Où se cachent les gaspillages les plus révoltants ?
- Et pourquoi est-il urgent de faire table rase pour redonner de l'air aux Français ?
Un entretien indispensable pour comprendre l'ampleur du gaspillage public.
Des 11 milliards d'euros de contribution nette versés à l'Union européenne au millefeuille territorial, en passant par les subventions à fonds perdus et les dérives administratives, Jean-Baptiste Leon dresse un réquisitoire sans concession contre "l'État mammouth".
- Pourquoi la France étouffe-t-elle sous la pression fiscale sans garantie de services publics efficaces ?
- Où se cachent les gaspillages les plus révoltants ?
- Et pourquoi est-il urgent de faire table rase pour redonner de l'air aux Français ?
Un entretien indispensable pour comprendre l'ampleur du gaspillage public.
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NewsTranscription
00:01Générique
00:12Bonjour à tous et bienvenue dans ce Zoom d'été,
00:16aujourd'hui en compagnie de Jean-Baptiste Léon.
00:18Bonjour Jean-Baptiste Léon.
00:19Bonjour Pierre-Bangéraud.
00:21Jean-Baptiste Léon, vous êtes le directeur des publications
00:24de Contribuables Associés, vous êtes également l'auteur
00:27du livre noir de l'argent public publié chez Hugo Dock.
00:31Est-ce que vous pouvez commencer Jean-Baptiste Léon
00:34par nous décrire votre association Contribuables Associés,
00:38ses objectifs en sachant qu'elle est cette association apolitique
00:42et qu'elle ne reçoit aucune subvention d'État ?
00:45Vous faites bien de préciser Pierre Bergerot,
00:47effectivement Contribuables Associés,
00:49c'est l'association de tous les contribuables français.
00:53Depuis 1990, nous nous battons pour une bonne gestion
00:56de l'argent public face aux élus et à l'administration.
00:58Alors, on a justement, vous parlez de bonne gestion,
01:02les dépenses publiques françaises pèsent 57% du PIB,
01:08en Chine c'est environ un tiers,
01:11comment est-ce qu'on explique un tel écart
01:13entre une démocratie, État de droit, la France,
01:17et puis cet État, la Chine,
01:19qui est déjà un État très interventionniste ?
01:23Eh bien, l'écart est grand avec la Chine.
01:25Alors, on peut se méfier sans doute des statistiques d'État chinoise,
01:28mais il n'empêche qu'effectivement,
01:29il y a un boom économique et une croissance économique extraordinaire
01:33en Chine qu'on ne voit pas en Europe et surtout en France.
01:36Même si on regarde, on reste en Europe,
01:37si on regarde le taux de dépense publique de la France
01:40par rapport à nos voisins européens ou aux pays de l'OCDE,
01:42on est très très au-dessus,
01:43on est 8 points de PIB au-dessus de la moyenne des pays développés,
01:47donc 8 points de PIB, il faut s'imaginer,
01:48ça fait 340 milliards d'euros par an.
01:51Donc, en gros, la France dépense quasiment 250 milliards d'euros par an de plus
01:56que les autres grands pays développés.
01:58Oui, on avait d'ailleurs reçu André Posokoff il y a quelques jours
02:02pour son ouvrage intitulé
02:04« L'immigration extra-européenne est un gouffre financier ».
02:07Il estime ce gouffre à 250 milliards d'euros en 2022.
02:11Pensez que ce chiffrage, vous qui connaissez M. Gourevitch,
02:15avec un contribuable associé, est un chiffrage honnête ?
02:19Alors, Jean-Paul Gourevitch, je pense, vous dirais
02:21que 250 milliards d'euros par an, c'est excessif.
02:25Jean-Paul Gourevitch, lui, chiffre le coût de l'immigration pour la France
02:28à environ 50 milliards d'euros par an.
02:31Ce qui fait un cinquième, quelque part, de ce surplus de dépenses publiques
02:34qu'a la France par rapport aux autres pays européens.
02:37Mais le volet immigration est un volet, il y en a beaucoup d'autres,
02:39effectivement, où la France est une mauvaise élève de l'Europe
02:43et des pays développés.
02:44– Et donc, pour expliquer ce taux de dépenses publiques
02:49anormalement haut, on a les prélèvements obligatoires
02:52les plus élevés au monde, avec 43,5% du PIB.
02:57La France occupe aujourd'hui la deuxième place de l'OCDE
03:01derrière le Danemark.
03:02Comment on explique un tel niveau de pression fiscale ?
03:05– C'est surprenant, quelque part, et c'est même extrêmement choquant,
03:08parce qu'effectivement, on dépense énormément,
03:12et du coup, quand on dépense énormément, quand on dépense trop,
03:15il faut bien aller chercher l'argent quelque part.
03:17Donc, on va la chercher dans la poche des Français,
03:19ce qui explique, en fait, ce taux extraordinairement élevé
03:22d'impôts, de prélèvements obligatoires.
03:25Donc, on a les dépenses publiques les plus hautes,
03:27les impôts les plus forts, mais ce n'est pas tout.
03:30On a aussi une dette abyssale, parce qu'il faut combler,
03:32on dépense beaucoup, on dépense beaucoup trop depuis 50 ans,
03:35et les impôts ne suffisent pas, donc on est obligé aussi d'emprunter.
03:38– Oui. Cette dette, justement, elle est à 3 500 milliards d'euros,
03:41elle a augmenté d'environ 1 300 milliards sous les deux quinquennats Macron.
03:46Cette question revient souvent auprès de nos téléspectateurs de TV Liberté,
03:50mais où passe l'argent ?
03:52– La France a une spécificité par rapport à beaucoup de pays,
03:59même si, entre guillemets, l'État-providence existe un petit peu partout
04:02dans les pays occidentaux, on a poussé les choses le bouchon un peu plus loin.
04:06J'ai souvent tendance à dire que, en France, l'État stratège a été remplacé,
04:09a été mis à bas par l'État nounou, la formule l'État nounou n'est pas de moi.
04:15Et c'est un phénomène qu'on voit beaucoup plus en France qu'ailleurs,
04:17on a en France beaucoup plus de dépenses sociales
04:19que dans les autres pays développés.
04:22Plus de la moitié des dépenses publiques, ce sont les dépenses sociales.
04:25Essentiellement, les dépenses de retraite et les dépenses de santé.
04:27Vous s'imaginez que si vous prenez 100 euros de dépenses publiques en France,
04:30c'est les statistiques de l'État,
04:32plus de la moitié va aux dépenses sociales,
04:34alors que ce qu'on appelle le régalien, c'est-à-dire police, justice, armée, diplomatie,
04:38sur 100 euros de dépenses publiques, on va dépenser 7 euros en termes de régalien.
04:44Donc on voit que le gouffre est énorme entre ces dépenses sociales,
04:47qui sont pour certaines extrêmement légitimes,
04:49mais pour d'autres qui le sont moins.
04:50Et surtout, vraiment, la grande différence avec les pays voisins,
04:53c'est qu'on dépense beaucoup plus qu'eux pour notre système social.
04:58– Oui, et comment vous expliquez qu'on soit passé d'un État stratège à un État nounou ?
05:02C'est quoi cette dérive ? Ça correspond à quoi ?
05:03– Encore une fois, c'est une dérive qui est propre à d'autres pays,
05:05mais qui ont corrigé le tir.
05:06Il y a eu des réformes en Hollande, en Allemagne, même en Italie.
05:10L'Italie a réformé sa fonction publique.
05:12Cette dérive, encore une fois, n'est pas nôtre et n'est pas uniquement française.
05:21On a toujours eu un État très présent en France, vraiment.
05:24On a cette tradition aussi, à la différence de nos voisins,
05:27d'un État jacobin qui n'a cessé de s'affirmer,
05:29même sous l'Ancien Régime, à partir de Philippe Lebel,
05:31qui est devenu très central, très centralisateur.
05:34Et l'État aime bien avoir le contrôle.
05:37Et donc, je pense qu'on a connu cette expansion du social,
05:41aussi parce qu'on est face à un État qui est tout puissant,
05:44ou du moins qui prétend l'être, et qui veut se mêler de tout,
05:48et notamment qui s'y mise de plus en plus dans les vies des gens,
05:51et qui a pris le lead, quelque part, pardonnez-moi cet anglicisme,
05:54sur les dimensions sociales des choses.
05:56Les dimensions sociales des choses, justement,
05:57elles devraient être l'attribut de la société civile.
06:00Et non, on voit aujourd'hui que par nos prestations sociales,
06:04par rapport à notre système social, très redistributifs,
06:08que l'État a pris une part considérable dans nos vies.
06:12Mais au détriment de beaucoup de choses,
06:13parce qu'un euro que va prendre l'État,
06:15ça va être un euro de moins pour une entreprise,
06:17ou un particulier pour investir à côté.
06:20– Et vous faites, chez Contribuable associé,
06:22de la lutte contre le gaspillage d'argent public,
06:24l'une de vos priorités.
06:25Vous parlez de gabegie dans certains domaines.
06:27– Oui.
06:28– Je pense à Yvan Stefanovic, qui a fait plusieurs ouvrages,
06:32que vous aviez relayés.
06:33Où est-ce le plus choquant ?
06:35– J'aurais-t-on ça dit partout.
06:36Et c'est cela, quelque part, qui est positif
06:38dans mon livre noir de l'argent public,
06:39c'est qu'on a des marges de manœuvre énormes,
06:41tellement il y a des gisements d'économie partout.
06:44Alors, des exemples choquants.
06:45Moi, je dirais, il y a un syndrome quand même qui est très français,
06:47c'est le syndrome de la bureaucratie.
06:49On parlait tout à l'heure de l'excès de dépenses publiques,
06:52et l'excès d'impôts, mais aussi un excès de bureaucratie,
06:54qui est très bien chiffré.
06:55Tout à l'heure, vous citiez l'OCDE,
06:56qui est chiffré par l'OCDE.
06:58On estime qu'en gros, la France dépense dans sa bureaucratie
07:01100 milliards d'euros de plus que d'autres pays européens
07:05et développés.
07:06100 milliards, c'est considérable.
07:07Vous voyez, on dépense plus en termes de dépenses publiques générales,
07:10mais aussi en termes d'organisation,
07:12parce qu'on a un État mammouth, encore une fois,
07:15et qu'on le paye très cher.
07:16Après, dans les exemples de Gabgi,
07:18il y a des choses qui sont, je cite dans mon ouvrage,
07:21mais qui sont assez récurrentes,
07:23et qui m'ont beaucoup choqué, moi,
07:26qui ont choqué beaucoup de Français.
07:27C'est cette incapacité, par exemple,
07:29de l'État français à gérer l'informatique.
07:32On l'a vu récemment avec la malheureuse,
07:33très malheureuse affaire Liana,
07:35que l'actuel ministre de la Justice,
07:38Gérald Darmanin, a décidé de remettre au pas
07:41toute cette gestion de logiciels de justice,
07:44notamment le fameux logiciel Cassiopée,
07:45qui a coûté des centaines de millions d'euros
07:46et qui est dysfonctionnel.
07:47Tant mieux, c'est très bien que le ministre
07:49s'attaque à ce problème,
07:50mais le problème, on le rencontre aussi
07:52à l'éducation nationale.
07:54L'éducation nationale a créé,
07:55il y a une quinzaine d'années, un logiciel sirène
07:57qui a cessé d'exister,
07:58mais qui, pendant 15 ans,
08:00a été un gouffre d'argent considérable.
08:04On a connu le logiciel Louvois des armées
08:06qui faisait que certains fonctionnaires des armées,
08:09certains militaires,
08:09se retrouvaient avec un centime de paye.
08:11Et dernièrement, il y a eu, quelque part,
08:13un document confidentiel de la Cour des comptes
08:16qui a fuité,
08:16où on a vu que la police et la gendarmerie
08:20ont essayé de mettre en place,
08:21ont mis en place un logiciel
08:23pendant plus de 15 ans.
08:24Ça a coûté plus de 250 millions d'euros.
08:26C'est un logiciel qui, au début,
08:27s'appelait Scribd,
08:28maintenant qui s'appelle XPN,
08:30et qui est une catastrophe monumentale.
08:31Plus de 250 millions d'euros.
08:33Un logiciel, en fait,
08:34qui est là pour faire entrer les procédures judiciaires,
08:36pour faire des procès verbaux.
08:38Véridique, ce que je vous dis,
08:39pour ouvrir un PDF,
08:41dans ce logiciel,
08:42il faut cliquer 17 fois.
08:4417 fois.
08:45Plus de 250 millions d'euros
08:46avec des partenaires extérieurs,
08:48des cabinets de conseil informatique.
08:49Pourquoi ça a dysfonctionné
08:50sur le logiciel XPN,
08:53ou le logiciel Louvois,
08:54ou le logiciel de l'éducation nationale ?
08:56Il y a toujours le même syndrome.
08:57On se rend compte qu'en fait,
08:59c'est l'armée mexicaine, un petit peu.
09:01Dans le logiciel de la police,
09:04il va y avoir un directeur
09:05de tel département de ministère à l'intérieur,
09:07il va y avoir un gendarme,
09:07il va y avoir un haut gradé policier, etc.
09:10Il y a énormément de responsables,
09:11et au final,
09:12peu de choses se passent.
09:14Le logiciel a été lancé en 2014.
09:18Il y a eu 4-5 réunions de concertation
09:20entre les différents services
09:20qui travaillaient sur ce logiciel.
09:22Après 2017,
09:22il n'y a plus une seule réunion.
09:24Et il y a eu un document extrêmement intéressant
09:26qui a fuité de la Cour des comptes
09:28de 500 pages,
09:28qui explique tout cela,
09:29tous ces dysfonctionnements,
09:30ce syndrome de l'éducation
09:31de l'armée mexicaine,
09:33qui fait qu'en fait,
09:34ce logiciel a coûté des sommes folles.
09:38Alors que dans le même temps,
09:40contre exemple,
09:41à peu près à la même période,
09:43aux douanes,
09:44les douanes ont également créé,
09:46mais en interne,
09:47un logiciel de suivi des procédures.
09:50Un haut fonctionnaire a mis sur le coup
09:523 agents des douanes,
09:533 informaticiens des douanes,
09:54donc produits en interne.
09:56Exactement le même type de logiciel,
09:57il a coûté 400 000 euros.
09:59400 000 euros dépensés
10:01pour le même logiciel,
10:02entre guillemets,
10:03face à plus de 250 millions d'euros.
10:04Et ce logiciel des douanes
10:05est tellement bon
10:06qu'il a été après copié par la DGSI.
10:08Donc la fonction publique
10:10est capable de faire des trucs super.
10:12mais à partir du moment
10:14où on a les bons responsables
10:16au bon endroit
10:17et qu'on ne dilue pas
10:18les responsabilités,
10:19comme c'est souvent le cas
10:20dans le cadre de ces fameux logiciels.
10:21– On a le président Sarkozy,
10:23à son époque,
10:23qui avait tenté
10:24de ne pas remplacer
10:27le poste d'un fonctionnaire sur deux
10:29partant à la retraite.
10:31Pourquoi n'a-t-on pas eu
10:32des résultats plus probants ?
10:33On voit aujourd'hui
10:34que les agents d'État
10:38par rapport à nos voisins
10:39sont encore trop nombreux.
10:40– Oui, c'est vrai.
10:42Aujourd'hui,
10:43on a 6 millions d'agents publics
10:44en France.
10:44Tous ne sont pas fonctionnaires titulaires.
10:46Il y a à peu près 20-25%
10:47qui sont des contractuels.
10:48Mais si on regarde un ratio,
10:50j'ai un chiffre.
10:52En France,
10:52on a 90 agents publics
10:55pour 1 000 habitants
10:55contre 57 en Allemagne.
10:57On ne peut pas dire
10:58que l'Allemagne
10:58se parle moins bien que nous.
10:59Bien au contraire.
11:00Et pour revenir sur Nicolas Sarkozy,
11:02effectivement Nicolas Sarkozy
11:03avait conduit une politique
11:04qui a conduit
11:05à une réduction des effectifs
11:06dans la fonction publique d'État.
11:08100 000 fonctionnaires en moins.
11:09Mais en revanche,
11:11ça n'avait pas baissé,
11:12ça n'avait pas évolué
11:13ni dans les hôpitaux
11:14ni dans les collectivités territoriales.
11:17Mais à part Nicolas Sarkozy,
11:18depuis 5-30 ans,
11:19effectivement,
11:20les effectifs de la fonction publique
11:21sont à la hausse
11:22à tel point
11:23que tous les différents spécialistes
11:25ont mis en avant
11:26que depuis 25 ans,
11:27la population des fonctionnaires
11:29a augmenté plus
11:31que la population française
11:33et a augmenté plus
11:34que le secteur des actifs
11:36du privé.
11:37On a aussi
11:38ce millefeuille territorial,
11:40excusez-moi,
11:41qui coûte très cher
11:42aux contribuables français.
11:44Est-ce qu'un contribuable associé,
11:45on est pour la suppression
11:47d'un échelon
11:48ou pour une meilleure organisation
11:49de ces collectivités ?
11:50Il y a sans doute
11:51effectivement un échelon de trop
11:52après aux élus
11:52de déterminer lequel.
11:54Est-ce la région ?
11:55Est-ce le département ?
11:56Est-ce l'intercommunalité ?
11:57Oui.
11:57L'intercommunalité
11:58qui a coûté très très cher.
11:59dans cette illustration territoriale.
12:01Exactement.
12:01Pour revenir là-dessus,
12:02depuis les années 2000,
12:03il y a 900 000 postes
12:04qui ont été créés
12:07dans la fonction publique
12:08territoriale.
12:09Le légisement,
12:09là où on a recruté
12:10ces dernières années
12:11des agents publics,
12:13c'est dans la fonction
12:15publique territoriale.
12:16Pourquoi ?
12:16Parce qu'il y a eu
12:17un développement considérable,
12:18notamment des intercommunalités.
12:19On a fait ça,
12:20on a voulu regrouper
12:21les communes
12:21pour faire des économies,
12:23mais malheureusement,
12:24c'est tout le contraire
12:24qui s'est passé.
12:25C'est comme on a voulu
12:26regrouper des régions
12:26pour faire des économies
12:27et c'est tout le contraire
12:28qui s'est passé aussi.
12:29On a voulu faire baisser
12:30les dépenses,
12:31on a augmenté les coûts en fait.
12:33Et pour les collectivités
12:35territoriales,
12:35effectivement,
12:36il y a ce problème-là.
12:36Il y a ce problème
12:37de déresponsabilisation aussi,
12:39à savoir qu'aujourd'hui,
12:40beaucoup de maires
12:41n'ont plus tellement la main
12:43avec les différentes réformes
12:44de la fiscalité locale
12:46sur la vie de tous les jours
12:47ou même sur leur subside propre.
12:49Beaucoup de collectivités locales,
12:50notamment les régions
12:51et les départements,
12:51vivent beaucoup
12:52des subventions de l'État.
12:53Et ça, c'est un problème
12:54parce que ça déresponsabilise
12:55les élus
12:55et ça déresponsabilise aussi
12:56quelque part le citoyen
12:58qui, par exemple,
12:59un locataire aujourd'hui,
13:00la taxe d'habitation
13:01ayant disparu,
13:01ne plaît plus d'impôts,
13:02ce que je trouve illogique.
13:04Et puis, dans le fond,
13:05au final,
13:06tout se retrouve sur le propriétaire
13:08qui, au final,
13:09qu'est-ce qu'il va faire ?
13:10Il va augmenter les loyers.
13:11Donc, on se mord
13:13un petit peu la queue.
13:14Mais ce qui s'est passé
13:14avec cette réforme
13:15de la taxe d'habitation,
13:16c'est vraiment l'État
13:17qui a remis la main
13:17un petit peu,
13:18même beaucoup,
13:19sur la gestion
13:19de la politique locale.
13:20Ce qui est très dommageable,
13:21en fait, je pense,
13:22pour l'autonomie fiscale
13:23et politique de nos communes
13:25qui, je pense,
13:26pour faire rayonner
13:27la démocratie locale
13:28est essentielle.
13:29– On a aussi,
13:30tout en haut de la pyramide,
13:32l'Union européenne.
13:33La France est contributrice nette
13:36au budget de l'Union
13:37à hauteur de 11 milliards
13:39d'euros par an.
13:40À quoi servent
13:41ces fonds, au juste ?
13:43– Ça sert à pas mal de choses
13:44et comme je le dis
13:45dans mon livre,
13:46j'ai consacré tout un chapitre
13:47au coût de l'Union européenne
13:48en règle générale,
13:49ce qu'on ne relève pas
13:50assez souvent.
13:50En plus, la facture augmente.
13:52Elle augmente depuis…
13:53– Avec le Brexit, oui.
13:54– Oui, avec le Brexit,
13:56notamment,
13:56puis toutes sortes
13:57d'aménagements
13:57qui ont été faits.
13:58La politique du Covid
13:59coûte cher aussi,
14:00post-Covid, etc.
14:03Où va l'argent
14:04pour les Français ?
14:04Ça va essentiellement
14:05le grand poste
14:06dont la France est bénéficiaire,
14:07entre guillemets,
14:08c'est la PAC.
14:09C'est la politique agricole commune.
14:11Après, énormément d'argent
14:12va dans les frais de fonctionnement
14:14de la grosse administration
14:15qu'est l'Union européenne.
14:16– 11 milliards, quand même,
14:17qu'on ne revoit jamais.
14:18– Oui, on est perdant.
14:20Ça va aider d'autres.
14:21Ça va aider d'autres pays européens
14:24à l'Est du Rhin, maintenant.
14:24– Est-ce que vous avez,
14:25chez Contribuable Associé,
14:26des membres de votre association
14:30qui se disent un peu choqués
14:34par le fait que la France
14:35envoie 11 milliards d'euros
14:37à l'extérieur,
14:38qu'on ne reverra jamais ?
14:39– Bien sûr.
14:40– Alors qu'on n'est pas capable
14:41de faire 40 milliards d'économies
14:42sur le budget de l'année prochaine.
14:43– Bien sûr, bien sûr
14:44qu'énormément de membres
14:45sont choqués.
14:46On a consacré à Contribuable Associé
14:47plusieurs études sur le sujet,
14:48sur le coût de l'Europe.
14:49Je peux vous donner des exemples.
14:50J'en ai beaucoup dans le livre.
14:53Mais juste un comparatif
14:56de l'élite européenne.
14:58Il faut savoir que, par exemple,
14:59Mme von Leyen,
15:01qui a la tête de la Commission européenne.
15:02– Van der Leyen.
15:03– Van der Leyen, pardon.
15:04J'ai oublié un petit mot.
15:08qui gagne deux fois plus
15:09que notre président de la République
15:10qui allait à plus de 34 000 euros bruts.
15:12Il y a des salaires
15:14à la Commission européenne
15:15qui sont extrêmement élevés
15:17et bien supérieurs
15:19à ce que beaucoup de nos élus,
15:21même tous nos élus,
15:22peuvent toucher en France.
15:23Et après, effectivement,
15:24il y a une administration
15:24qui est pléthorique, etc.
15:25Mais il n'y a pas qu'en Europe,
15:27on rentre dans cette action
15:28des administrations pléthoriques
15:29qu'on en retrouve aussi
15:30à la ville de Paris.
15:31– Alors, les fondateurs
15:32de contribuables associés,
15:35on peut les nommer,
15:37c'est Alain Dumais et Benoît de Taffin.
15:39Ils ont ancré contribuables associés
15:43dans une approche libérale
15:45sur le plan économique.
15:46Pourquoi est-ce que vous êtes
15:47autant attachés
15:48à la réduction du périmètre de l'État ?
15:51– C'est le combat de Benoît de Taffin,
15:52d'Alain Mathieu,
15:53de François Larmannes.
15:54Et également, pourquoi s'attacher
15:57tant à la réduction du périmètre de l'État ?
15:59Pour des raisons assez concrètes, en fait,
16:02parce qu'on se rend compte
16:03que ça ne marche pas bien.
16:04Ça ne marche pas bien.
16:04Je vais prendre une image
16:05que j'aime bien citer,
16:06qui est celle de Xavier Fontanet,
16:08qui est un entrepreneur.
16:11Lui, il dit souvent
16:12que la France est un pur sang,
16:14mais qu'elle a le malheur
16:15d'avoir sur le dos un jockey obèse.
16:18Et c'est assez vrai.
16:19On voit aujourd'hui,
16:20pour revenir un petit peu
16:21à ce que je disais tout à l'heure,
16:21que plus…
16:23Mon livre et le combat de contribuables sociétés
16:24ne sont absolument pas
16:25un combat anti-fonctionnaire.
16:27Je tiens à le préciser.
16:27D'ailleurs, on dit beaucoup de bien
16:28avec des fonctionnaires.
16:30C'est la gestion de la fonction publique.
16:31C'est la gestion de la fonction publique.
16:33Et nous, on considère donc
16:33qu'on est face à un État obèse.
16:35Et justement, ce qu'on voudrait,
16:36c'est avoir un État plus musclé.
16:38Voilà, redonner du muscle à l'État,
16:40le faire maigrir et le redonner du muscle.
16:41Ce qui veut dire redonner du muscle,
16:42c'est aussi d'avoir
16:43de meilleurs fonctionnaires,
16:44mieux payés,
16:45et puis dégraisser.
16:46Dégraisser le mammouth
16:47ou dégraisser là où il y en a trop.
16:48Comme les fameux doublons
16:49dont vous parliez tout à l'heure
16:50dans les collectivités locales.
16:51Est-ce que vous êtes
16:52pour un État stratège
16:53ou pour un État réduit
16:54aux tâches régaliennes ?
16:55Parce qu'il y a un écart,
16:56j'imagine, entre…
16:58Les deux ne sont pas incompatibles.
17:00Oui.
17:01Je pense que, surtout,
17:02on est dans une longue histoire
17:03en France d'un État
17:04qui a toujours été
17:05stratège,
17:05du moins pendant longtemps,
17:06jusqu'à la période gaulliste
17:07ou pompidolienne.
17:08Donc, on ne peut pas
17:09faire un trait sur l'histoire.
17:10Donc, l'État doit demeurer stratège,
17:12mais surtout en ces temps
17:15périlleux en termes géopolitiques.
17:17Est-ce qu'il y a,
17:18on est à moins d'un an
17:19de la prochaine présidentielle,
17:21un ou plusieurs candidats
17:22qui vous rejoignent
17:24dans votre combat
17:25pour faire baisser
17:26la dépense publique française ?
17:28Tout à l'heure,
17:28pour présenter Contribable Associé,
17:30vous disiez
17:30Contribable Associé
17:30est une association
17:31non subventionnée et apolitique.
17:33Nous sommes véritablement apolitiques,
17:34effectivement.
17:35C'est dans nos statuts.
17:36Donc, nous ne donnons pas
17:37de consigne de vote.
17:38Oui, bien sûr.
17:38Alors, ce qu'on voit,
17:40c'est qu'on entend
17:42de nouveaux discours
17:43parmi les candidats
17:44ou les déclarés à la candidature.
17:46On voit quand même
17:46que des choses changent.
17:47C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:48on entend enfin parler d'économie.
17:50D'économie sur les dépenses
17:51qui est neuf,
17:52ce qui n'est pas si récent que ça.
17:53On entend aussi
17:53beaucoup de candidats
17:54qui disent aux Français
17:55qu'ils devront plus travailler.
17:57Oui.
17:57Au lieu de dire
17:58on va commencer
17:59par nous faire maigrir,
18:01nous, l'État,
18:02on va vous mettre
18:03à contribution d'abord.
18:04Ça, c'est sûr.
18:05Et là, on voit
18:05qu'il y a eu
18:06de récents rapports
18:07qui ont été missionnés,
18:09l'un par le haut commissariat
18:10au plan
18:10et l'autre par le gouvernement.
18:12Effectivement,
18:13dans les solutions
18:13qui sont mises en avant,
18:14il y a certes
18:15une réduction
18:16des dépenses publiques,
18:17mais aussi encore,
18:18encore,
18:19une augmentation des impôts.
18:20Et c'est la solution
18:21vraiment de facilité
18:22pour un État
18:23qui n'arrive pas
18:23à réduire la voilure
18:24que de continuer
18:25à taper sur le dos
18:27des Français.
18:27Donc, c'est ceux
18:28dont nous ne voulons pas
18:29contribuer à l'associer.
18:30Donc, nous ne donnerons
18:31pas de consigne de vote,
18:32mais il est certain
18:32qu'on va regarder
18:33de très, très près
18:34ce que propose
18:35chaque candidat
18:36et comme à chaque présidentiel,
18:37nous allons faire
18:37des évaluations
18:38des différents programmes.
18:40Et si vous aviez
18:41cinq minutes
18:42face au prochain président
18:43de la République,
18:44quelle serait
18:45la première réforme budgétaire
18:47que vous lui conseilleriez
18:48de faire
18:49dans l'urgence ?
18:50Il faut inscrire
18:51dans la Constitution
18:52la règle d'or,
18:53c'est-à-dire l'interdiction
18:54pour l'État,
18:55la sécurité sociale
18:56et aussi
18:57les collectivités locales,
18:58même si c'est un cas
18:59un petit peu à part,
19:00de voter des budgets
19:01en déficit,
19:02surtout pour l'État
19:03et la collectivité locale
19:04qui sont
19:05les plus dépensiers.
19:06Aujourd'hui,
19:06le budget
19:07de la Sécu est supérieur
19:07à celui de l'État
19:08depuis plus de 20 ans.
19:09C'est un monstre
19:10et on s'y attelle
19:10souvent assez peu,
19:11on le regarde assez peu
19:12ce fameux budget
19:13de la sécurité sociale.
19:14Donc la règle d'or,
19:14elle existe dans des pays voisins,
19:16elle existe en Allemagne,
19:17elle existe en Suisse,
19:18elle existe en Autriche,
19:19elle existe en Suède,
19:19il y a des freins au déficit
19:20et à la dette
19:21dans ces pays
19:22et ça marche très très bien.
19:23À un moment,
19:23l'Allemagne n'allait pas
19:23si bien que ça
19:24en termes de dépenses publiques.
19:25Elle a redressé ses comptes,
19:26la Suède a redressé ses comptes,
19:28la Suisse a redressé ses comptes.
19:29Aujourd'hui,
19:30la dette publique de la France
19:31est trois fois supérieure
19:32à celle de,
19:33le double de celui
19:34du montant de la dette allemande.
19:37On est le,
19:38on a quatre fois,
19:40notre dette est quatre fois supérieure
19:41à celle de la Suède,
19:42par exemple.
19:43C'est des pays
19:43qui étaient dans un mauvais état financier
19:44et qui ont su se réformer,
19:45notamment parce que
19:47certains de ces pays
19:47ont mis en avant
19:48cette règle budgétaire
19:49qui veut qu'on vote
19:51et qu'on exécute
19:52un budget à l'équilibre
19:53et non plus en déficit.
19:55Ça fait 50 ans
19:56que l'État a cumulé
19:57les budgets en déficit.
19:58Voilà.
19:59Depuis 1975.
20:00Donc, il faut que ça cesse
20:00parce que
20:01qui dit budget en déficit
20:04dit derrière
20:04impôts,
20:06matraquage fiscal
20:06et surendettement.
20:08Et le fait que la France
20:09soit autant endettée
20:10et que ses déficits
20:11soient toujours,
20:12là, ça va être 5%
20:14cette année,
20:15plus, je pense,
20:17ça nous met dans la main
20:18de qui exactement
20:18d'être à ce point endetté,
20:20de ne plus être souverain
20:22sur sa dette ?
20:23Vous l'avez dit,
20:24déjà un petit rappel,
20:24on parle souvent
20:25des 5% du déficit
20:27par rapport au PIB,
20:28mais si on regarde
20:28juste l'État,
20:29on prend juste l'État,
20:30en 2024,
20:31je donne les chiffres
20:31dans le livre,
20:32si on fait juste
20:32un petit ratio
20:33et l'année dernière,
20:34en 2025,
20:35ce n'était pas mieux,
20:36ça a un petit peu baissé,
20:37le déficit a un petit peu baissé,
20:38pourquoi ?
20:38Parce que les impôts
20:39ont été augmentés.
20:40Mais en gros,
20:41un tiers des dépenses
20:42de l'État
20:42sont financées à crédit
20:43et donc, finalement,
20:44pour financer ces dépenses,
20:46il faut se tourner,
20:47il faut emprunter.
20:48Donc, on va se tourner
20:49notamment vers les marchés étrangers.
20:54qu'effectivement,
20:55en termes de souveraineté,
20:57à la fois financière,
20:58économique et géostratégique,
20:59ça pose problème.
21:00– On a des chefs d'État
21:01de par le monde,
21:02en Italie,
21:03Giorgia Meloni,
21:04en Argentine,
21:05M. Millet,
21:05qui ont réduit
21:08leur déficit public
21:09en taillant à la hache.
21:10Est-ce qu'à Contribuables Associés,
21:11on a des gens qui disent
21:12mais vraiment,
21:13il faut supprimer,
21:13il faut faire table rase
21:14de tout notre système ?
21:16– Oui, il faut le repenser,
21:17il faut le repenser de zéro.
21:20A Contribuables Associés
21:21fera toute une série
21:21de propositions
21:22dans le cadre de la présidentielle
21:23dans quelques mois.
21:24J'ai été le spectateur
21:27de TV Liberté
21:27pour le découvrir.
21:28Oui, on travaille,
21:29nous aussi,
21:30sur notre corpus,
21:32entre guillemets,
21:32sur les 30 grandes réformes
21:33qu'il faudrait faire
21:34pour réduire
21:36les dépenses publiques
21:36et les gaspillages.
21:38– Et je rappelle donc
21:39le titre de votre ouvrage,
21:41Jean-Baptiste Léon,
21:41Le Livre noir
21:42de l'argent public,
21:43un livre très complet
21:45sur toute la gabegie
21:46dans laquelle la France
21:48croupit depuis
21:49une cinquantaine d'années.
21:51Merci à vous,
21:51Jean-Baptiste Léon,
21:52et merci à vous
21:53de nous avoir suivis.
21:54– Sous-titrage Société Radio-Canada
21:55– Sous-titrage Société Radio-Canada
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