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  • il y a 13 heures
"Le Grand remplacement n'est pas pour demain matin !" C'est le constat cash de Jean-Paul Gourévitch, consultant international sur l'Afrique et les migrations. Mythes sur le financement des retraites, coût réel pour les finances publiques et pression démographique africaine : où en est réellement la France ? Jean-Paul Gourévitch dresse un état des lieux sans tabou. Il décortique les chiffres officiels, évalue le coût net des 450 000 étudiants étrangers pour Contribuables Associés et projette ce que sera la France de 2035 si aucune réforme de fond n'est engagée.
Au programme de cet entretien :
- Les idées reçues : Pourquoi le "Grand remplacement" et l'argument du "remède au vieillissement" sont à nuancer.
- Bilan financier : Que coûte et que rapporte réellement l'immigration aux finances publiques françaises ?
- Le cas des étudiants étrangers : Les conclusions de l'étude menée pour Contribuables Associés.
- La bombe démographique africaine : À quoi doit s'attendre l'Europe dans les prochaines décennies ?
- Guerre de l'information : Pourquoi Jean-Paul Gourévitch a-t-il attaqué Wikipédia en justice ?

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Transcription
00:03Générique
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans ce Zoom d'été,
00:15aujourd'hui en compagnie de Jean-Paul Gourevitch.
00:19Bonjour, monsieur.
00:20Bonjour.
00:21Jean-Paul Gourevitch est consultant international sur l'Afrique et les migrations.
00:26Vous avez enseigné à l'université Paris XII.
00:30Jean-Paul Gourevitch en est à moins d'un an de l'élection présidentielle.
00:33Où en est réellement la France sur le plan migratoire ?
00:38Alors, c'est une question assez complexe et qui mériterait une information assez longue
00:45parce que malheureusement, la plupart des Français ne sont pas au courant des chiffres,
00:53alors que ces chiffres existent, qui sont contrôlables, qui bénéficient d'un consensus.
00:59Donc, pour être précis, la France compte 8 200 000 immigrés,
01:07c'est-à-dire personnes qui sont nées à l'étranger, de parents étrangers,
01:12et qui sont en situation légale,
01:14auxquels il faut ajouter environ 800 000 migrants en situation illégale,
01:21600 000 dans la métropole et 200 000 dans l'outre-mer.
01:26Ça fait environ 9 millions, c'est-à-dire un peu moins de 13% de la population française.
01:33À cela, il faut ajouter les descendants directs de migrants,
01:39qui sont environ 7,3 millions,
01:43dont un peu plus de 3 millions sont issus de deux parents également immigrés,
01:51et 4 millions sont issus d'un couple mixte.
01:55C'est-à-dire que quand on utilise ces chiffres pour calculer le coût,
02:01à la différence de certains de mes collègues,
02:04moi, je considère qu'une personne issue d'un couple mixte doit être comptée pour 50%.
02:10– Est-ce qu'on sait aujourd'hui, Jean-Paul Gourevitch,
02:14combien d'étrangers arrivent légalement aujourd'hui sur notre territoire ?
02:18– Alors, on a des chiffres qui sont différents selon les stats,
02:26y compris selon les stats ministériels.
02:30Si on se situe sur un bloc de plusieurs années pour faire une sorte de moyenne,
02:40on peut dire qu'il y a entre 300 et 420 000 étrangers qui arrivent.
02:47Ce qui est intéressant, c'est de savoir pourquoi ils viennent.
02:50Et là, les choses sont très nettes.
02:53La première migration, contrairement à l'idée de beaucoup de gens,
02:58c'est la migration étudiante, un peu plus de 30%.
03:01Derrière, vous avez la migration familiale,
03:07et derrière, assez loin, vous avez la migration de travail.
03:12Il n'y a que 16% de personnes qui viennent en France pour travailler dans le cadre de l
03:23'immigration.
03:24Alors, en fait, il y en a un tout petit peu plus,
03:26parce que les gens qui viennent pour l'immigration étudiante ou pour l'immigration familiale
03:32vont à un certain moment, pour plusieurs d'entre eux, se mettre à travailler.
03:37Mais, en gros, on peut dire qu'un peu moins d'un tiers des migrants
03:44viennent chercher du travail dans le cadre de l'économie formelle.
03:49Il y en a aussi qui travaillent dans l'économie informelle,
03:53mais ça, ça ne rapporte absolument rien à l'État.
03:56Donc, on a, dites-vous, entre 300 000 et 420 000 personnes
04:00qui arrivent chaque année légalement sur notre territoire.
04:03En plus de ceux qui sont là, vous me disiez, 7 millions, 8 millions,
04:09combien d'immigrés, redites-nous exactement, sont aujourd'hui sur le territoire français ?
04:14Alors, je le redis, 8 millions d'eux en situation légale,
04:20plus 800 000 en situation irrégulière.
04:24Mais il ne faut pas oublier, et certains l'oublient,
04:28qu'en même temps qu'un certain nombre de gens arrivent dans le cadre de l'immigration,
04:34un certain nombre d'autres gens repartent, toujours dans le cadre de l'immigration.
04:39Et donc, il ne faudrait pas faire le compte de ceux qui sont là,
04:45plus chaque année ceux qui arrivent,
04:47en oubliant d'un côté ceux qui repartent,
04:50et d'un autre côté ceux qui sont régularisés.
04:52– Oui. Et alors, quelles sont d'ailleurs les raisons de la remigration ?
04:58– Alors, ce n'est pas une remigration.
05:01– De gens qui repartent, comme vous dites.
05:03– Oui. Alors, non, mais j'insiste là-dessus,
05:05parce que le terme de remigration est un terme qui a été créé par l'équipe Polémia,
05:13et notamment par Jean-Yves Le Gallou,
05:15et ce terme ne correspond à aucune véritable réalité.
05:20– Je comprends très bien que ça peut être un slogan,
05:23mais les gens ne repartiront pas par eux-mêmes,
05:27parce qu'ils ont des avantages en France
05:30qu'ils ne trouveront pas du tout dans leur pays d'origine.
05:33– Sauf si on coupe ses avantages.
05:35– Comment ?
05:36– Sauf si on coupe ses avantages.
05:37– Alors, ça, ça serait une autre hypothèse
05:42qui pourrait effectivement déclencher une remigration,
05:46mais pour ça, vous le savez, il faudrait que l'Europe fonctionne
05:51de façon coordonnée, il n'y a aucune politique migratoire européenne
05:57pour l'instant qui existe, et les migrants,
06:00et je le comprends très bien, ils font ce que tout le monde fait,
06:04c'est-à-dire qu'ils pratiquent un shopping migratoire,
06:07je vais dans le pays, j'ai le plus d'avantages et le moins d'inconvénients.
06:12Et la deuxième chose, c'est que, en ce qui concerne la remigration,
06:16on ne pourra pas les forcer à repartir.
06:19On est déjà incapables de forcer les autres UTF
06:23à revenir dans leur pays d'origine,
06:26je ne vois pas du tout comment on pourrait pousser les gens
06:31qui sont là, et en général installés depuis un certain temps,
06:35et ayant des relations professionnelles, personnelles, familiales ou autres,
06:42à repartir.
06:43Donc, ça fait partie un petit peu des grands mythes
06:46qui occultent ce qu'est le problème de l'immigration aujourd'hui.
06:52– Justement, quels sont ces autres mythes, ces autres idées reçues
06:55qui, selon vous, sont dans la tête des Français sur ce sujet migratoire ?
07:00– Alors, il y a une idée qu'on a voulu mettre dans la tête des Français,
07:04qui consiste en gros, je schématise, à dire,
07:09ceux qui sont contre l'immigration, ils sont pour l'immigration zéro.
07:13Et l'immigration zéro, c'est impossible.
07:16L'Europe n'est pas une forteresse, on peut le regretter, certains le regrettent.
07:21– Certains pensent que c'est une passoire.
07:23– Oui, je pense que c'est ni une passoire, ni une forteresse,
07:28mais de toute façon, une immigration zéro est impossible.
07:32Et vous aurez toujours des gens qui, pour des raisons ou d'autres,
07:36veulent quitter leur pays d'origine pour venir,
07:39et de préférence en Europe, et de préférence en France.
07:43Donc ça, cette notion d'immigration zéro,
07:46c'est une idée qu'il faut exclure.
07:50Alors, il y a une variante de cette idée qui serait l'immigration à taux zéro.
07:55C'est-à-dire, on accepterait un certain nombre de gens
08:01à condition que le même nombre, à peu près, accepte de repartir.
08:06Mais c'est quasiment impossible à faire.
08:08Alors ça, c'est une deuxième idée qui, à mon avis, ne tient pas la route.
08:14Donc, la notion de remigration ne tient pas la route.
08:20La notion d'immigration à taux zéro ne tient pas la route.
08:24Et la troisième idée qui est bien dans la tête de beaucoup de gens,
08:33et qui est dans les médias reproduite, c'est la France vieillit.
08:39La France a besoin, donc, de migrants pour compenser son vieillissement
08:47et financer le modèle social.
08:50Alors, sur le plan de l'analyse, ce n'est pas faux.
08:57Les migrants sont plus jeunes en moyenne que la population française,
09:03et ils font plus d'enfants, en moyenne, que ce qu'on appelle les natifs.
09:09Mais ça, ça voudrait dire que ces migrants qui arrivent, travailleraient.
09:16Or, comme je l'ai expliqué tout à l'heure,
09:19vous n'avez qu'à peine un tiers des migrants qui se lancent dans le travail,
09:26et vous avez d'autres migrants, y compris les femmes,
09:29y compris les enfants, y compris les personnes âgées,
09:33qui ne viennent pas du tout en France pour travailler.
09:37Donc, cette idée, elle peut s'expliquer sur le papier,
09:42par un raisonnement en disant,
09:44oui, les migrants, s'ils sont plus nombreux,
09:48ils vont financer le modèle social,
09:50mais comme chez ces migrants, il y aura beaucoup d'enfants
09:54et il y aura beaucoup de dépenses sociales,
09:57le modèle social ne sera pas plus financé.
10:01– Et peut-être aussi, pour revenir, Jean-Paul Gourevitch,
10:04sur cette idée de remigration,
10:06vous dites qu'on peut tout de suite évacuer ce cas,
10:11mais est-ce que la remigration, d'une certaine manière,
10:14ce n'est pas ce qui s'est passé en Algérie,
10:16avec le retour en France métropolitaine des pieds noirs ?
10:21– Oui, alors, ce n'était pas du tout dans les mêmes conditions.
10:24En Algérie, les pieds noirs ont été chassés.
10:28Ils ont été chassés parce qu'un pouvoir a pris la direction du pays
10:35et a fait connaître très, très vite aux futurs rapatriés
10:44qu'ils n'étaient pas les bienvenus.
10:47Donc, il faudrait, vous voyez, ça n'est strictement pas les mêmes conditions.
10:53Et ce n'est pas non plus le même rapport de force.
10:57Comment voulez-vous faire en sorte que quelques 9 millions d'immigrés
11:04qui sont en France aujourd'hui décident de repartir ?
11:09On ne peut pas les chasser, on ne veut pas non plus les chasser,
11:13et ça me paraît très logique, et donc, ce n'est pas d'eux-mêmes
11:16qu'ils repartiront.
11:17Alors, vous avez souligné un point qui me paraît important.
11:22Si, effectivement, les conditions d'accueil, de rémunération,
11:27d'aide sociale, de…
11:32Je dirais même, les conditions sociétales se modifiaient,
11:40on pourrait avoir des gens qui se diraient,
11:44oui, alors finalement, je vais plutôt rentrer chez moi plutôt que de rester.
11:49Et il y a quelque chose qui pourrait aller dans ce sens-là,
11:53c'est ce qu'on appelle aujourd'hui l'immigration virtuelle.
11:56Et ça, c'est quelque chose qui n'est absolument pas connu,
11:59mais qui existe et qu'on peut voir tous les jours.
12:02Un certain nombre de grandes firmes ont déconcentré une partie de leur service,
12:10leur service de secrétariat, leur service de gestion,
12:14leur service de marketing, ils ont déconcentré à l'étranger.
12:18Et donc, la question, c'est, est-ce que, si je suis africain
12:26et que je travaille pour une firme qui a déconcentré son service téléphonique
12:36ou son service marketing en Afrique,
12:39est-ce que j'accepte de rester en Afrique en étant, avec ma famille,
12:45en étant moins bien payée que si j'étais en France,
12:49mais en en étant mieux payée que mes collègues africains
12:53qui n'ont pas la chance que j'ai,
12:55là, l'immigration virtuelle peut jouer un rôle
12:59consistant à maintenir une petite partie des candidats à l'immigration chez eux.
13:07Mais pour l'instant, l'immigration virtuelle ne touche que 4 à 5%
13:14de la population désireuse de migrer.
13:19– Alors, Jean-Paul Gorevitch, vous avez beaucoup travaillé
13:21sur le coût économique de l'immigration pour les finances publiques françaises.
13:26On a reçu, il y a peu, l'un de vos collègues, l'un de vos confrères,
13:32dont j'oublie le nom, c'est, il a un nom d'ailleurs d'origine russe comme vous,
13:39– André Posokoff.
13:40– André Posokoff, merci, et qui a produit ce livre,
13:43Le gouffre financier de l'immigration extra-européenne.
13:47Il arrive à ce chiffre de 250 milliards, c'était pour l'année 2022,
13:52donc c'est un coût et non pas un résultat.
13:55Est-ce qu'on peut aujourd'hui établir, est-ce que vous produisez, vous,
13:59un bilan objectif de ce que coûte l'immigration aux finances publiques ?
14:03– Alors, on essaye de produire, en tant que scientifique,
14:07le bilan le plus objectif possible,
14:09en signalant aussi les estimations auxquelles parviennent
14:15nos différents collègues, qui ne pensent pas automatiquement comme nous.
14:19Alors, pour simplifier, aucun spécialiste aujourd'hui de l'immigration
14:26ne se hasarderait à dire que l'immigration rapporte
14:31plus qu'elle ne coûte aux finances publiques.
14:34Ça, c'est terminé.
14:35Mais il y a une très grande différence entre ce qu'on va appeler
14:40les économistes de gauche, entre guillemets,
14:43et les économistes de droite, entre guillemets.
14:46Les économistes de gauche considèrent que le coût de l'immigration existe,
14:52mais qu'il est faible, et qu'il est entre 4 et 19 milliards d'euros par an.
15:00Les économistes très à droite, et vous avez cité Poslokoff,
15:04j'ai lu ses deux premiers volumes,
15:07ils se situaient à ce moment-là entre 273 et 296 milliards d'euros par an.
15:14J'ai bien pris note que pour 2022, il était à 250 milliards,
15:21mais vous voyez la différence entre la fourchette 4 et 19 d'un côté,
15:25et 250 de l'autre.
15:27Et entre les deux, si j'ose dire,
15:30les économistes, un certain nombre d'économistes scientifiques,
15:34je pense à l'OCDE, je pense à l'observatoire de l'immigration et de la démographie,
15:42se situe entre 35 et 50 milliards d'euros par an pour les finances françaises.
15:52C'est d'ailleurs le chiffre auquel j'étais arrivé en 2022,
15:57puisque j'étais sur 40 milliards.
16:00Simplement, je suis allé jusqu'à 53,9 milliards,
16:04parce que j'ai mis la main sur un document absolument inconnu,
16:09et que je cherchais depuis très longtemps,
16:12qui est un document produit par la Société d'Addictologie,
16:16qui étudie le coût que fait peser la consommation de drogue,
16:24la consommation de tabac et la consommation d'alcool sur les finances publiques.
16:29Alors bien entendu, les migrants ne sont pas responsables
16:33de toute la consommation de drogue,
16:36de toute la consommation de tabac,
16:37et encore moins, évidemment, de la consommation d'alcool.
16:40Mais ils sont quand même responsables d'une partie de ce coût,
16:43ce qui m'a amené à passer de 40 milliards d'euros de déficit
16:50à, sur 2023, 53,9 milliards d'euros de déficit.
16:58Tout compris.
17:00C'est-à-dire que nous rentrons là-dedans,
17:03ce qu'un certain nombre de mes collègues ne font pas,
17:06les recettes produites par les migrants,
17:09non seulement leur cotisation fiscale et sociale,
17:13mais leur participation aux taxes,
17:16mais aussi ce qu'ils ajoutent au PIB de la France.
17:21Un migrant qui travaille produit pour la France
17:26un certain nombre de richesses,
17:28sur lequel l'État prélève qu'il y a entre 44 et 52% de taxes,
17:39de bénéfices pour lui,
17:40mais ces migrants ont aussi une plus-value pour la richesse française.
17:49Il faut en tenir compte, ça fait partie aussi des bénéfices,
17:55de la même façon qu'il y a des bénéfices et qu'il y a des coûts.
17:58– Alors, vous avez récemment publié un dossier
18:01pour l'association Contribuables Associés,
18:04qui évalue ce que coûtent et rapportent les 450 000 étudiants étrangers
18:09présents sur le territoire français.
18:12Voilà la une du magazine de Contribuables Associés.
18:15Quelles sont donc vos conclusions en la matière, Jean-Paul Gauravitch ?
18:18– Alors, c'est un sujet qui est très clivant
18:21et c'est un sujet qui est surtout mal documenté.
18:24Quand vous prenez Google, vous allez voir en première ligne
18:31un travail de Campus France qui vous dit
18:37les étudiants étrangers rapportent 5 milliards d'euros en France.
18:41C'est totalement faux et c'est tellement faux
18:44que la Cour des comptes, qui est quand même un organisme relativement sérieux,
18:49dit qu'on ne peut pas considérer Campus
18:52comme un document de référence qui remélange tout.
18:56Bon, le travail que nous avons fait,
18:59qui fait d'un côté l'ensemble des coûts
19:03et d'un autre côté l'ensemble des bénéfices,
19:06aboutit à un déficit de 2,19 milliards d'euros.
19:16Ce déficit qui pourrait être en partie compensé
19:20si une partie de ces étudiants qui viennent en France
19:26restaient en France pour travailler.
19:28Mais malheureusement, on ne sait rien là-dessus.
19:32Ça fait 10 ans qu'on se bat pour essayer d'obtenir
19:36que le ministère de l'Éducation et celui de l'Intérieur
19:42et celui des affaires étrangères lancent une enquête
19:46pour savoir que deviennent les étudiants
19:50qui viennent travailler en France.
19:52Est-ce qu'il reste juste d'obtenir un diplôme ?
19:56Où partent-ils après ?
19:58Combien quittent avant d'avoir obtenu un diplôme ?
20:03Et sur ce plan, nous avons proposé une refonte totale
20:08du modèle de la migration étudiante.
20:12Notre migration étudiante a été fondée sur la quantité.
20:16Nous accueillons beaucoup d'étudiants
20:18parce que nous souhaitons que ces étudiants
20:23puissent poursuivre des études dans un pays
20:27où ils ont plus de chances de décrocher des diplômes
20:31que dans leur pays d'origine.
20:33Mais nous n'accueillons pas les étudiants
20:36dont nous avons besoin.
20:37Et nous accueillons justement des étudiants
20:40dont, en licence par exemple,
20:43plus de la moitié n'obtiennent pas leur licence
20:46au bout de 4 ans.
20:47Est-ce qu'ils ne nous empêchent pas de renouveler leur visa ?
20:51Donc nous proposons un changement radical,
20:53passer d'un accueil quantitatif
20:57à un parcours d'excellence,
21:00c'est-à-dire, sans interdire bien entendu
21:04à certains étudiants de venir pour continuer leurs études,
21:11privilégier ceux qui s'engagent
21:15dans des filières dont la France a besoin
21:17et privilégier aussi ceux qui réussissent
21:22leur diplôme en un nombre minimum d'années.
21:29Et ça, ça changerait tout par rapport
21:32à la situation actuelle
21:35liée à la migration étudiante.
21:38Donc nous n'allons pas nous faire beaucoup d'amis
21:40en sortant une étude scientifique là-dessus,
21:45mais c'est notre rôle.
21:47– La démographie africaine,
21:49vous en êtes un spécialiste,
21:51Jean-Paul Gourevitch,
21:52elle est en train d'évoluer.
21:55Dans quel sens l'évolution,
21:57la démographie africaine évolue-t-elle
22:00et quelles seront ses conséquences
22:02sur la migration vers la France ?
22:05– Alors, indiscutablement,
22:08vous avez une augmentation de l'espérance de vie
22:13dans les pays africains,
22:15même si on est face à ce qu'on appelle
22:17la transition démographique,
22:19c'est-à-dire les femmes d'aujourd'hui
22:23font moins d'enfants que leur mère,
22:25qui faisaient moins d'enfants que leur grand-mère.
22:27Bon.
22:28Quelles sont les conséquences sur la migration ?
22:31Ce n'est pas facile,
22:31parce que nous ne savons pas vraiment,
22:37scientifiquement,
22:39quelles seront les incidences,
22:41par exemple, du réchauffement climatique
22:43sur le désir des gens d'immigrer.
22:46Quelles seront les incidences des épidémies
22:50sur les désirs des gens d'immigrer.
22:53– Quel sera l'écart entre le Nord et le Sud
22:59qui pourrait pousser les gens à se dire,
23:03finalement, l'écart n'est pas si grand que ça
23:06et on va peut-être plutôt rester que partir ?
23:11– C'est ce que je soulignais tout à l'heure
23:14en parlant d'immigration virtuelle.
23:16Donc, ceux qui font des projections à 50 ans,
23:22d'abord, ils sont toujours trompés
23:24et d'autre part, la seule chose qu'on peut faire,
23:27c'est des hypothèses sur une dizaine d'années.
23:31Sur une dizaine d'années,
23:33nous aurons de plus en plus de migrants
23:37venant du Maghreb et d'Afrique subsaharienne.
23:41nous aurons de plus en plus de migrants musulmans,
23:47ce qui ne veut pas dire automatiquement
23:49de migrants islamistes
23:53ou pratiquant un radicalisme dur.
23:58Nous aurons aussi de plus en plus de migrants
24:01venant d'Asie du Sud-Est,
24:05de pays du bloc de l'Est,
24:08de l'ancien bloc de l'Est,
24:09sans que cela modifie fondamentalement
24:13nos équilibres actuels.
24:16Ça, c'est ce qu'on peut dire sur 10 ans.
24:18Et justement, ça pose le problème
24:21que beaucoup de gens posent,
24:23qui est le problème du grand emplacement.
24:25Certains se disent, vous voyez,
24:27nous sommes déjà à l'aube du grand emplacement.
24:31Il y a indiscutablement une transformation,
24:33une transformation de la population quantitative et qualitative.
24:39Ça n'empêche pas que le grand emplacement,
24:43il n'est pas pour demain matin.
24:46Donc, moi, j'avais publié un ouvrage...
24:49– Ça dépend, peut-être, on vous dira
24:51dans quels endroits du territoire français.
24:54– Oui, alors, c'est vrai ce que vous dites.
24:56Nous avons un certain nombre de régions
25:02qui sont presque des régions de non-droit.
25:05Bon, où, effectivement,
25:08le respect de la norme républicaine
25:12est très peu en vigueur.
25:14Mais, globalement,
25:16sur l'ensemble du territoire français,
25:19même avec l'augmentation du nombre de migrants
25:22et même avec l'augmentation du nombre de musulmans,
25:26le grand rassemblement n'est pas pour demain matin.
25:30J'avais publié en 2019 un ouvrage
25:34qui s'appelait
25:34« Le grand emplacement est réalité ou intox ».
25:38Je souhaitais l'actualiser,
25:42mais je ne trouve aucun éditeur
25:44prêt à se lancer dans cette aventure-là.
25:47Chacun me dit « Oh là là, c'est un sujet brûlant,
25:52vous n'allez prendre que des coups ».
25:54Alors, je suis habitué à prendre des coups,
25:55mais les éditeurs sont beaucoup moins habitués
25:59que moi à les prendre.
26:00– Terminons avec cette question,
26:02peut-être un peu plus d'ordre personnel.
26:04Jean-Paul Gourevitch,
26:05vous avez porté plainte contre l'encyclopédie en ligne
26:08et Wikipédia. Pourquoi ?
26:10– Alors, c'est très lié à l'immigration.
26:14Quelques jours après avoir sorti mon brûlot,
26:19si on peut dire, scientifique,
26:22sur le coût de l'immigration en 2023,
26:25trois jours après, en août 2023,
26:31ma page Wikipédia a été totalement détruite
26:35par une contributrice d'extrême-gauche
26:38répondant au surnom de Chouette Bougonne
26:40et qui a été validée…
26:44– On ne peut pas l'inventer.
26:45– C'est d'autant plus drôle que mon surnom à moi,
26:48c'est Bougon.
26:49– Bon.
26:50– Qui a été validée par les administrateurs,
26:57par une majorité d'administrateurs.
26:59Elle a publié 31 modifications le même jour,
27:04alors qu'on a droit à qu'il y a trois modifications,
27:06et immédiatement sur le site,
27:08sans passer par la phase de discussion.
27:11Nous avons essayé de rétablir des amis à moi,
27:15des anonymes aussi.
27:17Ils ont été interdits de Wikipédia, comme moi.
27:20Donc, nous avons porté plainte.
27:22Nous avons porté plainte devant la Wikimedia Foundation,
27:26qui est l'organisme international qui pilote Wikipédia.
27:31– Alors, la Wikimedia Foundation,
27:34quand elle a vu qu'on portait plainte,
27:36et qu'on était à peu près les seuls à porter plainte,
27:39ça ne lui a pas plu énormément.
27:41Elle a donc demandé à Wikipédia
27:43de modifier un petit peu ma notice.
27:48Alors, ma notice a été légèrement modifiée,
27:50parce qu'il faut voir quand même que la nouvelle notice,
27:54je me permets de lire deux secondes,
27:57Jean-Paul Gourevitch est un essayiste français,
28:00principalement connue pour ses publications alarmistes
28:03sur le coût qu'engendrerait l'immigration au budget de la France,
28:07qui sont critiquées pour l'absence de rigueur scientifique
28:09et reprises par les militants d'extrême droite.
28:12Autrement dit, dans le genre réquisitoire,
28:15on ne peut pas faire mieux.
28:16Alors, ils ont modifié un certain nombre de choses.
28:20On a arrêté de me considérer comme d'extrême droite.
28:25Mais bon, ils n'ont pas rétabli tout ce qu'ils avaient supprimé.
28:30Parce que tout le travail que j'ai fait sur l'image politique, terminé.
28:35Le travail que j'ai fait sur la Méditerranée, terminé.
28:38Le travail que j'ai fait sur l'islamo-business, terminé.
28:41Le travail que j'ai fait sur la littérature de jeunesse,
28:43alors que je suis internationalement connu
28:45pour avoir fait les premiers dictionnaires internationaux
28:48sur la littérature de jeunesse, terminé.
28:51Même mes objets littéraires non identifiés,
28:55ce que j'aime bien faire qui sort de l'ordinaire, terminé.
28:59Donc, nous avons maintenu le procès.
29:03Nous l'avons perdu.
29:05Et c'était très intéressant parce qu'on nous a expliqué
29:09que Wikipédia n'a pas été objectif.
29:14Wikipédia a être neutre et sourcé.
29:18Alors, ils ont admis que neutre, ils ne l'avaient pas été complètement.
29:22Mais sourcé, ils l'ont été.
29:24Puisque tout ce que je faisais pour des organismes situés plutôt à gauche,
29:29la LICRA, Solidarité internationale, SOS Racisme, d'autres,
29:35ça, ça a disparu.
29:36Alors que ce que je faisais pour des organismes situés plutôt à droite,
29:41vous-même,
29:43– Contre les lois de sassiers.
29:44– Pas tellement à droite, mais enfin un peu.
29:46– Ils sont politiques.
29:47– Voilà, ça, ça a été gardé.
29:49Et donc, nous n'avons pas pu faire rétablir ce qui avait disparu.
29:56La notice a un tout petit peu changé.
29:59Ils ont admis que j'étais connu pour ce que je faisais sur l'image politique,
30:04sur la littérature de journalisme, etc.
30:06mais que mon travail sur l'immigration suscitait des véritables critiques.
30:13Et donc, nous avons, pour terminer, demandé à chaque GPT si on pouvait porter ce pouvoir en appel.
30:22Et chaque GPT nous a dit, vous pouvez, mais vous n'allez pas, vous êtes sur la 17ème chambre correctionnelle.
30:31Ils vous ont dit, nous cherchons simplement à ce que Wikipédia, ces informations soient sourcées.
30:40Vous ne pourrez pas rétablir vos informations, même si elles sont sourcées.
30:45Voilà.
30:45Donc, je suis très fier d'avoir dépensé 16 000 euros pour porter plainte contre Wikipédia.
30:53Et on a quand même eu une toute petite satisfaction.
30:56C'est que la fameuse chouette bougonne a fini, pas seulement à cause de moi,
31:01mais parce qu'elle a continué à faire de l'entrisme idéologique,
31:07a fini par être sanctionnée par Wikipédia, d'abord de deux jours, puis d'un mois, puis de deux mois.
31:13Ils lui ont même proposé une sanction définitive si elle continuait.
31:18Du coup, elle s'est calmée.
31:21Elle s'est calmée.
31:22Merci à vous, Jean-Paul Gourevitch, d'avoir accepté notre invitation.
31:26Je rappelle, pour les amoureux de la question migratoire qui peuvent se procurer ce magazine,
31:34les études de contribuables associés de juin 2026,
31:37sur ce que coûtent et rapportent les 450 000 étudiants étrangers actuellement en France.
31:43Merci à vous de nous avoir suivis et encore merci, monsieur.
31:45Merci.
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