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Ce jeudi 5 novembre, François Sorel a reçu Christophe Aulnette, conseiller senior chez Seven2 et ancien président de Microsoft France et Asie du Sud, Didier Sanz, journaliste tech, et Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Le débrief de l'actu tech avec ce soir sur le plateau de Tech & Co, Christophe Holmette qui est
00:09là.
00:09Salut Christophe.
00:11Bonsoir François.
00:12Un fidèle parmi les fidèles de Tech & Co, senior advisor chez 7to, ancien président de Microsoft français, Asie du
00:18Sud.
00:19A tes côtés Christophe pour commenter l'actu, c'est Didier San.
00:21Salut Didier.
00:22Bonsoir.
00:23Journaliste tech, fin connaisseur de tous les sujets qu'on évoque tous les soirs.
00:28Et puis Frédéric Simotel qui est là.
00:30Salut Fred.
00:30Bonsoir, salut à tous.
00:32Journaliste à BFM Business et on rentre tout de suite dans le vif du sujet.
00:36Qu'est-ce qu'est en train de mettre en place Elon Musk concernant la connectivité et les télécoms ?
00:44Écoutez, on commence à savoir un petit peu plus.
00:47Il semblerait que Elon Musk veuille à terme créer son opérateur mobile.
00:53Ce n'était pas le cas au départ avec Starlink.
00:55Starlink, voilà, cette constellation de satellites qui vous permet, avec une antenne que vous mettez sur le toit, sur un
01:01avion ou sur un bateau, d'avoir une connexion très rapide.
01:05Visiblement, grâce à la technologie, demain on pourra recevoir directement un signal satellite sur son téléphone.
01:13Et Elon Musk l'a bien compris, il peut peut-être, il est sans doute en train de créer son
01:19réseau mobile mondial.
01:21Alors, il n'y aura pas que les satellites, il y aura aussi sans doute des points terrestres, des émetteurs
01:26qui seront un peu partout.
01:27Et en tous les cas, il est en train de préparer tout ça avec un partenaire technologique qui s'appelle
01:31Qualcomm, qui est un spécialiste des puces réseau.
01:33Et je voulais qu'on commence par ce sujet parce que, évidemment, ça remet en question un petit peu le
01:41train-train des opérateurs télécoms
01:43qui vont se retrouver, Christophe, sans doute, avec un concurrent de taille dans quelques mois, quelques années.
01:48Oui, c'est un risque très important pour les opérateurs américains.
01:54Effectivement, pour l'instant, ils se disaient, bon, effectivement, la couverture satellite, c'est une chose.
01:57On sait très bien que pour atteindre à la fois l'indoor, être au sein des maisons, c'est difficile.
02:02Et le deuxième point, c'est d'être capable aussi de gérer des zones de forte densité.
02:06Donc, il y a une première alerte dont on a parlé il y a deux, trois semaines,
02:10qui étaient ces rumeurs de discussion avec des opérateurs de tours pour pouvoir avoir accès à des pylônes.
02:17Et maintenant, on voit le deuxième rumeur qui consolide l'information, à savoir,
02:23eh bien, non seulement je vais passer d'accord, mais je vais pouvoir monter des équipements.
02:28Et là où c'est aussi assez disruptif sous plein d'aspects, parce que plutôt que de prendre Nokia ou
02:35Ericsson,
02:35comme ce que font la plupart des opérateurs, il fait le choix d'une stratégie un peu plus orientée autour
02:40de briques,
02:42en fait, un peu plus open source, mais en tout cas, qui sépare la partie matérielle du logiciel.
02:48Parce que les acteurs comme Ericsson ou Nokia, en fait, ils fusionnent le hardware et le software
02:53dans une espèce de boîte noire qui vendent très cher.
02:56Et toutes ces initiatives qu'on appelle OpenRan ou VRan ou ce genre de choses,
03:00qui sont en fait des façons de virtualiser la partie logicielle,
03:03de le mettre sur un serveur Linux traditionnel, évidemment, ça fait baisser le coût de l'ensemble.
03:08Et donc, Qualcomm s'est engagé dans cette direction-là.
03:11Et pour eux, c'est aussi un coup de maître, parce que ça les crédibilise sur ce marché.
03:18Ils sortent d'une certaine façon des secteurs dans lesquels ils sont aujourd'hui,
03:23qui sont d'ailleurs déjà très, très profitables, mais ils ont besoin.
03:26Il y a un certain ralentissement des téléphones mobiles au niveau mondial et même des PC.
03:30Donc, ils ont besoin de nouvelles sources de croissance.
03:33Et là, c'est une nouvelle source de croissance pour eux, en s'alliant avec SpaceX qui continue sa stratégie.
03:41Je trouve que c'est sans doute aussi bien une bonne nouvelle pour Qualcomm que pour SpaceX
03:46et une très mauvaise nouvelle pour les opérateurs télécoms et les acteurs européens,
03:50qui sont aujourd'hui Nokia et Ericsson.
03:54Le seul point d'attention que j'aurai, c'est de dire attention,
04:02même 60 000 pylônes, ce n'est pas suffisant.
04:05Et donc, à un moment donné, il pourra quand même...
04:08Et là, on ne parle que du continent américain, bien évidemment.
04:1060 000 pylônes pour le continent américain.
04:12Il en faudrait 150 ou 160 000.
04:14Et en fait, la question, c'est est-ce que Musk ne sera pas tenté à un moment donné
04:19ou ne poussera pas pour faire un accord MVNO avec l'un des trois acteurs
04:22qui se retrouvent dans un dilemme du prisonnier en disant
04:25« Non, on ne veut surtout pas passer d'accord avec Musk, mais il y en a peut-être un
04:28cracra le premier,
04:29un peu comme ce qu'avait fait Orange avec Free à l'époque de Free Mobile en France. »
04:33Oui, puisque l'itinérance était assurée à l'époque par Orange
04:35parce que Free n'avait pas son réseau mobile.
04:37Et c'est dans ce genre de situation, il y en a toujours un...
04:39Mais est-ce que tu crois que Elon Musk veut ça ?
04:41Peut-être qu'il n'a pas envie justement de passer un accord,
04:43d'être dépendant d'un opérateur télécom.
04:45Peut-être qu'il a envie de créer son propre réseau
04:47parce que son idée, c'est de récupérer le signal Starlink
04:52et de le remettre par des réseaux terrestres
04:55pour justement attaquer l'indoor en fait
04:58et que ça marche aussi à l'intérieur des bâtiments d'après ce que j'ai compris.
05:01Et là aujourd'hui, le nombre de pylônes prévus n'est pas suffisant
05:05pour avoir une couverture suffisante.
05:06Donc il est obligé d'avoir un partenariat.
05:08D'ailleurs, il y a des rumeurs où ils rachèteraient un MVNO
05:12qui est Boost, je crois,
05:14qui a quelques millions d'abonnés.
05:15Et d'ailleurs, la question se posera à ce moment-là
05:17pour les acteurs, est-ce qu'ils continuent le contrat MVNO ?
05:20Donc on n'est pas à la fin de l'histoire.
05:22Oui. Et alors juste, on n'a pas de chiffre inconsomentant ce partenariat,
05:26mais Qualcomm souligne quand même que c'est un contrat important.
05:29Voilà. On n'a pas la somme.
05:31Mais ce n'est pas anodin pour Qualcomm.
05:34Didier ?
05:35Oui, moi, je ne sais pas trop la position d'Elon Musk.
05:38Je ne pense pas qu'il va se mettre en concurrence directe avec les opérateurs.
05:42Je pense qu'il est plutôt en train de mettre au point son réseau,
05:45comme tu le disais, avec des technologies à la fois terrestres et satellitaires,
05:49de manière à offrir de nouvelles opportunités aux opérateurs.
05:53Donc il sera un espèce de fournisseur d'accès
05:55qui permettra à d'autres d'avoir une offre commerciale sur son infrastructure.
05:59Ah d'accord. Ok. Donc pour toi, ces clients, ce seront les opérateurs télécoms ?
06:03Oui, c'est déjà fait.
06:03Ça ne sera pas toi et moi ?
06:04Non, c'est déjà le cas.
06:06Moi, je n'y crois pas. Je pense que vraiment, il veut attaquer les consommateurs.
06:09Mais c'est intéressant, ton point de vue.
06:11Moi, ce qu'on sait, c'est qu'il est déjà en deal avec Deutsche Telekom sur T-Mobile.
06:18Pourquoi est-ce qu'il n'élargirait pas ça avec des opérateurs qui, pour l'instant,
06:22lui ont tourné le dos ?
06:24Tous les opérateurs américains sont plutôt méfiants vis-à-vis de Musk.
06:27Mais à la limite, comme tu disais, on est dans un environnement où il y a de plus en plus
06:32de besoins de connectivité,
06:33il y a de plus en plus de smartphones, de besoins en indoor, en outdoor, etc.
06:38Là, il y aura une nouvelle infrastructure qui va leur permettre d'élargir leur offre.
06:42Et en plus, le deal est beaucoup plus intéressant pour Musk,
06:45qui va, du coup, ne pas s'embarrasser à négocier des licences, de la bande passante, des machins, des trucs,
06:51qui vont être, justement, au bon vouloir des opérateurs.
06:56C'est mon avis.
06:57Voilà.
06:57Bon, il ne faut pas oublier aussi une chose, c'est que, imaginez la puissance quand même qu'aurait le
07:03réseau d'Elon Musk
07:05si demain, on a un réseau mondial.
07:07C'est-à-dire qu'on n'a même plus besoin de roaming, d'itinérance, etc.
07:11Où que vous soyez dans le monde, vous allumez votre téléphone, vous avez payé un abonnement
07:15et vous recevez du Starlink, en fait.
07:16C'est ça qui est quand même assez incroyable.
07:19Et il ne faut pas oublier que toutes les technologies d'Elon Musk reposent sur l'Internet.
07:24Et moi, je pense qu'il est en train de créer, en fait, sa plateforme Internet
07:28pour que tous ses services fonctionnent parfaitement.
07:32Et parce que, pour que les Tesla fonctionnent, il faut de l'Internet.
07:36Pour que Neuralink fonctionne, sans doute demain, il faudra Internet.
07:40Enfin, on ne va pas rentrer dans les détails de tout ce qu'il fait.
07:43Mais Internet et la connectivité, c'est la base, en fait, de tout ce qui est...
07:47C'est la base de la technologie.
07:48La connectivité permanente est partout dans le monde.
07:50Exactement.
07:51Alors, sur ce nouveau réseau qui implique la 5G, il faut dire aux spectateurs,
07:56qu'on n'y a pas, aux téléspectateurs, qu'on n'y a pas encore.
07:58Parce que les satellites doivent être lancés mi-2027.
08:01Oui, parce que ce sont des satellites de nouvelle génération.
08:03Voilà, nouvelle génération qui vont permettre d'avoir une meilleure couverture.
08:07Et puis, surtout, il faut la nouvelle fusée Starship,
08:12qui n'est pas encore au point, apparemment.
08:15Et en fait, c'est là qu'il y a le problème.
08:18C'est que si la fusée n'est pas au point mi-2027...
08:21Les satellites ne pourront pas partir.
08:22Voilà, ça va retarder d'autant plus le lancement des satellites.
08:24Et bon, ce qui est quand même fascinant, c'est les pièces du puzzle
08:26qui se mettent les unes à côté des autres.
08:28À un moment, ça ne se cristallise pas, mais quand même.
08:30Rachat du portefeuille d'EcoStar, tout va.
08:33Oui, bien sûr.
08:34Il a racheté les fréquences.
08:35Il a racheté les fréquences et tout ça.
08:36Moi, je suis assez mitigé.
08:38Je ne suis pas complètement persuadé qu'il veuille devenir un opérateur grand public.
08:44Je le vois bien comme à la fois fournisseur des infrastructures.
08:48Je le vois peut-être aussi comme un opérateur hybride.
08:53Ça veut dire quoi, un opérateur hybride ?
08:55Un mobile terrestre, et puis dans certains pays.
08:59Peut-être les États-Unis en tant qu'opérateurs,
09:01mais au niveau mondial, ça me paraît quand même un peu compliqué.
09:04Le marché indien, le marché asiatique.
09:06Ça prendra peut-être 10 ans, 15 ans.
09:08Oui, mais...
09:09Mais petit à petit, il posera ses jalons, je pense.
09:12Par contre, qu'il veuille être l'opérateur de la physical industry,
09:18c'est-à-dire l'opérateur des industries, des robots, des véhicules autonomes.
09:23Ça, j'y crois beaucoup plus.
09:24Tu vois vraiment un opérateur qui, du coup...
09:26Alors, si un jour il peut, il ira vers le grand public.
09:28Et moi, je le vois bien.
09:29Il essaie d'être l'opérateur des grandes infrastructures de transport.
09:32Je suis d'accord.
09:32Des grandes infrastructures...
09:33Ça veut dire qu'il va concurrencer ce qu'on disait tout à l'heure.
09:35Les Nokia, mais aussi les Huawei, tous ces gens-là.
09:38Après, je pense qu'il faut faire attention aussi.
09:41Alors, Qualcomm dit que c'est un partenariat très important.
09:45Mais, alors, il a quelques gros partenariats, Elon Musk.
09:49Mais après, il faut voir comment on va se faire l'entente avec Qualcomm aussi.
09:52Parce qu'Elon Musk, il veut aller vite.
09:54Et quand tu connais la personnalité de Chris Harmon, le patron de Qualcomm,
09:58bon, lui aussi, il veut aller vite et tout ça.
09:59Mais c'est quand même quelqu'un d'assez pragmatique.
10:01Et il ne va pas se laisser dicter ses choix.
10:03Enfin, tu vois, il a quand même une stratégie aussi à dérouler.
10:06Alors, Musk peut être un gros client.
10:07Et je pense qu'il y a ça aussi qu'il faudra regarder à terme.
10:10Là, aujourd'hui, le mariage prend.
10:13En plus, Elon Musk, pour la petite histoire,
10:16il a intérêt à faire passer pas mal de choses dans ses deals en ce moment,
10:19avant que les démocrates soient au pouvoir.
10:21Parce que là, il risque de lui mettre beaucoup de bâtons dans les roues.
10:25Donc là, il...
10:26Il aura des bâtons dans les roues dès janvier, en fait.
10:28Et là, il profite un peu de signer tout ça.
10:30Mais je pense qu'il faut quand même regarder de près aussi
10:32comment ce partenariat avec Qualcomm va évoluer.
10:37Parce qu'entre un Elon Musk qui va dire,
10:39« Allez, là, tu me poses 2000 antennes, le délire, attends, 2000 antennes.
10:42Ah, il faut que je m'endette sur... »
10:44Ah ben, attends, non, non.
10:45Enfin, tu vois, quand tu regardes comment fonctionne Qualcomm,
10:48ils ne sont pas levés des millions en perdant de l'argent,
10:50des milliards en perdant de l'argent.
10:52Donc il y a ça aussi, cette stratégie.
10:53Il ne faut pas oublier aussi que Qualcomm est dans une situation
10:55un peu plus délicate qu'auparavant.
10:56Parce que, notamment, Apple était un gros client de Qualcomm.
11:00Je ne sais pas si vous vous souvenez.
11:01Toutes les puces réseau, des iPod, des iPads et tout, c'était Qualcomm.
11:05Et puis, Apple a dit un jour,
11:06« Merci beaucoup, Qualcomm.
11:07Ça y est, maintenant, on n'a plus besoin de vous.
11:09On fabrique nous-mêmes nos propres opus réseau. »
11:12Imaginez un client comme Apple qui se casse.
11:14C'est un peu comme, à l'époque, Intel,
11:16qui se retrouve sans Apple
11:18parce qu'Apple a décidé de fabriquer ses propres processeurs.
11:21Et je pense que Qualcomm est bien content
11:23d'avoir ce relais de croissance avec Starlink,
11:25et peut-être d'autres aussi.
11:27Qui vous dit, parce que derrière tout ça,
11:29il y a aussi Amazon Léo.
11:30Amazon est en train de créer sa propre constellation
11:32de satellites équivalente à Starlink.
11:34Peut-être que demain, de la même manière,
11:36Amazon voudra aussi créer son propre réseau mobile.
11:39Et peut-être que, justement,
11:40le fait qu'il y ait beaucoup de Qualcomm,
11:42quand même, dans beaucoup de téléphones Android,
11:44et c'est aussi une façon de pouvoir,
11:47peut-être, faciliter la communication avec ces outils-là.
11:50Enfin, ce que je veux dire, c'est qu'ils ont un...
11:52Pour eux, c'est une diversification
11:53qui est très intéressante et nécessaire.
11:55Leur technologie qui va être utilisée,
11:58qui s'appelle Dragon Wind,
12:00est une technologie qui a déjà fait ses preuves.
12:02Elle est utilisée, justement,
12:04pour relier des caméras de vidéosurveillance,
12:07pour des robots industriels,
12:08pour...
12:08Une partie logicielle qui est bien éprouvée aussi.
12:10Voilà.
12:11Donc, au niveau technologique,
12:13ils sont vraiment au top.
12:14Et le choix, c'est par hasard,
12:16si Afrimas les a choisis.
12:17Maintenant, effectivement,
12:18il y a le côté matériel
12:19et le côté production d'infrastructures
12:21qui va être peut-être plus compliqué.
12:24Voilà pour ce premier sujet.
12:25Un deuxième sujet très intéressant
12:28qui, eh bien,
12:29on cristallise les relations
12:31entre le Japon et la Chine.
12:33Et c'est un bras de fer inattendu
12:35autour de la robotique industrielle
12:36qui est apparue aujourd'hui.
12:38C'est le groupe japonais SoftBank
12:39qui est actionnaire d'énormément de boîtes.
12:42SoftBank, ils sont à peu près partout.
12:44Et SoftBank voulait racheter
12:46la division robotique du Suisse ABB
12:49qui fabrique des robots industriels.
12:52Voilà.
12:52Ils voulaient mettre sur la table
12:545,4 milliards de dollars
12:55pour racheter, donc,
12:57cette division robotique du Suisse ABB.
12:59Eh bien, contre toute attente,
13:01la Chine pose son veto
13:02sur ce rachat.
13:04Alors, vous dites,
13:05boîte suisse, SoftBank qui est japonais,
13:07que vient faire la Chine là-dedans ?
13:08Parce qu'en fait,
13:10la Chine est l'un des principaux clients d'ABB
13:12et la plupart des usines,
13:15en fait, chinoises,
13:17utilisent ces robots.
13:18Et la Chine dit,
13:19attendez, non,
13:20parce que si SoftBank rachète ABB,
13:23ils vont récupérer de la data
13:24qui nous appartient finalement
13:25parce que ces robots sont installés
13:27dans 12 usines chinoises,
13:29eh bien, on dit,
13:30niais, on ne veut pas.
13:31Incroyable, cette histoire-là.
13:34Et on se rend compte que finalement,
13:35même les robots industriels
13:36peuvent devenir aujourd'hui
13:38des sujets hyper stratégiques.
13:40Et je voulais avoir
13:41votre point de vue là-dessus.
13:43Christophe, peut-être, pour commencer.
13:45En fait, le premier point,
13:46c'est qu'effectivement,
13:47tout le monde,
13:48il y a ce graal de la physique au léa
13:51et du fait qu'on va pouvoir
13:53effectivement mettre
13:54toute la puissance de l'IA
13:55dans une IA
13:57qui va être capable d'adresser
13:59des sujets,
14:00pas seulement d'interactions humaines
14:02comme on le fait aujourd'hui
14:03par la voie,
14:05mais être capable de piloter
14:08des robots domestiques,
14:10industriels.
14:11Donc, c'est un énorme enjeu à terme.
14:13Et donc,
14:15ce qu'a bébé,
14:16a visiblement développé
14:17des technologies intéressantes.
14:19Ce qui est intéressant
14:20et ce qu'ils ont fait,
14:21c'est que ce laboratoire
14:22de ceux que je comprends
14:24a développé des bras articulés
14:27qui sont un élément essentiel
14:28de la robotique.
14:30Enfin, c'est un élément de base
14:31qui est capable de mouvoir
14:33avec six ou sept éléments
14:37de various axes de direction.
14:40et donc,
14:40avec une très grande précision.
14:42Et c'est dans l'industrie,
14:43c'est partout dans l'industrie.
14:44C'est capable de faire,
14:45de déplacer des pièces
14:46de 500 kilos
14:48des milliers de fois
14:49et avec une précision
14:52de l'ordre du millimètre.
14:53Donc, c'est des...
14:54Ou voire même moins.
14:55Donc, c'est extrêmement sophistiqué.
14:58Et ça a été...
14:58Et donc,
14:59c'est un labo de R&D
15:00un peu plus développé
15:01ou de recherche appliquée
15:03qui a été développé en Chine
15:06avec le soutien,
15:07je pense,
15:07du gouvernement chinois.
15:09Mais, effectivement,
15:10la boîte est un conglomérat
15:12suisse-suède,
15:14donc vraiment très européen.
15:15Et là,
15:17ce qu'on voit,
15:18c'est plusieurs choses.
15:20C'est l'enjeu stratégique
15:22que représentent ces robots-là.
15:24Et la deuxième chose,
15:26c'est la Chine
15:27qui considère...
15:30Voilà,
15:30ce qui est à moi est à moi.
15:32Et sur mon sol,
15:33ce qui est à toi
15:34est aussi à moi.
15:35Ça peut se discuter.
15:36Mais est-ce que juridiquement,
15:37la Chine peut empêcher,
15:38en fait,
15:39cette transaction ?
15:40Je pense que oui,
15:40parce qu'ils ont une joint venture
15:42sur place,
15:42sur lequel ils ont...
15:43Voilà,
15:44c'est pas juste un établissement.
15:46Il y a forcément une joint venture
15:47et bien que ce n'est rien.
15:48Ils doivent avoir
15:49des actions de veto.
15:51Tout ça,
15:52quand tout va bien,
15:52on le signe
15:53sans se poser de questions.
15:54Et quand ça ne va pas.
15:55On se rend compte que ça...
15:56Et donc,
15:57effectivement,
15:57on arrive à cette situation
15:58qui paraît effectivement
16:02très étonnante
16:02d'avoir un acteur européen.
16:04qui ne peut pas vendre un actif
16:06à un acteur japonais
16:08parce que la Chine
16:09va s'y opposer.
16:10Cela dit,
16:10ça me fait un peu penser
16:11à SML,
16:12qui est une boîte européenne
16:14et qui a été obligée
16:16d'écouter,
16:17en fait,
16:17les ordres américains
16:18pour ne pas vendre,
16:20en fait,
16:21ces dernières...
16:22Là,
16:23c'est des machines.
16:25Mais ça a été une demande
16:26des Etats-Unis,
16:27alors qu'en fait,
16:28SML n'est pas américain.
16:30C'est une boîte européenne.
16:32Donc,
16:32on voit quand même
16:33qu'il y a des influences
16:34importantes
16:35des puissances
16:36dans ces boîtes,
16:37même si
16:38elles ne sont pas
16:39originaires de ce pays.
16:41Ce qui est super intéressant,
16:43c'est que
16:44le litige
16:45ne porte pas
16:45sur la conception
16:47des produits,
16:48comme c'est habituellement
16:48le cas
16:49quand un pays
16:49s'oppose
16:50à une vente
16:51à l'étranger,
16:52là,
16:52ça pose vraiment
16:53sur les données.
16:54Donc,
16:55encore une fois,
16:55la matière première
16:56dans notre économie
16:58de 2026,
16:59c'est la data
17:00et la data,
17:01c'est le nerf
17:02de la guerre
17:03pour les Chinois
17:03qui ne veulent
17:04surtout pas
17:05la partager
17:05quand elle concerne
17:07justement
17:07leur écosystème
17:10industriel.
17:11Donc,
17:12encore une fois,
17:14le problème
17:15ne serait pas
17:15si grave
17:17si c'était juste
17:18des
17:19centres
17:19des usines
17:20d'assemblage
17:21ou des centres
17:21de fabrication.
17:22Là,
17:22en l'occurrence,
17:23ce qui les choque,
17:24c'est qu'ils ne veulent pas
17:25que ces données
17:26passent
17:26à l'étranger,
17:28surtout que
17:29je vous rappelle
17:29que Softbank
17:30est l'un des actionnaires
17:32principaux
17:32d'OpenAI
17:33et que
17:34OpenAI,
17:34c'est la grosse boîte
17:36d'intelligence artificielle
17:37qui entraîne
17:38ces modèles
17:39sur des données,
17:41notamment
17:41des données industrielles,
17:42donc les Chinois
17:43ne veulent surtout pas
17:44favoriser
17:45un de leurs concurrents
17:47économiques.
17:48C'est pas étonnant
17:48cette histoire.
17:49Et puis Masayoshi Son,
17:50lui,
17:51ce qu'il voulait,
17:51c'est avoir un gros...
17:52Lui,
17:53son truc,
17:53c'est le physical,
17:55la robotique,
17:55il a toujours été
17:58très porté
17:59sur cet axe
17:59et puis maintenant
18:00qu'on parle
18:01de physical AI,
18:02de robotique
18:02et AI,
18:03c'est un vrai
18:04axe stratégique.
18:05C'est un petit coup
18:05de frein quand même
18:06dans sa volonté.
18:07Il trouvera
18:08d'autres acquisitions.
18:09Tiens,
18:09pour l'anecdote,
18:10sachez qu'en 2025,
18:12ABB voulait
18:13racheter qui ?
18:14Il voulait
18:14racheter Legrand.
18:16C'est un capoté
18:16parce que la France
18:17a dit
18:18ça,
18:18ça reste chez nous.
18:20Il voulait
18:20un peu se renforcer
18:21dans toute cette partie
18:22data center
18:23sur quoi...
18:24Oui,
18:25parce que le grand
18:25super forme.
18:27Benoît Cocard
18:28était hier matin,
18:28d'ailleurs,
18:29il était chez nous
18:30hier matin.
18:31Donc voilà,
18:32parenthèse fermée,
18:33mais on voit
18:34que nous aussi,
18:35on est capables
18:36de dire non.
18:37Là,
18:37ce n'est pas une bonne
18:37nouvelle pour l'Europe
18:38parce qu'elle est
18:38vraiment impuissante
18:39de voir encore une fois,
18:41elle est un peu humiliée
18:41dans l'histoire.
18:42Oui,
18:42c'est clair.
18:43Et puis,
18:44moi,
18:45ce que je trouve,
18:46j'enregistre ce que dit Didier,
18:47ce qui est fou,
18:49c'est que pour la première fois,
18:51enfin,
18:51pour la première fois,
18:52là,
18:52en tout cas,
18:52on a une décision concrète
18:55que la Chine,
18:56ben voilà,
18:57c'est un pays
18:58comme les autres aujourd'hui,
18:59enfin,
18:59c'est un...
19:00par rapport à l'industrie
19:01et donc,
19:02pour eux,
19:03robotique donnée IA,
19:04c'est un élément essentiel
19:08si c'est du business
19:09et tout ça,
19:09parce que souvent,
19:09on se dit,
19:10oui,
19:10ils sont un peu moins...
19:11Non,
19:11ils ont cet effet souveraineté,
19:13je cherchais le terme,
19:14ils ont ce côté souveraineté industrielle,
19:16ils en sont vraiment conscients aujourd'hui,
19:18alors qu'avant,
19:18on se dit,
19:18oui,
19:19mais les Chinois,
19:19ce qu'ils veulent,
19:19c'est vendre,
19:20être présents sur tous les marchés,
19:21oui,
19:22mais plus n'importe comment,
19:23c'est le premier signe de quelque chose.
19:25Je pense que pour eux,
19:26la robotique,
19:27vu la puissance industrielle que c'est,
19:29la robotique,
19:29c'est un élément essentiel
19:30de construire les usines de demain,
19:32et ce que faisait ce labo-là,
19:35c'est qu'ils avaient développé
19:37une sorte de méta-bras,
19:38c'est-à-dire qu'en fait,
19:39le bras,
19:39ils avaient tout un ensemble d'outils
19:41qui permettent de programmer
19:45ces différents bras articulés
19:47pour différentes industries
19:48et d'avoir une capacité de...
19:50Ça,
19:51ils y sont attachés,
19:52mais je pense que c'est derrière,
19:53ils le disent clairement,
19:53c'est la data,
19:54c'est vraiment ça qui est nouveau,
19:56les robots,
19:57je pense que les robots...
19:59Oui, mais ce qu'ils ne veulent pas,
20:00c'est que tout ce savoir-faire
20:01qui est nourri par les données chinoises...
20:04Et là,
20:05je trouve qu'on assiste quand même
20:05à un truc un peu...
20:06Oui,
20:07c'est nouveau.
20:08Et puis,
20:08il faut un petit mot sur SoftBank,
20:11quand même,
20:13comme tu disais tout à l'heure,
20:14c'est une entreprise
20:15qui rachète à tour de bras
20:17tout et n'importe quoi
20:18dans le domaine de la robotique,
20:19au point qu'on se demande
20:20s'il y a une stratégie derrière,
20:21que je veux dire,
20:22ils ont racheté Aldebaran,
20:23vous vous rappelez,
20:24Pepper,
20:25Nao,
20:25et qu'ils ont revendu d'ailleurs.
20:27Ben,
20:28ils ont racheté Weez,
20:31ils ont racheté des tas d'entreprises
20:33qui font de la robotique
20:35industrielle,
20:35professionnelle,
20:36pour l'éducation,
20:37pour le nettoyage,
20:39pour le...
20:39Il y a fond de robot,
20:40c'est vraiment le japonais.
20:42Oui,
20:43et ce what,
20:44tu vois,
20:45qu'est-ce qu'il y a derrière ?
20:46Voilà,
20:46c'est un peu la question.
20:48Retour en Europe,
20:49avec,
20:50eh bien,
20:51ce chiffre,
20:52525 millions d'euros
20:54que l'Union Européenne
20:55mettrait à disposition
20:56des startups
20:57qui veulent créer,
20:58en fait,
20:59comment dire,
21:00des plateformes
21:01pour concevoir des puces.
21:04525 millions d'euros.
21:06On voit que l'Europe
21:07veut reprendre la main
21:08dans ce domaine.
21:10La question,
21:11peut-être expliquer
21:12ce que c'est,
21:13Fred,
21:13parce que,
21:13finalement,
21:14ce n'est pas 525 millions
21:15pour créer une usine
21:16de semi-conducteurs,
21:17parce qu'évidemment,
21:18c'est un pouillème
21:19de ce qu'il faudrait
21:20pour créer une usine,
21:22parce que ça coûte
21:23des dizaines de milliards,
21:24une usine de semi-conducteurs.
21:25On n'en est pas encore là,
21:27malheureusement.
21:27C'est 525 millions d'euros.
21:29C'est pour,
21:30en fait,
21:31pour créer le terreau,
21:33un terreau favorable
21:34à des startups
21:35pour qu'elles puissent
21:36designer des processeurs.
21:38Ce que fait ARM aujourd'hui.
21:40Exactement.
21:40Ou Nvidia,
21:41c'est-à-dire pas pour construire,
21:43et puis,
21:43donc,
21:43ça,
21:44c'est la première chose.
21:45Ce n'est pas de l'argent
21:46non plus qu'on donne aux startups.
21:47C'est vraiment,
21:47on met cet argent-là
21:48et les startups
21:49vont venir se pluguer.
21:50Ce n'est pas des enveloppes.
21:52S'il peut y avoir
21:52des subventions,
21:53apparemment.
21:54Oui,
21:54mais moi,
21:54je disais quand même
21:55que ce n'était pas des chèques
21:57comme ça qu'on a dit.
21:59La plateforme
22:00et éventuellement
22:01des subventions.
22:02se pluguer dessus.
22:02En fait, voilà,
22:03ils accèdent à des outils,
22:04des technologies
22:04et des compétences
22:05aussi qui coûtent normalement
22:06très cher.
22:07Donc, en fait,
22:08on leur package
22:10quelque chose.
22:11Ce que je voulais dire,
22:11c'est que ce n'est pas
22:12les 525 millions d'euros,
22:13c'est vraiment pour la plateforme.
22:14Non, non, non, c'est ça.
22:15Et ensuite,
22:15elles viennent se pluguer
22:16et là,
22:16il y a des subventions.
22:17Ce n'est pas
22:17je lève 525 millions.
22:19Ah, moi,
22:19j'ai une idée de puce.
22:20Ah, tiens,
22:21voilà,
22:2125 millions d'euros.
22:22Non, non, c'est
22:23tu viens chez moi,
22:24tu travailles,
22:25je te donne
22:25toute la plateforme cloud
22:26et puis les connexions
22:28avec les uns et les autres
22:28pour développer
22:29ton,
22:32enfin,
22:32le design
22:33de tes puces.
22:34Donc,
22:34c'est une façon
22:35de conserver un peu,
22:37de peut-être avoir,
22:37on va peut-être avoir
22:38le Nvidia
22:41de 2040
22:43parmi ces startups.
22:44Tu as bien raison
22:45de parler de 2040
22:46parce qu'il faut
22:46des années
22:47et des années
22:48avant de designer
22:50quelque chose
22:50et de le concrétiser.
22:53Christophe ?
22:54Oui,
22:54ben moi,
22:55quand j'ai vu le...
22:55Ça part d'un bon sentiment.
22:56Oui, bien sûr,
22:56ça part d'une bonne idée
22:57et d'une nécessité.
22:59Mais tellement faible
23:00par rapport à tout...
23:01C'est-à-dire qu'on est
23:04abreuvé d'annonces,
23:05de milliards,
23:06de dizaines de milliards,
23:07la même...
23:07L'unité de base,
23:08c'est la dizaine de milliards
23:09et on voit 500 millions
23:10et quand on sait
23:11ce que coûte une usine,
23:12tout de suite,
23:13on se dit
23:13est-ce que c'est assez ?
23:14Bon, je pense que...
23:15La première chose,
23:16c'est que je pense
23:17que ça a été aussi
23:17pas mal guidé
23:18par l'échec de McDebourg
23:20où Intel devait construire
23:22une très grande usine
23:23où en fait,
23:23finalement,
23:23ils ont arrêté,
23:25peut-être c'est lié
23:25à des enjeux géopolitiques,
23:27mais aussi parce qu'ils ont dit
23:28on n'a pas de clients.
23:29Parce que les clients
23:30de ces usines-là,
23:31c'est les NVIDIA de demain
23:33justement qui vont nourrir
23:35ces usines.
23:36Parce que ce qu'il faut bien voir,
23:37c'est qu'il y a...
23:38dans la chaîne de valeur,
23:41il y a ceux qui font finalement
23:42le dessin
23:43qui dessinent ces puces
23:44avec ces dizaines de milliers
23:46de composants
23:47et là,
23:48il y a des outils logiciels
23:49qui sont nécessaires.
23:49Ils font partie d'ailleurs
23:50de cette plateforme-là
23:51pour pouvoir y accéder.
23:53Et puis après,
23:53il y a les gens
23:54qui développent
23:55sans avoir d'usines,
23:56c'est NVIDIA
23:57et d'autres
23:57ou Qualcomm
23:58et qui dessinent
23:59des chips
24:00à partir de ça.
24:02Et ensuite,
24:02il y a les gens
24:02qui fabriquent.
24:04Et donc,
24:04ce qu'ils veulent développer,
24:05c'est ces acteurs
24:06qui vont pouvoir nourrir
24:08demain les usines.
24:09Mais simplement,
24:12les subventions,
24:13je voyais,
24:13étaient limitées
24:14à l'ordre de 16 millions
24:15au maximum
24:16par...
24:16À 16 millions,
24:18on fait un proto.
24:21On n'est pas encore prêt
24:22à être industriel.
24:23Donc,
24:23on voit bien
24:23qu'on risque
24:24de se heurter
24:25encore une fois
24:25au fait
24:26qu'on va avoir
24:26de l'investissement
24:29early stage
24:30avec des petits acteurs
24:32et puis à un moment donné,
24:32dire bon,
24:33maintenant,
24:33j'ai quelqu'un
24:34qui pourrait faire
24:35un très bon candidat
24:35pour faire un chip,
24:36mais à ce moment-là,
24:37il faut quand même
24:37mettre des centaines
24:39de millions
24:39et on n'a pas forcément...
24:41On a toujours ce problème.
24:43Il faudrait qu'il y ait
24:43quelque part
24:44un fonds d'investissement
24:47sélectif
24:47au niveau européen
24:49en arrêtant de saupoudrer,
24:51en disant
24:51ben voilà,
24:51on met le paquet
24:52et on le fait
24:54changer d'échelle
24:54pour créer
24:56un acteur crédible.
24:58Est-ce que c'est le rôle
24:59de la Commission européenne
25:00de payer
25:00une entreprise privée ?
25:03de susciter
25:04l'émergence
25:05de fonds pan-européens.
25:06Voilà,
25:07c'est ça.
25:07C'est la même chose.
25:08Bien sûr,
25:09quitte à faire
25:10un peu de matching
25:11en disant
25:11on met 10-15%
25:13et vous,
25:14et chaque pays abonde,
25:15mais après,
25:16la gouvernance,
25:16elle doit être
25:17une gouvernance européenne.
25:18C'est ça qu'on n'arrive
25:19pas à voir.
25:19C'est que chacun ne voit
25:20que l'usine
25:21qu'il va avoir
25:22potentiellement
25:23ou l'acteur local.
25:23Il faut qu'on ait
25:24une vision globale,
25:25sinon ça ne marchera pas.
25:27Je pense que ce qui peut,
25:28c'est peut-être aussi
25:29l'élément déclencheur
25:30de créer tous
25:31ces petits cerveaux.
25:31On ne construit pas
25:32finalement d'usines
25:33en tant que telles,
25:34mais d'avoir
25:35tous ces petits cerveaux.
25:36C'est aussi peut-être
25:37de pousser un peu
25:38les industriels
25:39à dire bon les gars,
25:40maintenant on existe.
25:42Vidya,
25:43c'est sympa,
25:43mais peut-être que là,
25:45il va peut-être y avoir
25:45des idées.
25:46Dans l'automobile,
25:46on a des composants.
25:48Venez les soutenir.
25:50Arrêtez de les chercher.
25:52Effectivement,
25:52quand on regarde
25:53les montants,
25:54il y a
25:56trois ans,
25:56on aurait dit
25:56500 millions,
25:57mais c'est improbable.
25:59Aujourd'hui,
25:59on se dit
25:59qu'est-ce que vous allez
26:01faire avec ça
26:01mon pauvre ami ?
26:03C'est vrai,
26:05on est
26:07bouleversé
26:07par tout ça.
26:08Les échelles
26:08ont totalement changé.
26:10Absolument.
26:11Une société
26:12levée 200 millions,
26:13300 millions,
26:13on se dit
26:13c'est génial.
26:14Maintenant,
26:15on n'en parle même plus.
26:17Je pense que c'est
26:18quelque chose
26:19pour enclencher un peu.
26:20Ça fait cher
26:21l'étincelle,
26:23on va dire.
26:25il y a un moment,
26:26il faut y aller,
26:26ils ont le courage
26:27de le faire.
26:29Maintenant,
26:29il faut espérer
26:30que toutes ces petites
26:31start-up suivent.
26:32Et ne se fassent
26:33pas racheter
26:33par des Américains
26:34une fois qu'elles ont
26:34montré leur capacité
26:35à le faire.
26:37C'est ça.
26:39Et puis,
26:39rappelons quand même
26:40qu'aucun projet
26:42de construction
26:43d'usines
26:43de semi-conducteurs
26:44en Europe.
26:46D'ailleurs,
26:46on ne sait même pas
26:47ce qu'on mettrait dedans.
26:48C'est ça.
26:49Avec quel acteur ?
26:50Ça serait forcément
26:51un acteur américain
26:52ou un acteur asiatique.
26:53Il faut chercher
26:54les clients aussi.
26:55Oui, c'est ça.
26:56L'usine Bac-de-Bourg
26:57elle a fermé
27:00avant d'ouvrir
27:00parce qu'il n'y a pas
27:01de clients.
27:02Oui, parce que les clients
27:03finalement,
27:03c'est quoi ?
27:03C'est l'industrie automobile.
27:04Mais bon,
27:05ils sont aux abois,
27:06l'industrie automobile
27:07européenne.
27:08Qui d'autre ?
27:10On ne fait pas de smartphone,
27:12on ne fait pas de PC.
27:13On pourrait être
27:13la robotique demain.
27:16Oui,
27:16mais là,
27:17c'est hypothétique quand même.
27:18C'est ça.
27:19C'est plus loin.
27:20Ça, c'est un pari,
27:21un pari sur l'avenir.
27:22On fait des box internet,
27:24on fait de l'IoT,
27:29pas mal de projets.
27:32Tu sais combien
27:33de composants sont chinois
27:35dans tes box internet
27:35et dans tes produits IoT ?
27:37Il y en a pas mal
27:37qui viennent de chez STM.
27:39Oui.
27:42J'aimerais bien
27:43les décortiquer
27:43et comptabiliser
27:44le nombre de puces
27:45qui viennent de Chine
27:46et d'autres qui viennent
27:47d'STMicro, tu vois.
27:48Par rapport à ce qu'on a vu
27:49avec l'histoire des frigos
27:50qui se sont fait pirater
27:51et tout ça.
27:51Peut-être qu'on peut
27:52avoir un angle aussi
27:54design de plus sécurisé.
27:56Il y a peut-être
27:57des angles comme ça
27:58très précis,
28:00plus pour certains types
28:03d'équipements,
28:04beaucoup plus sécurisés,
28:05plus pour...
28:06Oui,
28:07pour les professionnels,
28:09en fait,
28:09pour l'industrie,
28:10finalement.
28:10par contre,
28:11en volume,
28:12je vois pas...
28:12Voilà,
28:13c'est ça,
28:13c'est ça le truc.
28:15Enfin bref,
28:15vous savez quoi,
28:16on va pas trop s'apitoyer
28:19sur notre sort,
28:20tout va bien.
28:20On va couder notre plaisir
28:21d'avoir 100 millions.
28:22Voilà,
28:22exactement.
28:23Non,
28:23c'est une super initiative
28:24et on espère que,
28:25un,
28:26elle sera suivie
28:26et que,
28:27deux,
28:27elle donnera des idées
28:29pour d'autres types
28:30d'initiatives de ce genre,
28:31toujours dans le domaine
28:32de la souveraineté numérique.
28:33Vous restez avec nous,
28:35il est bientôt 19h30.
28:36Petite pause dans Takenco
28:37avec toujours Christophe Honnet,
28:38Didier Sens et Frédéric Simotel.
28:40On s'intéressera au data center
28:42aux Etats-Unis.
28:44Sujet sensible.
28:47Maintenant,
28:47les grands opérateurs d'IA
28:49doivent montrer patte blanche
28:51pour convaincre les locaux,
28:52en fait,
28:53de la pertinence
28:55de construire un data center.
28:56Parce que,
28:57ça commence à gronder
28:58dans certains Etats américains.
29:00Surtout,
29:01avec le revirement politique
29:02qu'on a pu assister
29:04il y a quelques jours.
29:05Vous restez avec nous,
29:06la pause,
29:06et Takenco,
29:07la quotidienne,
29:08revient juste après ceci.
29:08A tout de suite.
29:11Takenco,
29:12la quotidienne,
29:13le débrief de la tech.
29:1519h32,
29:16Takenco,
29:16la quotidienne,
29:17le retour.
29:17Un grand merci
29:18d'être fidèle
29:19à ce rendez-vous dédié à la tech.
29:20On est là chaque soir,
29:2319h20h30,
29:23avec ce soir pour commenter
29:24l'actu,
29:25une actu bouillonnante.
29:27Christophe Honnette,
29:28senior advisor chez 7-2,
29:30ancien président
29:31de Microsoft Trans
29:32et Asie du Sud
29:33et auteur de ce deuxième ouvrage
29:36qui sort aujourd'hui en plus,
29:37Christophe.
29:38Oui,
29:38c'est son jour de lancement,
29:40il est disponible
29:40dans toutes les bonnes librairies.
29:41Ça y est,
29:42ton bébé est lâché.
29:43Voilà,
29:43il faut qu'il prenne son envol.
29:45Il faut qu'il prenne son envol.
29:46Ma carrière,
29:47mon affaire...
29:47Merci de lui donner un peu de lumière.
29:49Mais c'est normal,
29:50c'est avec plaisir.
29:51Réussir sa vie pro
29:52à l'ère de lire,
29:53parce qu'en plus,
29:53je pense que beaucoup d'auditeurs
29:54de Tech & Co
29:55et de téléspectateurs
29:56de Tech & Co
29:57seraient intéressés
29:58de découvrir,
29:59de consulter ce livre.
30:01Voilà,
30:02paru aux éditions Novice.
30:04Didier Sands,
30:05toujours là.
30:06Pas de bouquin,
30:06Didier,
30:07encore ?
30:07Pas prévu ?
30:08Il y en a eu dans le passé.
30:10Et là,
30:10on s'est calmés.
30:12Didier Sands,
30:12journaliste Tech
30:13et Frédéric Simotel,
30:14journaliste à BFM Business.
30:17On va parler maintenant
30:18de la rébellion
30:18contre les data centers.
30:20Il n'y a pas qu'en France
30:21qu'on se rebelle
30:22contre les projets américains.
30:25Je ne sais pas
30:25si vous vous souvenez Amazon.
30:26À chaque fois,
30:27ils avaient une énorme épine
30:28dans le pied
30:29quand ils voulaient construire
30:30un nouveau centre de distribution.
30:31Vous aviez tous les élus locaux
30:34qui manifestaient en disant
30:36on ne veut pas l'arrivée
30:38des Américains
30:39alors que,
30:40bon,
30:41de manière concrète,
30:42les emplois induits
30:44par ce type de structure,
30:47évidemment,
30:48ça a un impact écologique
30:49et environnemental,
30:50certains,
30:50mais dans des,
30:52on va dire,
30:53zones rurales
30:54où parfois,
30:55le chômage est vraiment
30:56très élevé
30:57et ça permet
30:58à beaucoup de gens
30:58de pouvoir travailler.
30:59Bref,
31:00ce que je voulais dire par là,
31:01c'est que cette fronde,
31:02elle n'est pas que franco-française,
31:04elle existe aussi aux Etats-Unis
31:05parce que les Américains,
31:07dans certains Etats,
31:08se rebellent
31:09contre les data centers,
31:10contre OpenEA,
31:11contre NVIDIA
31:13qui sont obligés,
31:14en fait,
31:15de montrer
31:15patte blanche
31:16et ça va être
31:19de plus en plus vrai
31:20avec le changement de cap,
31:22là,
31:23politique,
31:24avec la montée en puissance
31:26des démocrates
31:26qui,
31:27eux,
31:28sont beaucoup plus,
31:29on va dire,
31:30regardant
31:30sur ces déploiements.
31:32À l'époque,
31:33Donald Trump disait,
31:34écoutez,
31:34allez-y,
31:34tout va bien,
31:36il faut que l'IA
31:36explose,
31:38investissez,
31:38on ferme les yeux.
31:39Là,
31:40ça change
31:40et on voit que
31:41dans plusieurs Etats américains,
31:43certains électeurs
31:44se sont prononcés
31:45contre ces nouveaux projets.
31:46Ils sont inquiets
31:47de la consommation
31:47d'électricité,
31:48ils ont peur que,
31:49finalement,
31:50on privilégie
31:51les data centers
31:52à leur quotidien
31:54et leurs besoins électriques,
31:56les besoins d'eau aussi,
31:57les conséquences
31:58sur la vie locale.
31:59Le bruit.
32:01Non,
32:01mais ça fait énormément
32:02de bruit,
32:02en fait.
32:03Ça dégage de la chaleur,
32:04enfin,
32:04ça a un impact énorme
32:06et quand on voit aussi
32:07que les Etats-Unis
32:08sont victimes aussi
32:09de changements climatiques,
32:11c'est pas anodin tout ça.
32:12Et donc,
32:13les gens de l'IA
32:13commencent à réagir.
32:15OpenAI promet
32:15davantage de transparence,
32:17moins d'accords confidentiels
32:18avec les autorités locales
32:19et s'engagent même
32:20à ne pas faire supporter
32:21aux habitants
32:22le coût d'électricité
32:23nécessaire
32:24à ces infrastructures.
32:25J'aime bien
32:26plus de transparence
32:28et moins d'accords
32:28confidentiels
32:29avec les autorités locales.
32:31Ça,
32:31c'est quand même
32:31assez rigolo.
32:32Mais on est chez
32:32les bisounours,
32:33là.
32:34Je veux dire,
32:34c'est des gens
32:34qui ont marché
32:35à coup de bulles d'air
32:37pendant des années
32:38sans tenir au courant
32:39la population
32:40de ce qu'ils faisaient
32:40qui a été mise
32:42devant le fait accompli.
32:43Au Texas,
32:44ils se sont réveillés
32:44un matin,
32:45ils avaient un truc,
32:47une espèce
32:48de caserne monstrueuse
32:49qui faisait
32:50des ronflements
32:51toute la nuit
32:51qui provoquaient...
32:52On a vu un reportage
32:53là-dessus,
32:54c'était impressionnant.
32:54Je ne sais pas
32:55si tu parles de ça,
32:55mais un reportage
32:57d'une femme
32:58qui disait
32:58« Regardez ! »
33:01Elle était à côté
33:02de son pavillon,
33:02il y avait un data center,
33:03mais on entendait
33:04un ronronnement
33:06incroyable.
33:06Vous avez pensé
33:07au film
33:07Éric Brankovitch,
33:08c'était l'eau polluée.
33:10Là,
33:11c'est dans un contexte.
33:12C'est ça,
33:13le gros qui s'installe.
33:14Je continue.
33:15Non seulement
33:15on ne les tient pas au courant,
33:17on les met dans le vent,
33:18c'est accompli,
33:18on leur dit
33:19« Vous n'aurez plus d'eau
33:20cet hiver
33:21parce qu'on est en train
33:22de bouffer
33:22toutes les ressources en eau,
33:23vous n'aurez plus
33:24d'électricité,
33:25on est obligé
33:25de limiter
33:26votre consommation
33:27parce qu'on en a besoin
33:28pour nous. »
33:28On est complètement hors sol.
33:30Sam Altman,
33:31quand même,
33:31on parle de panneille
33:32et de transparence,
33:33c'est quand même
33:33le mec qui dit
33:33que la rame
33:35dans les PC,
33:36ce n'est pas bien
33:36et que chacun
33:38ait sa propre mémoire,
33:39ce n'est pas bien.
33:40C'est mieux de la donner.
33:41Donnez-nous votre âme.
33:41Donnez-nous votre âme
33:42qu'on s'en serve.
33:43On en a plus besoin
33:44que vous
33:44pour notre data center.
33:46Donc,
33:46il y a une espèce
33:48d'un ressenti
33:49de la population
33:50qu'on comprend tout à fait,
33:51qui est de se tenir,
33:52d'être tenu à l'écart
33:53devant les magouilles
33:54de ces gens
33:55qui s'enrichissent
33:55toujours plus,
33:56qui s'accaparent
33:57des ressources naturelles
33:58à leur seul profit,
34:00pas du tout
34:00au profit de la population
34:01parce qu'un data center,
34:03ça embauche
34:04combien de personnes ?
34:05Une dizaine
34:06à tout casser.
34:06Un type qui surveille
34:07pour voir si les serveurs
34:08vont bien,
34:09de temps en temps
34:09une équipe de maintenance
34:11qui débarque.
34:12Donc,
34:13il y a un ressenti réel
34:14et puis,
34:19comme tu disais,
34:20il y a un contexte politique
34:21derrière,
34:22c'est-à-dire qu'il y a eu
34:22des accords
34:23qui ont été faits
34:24qui ne sont pas toujours
34:25très clairs,
34:25c'est pour ça que maintenant
34:27OpenAI dit
34:27on va peut-être
34:29vous en parler un peu plus,
34:30mais encore une fois,
34:32c'est une attitude
34:33qui se comprend
34:34de la part d'une population
34:35qui ne voit pas du tout
34:36les bénéfices
34:37qu'elle a à voir
34:39avec ses data centers
34:40alors qu'elle voit
34:43tout à fait
34:43quels bénéfices
34:44les gérants
34:45de l'informatique
34:45peuvent en tirer.
34:47Et là,
34:47ce qui est intéressant,
34:48c'est que,
34:48évidemment,
34:49comme le contexte politique
34:51a changé
34:51avec la montée
34:52en puissance des démocrates,
34:54eh bien...
34:55Qui ont posé
34:56beaucoup de moratoires...
34:57Évidemment,
34:57c'est-à-dire que ça va
34:58sans doute ralentir
34:59tous ces projets
35:00parce qu'ils vont
35:01commencer à s'y intéresser
35:03et à poser
35:04des moratoires,
35:06retarder les autorisations...
35:08Mais ils ont déjà
35:10le plan B.
35:12Qui est ?
35:13L'espace.
35:14Oui, mais ça,
35:14c'est pas prêt.
35:15Musk a remis ça
35:16sur la table
35:17en disant
35:18on va envoyer
35:19nos data centers
35:20mais ça dérangera personne.
35:21Je pense qu'il est encore
35:21plus facile
35:22de créer un data center
35:23sur Terre
35:24que dans l'espace.
35:25Voir sous l'eau
35:25que dans l'espace.
35:26Voir sous l'eau.
35:27Mais alors,
35:28ce qui est intéressant,
35:29c'est que derrière tout ça,
35:31finalement,
35:33est-ce que ça ne va pas
35:34accélérer aussi
35:35le malaise de cette IA ?
35:36Parce que si
35:36les data centers
35:37ne se créent pas,
35:39ça peut avoir
35:40des conséquences
35:41sur le futur
35:43en fait de tout ça.
35:43C'est ce qu'ils disent
35:44pour justifier le fait
35:45qu'il ne faut pas
35:48les interdire.
35:49L'IA a perdu
35:52sa première élection.
35:54Parce que
35:54dans la plupart des...
35:57Parce qu'en fait,
35:58dans le système américain,
35:59on vote pour
36:01le gouverneur,
36:02le représentant
36:03à la Chambre,
36:03le Sénat,
36:03mais il y a aussi
36:04tout un ensemble
36:05de sortes de référendums
36:06qui peuvent être mis.
36:07Et donc,
36:07il y a eu des moratoires
36:08qui ont été mis
36:09dans, je crois,
36:0938 juridictions.
36:10Donc, c'est assez énorme.
36:12Qui vont
36:13pas forcément annuler,
36:14mais en tout cas ralentir
36:16la mise en place
36:18des data centers.
36:19Et c'est vrai
36:19qu'on était jusqu'ici,
36:20je ne vais pas répéter
36:21ce que vous avez dit,
36:22qui était un mode
36:22assez débridé
36:23où finalement,
36:23les gens avaient l'impression
36:24que ça impactait leur vie,
36:26ça rendait leur coût
36:28de la vie plus élevé.
36:28Et puis, il y a des gens
36:29qui s'enrichissaient.
36:29Voilà.
36:30Et donc, effectivement,
36:32je pense qu'il va y avoir
36:33une demande
36:33d'un peu plus de transparence
36:35et de process
36:36un peu plus démocratique
36:37dans la façon
36:38dont s'est mis en place.
36:39Donc, le résultat,
36:41c'est qu'il va y avoir
36:41du retard
36:42dans la mise en place
36:42de ces data centers.
36:44Il y avait déjà
36:44du retard aujourd'hui
36:45parce que
36:46faire un data center,
36:47c'est le problème
36:48de génie civil.
36:51Ça prend plus de temps
36:52que prévu
36:52quand on construit.
36:54Et donc,
36:54tout ça
36:55était déjà
36:58un nuage sombre
37:00qui faisait qu'aujourd'hui,
37:01on estime
37:02qu'il y a 20 à 30 %
37:03des GPU livrées
37:05par Nvidia
37:05qui ne sont pas...
37:06Elles dorment dans les cartons.
37:07Oui,
37:07qui ne sont même pas déballées.
37:09Elles dorment dans les cartons
37:09et on estime
37:10qu'elles ont une durée de vie
37:11de 3-4 ans.
37:12Ça veut dire qu'elles ont déjà
37:13perdu un tiers de leur valeur.
37:14Tout ça n'est pas du tout
37:15mis en facteur.
37:16Alors qu'elles ont été payées.
37:17Elles ont été payées.
37:17Nvidia a encaissé.
37:18Nvidia a encaissé.
37:20Donc, Nvidia, lui,
37:21pousse comme un malade
37:22et c'est pour ça
37:22qu'il continue
37:23à financer des acteurs
37:25qui lui achètent des chips.
37:26Il a absolument besoin aussi
37:27de montrer à ses investisseurs
37:29qu'il va continuer
37:30à vendre beaucoup de chipsets.
37:31Mais moi, je pense
37:32que ça peut être un élément
37:33qui fissure un peu plus
37:35ce qui est quand même
37:36malgré tout une bulle.
37:38Hier soir,
37:39c'était assez amusant
37:40parce qu'il y a quelque chose
37:41où j'essayais d'analyser ça
37:42parce que je ne comprenais pas bien.
37:43Je voyais quand même
37:45résultat des élections,
37:47ces histoires de data center
37:48et puis je regardais
37:48Alphabet, pouf.
37:50Microsoft, pouf.
37:51Quand tu dis pouf,
37:52ça veut dire que ça...
37:54En radio, je devrais dire
37:55que c'est en train
37:56de monter.
37:58Parce que pouf,
37:59ce n'est pas pareil que paf.
38:00C'est ça le problème.
38:01C'est en train de grimper.
38:03Je me posais la question
38:04et après,
38:05en analysant ça,
38:06je me suis dit
38:06finalement,
38:07comme il y a beaucoup
38:08de projets
38:08qui vont être freinés,
38:11les investisseurs
38:12et on a vu
38:13les Néocloud,
38:13les Néocloud
38:14étaient en train
38:14de chuter complètement.
38:16C'est ça qui me...
38:17C'est ce paradoxe.
38:18Les Néocloud
38:18qui chutent
38:19et puis les gros classiques,
38:22les hyperscalers
38:23qui étaient en train
38:23de prendre par...
38:24Au début,
38:25je me suis dit
38:26ce qu'ont compris
38:27les investisseurs,
38:28c'est que l'IA,
38:29ça va être un peu freiné
38:30le développement
38:30de ces data centers.
38:31Mais comme cela,
38:32les Microsoft,
38:33Google, Amazon,
38:33ils s'en sortiront
38:34tout le temps.
38:34Ils s'en sortiront
38:35tout le temps
38:35parce qu'ils ont déjà
38:37des solides revenus.
38:38financièrement,
38:39ils ont déjà
38:40des solides data centers
38:41alors que les Néocloud
38:42sont en train
38:42de tout monter
38:43et là,
38:43tout d'un coup,
38:43on leur coupe
38:44un peu le truc.
38:45Et puis ce matin,
38:47enfin depuis cet après-midi,
38:48on va dire...
38:48Oui,
38:48on regardait les courbes ensemble.
38:50Les courbes sont en train
38:51de repartir à la baisse
38:52parce que là,
38:53je pense que les gens
38:54se disent quand même
38:54oui, quand même,
38:56ils sont en train
38:57de voir tous les moratoires
38:57dans tous les états,
38:58tous les blocages,
38:59etc.
39:00Et c'est ça,
39:00ça ne va peut-être
39:01pas être aussi évident
39:02qu'ils réussissent
39:03et comme tu dis,
39:04les puces.
39:05Donc je pense qu'il faut
39:06regarder un peu
39:07cet aspect-là.
39:08Je regardais à Microsoft
39:09qui était à moins 2.4,
39:11Amazon moins 2.33,
39:12Nvidia moins 7,
39:14Oracle moins 4.3,
39:15il y en a un seul
39:15qui a pris un plus,
39:17c'est Google Alphabet.
39:19Mais il avait beaucoup
39:20baissé récemment aussi.
39:20Mais il avait pas mal baissé.
39:23On voit aussi des choses
39:24complètement dingues.
39:25Je lisais un article hier,
39:27on en avait déjà parlé ici,
39:28c'est des gens
39:30pour fournir l'électricité,
39:31ils récupèrent
39:31des vieux réacteurs d'avions.
39:32C'est ce que fait Musk.
39:33C'est vrai ?
39:34Et en plus,
39:35il est fait fonctionner au gaz.
39:36Voilà, j'allais dire.
39:38C'est magnifique.
39:39Écologiquement,
39:39c'est parfait.
39:40C'est incroyable.
39:41L'équation environnementale,
39:43bonjour.
39:44Et là,
39:45je pense que
39:45là,
39:46on est vraiment dans...
39:47Hier soir,
39:48je me disais,
39:49ah finalement,
39:49les gros vont s'en sortir.
39:51Mais là,
39:51je suis en train de me dire,
39:51ah non, non, ça y est.
39:52Il y a eu une correction
39:54où les gens se disent,
39:56on va voir.
39:56En plus,
39:57j'ai pas entendu
39:57beaucoup de républicains,
39:59qui doivent tous être
40:00un peu sonnés,
40:01mais des élus républicains
40:02qui ont dit,
40:02finalement,
40:03moi, chez moi,
40:03vous pouvez venir.
40:04Parce que c'est vrai
40:05que c'est pas par hasard
40:07où ils se sont tous
40:07concentrés dans l'Ohio,
40:09au Texas,
40:10dans la Géorgie.
40:11Il y avait des conditions
40:13de centrales nucléaires
40:14qui redémarraient,
40:15tout ça.
40:16Le Texas qui est passé démocrate.
40:18C'est ça contre toute attente.
40:19Non, non,
40:20mais c'est des États
40:20qui sont passés démocrate.
40:21Et sans doute
40:23qu'il y a des États républicains.
40:24Enfin,
40:24c'est pas aussi facile.
40:26Ça va être intéressant.
40:27Il va pas au Texas,
40:28il a calé,
40:28alors quand ça,
40:29c'est passé démocrate aussi,
40:30il a calé
40:31un État républicain.
40:33Oui, mais l'État républicain,
40:34si c'est le Wyoming,
40:36enfin, je sais pas
40:36s'ils sont républicains,
40:37mais l'État républicain,
40:38il faut quand même
40:38qu'il ait de l'énergie,
40:40il faut quand même
40:40qu'il ait de l'eau,
40:41il faut quand même
40:41qu'il ait des terrains,
40:42il faut quand même
40:42qu'il ait tout ça.
40:43C'est pas aussi évident.
40:45C'est pour ça
40:45qu'on regarde un peu
40:47ces 3-4 États
40:48où tout ce qu'on sent.
40:49Le Texas,
40:50c'est un quart
40:51de la puissance
40:51des data centers
40:52aujourd'hui aux États-Unis.
40:53C'est intéressant d'ailleurs
40:53de voir.
40:54C'est pas par hasard.
40:54Pourquoi ils sont pas
40:55en Californie ?
40:56Parce qu'avec Californie,
40:57tout est verrouillé,
40:57les terrains sont chers.
40:59Voilà.
41:00Et c'est pas aussi évident
41:02de basculer.
41:03Donc c'est pour ça
41:03que c'est vraiment
41:05un marché
41:05qu'il faut regarder de près.
41:06C'est intéressant
41:07de voir comment
41:08Elon Musk va évoluer
41:10dans son État préféré,
41:11le Texas,
41:12qui n'est plus
41:13de son côté finalement.
41:15Il y a la Louisiane
41:15où il a acheté
41:16les terrains
41:16pour mettre
41:18ses rampes de lancement
41:19pour ses Starship.
41:21Il y a juste,
41:22pour finir sur cette histoire-là,
41:24l'histoire des cours
41:24qui montent,
41:25qui baissent, etc.
41:25Il y a un contexte aussi
41:26de méfiance
41:27de plus en plus intense
41:30des utilisateurs d'IA
41:31qui se rendent compte
41:32qu'il y a des pertes
41:34d'emploi monstrueuses.
41:35On aurait pu en parler aussi,
41:37mais toutes ces grandes boîtes
41:39qui licencient
41:40parce qu'elles remplacent
41:41plus ou moins
41:42par des...
41:44Ils se réorganisent.
41:44De l'intelligence artificielle
41:46où elles se réorganisent.
41:48Donc pertes d'emploi
41:50et puis toutes ces histoires
41:51de piratage
41:51qui ont fait beaucoup de mal
41:52au secteur aussi.
41:53Les gens se disent
41:54« Les IA,
41:55si elles sont là plus
41:55pour nous menacer
41:58que pour nous rendre service,
41:59à quoi ça sert ? »
42:01De les entretenir à fond.
42:02Voilà, c'est tout.
42:03Dans l'actu,
42:04autre sujet,
42:05alors intimement lié
42:07à l'intelligence artificielle encore.
42:10C'est un sujet qui va te parler,
42:11Christophe,
42:12puisque c'est Microsoft
42:13qui a décidé,
42:15alors contre toute attente,
42:17de rendre moins gourmands
42:18ces PC sous Windows 11
42:22en permettant, en fait,
42:24en allégeant en quelque sorte
42:25la capacité mémoire nécessaire
42:30pour bien faire tourner Windows 11.
42:32Vous savez qu'on parle de giga,
42:34de giga octets de mémoire,
42:36c'est de la RAM.
42:38Et aujourd'hui,
42:39pour qu'un Windows 11
42:40sur un PC portable
42:42ou un PC de bureau
42:43tourne correctement,
42:44il faut à peu près 16 gigas.
42:46Sauf qu'aujourd'hui,
42:47il faut 32.
42:48Voilà,
42:49mais on va dire
42:49pour faire de la bureautique,
42:50c'est 16.
42:51Sauf qu'aujourd'hui,
42:5216 gigas de RAM,
42:53ça coûte énormément cher.
42:54Et Microsoft s'est dit
42:55« Tiens,
42:55au lieu d'exiger
42:57à mes constructeurs de PC
42:59d'ajouter de la mémoire,
43:00est-ce que je ne peux pas optimiser
43:01mon Windows finalement
43:03pour ne plus avoir besoin
43:04que de 8 gigas de RAM
43:05pour faire tourner Windows 11 ? »
43:07Je trouve ça plutôt malin.
43:08C'est un renversement de logique
43:10par rapport à ce qu'on a connu
43:11depuis des décennies
43:12puisqu'en fait,
43:14à chaque fois,
43:14il y avait une sorte,
43:15c'était à l'époque de Wintel,
43:16c'était un peu ça.
43:17C'est-à-dire que
43:17les constructeurs
43:19à chaque nouvelle version de Windows
43:20« Ah,
43:21ils ne tournent pas sur les vieux PC,
43:22il faut les renouveler. »
43:24Il faut un nouveau processeur,
43:25plus de mémoire, etc.
43:26Il n'y avait pas vraiment d'effort
43:27des équipes logicielles
43:28pour dire « On va compacter
43:29le logiciel existant,
43:31on rajoute des fonctionnalités,
43:32c'est un peu comme
43:33les gaz parfaits,
43:34ça prend tout l'espace disponible
43:35et puis quand il n'y en a plus,
43:36on rajoute de la mémoire. »
43:37Là, ils étaient toujours
43:38dans ce domaine-là
43:39puisque pour le nouveau PC IA,
43:41ils avaient dit
43:41« Il faut au moins 16 gigas
43:42et peut-être 32 d'ailleurs. »
43:44Et en fait,
43:44là, ils se rendent compte
43:45que maintenant,
43:45c'est devenu intenable.
43:48C'est-à-dire que les clients
43:49ne vont plus acheter les PC.
43:50Donc là,
43:51quelque part,
43:52cette contrainte,
43:53elle a forcé
43:56à la sobriété
43:57une certaine forme
43:58d'innovation.
43:58Une réaction de défense
43:59de la part de Microsoft.
44:00Et en disant finalement
44:01« En refocalisant
44:03un peu plus
44:03nos équipes logicielles
44:04sur une optimisation du code,
44:06on va arriver
44:07à pouvoir tourner
44:08dans 8 gigas. »
44:13Je pense que c'est une démarche
44:19commerciale naturelle
44:20de dire finalement
44:22« Si je ne fais pas ça,
44:25je risque de vendre
44:27beaucoup moins de PC IA. »
44:29D'installer beaucoup moins
44:29de Windows.
44:30Beaucoup de Windows.
44:31Et ça va avoir des conséquences
44:32sur tous mes services
44:32en fait, forcément.
44:34En cascade.
44:35Et alors, visiblement,
44:37l'optimisation
44:38d'un Windows 11
44:39sur 8 gigas
44:41permet 20%
44:42de réactivité supplémentaire
44:43et même jusqu'à 40%
44:44de gains
44:45sur certains scénarios
44:46multitâches.
44:47C'est fou quand même.
44:48C'est-à-dire que
44:48dès qu'on dit
44:50aux développeurs
44:51« Attendez les gars,
44:51faites un petit effort,
44:53essayez de nettoyer
44:54un peu tout ça,
44:55faites un peu de ménage
44:56dans votre chambre
44:57pour voir si justement
44:58on ne peut pas essayer
44:59de gagner en compétitivité
45:00et en rapidité. »
45:01Visiblement,
45:02on y arrive, Didier.
45:03Oui, il a fallu 40 ans
45:04pour que ça arrive quand même.
45:07Même 50 ans
45:08si on compte MS-DOS,
45:091,76.
45:11Le gros problème
45:11de Windows,
45:14de Microsoft,
45:14Christophe le sait bien
45:15parce que j'étais
45:16un ardent opposant
45:18à cette stratégie,
45:21c'était effectivement
45:23on remplit,
45:23on remplit,
45:24ça occupe
45:24de plus en plus d'espace,
45:25il fallait un gros disque dur,
45:27beaucoup de mémoire,
45:27un processeur
45:28de plus en plus puissant,
45:29etc.
45:29Et on s'en foutait
45:30des conséquences en gros.
45:31Mais c'est vrai qu'à l'époque,
45:32le prix des composants
45:33n'était pas le même
45:33et on était à peu près
45:34stable d'une génération
45:36à l'autre.
45:36Là, maintenant...
45:37Après, on gagnait aussi,
45:38on avait des systèmes
45:39d'éducation plus fluides.
45:40Non, ce n'est pas vrai.
45:41Plus complets.
45:42C'est là où je voulais en venir.
45:44Oui, quand même.
45:44C'est que...
45:47Je me rappelle du lancement,
45:49je ne sais plus si c'était
45:49Windows 98
45:50ou Windows 95,
45:51où Microsoft se vantait...
45:53Ça ne vous rajeunit pas, ça.
45:54...se vantait d'avoir un OS
45:57qui fasse plus d'un million de lignes
46:00et on va en rajouter encore.
46:02Donc, à l'époque,
46:02c'était un peu la course
46:03comme ça aux armements.
46:05Plus un logiciel avait
46:07de lignes de code,
46:08plus il était censé être meilleur.
46:09Plus il était cool.
46:11Alors que c'est l'inverse.
46:12Les gens du monde Unix,
46:14de Linux
46:15ou même maintenant de macOS,
46:17le savent très bien.
46:18Au contraire,
46:18il faut compacter tout ça.
46:20On était à une époque
46:21du début de l'Internet.
46:22Il fallait forcément rajouter...
46:24Non, les autres le savaient.
46:25Ce n'est pas vrai.
46:26On ne peut pas dire ça.
46:27Chez IBM,
46:27quand ils ont fait...
46:28Quand on s'appelait déjà OS 2,
46:30ils savaient déjà
46:30qu'il fallait optimiser des parties,
46:33mettre des bibliothèques
46:35en compressé
46:36qui n'étaient pas utilisées
46:37tout le temps
46:37pour avoir moins d'espace.
46:39macOS,
46:40Leopard et Snow Leopard,
46:42tu te rappelles
46:42le passage de l'un à l'autre ?
46:44C'était ça en fait l'idée.
46:47Là, on rentre là.
46:48La technique, là.
46:49Pardon.
46:50L'histoire des OS,
46:51du diessence,
46:52mesdames, messieurs.
46:52De l'un à l'autre.
46:53On a écrit ton livre.
46:54C'est une question.
46:55À une autre,
46:56on est passé
46:57à une optimisation
46:58qui est reposée
46:59sur la compression de données
47:00et c'est quelque chose
47:01qui se pratique couramment,
47:03pas forcément pour les OS,
47:04d'ailleurs.
47:05Est-ce que tu ne trouves pas,
47:06si on revient
47:06à cette information,
47:08c'est quand même positif
47:09de la part de Microsoft ?
47:10Oui, mais il a fallu 40 ans,
47:11c'est ça que je te dis.
47:12Parce que,
47:12tant mieux,
47:13c'est bien qu'ils le fassent maintenant.
47:15Si tu sais,
47:15c'est souvent dans la contrainte
47:16que naît l'innovation
47:17ou la créativité.
47:20Pour rester
47:21dans une époque
47:22plus contemporaine,
47:23regarde le cas
47:24de DeepSync,
47:25par exemple,
47:26qui est aussi
47:26un beau cas d'école
47:28d'optimisation
47:29puisque, rappelle-toi,
47:30ils n'avaient pas le droit
47:31d'utiliser
47:31les dernières puces
47:32de Nvidia
47:33pour développer la VR.
47:34Ils ont été obligés
47:35de prendre des trucs
47:35de l'ancienne génération.
47:36Ils y sont arrivés.
47:37Ils ont fait un produit
47:39qui est pratiquement
47:39l'équivalent
47:40de Tchad GPT
47:42ou des trucs de Penay.
47:43Enfin,
47:43ils mettaient plus de puces
47:44pour compenser le fait
47:45qu'ils n'avaient pas
47:46les dernières.
47:46C'était de l'innovation
47:47par la contrainte.
47:48Oui,
47:49mais on va réapprendre
47:51la frugalité.
47:52Ça me paraît très bien.
47:53Je cite souvent ça.
47:54Ma tasse d'ingénieur
47:55a été faite
47:56pour développer
47:56sur un petit processeur
47:57qui n'était pas connecté
47:58à un modèle multitâche.
48:00Il fallait se débrouiller
48:01pour que ça rentre
48:02sur quelque chose
48:03qui n'était pas alimenté.
48:06On a essayé
48:06de trouver
48:07des systèmes
48:08de programmation.
48:09Ça faisait partie
48:10du génie du programmeur
48:11que de faire rentrer
48:12les trucs.
48:13PL1 du langage PL1.
48:15Je continue à le dire.
48:18N'oublions pas aussi
48:18qu'on a beaucoup de choses
48:19développées en langage C
48:20et que le langage C,
48:21c'est un gros consommateur,
48:23même s'il peut être optimisé.
48:24Le langage C,
48:27il va travailler
48:28sur de la RAM,
48:29mais il ne va pas
48:29la vider tout de suite.
48:30Il faudra attendre
48:31des redémarrages,
48:32des trucs comme ça.
48:33Et le langage C,
48:33souvent,
48:34parce que les développeurs
48:35avaient de la RAM,
48:36on avait de la mémoire,
48:38on était dans le plus long
48:39si on ne se posait pas
48:39la question.
48:40Et aujourd'hui,
48:41tu as souvent dans
48:41les langages C,
48:42qui est un système
48:42de pointeur et tout ça,
48:43ça va pointer vers
48:44des trucs invalides.
48:46Et ça,
48:47c'est nettoyé à la fin,
48:48mais ce n'est pas nettoyé
48:49pendant la réalisation
48:50du programme,
48:51si bien que tu as besoin
48:52de beaucoup de mémoire.
48:53Donc là,
48:53il y aurait aussi
48:54pas mal d'optimisation
48:55à faire au niveau
48:56de ce langage
48:56qui est quand même
48:57l'un des langages
48:58les plus utiles.
48:59Du coup,
49:01ils se sont dit
49:01« Ah bah tiens,
49:02ça marche bien,
49:03on gagne en réactivité
49:04les 20 %,
49:04on va peut-être
49:05le faire pour
49:06Word,
49:06pour les autres logiciels. »
49:09Ça fait boule de neige,
49:10bien évidemment,
49:11tant mieux.
49:11Ça serait bien aussi
49:12que Google
49:14se penche
49:15sur le cas d'Android,
49:16qu'Apple se penche
49:17sur le cas d'iOS
49:18pour qu'on ait aussi
49:19cette fameuse frugalité.
49:20Ça serait peut-être pas mal,
49:21mais ça va sans doute arriver.
49:22Parce que si cette pénurie
49:23de RAM continue,
49:24ils n'auront pas
49:24d'autre choix
49:25que de s'y plier.
49:28S'y coller.
49:31On termine
49:32avec cette information
49:34qui met en avant
49:36notre souveraineté numérique.
49:38C'est le CNRS.
49:39Le CNRS
49:40qui vient d'annoncer
49:42qu'il a abandonné
49:44Microsoft Exchange.
49:45Parce qu'il consommait
49:47trop de mémoire.
49:48Pour sa messagerie professionnelle.
49:50Alors vous dites
49:51« Waouh,
49:51François Sorel,
49:52il est allé chercher
49:52quand même une news. »
49:54Mais non,
49:54mais c'est intéressant.
49:55Parce que c'est
49:56assez révélateur
49:57du climat actuel
49:59de la souveraineté
50:00dans la tech.
50:01Le CNRS,
50:02voilà,
50:04qui est un peu
50:04notre vitrine
50:06de la recherche française.
50:07Fleuron.
50:08Fleuron de la recherche française.
50:0930-36 000 chercheurs.
50:11Voilà.
50:12Eh bien,
50:12bossait avec
50:13Microsoft Exchange.
50:15Voilà.
50:15C'est comme ça.
50:16Avant que tout n'explose
50:17et que tout taille mal,
50:19ils utilisaient...
50:19Sans que ça marche.
50:20Voilà.
50:21Ils utilisaient
50:22des outils américains.
50:23Sauf qu'aujourd'hui,
50:25ce grand organisme français
50:26a décidé de choisir
50:28Partage,
50:29qui est une solution
50:30opérée par Renataire,
50:31qui repose sur le logiciel libre
50:33Zimbra.
50:34Et alors,
50:35on se dit pourquoi ?
50:36Déjà,
50:37ils vont faire des économies.
50:38C'est énorme.
50:38Les 50 000 boîtes mail
50:40qui vont migrer,
50:41qui vont quitter Microsoft
50:42pour aller sur Zimbra,
50:44ça fait économiser
50:453,5 millions d'euros par an.
50:47Pour le CNRS,
50:48c'est quand même de l'argent.
50:49Mais il faut le courage aussi
50:51du patron du DSI,
50:52du CNRS,
50:53de faire la migration.
50:54Certes.
50:54Et la migration,
50:55à mon avis,
50:56on ne parle pas du coût,
50:57mais ça doit coûter
50:57de l'argent quand même.
50:58Un petit peu,
50:59mais pas beaucoup ?
51:00J'ai lu,
51:01ça leur coûte,
51:02c'est rentabilisé
51:03en 2-3 mois,
51:03si ça va bien.
51:04D'accord.
51:05Donc,
51:06il y a ces quelques centaines
51:07de cas probablement
51:07qu'il faut...
51:08Non,
51:08mais c'est ce qu'on attendrait
51:10un peu de tous
51:10les services publics.
51:12La gendarmerie l'a fait,
51:13mais la gendarmerie,
51:14ils ont un long passé
51:16dans l'open source.
51:17Ok,
51:18j'ose même pas imaginer
51:21le nombre de boîtes françaises,
51:22d'administrations françaises
51:23qui fonctionnent
51:24avec Microsoft Exchange.
51:26C'est énorme,
51:27mais si tu vois,
51:27je pense que c'est effectivement...
51:29Alors,
51:29tu ne travailles plus
51:29chez Microsoft,
51:30donc tu n'es plus...
51:31Non,
51:31je ne vais pas faire l'article.
51:33Non,
51:34je pense que...
51:35J'essaie d'analyser
51:36objectivement.
51:37Je pense qu'il y a
51:38certainement un enjeu
51:39de souveraineté derrière,
51:40mais il y a aussi
51:40beaucoup le coût.
51:42C'est que Microsoft
51:43a considérablement réduit
51:45l'accès aux licences
51:46quasi gratuites
51:47qu'ils donnaient
51:47pour l'éducation
51:48ou pour la recherche,
51:49donc le coût a été élevé.
51:51Et puis,
51:51on voit très bien
51:51ce qui se passe,
51:52c'est-à-dire que la dépendance
51:53vis-à-vis de ces acteurs-là
51:55fait qu'ils augmentent
51:55les prix de 20-30%.
51:57Donc,
51:58ça vient pomper
51:59les budgets informatiques
52:00des SI
52:01et derrière,
52:02ça impacte aussi
52:03tous les petits acteurs
52:04qui sont souvent sortis
52:06des boîtes.
52:06Et comme ces entreprises,
52:09elles sont réticentes
52:09au fait de faire du tout,
52:11Microsoft,
52:11elles font des morceaux
52:12et finalement,
52:13tout ça coûte un peu plus cher.
52:14Et la question
52:15qu'on peut se poser,
52:16c'est finalement
52:16une messagerie,
52:17est-ce que ce n'est pas
52:17une commodité aujourd'hui ?
52:20Parce que finalement,
52:20c'est ça qu'il y a derrière.
52:21Est-ce que finalement,
52:22un mail,
52:23j'ai une adresse,
52:24je l'envoie,
52:24c'est interconnecté,
52:25je peux mettre
52:25une pièce jointe ?
52:26Qu'est-ce que ça fait de plus
52:27une messagerie aujourd'hui ?
52:29Ce n'est plus aussi stratégique
52:30parce qu'il y a le WhatsApp,
52:31il y a autre chose,
52:32il y a d'autres,
52:33le signal ou que sais-je.
52:34Et puis peut-être demain aussi,
52:37finalement,
52:37on dira à son IA,
52:38envoie un mail à un tel
52:39ou mets-moi un rendez-vous
52:41avec X, Y
52:42et ils se débrouillent
52:43pour aller le chercher.
52:44Donc ce que je veux dire,
52:44c'est que derrière ça,
52:46il y a aussi,
52:47peut-être,
52:48ça peut être un signal
52:48pour dire,
52:49bon ben attendez,
52:49la messagerie,
52:50ce n'est pas aussi stratégique
52:53que ça pouvait l'être
52:53dans le passé.
52:54Et puis il y a le RGPD aussi,
52:55le problème du RGPD,
52:56c'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
52:58Microsoft a beau prétendre
52:59qu'il travaille
53:00avec des opérateurs français,
53:02etc.,
53:02les données,
53:03une partie des données,
53:05transitent
53:05sur des serveurs américains.
53:07Et donc là,
53:07ça peut poser un problème
53:08sur une institution
53:09comme le CNRS.
53:10D'ailleurs,
53:10ça devrait poser des problèmes
53:12aussi à tous
53:12ces établissements publics
53:14qui travaillent encore
53:16avec des solutions américaines.
53:17Je ne comprends pas
53:18que depuis maintenant
53:19deux ou trois ans,
53:20il n'y ait pas une réflexion
53:21plus globale
53:22sur ce problème-là
53:23qui est quand même
53:24un problème majeur.
53:24Mais je pense que là encore,
53:26comme je disais tout à l'heure,
53:27pour l'histoire
53:27des 5200 millions d'euros
53:28à investir l'élément,
53:30le côté déclencheur,
53:31c'est un peu ça aussi
53:32qu'ils cherchent.
53:32C'est de dire,
53:33quand le CNRS va passer
53:34avec sa rigueur scientifique,
53:36tout ce qu'on peut,
53:36tout l'ADN
53:37que l'on peut mettre derrière
53:40le CNRS,
53:41ça va un peu bousculer tout le monde.
53:42On se souvient de Polytechnique,
53:43l'école Polytechnique
53:44qui avait dit
53:46on reviendra aussi
53:46à Microsoft,
53:47finalement,
53:47et ça fait un tel tollé,
53:48ils sont revenus en arrière
53:50parce que c'est vrai
53:50qu'aujourd'hui,
53:51le terme souveraineté
53:52prend quand même
53:52beaucoup plus d'importance
53:53de dépendance technologique.
53:55Puis derrière,
53:56alors ils vont continuer
53:57à utiliser quand même
53:57du Microsoft
53:58sur plusieurs choses.
54:00Là, c'est la messagerie.
54:01Mais voilà,
54:02je pense qu'il y a quand même
54:02ce côté coût,
54:04ce côté souveraineté,
54:05ce côté de dire,
54:06les gars,
54:07c'est peut-être le moment
54:08où on se sert à basculer
54:10et à monter un truc
54:11et si nous,
54:11on fait quelque chose
54:12avec Grenadaire,
54:13peut-être que derrière,
54:14l'éducation nationale
54:15va nous suivre,
54:16peut-être que derrière,
54:17le ministère de je ne sais pas quoi
54:18va nous suivre
54:19et puis l'armée
54:19et puis ci et puis ci.
54:20Les régions.
54:22Les régions.
54:22Tu as sur les navires de guerre,
54:24tu as des...
54:25Alors je ne sais pas
54:25si c'est un message,
54:25mais tu as le Huchel
54:26qui tourne sur...
54:27Enfin, tu as du Windows
54:28et des choses comme ça.
54:30Et là,
54:31peut-être que...
54:32Voilà,
54:34on assiste peut-être
54:35à une bascule.
54:36Alors c'est un relié d'ailleurs
54:37à l'annonce,
54:38tu sais,
54:38de la fameuse suite souveraine
54:41que le gouvernement a lancée
54:42il y a quelques mois
54:43en disant que maintenant,
54:45il y a des outils
54:46qui permettent de remplacer...
54:47Oui.
54:48Qu'ils ont des alternatives...
54:50Avec une suite office.
54:51Voilà.
54:51Et une messagerie,
54:52je crois aussi.
54:53Et une messagerie,
54:53un Zoom,
54:54enfin une visioconférence,
54:56etc.
54:57Donc bon,
54:57il y a un petit mouvement
54:58qui commence à s'amorcer.
54:59On espère que ça va tenir la route.
55:02Bon, écoutez,
55:03voilà,
55:03c'est sur cette note positive
55:04que se termine ce débrief.
55:06Positive et souveraine,
55:07disent ceux qui font tourner
55:09leur messagerie sur iPhone
55:12ou alors sur Android.
55:13Attends,
55:14je dois redémarrer mon Windows
55:15et j'arrive.
55:16C'est fâché.
55:18C'est ça.
55:20On est bien beaux à dire bravo.
55:22Ouais,
55:22c'est pas gagné quand même.
55:23C'est pas gagné.
55:24Ah bah oui,
55:25on est dépendant.
55:25On est dépendant
55:27de tous ces outils.
55:28Oui,
55:28mais ça peut basculer très vite.
55:30Merci beaucoup Didier.
55:31Merci un plaisir.
55:32Christophe Honnête
55:33et Frédéric Simotel.
55:34Merci.
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