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  • il y a 20 minutes
Ce mercredi 4 novembre, Antoine Larigaudrie vous présente le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tout pour investir, le placement à suivre.
00:04Et comme régulièrement, nous recevons Lilia Pétavin de JP Morgan Asset Management.
00:09Bonjour.
00:09Bonjour Antoine.
00:10Alors il y a des sujets qui fâchent en ce moment sur les marchés.
00:14Et le premier, c'est quand même celui des taux.
00:17Alors c'est vrai qu'on a eu droit à quelques mois d'une courbe ascendante qui n'en finissait
00:21pas.
00:22Et là, on a une forme de stabilisation sur un plateau qui est quand même relativement élevé.
00:28Après que la BCE et la Fed ont fait statu quo la semaine dernière.
00:34Est-ce que c'est bon signe ou pas ?
00:38Oui, bonjour.
00:39C'est vrai qu'il y a eu des gros mouvements sur les taux.
00:42Ils ont atteint, si je regarde les 10 ans allemands, américains, ils ont atteint un pic il y a un
00:47mois.
00:48On a eu une grosse baisse de plus de 40 points de base aux Etats-Unis.
00:5325 points de base en zone euro.
00:55Et vous l'évoquiez, quand je regarde aujourd'hui ce qui est anticipé par les marchés obligataires en termes de
01:02futures hausses de taux.
01:03C'est un gros changement.
01:05Puisqu'il y a un mois, on avait 3-4 hausses de taux attendues sur les 12 prochains mois.
01:11Aujourd'hui, on a un petit peu plus de 2 hausses de taux attendues sur les 12 prochains mois.
01:16Donc, gros changement.
01:18Et oui, je pense que c'est une baisse salutaire.
01:22Parce que si on regarde les signaux économiques de ces dernières semaines,
01:26on a commencé à avoir un ralentissement du fait de la hausse du coût de financement.
01:33Donc, j'entends par là, par exemple, la baisse dans les sondages des directeurs d'achat.
01:39Il y a eu une baisse au mois d'octobre, alors qu'on avait ces sondages qui étaient très résilients
01:44jusqu'à présent et à des plus hauts historiques.
01:47L'économie française s'est contractée au T3.
01:50On a aussi des conditions de prêts qui se resserrent et des demandes de prêts par les ménages qui ralentissent.
01:56Et côté marché, bien sûr, si je regarde les principaux indices mondiaux, le S&P 500, par exemple,
02:03il n'a pas bougé d'un iota sur ces trois derniers mois.
02:07On a des spreads de crédit, des écarts de taux qui s'écartent,
02:12que ce soit pour les entreprises les plus endettées, notamment les néoclouds,
02:16ou les États les plus endettés, comme la France.
02:21Donc, est-ce que c'est bienvenu d'avoir une baisse des taux ? Oui.
02:24Est-ce que c'est un bon signe ? Pas vraiment, parce qu'elle reflète un ralentissement de l'activité
02:30économique
02:30et non pas un ralentissement de l'inflation ou une baisse du prix des matières premières, par exemple.
02:37Oui, d'autant qu'on va parler ensuite de la dette française,
02:40mais il y a aussi cette sorte d'hypothèque qu'a mis Kevin Warsh à la tête de la Fed
02:46à dire, depuis le début de cette phase haussière des taux,
02:50on va laisser le marché obligataire restreindre lui-même l'activité de crédit.
02:55Mais c'est une sorte de cercle vicieux, parce qu'au bout d'un moment,
02:57et vous le dites avec les ISM qui sont des indicateurs qui voient très loin
03:01sur l'économie américaine, il n'y a peut-être pas un risque de récession,
03:05mais de coups de froid sur la croissance, d'autant plus si on commence à s'inquiéter
03:09des capacités de l'IA à garder quand même des munitions et de la trésorerie.
03:16Oui, et ça, c'est vrai que c'est la raison pour laquelle, à horizon moyen terme,
03:22justement, nous voyons les taux d'intérêt baisser.
03:24Soit de par les prix de l'énergie qui baissent, finalement,
03:29et nous avons cette vue-là au cours de 2027,
03:34soit parce qu'il y a un ralentissement de l'activité économique.
03:38Donc, c'est véritablement ce qui s'est passé ces dernières semaines.
03:41Bon, alors, on va parler de la dette française, parce que là, le sujet fâche aussi.
03:45Les investisseurs ont vraiment montré beaucoup moins d'appétit
03:49pour la dette française ces dernières semaines.
03:52Donc, on a un écart de taux qui remonte au plus haut depuis 2011 avec l'Allemagne,
03:58et ça a eu des répercussions aussi sur les dettes un tout petit peu fragiles,
04:01comme la dette italienne, par exemple.
04:05Bon, est-ce qu'on peut espérer quand même, là aussi, une forme de stabilisation ?
04:09On voit, par exemple, certaines agences de notation modifier leur biais d'orientation des taux.
04:18Certaines, quand même, qui nous font confiance en disant, voilà, le track record est solide.
04:22Est-ce qu'on arrive, là aussi, à une forme de point culminant de tension
04:26et qu'on peut espérer, quand même, que ça se détende un petit peu dans les prochaines semaines ?
04:31Alors, je ne serai probablement pas aussi optimiste, parce que ma vision, si on prend un peu de recul,
04:39c'est quand même que ce qui se passe en ce moment est très illustratif du cycle d'investissement dans
04:46lequel nous sommes.
04:47Et donc, je pense que ce n'est pas la dernière fois que nous voyons une envolée des taux sur
04:53les dettes souveraines,
04:54parce qu'aujourd'hui, véritablement, c'est absolument historique, l'investissement que l'on a,
04:59avec, d'une part, les hyperscalers américains qui ont besoin de financer l'infrastructure de l'IA,
05:06la création de la technologie,
05:08et d'autre part, les États, notamment des pays développés et de la zone euro,
05:14qui sont entrés dans une ère que j'appellerais de nationalisme économique,
05:18donc, concrètement, qui rapatrie la production de biens stratégiques
05:26qui sont indispensables à l'indépendance souveraine.
05:29Donc, je parle du militaire, de la technologie, des ressources énergétiques.
05:35Et ça, ça crée une véritable compétition pour le capital.
05:39Et donc, les prêteurs d'argent sont à même de demander des taux d'intérêt plus élevés.
05:46Et vous l'évoquiez, Antoine, ça, ça vient...
05:48Ce contexte mondial de hausse de taux vient pénaliser toujours les émetteurs les plus faibles,
05:54y compris l'Italie, parce que quand on a un stock de dettes important,
05:58la hausse des taux, ça veut dire hausse des charges d'intérêt payées sur la dette.
06:03Et ça, vous le contrebalancez de deux façons seulement.
06:07Soit vous améliorez la croissance économique que vous générez,
06:10soit vous exprimez, vous générez un surplus budgétaire.
06:17La France ne fait ni l'un ni l'autre, donc c'est un problème.
06:20Et pour répondre à votre question très concrètement,
06:23dans les prochaines semaines, dans les prochains mois,
06:25notre agenda politique est compliqué.
06:27Il y a évidemment l'élection présidentielle.
06:30Il y a le vote du budget 2027.
06:33Il y a la protestation, le mouvement de protestation qui occupe notre pays depuis un mois.
06:40Donc je pense que les investisseurs, aujourd'hui, ils ont besoin d'un signal
06:44que la France est en mesure de stabiliser et contrôler la trajectoire de son ratio de dettes sur PIB.
06:53Ce signal, les investisseurs ont peu de chances de l'avoir, compte tenu du calendrier politique.
06:59Donc même si, quand je regarde le prix, aujourd'hui, des actifs français,
07:04je vois qu'il y a beaucoup de pessimisme dans le prix,
07:07ils ont été vendus, très concrètement, au-delà de ce que les fondamentaux ne justifieraient.
07:13Mais néanmoins, je pense qu'il est trop tôt pour se repositionner, aujourd'hui, sur les actifs français.
07:18Certains le feront.
07:19Il y a un fonds souverain australien qui a repris de la dette française.
07:23Du côté des 5%, vous me direz, ça fait quand même une belle affaire,
07:27surtout si on est positionné à long terme.
07:29Dernière question, il nous reste un tout petit peu plus d'une minute.
07:32Moins trois pour le Nasdaq la semaine dernière,
07:34avec un S&P 500 qui a reculé aussi un petit peu.
07:37Est-ce que le paradigme est en train de changer du côté de Wall Street ?
07:42Alors, il y a énormément de volatilité,
07:44surtout dans les indices les plus exposés à la tech.
07:47Mais je pense qu'il faut prendre du recul et regarder la trajectoire de moyen terme.
07:52Le S&P 500, c'est quand même l'indice le plus robuste.
07:56Finalement, il n'a pas bougé ces derniers mois.
07:59Malgré le fait que les taux d'intérêt sont fortement augmentés.
08:03La saison des résultats qui est en cours, elle est très bonne.
08:06On a une croissance des profits attendue de 33% pour le S&P 500,
08:1123% en Europe.
08:13Et même si vous me faites enlever les valeurs de l'IA et les pétrolières
08:18qui viennent bien soutenir la croissance des profits,
08:21l'entreprise médiane des deux indices, européens et américains,
08:26elle doit vous donner une croissance des profits de 11%.
08:28Donc ça, c'est excellent, historiquement.
08:31Maintenant, il n'y a pas que les profits qui ont été réalisés ces derniers mois.
08:35Il y a le momentum aussi.
08:36Quand je regarde les révisions des anticipations de bénéfices,
08:39elles continuent d'être positives de 2%.
08:41Et fondamentalement, les nouvelles liées à l'utilisation de l'IA,
08:46elles sont bonnes.
08:47Les revenus du cloud, ils augmentent.
08:49Pour Meta, Amazon, Google, quand je dis les hyperscalers,
08:55ce sont ces entreprises-là.
08:56Maintenant, oui, les investisseurs sont extrêmement nerveux.
08:59On voit les dépenses anticipées d'investissement
09:04qui cessent d'être révisées à la hausse.
09:07Donc ces fameux 800 milliards qui sont attendus,
09:09c'est colossal cette année,
09:111 200 milliards l'année prochaine.
09:13Ils sont toujours là, mais ils se sont stabilisés.
09:15Ça commence à grignoter les trésoreries.
09:17C'est ce qui a été l'inquiétude de la scénarie.
09:19Exactement, la volatilité.
09:20Les investisseurs ont les yeux rivés sur les free cash flow.
09:24Encore une fois, on en revient à ceux qui ont de la dette ou pas.
09:28Donc les investisseurs sont très nerveux.
09:31Et il y a aussi le prix des tokens
09:35que les utilisateurs payent
09:37quand ils font des requêtes sur l'IA,
09:39qui a baissé.
09:40Et ça, ça vient finalement quand même
09:42booster le volume total de consommation.
09:45Donc le message final, il est positif.
09:47Je pense qu'il faut rester exposé
09:49sur les indices bien concentrés en IA,
09:53mais de façon diversifiée.
09:54Donc favoriser les actions américaines
09:57plutôt que les actions des pays émergents,
09:59qui, eux, sont centrés sur un seul point
10:02de la valeur de la chaîne d'approvisionnement,
10:05la fabrication de puces et de mémoire.
10:08Lilia Pétavin, JP Morgan Asset Management.
10:10Merci d'avoir été avec nous dans TPI.
10:13À une prochaine fois.
10:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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