00:00Il est bien sûr très urgent qu'il revienne en cours, pour plusieurs raisons.
00:03La première étant bien entendu que, effectivement, le texte que vous venez de lire,
00:07on pourrait tout à fait y souscrire, en tout cas de mon côté sans difficulté majeure.
00:11Pour une raison très simple, c'est que les élèves les plus fragiles
00:15n'ont pas pu bénéficier, entre la rentrée de septembre et les vacances de la Toussaint qui viennent de s
00:19'écouler,
00:20de la période, en gros, qui est utilisée par les enseignants
00:25pour procéder à des travaux de révision du programme de l'année antérieure, voire des années antérieures.
00:30Et puis ensuite, une fois qu'il y a une sorte de remise à niveau qui a été faite,
00:33que les professeurs ont des élèves plus homogènes en phase 2,
00:36en tout cas en termes de niveau et de connaissances,
00:38à ce moment-là, ils attaquent bien souvent à la rentrée des vacances.
00:40Donc l'automne, c'est cette préparation de l'année antérieure ?
00:43Le programme de la nouvelle année.
00:44Et donc, effectivement, là, il va se poser un véritable problème,
00:47en particulier pour les élèves les plus fragiles,
00:49qui n'auront pas bénéficié de ce « soutien scolaire » de la première partie de l'année.
00:54Donc c'est la raison pour laquelle il y a effectivement un problème d'inégalité qui va...
00:59et surtout, je dirais, d'hétérogénéité dans les classes,
01:01qui risquent d'apparaître de manière encore plus accusée qu'à leur vie.
01:04Et donc l'année risque d'être plus difficile pour ces élèves ?
01:06Bien sûr.
01:06Manon Moray, qu'est-ce que vous répondez à ça ?
01:08À la question des inégalités sociales qui se creusent,
01:10ce sont les parents d'élèves du public qui le disent ?
01:12Oui, mais ça, j'entends parfaitement.
01:14Est-ce que vous faites poser un risque sur ces jeunes ?
01:16Mais on ne fait poser aucun risque.
01:18Nous, on est étudiants, on s'organise dans les universités.
01:20Si vous voulez poser cette question-là, posez-la aux organisations lycéennes.
01:25Nous, ce qu'on voit, en tout cas depuis le début de la mobilisation,
01:27en tout cas côté lycéens, c'est que c'est bien des secondes,
01:29c'est bien des premières, c'est bien des terminales qui sont dans la rue.
01:31Et ce qu'on entend, c'est grave.
01:32C'est-à-dire qu'on a des jeunes qui nous disent
01:34« Je suis prêt à sacrifier une année »
01:35parce que la situation, elle est tellement grave
01:38dans l'éducation nationale publique
01:40et sur la suite à l'université
01:42que je suis prêt à mobiliser jusqu'au bout
01:44pour obtenir gain de cause.
01:45Quitte à sacrifier mon année.
01:46C'est ça qui est dit par certains jeunes.
01:47Ou celles d'autres.
01:48Mais c'est un lourd tribut à payer.
01:50J'en veux...
01:51Excusez-moi.
01:52À vous, parents de lycéens,
01:53vous avez l'impression qu'en ce moment,
01:54il y a une...
01:55Je n'ai pas de meilleure expression,
01:57mais majorité silencieuse de lycéens
01:59qui se sent peut-être un peu intimidés
02:00et qui voudraient vraiment bosser
02:03pour ne pas perdre cette année.
02:05Alors, nous, c'est notre sentiment, effectivement,
02:07qu'il y a une majorité silencieuse
02:10qui commence un petit peu à s'inquiéter
02:12et à s'inquiéter plus qu'à l'accoutumée
02:14parce qu'effectivement,
02:16ils se retrouvent dans une forme d'impasse.
02:18Et là, il y a peut-être deux points
02:20que j'aimerais quand même souligner.
02:22Le premier point, c'est qu'une assemblée générale,
02:24si légitime soit-elle,
02:27n'a pas force de loi.
02:29Un blocus, le fait d'interdire à tous les élèves
02:31d'accéder à un établissement, c'est illégal.
02:33Et donc, une assemblée générale
02:34ne peut pas prendre, fusse par un vote,
02:36par l'entraînement d'un vote,
02:37une décision illégale.
02:39– Ce vote ne la rend pas plus légale qu'elle ne l'est ?
02:41– Écoutez, je l'aurais nuée à 30 personnes
02:43en bas d'un immeuble et puis je décide
02:45que finalement, on peut très bien
02:46aller cambrioler les appartements
02:48de l'immeuble d'en face.
02:49Et là, je vous dis, écoutez,
02:50il y a une assemblée générale
02:51qui s'est tenue hier soir,
02:52on a décidé que.
02:53Et donc, c'est tout à fait légitime.
02:54Non, il faut comprendre ici,
02:57et ça là-dessus, on va revenir sur les origines du mouvement
03:00et sur les revendications que nous partageons
03:02pour un grand nombre d'entre elles.
03:04Il faut bien comprendre aujourd'hui
03:06que la méthode utilisée
03:08se retrouve aujourd'hui
03:09dans ce que nous avions défini d'ores et déjà
03:12il y a plus d'un mois,
03:13quand il a commencé,
03:14comme étant un mouvement
03:14qui aboutirait à une forme d'impasse.
03:16Et l'impasse, nous y sommes aujourd'hui.
03:18C'est-à-dire que les revendications
03:20qui sont portées auprès du gouvernement
03:22sont des revendications
03:23qui ne peuvent pas être satisfaites.