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  • il y a 8 minutes
Mythomètre : "La France échappe à la récession".

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Transcription
00:00Il est 16h47, bien sûr vous pourrez retrouver aussi valeur ajoutée en replay.
00:04Benjamin Sakey lui est positif sur Schneider Electric avec beaucoup d'arguments.
00:07Tout de suite, Mathias Baccino nous rejoint pour
00:09« Et c'est la tradition dans BFM Bourse, combattre le consensus et les idées reçues ».
00:12Mathias Baccino, directeur des marchés européens pour Trade Republic.
00:15Bonjour Mathias.
00:16Bonjour.
00:17Ravi de vous retrouver.
00:18La France n'est pas encore en récession.
00:20Certains se rassurent ainsi, mais vous dites que c'est des gros mythos.
00:24Voilà.
00:26Gros mythos.
00:27Vous foudroyez ceux qui pensent qu'on échappe encore en France à la récession.
00:30Pour vous, en effet, Mathias, l'économie française recule déjà massivement
00:33et vous avez des preuves à nous apporter.
00:36Et oui, et ça me rend dingue.
00:38Parce que tant qu'on ne prononce pas le mot de récession,
00:41on ne peut pas parler de crise économique
00:43et donc on ne peut pas parler des solutions qui seraient nécessaires
00:46pour relancer l'économie dans notre pays.
00:48C'est pour ça que je voulais faire ce mythomètre aujourd'hui.
00:51Et effectivement, officiellement, la France n'est pas en récession technique.
00:56Alors, prenons la définition.
00:59La définition, effectivement, de l'INSEE parle de récession technique
01:03quand le PIB recule deux trimestres de suite.
01:07Et cette année, nous avons fait au premier trimestre,
01:10moins 0,2.
01:11Au deuxième trimestre, 0,0.
01:15Ouf !
01:16Et au troisième trimestre, moins 0,1.
01:18C'était la news de vendredi dernier.
01:19Et effectivement, le comité de datation des cycles de l'économie française,
01:25le CDCEF, que je ne connaissais pas,
01:28mais c'est bien l'instance qui date officiellement les récessions,
01:31a conclu que les données ne permettent pas d'identifier une récession
01:34sur les trois premiers trimestres de 2026,
01:37tout en pointant une activité particulièrement à tonnes.
01:40On aime évidemment le langage chatier,
01:45mais ce zéro-là, il est fragile.
01:47D'abord, on peut rappeler une chose,
01:48c'est qu'il y a un risque de révision
01:50et que depuis le début de l'année,
01:53tous les chiffres du PIB 2026
01:55ont été revus systématiquement à la baisse.
01:58Le premier trimestre était passé de moins 0,1 à moins 0,2.
02:01Le deuxième trimestre était passé de plus 0,2 à 0,0.
02:04Et on est donc avec une probabilité très sérieuse,
02:09le 27 novembre,
02:10quand l'INSEE publiera ses chiffres détaillés,
02:12d'avoir une révision qui fasse basculer de 0,005%
02:16les chiffres de la croissance française cette année
02:19et qu'on puisse enfin utiliser le terme de récession.
02:23Ok, les termes, les mots sont importants.
02:26Vous vous dites carrément que l'économie française recule ?
02:29Ah ben là, si l'économie française actuellement ne recule pas,
02:33on pourrait imaginer qu'on ait un parlement efficace.
02:36On est du même ordre de problématiques.
02:39Donc la première chose, c'est que le PIB,
02:41d'abord, il est très flatteur pour la situation.
02:44C'est-à-dire que la donnée du PIB
02:46ne reflète pas réellement le sentiment économique
02:49et la réalité économique de nos concitoyens.
02:51D'abord parce que la population augmente.
02:53Donc rapportée à chaque habitant,
02:55la richesse produite baisse d'environ 0,35% sur un an.
02:58Donc si on calcule par habitant,
03:00on est en récession, ça c'est parfaitement clair.
03:03Ensuite, cet été, ce sont les stocks
03:05qui ont permis d'amortir le choc
03:07et non pas l'activité réelle.
03:10Et c'est particulièrement vrai dans l'aéronautique.
03:12Sans les stocks, c'est-à-dire le fait
03:14que des entreprises en France stockent des choses,
03:17eh bien le PIB aurait reculé de 0,5%.
03:20Ensuite, et c'est pour moi personnellement le plus important,
03:23si l'on tient compte des retraites
03:26et que l'on tient compte de l'argent que l'État donne pour les retraites,
03:31non pas comme de la création de valeurs,
03:33non pas comme de la création de richesses,
03:35mais bien comme un sponsoring du système de retraite,
03:38eh bien on perd 1,4% de PIB en fait,
03:41puisqu'il y a 50 milliards qu'il faut retirer du chiffre.
03:45Surtout, tous les autres indicateurs reculent.
03:48C'est un énorme problème.
03:50L'investissement baisse depuis trois trimestres
03:53des entreprises et des foyers.
03:54L'industrie perd 1,4% sur l'été.
03:56Le chômage est à 8,3%, son plus haut niveau depuis 2020.
04:00On a un record de défaillance d'entreprises.
04:02Et sur les 15 pays européens qui ont publié leurs chiffres,
04:05un seul produit moins qu'il y a un an, la France.
04:08Si ça, ce n'est pas une récession, je ne sais pas comment l'appeler.
04:10Julien, alors juste sur les retraites,
04:13si vous les retirez sur le trimestre précédent,
04:15pour faire la variation.
04:16Tout à fait.
04:17Parce que là, comme ça, ça me parait un peu énorme.
04:19Mais comme ça augmente d'année en année,
04:21c'est pour ça que je l'ai inclué dans le système.
04:23D'accord.
04:23Alors vous, vous faites référence à ce qu'on appelle la stagflation.
04:25Je pense qu'il faut quand même définir le terme
04:27pour qu'on voie bien de ce que c'est.
04:29La stagflation, c'est ce qu'on vit pile en ce moment
04:31si l'on considère qu'on n'est pas en récession,
04:33c'est-à-dire une stagnation économique,
04:35donc une économie à l'arrêt,
04:36qui nous a été confirmée par le ministre de l'économie il y a trois jours,
04:39et de l'inflation.
04:41Et l'inflation est effectivement très forte en ce moment,
04:43puisqu'on est à plus de 3%, 3,4% d'inflation en octobre,
04:47bien sûr tirée par l'énergie,
04:49mais pas uniquement.
04:51L'enjeu, c'est que sortir de cette situation,
04:54c'est extrêmement difficile.
04:57Rebondir, faire rebondir la croissance économique
04:59face à cette inflation,
05:01alors qu'on est en récession,
05:03est extrêmement difficile.
05:05D'autant plus que le dernier pilier de croissance
05:07qui tient en France, c'est la consommation des ménages.
05:09Consommation qui est alimentée par
05:11La confiance.
05:12La confiance qui est au plus bas niveau depuis 2003 actuellement.
05:16Pour l'instant, les particuliers piochent dans leur épargne
05:19puisque le taux d'épargne baisse,
05:20mais ça ne suffira sans doute pas pour maintenir.
05:23Donc si l'on n'était pas encore en récession aujourd'hui,
05:26moi j'ai désormais acquis la certitude
05:28qu'on y sera dans les trimestres qui viennent.
05:30C'est inévitable quand tout est à l'arrêt comme ça.
05:32Notre chemin, notre destin, c'est la récession.
05:34C'est votre idée aujourd'hui, Mathias.
05:36Oui, l'indique.
05:38Malheureusement, oui, mais c'est en regardant la réalité bien en face
05:40qu'on pourra peut-être trouver des solutions
05:41et arrêter la folie budgétaire actuelle au Parlement
05:44où je vous rappelle que 60 milliards de dépenses supplémentaires
05:47et d'impôts en plus ont été votés en 15 jours.
05:50Effectivement, puis il y a plein d'idées reçues dans la société décidément.
05:53J'étais à un dîner samedi soir
05:54où des jeunes qui avaient 20, 21 ans,
05:55et alors franchement de milieu très aisé,
05:57tout se passe très bien pour eux,
05:58ils me disaient mais il faudrait prendre au riche,
06:00ça réglerait quand même une grande partie du problème.
06:03Ces idées-là ont beaucoup infusé dans la jeunesse.
06:05Et malheureusement, on parle de 20 milliards d'euros maximum par an
06:07en prenant au riche,
06:08ce qui ne résout pas les 160 milliards de déficit annuel.
06:11Et c'est infusé sans doute à un seul coup en plus,
06:13à prendre au riche.
06:13Merci beaucoup Mathias de nous avoir accompagné.
06:15Mathias Baccino, directeur des marchés européens pour Trade Republic.
06:18Bon retour Mathias.

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