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  • il y a 16 minutes
Ce lundi 2 novembre, Bastien Drut, économiste chez CPR AM, a abordé la haute tension des midterms américaines pour Trump et l’abaissement de la perspective de la France par l’agence Fitch, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Demain, les mid-termes aux Etats-Unis.
00:06Les Américains sont appelés à voter.
00:07Bastien Dru, économiste pour CPRAM, nous rejoint.
00:09Bonjour Bastien.
00:10Bonjour.
00:11Bon, il y a plein de scénarios, mais en gros, on s'attend à ce que la Chambre des représentants
00:14soit dans le camp démocrate à l'issue de ces mid-termes.
00:16Et il y a un enjeu sur le Sénat.
00:18Peut-être que les démocrates pourraient-ils aussi remporter le Sénat.
00:20Quels seraient les impacts macroéconomiques des différents scénarios ?
00:24Oui.
00:25Alors pour le Sénat, effectivement, c'est beaucoup plus tangent que pour la Chambre des représentants
00:28parce que ça va se louer dans un petit nombre de courses et peut-être, par exemple, au Texas.
00:34Alors qu'est-ce qu'on peut en attendre sur le plan macro ?
00:36Eh bien justement, en réalité, pas grand-chose.
00:38Parce que si les démocrates capturent l'une des deux chambres ou les deux chambres,
00:43on sera dans une situation de cohabitation.
00:46Et généralement, dans les phases de cohabitation,
00:48quand le président est d'une couleur politique et que le Congrès est d'une autre couleur politique,
00:53finalement, il ne se passe pas grand-chose.
00:55Il ne peut pas y avoir de changement de fiscalité.
00:58Il ne peut pas y avoir de changement, finalement, dans les dépenses publiques.
01:01Et on est un peu bloqué sur les situations budgétaires.
01:04Donc de ce point de vue-là, il ne devrait pas se passer grand-chose.
01:07En revanche, on peut s'attendre à deux choses.
01:10On peut s'attendre à des affrontements peut-être difficiles sur des sujets comme le plafond de la dette.
01:16C'est un sujet qui est un peu un marronnier politique aux États-Unis.
01:22Et on devrait avoir une situation qui devrait être de nouveau bloquée, peut-être sur le premier trimestre 2027,
01:30peut-être un tout petit peu après.
01:32Donc là, les négociations seront vraiment âpres, probablement, entre les démocrates et les républicains.
01:37Et on pourrait également avoir aussi des problèmes du type shutdown qui pourraient revenir.
01:41Ça, c'est la première chose.
01:42La deuxième chose, c'est un président Trump qui va se recroqueviller sur les pouvoirs qui lui restent.
01:48Donc une concentration sur les executive orders, une concentration sur tout ce qui est relatif aux militaires.
01:54Et on peut penser, évidemment, à l'Iran.
01:56Et puis peut-être un retour des sujets commerciaux.
02:00Parce que finalement, il a quand même l'autorité pour agir sur les droits de douane.
02:05Donc c'est un sujet qui pourrait revenir sur les mois qui arrivent.
02:08Est-ce que le fait que Wall Street sorte d'une phase baissière un peu plus prononcée,
02:12le Nasdaq, quand même, vient de vivre en octobre son pire mois en plus d'un an,
02:15est-ce que tout ça pourrait impacter l'humeur des électeurs là-bas,
02:18comme le prix du gallon d'essence, par exemple, qui monte et qui aussi impacte sans doute le résultat à
02:22venir de ces 1000 termes ?
02:24Alors, c'est une bonne question.
02:26Ce qu'on peut constater, c'est que sur le dernier siècle, quand il y a des élections présidentielles aux
02:30États-Unis,
02:31le S&P 500 a désigné 20 fois sur 24 le vainqueur de la présidentielle,
02:37avec une règle simple, si le S&P 500 a progressé sur les trois mois qui précèdent l'élection,
02:42le président sortant est réélu.
02:44Et si le S&P 500 a baissé, le président sortant, finalement, perd les élections.
02:50Alors, ça nous indique qu'il peut y avoir une relation.
02:54Néanmoins, on peut appliquer quand même quelques bémols,
02:56parce que cette relation, finalement, déjà sur la présidentielle,
02:59elle n'a pas marché en 2020 et en 2024.
03:00Puis ensuite, là, on ne parle pas d'une élection présidentielle,
03:03on parle des mid-terms.
03:04Et généralement, sur les mid-terms, tout simplement,
03:06le président, en fonction, perd les mid-terms.
03:10Et ce qui joue très probablement, c'est ici beaucoup plus le prix de l'essence,
03:17les prix à la pompe, que l'évolution de la bourse.
03:21Et puis, finalement, sur les trois derniers mois,
03:24le S&P 500, une performance qui n'est pas du tout négative,
03:27sur les trois derniers mois, le S&P 500 a gagné 2%.
03:31Donc, ça serait même presque un argument en faveur de Trump
03:35si on devait le prendre en compte.
03:37Bastien, la petite surprise du week-end, c'est quand même l'agence Fitch
03:40qui abaisse sa perspective de surveillance de la note de dette française.
03:45Pas sa note, mais la perspective.
03:47Elle passe de stable à négative.
03:49On a beaucoup parlé du rôle des hedge funds,
03:52des fonds d'arbitrage autour de la dette française.
03:56Qu'est-ce qu'il en est ? Quel est votre sentiment sur ce qui vient de se passer ?
04:00Déjà, sur les agences, on a Fitch qui continue à attribuer la note A+,
04:06avec une perspective négative, tout comme finalement S&P
04:09qui met une note A+, à la France, avec une perspective stable cette fois-ci.
04:14Chez Moody's, on a une note qui est AA3,
04:17qui est l'équivalent de AA-, finalement, avec une perspective négative.
04:20Donc, clairement, les agences de notation sont très attentives
04:25à la situation, à la trajectoire budgétaire française.
04:28Mais ça, finalement, ce n'est pas quelque chose qui est vraiment nouveau.
04:31Après, sur votre question sur les hedge funds,
04:33comme l'indiquait le dernier rapport de stabilité financière de la Banque de France en juin,
04:37c'est très difficile d'avoir des données fiables de détention
04:40des titres obligataires français de la part des hedge funds.
04:45Mais les chiffres dont on entend parler, notamment, que sont invoqués par le FMI,
04:50c'est plutôt aux alentours de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
04:54Sur une dette dont l'encours fait 3300 milliards d'euros,
04:58c'est quand même quelque chose qui paraît marginal.
05:00Mais ce qui est quand même intéressant dans tout ce contexte,
05:03c'est que le niveau des taux français actuellement,
05:06on a un taux de 10 ans français qui est aux alentours de 5%,
05:09mais finalement, attire quand même de nouveaux investisseurs.
05:12et c'est pour ça que nous, on reste constructifs sur la dette de l'État français.
05:16Oui, et les dernières adjudications ont été sous-scrites les toutes dernières trois fois,
05:19ce qui est quand même pas rien.
05:20Alors on a une hausse à nouveau de la demande sur les obligations françaises,
05:23effectivement, ce qui, ça, est pour le coup un signal plus encourageant.
05:25Merci beaucoup Bastien de nous avoir accompagnés.
05:27Bastien Dru pour CPRM.
05:28Le CAC 40 gagne 1%, le Nasdaq gagne 1,3%.
05:31Pourah épixa un délauble plus 15 ans.
05:32Pour thinking.

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