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  • il y a 14 heures
Près de 237 000 ingénieurs en activité ont entre 50 et 64 ans. Le renouvellement de cet effectif constitue donc un enjeu majeur des prochaines années. C'est ce qui ressort de la 37ème enquête nationale d'IESF, publiée le 9 octobre 2026. Frédéric Dejean, délégué général d'IESF et Paul Ponsar, directeur général de Ouidrop en débattent dans SMART ECO.

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Transcription
00:04Les études sur les ingénieurs ne cessent de se multiplier.
00:07Ces derniers jours, on en a une toute récente encore de l'Institut Montaigne
00:10qui dit que la France devra former 100 000 ingénieurs et techniciens
00:13de plus par an d'ici 2035 pour réussir sa réindustrialisation.
00:18C'est aussi un des éléments phares de la 37e enquête nationale d'IUSF.
00:22Elle a été publiée récemment le 9 octobre.
00:25Frédéric Dejean est avec nous. Bonjour.
00:27Bonjour.
00:27Vous êtes donc le délégué général d'IUSF qui est la Fédération des ingénieurs et scientifiques de France.
00:32Elle est reconnue d'utilité publique depuis 165 ans quand même
00:35et elle agit pour fédérer quand même plus d'un million, 1,3 million d'ingénieurs et scientifiques en France.
00:40Ça représente quand même 4% de la population active, il faut le dire.
00:44Et puis toujours avec nous, Paul Ponsard qui est le directeur général de WeDrop
00:47qui va pouvoir commenter aussi ce sujet parce qu'on va parler de formation, de pénurie aussi.
00:53Alors tout d'abord, quelques chiffres, c'est toujours bien de les afficher.
00:56Près de 237 000 ingénieurs en activité ont entre 50 et 64 ans.
01:02Seuls 25% des ingénieurs seniors déclarent préparer activement leur succession
01:06alors que 60% indiquent que leur entreprise le permettrait.
01:10Actuellement, la France forme environ 50 000 nouveaux ingénieurs par an.
01:13On a entendu qu'on devrait quasiment doubler le chiffre.
01:16Et ce sont plus de 10% des 25-29 ans qui se déclarent en recherche d'emploi.
01:20C'est supérieur l'année dernière par rapport à l'année précédente.
01:24Donc on voit qu'on forme, on forme 50 000 ingénieurs par an, Frédéric Dejean.
01:29Mais les jeunes diplômés rentrent contre davantage de difficultés pour accéder à l'emploi.
01:34Comment vous expliquez tout ça ?
01:35Oui, alors ça peut paraître paradoxal puisqu'en plus, il y a eu plus d'embauches en 2025 qu'en
01:412024.
01:42Donc ça peut paraître paradoxal.
01:44En fait, effectivement, les jeunes mettent plus longtemps pour trouver un premier emploi.
01:48Et du coup, mécaniquement, ça génère une augmentation du chômage sur les premières années.
01:55Mais ils finissent par trouver puisqu'on voit quand même que, de façon générale,
01:59le métier d'ingénieur est associé au plein emploi.
02:02On est dans un taux de chômage de l'ordre de 4% en moyenne.
02:05Donc c'est vrai que les premières années sont un peu plus dures.
02:08Alors nous, on associe ça, on m'a posé la question par rapport à l'IA, etc.
02:11Oui, c'est ça, oui, j'allais vous poser la question.
02:13Parce qu'on dit finalement les plus jeunes, comme il y a l'IA, on se dit non,
02:16je ne vais pas prendre un jeune peut-être un peu moins expérimenté.
02:19C'est ça.
02:19Alors honnêtement, on n'a pas assez de recul aujourd'hui pour pouvoir confirmer ça ou l'infirmer.
02:25Ce qui est certain, c'est que la majorité des ingénieurs est quand même encore embauchée par l'industrie.
02:30Et que l'industrie, avec les sujets géopolitiques actuels,
02:33en particulier le prix des énergies qui a s'élevé,
02:36forcément, elles embauchent un peu moins.
02:38Elles ont un peu retardé leur développement.
02:40Et donc du coup, je pense que c'est plutôt ça qui agit aujourd'hui,
02:44plutôt que l'IA, sachant que l'IA arrive,
02:47qu'elle est très majoritairement utilisée par les ingénieurs.
02:51Donc elle ne pose pas aujourd'hui vraiment de problème.
02:52Après, s'il y a un impact, on le verra, mais plutôt dans la durée,
02:55on le verra dans les prochaines enquêtes puisqu'on le fait tous les ans.
02:58Alors ça, on suivra, je disais, 37e étude.
03:00Paul Ponsard, vous vous recrutez évidemment des ingénieurs.
03:03Est-ce que vous partagez un petit peu le constat ?
03:05Finalement, ce n'est pas le nombre de diplômés, les diplômes,
03:07mais finalement, il y a peut-être un problème d'adéquation entre la formation et vos besoins ?
03:12Oui. Alors effectivement, ce qui est difficile aussi pour nous,
03:15c'est que forcément, ce faible nombre d'ingénieurs qui sortent des écoles
03:20et cette volonté de faire grossir ce chiffre fait qu'il y a un nombre d'écoles croissant.
03:26Et donc, on a moins de…
03:27Enfin, c'est difficile pour nous de se repérer dans le foisonnement de ces nouvelles écoles.
03:33Et nous, ce qu'on voit, c'est que nos ingénieurs sortent quand même toujours un peu des mêmes écoles
03:37parce qu'on fait confiance à ces institutions-là pour les former.
03:44Et sur l'IA, effectivement, pour l'instant, on a peu de recul.
03:48Ce qu'on voit, nous, c'est que ce qui compte pour nous, c'est comment l'utiliser.
03:52Et pour l'instant, on n'est pas capable de dire quelles écoles sont fortes
03:57dans la formation des ingénieurs à l'IA.
03:59Tous nos ingés se forment un peu sur le tas.
04:03Et donc, on a peu de recul là-dessus pour l'instant.
04:05Je crois que c'est le cas pour beaucoup.
04:07Est-ce que vous avez quand même des compétences qui peuvent manquer parfois ?
04:13Oui, alors ces compétences, elles sont souvent comblées par l'alternance
04:21qui est vraiment un super tremplin pour les ingénieurs.
04:25Là aussi, on a un peu les gouvernements qui ont fait machine arrière sur l'alternance,
04:30qui ont mis beaucoup de moyens au début.
04:31On avait plus de 6 000 euros par an d'aide à l'alternance.
04:38Aujourd'hui, on est retombé à 2 000 euros.
04:41Dans nos business plans, ça a quand même beaucoup d'impact.
04:43Et donc, ce fait de faire machine arrière, nous, on le trouve très dommageable
04:48et pas super bon pour la suite en termes de recrutement.
04:54On valorise à fond tous les parcours qui ont inclus de l'alternance
05:00parce qu'on sait que les alternants ont éprouvé sur le terrain des compétences réelles
05:05qui vont être utiles dans leur futur métier chez nous.
05:10Alors, vous avez soulevé pas mal de points sur lesquels je vais faire réagir, Frédéric Dejean.
05:13Alors, la question de l'alternance, on sait bien que ça a un coût d'accueillir un alternant.
05:17Et justement, au vu des évolutions et des contraintes budgétaires,
05:21on voit évidemment que ça se réduit de façon conséquente.
05:23Comment on peut... Alors, l'éviter, j'allais dire,
05:25vous allez pas prendre la tête du gouvernement, évidemment, en la matière,
05:28mais c'est quand même un point hyper important à soulever.
05:31Ah oui. Notre étude, elle montre quand même que l'alternance s'est beaucoup développée.
05:37Elle se développe encore.
05:38Donc, c'est vrai que les sujets économiques peuvent être un frein.
05:42En tout cas, ce qu'il y a de sûr, c'est qu'elle est très publicitée par les jeunes
05:45générations,
05:46beaucoup plus que par les anciennes.
05:47Et évidemment, ça sert aussi d'accélérateur social, d'ascenseur social,
05:52puisque ça permet d'avoir des études financées.
05:54Donc, effectivement, je pense que l'alternance est vraiment très importante, de plus en plus.
05:59et elle permet justement d'assurer une adéquation entre l'offre et la demande,
06:02parce que le problème qu'on a, parce qu'on forme beaucoup d'ingénieurs généralistes,
06:06comme disait monsieur, et à un moment donné, il faut les spécialiser sur un domaine
06:10et les écoles, elles ont du mal à le faire, parce qu'il y a tellement de domaines que c
06:13'est pas évident.
06:14Et l'alternance, c'est un... ou les stages à l'époque, même les stages de 6 mois,
06:17et l'alternance encore plus, ce sont des façons de faire ça.
06:20Alors, comme vous observez aussi les formations, est-ce que vous pensez qu'elles ne voient pas aussi se rapprocher
06:24peut-être un peu plus de la réalité des entreprises telles qu'on vient de l'entendre
06:28avec ce témoignage aussi de Paul Bonsard ?
06:30Oui, alors, effectivement, je pense que...
06:33Alors, il y a beaucoup d'écoles d'ingénieurs, on forme 50 000 ingénieurs par an,
06:36il y a une grosse diversité.
06:37Il y a des écoles qui commencent à développer des programmes d'intelligence artificielle.
06:42On fait appel d'ailleurs à ces écoles qu'on veut développer des choses.
06:45Il y en a un certain nombre, mais c'est le début.
06:48Les formateurs doivent aussi se former.
06:50Il y a tout un travail à faire, et ça demande des investissements.
06:54Et ces investissements, il faut les mettre sur la table pour que ça marche, effectivement.
06:58Oui, donc c'est des coûts aussi qui sont importants à souligner.
07:01Alors, il y a un autre aspect, parce qu'on parle aussi de cette jeune génération aussi,
07:04souvent qui veut donner du sens, c'est de ce dont on parle.
07:07Est-ce que, Paul Ponsard, vous le sentez aussi, sachant que vous valorisez notamment le Made in France,
07:12vous en parliez dans la première partie de l'émission,
07:14et finalement, la maîtrise de toute la chaîne de valeurs.
07:16Est-ce que vous sentez que c'est un argument, on va dire,
07:19qui peut faire la différence auprès de jeunes ingénieurs ?
07:23Oui, complètement.
07:24Et en plus, nous, on a la chance d'avoir un métier qui concerne vraiment la vie réelle,
07:31puisque celui qui utilise, c'est le consommateur pour faire ses courses, enfin retirer ses courses.
07:36Donc, c'est une application très concrète, et ça, c'est vraiment valorisé par les candidats qu'on rencontre.
07:43Le fait qu'on gère tout en interne aussi, qu'ils puissent discuter avec leur père sur plein d'aspects
07:51techniques différents,
07:51puisque nous, on gère la conception, donc dans l'équipe produit, on a de l'IT,
07:57on a du bureau d'études méca, on a de l'automatisme, on a de l'électronique, de l'électricité,
08:04enfin, on a vraiment toutes les spécialités qui sont concernées.
08:09Ensuite, on a l'industrie, l'assemblage, donc là, les méthodes, la prod,
08:17et puis les déploiements et services avec la maintenance, l'installation, donc plein, plein de métiers.
08:23Et donc ça, les candidats qu'on rencontre sont super enthousiastes
08:26de pouvoir voir le produit durant toute sa vie.
08:32Et puis ensuite, ce qu'ils aiment, c'est se sentir impliqués dans un projet global d'entreprise
08:38qui est très, très ambitieux, puisqu'on a vraiment une roadmap sur les prochaines années
08:44qui est très ambitieuse.
08:46Donc ça, ils aiment aussi ce challenge de s'inscrire dans la durée
08:49et d'être au sein d'une scale-up industrielle française, ça leur plaît.
08:54Exactement, d'être en plein développement.
08:56Alors justement, est-ce que c'est quelque chose que vous, vous entendez, on va dire,
08:59auprès des jeunes ingénieurs ?
09:01Et puis finalement, vous parliez en introduction de l'industrie,
09:04même si beaucoup vont encore dans l'industrie,
09:06est-ce qu'il n'y a pas aussi un déficit d'images
09:08où souvent ça a été associé, justement, j'allais dire, à quelque chose de sale
09:11ou qui n'avait pas de sens, etc.
09:13Et qu'il faut changer aussi cette vision, Frédéric Dejean ?
09:16Alors tout à fait.
09:18Chez nous, à l'USF, on fait de gros efforts là-dessus.
09:21On a toute une activité avec nos associations régionales.
09:24On est partout dans toutes les régions.
09:26On a une activité de promotion des métiers d'ingénieur et du scientifique.
09:29Et on est en train d'accéder de plus en plus ce sujet
09:34vers justement la visite d'entreprises et d'industries.
09:37Et pas uniquement pour les visiter,
09:40parce que quand on visite une entreprise, c'est pas forcément passionnant,
09:42mais pour monter un projet pédagogique avec l'entreprise
09:45où les jeunes vont pouvoir manipuler et se rendre compte que
09:48cette image ancienne de l'industrie est dépassée,
09:52qu'il y a de belles technologies et qu'il y a des entreprises, des PME
09:56qui permettent effectivement de voir toutes les formes des métiers
09:59qui se déploient dans l'industrie.
10:01Et ça, c'est un gros travail.
10:02Il faut qu'on le fasse.
10:03Il faut qu'on continue à le faire.
10:04On travaille de plus en plus avec les entreprises.
10:06On monte des partenariats avec les entreprises justement
10:08pour autour de leur site industriel,
10:10être capable de faire ça dans les collèges et les lycées,
10:12pour que les jeunes comprennent que même en restant dans leur région,
10:15ils peuvent faire un métier très intéressant
10:17et avec un taux de chômage hyper faible
10:20et une rémunération qui reste quand même élevée.
10:23Voilà, en restant dans leur région, il y a un côté local.
10:25Alors, il y a un autre sujet peut-être qui concerne moins WeDrop,
10:27c'est celui aussi, je parlais aussi des ingénieurs,
10:30une grande majorité entre 50 et 64 ans,
10:33avec la question de la transmission.
10:34On ne sait pas que sur ces sujets-là,
10:36mais on le voit globalement, on parle beaucoup de l'agriculture.
10:38Seuls 25% des ingénieurs seniors déclarent préparer activement
10:41leur succession.
10:43Alors, pourquoi finalement cette transmission
10:44reste encore si mal organisée, on va dire ?
10:48Oui, vous avez mis le doigt dessus.
10:49Je pense que aussi 60% des ingénieurs
10:52pensent que leur entreprise donnerait la possibilité de le faire.
10:56Effectivement, vous avez mis le doigt dessus.
10:57C'est un problème d'organisation, c'est-à-dire qu'il faut le penser.
10:59Il y a des entreprises qui ont commencé à le faire
11:01et ça marche très bien.
11:02Ça valorise les anciens,
11:04ça permet de transférer les activités critiques
11:07et ça valorise aussi les jeunes.
11:09Et franchement, si les entreprises vous écoutent aujourd'hui,
11:13mettez en place des choses, c'est simple à faire.
11:15Ça ne coûte pas très cher et ça rapporte très gros.
11:17Donc en fait, il y a des outils, tout simplement,
11:19qui peuvent servir pour cette transmission-là
11:21et qu'on ignore.
11:23Oui, en fait, c'est une organisation.
11:24Il faut mettre en place des binômes,
11:26il faut détecter les activités critiques, évidemment,
11:29mettre en place les binômes.
11:30Et puis après, il y a des méthodes
11:31que connaissent bien nos directions de ressources humaines.
11:34Alors pour le Ponstart, vous n'en êtes peut-être pas encore là,
11:36mais peut-être que c'est une réflexion que vous avez entamée aussi
11:38sur ce sujet, finalement, de transmission des savoir-faire.
11:42Oui, nous, effectivement,
11:44on accorde beaucoup d'importance à la documentation,
11:46les process, donc être agile sur le sujet
11:49et toujours penser au poste,
11:53c'est-à-dire si on a un départ,
11:55être capable de transférer correctement les compétences.
11:58Donc nous, on n'a pas encore de questions de seigneur
12:01qui cèdent sa place,
12:03mais plus de transmission de compétences sur un poste donné
12:06où c'est très important pour nous, forcément,
12:08dans cette phase de scale-up.
12:10Voilà, parce qu'il faut réfléchir aussi à la prochaine étape,
12:12surtout si vous voulez vous développer
12:13avec de plus en plus de machines,
12:15vous en parliez aussi.
12:16Là, vous allez viser la PME, le TI bientôt,
12:19donc il faut penser à tout ça.
12:21Alors, on est dans un contexte aussi économique, politique.
12:23Je ne vous demanderai pas de commenter politiquement,
12:25mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de sujets
12:26pour les entreprises qui nous parlent.
12:28Et j'allais dire, vous,
12:29alors d'abord, Paul Ponsard, en tant qu'entreprise,
12:31qu'est-ce que vous pourriez retenir, on va dire,
12:33comme priorité dans les prochaines années
12:34par rapport à ces sujets,
12:36puisque vous allez être aussi en recrutement,
12:38vous le disiez,
12:39puisque vous ne cessez de vous développer.
12:40Quels seraient, selon vous, on va dire,
12:42les leviers majeurs pour accélérer ce sujet
12:45sur les ingénieurs,
12:46parce qu'on a un fort besoin,
12:47je le disais encore en introduction.
12:51Nous, ce qu'on demande,
12:52c'est un cadre clair de la vision
12:54et qu'on se tienne à cette vision.
12:55Ça, c'est le plus important pour nous,
12:58entrepreneurs,
12:58d'être capables de fixer un cap
13:02et de s'y tenir sans devoir gérer
13:03avec des aléas qui arrivent tous les six mois
13:06et des changements de réglementation.
13:07Donc, ça, c'est super important.
13:09Et de manière plus micro,
13:10sur le recrutement des ingénieurs,
13:12nous, on travaille,
13:15on identifie déjà les écoles
13:16et on construit des partenariats
13:18sur le long terme avec elles.
13:20Et on travaille aussi beaucoup avec l'UIMM,
13:22qui est la Fédération patronale de la métallurgie,
13:27sur nos besoins en recrutement présents et futurs.
13:30Et ils nous accompagnent très, très bien sur le sujet.
13:32Alors, Frédéric Dejean, c'est un bon exemple,
13:34finalement, c'est une entreprise
13:35qui s'engage auprès de fédérations,
13:37qui essaye finalement d'aller chercher
13:38dans un vivier
13:40et d'organiser aussi son avenir.
13:42C'est peut-être ça aussi l'une des clés,
13:43c'est vraiment ce rapprochement
13:44entre les formations,
13:46les écoles et les entreprises ?
13:48Tout à fait.
13:49Le sujet, c'est ce que je disais,
13:51c'est l'offre et la demande qui doivent coller.
13:54Et il y a des associations,
13:55il y a nous, il y en a d'autres,
13:56nous, on travaille avec plein d'associations,
13:57on travaille avec les fédérations aussi.
13:59Et on essaie de travailler à ça.
14:00Alors, évidemment, c'est compliqué
14:02parce qu'on se rend compte
14:03qu'un ingénieur qui sort d'une école,
14:05il fait plein de métiers, en fait,
14:07avec plein d'évolutions de carrières différentes,
14:09plein de salaires différents,
14:10d'ailleurs, en fin de vie,
14:11avec des écarts très importants.
14:12Donc, c'est un métier génial.
14:13De quoi en termes de salaire ?
14:16C'est très facile.
14:17C'est entre un ingénieur
14:19qui finalement finit directeur général
14:20de l'Union Nationale
14:21et un ingénieur qui reste dans la technique
14:23parce que ça lui plaît,
14:24il va y avoir des différents salaires
14:26très, très importants en fin de carrière.
14:30Mais le sujet réel derrière ça,
14:32c'est que quand on est ingénieur,
14:34on peut faire plein de choses.
14:36Alors ça, c'est un côté positif.
14:37Le côté négatif, c'est que quand on est entrepreneur,
14:38on aimerait bien savoir ce qu'on doit prendre.
14:40Et donc, il y a tout ce travail à faire
14:42pour faire coller l'offre et la demande.
14:43Déjà, faire reconnaître les entreprises.
14:46Par exemple, nous, on se rend compte
14:47que les instituteurs ne connaissent pas l'entreprise.
14:50Donc, ils ont du mal à en parler.
14:52Et donc, faire reconnaître l'entreprise,
14:53faire connaître les métiers.
14:54Et c'est paradoxal parce qu'on demande aux jeunes
14:56de choisir presque des métiers très tôt,
14:57mais on ne leur explique pas ce que sont ces métiers.
15:00Finalement, on est là dans une réforme
15:01presque de l'éducation nationale
15:02où il faudrait faire venir les entreprises
15:04finalement beaucoup plus tôt
15:06auprès des élèves, pratiquement.
15:07Exactement.
15:08C'est ce qu'on essaie de faire.
15:09Pas forcément une réforme.
15:09En tout cas, nous, on essaie d'amener
15:12les élèves dans l'entreprise,
15:14l'entreprise dans les élèves,
15:15avec les parents, avec aussi les instituteurs.
15:18Ce n'est pas que les élèves
15:19qui doivent connaître l'entreprise,
15:20c'est aussi les instituteurs.
15:22On a de gros progrès à faire là-dessus.
15:23Il y a tout un champ.
15:24Et c'est comme ça que les élèves arriveront
15:28à choisir des filières scientifiques,
15:30ce qui est de moins en moins le cas.
15:31Malheureusement, depuis cinq ans,
15:32ça a été divisé par cinq quand même.
15:34C'est de moins en moins le cas.
15:35Et arriveront avec une idée précise
15:37de ce qu'ils veulent faire demain
15:38et ce qu'ils peuvent faire demain.
15:40Donc, la question,
15:42si vous posiez un petit peu dans votre étude,
15:43en accroche, c'est vers une pénurie d'ingénieurs.
15:45Alors, vous la voyez ou pas ?
15:47Parce que je crois que j'avais échangé un peu
15:49en coulisses avec WeDrop qui disait
15:50non, peut-être pas nécessairement,
15:51je ne la vois pas.
15:52On voit en tout cas qu'on va avoir vraiment besoin.
15:54Si on veut réindustrialiser,
15:55on a ce discours-là.
15:56Donc, on va vers quoi ?
15:57On n'attend pas la 38e étude pour le savoir.
16:00En fait, le sujet,
16:01c'est ce que vous disiez au début.
16:02Aujourd'hui, on produit 50 000 ingénieurs
16:05et scientifiques, plus.
16:08Mais on a de forts besoins qui arrivent
16:09puisqu'on veut réindustrialiser la France.
16:11On veut la souveraineté technologique.
16:14On sait qu'on a des sujets
16:15changements climatiques
16:16qui vont générer des transitions énergétiques,
16:19d'électrification, etc.
16:21Moi, je connais bien le groupe EDF.
16:23Dans l'énergie,
16:24on manque énormément de monde.
16:25Ils embauchent tout le temps.
16:26Ils ont du mal à trouver.
16:27Ils ont du mal à trouver en volume.
16:29Ils ont aussi du mal à trouver en qualité.
16:31Par exemple, on manque beaucoup
16:32de chefs de projet.
16:34En ingénierie, il manque beaucoup de monde.
16:35Donc, effectivement,
16:37si on continue à rester sur 50 000
16:39et qu'on veut faire tout ça,
16:41compte tenu qu'il y a un quart de la population
16:42qui va partir à la retraite
16:44dans les 10 à 15 prochaines années,
16:45il suffit de faire un petit calcul
16:47et on se dit que dans 10 à 15 ans,
16:48si on veut faire tout ça,
16:49on va sûrement manquer d'ingénieurs.
16:51Ça ne veut pas dire qu'on ne les trouvera pas.
16:53Ils ne seront pas forcément
16:54en France.
16:56Voilà, c'est aussi ce besoin-là.
16:57Alors là, ça ouvre aussi d'autres débats.
16:59Vous, Paul Ponsard,
16:59vous avez des inquiétudes
17:00en la matière ou pas ?
17:03Alors, à notre petit niveau,
17:05honnêtement, non.
17:06Parce que jusqu'à présent,
17:08on a recruté beaucoup d'ingénieurs
17:10à notre niveau,
17:10c'est-à-dire une grosse vingtaine,
17:14on va dire.
17:14Et si je comprends bien,
17:15on peut bien les payer aussi.
17:18Si je comprends bien,
17:18on peut bien les payer.
17:20Voilà, c'est ça, exactement.
17:23C'est notre souhait, en tout cas.
17:24Mais on ne ressent pas la pénurie,
17:28honnêtement.
17:30Il n'y a pas encore à ce niveau-là.
17:31Il y a des exemples différents d'entreprises,
17:33pour terminer.
17:34Là, il nous reste 50 secondes.
17:35Oui, c'est ça.
17:36Oui, de toute façon,
17:37aujourd'hui,
17:38on produit 50 000 ingénieurs.
17:39Il y en a cinq fois même qui arrivent.
17:40Peut-être que dans cinq ans,
17:41on n'en produira plus que 10 000.
17:42Si dans cinq ans,
17:43on n'en produit plus que 10 000,
17:44on va avoir un gros souci.
17:46En tout cas,
17:46c'est un sujet majeur,
17:48cette formation aussi
17:48des jeunes ingénieurs
17:49pour l'avenir
17:50et les sujets de réindustrialisation
17:51dont on parle beaucoup
17:52et souveraineté,
17:52vous l'avez dit,
17:53c'est vraiment deux mots
17:54qu'on entend régulièrement.
17:55Merci beaucoup à tous les deux.
17:57Paul Ponsard,
17:57qui était depuis Bordeaux avec nous,
17:59directeur général de WeDrop
18:00et Frédéric Dejean,
18:01le délégué général d'IUSF.
18:03Merci à tous les deux
18:04et merci de nous suivre
18:05sur Bismarck for Change.
18:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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