00:04Les enseignes de la grande distribution sont sous le feu des projecteurs ces derniers jours en pleine mobilisation contre la
00:10vie chère.
00:11Les enseignes donnent de la voix avant une réunion avec les industriels de l'agroalimentaire.
00:15Ce seront bientôt les négociations annuelles sur la fixation des prix.
00:19Mais nous n'allons pas développer cette actualité aujourd'hui.
00:21Nous allons nous intéresser au retrait des cours justement dans les grandes surfaces.
00:26Cela devient un véritable enjeu stratégique. Il faut gagner du temps, améliorer le service et maîtriser les coûts.
00:33C'est sur ce marché qu'évolue WeDrop.
00:35Et pour en parler, on est ravis d'accueillir Paul Ponsard. Bonjour.
00:40Bonjour, merci d'être avec nous.
00:43Vous êtes donc en direction depuis Bordeaux, puisque évidemment nous on sillonne la France dans Smartéco pour présenter toutes les
00:50entreprises qui font aussi ce vivier.
00:52Directeur général et cofondateur de WeDrop, dont vous développez un des systèmes robotisés qui sont capables de gérer le retrait
00:59des commandes alimentaires, des produits secs, aux produits frais et surgelés.
01:03Cela a été créé en 2017. C'est bien cela avec quel objectif ? Vous vouliez réinventer le drive ?
01:09Alors exactement. L'entreprise a été fondée en 2017 par Thibaut Soulier, avec une ambition au départ d'automatiser le
01:18retrait des vêtements et de la bagagerie dans les lieux événementiels.
01:22Et avec le Covid en 2020, on a fait un pivot vers le colis puis vers le drive.
01:27Et aujourd'hui, donc, on est une société industrielle d'une petite soixantaine de personnes basée à Bordeaux.
01:33Et on conçoit, on assemble, on installe et on maintient dans le temps des systèmes qui permettent d'automatiser le
01:42retrait des courses en drive.
01:43Donc, c'est une machine. On a deux produits. Un premier produit qui s'appelle le Dropper, qui est un
01:49système robotisé où donc les casiers viennent vers vous.
01:53Et puis, un deuxième produit qui s'appelle le WeBlock, qui est un système plus classique de casiers tri-température.
02:00Donc, deux produits pour un même service. Automatiser le retrait des courses en drive.
02:05Alors, je voudrais juste comprendre qu'est-ce qui fait la différence, on va dire, avec un drive classique.
02:11Alors, nous, en fait, on vient automatiser toute la partie retrait.
02:14Donc, l'enseigne de grande distribution prépare les commandes qui ont été faites par les consommateurs sur leur site e
02:22-commerce.
02:24Ensuite, elles viennent charger nos machines.
02:28Donc, elles ont acheté. Nous, on est vraiment des fabricants, des vendeurs de machines.
02:32Et nous, on va automatiser la partie retrait par le consommateur.
02:36Donc, le consommateur, une fois qu'il a fait ses courses sur le site e-commerce de l'ancienne, reçoit
02:41un message lui disant,
02:43votre commande a été préparée et chargée et elle a été livrée dans le point de retrait.
02:50Et nous, le consommateur vient sur la machine, scanne son QR code et il récupère ses courses en autonomie et
02:59en 24-7.
02:59Donc, pour le consommateur, ça lui apporte beaucoup plus de flexibilité et d'autonomie sur ses créneaux de récupération.
03:07Et côté enseigne, plus de rentabilité puisqu'il n'y a plus d'opérateur qui vous remet les courses à
03:14la main.
03:15Et puis, un nouveau service qu'ils offrent à leurs clients.
03:18Voilà, vous étiez en train de parler. Je vais vous poser une question justement sur les enseignes.
03:22Vous dites que ça représente une réduction moyenne des coûts d'exploitation qui peut atteindre 30% par rapport à
03:27un drive classique.
03:28Donc, on va dire que ce levier économique, c'est un levier intéressant pour les enseignes.
03:34Exactement. Il y a deux leviers qui sont très importants pour les enseignes.
03:36Le premier, c'est effectivement la rentabilité de leurs points.
03:40Et nous, en automatisant cette partie retrait, on déplace les personnels qui étaient avant sur les points de retrait,
03:47qui remettaient les courses à la main en magasin ou dans le centre de préparation de commande.
03:52Donc, on vient gagner là ici sur les coûts d'exploitation.
03:55Et puis, le deuxième axe qui est important pour eux, c'est le gain de chiffre d'affaires, le gain
04:00de part de marché.
04:01En ouvrant un nouveau point de contact avec leurs consommateurs, ils viennent développer leur chiffre d'affaires.
04:07Et nous, sur un point de retrait automatisé avec nos systèmes,
04:12une enseigne de la Grande District peut faire entre 1 million à 3-4 millions de chiffres d'affaires par
04:18an en plus.
04:19Alors, il y a le sujet aussi de la fabrication de vos machines.
04:22Vous, c'est du Made in France, c'est ça ?
04:24Vous avez un site industriel près de Bordeaux, c'est bien ça ?
04:29Exactement. On a une usine à côté de Bordeaux, à Bruges, donc une usine de plus de 3 000 m².
04:36Aujourd'hui, nous, on maîtrise toute la chaîne de valeur.
04:38Donc, on a conçu les systèmes, on les assemble dans notre usine à Bordeaux,
04:43on les installe et on les maintient dans le temps.
04:45Donc, on gère tout en interne et on gère la partie soft comme la partie hard, la partie hard de
04:51hard, pardon.
04:52Donc, c'est vraiment un gage de confiance et de satisfaction pour nos clients, puisqu'on maîtrise tout en interne.
05:00Et le moindre incident, on est capable de le résoudre en interne avec nos équipes d'ingénieurs et de techniciens.
05:07Alors ça, on va en parler aussi de cet atout du Made in France, notamment pour les ingénieurs avec qui
05:11vous travaillez.
05:11Et ce sera dans la deuxième partie de l'émission. On va parler aussi levée de fonds.
05:15Vous avez levé 7 millions d'euros, c'était il y a quelques mois, en avril.
05:19Donc, vous aviez évidemment un vrai besoin de financement.
05:22Et quelle part, finalement, consacrée à l'industrialisation ? C'est pour cette nouvelle usine ?
05:27Exactement. Alors, cette levée de fonds de 7 millions d'euros, elle a été réalisée avec 4 fonds d'investissement.
05:32Donc, certains spécialisés dans le retail, d'autres plus locaux, comme le Crédit Agricole.
05:39Et elle nous permet de travailler sur trois axes principaux.
05:42Le premier axe, c'est évidemment l'industrialisation.
05:45Donc, cette levée, elle nous a permis de déménager dans nos nouveaux locaux,
05:49de travailler sur les méthodes forcément d'assemblage, d'installation, de maintenance dans le temps
05:55pour être capable de faire un run-up industriel et de doubler tous les ans nos capacités de production et
06:03d'installation.
06:04Le deuxième axe de développement, c'est le produit, forcément.
06:08On est une boîte, enfin une société industrielle, mais résolument innovante.
06:13Et donc, on continue à travailler à l'amélioration de nos systèmes ou à concevoir de nouveaux produits.
06:19C'est ce qui nous anime au quotidien.
06:20Et le dernier axe, c'est la conquête du marché, donc avec beaucoup de recrutement dans les équipes marketing et
06:30commerciales.
06:31Aujourd'hui, on a toute une équipe de commerciaux qui sillonnent le territoire français
06:36pour aller présenter nos systèmes aux grandes enseignes de la distribution.
06:41Vous parliez du territoire français.
06:42Est-ce que vos solutions vont permettre aussi de s'installer un peu plus dans des zones rurales ?
06:46Parce qu'il y a peut-être un déficit aussi en la matière.
06:50Bien sûr, il y a deux cas d'usage principaux pour nos systèmes.
06:55Le premier, c'est dans les centres urbains, où on va être un relais pour les magasins plutôt en périphérie,
07:02ce qui leur permet d'apporter des coûts intéressants en centre-ville
07:06et d'aller concurrencer les offres de proximité.
07:10Et puis, le deuxième axe fort de développement, comme vous le disiez,
07:13c'est toutes les zones rurales qui, aujourd'hui, sont peu desservies en termes de services.
07:20Et donc, nous, on va permettre de créer un point de contact à proximité des habitants
07:28à 20-30 kilomètres d'un magasin existant.
07:31Et ça va permettre de réduire forcément les temps de trajet pour les consommateurs
07:36et d'avoir un magasin, en fait, plus proche de chez eux.
07:39Et en quelques secondes, il nous reste une vingtaine de secondes,
07:41une des perspectives de développement importante,
07:43je disais 500 droppers à l'horizon 2030, vous l'allez vite ?
07:47Exactement, oui, on a des grosses ambitions.
07:50C'est un marché qui est en pleine croissance.
07:51Le drive, depuis le Covid, c'est des grosses croissances tous les ans.
07:56Et donc, on a une ambition forte au service de la grande distribution,
07:59puisque nous, on est très, très axé clients et services rendus aux consommateurs.
08:03Et donc, cette année, on a équipé une vingtaine de magasins.
08:08L'année prochaine, ça sera le double, une quarantaine.
08:10Et on veut doubler chaque année pour parvenir à un parc cumulé
08:14de plus de 500 machines à l'horizon 2030.
08:17Et pour rien vous cacher, vu comme ça prend aujourd'hui,
08:20on pense même être capable de faire plus.
08:22Voilà, une vraie montée en puissance.
08:25Et évidemment, pour cela, vous disiez, vous avez besoin d'équipe,
08:27vous êtes une soixantaine de collaborateurs.
08:29On va en arriver aussi au sujet, finalement, des compétences nécessaires
08:32et des ingénieurs.
08:33Ça va être l'objet à présent de notre débat.