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  • il y a 2 jours
Après la "grande réussite" des manifestations du samedi 24 octobre, les syndicats et figures du mouvement social qui secoue actuellement le pays ont d'ores et déjà annoncé plusieurs nouvelles dates de mobilisation. Le mouvement pourrait s'installer dans la durée.

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Transcription
00:00Le gouvernement, il a fait monter en tension tout le pays.
00:03Vous savez, moi j'étais quand même assez impressionnée par ce qui s'est passé
00:07dès les premiers blocus de lycéens.
00:10Quand on voit, je suis enseignante, je suis enseignante,
00:13donc je sais qu'on peut discuter avec les jeunes,
00:17mais il faut-il encore avoir envie de discuter,
00:20il faut-il encore avoir envie de les écouter.
00:22Et quand ils se rassemblent et que tout de suite vous faites arriver
00:25des cordons de CRS casqués, parce que c'est ça,
00:29casqués et armés, vous pouvez être sûr que ça va faire monter un peu la tension.
00:33Et c'est exactement ce qui s'est passé.
00:36Je crois que ça a été une politique, ça a été un choix dès le départ
00:40d'essayer de tuer dans l'œuf la contestation lycéenne en faisant peur.
00:44Et au fond, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:46Ça a attisé, je crois que ça a donné du carburant à cette mobilisation
00:50qui s'est étendue des lycées aux facultés
00:54avec des mouvements de solidarité.
00:56Quand on vous écoute et quand on voit ce qui s'est passé dans les rues samedi,
01:01lorsqu'on voit ce qui a été inscrit sur les pancartes,
01:03on a le sentiment qu'on n'est plus désormais dans un mouvement lycéen
01:07ou un mouvement d'étudiants, on est dans autre chose.
01:10Oui, je pense que ce mouvement est plus large.
01:14C'est vrai qu'il est parti sur une revendication.
01:17On manque de table, on manque de chaise, on manque de profs,
01:20le bâtiment ne va pas, il y a ces inégalités aussi.
01:23Il y avait un fort sentiment d'inégalité,
01:27un fort sentiment de marginalisation,
01:31parce que c'est parti quand même de lycées des quartiers populaires.
01:34Et il y a eu beaucoup de lycées professionnels qui ont été mobilisés,
01:39avec ce sentiment que finalement, quand on appartient aux classes populaires,
01:45et bien finalement, on est méprisés.
01:48Et c'est une réalité.
01:49Moi, je peux vous dire que dans les villes comme Aubervilliers,
01:52comme Saint-Denis, vous pouvez avoir des fois des profs absents
01:55pendant deux mois, trois mois,
01:57chose que vous ne pourrez pas voir dans les lycées de centre-ville.
02:00Ce que vous dites, c'est que c'est beaucoup plus large.
02:02Donc au fond, quelque soit ce qui sera annoncé demain par le Premier ministre
02:06dans le domaine de l'éducation,
02:08même si vous attendez évidemment des avancées,
02:11en fait, ça ne changera rien.
02:12Le mouvement va continuer ?
02:14Ça, c'est aux lycéens, c'est aux jeunes de décider.
02:17Mais moi, ce que je crois, c'est que c'est beaucoup plus profond que ça.
02:20C'est une aspiration à beaucoup plus d'égalité,
02:23à plus de justice sociale.
02:25Vous avez une pancarte derrière, vous voyez, de taxer les riches.
02:27Il y avait une revendication, c'était plus de fric pour l'école publique
02:33et puis plus de blé pour les ouvriers.
02:35Mais pourquoi vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la rue ?
02:38Pardon ?
02:39Pourquoi vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la rue ?
02:41Si ce n'était que moi, si vous voulez, je n'avais pas besoin.
02:44Ce serait du lundi au dimanche.
02:46Parce que je pense qu'en effet, c'est une question de rapport de force
02:50et je pense que pour se faire entendre, oui, oui, il faut se montrer,
02:55il faut manifester, il faut exprimer sa colère, il faut s'organiser aussi.
02:59Merci.
02:59Merci.
02:59Merci.

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