00:00Le gouvernement, il a fait monter en tension tout le pays.
00:03Vous savez, moi j'étais quand même assez impressionnée par ce qui s'est passé
00:07dès les premiers blocus de lycéens.
00:10Quand on voit, je suis enseignante, je suis enseignante,
00:13donc je sais qu'on peut discuter avec les jeunes,
00:17mais il faut-il encore avoir envie de discuter,
00:20il faut-il encore avoir envie de les écouter.
00:22Et quand ils se rassemblent et que tout de suite vous faites arriver
00:25des cordons de CRS casqués, parce que c'est ça,
00:29casqués et armés, vous pouvez être sûr que ça va faire monter un peu la tension.
00:33Et c'est exactement ce qui s'est passé.
00:36Je crois que ça a été une politique, ça a été un choix dès le départ
00:40d'essayer de tuer dans l'œuf la contestation lycéenne en faisant peur.
00:44Et au fond, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:46Ça a attisé, je crois que ça a donné du carburant à cette mobilisation
00:50qui s'est étendue des lycées aux facultés
00:54avec des mouvements de solidarité.
00:56Quand on vous écoute et quand on voit ce qui s'est passé dans les rues samedi,
01:01lorsqu'on voit ce qui a été inscrit sur les pancartes,
01:03on a le sentiment qu'on n'est plus désormais dans un mouvement lycéen
01:07ou un mouvement d'étudiants, on est dans autre chose.
01:10Oui, je pense que ce mouvement est plus large.
01:14C'est vrai qu'il est parti sur une revendication.
01:17On manque de table, on manque de chaise, on manque de profs,
01:20le bâtiment ne va pas, il y a ces inégalités aussi.
01:23Il y avait un fort sentiment d'inégalité,
01:27un fort sentiment de marginalisation,
01:31parce que c'est parti quand même de lycées des quartiers populaires.
01:34Et il y a eu beaucoup de lycées professionnels qui ont été mobilisés,
01:39avec ce sentiment que finalement, quand on appartient aux classes populaires,
01:45et bien finalement, on est méprisés.
01:48Et c'est une réalité.
01:49Moi, je peux vous dire que dans les villes comme Aubervilliers,
01:52comme Saint-Denis, vous pouvez avoir des fois des profs absents
01:55pendant deux mois, trois mois,
01:57chose que vous ne pourrez pas voir dans les lycées de centre-ville.
02:00Ce que vous dites, c'est que c'est beaucoup plus large.
02:02Donc au fond, quelque soit ce qui sera annoncé demain par le Premier ministre
02:06dans le domaine de l'éducation,
02:08même si vous attendez évidemment des avancées,
02:11en fait, ça ne changera rien.
02:12Le mouvement va continuer ?
02:14Ça, c'est aux lycéens, c'est aux jeunes de décider.
02:17Mais moi, ce que je crois, c'est que c'est beaucoup plus profond que ça.
02:20C'est une aspiration à beaucoup plus d'égalité,
02:23à plus de justice sociale.
02:25Vous avez une pancarte derrière, vous voyez, de taxer les riches.
02:27Il y avait une revendication, c'était plus de fric pour l'école publique
02:33et puis plus de blé pour les ouvriers.
02:35Mais pourquoi vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la rue ?
02:38Pardon ?
02:39Pourquoi vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la rue ?
02:41Si ce n'était que moi, si vous voulez, je n'avais pas besoin.
02:44Ce serait du lundi au dimanche.
02:46Parce que je pense qu'en effet, c'est une question de rapport de force
02:50et je pense que pour se faire entendre, oui, oui, il faut se montrer,
02:55il faut manifester, il faut exprimer sa colère, il faut s'organiser aussi.
02:59Merci.
02:59Merci.
02:59Merci.