Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Louis Sarkozy, écrivain conseiller municipal de Menton et Flora Guebaly vont me rejoindre sur ce plateau.
00:05Flora Guebaly, je précise, essayiste, entrepreneur dans la transition écologique et auteure du livre
00:12Tempête émotionnelle, la démocratie en crise de nerfs aux éditions Stock.
00:17Ça vient de sortir. Bonsoir à tous les deux.
00:19Bonsoir madame.
00:20Je trouvais ça très intéressant de vous entendre tous les deux, deux essayistes sur les questions d'actualité du monde
00:25parce que je pense que sur le papier tout vous oppose.
00:28Je précise que votre livre, Flora Guebaly, d'abord je vais citer vos dernières chroniques.
00:32Louis Sarkozy, les géants de la tech ou la revanche des huîtres, c'est sur l'intelligence artificielle dans le
00:37Figaro,
00:38l'un de vos sujets de prédilection.
00:39Et vous, l'une de vos récentes tribunes, Flora, concernait la crise des lycéens,
00:45des lycéens plus matures que ceux qui nous gouvernent.
00:48C'était il y a quelques jours.
00:50Mais votre livre parle d'un sujet qui me semble tout à fait à propos
00:53puisque vous dites que pendant trop longtemps, notamment, notre société a imposé le silence aux émotions
00:59pour préserver un ordre social profondément injuste.
01:02Est-ce que c'est précisément ce qui se profile, selon vous, demain notamment ?
01:08Ce qui se profile, c'est plutôt l'inverse.
01:10C'est pour moi très positif qu'on ait libéré la parole du cœur dans la société
01:14et qu'on ait laissé les émotions s'exprimer.
01:16C'est grâce à ça qu'on a eu des mouvements comme MeToo
01:19ou des grandes avancées sur la question des violences sexuelles,
01:23notamment sur les enfants, parce qu'on laisse les gens s'exprimer.
01:26Là, le problème qu'on a, il est tout autre.
01:28Il est dans le fait qu'il y a beaucoup de colère.
01:31Demain, il y a une convergence des colères, on va en parler.
01:35Mais que toutes ces colères, si on ne leur donne pas de direction,
01:38si on ne leur donne pas de projet politique,
01:39elles ne nous mènent que vers le chaos.
01:41Et le risque qu'on encourt, c'est, qu'on voit déjà d'ailleurs,
01:46c'est d'aller vers la violence,
01:48d'aller vers une société de plus en plus violente
01:50parce que nos émotions ne s'expriment pas
01:54et on ne leur donne pas de pistes d'atterrissage.
01:57Mais vous croyez, vous, à cette coagulation des luttes
02:00pour cette journée du 17 octobre ?
02:02Et on parlera de la crise des lycéens ensuite, dans un second temps.
02:05Mais est-ce que demain, c'est précisément ce qui se profile ?
02:07Est-ce que vous y croyez ?
02:08Je ne crois pas tellement à la convergence des luttes,
02:11mais je crois à la convergence des colères et des émotions fortes.
02:15Parce que si on regarde, finalement, on a un budget,
02:17on le sait, qui va être très compliqué à voter.
02:19Les agriculteurs et les lycéens, ils n'ont pas forcément les mêmes intérêts.
02:23Chacun prêche pour sa paroisse.
02:24En revanche, il y a un sentiment, un ressentiment, on pourrait même dire,
02:28il y a une colère qui est commune.
02:30Et je trouve qu'on cite des émotions tous les jours dans les médias.
02:34On parle de tristesse, on parle de colère, on parle d'indignation, on parle de peur.
02:37Mais finalement, cette matière, elle est assez intangible.
02:40On ne sait pas très bien ce qu'elle veut dire politiquement.
02:42Et c'est pour ça que j'ai écrit ce livre, pour essayer de comprendre pourquoi les émotions nous gouvernent.
02:47Les émotions, ce n'est pas négatif, ce n'est pas positif.
02:49La question, c'est qu'est-ce qu'on en fait ?
02:51Je vous donne un exemple rapide.
02:53Quand vous traversez la rue, s'il y a une voiture qui va vous écraser,
02:56c'est grâce à votre peur que vous reculez.
02:57Parce que votre cerveau, il n'a pas le temps d'envoyer le message,
03:00recule, tu vas te faire écraser.
03:01Donc, les émotions, elles peuvent parfois nous sauver la vie.
03:04En revanche, dans une société, les émotions doivent être gouvernées.
03:07Et aujourd'hui, on a vu qu'on a perdu la gouvernance des émotions.
03:10Et c'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.
03:12Comment ne pas être d'accord avec ça ?
03:14Qu'il faut laisser plus de place aux émotions dans le débat public ?
03:17Permettez-moi de faire le vieux, malgré le fait que je ne sois pas si vieux.
03:21Et de faire une légère éloge de la rationalité,
03:24surtout quand on parle de sujets politiques et du futur de notre nation.
03:27Je pense que les lycéens, en premier, gagneraient, si on leur expliquerait,
03:30comme il me semble qu'on le faisait jadis,
03:33qu'il faut un peu moins d'émotions quand on parle d'un changement de société,
03:36d'un changement de système, et un peu plus de rationalité et de calme.
03:39Et d'ailleurs, c'est là où l'adolescence, je suis le premier concerné, se discerne.
03:43C'est qu'elle a généralement du mal à dompter les émotions.
03:45Et je pense que c'est parfaitement dans le rôle de l'adulte ou du politique,
03:48dans ce cadre-là, de dire, là, ce n'est pas votre place.
03:51Vous, vous leur dites carrément aux lycéens, retournez au boulot.
03:54Entièrement, bien sûr.
03:55Je pense que non seulement c'est la meilleure chose pour la société,
03:56je pense que c'est la meilleure chose pour eux.
03:58Et je pense que d'entretenir des rêves d'Éden, sociaux ou éducationnels,
04:05de par une mobilisation sociale, non seulement est très mauvais pour la société,
04:08mais en plus est très mauvais pour eux.
04:09Parce que ça ne va pas les aider, ni dans leur carrière éducative,
04:12ni dans leur carrière professionnelle, et ça ne va certainement pas aider le pays.
04:15Sur la convergence des luttes, c'était votre question.
04:18Je me permets d'y revenir.
04:18Vous y croyez-vous ?
04:19Est-ce qu'on pense qu'il se passe quelque chose d'inédit ?
04:22Il y a deux aspects dans votre question.
04:24Alors, sur les luttes en elles-mêmes, là, j'ai du mal à voir les parallèles.
04:27Les étudiants veulent plus de dépenses, on l'a entendu à longueur de journée.
04:31Les gilets jaunes veulent, a priori, moins de taxes si c'est toujours les mêmes.
04:34La CGT veut des salaires plus importants.
04:36Et LFI veut, grosso modo, foutre le bazar.
04:37Voilà. Donc, ce n'est pas exactement la convergence élue trévée par les marxistes-léninistes
04:42et les trotskistes de Pacotty de l'époque.
04:45Par contre, là où il y a un vrai danger, et je sais qu'on parlera du danger sécuritaire tout
04:48à l'heure,
04:49c'est qu'on vit dans une période aujourd'hui en France où on a l'impression,
04:52et je pense que c'est plus qu'une impression,
04:54que le moindre fait divers, que le moindre mouvement social,
04:57que la moindre coïncidence au mauvais moment peut vraiment faire vaciller le système.
05:01Je pense qu'on est à un point, comme d'ailleurs, on en a eu beaucoup dans notre histoire,
05:06le XIXe siècle en donne l'exemple, où la France se comporte comme ça.
05:09C'est un bouillon, c'est une bombe à retardement de jalousie,
05:14mais aussi de pauvreté, mais aussi de problèmes institutionnels,
05:17mais aussi parfois d'invasion étrangère, qui cause ces sentiments d'impuissance,
05:21de méfiance envers la politique, et que là, mais moi j'en suis convaincu,
05:24on est à un meurtre d'OQTF plus un mouvement étudiant,
05:28à voir possiblement un changement de système et des vrais troubles
05:31qui feront passer les gilets jaunes pour un jeu d'enfant.
05:34Alors il y a plusieurs points dans ce que vous dites.
05:36Sur la coagulation des luttes, il l'a dit clairement, il n'y croit pas du tout,
05:40parce que les revendications sont très variées.
05:42Et c'est vrai que quand on regarde sur le papier les profils des manifestants,
05:45on se demande exactement quel est le lien.
05:48Là-dessus, vous le rejoignez ou pas ?
05:49Ou il peut y avoir effectivement un point commun entre tous ceux qui seront dans la rue demain ?
05:53Alors il y a un point commun émotionnel,
05:55je ne sais pas s'il y a un point commun sur les revendications concrètes,
05:58et d'ailleurs le débat qu'on a eu sur les gilets jaunes pendant des années,
06:01c'était de dire quelles sont leurs revendications.
06:03Vous vous souvenez bien ?
06:04Mais pour obtenir des réponses, il faut bien des revendications, au-delà des émotions.
06:07Et pareil, les lycéens demandent des choses très rationnelles sur Parcoursup
06:10et sur l'état des lycées,
06:11mais il y a une colère qui est quand même plus vaste,
06:13qui est de demander à quel avenir ils auront droit,
06:16sur quelle planète ils vont vivre, dans quelles conditions climatiques,
06:20est-ce qu'ils auront du travail dans un monde où l'intelligence artificielle
06:22est en train de disrupter le marché du travail,
06:25et de révolutionner le marché du travail.
06:27Ne brancher pas trop sur ce sujet parce que c'est...
06:29Au contraire, allons-y.
06:30Mais là où je suis assez d'accord avec vous,
06:33c'est que ce qu'on vit est assez inédit,
06:35parce que ce qu'on vit, ce n'est pas une crise politique.
06:37Des crises politiques dans la cinquième, il y en a eu plusieurs.
06:39Pour moi, ce qu'on vit, c'est une tempête émotionnelle à grande échelle.
06:43C'est-à-dire que si on n'est pas capable de canaliser ces émotions
06:46et de leur donner une direction,
06:48je crains malheureusement qu'on arrive dans une situation de violence,
06:52certains diraient de guerre civile,
06:54mais on en est là, en fait.
06:55Il est minuit moins quart,
06:57et c'est la journée de demain,
06:58tout le monde est effrayé, tout le pays est effrayé.
07:00Il y en a qui vont manifester, je les respecte.
07:02Il y en a qui ont peur de sortir de chez eux,
07:04je les respecte aussi et je les comprends.
07:06Et en fait, moi, je comprends tous les camps.
07:08Même les lycéens, par exemple,
07:10Louis Sarkozy leur dit
07:12rentrer, vous mettre au boulot,
07:13c'est la meilleure chose qui puisse vous arriver.
07:15Vous, vous répondez quoi ?
07:16Est-ce que c'est la voie de la raison ?
07:17Je crois pas.
07:18Je crois que ce que Louis Sarkozy oublie,
07:21c'est qu'il y a un chiffre plus intéressant que tous,
07:24c'est qu'un chiffre de santé publique, malheureusement,
07:27qui dit qu'il y a 30% des lycéens
07:29qui déclarent avoir des pensées suicidaires
07:31et qu'il y a un lycéen sur sept
07:33qui a déjà fait une tentative de suicide.
07:36Je pense qu'on doit s'arrêter sur des chiffres comme ça.
07:40Et qu'on parle beaucoup de la violence,
07:43je le comprends, c'est insupportable la violence.
07:45On parle beaucoup de parcours sup, à raison,
07:48mais parcours sup, c'est la phase émergée de l'iceberg.
07:51Bien sûr, parcours sup, c'est un mauvais système,
07:54il faut le changer, il faut le réformer,
07:55mais ça, ça devrait être une petite mesurette politique.
07:58Il y a un problème de fond,
08:00qui est la santé mentale des jeunes.
08:02Et ça, on ne peut pas dire aller au boulot et ça ira mieux.
08:05Ce n'est pas confondre la jeunesse que de dire ça.
08:08On est parfaitement d'accord sur le fait qu'il y a un problème
08:09depuis l'émergence des réseaux sociaux,
08:11notamment les tentatives de suicide chez les jeunes femmes,
08:13c'est des chiffres absolument aberrants.
08:14Le constat est le même.
08:15Je ne pense pas que c'est rendre service aux jeunes
08:17que de leur dire que dans la manifestation,
08:20mal français, profondément français,
08:22d'ailleurs quelque chose, c'est un mal qui est en train de nous tuer,
08:24il y aura soit une amélioration de leur situation éducationnelle,
08:29soit des objectifs professionnels qui seront plus atteignables,
08:32soit une amélioration de leur santé sociale.
08:33Et d'ailleurs, ce que la majorité des études sur la santé mentale des jeunes,
08:36mais d'ailleurs de tous les êtres humains, dit,
08:38c'est qu'une vraie, une possible, pas pour tout le monde,
08:41mais une possible amélioration, un possible chemin d'amélioration de la santé mentale,
08:45c'est de prendre responsabilité pour son avenir.
08:47Et dire, je suis l'auteur de mon succès,
08:49et c'est moi qui vais pouvoir me sortir de là.
08:52Ça, c'est quelque chose qui est démontré dans la littérature médicale,
08:54comme ayant, pour certaines personnes,
08:56ce n'est pas une solution miracle,
08:57des vraies capacités d'amélioration.
08:58Je trouve qu'on dit le contraire aujourd'hui aux jeunes,
09:01quand on leur dit, rien n'est de votre faute.
09:03C'est les émotions, c'est quelque chose d'humain,
09:05vous pouvez continuer à casser, c'est la faute de Parcoursup,
09:07c'est la faute de l'éducation nationale.
09:08Je ne dis pas vous, mais je dis des gens bien moins intelligents que vous,
09:12peuvent le dire, notamment des élus de la France Insoumise.
09:14C'est marrant, parce que c'est là...
09:16Est-ce que la solution se trouve pour eux dans les manifestations ?
09:18Non, mais alors, ce que Louis Sarkozy appelle un mâle français,
09:21pour parler des manifestations,
09:23moi j'appelle ça le peuple de France,
09:25j'appelle ça vibrer pour son pays,
09:27j'appelle ça faire politique,
09:29et on a tellement de chance,
09:30c'est ma plus grande fierté d'être française pour ça,
09:33d'être française pour appartenir à un peuple,
09:34ou quand on a 16 ans,
09:36et qu'on veut participer à son système,
09:38et bien on bloque son lycée,
09:40pacifiquement évidemment.
09:41Moi je condamne la violence de la manière la plus ferme,
09:43en revanche,
09:44je suis tellement fière de voir que les agriculteurs,
09:47que les gilets jaunes à certains moments,
09:49que les jeunes,
09:50c'est ça la France,
09:51c'est ça être français,
09:52et ce que vous appelez le mâle français,
09:55moi j'appelle ça la merveille française.
09:56Non, on a des conceptions parfaitement différentes.
09:59Et là-dessus on a des conceptions,
10:00vous dites un autre truc très intéressant,
10:01c'est à la fin...
10:01Mais pour vous c'est l'horreur de bloquer son lycée ?
10:03Non mais non seulement est-ce que...
10:05En le faisant pacifiquement ?
10:06C'est pas l'horreur,
10:07mais pour moi qu'est-ce que c'est le mâle français ?
10:09Le mâle français c'est de se tirer une balle dans le pied constamment,
10:11et c'est ignorer les vrais problèmes.
10:13Les vrais problèmes de la France aujourd'hui,
10:15c'est le défi démographique.
10:16Le vrai problème de la France aujourd'hui,
10:18c'est le décrochage économique.
10:19Le vrai problème de la France,
10:20c'est la perte de confiance envers le politique.
10:21Et le suicide chez les jeunes,
10:22c'est pas le vrai problème.
10:23Immense, mais dans un immense sujet.
10:25Mais dans aucun de ces sujets,
10:26la manifestation sociale ne sera un règlement.
10:30Dans aucun.
10:30Le vrai génie français, pardonnez-moi.
10:45Les conditions dans lesquelles ils étudient.
10:47C'est ça le génie français.
10:48C'est pas de vouloir constamment,
10:49pardonnez-moi, je dois vous le dire,
10:51parce que j'ai peut-être une vue un peu trop internationale
10:53sur certains sujets,
10:54et c'est un reproche d'ailleurs sûrement que je mérite,
10:56mais constamment, quand quelque chose se passe ici,
10:59quand quelque chose se passe dans la rue,
11:00il faut penser à la vision que ça donne de la France,
11:02à l'international,
11:03et au retard qui est déjà le nôtre,
11:06économiquement, démographiquement, industriellement, technologiquement,
11:08qu'on continue d'accumuler.
11:10Parce que pendant que nos jeunes sont dans la rue,
11:12les jeunes chinois sont en train de bosser comme des chiens,
11:14les jeunes américains,
11:15on parlera de Tesla tout à l'heure,
11:17qui sont en train de pousser à l'innovation,
11:18même des jeunes qui ne sont pas forcément diplômés.
11:20Et je veux absolument qu'on parle ce soir des métiers de la main d'ailleurs,
11:23des métiers qui sont drastiquement sous-évaluement.
11:25D'accord, mais je vais d'abord vous répondre.
11:26Ce qui est génial sur le génie français,
11:29c'est qu'il y en a tellement
11:30qu'on peut tous se faire notre petit panthéon personnel.
11:32Pour Louis Sarkozy, ce sera Napoléon.
11:34Pour moi, ce sera plutôt mai 68
11:36ou les manifestations pour les droits des femmes.
11:39Donc ça, c'est génial, parce que c'est beau la France.
11:41On peut tous y choisir notre petit panthéon.
11:43Une fois qu'on a dit ça,
11:44bien sûr que ce n'est pas en bloquant son lycée
11:46qu'on va régler des problèmes
11:48qui sont non seulement systémiques,
11:51puisque moi je crois que le système
11:52fait la condition de l'individu,
11:55et ce n'est pas pour rien qu'il y a malheureusement
11:57ces chiffres que j'ai cités sur le suicide
11:58qui sont très élevés.
11:59C'est parce qu'on est tous dans ce système
12:01et on est tous le produit de ce système.
12:03Et c'est ce système qui fait qu'on va bien
12:05ou qu'on va mal.
12:06En revanche, qu'on critique comme ça
12:10dans notre plateau télé,
12:11tranquille, au chaud,
12:12ces jeunes qui décident de faire politique,
12:14de faire la démocratie,
12:16je trouve que ce n'est pas correct.
12:18Pardonnez-moi, la démocratie, ce n'est pas la rue.
12:19Je trouve que ce n'est pas correct.
12:20La démocratie, c'est beaucoup plus vaste
12:22qu'aller voter tous les cinq ans
12:23quand il y a une élection présidentielle.
12:24Mais pourquoi la récule à ça ?
12:25La démocratie...
12:25Pardonnez-moi, la démocratie,
12:26ce n'est pas brûler sa poupelle
12:27et bloquer son lycée.
12:28La démocratie, c'est faire la conversation politique
12:32à plein temps.
12:33Et c'est ce que les jeunes sont en train de faire.
12:34Je vais juste vous donner un autre chiffre.
12:36Il y a 3700 lycées en France.
12:39On déplore de la violence dans 24 lycées.
12:42Ça fait moins de 1%.
12:43La violence, même quand elle a lieu une fois,
12:49c'est une fois de trop.
12:49Les chiffres des élèves blessés,
12:51les chiffres des forces de l'ordre blessés,
12:528000 interpellations...
12:53Je suis totalement d'accord avec ça.
12:55Quand il y a une violence,
12:56c'est une violence de trop.
12:57Ceci étant dit,
12:58passer des jours et des jours
12:59à parler de la violence,
13:01alors qu'il y a un jeune sur sept
13:03qui a envie de mettre fin à ses jours,
13:05je trouve que c'est injuste.
13:06Attendez, là,
13:07moi je suis le premier à faire le procès des médias.
13:09C'est une occupation...
13:10Ça ne peut pas faire démocratie, manifester ?
13:12Non, mais pas seulement.
13:12Déjà, la chose démocratique,
13:14ce n'est pas seulement voter,
13:15vous avez raison de le dire,
13:16ce n'est pas seulement foutre le feu
13:17à la poubelle devant son lycée,
13:18non plus.
13:18Et d'ailleurs,
13:19qu'on se prenne pour un révolutionnaire du dimanche
13:20parce qu'on va brûler une poubelle un samedi
13:22alors qu'on ne sait même pas vraiment la cause
13:23qui nous pousse dans la rue,
13:24excusez-moi,
13:24ce n'est pas exactement la réincarnation de Trotsky.
13:26Je suis loin du Trotskyisme,
13:28mais on peut quand même apprécier le grand homme
13:29dans son œuvre politique,
13:30même si on la déteste,
13:31premièrement.
13:32Deuxièmement, pardonnez-moi,
13:33en rien,
13:34leur situation ne sera améliorée par ça.
13:35Vous dites,
13:36c'est que 24 lycées.
13:37Mais les images de violence,
13:38elles sont toutes les semaines en France maintenant.
13:40Après chaque match de foot,
13:41chaque manifestation sociale,
13:43chaque mouvement de rue
13:44ou chaque mouvement lycéen
13:45finit avec des violences.
13:46Et d'ailleurs,
13:46ce n'est pas un récit médiatique.
13:48Je suis le premier à critiquer
13:49la couverture des médias,
13:50c'est une occupation préférée de ma part
13:52et c'est ce que je fais
13:52et c'est ce que je préfère de faire.
13:53Mais ce n'est pas la faute des médias
13:55qu'il y ait plus de violences en France.
13:56Tous les chiffres le montrent.
13:57Dans l'OCDE
13:58et aussi dans les démocraties occidentales,
14:00il y a de plus en plus de violences en France,
14:02plus que chez nos voisins.
14:03Il y a plus de manifestations,
14:05il y a plus de blocages,
14:06il y a plus de grèves.
14:07On se tue avec ça.
14:08Je n'ai pas dit ça
14:09et ça, je suis d'accord avec vous.
14:11Et d'ailleurs,
14:11j'ai écrit un livre
14:12pour éviter que la colère devienne violence.
14:14Et mon livre se termine par
14:16« Et la colère devienne violence ? »
14:17C'est le titre du dernier chapitre
14:18qui essaye de faire de l'anticipation
14:20et de se dire
14:21qu'est-ce qui va se passer
14:22si à chaque fois
14:23qu'il y a une contestation sociale,
14:25ça se termine en violence et en casse.
14:28Précisément là-dessus,
14:29quelle leçon il faut tirer
14:31de ce qui s'est passé ces derniers jours
14:32en marge des contestations lycéennes
14:34pour que ça se passe bien demain ?
14:36Est-ce que par exemple
14:36rétablir l'autorisation
14:37des grenades assourdissantes,
14:38c'était une sage décision ?
14:40Non mais déjà,
14:41elles n'auraient jamais dû être bannies
14:43ou être interdites
14:44parce qu'il y a un problème en France,
14:46c'est qu'on croit
14:46que dès qu'il y a une manifestation,
14:47ça doit être de la violence,
14:48c'est un autre mal français
14:49et dès qu'il y a de la violence,
14:50on ne comprend pas
14:51que les policiers soient obligés
14:52de répliquer avec une forme de violence.
14:54Ce qu'on appelait à l'époque
14:55quand tout le monde était sensé,
14:56la violence légitime.
14:57Parce qu'aujourd'hui,
14:58quand le policier blase quelqu'un,
15:00il est automatiquement coupable.
15:01A l'époque,
15:02dans une nostalgie sensée
15:03qui était la nôtre
15:04il n'y a pourtant pas si longtemps,
15:05le policier était présumé innocent,
15:07chose qui n'est plus le cas.
15:08Aujourd'hui,
15:09quand vous avez un mouvement de foule,
15:10quand vous voulez le contrôler,
15:12quand vous avez des dérapages,
15:13mais bien sûr qu'il y aura des blessés,
15:15mais bien sûr qu'il y aura de la violence.
15:17Le seul moyen,
15:18la seule façon de contrôler des foules,
15:20c'est de les opposer
15:21avec une force de mobilisation,
15:23une répression plus importante
15:24que la foule elle-même.
15:24Vous qui passez votre vue devant la télé
15:26à regarder les chaînes en fou,
15:28vous êtes d'accord ?
15:29C'est vous qui l'avez dit tout à l'heure.
15:30J'ai un nouveau-né,
15:30je ne suis pas si sûr que j'ai ce luxe.
15:32Non mais vous êtes d'accord
15:32qu'il y a des images qui interrogent quand même,
15:34des images de violences policières
15:36qui interrogent ?
15:36C'est quelque chose qui ne passe pas
15:37du tout sur les plateaux,
15:38ça n'a aucune importance à la vérité
15:39donc je vais le dire.
15:40Il faut se méfier du clip
15:41passé sur BFM
15:42ou passé sur X
15:43pendant 65 secondes.
15:45On voit la violence d'un policier
15:46et on met immédiatement le jugement.
15:47C'est pour ça qu'on a
15:48un processus judiciaire
15:49et qu'il faut comprendre
15:50l'avant, le pendant, l'après, le contexte.
15:54Il faut faire très attention.
15:55Ce n'est pas sexy de le dire
15:55mais il faut faire très attention.
15:56C'est étonnant ce que vous dites
15:58parce qu'il dit
15:59les chaînes d'info n'ont aucun impact
16:01sur la violence des manifestants
16:02et après il dit
16:03les chaînes d'info racontent n'importe quoi
16:05quand il s'agit de parler
16:06de la violence des policiers.
16:07Non, je pense que les images
16:08surtout de BFM TV
16:09elles sont documentées
16:10elles sont sourcées
16:10et elles sont tout à fait vérifiées.
16:13Sur les grenades
16:14à fournir du sens, Laura ?
16:15Il y a de la violence
16:16de la part d'une minorité de policiers
16:19et de la part d'une minorité de manifestants.
16:22Les lycéens l'ont dit
16:23depuis le premier jour des contestations
16:24il y a deux mouvements en parallèle
16:26et ça, c'est un constat très malheureux
16:28parce que ça a eu lieu aussi
16:29chez les Gilets jaunes
16:30dans les différentes contestations sociales
16:32qui ont eu lieu ces dernières années.
16:33Il y a aujourd'hui
16:35un bloc de peut-être
16:3699% de gens
16:38qui sont pacifiques
16:38et 1%
16:401%
16:41J'ai vu
16:43alors certains les appelleront
16:44les racailles
16:44d'autres
16:45j'ai vu
16:46les appeler
16:46les petits crétins
16:47je crois que ça me plaît bien
16:49comme terme
16:49de petits crétins
16:50qui s'amusent
16:51parce qu'ils vont aller casser
16:52et qui vont aller
16:53semer la violence.
16:54Le problème c'est qu'en disant ça
16:55on dédouane complètement
16:56la responsabilité des lycéens
16:57les chiffres du ministère de l'Intérieur
16:58le montrent très sérieusement
16:59pendant les premiers jours
17:00de la manifestation
17:0180% des arrestations
17:02étaient des lycéens
17:03il y a un mouvement lycéen
17:04il y a des violences
17:05au bord des lycées
17:0580% des arrestations
17:06sont des lycéens
17:07c'est pas des blocs
17:08qui s'infiltrent
17:08c'est les lycéens
17:09je vous ai donné les chiffres
17:10il y a 3700 lycées en France
17:1224 lycées ont connu des violences
17:15ça fait 3676 lycées
17:18qui n'ont pas connu de violences
17:19soit 99,2%
17:21mais comment renforcer
17:23comment essayer de rétablir
17:24ce lien entre
17:25force de l'ordre et jeunes
17:27et pourquoi en arrive-t-on là
17:28je ne sais pas si vous avez lu
17:29cette tribune de ce professeur
17:30de droit pénal
17:31Olivier Kahn dans Le Monde
17:32qui réagit sur les chiffres
17:34des interpellations
17:35des gardes à vue
17:35en marge de cette contestation
17:37lycéenne
17:37et qui dit que la gestion
17:38du mouvement
17:39d'un point de vue
17:39de la gestion de l'ordre
17:41actuelle est très préoccupante
17:43parce que nous sommes en train
17:44de créer une génération
17:45d'individus
17:45dont le premier contact
17:46avec la force publique
17:47aura été un contact
17:50problématique
17:50Alors déjà il fait l'amalgame
17:51que madame n'a pas fait
17:52c'est qu'il assume
17:53que la totalité de la jeunesse
17:54de France est dans la rue
17:55en train de faire face
17:55à des policiers
17:56ce qui n'est pas vrai
17:57et je rejoins le constat
17:58de madame là-dessus
17:58et deuxièmement
17:59pardonnez-moi
18:00mais on s'attend à quoi ?
18:01Quand on fait blocus
18:02de son lycée
18:03et qu'on fout le bordel
18:04dans la rue
18:04et qu'on brûle des poubelles
18:05que le policier
18:06vienne demander gentiment
18:06qu'on rentre dans le lycée
18:07mais quand on manifeste
18:09et quand on casse
18:10bien sûr qu'il y aura
18:11une violence policière en face
18:12J'ai passé plusieurs journées
18:13avec des lycéens
18:14c'est pas ce qui se passe
18:15et d'ailleurs ça a donné lieu
18:16à ma tribune
18:17dans la tribune dimanche
18:18les lycéens sont plus matures
18:19émotionnellement
18:20que les politiques
18:21qui les gouvernent
18:22les lycéens à qui j'ai parlé
18:23ils étaient les premiers
18:24à déplorer la violence
18:26et ils étaient les premiers
18:27à avoir une vision
18:28assez précise
18:29de la situation
18:30ils sont très lucides
18:31et vous savez
18:32on aime bien faire porter
18:34plein de caricatures
18:35à la jeunesse
18:35mais la jeunesse
18:36c'est qu'un miroir
18:37grossissant de la société
18:39effectivement
18:39c'est des jeunes
18:40qui vivent peut-être
18:41les choses plus fortes
18:42parce que c'est normal
18:43mais c'est des jeunes
18:44qui sont aujourd'hui
18:45privés d'insouciance
18:46et qui sont de fait
18:48contraints d'aller
18:49dans des manifs violentes
18:50parce que quand vous avez
18:5117 ans aujourd'hui
18:52quand Emmanuel Macron
18:53quand Emmanuel Macron
18:55a été élu
18:56vous aviez 7 ans
18:56puisque c'était
18:57il y a bientôt 10 ans
18:58donc vous avez vécu
18:59dans la France
19:00d'Emmanuel Macron
19:00vous avez 17 ans aujourd'hui
19:02vous voulez aller manifester
19:03ce qui s'est passé
19:04ces dernières années
19:04oui c'est vrai
19:05il y a une bande de crétins
19:07comme je les ai qualifiés
19:07tout à l'heure
19:08qui s'est mis à agiter
19:09pendant les gilets jaunes
19:10depuis 2018
19:11les manifestations
19:12elles deviennent violentes
19:13mais il y a eu aussi
19:14beaucoup plus de violences
19:15du côté des policiers
19:16et ce que je raconte
19:18dans le livre
19:18il y a eu aussi des ministres
19:20je parle notamment
19:21de Gérald Darmanin
19:22qui se sont permis
19:23de qualifier
19:24quand les colères
19:25étaient saines
19:25et quand elles ne l'étaient pas
19:26je cite par exemple
19:28quand les agriculteurs
19:28ont démarré
19:29Gérald Darmanin a dit
19:30alors qu'il était ministre
19:31de l'Intérieur
19:32ils ont raison d'être en colère
19:34c'est une colère saine
19:34mais en même temps
19:36c'était au même moment
19:37il y a des écologistes
19:38qui ont bloqué
19:39les bassines à Sainte-Solines
19:40vous vous souvenez de cette affaire
19:41il a dit
19:42cette colère est absurde
19:43et elle n'est absolument pas saine
19:45et donc où voulez-vous en venir ?
19:45moi je ne crois pas
19:46il y a une différence
19:47entre adolescent et adulte quand même
19:49je ne crois pas
19:49que ce soit le travail du ministre
19:51de l'Intérieur
19:51ou de n'importe quel ministre
19:52de dire quelle colère est saine
19:54et quelle colère est pas saine
19:56il y a quelque chose de très intéressant
19:59qui s'est passé depuis quelques années
20:00et je pense que
20:01j'espère que je ne viole pas
20:03un droit d'auteur quelconque
20:04en disant ça
20:04j'ai dû lire ça quelque part
20:05c'est l'effet Greta Thunberg
20:07il y a un des phénomènes
20:09de la modernité post-Walk
20:10post-2015
20:11post-2016
20:11une glorification de l'adolescent
20:14qui est soi-disant
20:15soit plus sage
20:16soit vous venez de le dire
20:17un reflet de la société
20:18on a complètement oublié le fait
20:19que l'adolescent
20:20pendant la totalité
20:21de l'histoire humaine
20:21était bien sûr écouté
20:22bien sûr protégé
20:23mais que la parole n'était pas prise
20:25aussi au sérieux que l'adulte
20:26quand l'agriculteur de 48 ans
20:27qui a bossé toute sa vie
20:28a des revendications
20:29pardonnez-moi
20:29de base
20:30elles ont plus de poids
20:31que quand c'est le gamin de 17 ans
20:32qui n'a jamais rien fait de sa vie
20:33de base
20:33parce qu'il y a une différence
20:35vous aimez bien Greta Thunberg ou pas ?
20:36ah non je ne la supporte pas personnellement
20:38elle est bien aux côtés des lycéens
20:40et je trouve que c'est un énième épisode
20:42de sa descente dans le monde le plus ridicule
20:44et d'ailleurs je vais vous donner
20:45un autre exemple
20:46pour vous dire que je ne suis pas
20:48purement discriminatoire
20:49envers les jeunes
20:50on a longtemps parlé de Greta Thunberg
20:51pour une raison qui m'échappe
20:52parce que accessoirement pour le climat
20:53à part hurler aux Nations Unies
20:55ce qui n'a pas eu grand effet
20:56à part polariser le débat encore plus
20:57elle n'a jamais rien fait
20:58par contre on a parlé assez rarement
20:59d'un Boyan Slat
21:00qui est un jeune tout aussi jeune d'elle
21:02qui a créé le Ocean Cleanup Project
21:03mais que lui il ne fait pas les manifestations
21:05il n'a pas le keffier palestinien
21:06il a juste financé des dizaines de bateaux
21:08qui nettoient les océans
21:09pendant que personne n'en parle
21:10donc ce n'est pas que j'ai quelque chose
21:11contre la jeunesse
21:12c'est juste que j'en ai marre
21:13qu'on les glorifie
21:13et je pense accessoirement
21:15que ce n'est pas leur rendre service
21:16leur dire qu'il y a un Eden social
21:18qui attend
21:18qu'ils font politique
21:20quand ils brûlent des poubelles
21:21mais personne ne leur dit
21:23qu'il y a un Eden social
21:23qui les attend
21:24vous dites c'est faire politique
21:25c'est la gloire française
21:27y compris les gens de notre génération
21:28puisqu'on doit avoir à peu près
21:29le même âge
21:29qu'on aura une retraite
21:30personne ne croit à ça
21:32personne ne croit
21:32que le marché du travail
21:35il va être sain
21:36dans les années à venir
21:37avec l'IA
21:37vous savez depuis deux mois
21:40sur internet
21:40il y a plus d'agents IA
21:42qui font des recherches
21:43que d'humains
21:44c'est déjà
21:44la révolution
21:46elle a déjà lieu
21:46vous avez raison
21:47personne ne croit
21:49que l'été 2026
21:51était le plus chaud
21:51jamais enregistré
21:52on sait que c'est le moins chaud
21:54jamais enregistré
21:54et d'ailleurs moi
21:55j'ai arrêté d'alerter
21:56sur le climat
21:57puisque j'ai découvert
21:58que tout le monde
21:58était au courant
21:59et que tout le monde
21:59avait bien compris
22:00ce qu'on croit
22:02je vais juste terminer là-dessus
22:04parce que c'est important
22:05ce qu'on croit
22:06et ce que les jeunes croient
22:07c'est que les politiques
22:08n'ont plus la main
22:09pour réparer
22:10tous ces problèmes de société
22:11qu'ils n'ont plus la main
22:12pour écouter
22:13ces revendications
22:14qui viennent de la rue
22:14les lycéens
22:15ils ont envie d'aller à l'école
22:16ils ont envie de faire
22:17des études supérieures
22:18justement pour rebondir
22:20sur ce point
22:20deux visages
22:21qui vont s'afficher
22:21ici à l'écran
22:22ce sont évidemment
22:23les visages du ministre
22:24de l'Intérieur
22:24et le ministre
22:26de l'Education nationale
22:27est-ce qu'ils sont
22:29à la hauteur selon vous
22:30ou est-ce qu'il y a un problème
22:30aussi de profil
22:32qui suis-je moi
22:33pour commenter
22:35la hauteur de telle ou telle politique
22:36par contre
22:37si moi je vous pose la question
22:38vous allez voir des réponses
22:39non mais je me permettrais
22:40de gentiment esquiver
22:41mais par contre
22:42je dirais ceci
22:43on en parlait d'ailleurs
22:45avant le début de l'émission
22:46c'est qu'il y a
22:47une nette détérioration
22:48du personnel politique
22:49dans notre pays
22:49et ça c'est quantifiable
22:52comme mon ami
22:52Raphaël Dohan
22:53l'a écrit
22:55il suffit de regarder
22:56qui écrit les lois
22:58physiquement
22:58c'est-à-dire
22:59qui est l'auteur
23:00des textes qui sont passés
23:01par notre parlement
23:01sous la troisième république
23:03c'était les députés eux-mêmes
23:04qui travaillaient
23:05c'est ensuite devenu
23:06les cabinets de conseil
23:07et les collaborateurs
23:08c'est en train de devenir
23:09les IA
23:10et le résultat
23:11c'est que nous avons
23:11ou la société civile
23:12ou la société civile
23:13d'ailleurs
23:13ça sera assez généralement
23:15les IA relativement vite
23:17et je pense d'ailleurs
23:17que si on fait une recherche
23:18comme le livre de monsieur Aurélien
23:20d'IA
23:21sur les textes
23:21de loi française récente
23:22à mon avis
23:22on risque de trouver
23:23des surprises
23:24il y a une perte de qualité
23:26du personnel politique français
23:27que ça soit même
23:28dans l'oration
23:29dans la capacité
23:29de prendre la parole en public
23:30enfin il y en a très peu
23:31aujourd'hui qui sont capables
23:32de le faire
23:32ce qui était considéré
23:33comme essentiel
23:34pendant longtemps
23:34il y en a très peu
23:35qui sont vraiment cohérents
23:37idéologiquement
23:37mais est-ce que du coup
23:38ça fait aussi partie
23:38du problème aujourd'hui
23:40c'est ça ma question
23:40certains disent
23:41qu'ils ont un profil
23:42trop technique
23:43ce que vous montrez
23:46c'est intéressant
23:47parce que le visage
23:48notamment de monsieur Jeffrey
23:49le ministre de l'éducation nationale
23:50je pense qu'il n'est pas connu
23:52par beaucoup de nos téléspectateurs
23:54actuellement
23:55et c'est ça qui est intéressant
23:56c'est qu'en 2024
23:57Emmanuel Macron a décidé
23:58de dissoudre
23:58l'Assemblée nationale
23:59et depuis
24:00il n'a vraiment plus
24:01de majorité
24:01donc ce gouvernement
24:03il agite
24:04il tient l'administration
24:06ils sont en CDD
24:09et surtout
24:10qu'est-ce qu'ils représentent
24:11qu'est-ce qu'ils incarnent
24:12et c'est là
24:13qu'Emmanuel Macron
24:14on peut lui en vouloir
24:15parce qu'à une époque
24:17que ce soit
24:18sous son prédécesseur
24:19ou même son prédécesseur
24:20d'après
24:20il y en a eu quelques-uns
24:22ils avaient un poids politique
24:23il y avait un rapport
24:24de force qui se jouait
24:25il y avait un ministre
24:25qui pouvait menacer
24:26de claquer la porte
24:27si on ne l'écoutait pas
24:28sur une décision
24:28ou qui arrivait
24:29à emporter un gros budget
24:31pour défendre
24:32ses convictions
24:32aujourd'hui
24:33tous ces ministres-là
24:35ils sont finalement
24:36des figurants
24:37dans un Emmanuel Macron
24:38dans un gouvernement
24:39d'Emmanuel Macron
24:40qui avait les pleins pouvoirs
24:41et qui ne les a plus
24:41puisque maintenant
24:42le pouvoir est à l'Assemblée
24:44et ça c'est une bonne nouvelle
24:45parce que vous savez
24:46pendant qu'on a des politiques
24:47comme le disait
24:48Louis Sarkozy
24:49qui ne sont plus à la hauteur
24:50il y a la société civile
24:52qui manque de courage
24:52et qui ne sont plus à la hauteur
24:53il y a la société civile
24:55qui se bouge
24:55et une colère
24:56qui a été parfaitement
24:57très bien transformée
24:58c'est le drame abject
25:00de l'IANA
25:01qui a eu lieu au printemps
25:02qui a donné lieu
25:03à une loi
25:03écrite par les victimes
25:05par les organisations
25:06qui sont sur le terrain
25:07par les associations
25:08par les médecins
25:09par les professionnels
25:09et qui a été votée
25:11à l'Assemblée nationale
25:11cette semaine
25:12en première instance
25:13à la majorité
25:16on peut tous se féliciter
25:19sur la loi Liana
25:20par contre
25:20on n'est pas d'accord
25:21sur un point
25:21c'est que je pense
25:21que la politique
25:22mérite une incarnation
25:23c'est peut-être
25:23ma vision bonapartiste
25:25de la chose
25:25et je pense que
25:26l'époque que vous regardez
25:27avec nostalgie
25:28quand les ministres
25:28avaient du poids
25:29alors qu'aujourd'hui
25:30ils sont purement en CDD
25:31c'est des figurants
25:31c'est exactement ce que je disais
25:32il faut qu'ils descendent
25:33dans la rue
25:33et qu'ils aient le courage
25:34de dire quelque chose
25:35d'impopulaire
25:36à nos téléspectateurs
25:37avant de nous quitter
25:37c'est le test à faire
25:38si vous voulez savoir
25:39si vos politiques sont braves
25:40est-ce qu'ils épousent
25:42des positionnements idéologiques
25:43qui les rendent impopulaires
25:44le grand exemple
25:45c'est Badinter
25:45la peine de mort
25:46les français étaient pour
25:47à l'époque
25:48qu'il a lancé sa croisade
25:49et ils le sont encore aujourd'hui
25:50ça n'a rien changé
25:51de son allergique
25:52il ne faut pas toujours écouter
25:53je vais quand même conclure
25:57je ne regarde pas l'époque
25:58avec nostalgie
25:59contrairement à vous
25:59Louis Sarkozy
26:00parce que je pense
26:01que le meilleur est à venir
26:02et c'est certainement
26:02notre différence
26:03la plus fondamentale
26:05ceci étant dit
26:05j'observe
26:06des mutations
26:07de la société
26:08qui peuvent nous mener
26:09si vous voulez la pièce
26:11on ne sait pas
26:11de quel côté elle va tomber
26:12d'un côté
26:12il y a des choses
26:13qui donnent beaucoup d'espoir
26:14comme la loi intégrale
26:15qui est votée
26:15grâce à une colère
26:16une colère atroce
26:17et malheureuse
26:18et un drame
26:19d'un autre côté
26:20il y a des colères
26:21on ne sait pas
26:21quelle va être
26:22leur piste d'atterrissage
26:22c'est ce qui va se passer demain
26:23et c'est ça qu'il faut regarder
26:25et c'est à ça
26:25qu'on doit être attentif
26:26dans cette année présidentielle
26:27Merci Flora Guebali
26:29je rappelle le nom
26:30de votre livre
26:30Tempête émotionnelle
26:31la démocratie
26:32en crise de nerfs
26:33édition stock
26:34et ça vient de sortir
26:35il y a quelques jours
26:36j'ai eu le plaisir
26:37de lire en avant-première
26:38Merci Flora

Recommandations