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  • il y a 11 heures
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Et on se demande dans quel contexte va se dérouler cette campagne présidentielle, comme vous le dites, parce qu'on
00:04est tous d'accord peut-être pour dire ce soir qu'on est dans un contexte explosif.
00:08Il y a quand même cette journée aussi de mobilisation demain. Il y a ce qui va se passer à
00:11Orléans. Du côté du Rassemblement National, on va en parler.
00:15Mais parlons d'abord de cette journée de mobilisation demain sous haute sécurité pour éviter le fiasco de samedi dernier.
00:2170 000 forces de l'ordre qui seront déployées, 20% de plus que la semaine dernière des policiers, des
00:27gendarmes, le RAID, le GIGN et j'en passe.
00:31Et pas d'état d'urgence, mais des interdictions de décider à l'échelle locale. Il y a eu ces
00:37phrases qui ont été prononcées par le président de la République.
00:41Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le pourra, on interdira.
00:45Du coup, vous, par exemple, Jérôme Rodriguez, est-ce que vous allez manifester demain ? Et si oui, où ?
00:50Et avec qui ?
00:51Puisque visiblement, les gilets jaunes ne sont pas considérés comme une organisation légitime pour manifester.
00:58Ça, ça fait 10 ans qu'on a compris qu'on n'était pas légitime. Vu la façon dont on
01:01a été traité il y a maintenant 8 ans et demi en arrière,
01:04on a bien cerné le problème qu'on n'intéressait pas Emmanuel Macron et que de toute façon, même médiatiquement
01:10parlant, on était mis à part.
01:11Parce que quand on parle de gens lambda ou qu'on catégorise les gilets jaunes, on ne fait pas partie
01:16des gens lambda.
01:17On a l'impression d'être une classe un petit peu à part. Maintenant, moi, personnellement, j'irai à Paris.
01:21Je suis un citoyen.
01:23J'ai eu la chance d'avoir des cours d'éducation civique qui m'ont appris liberté, égalité, fraternité, qui
01:27m'ont appris la démocratie, qui m'ont appris la liberté d'expression.
01:30Donc, je tiens à m'exprimer dans la rue, la liberté de manifester aussi.
01:33Donc, à quoi m'ont servi tous ces cours d'école si aujourd'hui, je ne peux pas les mettre
01:36en pratique parce qu'un monarque du haut de son perchoir aurait décidé qu'on ne ferait pas partie d
01:42'un citoyen lambda.
01:44Est-ce que, du coup, vous allez suivre le parcours qui a été autorisé ? Enfin, visiblement, c'est encore
01:48en discussion.
01:49On a du mal à suivre le parcours de la CGT qui doit donc se tenir demain à Paris.
01:56C'est ce parcours-là que vous allez tenir ou ce sera un rassemblement en marge de celui de la
02:01CGT ?
02:01Alors, moi, je fais partie des victimes du mouvement des Gilets jaunes. Je fais partie de ceux qui ont été
02:07mutilés.
02:08J'ai aussi subi un fort harcèlement de la part de l'État et des policiers à me faire arrêter
02:13pour n'importe quelle raison et de manger énormément de garde à vue pendant le mouvement des Gilets jaunes.
02:17Je n'ai jamais été condamné, je tiens à le préciser, parce que souvent, j'ai fait les premières pages
02:20de vos journaux comme quoi j'avais fait ceci ou cela,
02:23mais jamais vous avez été dit que j'avais été relaxé sur l'ensemble des accusations qui avaient été portées
02:27par ne serait-ce que Gérald Darmanin à l'époque.
02:32Donc, moi, ça fait trois ans aujourd'hui que j'ai essayé de reconstruire un petit peu ma vie, donc
02:36aller en garde à vue, ça me dérangerait un petit peu.
02:39Donc, je préfère aller dans des endroits où je suis autorisé à aller. Ça ne veut pas dire que les
02:42autres n'iront pas où ils veulent.
02:43Donc, le rassemblement entre Porte d'Italie et Porte de Vincennes à ce stade.
02:46Dans l'absolu. Maintenant, ce qui reste incompréhensible, c'est cette façon de faire, le vendredi soir, de devoir annuler
02:53une manifestation qui avait été autorisée, je crois, hier ou avant-hier.
02:58On voit vraiment qu'ils ont pris conscience du fiasco de la semaine dernière et qu'ils sont carrément flippés
03:05de voir une manifestation aujourd'hui à Paris et je pense aussi dans toutes les villes de France.
03:09Mais là-dessus, sur ceux qui sont légitimes, pour reprendre les mots du président de la République, ou pas à
03:14manifester, est-ce qu'il est normal que les représentants des Gilets jaunes ne puissent pas manifester demain dans les
03:19rues de Paris ?
03:20Non, ce n'est pas à moi de le dire. Je n'ai pas, sous mes ordres, malheureusement un avis
03:26qui n'est pas éduqué, puisque je n'ai pas les services de renseignement de la police à mes ordres.
03:30Je n'ai pas les informations que, soi-disant, dispose le président de la République. Quoique, quand on voit le
03:33fiasco de la semaine dernière, on se demande si lui aussi avait les services de renseignement,
03:37ou plutôt si lui aussi avait assez d'informations pour pouvoir agir correctement, malgré le fait qu'il a critiqué
03:41les services de renseignement pendant son élocution.
03:43D'ailleurs, chose qui était parfaitement inacceptable. Par contre, ce que j'ai dit tout à l'heure sur votre
03:46plateau, et ce que je maintiens, c'est que l'autorité politique, dans une situation de chaos qui était le
03:50nôtre,
03:51je pense, doit avoir le droit de dire, on va limiter les manifestations pendant quelques jours, on va les cadrer,
03:56on va mettre un couvre-feu, on va limiter les mobilités et les transports publics,
03:59on va mettre les CRS sur cette manifestation, etc. Ça, je pense que c'est quelque chose qui relève de
04:03l'ordre politique, surtout quand on voit les dégâts généralisés qui ont été causés par le fiasco de la semaine
04:09dernière,
04:09et quand on voit aussi l'effroi de la majorité des Français, sans même parler des commerçants, qui ont perdu
04:14temps avec des centaines de millions de dommages.
04:16Ça me paraît normal que le Président, au bout d'un moment, d'ailleurs je pense qu'il aurait peut
04:19-être dû même le faire la semaine dernière,
04:20dise « Ah, ça suffit, on va inonder la rue de flics et on va attendre que tout ça se
04:24calme pendant quelques jours. »
04:26Ça, ça a déjà été testé. Je tiens à rappeler que le record du nombre de policiers sur Paris, ça
04:31a été 98 000 policiers pour le mouvement des Gilets jaunes.
04:34Et la méthode Nunez, on la connaît parce qu'on l'a déjà subie à l'époque des Gilets jaunes.
04:37Et de mettre des personnes qui n'ont rien à faire sur le maintien de l'ordre, qui n'ont
04:40aucune formation sur le maintien de l'ordre,
04:42qui n'ont aucune idée d'avoir le maintien de l'ordre, je tiens à préciser que l'ensemble des
04:45mutilés du mouvement des Gilets jaunes,
04:46ce n'est pas des CRS ou des gardes mobiles qui nous ont crevé des yeux.
04:48Ce sont des bacueux. Moi, personnellement, c'est un mec de la CSI.
04:51Que font ces gens sur le maintien de l'ordre, qui n'ont pas de métier ?
04:53Et j'ai eu l'occasion, parce qu'on a combien de fois on m'a traité d'antiflic, de
04:56discuter avec des compagnies de CRS
04:58qui ne supportaient plus d'avoir des gens qui n'avaient rien à faire sur le maintien de l'ordre.
05:01Et cette méthode, on la connaît aujourd'hui.
05:03C'est ce qui se profile demain, selon vous, après de demander à la BRI, le GNI, la Nifron, mobilisés.
05:08Oui, ce n'est pas leur taf de faire le maintien de l'ordre.
05:10Ce n'est pas leur métier.
05:10Non, ce n'est pas leur taf.
05:11Moi, je vais vous dire.
05:12Mais ce n'est pas eux qui vont aller au contact des manifestants.
05:14Le rôle du gouvernement et du ministère de l'Intérieur, c'est d'abord de garantir ce droit constitutionnel à
05:20manifester.
05:21Et ensuite, de garantir que ça se passe bien.
05:23Pas forcément dans ce droit.
05:25Et là, franchement, on a interdiction de manifester à Lyon, à Grenoble, à Bourg-en-Bresse, à Rouen, Le Havre,
05:30Le Mans, Toulon, Chambéry, Perpignan.
05:33C'est ça la liste, et peut-être qu'elle n'est pas complète.
05:36On a une manifestation qui a annoncé hier, et puis finalement, on ne sait plus le parcours.
05:41Il est remis en cause la veille pour le lendemain.
05:43Qu'aurait-il fallu faire ?
05:45Moi, je ne sais pas où j'irai manifester demain.
05:47Parce qu'il y aura un référé.
05:49Donc, je ne sais pas ce qui sera finalement autorisé ou pas.
05:53Il ne fallait pas interdire, il ne fallait pas limiter ces manifestations.
05:56On doit garantir ce droit constitutionnel de manifester.
05:59Maintenant, je vais vous dire une chose.
06:00Ce gouvernement, ça fait plus d'un mois.
06:03Ce qu'il devrait faire, c'est assumer une gestion politique de ces mobilisations.
06:09Quelle mesure a été prise en direction de la jeunesse ?
06:11Toujours rien.
06:12Là, il commence à lâcher qu'il y aurait un retoiletage de parcours sup.
06:16Mais je vais vous dire une chose.
06:17Pourquoi est-ce qu'il y a parcours sup ?
06:19Daniel Simonnet ?
06:19Non, non, non, mais attendez.
06:20Non, non, non, parce qu'on va assister.
06:22Ça fait une semaine qu'on...
06:25Ne me faites pas le coup classique de « on ne parle pas du fond ».
06:27Parce qu'on va parler du fond.
06:28Mais je suis désolée.
06:29Demain, il y a un enjeu sécuritaire.
06:30Ça s'est très, très mal passé.
06:34Ça s'est très, très mal passé la semaine dernière.
06:37Qu'est-ce qu'il faut faire sur le plan sécuritaire ?
06:39Donc, d'abord...
06:40Concrètement.
06:41Non, mais justement, moi je vous réponds.
06:43Avant de parler de la question sécuritaire,
06:44comment est-ce qu'on traite une mobilisation sociale
06:47en l'écoutant et en y répondant politiquement ?
06:50Voilà pourquoi, moi, je ne serais pas là
06:52pour commenter simplement sur la question sécuritaire.
06:54Parce que ça fait une semaine que vous voulez
06:56que le débat ne soit que là-dessus.
06:58Voilà, que sur tous les plateaux des chaînes d'info en continu,
07:00on est là-dessus.
07:01C'est faux.
07:01La première des réponses du gouvernement
07:03doit être une réponse politique.
07:05Est-ce que oui ou non, dans le budget,
07:07ils vont enfin arrêter de vouloir supprimer
07:09des postes d'enseignants,
07:10mais créer un plan d'enseignants
07:12pour qu'il y ait des remplacements,
07:13et pas des remplacements avec des profs de français
07:15pour assurer des cours de maths ?
07:16Si je peux me permettre, madame.
07:17Est-ce qu'ils vont supprimer Parcoursup
07:18et enfin garantir que tout titulaire du baccalauréat
07:21à droite s'inscrit, on va faire de...
07:22Oui, Sarkozy, après, je viens vers...
07:23Est-ce que sur le pouvoir d'Achant,
07:25on va prendre des mesures...
07:25En termes de sécurité,
07:29qu'en est-il aussi de la sécurité des manifestants
07:30pour éviter d'avoir des yeux crevés,
07:31des mains arrachées ?
07:32Parce que c'est aussi la question qui se pose.
07:35Mais ces 70 000 membres des forces de l'ordre
07:38présents demain ne sont pas là
07:40pour empêcher que ça déborde.
07:42Ils sont là aussi pour protéger les manifestants, non ?
07:44Oui, mais dans l'absolu aujourd'hui,
07:45qu'en est-il de toutes ces violences policières
07:47qu'ont subi les manifestants ?
07:49Alors, on est où, la justice ?
07:50Quand on arrive à choper un étudiant
07:53qui aurait lancé un caillou
07:55qui, en 24 heures, va passer en comparution immédiate
07:57et qui va finir en prison ?
07:59Alors que moi, par exemple, ça fait 8 ans
08:00que j'attends que le policier soit condamné.
08:01Pourquoi il n'y a pas une échelle...
08:02Pourquoi il y a une si grande échelle de valeur
08:03entre ceux qui crèvent des yeux
08:05et ceux qui pètent une vitrine ?
08:07Là-dessus ?
08:09Je pense...
08:09Mais M. Rodriguez, c'est mieux que moi.
08:10Il n'y a pas un procès qui s'annonce fin juin 2020 ?
08:128 ans et demi ?
08:13Non, mais je suis d'accord, monsieur.
08:14Mais vous savez que même quand des policiers
08:16sont victimes de tentatives de meurtre,
08:17ça met autant de temps que vous.
08:18Et je le regrette, la vêtise.
08:19Et je remarque que vous avez eu des mots durs sur l'IGPN.
08:22Je constate que l'enquête a été faite à charge à des chances
08:24puisqu'à la fin, il y aura un procès équitable
08:25dans lequel le policier pourra défendre sa version.
08:28Et vous, vous savez, M. Rodriguez,
08:29quand je regarde...
08:29Un policier qui se dénonce en 24 heures
08:31et qui met 4 ans à être entendu par un juge d'instruction...
08:33Je suis premier à dénoncer la justice.
08:35Quand vous prenez le Burger King
08:36qui passe en correctionnel sur un délai de 2 ans
08:38et qui passe au bout de 7 ans,
08:38pour la justice, c'est facile, M. Rodriguez, quand même.
08:40Mais j'aimerais qu'elle passe plus vite comme vous
08:42et pour les manifestations
08:44et aussi pour la délinquance de droits communs.
08:46Mais on est d'accord...
08:463 000 gilets jaunes emprisonnés en population immédiate.
08:48Je vais même vous dire une chose, M. Rodriguez.
08:50Moi, j'étais commissaire de police à l'époque des gilets jaunes.
08:52Vous savez qui est le premier responsable ?
08:53C'est Emmanuel Macron
08:54qui ne vous a jamais apporté de réponse politique à l'époque
08:57sur le 4.5 km sur le pouvoir d'achat
08:58et notamment l'augmentation des prix à la pompe.
09:00Ensuite, vous avez raison d'avoir dit...
09:02Il n'y avait pas une augmentation des prix à la pompe.
09:03Il y avait surtout une taxe carbone...
09:05Je voudrais qu'on se projette en 2026, s'il vous plaît.
09:08Ce à quoi faire...
09:08Oui, mais c'est la continuité, Mme Darfeuille.
09:10Aujourd'hui, les conséquences...
09:11Mais vous, vous faites référence au fait...
09:13Mais aujourd'hui, le triste bilan,
09:15malheureusement,
09:16une des responsabilités qu'on pourrait prendre
09:17en tant que gilets jaunes, malheureusement,
09:19c'est toute la réorganisation du maintien de l'ordre.
09:21C'est devenu du n'importe quoi.
09:22Et j'avais déjà prévenu
09:22que ceux qui viendraient aujourd'hui
09:24sur le marché de la colère
09:25prendraient 10 fois pire que ce que nous avions pris.
09:27Et malheureusement, ça tombe sur des jeunes.
09:28Et c'est des jeunes aujourd'hui qu'on mutile.
09:30C'est des gamins.
09:31Déjà, nos enfants de gilets jaunes,
09:33limite, on avait déjà créé une génération d'antiflics.
09:35Vous vous rendez compte aujourd'hui
09:36la deuxième génération qui arrive ?
09:37Je termine juste.
09:38Vous avez raison, M. Rodriguez, de rappeler
09:40que vous n'avez pas été condamné.
09:41Et que moi, j'estime que si on estimait
09:42que vous étiez un fou furieux dangereux
09:43pour les manifestations,
09:44vous seriez frappé d'une interdiction judiciaire
09:46d'aller dans les manifestations.
09:47Donc pour moi, vous avez le droit,
09:48évidemment comme tout citoyen,
09:49de participer à la manifestation déclarée.
09:52Vous avez bien raison de rappeler le cadre légal
09:53qui est celui que tout le monde doit respecter.
09:55Mais quand je vois Christophe Létinger
09:56qui associe son image au mouvement,
09:58qui a été condamné à 30 mois de prison
10:00pour avoir frappé des gendarmes,
10:01deux gendarmes, y compris un au sol.
10:02Quel courage !
10:03Pour ne pas dire quelle grosse lâcheté.
10:04Je sais que ce n'est pas votre cas.
10:05Il a été très courageux de défendre une femme.
10:07Vous dénoncez un usage disproportionné.
10:08Oui, non, mais quand on veut défendre une femme,
10:10on saisit la justice.
10:11On ne fracasse pas des gendarmes sur un pont
10:12en plein cœur de Paris.
10:13Et quand des gendarmes fracassent la femme,
10:14comment on le fait ?
10:14Mais dans un état de droit, monsieur,
10:15on prend l'affaire devant la justice.
10:17On ne fait pas de la justice de rue.
10:19Comment reconnaître un policier masqué
10:20qu'à ce qu'il y a son RIO ?
10:22Avançons, c'est vos plait.
10:22Non, non, non, c'est très intéressant,
10:23Madame Darfeuil.
10:24Vous savez pourquoi les policiers
10:24ont une cagoule, monsieur Rodriguez ?
10:26Parce qu'ils subissent des cocktails Molotov
10:29et il y a des policiers de la compagnie d'intervention
10:30pour lesquels il y a des modules
10:31qui ont eu le visage enflammé.
10:34Vous êtes commissaire,
10:34pourquoi ils ne portent pas le RIO ?
10:36Non, mais attendez.
10:37Et le RIO ?
10:37Je vous dis à quoi sert une cagoule.
10:38Vous le voyez ?
10:39C'est bien de débattre ensemble.
10:40Ça vous évite de débiter des âneries
10:44sur les policiers ?
10:44Alors dites-moi une ânerie sur le RIO.
10:46Ils portent le RIO, monsieur Rodriguez.
10:47Non, non, non.
10:48Je vais vous dire.
10:48Et donc, j'ai des milliers de vidéos.
10:50J'ai du tout les rassemblements
10:51de Mathieu Vallée.
10:52Je vous ai laissé.
10:53Est-ce que vous pouvez déjà préciser ?
10:55Les policiers n'avaient pas le RIO.
10:57Non, mais si vous voulez,
10:58il y avait eu une agression sexuelle
11:01d'un agent
11:01s'il n'avait pas le RIO.
11:03Mais oui, mais comment la jeune femme
11:06pourra dire de qui il s'agissait ?
11:08Est-ce que son RIO, s'il vous plaît ?
11:09Allez, on avance.
11:11On peut rappeler ce que c'est que le RIO,
11:13s'il vous plaît ?
11:13Oui, le RIO,
11:14c'est le numéro d'identification.
11:17Ça s'appelle la référentielle d'identification.
11:19Donc, c'est le numéro qui permet...
11:20C'est la référentielle d'identité des organisations.
11:22C'est qui permet d'identifier la provenance.
11:25Est-ce que ce qui a été mis en œuvre,
11:28Mathieu Vallée ?
11:29Je crois que vous en placez une.
11:30Moi aussi, je vais essayer d'en placer une.
11:32J'ai écouté tout le monde.
11:33J'ai fait beaucoup de plateaux cette semaine.
11:34Ça s'est bien passé.
11:35C'est vendredi soir.
11:38Je pense que tout le monde peut s'exprimer dans le respect des autres.
11:40Oui, même Simonnet.
11:41Je vous le dis vraiment,
11:42sans animusité, sans polémique,
11:43on peut discuter.
11:44Vous pouvez me dire que vous ne constatez pas ces deux RIO,
11:46mais disons-le dans le calme.
11:47Et si vous vous adressez à moi
11:48comme vous vous adressez aux policiers et aux gendarmes,
11:49évidemment que la situation, elle monte.
11:50Donc, moi, je dis simplement que
11:52comment identifier le policier dont vous parlez ?
11:53Il y a une enquête en cours.
11:54Donc, la condamnation,
11:55ce n'est pas vous qui l'a faites.
11:56S'il y en a une,
11:56et s'il y en a une,
11:57c'est que la justice.
11:58Il y en a beaucoup qui se substituent au niveau des juges.
12:00On a des juges,
12:01et c'est suffisamment bien comme ça dans notre pays.
12:03Mais tous les policiers sur le terrain, madame,
12:05sont encadrés par des gradés,
12:07sur des majors,
12:08des officiers de police
12:08et des commissaires de police.
12:10Donc, la salle de commande de la préfecture de police de Paris...
12:11Attendez, je termine.
12:13C'est exactement,
12:14parce que dès qu'on rentre dans le technique,
12:15il n'y a plus personne,
12:16c'est exactement à tel endroit,
12:18à telle heure,
12:19avec telle unité,
12:20où ils sont.
12:20Et c'est bien pour ça que M. Rodriguez,
12:21quand il a déposé plainte,
12:22c'est bien pour ça que quand il y a l'enquête,
12:24il y a déposé plainte,
12:25on retrouve les fonctionnaires...
12:27Non, il s'est dénoncé tout seul.
12:28Non, parce qu'en fait,
12:28je vais vous donner un exemple sur ce cas.
12:31Le cas de l'agressur sexuel,
12:32et après on donnera la parole à un commerçant.
12:35Le cas d'agressur sexuel,
12:36écoutez-la, écoutez-le.
12:38Je veux juste bien comprendre de quoi on parle.
12:39Tout à fait.
12:39Une semaine après,
12:40je vois le commissaire,
12:41il avait déjà dit les sommations,
12:45et vous aviez donc une ligne de policiers,
12:49et puis une ligne d'adultes,
12:50et les jeunes derrière.
12:51Et je vais voir le commissaire,
12:52je lui dis,
12:53mais vous avez encore des agents
12:54qui n'ont pas l'oreille Rio.
12:56Donc il s'est d'abord marré.
12:57Et puis ensuite,
12:58j'ai appris par un parent d'élève
12:59qu'il est quand même allé voir les agents,
13:02finalement,
13:02pour se rendre compte
13:03qu'ils n'avaient pas l'oreille Rio,
13:04et leur demander de mettre l'oreille Rio.
13:05Donc vous savez qu'ils ont leur unité
13:06marquée la doule, Mme Simone ?
13:07La semaine d'avant,
13:09et donc plusieurs n'avaient pas l'oreille Rio.
13:12Et lorsqu'il y a eu cette agression sexuelle
13:15que dénonce une jeune femme,
13:17elle a porté plainte à l'IGPN,
13:19eh bien l'agent n'avait pas son hériot.
13:22Donc je pense qu'elle va avoir
13:24beaucoup de mal
13:25à pouvoir se faire entendre
13:27et que la justice soit rendue.
13:29Donnons, s'il vous plaît,
13:30la parole à un commerçant.
13:31S'il vous plaît, Jérôme Rodriguez,
13:33s'il vous plaît,
13:35messieurs, s'il vous plaît,
13:36donnons la parole à un commerçant.
13:38Est-ce que vous pouvez m'écouter deux secondes,
13:40s'il vous plaît ?
13:40Merci.
13:41On va donner la parole à un commerçant.
13:42Ça fait partie aussi des enjeux de cette journée.
13:44Il y a des gens qui ont vu leur boulot,
13:46leur boutique disparaître
13:48en l'espace de quelques heures.
13:49Et je voudrais qu'on les écoute.
13:51On a Antoine Delomès,
13:53qui est avec nous,
13:53qui est un gérant de l'atelier AMLO.
13:55Ça se trouve dans le 11e arrondissement de Paris.
13:58Bonsoir, Antoine.
13:59Alors, je rappelle que votre boutique,
14:00vous, donc, samedi dernier,
14:01a été pillée, saccagée.
14:05Quelle disposition vous avez prise
14:07en vue de la journée de demain
14:09et vous êtes dans quel état d'esprit ?
14:11Écoutez, aujourd'hui, on a tout vidé.
14:13On a barricadé les portes, les vitrides.
14:15On a mis du bois.
14:17On a fait ce qu'on pouvait.
14:19Moi, je suis quand même,
14:20j'espère que ça se passe bien,
14:22malgré tout, demain,
14:23que la manifestation va être encadrée correctement.
14:26On a peur, on a peur.
14:27Et puis surtout, on ne peut plus travailler.
14:30Donc là, c'est compliqué.
14:32C'est compliqué.
14:33Mais vous serez quand même dans votre boutique
14:35pour la défendre
14:36ou vous avez tout vidé pour ne pas y être
14:39et rester en sécurité ?
14:40Non, je n'y serai pas.
14:42Ça, c'est sûr.
14:43Moi, je ne sais pas.
14:43Je n'ai pas la prétention d'avoir la force
14:47et les compétences de défendre ma boutique.
14:49Là, quand je vois les images de la semaine dernière,
14:51nos caméras de surveillance,
14:52il y a des groupes violents qui arrivent.
14:54Je ne demande ni à aucun de mes salariés,
14:57à personne de rester pour prendre des risques.
15:00Voilà, ça, ce n'est pas notre métier.
15:03Moi, je ne suis pas formé à ça.
15:04Je ne sais pas faire ça
15:05et je ne le ferai pas demain, non ?
15:06Mais quand vous voyez d'autres commerçants
15:08qui se disent prêts à se lancer dans l'autodéfense,
15:12qui s'arment et se préparent finalement
15:15à faire face à d'éventuels pilleurs,
15:17ça vous inspire quoi qu'on en soit arrivé là ?
15:20Écoutez, il y a du courage de la part des commerçants.
15:23Je peux admirer la démarche de se défendre.
15:26Après, commencer à s'armer, etc.,
15:28bon, ça finit comment ?
15:30Après, on s'arrête où ?
15:32Donc là, c'est compliqué.
15:34Ce n'est pas à nous de faire ça.
15:35Je pense que ce n'est pas notre rôle
15:38de défendre nos commerces
15:39face à des scènes de violence comme ça.
15:42Moi, je ne suis pas pour.
15:45Je préférerais que tout se calme
15:47plutôt que d'envenimer
15:47et de commencer à me battre
15:48et de devoir m'armer.
15:52Merci Antoine Delmez.
15:53Oui, Louis Sarkozy.
15:54Déjà, cher monsieur,
15:56toutes mes condoléances pour votre boutique.
15:59Je n'ose imaginer la douleur
16:00qui est la vôtre et celle de vos employés.
16:02Juste un mot,
16:03ça me rappelle ces images
16:04qui ont fait le tour du monde en 1992
16:05des manifestations à Los Angeles
16:08où sur le toit,
16:09suite à la non-condamnation des policiers
16:11qui était impliquée
16:12dans la mort de Rodney King,
16:14il y avait toute cette communauté coréenne
16:16de Los Angeles qui est montée
16:17sur les toits de leur boutique.
16:18Vous vous souvenez sûrement
16:19de ces images avec des armes à feu
16:21en défendant eux-mêmes leur boutique.
16:23C'est à peu près où on va
16:24si l'État continue dans sa rhétorique actuelle,
16:27c'est-à-dire,
16:28et Macron l'a dit aujourd'hui,
16:29le président Macron l'a dit aujourd'hui d'ailleurs,
16:30on va rembourser
16:32sans mentionner le fait
16:33qu'on va les protéger.
16:34C'est exactement comme ça
16:36qu'on arrive au vigilantisme.
16:37Sauf qu'aux États-Unis,
16:38il y a cette culture de l'autodéfense
16:40qu'il n'y a pas en France,
16:41c'est d'ailleurs peut-être tant mieux.
16:41L'État, c'est son rôle aujourd'hui.
16:43On parle énormément
16:44des manifestations
16:45et des revendications politiques.
16:46C'est très bien.
16:47Je souligne au fait le fait
16:48qu'il n'y a pas eu de réponse politique
16:49aux manifestations lycéennes.
16:50Ce n'est pas le même sujet
16:51que de parler des casseurs
16:52et des pilleurs.
16:53Parce que je ne pense pas
16:54que l'abrogement de Parcoursup,
16:55ça aurait sauvé la boutique de monsieur
16:57ou d'autres par ailleurs.
16:58Là-dessus ?
16:59Non mais,
17:01évidemment qu'à partir du moment
17:02où la mobilisation,
17:03elle obtient satisfaction,
17:07parce qu'il y a une réponse politique,
17:08vous n'êtes plus dans les mêmes conditions
17:10de prise de la rue.
17:11Moi, je regrette de dire
17:13que ce qui est le plus important
17:14depuis un mois,
17:15c'est que ce gouvernement
17:16doit entendre
17:17que ce soit les revendications
17:18de la jeunesse,
17:19que ce soit les revendications
17:21concernant le pouvoir d'achat,
17:22la hausse et salaire,
17:22le blocage des prix de l'essence,
17:23des prix de première nécessité.
17:25Après la finale
17:25de la Ligue des Champions
17:26du match du PSG,
17:27ils ont cassé des boutiques
17:28dans ma rue.
17:28Je ne vois pas
17:29quelle réponse politique
17:30on aurait pu donner
17:30à la victoire du PSG, par exemple.
17:32Oui, d'accord.
17:32Et donc, il n'y a pas eu le lendemain,
17:34il n'y a pas eu de nouveau
17:34une victoire du PSG
17:35qui a justifié le lendemain
17:37Le problème, c'est qu'on a
17:37des casseurs et des pilleurs
17:38quasiment tout le temps.
17:39Vous savez pertinemment
17:40que si les pilleurs
17:42et les casseurs
17:42ne sont pas les manifestants,
17:44c'est à un moment donné,
17:45comment dire,
17:47c'est terrible comme terme,
17:48mais je n'arrive pas
17:49à en trouver d'autres,
17:50mais une opportunité
17:53créée par les mobilisations.
17:55Donc, que doit faire le gouvernement ?
17:56Il doit garantir
17:57le droit de manifester,
17:59donner une réponse politique
18:00aux mobilisations
18:01et assurer la sécurité
18:04à la fois,
18:06comme le dit Jérôme Rodriguez,
18:08la sécurité des manifestants
18:09en arrêtant d'utiliser
18:11des tirs de LBD,
18:13les grenades de désencerclement,
18:14ces armes de guerre
18:15qui n'ont rien à faire
18:15dans les manifestations
18:16et qui ont provoqué
18:18que des jeunes aient perdu
18:20un œil,
18:21main arrachée,
18:22ce genre de choses
18:22qui sont inacceptables
18:24et on sait que ça sera
18:24très long avant
18:25qu'il ne se passe
18:26entendre justice
18:28et il doit garantir aussi
18:30le remboursement,
18:31l'État doit garantir
18:32le remboursement
18:33des commerçants
18:34et garantir la sécurité
18:35des commerçants.
18:35S'il n'y avait pas eu
18:35de manifestation,
18:37rien de tout cela
18:37ne se serait passé.
18:39Sauf qu'aujourd'hui,
18:39on y est.
18:40Sous-titrage Société Radio-Canada

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