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  • il y a 2 jours
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Il est 22h30, nous sommes toujours avec Laurent Jouffrin, Thierry Arnaud et Victor Hérault et nous accueillons Nathalie Arthaud, candidate
00:07à la présidentielle du parti Lutte Ouvrière.
00:10Bienvenue sur ce plateau. Bonsoir, j'imagine que vous étiez dans la rue hier à Paris ?
00:15Oui, absolument. Très heureuse d'avoir manifesté.
00:17Oui, très heureuse, on va parler de la contestation dans un instant. La journée s'est globalement bien passée.
00:2370 000 forces de l'ordre mobilisées, quelques débordements quand même en fin de cortège.
00:29Mais globalement, ça s'est beaucoup mieux passé que la semaine dernière.
00:32Les mots du président de la République ce soir, Emmanuel Macron, je voulais commencer avec cela.
00:37Le président qui a félicité les forces de l'ordre, il dit au nom de tous, je tiens à remercier
00:41nos forces de l'ordre mobilisées cette semaine pour assurer partout l'ordre républicain.
00:46Grâce à elles, et malgré un contexte difficile, l'État a été au rendez-vous de ses missions.
00:51Il parle ensuite bien sûr de la crise des lycéens et on va en parler.
00:54Mais d'abord sur le maintien de l'ordre.
00:56Vous diriez vous aussi, Nathalie Artaud, qu'hier, l'État a été au rendez-vous de ses missions ?
01:04Moi, ce que j'ai vu, c'est des centaines de milliers de manifestants qui étaient bel et bien au
01:08rendez-vous.
01:09Et c'est ça qui m'a fait vraiment chaud au cœur.
01:12Parce qu'en effet, il y avait eu quand même une série d'intimidations, de manœuvres de la part des
01:18préfectures,
01:20qui ont eu quand même la volonté finalement de faire taire la contestation.
01:26Il y a eu quand même aussi les manifestations interdites dans des villes quand même grandes.
01:31Celles de Lyon, de Bordeaux.
01:33Ils voulaient peut-être interdire les violences, tout simplement ?
01:35Ils voulaient faire taire la contestation pendant une semaine.
01:40On a eu effectivement le gouvernement et puis la droite, l'extrême droite,
01:44qui a fait passer les manifestants pour des casseurs,
01:48qui a voulu les dénigrer, qui a voulu les faire passer pour des ultra-violents.
01:53Et au bout du compte, eh bien, toutes ces manœuvres, elles ont échoué.
01:57Elles ont échoué. Il y avait beaucoup, beaucoup de monde au rendez-vous.
02:00Il me semble qu'ils n'ont pas dit ça.
02:01Ils ont dit qu'il y avait des manifestants pacifiques et qu'il y avait à côté des casseurs
02:06ou des gens extrêmement militants ou activistes qui voulaient casser tel ou tel bâtiment public, par exemple.
02:14Oui, je pense que là...
02:14D'ailleurs, j'ai du mal à comprendre pourquoi les leaders de gauche comme vous
02:19ne condamnent pas de manière plus nette les gens qui brûlent des mairies, par exemple.
02:23Brûler une mairie, je ne vois pas ce que ça a de gauche ou d'extrême gauche.
02:26Parce que d'abord, ce que nous tenons à condamner, c'est la politique du gouvernement
02:29et la politique du grand patronat.
02:31Eh bien oui, pour vous, c'est peut-être un détail, mais c'est quand même l'origine,
02:36si vous voulez, quand même.
02:38C'est quand même l'origine de la contestation.
02:40C'est quand même ça qui a fait sortir les lycéens.
02:43Brûler une mairie, ce n'est pas bien.
02:45Oui, mais vous voyez, voilà, vous voulez qu'on fasse...
02:47Vous dites oui, mais vous devez dire oui.
02:49Ce n'est pas bien, il me semble.
02:52Non ?
02:53On va la laisser répondre, Nathalia.
02:54Peut-être, je peux répondre ?
02:55Oui, mais vous dites oui, mais c'est curieux.
02:58Parce qu'en fait, si vous voulez, moi, c'est au gouvernement et c'est à ceux qui dirigent
03:02que j'ai envie de demander des comptes.
03:04Voilà.
03:05Est-ce que c'est normal, ce qui se passe aujourd'hui, de voir en effet des jeunes,
03:10des lycéens être cueillis comme ça par des CRS, alors même qu'ils demandent des choses,
03:17mais alors complètement légitimes ?
03:20Est-ce que c'est normal de voir aujourd'hui des millions de femmes et d'hommes qui galèrent
03:23pour se chauffer, pour manger ?
03:27Certains n'ont rien à mettre dans l'assiette de leurs enfants aujourd'hui.
03:31Est-ce que c'est normal de voir ce racisme qui monte, de voir cette violence raciste qui monte ?
03:36Est-ce que c'est normal tout ça ?
03:38Parce que s'il y a des centaines de millions de femmes et d'hommes dans la rue,
03:41c'est peut-être pour cette raison-là, vous voyez.
03:43Vous pensez que les gens qui ont brûlé l'Amérique, c'est parce qu'ils n'ont rien à manger
03:46?
03:46On va parler des contestations.
03:47Je pense.
03:48Mais à la base, je vous demandais simplement si vous félicitiez du fait que ça s'était bien passé hier.
03:53Et vous nous parlez de tout ce qui s'est mal passé.
03:55Mais pas du tout.
03:56Est-ce que vous pourriez dire comme le président de la République, merci aux forces de l'ordre ?
04:00Merci d'avoir...
04:01Non.
04:03Écoutez, je fais partie de ces dizaines de milliers de manifestants qui ont été gazés plus d'une fois ces
04:08derniers temps,
04:09qui, y compris, ont eu peur de voir ces charges et cette pression policière.
04:14Alors, je ne suis pas masochiste, n'est-ce pas ?
04:16Donc, je ne vais pas dire merci.
04:18Je sais bien que ce ne sont pas ceux qui sont sur le terrain qui prennent les décisions et qu
04:22'elles viennent d'en haut,
04:23que c'est en effet le ministre de l'Intérieur,
04:25que c'est Laurent Nouniez qui commande ce maintien de l'ordre-là,
04:29qui est particulièrement provocateur et répressif.
04:33Mais, voilà, je ne suis pas masochiste.
04:36Et j'ai commencé par dire que moi, j'étais très heureuse d'avoir manifesté,
04:39parce qu'en effet, il y avait une ambiance et un élan et une solidarité qui émanait de cette manifestation
04:45qui était vraiment, bah oui, qui était enthousiasmante, tout simplement.
04:51Et moi, je crois que c'est de ce côté-là.
04:54Et enthousiasmante, réjouissante, notamment parce qu'il n'y a pas eu...
04:55Et je crois que l'avenir, il est de ce côté-là.
04:58Bien sûr, mais enthousiasmante, réjouissante, notamment aussi,
05:02parce que, précisément, il n'y a pas eu de cases, il n'y a pas eu de bâtiments officiels
05:07qui ont été visés, brûlés.
05:08Ça, vous le condamnez pour revenir sur la question de Laurent Joffrin.
05:12Ce n'est pas ma politique, ce n'est pas la politique de lutte ouvrière.
05:15Nous ne pensons pas que ça puisse faire avancer, ne serait-ce que d'un millimètre,
05:20le combat que nous avons à mener.
05:22C'est de la fausse radicalité.
05:24Voilà, croire qu'on va attaquer des bâtiments publics, et puis quoi ?
05:27Et il se passe quoi après ? Et c'est en cassant une vitrine d'un commerçant
05:31qu'on s'attaque au capitalisme, c'est une blague.
05:34Non, on s'attaque au capitalisme quand on s'attaque au profit,
05:37quand on s'attaque à la machine qui produit les capitaux,
05:40et qui produit, en effet, cette classe capitaliste qui domine
05:43et qui impose son diktat à toute la société.
05:46Donc, oui, nous, nous pensons que la vraie radicalité,
05:49c'est lorsque les travailleurs se battent,
05:51en remettant en cause, justement, ceux qui sont en train de mettre le pays
05:57et la planète en coupe réglée.
05:59Ceux qui sont en train d'accaparer le fruit des richesses
06:03produites par des millions et des millions de travailleuses et de travailleurs.
06:06Donc, moi, ce n'est pas ma politique, cette politique-là.
06:08J'entends, mais comment vous expliquez qu'il ait fallu 70 000 forces de l'ordre
06:14mobiliser un pays sous cloche pour que ça se passe bien ?
06:17Vous l'expliquez comment, ça ?
06:18Non, mais moi, je l'explique parce que le gouvernement,
06:21il a fait monter en tension tout le pays.
06:24Vous savez, moi, j'étais quand même assez impressionnée
06:26par ce qui s'est passé dès les premiers blocus de lycéens.
06:30Quand on voit... Je suis enseignante, hein.
06:33Je suis enseignante.
06:34Donc, je sais qu'on peut discuter avec les jeunes,
06:37mais il faut-il encore avoir envie de discuter ?
06:40Il faut-il encore avoir envie de les écouter ?
06:42Et quand ils se rassemblent et que tout de suite,
06:45vous faites arriver des cordons de CRS casqués,
06:48parce que c'est ça, casqués et armés,
06:51vous pouvez être sûr que ça va faire monter un peu la tension,
06:54vous voyez ?
06:54Et c'est exactement ce qui s'est passé.
06:56Je crois que ça a été une politique,
06:59ça a été un choix dès le départ,
07:00d'essayer de tuer dans l'œuf la contestation lycéenne
07:03en faisant peur.
07:04Et au fond, qu'est-ce qui s'est passé ?
07:07Ça a attisé, je crois que ça a donné du carburant, en fait,
07:10à cette mobilisation qui s'est étendue des lycées aux facultés
07:14avec des mouvements, vous savez, de solidarité, en fait.
07:17Quand on vous écoute et quand on voit ce qui s'est passé dans les rues samedi,
07:21lorsqu'on voit ce qui a été inscrit sur les pancartes,
07:23on a le sentiment qu'on n'est plus désormais dans un mouvement lycéen
07:28ou un mouvement d'étudiants.
07:29On est dans autre chose.
07:30Oui, je pense que ce mouvement est plus large.
07:34C'est vrai qu'il est parti sur une revendication.
07:37On manque de table, on manque de chaise, on manque de profs,
07:40le bâtiment ne va pas.
07:42Il y a ces inégalités aussi.
07:44Il y avait un fort sentiment d'inégalité,
07:47un fort sentiment de marginalisation
07:51parce que c'est parti quand même de lycées des quartiers populaires.
07:55Et il y a eu beaucoup de lycées professionnels
07:57qui ont été mobilisés.
08:00Avec ce sentiment que finalement,
08:02quand on appartient aux classes populaires,
08:05et bien finalement, on est méprisé.
08:08Et c'est une réalité.
08:10Moi, je peux vous dire que dans les villes comme Aubervilliers,
08:13comme Saint-Denis,
08:14vous pouvez avoir des fois des profs absents pendant deux mois,
08:17trois mois, chose que vous ne pourrez pas voir dans les lycées de centre-ville.
08:21Ce que vous dites, c'est que c'est beaucoup plus large.
08:22Donc au fond, quel que soit ce qui sera annoncé demain par le Premier ministre
08:26dans le domaine de l'éducation,
08:28même si vous attendez évidemment des avancées,
08:31en fait, ça ne changera rien.
08:33Le mouvement va continuer ?
08:34Ça, c'est aux lycéens, c'est aux jeunes de décider.
08:37Mais vous, le vote, vous ?
08:38Mais moi, ce que je crois, c'est que c'est beaucoup plus profond que ça.
08:40C'est une aspiration à beaucoup plus d'égalité,
08:43à plus de justice sociale.
08:45Vous avez une pancarte derrière, vous voyez,
08:47de taxer les riches.
08:48Il y avait une revendication, c'était plus de fric pour l'école publique
08:53et puis plus de blé pour les ouvriers.
08:55Mais pourquoi vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la rue ?
08:59Pardon ?
08:59Pourquoi vous avez eu besoin des lycéens pour descendre tous les samedis dans la rue ?
09:02Si ce n'était que moi, si vous voulez, je n'avais pas très tellement besoin.
09:05Ce serait du lundi au dimanche.
09:07Parce que je pense qu'en effet, c'est une question de rapport de force
09:10et je pense que si, pour se faire entendre, oui, oui, il faut se montrer,
09:16il faut manifester, il faut exprimer sa colère, il faut s'organiser aussi.
09:20Il faut que la mobilisation soit consciente et qu'on sache d'ailleurs qui il faut viser.
09:25Il faut s'organiser, mais il faut aussi qu'il y ait un dispositif policier à la hauteur.
09:30Mais non, mais pour permettre que tout le monde manifeste dans le calme.
09:33Je suis désolée, c'est ça la mission première des forces de l'ordre.
09:36On est avec Rudy Mana.
09:37Je trouvais que c'était important aussi d'entendre un policier
09:39vu ce qui se profile dans les prochains jours.
09:42Délégué national, UNSA, Police, Marseille.
09:44Marseille où ça a été particulièrement compliqué la semaine dernière,
09:48où il y a eu encore des tensions hier et des pillages,
09:51dans une moindre mesure évidemment.
09:53Mais Rudy Mana, est-ce qu'on va pouvoir mettre tous les samedis
09:5670 000 membres des forces de l'ordre dans la rue
09:59pour encadrer, protéger aussi ces manifestants,
10:04des débordements, éviter que ça casse ?
10:07Bonsoir à vous.
10:09Je suis ravi de l'enthousiasme de Mme Arthaud
10:11d'avoir vu plusieurs centaines de milliers de manifestants.
10:14Moi, j'ai vu aussi 70 000 policiers qui ont travaillé.
10:17Vous savez, Mme Arthaud, les policiers sont des ouvriers,
10:19ce sont des travailleurs aussi.
10:21Ils ne croyaient pas qu'ils gagnent beaucoup d'argent.
10:23Et pourtant, ils sont là.
10:24Ils ont été rappelés une grande partie sur leur jour de repos,
10:28sur leur congé, parce que c'est la période des vacances scolaires.
10:30Si vous êtes professeur, vous êtes en vacances.
10:32Nous, on ne l'est toujours pas.
10:33Et on est venus hier pour encadrer ces manifestations afin qu'elles se passent bien.
10:38Effectivement, dans l'ensemble, ça ne s'est pas trop mal passé.
10:41Il y a quand même eu 1 314 interpellations.
10:45Et plus de 50 policiers qui ont été blessés.
10:47À Marseille, bien évidemment, à la fin de la manifestation,
10:52ça a dégénéré, comme d'habitude.
10:53Il y a eu plusieurs magasins qui ont été pillés, des interpellés.
10:57Et encore une fois, il y a des commerçants, des travailleurs aussi,
11:00Mme Arthaud, qui ont tout perdu.
11:01Parce que des individus qui étaient dans la manifestation
11:04sur laquelle vous êtes extasiés,
11:06ils ont tout cassé, ils ont tout volé.
11:08Et ils ont peut-être flingué la vie de ces gens-là,
11:10qui avaient mis je ne sais combien de temps
11:12à constituer leur commerce et leur travail.
11:14– Mais Rudi Mana, justement,
11:17est-ce que ce dispositif, il est duplicable chaque semaine ?
11:21– Bien sûr que non.
11:23Vous imaginez, 70 à 75 000 policiers,
11:27beaucoup de rappels des compagnies de CRS
11:29qui étaient prévues en repos,
11:31qui ont été rappelées pour venir dans les grandes villes,
11:34Marseille, Lyon, Paris,
11:35et même des villes un petit peu plus moyennes.
11:38Ce n'est pas possible.
11:39Vous savez, quand vous êtes policier,
11:41vous avez aussi besoin de repos,
11:43de repos physique,
11:44mais aussi de repos psychologique.
11:46Parce que lorsque, sur une journée comme hier
11:49ou comme le 17 octobre,
11:51vous faites une vacation de parfois 14 à 16 heures
11:54et que pendant 12 heures,
11:55vous entendez des noms d'oiseaux,
11:57des insultes, des violences commises à votre encontre
12:00et j'en passe et des meilleures,
12:02si vous faites ça pendant 3 mois,
12:04une fois par semaine,
12:06vous assurez que psychologiquement,
12:07ça commence à peser.
12:08Donc, effectivement,
12:11ce schéma-là va être compliqué à dupliquer
12:14pendant plusieurs semaines.
12:16Merci, Rudy Manas.
12:17C'était important aussi d'entendre un policier.
12:19Ce qu'il dit, en fait, en substance,
12:20il ne va pas jusque-là,
12:21mais c'est qu'il pourrait presque être à votre côté,
12:24dans la rue,
12:25pour manifester.
12:25Ou à la prochaine manifestation, alors ?
12:27Parce qu'ils travaillent.
12:28Mais vous pensez que ce sont des...
12:29J'appelle à la grève aussi,
12:32pour ceux qui pensent que leurs salaires sont trop bas.
12:36Bah oui, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
12:37Et ce sont des travailleurs pour vous, les policiers ?
12:38Des travailleurs comme les autres ?
12:39Non, mais de toute façon,
12:40moi, je n'ai aucun doute que l'État,
12:41il maltraite,
12:42y compris ceux qui l'appellent à défendre,
12:49une politique qui est en réalité exclusivement
12:52au service des plus riches et de la bourgeoisie.
12:55Donc, effectivement, je n'envie pas leur métier.
13:00Je pense qu'ils sont appelés, en fait,
13:01à faire le sale boulot.
13:03Et voilà, ça doit être extrêmement difficile pour eux,
13:06mais en aucun cas.
13:07En aucun cas, il est normal
13:10de faire reposer la responsabilité
13:13de ce qui a pu se passer le 17 octobre
13:15sur les épaules de ceux qui ont manifesté.
13:17Voilà.
13:18Et moi, j'entends tout à fait,
13:21et j'ai été choquée, comme vous, d'ailleurs,
13:23de ce qui s'est passé pour les petits commerçants,
13:26et j'ai partagé leur désarroi.
13:28Mais vous voyez, en même temps,
13:30en même temps, je me suis dit,
13:31mais quand même, cette émotion-là,
13:34qui...
13:36Tout le pays était invité à partager
13:39cette stupeur et cette émotion
13:41et cette détresse vis-à-vis des petits commerçants.
13:43Je me suis dit,
13:45qu'est-ce que j'aimerais qu'un jour,
13:47il y ait ce même élan
13:48face à une usine qui ferme.
13:51Parce que, vous savez,
13:53vous prenez une grande usine comme Continental,
13:55la Fonderie de Bretagne,
13:56les entreprises, là,
13:58de l'automobile à Poissy,
14:00Stellantis ou Flin,
14:02qui vont sans doute fermer.
14:04Ce sont quand même
14:05des milliers de travailleurs
14:08qui se retrouvent
14:09dans une situation
14:11qui est vertigineuse pour eux.
14:13Ils perdent leur gagne-pain.
14:16Ils perdent leur gagne-pain.
14:17Ils ne savent pas
14:18s'ils vont pouvoir garder la maison
14:20pour laquelle ils sont endettés,
14:21qu'ils n'ont pas fini de payer.
14:23C'est une vie qui s'effondre.
14:24Et ça, si vous voulez,
14:25c'est vrai pour des centaines
14:27de milliers de femmes et d'hommes
14:29chaque année.
14:31Et ce que je sais,
14:32c'est que ces femmes et ces hommes
14:34qui se retrouvent ensuite sans rien,
14:37appointés au chômage,
14:38à être en plus accusés
14:39d'être des fainéants,
14:40d'être des moins que rien,
14:41voire même d'être des profiteurs,
14:43les gens qui ont laissé
14:46leur santé au boulot,
14:48qui sont invalides,
14:49qui ont droit à une allocation,
14:51etc.
14:51La détresse que c'est ?
14:53Eh bien, je peux vous dire
14:53que, voilà,
14:55qui en parle de ça ?
14:56Et c'est cette détresse-là.
14:58On en parle de ces revendications,
14:59de cette détresse.
15:00qui, accumulées, là,
15:02aujourd'hui,
15:03sont en train d'exploser
15:04dans cette mobilisation.
15:05Et pour l'accompagner,
15:06vous, cette détresse,
15:07comment vous imaginez
15:09la suite, en fait ?
15:10On voit bien
15:11que les réponses
15:12qui seraient potentiellement
15:14apportées par le gouvernement
15:15pour les lycéens
15:16sur la revalorisation
15:17du SMIC
15:17ne vont pas vous contenter.
15:19Donc, pour répondre
15:20à cette détresse,
15:20vous,
15:21qu'est-ce que vous comptez faire ?
15:22Vous comptez manifester
15:23tous les samedis,
15:24voire plus,
15:25jusqu'à la présidentielle ?
15:26Ou est-ce que vous demandez
15:27la démission du président
15:28de la République
15:29d'ores et déjà maintenant ?
15:30Une présidentielle anticipée ?
15:32Alors, vous avez parlé,
15:34effectivement,
15:34de cette aumône, là,
15:36sur le SMIC.
15:3615 euros,
15:37vous vous rendez compte ?
15:38Ah, mais si le gouvernement
15:39fait ça,
15:40il va mettre le feu aux poudres.
15:42Parce que c'est vraiment
15:43du foutage de gueule,
15:45en fait.
15:45Les gens,
15:46ils n'ont pas besoin
15:46de 15 euros de plus.
15:48Ils ont besoin
15:48de 200,
15:49de 300,
15:50de 400 euros de plus
15:51sur le SMIC
15:52pour avoir une vie digne,
15:53pour qu'on ne se moque pas d'eux,
15:54en fait.
15:54Et moi,
15:55j'espère que tous ceux
15:56qui sont dans cette situation-là,
15:58bien sûr,
15:58ils vont venir le dire.
15:59Et vous savez,
16:00il y a la perspective
16:01du 5 novembre.
16:02Pour moi,
16:03c'est une perspective importante
16:05parce qu'en effet,
16:06il faudrait que les manifestations,
16:07vous voyez,
16:08ça soulagerait même peut-être
16:10le policier
16:10qu'on a entendu tout à l'heure,
16:12les manifestations,
16:13moi, je suis pour qu'elles soient,
16:13y compris dans les entreprises,
16:15dans les entreprises
16:16et qu'elles soient tournées
16:18avec les revendications,
16:19tournées vers le patronat,
16:21Mais dans les entreprises,
16:22il faut aussi qu'elles bossent,
16:24qu'elles tournent.
16:24pour faire tourner l'économie,
16:25non ?
16:26Mais les grandes entreprises,
16:26elles tournent
16:26et je peux vous dire
16:27qu'elles font du profit.
16:28Vous avez vu les résultats
16:30des grandes entreprises
16:32sur cet été ?
16:34Quand même,
16:34les 40 plus grandes entreprises,
16:36celles qui sont cotées
16:37au CAC 40,
16:38donc,
16:38elles ont annoncé
16:39des profits
16:40en augmentation
16:41de 70%
16:42comparé
16:43à l'année précédente.
16:45Vous vous rendez compte ?
16:46Donc,
16:46des profits
16:47et les milliards
16:48qui sont distribués
16:50aux actionnaires
16:50sont à peu près
16:52les mêmes chaque année.
16:53on est à 70,
16:5480 milliards par an.
16:55Vous pensez que le mot d'ordre
16:56de grève
16:57qui a été lancé
16:58par la CGT ?
16:59L'intersyndicale,
17:01pour le 5 novembre.
17:02Est-ce que ça va marcher ?
17:04Il va y avoir
17:05une...
17:07une amplification
17:08de la mobilisation ?
17:10Je pense qu'il y a
17:10un changement
17:11d'état d'esprit
17:12dans le monde du travail.
17:13Je pense qu'en effet,
17:14les jeunes ont ouvert
17:15une brèche
17:17et ont redonné confiance,
17:20finalement,
17:20dans le fait
17:21que collectivement,
17:22on peut peser,
17:23en effet.
17:23Et je pense que
17:25cette contestation,
17:26oui,
17:26elle finit par rentrer
17:27dans les familles,
17:28qu'elle finit par rentrer
17:30dans le monde du travail.
17:31Il y avait pas mal
17:31de travailleurs,
17:32si vous voulez,
17:33déjà dans les cortèges
17:35ce samedi
17:36et samedi dernier,
17:37mais ils étaient venus
17:38individuellement.
17:38Moi, je pense que
17:39le 5 novembre,
17:40ils peuvent venir grouper,
17:41peut-être par vague
17:42de plusieurs centaines.
17:45Et ça,
17:45je peux vous dire
17:46que ça pèserait autrement
17:47que ce qui s'est passé
17:48jusqu'à présent,
17:49en effet.
17:50Et vous savez,
17:50notre politique,
17:51c'est de dire
17:51que les travailleurs,
17:52y compris au travers
17:53de la grève,
17:54ils pèseraient mille fois plus
17:54que tous ceux
17:55qui essayent de monter
17:55des barricades,
17:56je ne sais trop où.
17:57Donc vous,
17:57vous dites manifestation
17:58plus grève.
17:59Oui, bien sûr.
18:01raisonnement,
18:02une entreprise qui marche bien,
18:03une grande entreprise
18:04qui marche bien d'abord,
18:05ça évite de faire faillite
18:05et de mettre des gens
18:06sur le carreau,
18:07donc de les retrouver
18:08dans la situation de chômage
18:09que vous critiquiez tout à l'heure.
18:10Et puis,
18:11deuxièmement,
18:11pardonnez-moi,
18:12mais il y a un point
18:12que je ne comprends pas,
18:13c'est qu'il ne faut pas,
18:13à mon sens,
18:14opposer salariés et actionnaires.
18:16Beaucoup de salariés
18:17sont actionnaires
18:17de l'entreprise
18:18dans laquelle ils travaillent.
18:19Plus cette entreprise
18:19dégage des bénéfices,
18:20plus ces salariés-là
18:22récupèrent le fruit
18:22de ce travail
18:23qui est d'ailleurs
18:23leur travail.
18:24Leur entreprise
18:25tourne bien grâce
18:25à leur travail,
18:26ils en récupèrent le fruit
18:27par leur salaire
18:28et par leurs actions.
18:29Oui,
18:29alors ça,
18:30c'est votre monde imaginé là.
18:32Ah non,
18:32c'est le quotidien
18:33de beaucoup de salariés
18:34aujourd'hui en France.
18:36Excusez-moi,
18:36mais je prends un exemple
18:38d'une entreprise
18:38qui marche très bien,
18:39l'assaut d'Exo.
18:40L'assaut d'Exo,
18:41ce grand groupe
18:42de la restauration collective,
18:441 100 suppressions d'emplois.
18:46Voilà.
18:47Et des gens
18:47qui font des boulots difficiles
18:50et qui sont virés.
18:51Eh bien,
18:51ceux qui restent au boulot,
18:52il faudra qu'ils fassent
18:53deux et de trois
18:54et les autres,
18:55eh bien,
18:55ils iront galérer
18:56à France Travail.
18:57Ce n'est pas le point
18:58que soulevait Victor Hérault.
19:00Vous êtes en train
19:00de me dire
19:00que les entreprises
19:01qui marchent très bien,
19:02elles redistribuent.
19:03Mais non,
19:03mais pas du tout.
19:04Toutes ces entreprises
19:05qui marchent très bien,
19:07elles écrasent,
19:08elles écrasent les salaires,
19:09elles augmentent les cadences.
19:11Donc il vaut mieux
19:11des entreprises
19:12qui vont mal
19:12que des entreprises
19:13qui vont bien,
19:13Nathalie Arco ?
19:14Ce que je suis en train
19:15de vous dire,
19:15c'est que les entreprises,
19:16quand vous dites
19:16qu'elles vont bien,
19:17elles vont bien
19:18que pour les actionnaires
19:19et qu'elles ne vont jamais
19:21bien pour les travailleurs
19:22parce que cet argent,
19:23il est le fruit
19:24du labeur.
19:26Et vous savez,
19:26là, vous avez parlé
19:27de pillage,
19:28mais le premier pillage
19:29dans la société,
19:29c'est celui-là.
19:30C'est le pillage
19:31de l'exploitation.
19:32C'est-à-dire que
19:33vous avez des millions
19:34de travailleuses
19:35et de travailleurs
19:36qui ne voient pas
19:37le fruit de leur labeur.
19:39Ils bossent dur,
19:40ils produisent
19:41toutes les richesses
19:41et finalement,
19:43ils n'en voient pas
19:44la couleur.
19:44Et ça, c'est du vol.
19:45C'est du vol légalisé.
19:47Alors là,
19:47il n'y a pas de problème,
19:48personne n'en parle.
19:49On ne parle pas de pillage.
19:50Non, on parle du pillage
19:51quand il s'agit
19:52des jeunes,
19:52des quartiers,
19:53de déconsidérer
19:55et d'avoir aussi
19:56son petit refrain
20:00raciste.
20:00Mais ce pillage-là,
20:03en grand,
20:03de la classe capitaliste
20:05qui met en effet
20:05le monde du travail
20:06en coupe réglée
20:07et la planète
20:08toute entière
20:08en coupe réglée,
20:09ça passe crème.
20:11Sur les pillages,
20:12s'il vous plaît,
20:12Nathalie Arthaud,
20:13et le climat quand même
20:14de tension
20:15dans lequel on est,
20:16ça, on est bien d'accord ?
20:17Oui.
20:17Comment vous expliquez
20:18que Marine Le Pen
20:20soit celle
20:21qui prenne l'avantage,
20:23notamment depuis samedi dernier
20:25dans les sondages ?
20:2558% du vote ouvrier
20:27dans les sondages
20:29pour Marine Le Pen
20:29au premier tour
20:30à l'élection présidentielle.
20:31Qu'est-ce que ça vous dit ?
20:31Non, mais ce n'est pas
20:32depuis samedi dernier.
20:34Il y a deux choses.
20:36Il y a le vote ouvrier
20:37mais le fait qu'elle semble
20:39être la politique,
20:41la responsable politique
20:42la moins sanctionnée
20:44par les Français
20:44lorsqu'ils sont interrogés
20:46sur les responsabilités
20:48de ce qui s'est passé
20:49samedi dernier.
20:50Là-dessus
20:50et ensuite sur le vote ouvrier
20:51parce que c'est intéressant.
20:52Comment vous expliquez ça ?
20:54Non mais écoutez,
20:54moi je ne connais pas
20:56ces sondages,
20:57j'en sais rien,
20:58je ne sais pas
20:58quel crédit
20:59il faut leur apporter.
21:00Ce que je sais c'est qu'en effet
21:01elle, elle s'est tenue
21:02très très loin
21:03de ces manifestations
21:04mais parce que justement
21:05en réalité
21:06elle veut les votes
21:09des ouvriers
21:09qui rejettent massivement
21:12ce qu'ils ont vu au pouvoir
21:13et notamment la gauche
21:16parce qu'ils se sont sentis trahis
21:18par la gauche au pouvoir.
21:20Donc elle veut bien leur vote
21:21mais elle ne représente
21:22absolument pas
21:23les intérêts des travailleurs.
21:25Voilà,
21:25ce n'est pas Marine Le Pen
21:26qui va se battre
21:27pour des augmentations de salaires.
21:28Ça c'est une évidence,
21:29ce n'est pas elle
21:30qui va imposer
21:31de prendre sur les profits
21:32pour embaucher,
21:34pour embaucher les jeunes
21:35et leur donner une perspective,
21:37leur donner la possibilité
21:38de démarrer leur vie.
21:39Non,
21:40elle ne veut rien imposer
21:40à le grand patronat,
21:42elle roule
21:42pour le grand patronat
21:43tout simplement.
21:45Mais c'est ce que je vous ai expliqué,
21:47c'est que voilà,
21:48avec cet électoralisme
21:50et cette idée
21:50qu'il faut choisir
21:51les uns les autres,
21:52c'est celle qui n'a pas gouverné,
21:54n'est-ce pas ?
21:54C'est celle qui,
21:55quelque part,
21:56n'a jamais eu la responsabilité.
21:58Oui,
21:58ils pourraient voter pour vous.
21:59Sauf que si vous voulez,
22:00moi ce que je dis...
22:01Vous défendez les travailleurs
22:01avec beaucoup d'éloquence,
22:03donc ils pourraient voter pour vous.
22:04Ils votent pour Le Pen,
22:05c'est clair.
22:05Oui,
22:06mais vous le savez pertinemment.
22:08Je vous regrette.
22:09Moi, j'appelle...
22:10Vous regrettez ?
22:10Écoutez,
22:12j'appelle, moi,
22:13les travailleuses
22:14et les travailleurs
22:14à compter sur leurs forces collectives,
22:17à se battre.
22:18Je leur dis qu'il y compris,
22:19ça ne suffit pas de voter,
22:20mais même pas pour Nathalie Arthaud,
22:21en fait,
22:22parce qu'il faut qu'on se fasse respecter.
22:24Et le monde du travail,
22:25pour se faire respecter,
22:27il a toujours eu à sa disposition
22:29que sa force collective.
22:31Parce que vous voyez,
22:32qui comprennent dans une élection,
22:33on ne vote pas pour la famille Peugeot,
22:35pour les actionnaires d'Auchamp,
22:37on ne vote pas pour les actionnaires
22:40et la famille multimillionnaire de Sodexo,
22:44on ne vote pas pour ces gens-là
22:45et on ne vote pas pour leur politique,
22:46en fait.
22:47Et le problème,
22:48c'est bien ça,
22:48c'est qu'on devrait pouvoir voter
22:50pour définir nos salaires,
22:51nos conditions de travail.
22:52On devrait, nous, travailleurs,
22:55avoir la main sur ce qu'on produit,
22:57comment on organise la production,
23:00où va les profits.
23:01Mais bien sûr,
23:02ce qu'on gagne,
23:02on devrait organiser.
23:04On décide tous ce qu'on gagne.
23:05Oui, moi je suis...
23:06Alors vous,
23:06vous décideriez de gagner combien,
23:08par exemple ?
23:08Déjà, moi,
23:09je suis convaincue
23:10qu'à moins de 2200 euros net par mois,
23:14on ne peut pas avoir une vie digne
23:15aujourd'hui dans ce pays.
23:17Et pour moi,
23:18c'est un minimum
23:19qui me paraît être
23:20un objectif de combat
23:22sur lequel on pourrait tous s'entendre.
23:24Et il faudrait, évidemment,
23:25si on ne veut pas se retrouver appauvri,
23:27vu l'inflation,
23:29vu ce racket,
23:29ce pillage,
23:30un autre pillage,
23:31le pillage des compagnies pétrolières
23:34que nous subissons
23:35quand nous passons
23:36à la pompe à essence,
23:39eh bien,
23:39il faudrait bien sûr
23:39indexer les salaires,
23:41tous les salaires,
23:42sur les prix.
23:43Donc moi,
23:44je milite pour ça.
23:46Mais oui,
23:46je milite pour qu'il y ait
23:46une véritable démocratie
23:47et qu'on puisse voter,
23:50pas que pour des pantins,
23:51pour des marionnettes
23:52du genre de Macron
23:53qui vont faire le service
23:54après-vente de la bourgeoisie
23:56et qu'on puisse voter,
23:57en effet,
23:58pour décider de nos salaires,
24:00nos conditions de travail,
24:00ce qu'on fait,
24:01organiser l'économie collectivement.
24:03Moi, je suis communiste,
24:04je suis communiste révolutionnaire,
24:05si vous voulez.
24:06Donc, c'est ça, mon programme.
24:07C'est ça, votre programme
24:08et c'est assez cohérent,
24:10effectivement,
24:10avec votre parcours.
24:12Merci beaucoup,
24:13Nathalie Arthaud,
24:13d'avoir été avec nous.
24:15Merci.

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