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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Édouard Philippe, maire du Havre et candidat (Horizons) à l'élection présidentielle.
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Édouard Philippe, maire du Havre et candidat (Horizons) à l'élection présidentielle.
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00:02Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les quêtes vérité.
00:04Mon invité est donc Edouard Philippe, ancien Premier ministre, maire du Havre et candidat à Horizon à la présidentielle.
00:08Bonjour Edouard Philippe.
00:08Bonjour.
00:09J'aurais préféré des décisions, des initiatives pour le retour à l'ordre.
00:12Notre pays a besoin d'être commandé.
00:14Ce sont vos mots dimanche soir après l'intervention d'Emmanuel Macron.
00:17Depuis, il y a des couvre-feux qui ont été instaurés.
00:20Le gouvernement promet de mobiliser les forces de l'ordre en nombre pour les manifestations de samedi.
00:24Est-ce que vous avez l'impression d'avoir été entendu ?
00:28Je me réjouis que le gouvernement ait pris des mesures qui ont été annoncées.
00:32Le couvre-feu, la mobilisation de moyens supplémentaires, une mobilisation générale pour permettre le retour à l'ordre.
00:41Il est temps.
00:42Vous avez été entendu ?
00:43J'ai été entendu. Je pense que les Français ont été entendus.
00:46Je pense que tous les Français, samedi, et peut-être encore plus dimanche, ont été effarés par ce qu'ils
00:52ont vu.
00:53Et que le gouvernement a pris la mesure de cet effarement, de cette colère et de cette consternation.
00:58Et qu'il est en train de prendre des mesures qu'on aurait aimées voir prises auparavant.
01:03Qui sont prises ? Tant mieux.
01:04Dont acte.
01:05Au passage, Emmanuel Macron, vous savez, est en déplacement au Moyen-Orient.
01:08Il a eu raison de maintenir son voyage ?
01:10Je ne suis pas sûr que ça ait été compris par les Françaises et les Français.
01:13Je ne suis pas sûr qu'il s'est exprimé dimanche soir.
01:16Moi, ce qui me frappe, c'est qu'au moment où il s'exprimait, il y avait des pillages en
01:19cours à Paris.
01:20Rue Bonrepère, à côté de la place de la République.
01:22Les pillages étaient en cours.
01:24S'exprimer quand il y a des pillages en cours sur le territoire national, que les images les montrent,
01:31qu'on annonce finalement pas grand-chose et qu'on confirme qu'on va partir du territoire.
01:37Moi, j'ai eu énormément de retours de Françaises et de Français.
01:40Et vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
01:41Je pense que la décision du Président de la République de quitter le territoire, à ce moment-là, n'était
01:48pas la plus opportune.
01:49Mais je vais vous dire.
01:50Il aurait dû rester en France.
01:51Je vais vous dire.
01:51On n'est pas là pour commenter ce que fait le Président de la République.
01:54J'entends votre point de vue, vous avez relié celui des Français à votre point de vue.
01:57On est là pour revenir à l'ordre et surtout pour donner des perspectives aux Français.
01:59Alors justement, vous êtes candidat à la présidentielle, vous êtes maire du Havre.
02:02Et certains de vos collègues, par exemple le maire de Marseille, Benoît Payan, disent
02:06on est tenu à l'écart des décisions, nous les maires on compte pour rien
02:09et même parfois on ne sait pas quelles sont les forces de l'ordre qui sont déployées sur le terrain.
02:13Est-ce que vous vous dites qu'il faut remettre les maires au centre des dispositifs ?
02:16Il faut toujours mieux les associer.
02:18Vous avez beaucoup de maires qui travaillent en bonne intelligence avec les préfets
02:21et qui sont informés à la fois du parcours des manifestations, bien entendu,
02:25de la mobilisation des forces, cela peut arriver.
02:27Mais ce que je dis, c'est que les polices municipales, par exemple, qui existent aujourd'hui,
02:31vous avez à peu près 30 000 fonctionnaires de police municipale.
02:34Pendant très longtemps, l'État, et d'ailleurs les Français,
02:37ont regardé les polices municipales comme des accessoires.
02:41Comme des gardes champêtres ?
02:42Parfois un peu.
02:43Ça a changé considérablement depuis 10 ans.
02:45Et depuis que les polices municipales sont armées,
02:48depuis que l'État a considéré qu'il y avait un continuum, comme on dit, de sécurité
02:51et qu'il fallait donc faire confiance aux polices municipales en général.
02:55Donc vous vous dites que dans le matière de l'ordre, il faut mettre les polices municipales ?
02:58Aujourd'hui, les polices municipales, aussi surprenant que ça puisse paraître,
03:00n'ont pas tous les moyens et toutes les compétences, entre guillemets, juridiques,
03:05pour pouvoir agir.
03:06Je vous donne quelques exemples.
03:07Donc qu'est-ce que vous voulez dire ?
03:07Un policier municipal ne peut pas mettre une amende à quelqu'un
03:10qui est en train de taguer le mur d'un bâtiment public ou d'un bâtiment privé.
03:14Donc ça, vous souhaitez que ce soit possible ?
03:15Un policier municipal ne peut pas relever l'identité de quelqu'un.
03:17Même lorsqu'il est dans une opération avec la police nationale,
03:20il ne peut pas relever l'identité de quelqu'un.
03:22Enfin, les communes, c'est le cas au Havre, mais c'est vrai,
03:26dans un très grand nombre de communes,
03:28quelles que soient les orientations politiques des maires,
03:31les communes sont équipées de caméras de vidéoprotection.
03:36Elles ne peuvent pas utiliser des logiciels
03:39ou des instruments d'intelligence artificielle
03:42pour reconnaître l'identité de celles et ceux
03:45qui, dans un événement comme ceux qu'on a connus samedi et dimanche,
03:48se livrent à des pillages.
03:49Donc, qu'est-ce que vous préconisez sur les polices municipales ?
03:51Il faut reconnaître un statut plein et entier ?
03:52Je pense qu'il faut leur donner plus de pouvoir.
03:55Il y a une loi qui a été votée au Sénat,
03:56qui est en attente d'inscription à l'Assemblée nationale.
03:59Moi, j'ai écrit au Premier ministre,
04:01d'urgence, qu'il fasse inscrire ce projet de loi,
04:04ou cette proposition de loi à l'Assemblée nationale,
04:07afin qu'on associe les maires à la définition des besoins.
04:12Et les polices municipales ?
04:13Et les polices municipales.
04:14Au maintien de l'ordre ?
04:14Au maintien de l'ordre.
04:15Alors, il ne s'agit pas de transformer les polices municipales en CRS.
04:18Bien sûr que non.
04:19Il s'agit de dire qu'on a un réservoir de gens remarquablement formés,
04:23remarquablement formés,
04:25connaissant parfaitement leur environnement et leur ville,
04:27que l'on peut mobiliser,
04:30en respectant la différence entre eux et les CRS,
04:32mais que l'on peut mobiliser et associer.
04:34Et voyez-vous, comme samedi et dimanche,
04:37il y a eu manifestement une mobilisation insuffisante des forces de l'ordre.
04:43Je pense qu'il y a là un moyen d'accompagner des renforts
04:47et d'accompagner le respect de l'ordre.
04:49Vous avez eu à gérer, en tant que ministre, les gilets jaunes en 2018.
04:52Vous aviez fait voter à l'époque la loi anti-casseurs.
04:56Aujourd'hui.
04:56Très critiqué à l'époque.
04:58Mais est-ce qu'elle suffit ou est-ce qu'il en faut une autre ?
05:00Est-ce qu'il faut aller plus loin ?
05:01Il faut, je vous dirais, il faut une réponse pénale, une fermeté absolue.
05:04Sur la loi anti-casseurs.
05:05Il en faut une de plus ? Il faut quelque chose de plus ?
05:07Ou celle qui existe est suffisante ?
05:09Il me semble que dès que l'on sera en mesure de faire payer les casseurs
05:14ou de faire assumer par les casseurs le coût des dégradations qu'ils provoquent,
05:18on sera dans le vrai.
05:19Ça, c'est la loi casseur-payeur.
05:20Et c'est très bien.
05:21Que vous défendez.
05:22Mais évidemment.
05:23Donc ça, ce serait le deuxième volet, c'est la suite de la loi anti-casseurs.
05:26Pardon, mais comment est-ce qu'on peut ne pas la défendre ?
05:29Ceux qui commettent des dégradations doivent en assumer le coup.
05:33Oui, mais même ceux qui sont là éventuellement par hasard peuvent être mis dans la nasse.
05:36Faisons confiance aux législateurs pour trouver la bonne forme.
05:40Oui ?
05:40Pour trouver la bonne forme.
05:41Pardon, mais c'est quoi l'alternative ?
05:42Édouard Philippe, c'est difficile.
05:43L'alternative, c'est quoi ?
05:44Écoutez, il y a de la casse.
05:46Il y a des gens qui peuvent être là de bonne foi, de passage.
05:48Oui, regardez.
05:49Et ils se retrouvent.
05:50Ils trouvent ça formidable.
05:51Ils se retrouvent leur truc.
05:52Quand il y a des actions de pillage, dimanche, le pillage, il n'y avait pas de manifestant dimanche.
05:58D'accord ?
05:58Les manifestations, c'était samedi.
05:59Dimanche, il n'y avait que des pilleurs.
06:01Donc, lorsqu'il y a des pilleurs, lorsqu'on participe à ces opérations, sa responsabilité est engagée.
06:06Et il faut aller faire en sorte que les casseurs ou que les pilleurs payent pour les dégâts qu'ils
06:13provoquent.
06:13À propos des Gilets jaunes, le porte-parole de la coordination des Gilets jaunes était là sur le plateau il
06:16y a quelques minutes.
06:17Il a annoncé avoir déposé une déclaration pour manifester à Paris.
06:20Faut-il autoriser cette manifestation à vos yeux ?
06:23J'ai été très frappé par ces propos.
06:25Vous l'avez entendu ?
06:26Je l'ai entendu.
06:27J'ai été très frappé par ces propos.
06:30Jamais, jamais, il n'a exprimé le moindre souci de faire en sorte que l'organisation des manifestations permette d
06:37'éviter les pillages.
06:39Donc, vous dites qu'il ne faut pas l'autoriser.
06:40Éviter les violences.
06:41À chaque fois que la journaliste qui l'interrogeait lui posait la question de savoir, il disait, s'il y
06:47a des violences, c'est le métier de la police.
06:50Cet état d'esprit me semble redoutablement dangereux.
06:53Ça veut dire quoi ? Qu'il ne faut pas autoriser cette manifestation ?
06:56C'est au préfet qu'il appartient d'autoriser si elle est déclarée et si le parcours est adapté.
07:07Mais il peut arriver qu'on interdise des manifestations à certains endroits.
07:12En France, la liberté de manifester est une liberté constitutionnelle.
07:15Il ne s'agit pas de l'interdire.
07:17Il s'agit de faire en sorte que dans des moments de grande tension, ces manifestations ne dégénèrent pas de
07:23façon systématique
07:24et parfois préparées dans des scènes de chaos et de pillages, comme on a constaté.
07:29Pardon, M. Letellier, ce n'est pas un risque théorique.
07:31On l'a vu samedi et dimanche.
07:33Essayons d'éviter que ça recommence.
07:34Vous savez que depuis ça, Sébastien Lecornu veut recevoir les dirigeants des partis politiques.
07:39Demain.
07:40Dont vous, est-ce que vous y serez ?
07:41Le parti que je préside, Horizon, sera représenté par Christophe Béchut, le maire d'Angers, qui sera présent.
07:47Vous n'y serez pas personnellement ?
07:48Moi, je serai en déplacement demain.
07:50Mais Christophe Béchut y sera, nous représentera.
07:52Et je pense qu'il est nécessaire que les forces…
07:54D'abord, je vais vous dire, quand le Premier ministre invite des forces politiques alors que le pays connaît une
07:59crise grave,
08:02la responsabilité des forces politiques, c'est de répondre à cette invitation.
08:04Donc, nous irons et nous dirons ce que nous avons à dire.
08:07Actuellement, ont lieu les débats sur le budget 2027.
08:09Est-ce que vous, vous posez des conditions à Horizon pour le voter ?
08:12Moi, je dis qu'il faut que ce budget soit sérieux, permettre la réduction du déficit sans augmenter les impôts.
08:18C'est la condition pour le voter ?
08:19C'est la position d'Horizon.
08:21J'entends bien.
08:21Elle a été exprimée de façon très claire par Laurent Marcangeli, le président du groupe Horizon à l'Assemblée nationale,
08:26député de la Corse.
08:27Il a dit très clairement que nous étions dans une logique, évidemment, de discussion avec le gouvernement,
08:32que nous souhaitions qu'un budget soit adopté parce que l'absence de budget pour le pays aurait des conséquences
08:36très graves
08:36et que notre objectif, c'était de faire en sorte que le déficit diminue, et ce n'est pas du
08:40luxe, il faut qu'il diminue,
08:42et qu'on le diminue avec des réductions de dépenses plutôt qu'avec des augmentations d'impôts.
08:45Vous n'imaginez pas devoir voter contre le budget 2027 ?
08:48Attendez, on va d'abord voir à quoi il ressemble le budget 2027.
08:51Il a été rejeté en commission s'agissant de sa première partie.
08:54Je constate que le PLFSS, dans sa première partie, n'a pas été voté hier.
08:57Bon, donc on va voir à quoi il ressemble.
08:58Mais la position politique que nous formulons, c'est celle-ci.
09:02Diminution du déficit, réduction des dépenses, pas d'augmentation.
09:05Édouard Philippe, la présidentielle, c'est dans six mois, vous êtes donc candidat à la présidentielle.
09:08Vous avez envoyé un courrier à toutes les formations de ce qu'on appelle le Bloc central,
09:11depuis Gabriel Attal jusqu'à Bruno Retailleau en passant par David Lysnard,
09:14pour aboutir à une candidature commune.
09:16Avez-vous eu des réponses à ce courrier ?
09:17Pardon, je n'ai pas du tout envoyé un courrier pour cela.
09:19J'ai envoyé un courrier pour que nous discutions.
09:21Est-ce que vous avez des réponses ?
09:21Pour que nous regardions quels étaient les points de convergence.
09:23Pour que nous regardions comment nous pouvions réfléchir à l'élaboration d'une majorité législative après l'élection présidentielle.
09:29Avez-vous eu des réponses ?
09:31Je constate que cette volonté d'union que je porte, à laquelle je crois,
09:38qui me paraît indispensable si nous voulons prévaloir et éviter l'étau mortifère
09:42que représenterait un deuxième tour entre Mme Le Pen et M. Mélenchon,
09:46reste encore un vœu pieux.
09:48Je le déplore, mais ma porte est ouverte.
09:50Et je ne ferai rien qui puisse nuire au rassemblement de toutes celles et ceux
09:55qui s'inscrivent dans un champ politique qui va de la droite au centre.
09:58Il y a une date limite ?
09:59Elle sera ouverte jusqu'au bout.
10:01Jusqu'au bout, mais pas jusqu'en janvier, février ?
10:02Non, j'ai dit qu'entre le 1er novembre et le fin février,
10:05il faudrait que les responsables politiques prennent leurs responsabilités.
10:08J'espère qu'ils le feront, et moi j'y suis prêt.
10:10Une toute dernière chose, Marine Le Pen a dit qu'elle se verrait bien au second tour face à vous,
10:13plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon.
10:14Vous vous verriez bien face à elle au second tour ?
10:16Madame Le Pen sait que dans une démocratie, on ne choisit pas ses adversaires.
10:19C'est le peuple qui part le rat au premier tour, et j'espère la battre au deuxième.
10:25Merci, Edouard Philippe, d'avoir été sur le plateau des cas de vérité,
10:27où vous nous avez dit que vous souhaitiez notamment plus de place pour les polices municipales
10:30dans le maintien de l'ordre.
10:31À vous, Maya.