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  • il y a 2 semaines
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Cyril Adriaens-Allemand revient sur les questions qui font l’actualité avec l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

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00:00– Merci beaucoup, bonjour à tous, bonjour Dominique de Villepin.
00:0614 juillet, XXL demain pour le dernier défilé d'Emmanuel Macron en tant que président.
00:11La coalition des volontaires a rendez-vous dès aujourd'hui à Paris.
00:14Ce sont 25 chefs d'État et de gouvernement annoncés pour afficher leur soutien à l'Ukraine.
00:19Volodymyr Zelensky est lui-même invité d'honneur.
00:21Est-ce que ce 14 juillet, c'est le bon moment pour le faire ?
00:25– Oui, c'est le bon moment, c'est le dernier d'Emmanuel Macron.
00:28Après un effort, il faut saluer cet effort en matière de défense,
00:31puisqu'il y a presque un doublement de notre budget militaire.
00:35– En dix ans.
00:36– En dix ans.
00:37Et une mobilisation exceptionnelle, vous l'avez dit, dans un monde qui est beaucoup plus dangereux.
00:42À nos portes, la situation en Ukraine et bien sûr la situation au Moyen-Orient.
00:47Et donc ça implique de nouvelles stratégies, dès lors que nos alliés traditionnels,
00:51et je pense bien sûr aux États-Unis, n'ont plus la même fiabilité qu'autrefois.
00:55Eh bien, il faut trouver de nouvelles formes d'alliances, de nouveaux appuis.
01:00Et c'est tout le sens de la coalition des volontaires.
01:03Près de 35 pays qui sont rassemblés, à la fois pays européens, pays occidentaux,
01:09nations asiatiques, et qui forment un ensemble de pays qui ne sont pas prêts
01:13à se laisser tailler des croupières, mais à s'organiser ensemble.
01:17– Est-ce qu'il faut accélérer aujourd'hui sur la coopération,
01:19notamment en matière de défense anti-aérienne, au profit de l'Ukraine ?
01:22– Oui, c'est une des clés. On voit bien que la guerre d'aujourd'hui,
01:26avec la dronisation, avec l'accélération technologique,
01:30pose le problème de la défense anti-missiles.
01:34Et donc il faut, dans ce domaine, renforcer nos capacités.
01:37Nous sommes très largement dépendants encore de matériel américain.
01:41Et on voit beaucoup de nos partenaires, et ça commence d'abord par l'Allemagne,
01:47acheter de ce matériel américain.
01:48Il faut que nous ayons une capacité de production autonome.
01:52C'est tout le sens de cette mobilisation.
01:54– Dominique de Lépin, Xenia Fedorova, l'ancienne présidente de la chaîne Russia Today,
01:58aujourd'hui éditorialiste pour les médias du groupe Bolloré,
02:01voit en ce défilé un message de guerre anti-Moscou.
02:05Est-ce que c'est un point de vue légitime et qu'il est possible de défendre aujourd'hui ?
02:09– Non, je ne pense pas. Je crois que la réalité montre bien l'inverse.
02:14Il y a une agression russe en Ukraine,
02:17et c'est ce qui justifie la mobilisation des pays européens.
02:22Le fait qu'aujourd'hui nous portions le fardeau d'accompagner l'Ukraine,
02:27et c'est un petit exploit qu'a réalisé l'Union européenne de ce point de vue-là,
02:32en étant capable de se substituer à l'aide américaine.
02:36– Des voix s'élèvent pour demander à lui retirer son titre de séjour.
02:39Est-ce que vous êtes favorable à cela ?
02:40– Je connais la polémique.
02:42Il appartient au ministère de l'Intérieur de voir dans quelles conditions
02:45elle a reçu ce titre de séjour.
02:47Mais je ne suis pas sûr que le délit d'opinion puisse fonctionner dans le cas présent.
02:51Donc il faut regarder les choses et voir si la régularité des procédures a bien été respectée.
02:56– Vous ne croyez pas une sanction d'une façon ou d'une autre selon vous ?
02:58– Je ne crois pas qu'il faille se perdre du temps dans ce type de choses.
03:02– Dominique Delupin, on l'a vu dans le journal, le conflit entre les États-Unis et l'Iran s
03:06'intensifie.
03:06Cette nuit, l'armée américaine a dit avoir frappé des dizaines de cibles.
03:10L'Iran annonce avoir touché des bases utilisées par les États-Unis en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït.
03:16Est-ce qu'on est revenu au 28 février, au début de cette crise ?
03:19– Le mémorandum, nous le savions, était fragile dès le départ.
03:23La conflictualité est au cœur du trumpisme.
03:25Et cette conflictualité, elle conduit les États-Unis à s'engager d'abord dans la guerre
03:31et puis poursuivre la guerre aujourd'hui sans aucun objectif politique clair.
03:35Dans ce contexte, il n'y aura pas de bonnes nouvelles pour les États-Unis.
03:38– Comment on en sort aujourd'hui ?
03:39– Ni pour le monde, puisqu'aujourd'hui nous le voyons bien,
03:42ce n'est plus la question nucléaire qui est posée sur la table comme la question centrale,
03:46ni même la question des missiles ou la question du soutien de l'Iran au proxy,
03:51le Hamas ou l'Hezbollah, c'est la question du détroit d'Hormuz.
03:54Et nous avons là tous un problème que nous n'avions pas avant.
03:58Et donc c'est la question de la liberté de circulation.
04:01On voit bien que l'Iran n'est pas seul dans cette affaire,
04:04puisque Oman l'accompagne avec la question qui est posée d'un droit de passage.
04:10– C'est quoi le bon message aujourd'hui ?
04:11– Est-ce qu'il faut accepter ce droit de passage ?
04:13– Le bon message, c'est de renouer la négociation, sérieusement.
04:18Nous avons vu dans le passé, entre 2003 et 2015,
04:22qu'il était possible de négocier avec l'Iran, même si c'est très difficile.
04:27C'est possible.
04:28Et rechercher les bases d'un accord qui nous permettra de retrouver la stabilité.
04:32C'est un enjeu économique pour le monde entier.
04:34– Venons-en à la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle.
04:38Les sondages réalisés depuis sa condamnation et son pourvoi en cassation
04:41disent tous la même chose, elle est la favorite pour 2027.
04:44Est-ce que vous êtes surpris par cette avance, malgré la condamnation ?
04:48– Condamné, mais malgré tout, candidate, ce n'est pas une surprise.
04:53Chacun connaissait sa détermination.
04:55Et cela va en partie hypothéquer la conduite, j'hésite à dire, de la campagne,
05:01en tout cas de cette pré-campagne,
05:02puisque les hypothèques ne sont pas complètement levées
05:05sur le bracelet électronique, sur la décision de la Cour de cassation.
05:09– Elle est aujourd'hui renforcée par les sondages.
05:11– Alors, les sondages, vous avez raison,
05:12il y a un effet post-annonce de sa candidature
05:16qui est un effet traditionnel, donc il faut faire la part des choses.
05:19La réalité, elle nous conduit à regarder en face les chiquiers
05:22qui dépassent la situation de Marine Le Pen.
05:24Les deux piliers, les deux forces radicales,
05:27aujourd'hui, occupent l'essentiel de l'espace politique.
05:29– LFI, RN.
05:30– Et au milieu, il y a des forces qui sont dispersées
05:35et qui, aucune, ne parvient à pouvoir rivaliser
05:38avec celle qui est la candidate, Marine Le Pen.
05:41– Est-ce qu'il faudra un moment ou un autre avoir un candidat ?
05:43– Et donc, la question se pose de savoir
05:44comment on rassemble l'ensemble de ces forces progressistes,
05:49républicaines, humanistes,
05:51pour avancer et faire en sorte que notre pays
05:54ne connaisse pas cette défaite
05:57que serait la victoire de Marine Le Pen aux prochaines élections.
05:59– Est-ce que vous ne seriez pas vous-même un facteur d'émiettement
06:01de ce bloc central ?
06:03– Alors, moi, je participe tous les jours,
06:04par toutes les rencontres que je multiplie,
06:06à la recherche d'un rassemblement.
06:08Et je crois que nous avons, dans notre histoire,
06:10une référence importante, celle du général de Gaulle,
06:13à la fois en 1945 et en 1958,
06:19à travers le Conseil national de la résistance.
06:21Il ne s'agit pas de demander à quiconque de rallier
06:24ou de demander à tel et tel de rejoindre sans contrepartie.
06:30Chacun doit venir tel qu'il est,
06:32socialiste, communiste, républicain, écologiste.
06:36Chacun doit participer à ce grand compromis
06:39qui est aujourd'hui nécessaire.
06:40– Mais si vous êtes candidat, Dominique Le Pen,
06:41vous êtes un candidat de plus.
06:43– Mais il ne vous a pas échappé
06:44que je n'ai pas annoncé ma candidature.
06:47Quel sens aurait le rassemblement
06:49si j'annonçais d'ores et déjà une candidature ?
06:52C'est dire que l'esprit qui est le mien,
06:54c'est celui du rassemblement.
06:55– Ça veut dire que vous envisagez de ne pas l'être ?
06:57– Je suis prêt à participer à la recherche de ce compromis
07:02et sur le projet et sur la définition de la candidature elle-même.
07:08– En ne mettant pas votre nom sur un but.
07:09– Absolument, c'est un travail de fond,
07:11je crois, qui dépasse chacun des candidats.
07:14Nous ne devons pas aujourd'hui considérer
07:16que l'avenir est à telle et telle individualité.
07:19– Ce ne sont pas des aventures individuelles dont nous avons besoin,
07:22mais d'une grande aventure collective pour restaurer la France.
07:25– Merci beaucoup, Dominique Le Pen,
07:27d'être venu ce matin au 4V.
07:28Très bonne journée à vous.
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