00:00– Bonjour Olivier Faure. – Bonjour Gilles Brunstein.
00:06– Uéga, est-ce que vous savez du dossier, trouveriez-vous anormal que Marine Le Pen puisse se présenter à
00:12l'élection présidentielle ?
00:13– Il y a eu dix ans d'enquête, la justice a statué en première instance,
00:18elle a condamné lourdement Marine Le Pen pour des faits de détournement de fonds publics.
00:23Je me souviens du slogan de l'extrême droite, tête haute, main propre.
00:28– Eh bien, il est temps de montrer qu'effectivement, quand la justice passe, l'extrême droite obtempère.
00:37Et malheureusement, la réalité, c'est que que ce soit Marine Le Pen ou l'extrême droite bling bling avec
00:44Jordan Bardella,
00:45ça ne change pas grand-chose, c'est l'extrême droite, point.
00:48Et donc, elle nous trouvera face à elle en 2027.
00:51– Mais si elle pouvait, si elle était condamnée, mais pouvait faire campagne,
00:57vous accepteriez de débattre avec quelqu'un qui est condamné pour détournement de fonds publics ?
01:02– Moi, je crois à la justice de mon pays.
01:04Si demain, enfin si aujourd'hui, pardon, la justice devait permettre à Marine Le Pen d'être candidate,
01:12évidemment qu'il faudrait débattre avec elle.
01:13Il n'y a aucune raison de... Enfin, moi, je suis un légaliste.
01:17Et donc, contrairement à l'extrême droite qui, à chaque fois, cherche à relativiser les jugements de cours,
01:25et malheureusement, le garde des Sceaux lui-même avait lui-même trouvé la condamnation sévère.
01:30Vous imaginez que pour détournement de fonds publics, si demain, vous étiez vous-même condamné,
01:34on vous laisse vous présenter à une élection, ou même présenter une émission d'une télévision ?
01:40Il y a une logique à cela. Quand on est coupable, eh bien, on doit payer.
01:44– Vous avez voté la censure hier, mais pas votre groupe.
01:4820 socialistes seulement, 20 socialistes sur 68 vous ont suivi.
01:52Quand on est à ce point minoritaire dans sa propre famille,
01:55est-ce qu'on est encore légitime pour la diriger ?
01:58– Vous vous souvenez de Jacques Chirac, Jonas Bourg ?
02:03Est-ce que vous vous souvenez de cette phrase magnifique ?
02:06– La maison brûle, et on regarde ailleurs.
02:07– Eh bien, la France brûle, et je refuse de regarder ailleurs.
02:12Et donc, nous avons aujourd'hui des feux de forêt, partout,
02:15qui sont en train de dévorer notre territoire.
02:17Et il faudrait donner quittus au gouvernement pour ce qu'il n'a pas fait.
02:21Moi, je crois au contraire qu'il tente sonner l'alerte, de dire les choses,
02:25de faire en sorte que, sur un sujet qui devrait toutes et tous nous tirer vers le haut.
02:31Nous sommes socio-écologiques.
02:33Nous avons décidé d'être partisans de la social-écologie.
02:35Eh bien, évidemment, dans ces moments-là, il faut que le bloc social-écologique se retrouve
02:39et que nous puissions avancer ensemble et donner le toxin.
02:43Parce qu'il n'est pas possible de laisser, aujourd'hui, les politiques publiques continuer comme elles continuent.
02:48– Expliquez ça à vos camarades qui ne vont pas voter la censure.
02:52– Oui, vous l'expliquerez vous aussi.
02:54– Mais c'est vous le premier secrétaire, c'est pas moi.
02:56– Ce que je vous dis, c'est que quand on a un fond vert qui a diminué par 3,
03:02que vous avez ma prime rénov' qui a changé à 16 reprises de critères d'attribution.
03:07Comment voulez-vous que les choses avancent ?
03:09– Vous êtes très convaincant, mais vous n'avez pas convaincu votre groupe.
03:12Donc je repose ma question, vous avez été mis très largement en minorité dans le groupe de votre parti.
03:19Est-ce que vous devez, je vais vous poser la question très clairement,
03:22beaucoup exigent votre démission, est-ce que vous allez quitter votre poste ?
03:25– Bien sûr que beaucoup l'exigent, mais en tout cas, ne confondez pas deux choses, minorité et légitimité.
03:32Moi ce que je crois, c'est que parfois, il faut être en avance, il faut faire des choix difficiles,
03:38prendre des risques, ce que j'ai fait depuis 8 ans à chaque étape,
03:41et y compris avec quelques succès.
03:46Si je n'avais pas été là, est-ce que le Parti Socialiste serait encore là aujourd'hui ?
03:51Est-ce qu'il y aura encore des congrès ?
03:52– Vous êtes le sauveur du PS.
03:54– Il ne s'agit pas de dire que je suis le sauveur, je dis simplement que
03:58si je n'avais pas fait les choix que j'ai faits, et notamment le choix de l'unité de
04:02la gauche,
04:03le choix du rassemblement de la gauche sociale et écologique,
04:06eh bien aujourd'hui, je ne serai pas là pour vous en parler,
04:09et aucun socialiste ne serait là pour en parler.
04:11– L'unité de la gauche, c'est toujours votre slogan, c'est-à-dire que s'il le faut
04:14demain,
04:15même si vous n'êtes pas d'accord, vous pourriez gouverner avec les insoumis ?
04:18– Mais ce n'est pas le choix que j'ai fait.
04:20Moi, je cherche à rassembler la gauche démocratique et écologique,
04:25de Ruffin à Glucksmann, de faire en sorte que toute cette gauche-là puisse se retrouver
04:30et permettre un deuxième tour face à Marine Le Pen ou à Jordan Bardella.
04:35Voilà ce que je souhaite le plus grandement, et voilà ce pourquoi je me bats depuis tant d'années.
04:39Je suis de ceux qui ont cherché à chaque étape à rassembler un bloc qui,
04:45s'il part divisé, sait qu'il n'a aucune chance.
04:48Nous l'avons déjà vécu, Gilles Brunstein, ce n'est pas comme si j'ai inventé quelque chose.
04:52Nous avons déjà vécu les choses depuis 2002.
04:54Cela fait 24 ans que nous connaissons cette situation.
04:58Et donc, les mêmes causes produisant les mêmes effets,
05:01si vous avez un candidat communiste, un candidat écologiste,
05:04un candidat Ruffin, ex-insoumis, un candidat ou une candidate Autun, ex-insoumise aussi,
05:11et que vous avez Marine Tondelier, un socialiste, et pourquoi pas un place publique ?
05:15Et dans ces cas-là, est-ce que vous pensez sérieusement que l'un ou l'une d'entre eux
05:19peut être au second tour ?
05:20La réponse, nous la connaissons, ce ne sera aucun.
05:22Et donc, moi, je me bats pour qu'effectivement, cette possibilité demeure.
05:26Et c'est la raison pour laquelle, le 9 juillet, je propose effectivement,
05:30au vote des militants, je propose une procédure qui permettra de retrouver l'unité,
05:35qui permettra d'aller à un candidat commun et de faire en sorte que nous nous ouvrions au plus grand
05:40nombre
05:40et non pas que nous nous refermions progressivement,
05:43que nous nous rétrécissions sur nous-mêmes comme si nous en avions la force seule.
05:46Ce n'est pas le cas et donc il faut être lucide.
05:48C'est effectivement le choix que vous proposez aux militants qui doivent tout voter.
05:51Si vous êtes mis en minorité, là, ce ne sera pas le groupe parlementaire,
05:54ce sera tous les militants socialistes.
05:56Si vous êtes mis en minorité après-demain, est-ce que vous démissionnez ?
06:00Mais quand on pose une question référendaire,
06:04quand le chef de l'État pose une question référendaire,
06:07il démissionne ou il ne démissionne pas ?
06:09Le général de Gaulle l'avait fait, d'autres ne l'ont pas fait après lui.
06:12Moi, ce que je crois, c'est que quand on va faire vivre une démocratie,
06:14y compris une démocratie partisane, il faut accepter les votes,
06:17quels qu'ils soient.
06:19Et donc, j'ai fait le choix de dire qu'il y avait deux options possibles
06:22pour permettre justement que les militants choisissent une autre solution que la vôtre.
06:27Mais je me bats pour gagner jeudi et faire en sorte que les militants et les militants socialistes
06:33acceptent l'idée de l'élargissement et non pas du rétrécissement permanent.
06:37Et si ce n'est pas le cas ?
06:38Mais nous verrons bien à ce moment-là.
06:40Olivier Faure, invité D4V.
06:42Merci beaucoup d'être passé par le plateau de France 2.
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