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Le transport est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France, avec 34 % des émissions nationales. Et le transport de marchandises représente une part significative de ce bilan. Comment réduire l'empreinte carbone du fret alors que le transport routier reste largement dominant ? Entre développement du ferroviaire, électrification des poids lourds et contraintes économiques, quelles solutions privilégier ? Décryptage avec Jean-Pierre Hauet, président du Comité scientifique du think tank Équilibre des Énergies, et Patrick Bourreau, directeur de la stratégie et du développement de Modal Group.

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Transcription
00:03Le transport est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France avec 34% des émissions
00:09nationales.
00:10Et le transport des marchandises représente une part importante de ce bilan.
00:14Alors que la route reste largement dominante, comment accélérer la décarbonation du fret ?
00:20Pour en débat, je suis ravie d'accueillir en plateau Jean-Pierre Oet.
00:23Bonjour.
00:24Enchanté.
00:24Merci d'être avec nous.
00:25Vous êtes président du comité scientifique du think tank équilibre des énergies.
00:29Et nous avons toujours en visio Patrick Bourreau.
00:33Vous êtes directeur de la stratégie du développement de Monal Group.
00:36Merci d'être resté avec nous.
00:38Jean-Pierre Oet, je me tourne vers vous en premier lieu.
00:41On va bien sûr revenir à l'échelle de la France.
00:44Mais c'est vrai qu'à l'échelle du monde, il y a énormément d'actualités géopolitiques qui perturbent grandement
00:50les routes maritimes.
00:51Je voulais tout d'abord vous poser la question.
00:53Est-ce que tous ces conflits géopolitiques ont une forte incidence sur l'empreinte carbone, donc du fret en général
01:03?
01:04Écoutez, bien évidemment, le fret, le transport de marchandises, est un paramètre qui est directement associé à l'activité économique.
01:12Dès qu'il y a un ralentissement, ça se ressent sur les kilomètres parcourus, ce qui est un peu le
01:17cas aujourd'hui, mais ce n'est pas vraiment significatif quand même.
01:20Il y a une incertitude sur l'avenir, ça c'est évident.
01:22Mais le problème est que depuis 30 ans, le problème des émissions de CO2, du fret routier en France, n
01:33'a pas évolué.
01:33Il est d'une remarquable stabilité.
01:35Je voulais dire, d'abord, c'était sur les routes, toutes les routes maritimes qui sont bloquées à l'échelle
01:42internationale.
01:43Ça, pour l'instant, ça ne se répercute pas sur d'autres moyens de transport qui peuvent être plus énergivores
01:49ou en tout cas les routes plus longues.
01:52Votre question, on pourrait surtout la poser pour les voitures particulières, où là, il y a une alternative qui, comme
01:58vous le savez, s'est fortement accélérée, qui est le véhicule électrique.
02:02Là, on a senti une accélération depuis le début de l'année très sensible des achats de véhicules électriques qui
02:10représentent 42% au mois de septembre des imitriculations de véhicules neufs.
02:16C'est un très beau résultat qui est au-dessus des prévisions qu'on avait pu faire.
02:20Dans les poids lourds, il y a plus d'inertie. On y reviendra peut-être tout à l'heure.
02:23Et puis, on n'en est pas au même stade d'évolution des choses.
02:26D'accord.
02:27Donc, pour l'instant, le trafic reste ce qu'il est, avec évidemment un impact des événements économiques, des événements
02:34géopolitiques.
02:35Mais dans l'ensemble, les choses restent relativement stables.
02:38Donc, en France, effectivement, le transport routier des marchandises a même progressé de 2,3% au deuxième trimestre 2026.
02:46Le ferroviaire reculait un tout petit peu, 0,5%.
02:49Est-ce que c'est le signe que, comme vous le disiez en plus que c'était assez stable, en
02:53fait, le routier,
02:55est-ce que c'est le signe que la décarbonation du fret peine à avancer ?
02:59Non, je ne dirais pas qu'elle peine. Elle n'en est pas au même niveau que d'autres secteurs.
03:04Pourquoi ? Parce que c'est tout simplement plus difficile.
03:07D'abord, premièrement, le ferroviaire, lui, il est déjà largement décarboné.
03:11Oui.
03:12Donc, ce n'est pas un problème de décarbonation, sauf peut-être le passage des locomotives diesel sur les voies
03:18secondaires
03:19avec des modes électrifiés, avec des batteries, etc.
03:24Mais fondamentalement, en tonnes kilomètres, le ferroviaire est quand même peu émetteur.
03:29Par contre, on a le routier, qui représente presque 90% du fret,
03:33qui, lui, reste, comme je le disais à l'instant, à son niveau d'émission depuis 30 ans.
03:38Et là-dessus, ça commence.
03:40On en est vraiment au début d'une évolution qui, de notre point de vue, va s'accélérer.
03:47Mais il ne faut pas se leurrer, c'est des problèmes d'investissement,
03:50c'est des problèmes d'équipement, d'infrastructure, sur lesquels on pourra peut-être revenir.
03:54Bien sûr, on va revenir sur toutes ces difficultés.
03:56Patrick Bourreau, vous qui nous indiquez, vous développez vos activités vers l'Italie.
04:02Justement, comment se situe la France par rapport à ses voisins européens dans le développement du fret ferroviaire ?
04:07Est-ce qu'on est en retard, on avance, où est-ce qu'on se situe ?
04:11On est globalement à la moitié de la moyenne européenne.
04:14C'est-à-dire que là où on est à 9% globalement de part de marché du ferroviaire, tout
04:19compris,
04:20la moyenne européenne est à 18%.
04:22Donc, on est largement en retard.
04:26Ce qui n'empêche qu'il y a énormément d'initiatives et que chaque jour, il y a 2 568
04:30trains de transports combinés
04:32qui transfèrent la route sur le rail, qui sont opérés sur la France.
04:38Oui, justement, ce combiné, ce serait une solution pour permettre déjà ce développement,
04:44pour pouvoir répondre déjà à plusieurs enjeux en même temps ?
04:49La stratégie de décarbonation, en particulier du transport routier, globalement, elle est sur 3 niveaux.
04:55Le premier, et je vais en parler parce que c'est la plupart de nos clients.
04:59Le premier niveau, c'est changer effectivement la typologie de carburant,
05:02donc à la fois tracteur électrique ou du HVO ou du biodiesel dans les camions.
05:08Donc, ça, c'est une première approche.
05:10La deuxième approche, c'est effectivement de changer le mode, en particulier sur la zone longue,
05:15pour passer en multimodal.
05:17Mais globalement, du fait des infrastructures, on est quand même relativement contraint,
05:22même si le transport combiné est à peu près le seul secteur dynamique de la partie ferroviaire.
05:26Et puis la troisième partie, c'est de l'optimisation et de la compétitivité,
05:30de l'optimisation de circuits pour le transport routier.
05:34Donc, nous, on adresse effectivement la partie transport combiné et ferroutage
05:40avec l'ensemble des acteurs logistiques.
05:44Jean-Pierre Ouest, justement, où est-ce qu'on se situe en France par rapport à nos voisins européens ?
05:50Est-ce qu'on fait figure plutôt de bon élève ou pas ?
05:54Alors, tout dépend de ce qu'on appelle bon élève.
05:56D'abord, il faut bien voir que nous, nous considérons qu'il n'y a absolument pas compétition
06:00entre le rail et le routier.
06:03C'est-à-dire que ça peut être compréhensible ?
06:05Le rail en France, c'est 9%.
06:07Et par conséquent, si ça peut devenir 18-20%, c'est très bien.
06:12Je veux dire, ce n'est pas ça qui apporte une solution à la décarbonation du transport routier.
06:17Je dirais qu'il faut faire les deux.
06:18Il faut essayer de stimuler le rail et en même temps décarboner le routier.
06:21Alors, sur le rail, moi, j'observe qu'il y a une très grande diversité entre les différents pays européens.
06:30À l'Est, vous avez des pays qui sont encore très ancrés sur le rail.
06:36Je pense que M. Bourreau pourra confirmer.
06:39Donc, la Pologne, la Hongrie, etc., on a des taux qui atteignent presque 30%.
06:45Aux Pays-Bas, ils sont très sur le fluvial encore.
06:49Par contre, je crois que l'Espagne est encore moins rail que la France,
06:54avec des taux qui sont inférieurs.
06:56Donc, tout ça, c'est lié assez largement à l'histoire, aux infrastructures qui existent.
07:00Je crois qu'il faut aller vers le développement du ferroviaire.
07:03Personne ne le conteste honnêtement aujourd'hui.
07:05Mais en même temps, il faut agir vers la décarbonation du routier.
07:09Et sur ce point-là, on est quand même au tout début d'une grande aventure.
07:14Oui, au tout début.
07:14Patrick Bourreau, vous vouliez réagir et peut-être compléter.
07:18Comment est-ce qu'en France, on peut développer ?
07:21Justement, qu'est-ce qui vous manque pour pouvoir développer ce frais de ferroviaire ?
07:25En fait, ce qui nous manque, c'est de l'investissement.
07:31Et c'est de l'investissement réel.
07:32Donc, c'est pour ça aussi que nous, on a décidé d'investir sur le terminal de Dunkerque
07:36et qu'on a un plan de marche d'investissement d'un terminal par an.
07:40Ce qui sous-entend effectivement à la fois l'infrastructure et après les services.
07:44Mais nous, on est une petite ETI.
07:47Il y a quelques autres ETI en France qui font la même chose.
07:50Mais j'ai envie de dire qu'il faut que ce soit beaucoup plus généralisé,
07:54beaucoup plus collectif.
07:55Et puis, il faut également que globalement,
07:58l'ensemble des forces vives de l'État
08:00soit un petit peu plus dans l'investissement et dans l'aide à l'investissement.
08:05Ceci dit, nous, c'est ce que je vous disais sur Dunkerque,
08:07c'est zéro subvention, mais on l'a fait quand même.
08:10Oui, c'est ce que vous disiez.
08:11Un peu moins de paroles et beaucoup plus d'actes concrets.
08:14Et les actes concrets, ça passe par l'investissement.
08:17Pas de subvention, donc l'utilisation de vos fonds propres,
08:20mais c'est un risque fort quand même que vous portez sur l'épaule de l'entreprise.
08:25Oui, mais c'est notre raison d'être.
08:27Notre raison d'être, c'est de favoriser en créant un écosystème
08:30la décarbonation de la logistique et de la supply chain,
08:33en particulier par le report modal.
08:36Donc, globalement, on prend nos responsabilités en tant que petits acteurs,
08:41mais on la prend et on la prend parce que, globalement,
08:44on considère que ça a du sens à la fois économiquement sur le long terme,
08:48mais ça a également du sens au niveau citoyen.
08:51Plus d'investissement, est-ce que aussi en termes technologiques,
08:55c'est vrai qu'en France, on est quand même le pays du train également.
08:59En termes de technologiques, de matériaux, etc.,
09:02là-dessus, il n'y avait pas de frein spécifique ?
09:06Non, il n'y a pas de frein.
09:07Et puis, il y a une chose qui est très importante,
09:09c'est que l'électricité en France est une des moins chères du continent européen.
09:15Donc, on a des leviers, effectivement, de cette partie-là.
09:17Maintenant, que ce soit sur le réseau ferré
09:19ou que ce soit sur les infrastructures de report modal en particulier,
09:23il y a des années de désinvestissement.
09:26Et donc, maintenant, il faut qu'on revienne à mettre en place des outils
09:29qui puissent fonctionner, qui puissent permettre, effectivement, cette décarbonation.
09:33Et je rejoins également monsieur sur le fait qu'il ne faut surtout pas opposer les modes.
09:37Les modes sont complémentaires.
09:39Et c'est en travaillant main dans la main qu'on va y arriver.
09:42Et le transport combiné, comme son nom l'indique,
09:43est un bon moyen de combiner à la fois les forces du rail et les forces de la route.
09:50Donc, Jean-Pierre Rouette, on pourrait à la fois développer ce fret ferroviaire
09:54et aussi la décarbonation des poids lourds.
09:57Alors, il faut bien voir qu'on se heurte au même type de problème.
10:00Tout ce qui est décarbonation, transition énergétique,
10:02c'est avant tout un problème d'investissement.
10:04On troque une rente qui est versée depuis des décennies aux producteurs de pétrole.
10:09On l'échange contre un investissement initial et ensuite l'assurance d'avoir des transports
10:15ou des chauffeurs qui se font un meilleur marché.
10:17Mais au départ, il y a pour tout le monde un mur d'investissement qui est à franchir.
10:20Si vous achetez une pompe à chaleur, vous devez la payer.
10:23Et dans le secteur routier, comme dans le ferroviaire,
10:26cette transformation des infrastructures pose problème.
10:29Parce que dans le ferroviaire, il faut acheter des camions électriques, par exemple.
10:32Un camion électrique, c'est encore très cher.
10:35Même s'il y a des aides importantes de l'État,
10:37il faut aussi construire des infrastructures, etc.
10:40Donc, il y a un mur d'investissement qui est d'autant plus difficile à franchir
10:45que le secteur du transport routier, c'est un secteur très dispersé.
10:50Avec des très petites entreprises également.
10:51Vous avez 40 000 à peu près transporteurs en France,
10:5470 %, 70 % ont de 1 à 4 camions.
10:59Oui, donc c'est des très petites structures.
11:00C'est des très petites structures avec des capacités de financement qui sont très limitées.
11:04C'est ça.
11:04Donc, c'est un problème.
11:06Bon, l'État apporte des aides en ce moment qui sont assez élevées
11:10au travers du mécanisme des certificats d'économie d'énergie
11:14et qui permettent, sur un poids de l'eau électrique,
11:17de financer pour un tracteur jusqu'à 100 000 euros d'aide sur le coût initial.
11:22Donc, c'est important.
11:23Mais ça reste quand même difficile.
11:26Alors ensuite, c'est vrai qu'on a la chance d'avoir une électricité qui est disponible d'abord
11:32et compétitive par rapport à celle qui existe dans les pays voisins.
11:37Donc, en TCO, en Total Cost of Ownership, on est gagnant.
11:43Mais encore faut-il avoir les moyens de financer l'investissement initial.
11:47Et puis, Patrick Quebourreau, la France ambitionne de porter la part du fret ferroviaire à 18% en 2030.
11:54Justement, on parle de ces investissements qui manquent.
11:57Est-ce que pour vous, c'est un objectif tenable ?
12:00D'autant plus qu'il y a quand même une différente proposition de plan autour du fret.
12:03Est-ce que ça, c'est des objectifs qui sont tenables ?
12:06Alors moi, doubler le volume de fret ferroviaire sur le réseau actuel avec les infrastructures actuelles,
12:13je pense que c'est du domaine du fantasme.
12:16Voilà.
12:17Donc, le réseau comme les infrastructures ne sont pas du tout adaptés pour un doublement.
12:22On est déjà saturé sur plein de zones.
12:25Donc, il y a effectivement un plan d'investissement de 4 milliards.
12:30Il faut qu'il déroule.
12:31Il y a toute la maintenance, effectivement, du réseau qui doit continuer.
12:35Mais globalement, on n'atteindra pas 18% en 2030.
12:39Pourquoi, Jean-Pierre Ouattre, il y a autant de plans qui se renouvellent tous les deux ans dans l'impression
12:47?
12:47Est-ce que les moyens alloués sont à la hauteur ? C'est politique ?
12:52Les Français aiment bien les plans.
12:54Vous savez, en matière énergétique, les deux grands documents de base,
12:58c'est la stratégie nationale bas carbone et la programmation pluriannuelle de l'énergie qui ont mis 3 ans à
13:06être actualisées.
13:07Bon, ça donne des directions, ça donne des priorités.
13:10Il ne faut pas non plus s'accrocher à ces documents comme si c'était l'évangile.
13:15Il faut tenir compte de la réalité économique quotidienne et adapter les investissements aux capacités de financement et aux besoins.
13:21Bon, moi, je trouve que c'est bien qu'on affiche un objectif volontariste de doublement de la part du
13:27ferroviaire.
13:28Peut-être qu'on n'y arrivera pas, mais ne partons pas battus d'emblée.
13:31De même, on affiche, et au niveau de l'Europe en particulier, un objectif ambitieux qui est l'électrification des
13:36poids lourds.
13:38Avec donc un objectif d'achèvement de cette électrification pour les poids lourds neufs, pratiquement en 2040.
13:44C'est ambitieux.
13:46Je crois qu'il faut essayer de tenir ces objectifs et ensuite être réaliste.
13:50Oui, parce que l'axe le plus réalisable aujourd'hui, c'est la décarbonation des poids lourds via l'électrification.
13:56C'est ça, on va dire l'autoroute ?
13:59Oui, je crois que là, maintenant, tout le monde est à peu près d'accord.
14:01Ça ne veut pas dire que tout ce qui est biocarburant, biogaz...
14:04Et hydrogène, ça c'est des...
14:05Alors, hydrogène, malheureusement, nous, on était assez pour l'hydrogène.
14:10On constate que ça n'a pas progressé, ça reste quand même très très cher.
14:13L'hydrogène, ça ne dit peut-être pas, mais à la borne aujourd'hui, c'est 14, 15, 16 euros
14:18le kilo.
14:19C'est trois fois trop cher.
14:22Et donc, il y a quand même pas mal de contraintes techniques dans les dépôts, dans les stations de rechargement.
14:26Donc, nous, on constate que malheureusement, l'hydrogène, en tant que vecteur énergétique pour la mobilité, n'a pas progressé.
14:33Et n'empêche que l'hydrogène est indispensable en tant que molécule pour la chimie, fabriquer de l'urée, les
14:38engrais, etc.
14:39Ça, c'est la priorité absolue de décarboner cette partie-là.
14:44Mais vouloir utiliser l'hydrogène dans la mobilité alors qu'on a de l'électricité, c'est un peu compliqué
14:50la vie quand même.
14:51Et aujourd'hui, sur la présence de poids lourds électriques sur les routes françaises, on en est à quelle présence
14:57?
14:57Alors, on n'en voit pas beaucoup parce que, vous savez, il y a tout un parc qui se renouvelle,
15:03je crois, à peu près tous les huit ans, me semble-t-il.
15:06Donc, il y a un parc en circulation.
15:07Ce qui est important, c'est de voir quelle est la part dans les immatriculations de véhicules neufs.
15:13Et là, cette année, on sort de l'anecdote.
15:16Je pense qu'on va atteindre, c'est encore modeste, de l'ordre de 5%, je crois.
15:20Mais c'est déjà pas mal.
15:22Il y a des modèles, il y a des prix sur catalogue.
15:25Et puis, vous avez aussi, il faut voir, la concurrence chinoise qui arrive et qui, de toute façon, incite à
15:30se décarcasser un petit peu.
15:32Oui, parce que technologiquement, déjà, on est bon, il n'y a plus d'enjeux technologiques sur le poids lourd.
15:40Il y a toujours des progrès, mais le poids lourd, fondamentalement, c'est la batterie.
15:44La batterie hérite des progrès considérables qui ont été faits sur le véhicule électrique.
15:49Lui-même, en Chine, elle a hérité des progrès qui avaient été faits sur les cycles, sur les scooters.
15:53Et donc, le coût a énormément baissé aujourd'hui.
15:55Donc, ça continuera à baisser.
15:58En plus, le poids lourd électrique, les retours des routiers sont très positifs.
16:04Les chauffeurs sont très positifs.
16:06Il y a un confort de conduite, comme pour les véhicules particuliers.
16:10Mais il y a ce mur d'investissement.
16:12Et il y a aussi, c'est vrai, quand même, le défi industriel en Europe.
16:15Il faut faire en sorte que ces poids lourds, ils soient construits en Europe, en France si possible, mais aussi
16:21en Allemagne et ailleurs.
16:22Alors que la concurrence chinoise, je crois que quand on est à 5% d'immatriculation en poids lourd électrique
16:29neuf,
16:30je crois qu'en Chine, ils ne sont pas loin de 40% maintenant.
16:33On n'est pas dans le même rythme.
16:35Et puis pour des poids lourds qui sont peut-être beaucoup moins chers, qui risquent d'être vendus en Europe.
16:39Oui, tout est moins cher pour les raisons que vous connaissez, bien sûr.
16:42Oui, oui, oui.
16:43Mais ça, l'Europe s'en préoccupe avec les règlements qui sont en cours de finalisation à Bruxelles sur ce
16:50qu'on appelle l'Industrial Acceleration Act,
16:52qui veille à renforcer, à mettre en place quelques mesures de protection pour sauvegarder notre industrie européenne et française en
17:01particulier.
17:02Patrick Bourreau, pour terminer, si on conclut, au-delà de ces investissements, ces écosystèmes multimodaux,
17:08c'est en tout cas une des solutions d'avenir pour la décarbonation du fret ?
17:15Oui, c'est ce que je disais. Moi, je pense que ça passera aussi par l'électrification des véhicules.
17:21Et donc, la preuve qu'on y croit, c'est que lorsqu'on a construit effectivement ce nouvel terminal de
17:27ferroutage de Dunkerque,
17:28on a prévu quatre bornes de recharge pour véhicules poids lourds électriques.
17:34Donc, on a bien anticipé également cette tendance.
17:37Merci beaucoup, Patrick Bourreau. Je rappelle que vous êtes directeur de la stratégie et du développement au sein de Modal
17:43Group.
17:44Et Jean-Pierre Oet, merci d'avoir été avec nous.
17:46Vous êtes président du comité scientifique du think-tank Équilibre des énergies.
17:50Merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis. C'était Smartéco.
17:53Sous-titrage Société Radio-Canada
17:57Sous-titrage Société Radio-Canada
18:02Sous-titrage Société Radio-Canada

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