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  • il y a 5 jours
Décarboner le transport maritime grâce à des modules à base de piles à combustibles, c’est la mission de la startup Genevos. L’entreprise est basée près de la Rochelle, un territoire propice pour le développement de son activité grâce à son port et son université.

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00:00Transitions urbaines, c'est notre rendez-vous mensuel avec Alexandre Herveau.
00:10Bonjour Alexandre.
00:10Bonjour Thomas.
00:11Bienvenue.
00:12Une ville, une entreprise pour parler d'attractivité, d'écosystème en perspective des élections municipales.
00:18On reçoit Philippe Davignon.
00:19Bonjour.
00:20Bonjour Thomas.
00:20Bienvenue.
00:21Vous êtes directeur commercial de Genevos, une start-up leader dans la décarbonation du transport maritime
00:26qui est basée près de La Rochelle.
00:28Une entreprise et une ville, La Rochelle.
00:31Je veux bien que vous nous présentiez Genevos en quelques mots, ce que vous développez pour le secteur maritime aujourd'hui.
00:37Oui, tout à fait.
00:37Donc Genevos, nous sommes une société qui a été créée en 2018.
00:42On fait un focus véritablement sur la transition du secteur maritime.
00:46On développe, on certifie et on produit des modules de génération de puissance électrique à base de piles à combustible.
00:53On utilise en gros l'hydrogène et l'oxygène, une réaction chimique sans émission pour la création d'un courant électrique.
01:01Ce courant électrique, on le travaille, on le stabilise et on peut l'utiliser dans n'importe quel type de navire pour la propulsion, pour les auxiliaires, la climatisation, la lumière, etc.
01:12Ou la recharge d'un pack de batterie.
01:14Donc on est vraiment dans la transition.
01:16Qui en a eu l'idée ? Qui est à l'origine de la création de Genevos ?
01:18Alors la société a été créée par Phil et Rebecca Sharp, qui sont deux citoyens britanniques installés en France depuis plus d'une décennie.
01:25Et qui viennent en fait de la course au large.
01:27Phil était non seulement ingénieur, mais également skipper, très engagé en classe 40.
01:32Et très sensible justement à cette pollution maritime.
01:35Et il s'est dit à l'époque, qu'est-ce que je peux faire pour remplacer ce moteur diesel qui pollue, qui fait du bruit ?
01:40Et il en est venu à la pile en combustible.
01:42Et il a créé justement ce module entièrement intégré, avec cet esprit justement racing offshore.
01:47C'est-à-dire durable, compact, léger et en gros qui marche tout seul.
01:52Et c'est vrai qu'on reçoit beaucoup ici des skippers ou d'anciens skippers qui sont très souvent engagés dans la défense de la planète et de l'océan.
02:01Quelques chiffres, création de l'année 2018, vous êtes localisé à Lagorre, on est juste au nord de La Rochelle.
02:09Des effectifs d'une quinzaine de salariés, chiffre d'affaires 3 500 000 euros.
02:13Et une levée de fonds annoncée en 2024 de 2 millions et demi.
02:16Peut-être qu'on peut parler de passage à l'échelle, Alexandre ?
02:19Oui, je pense que là, je crois qu'on en parlait.
02:23Vous avez des ambitions qui vont très vite se concrétiser.
02:26Et qui vont pas seulement se passer près de La Rochelle, mais aussi plutôt avec des productions en série.
02:31C'est ça ?
02:32Oui, tout à fait.
02:32C'est-à-dire que là, 2026, on est sur une année, 2025 pardon, 26, année un peu charnière.
02:37On a déménagé en fait, on est installé dans les nouveaux locaux.
02:39On était installé d'abord dans une pépinière, petit bureau, 50 mètres carrés, 100 mètres carrés de petits ateliers pour faire les premiers prototypes.
02:46Et là, début d'année, on a intégré un tout nouveau bâtiment, 1200 mètres carrés existants.
02:51On a repris un bâtiment d'une ancienne chaudronnerie.
02:53Donc, on continue cette histoire industrielle au niveau de La Rochelle et qui va pouvoir nous permettre justement de monter en production, monter en cadence pour répondre justement à nos différents clients et différents projets potentiels.
03:05Et alors, il y a une partie de vos projets qui sont aussi à l'international, puisque là, clairement, dans vos cibles, on va partout.
03:12Alors, on va partout, on va même, surtout, aujourd'hui, je dirais, 95% des projets qu'on discute sont à l'international, principalement l'Europe, plutôt l'Europe du Nord, la Scandinavie, les États-Baltes, l'Allemagne, les Pays-Bas.
03:24Et puis aussi des grosses tractions côté Moyen-Orient et côté Inde, notamment.
03:28L'Inde qui est un pays qui est assez moteur, justement, notamment sur l'hydrogène.
03:32On a signé un partenariat avec une société en local pour l'intégration de nos systèmes.
03:37C'était là, à l'automne.
03:38Et donc, on va pouvoir...
03:40C'est-à-dire qu'il y a des pays un peu réfractaires ou moins avancés que d'autres ?
03:45C'est un sujet complexe, parce que l'hydrogène, en fait, c'est un écosystème complet.
03:51L'hydrogène, alors, on commence à parler d'hydrogène natif, mais l'hydrogène, il est surtout fabriqué.
03:55Donc, l'hydrogène, c'est d'abord une production, c'est des usages multiples.
04:00Ça peut être pour le maritime, on parle également de l'aviation, on parle de la mobilité.
04:04Et puis surtout, ce qu'il ne faut pas oublier au milieu, c'est l'infrastructure, la distribution.
04:07Donc, c'est un peu le même problème qu'on a eu à l'époque avec l'automobile, le passage aux voitures électriques.
04:14On avait l'électricité, on a les voitures électriques, et on n'avait pas forcément les stations pour faire le plein.
04:18L'hydrogène, c'est aujourd'hui encore un petit peu la problématique que l'on rencontre, qui est l'un des freins, je dirais, au déploiement global.
04:25C'est vrai que le contexte, que ce soit en France ou en Europe en général, est un peu compliqué.
04:30Là, début décembre, on apprenait une entreprise Symbio, près de l'Inde, je crois, au Grenoble, qui va licencier 350 personnes.
04:36Parce qu'il y a eu un retrait de Stellantis qui était engagé comme client.
04:39Donc, c'est un contexte assez compliqué pour l'hydrogène.
04:41C'est un contexte compliqué.
04:43Il y a une vraie, on va parler de consolidation du secteur.
04:46C'est-à-dire que l'hydrogène a été vu il y a quelques années comme une molécule un peu magique,
04:49qui allait répondre à cette problématique d'énergie, c'est une molécule propre, enfin, voilà.
04:56Donc, il y a eu énormément d'initiatives qui se sont lancées.
05:00Il y en a qui continuent, il y en a qui ont déjà posé les crayons, je dirais.
05:04Nous, on fait partie des gens qui continuent.
05:05On s'accroche, il faut quand même être résilients.
05:08Les décisions prennent du temps, c'est des investissements qui sont encore très forts.
05:12La technologie coûte encore assez cher.
05:14Et encore une fois, l'hydrogène, dans une pile à combustible, c'est une solution parmi d'autres dans la transition.
05:18C'est-à-dire que ce n'est pas la seule.
05:20Est-ce que c'est plus adapté au transport lourd, pas seulement pour le transport maritime, pour le transport routier aussi ?
05:26Oui, c'est typiquement la stratégie hydrogène de la France qui a été remise à jour justement là en avril cette année,
05:33pointe clairement qu'il faut plutôt aller justement regarder la mobilité lourde.
05:37Donc, on parle d'aviation, on parle de maritime, bus, camions éventuellement,
05:40et plutôt laisser de côté la mobilité légère, les voitures,
05:44pour lequel, pour le coup, l'hydrogène est un peu moins adapté.
05:46On va plutôt aller regarder des solutions à batterie, justement, pour la partie électrification qui paraît plus adaptée.
05:53On ouvre le chapitre La Rochelle, avec quelques chiffres, Alexandre.
05:58Oui, donc La Rochelle, Charente-Maritime, c'est presque 180 000 habitants.
06:02Si on parle de l'agglomération, la vie en elle-même, c'est plutôt 80 000.
06:06L'agglomération, d'ailleurs, qui comprend 28 communes, dont 9 sur le littoral,
06:10ce qui correspond à 70 km de côte.
06:12On est sur une petite ville étudiante, c'est-à-dire que c'est, par rapport aux voisines, entre guillemets,
06:17sur la façade Atlantique, que sont Nantes et Bordeaux, évidemment, c'est moindre, c'est 15 000.
06:21Mais ce n'est pas négligeable, et je pense qu'on va en parler,
06:23parce que vous avez justement des liens avec ce milieu étudiantin.
06:27On peut parler des 1 000 hectares de parc d'activité.
06:30La Rochelle, c'est 3 heures de TGV de la capitale.
06:32Au niveau politique, local, ça a changé de maire en pleine année, en juin dernier,
06:37suite à la démission du précédent maire.
06:38Là, c'est Thibaut Guiraud qui est à la mairie.
06:41Et La Rochelle, on parle énormément de start-up qui se développent
06:44justement dans le milieu de l'innovation et de la transformation durable.
06:48Récemment, on a beaucoup parlé du groupe Belge Salvet,
06:50qui prépare et qui a signé des contrats pour créer une usine de séparation de terres rares,
06:57justement pour diminuer la dépendance qu'on a vis-à-vis de la Chine notamment.
07:01Donc, c'est un endroit qui a le vent en poupe, sans mauvais jeu de mots.
07:06Pourquoi est-ce que La Rochelle et l'agglomération,
07:08en quoi ça constitue un terrain pertinent pour une boîte comme Genévose,
07:13au-delà de la proximité de la mer, direct.
07:14Oui, tout à fait.
07:15La Rochelle, en fait, nous, on voit effectivement deux avantages.
07:18On a effectivement une industrie nautique qui est extrêmement importante.
07:23Suivant les classements, La Rochelle se place ou premier ou deuxième,
07:26premier port plaisance en Europe.
07:28C'est plus de 5 200 anneaux.
07:30avec, effectivement, tout le tissu qui va autour.
07:33Donc, les chantiers navals et puis également les intégrateurs, tous les équipementiers.
07:38Et donc, au départ, pour nous, sur nos systèmes, on visait véritablement aussi le nautisme.
07:41C'est énormément de bateaux, des petites puissances, donc plutôt intéressant.
07:45Finalement, c'est un marché qui n'est pas encore complètement prêt.
07:47Mais ça, à la rigueur, ça fait aussi partie des évolutions de stratégie.
07:50Et puis, à côté de ça, La Rochelle, c'est également un territoire qui est très dans cette transition écologique.
07:56Ils ont été lauréats d'un appel à projet qui s'appelait Territoire Innovation en 2019, lancé par l'État.
08:02C'est une mobilisation de 130 acteurs divers, donc des publics, des universitaires, des entreprises,
08:07pour réduire les émissions de CO2 de la ville et engager cette transition.
08:12D'ailleurs, le site où vous étiez, là où vous avez été incubé, Atlantec, c'est intéressant de raconter l'histoire.
08:17C'était un site militaire ?
08:18C'était un site militaire qui a été réhabilité en parc bas carbone, un parc pilote en Europe, bas carbone,
08:25donc avec production de sa propre électricité, panneaux solaires, ombrières, production d'hydrogène,
08:29installation d'un petit électrolyseur, et tout un système, un écosystème,
08:35effectivement, avec notamment une pépinière d'incubation de start-up engagées dans la transition,
08:41ce qui était notre cas, et donc on y était, effectivement, jusqu'en février dernier, avant de déménager.
08:44Qu'est-ce que vous apporte cet écosystème en termes de compétences, de partenariats éventuels, de visibilité ?
08:51Alors, justement, les partenariats, les compétences, Alexandre le disait,
08:55le côté universitaire, très important pour nous, on travaille beaucoup avec l'école d'ingénieurs locales,
09:00qui s'appelle l'EXIC, une école généraliste.
09:03Alors, on travaille avec eux sur, on récupère des stagiaires, des alternants,
09:07on est aussi maître de stage, pour certains,
09:09et puis aussi, ils ont installé, en développement, un banc de tests pour piles à combustible.
09:15Et donc, depuis le départ, en fait, on teste nos systèmes avec eux,
09:19donc c'est dans le cadre de projets étudiants,
09:20et aussi pour nous, pour notre propre développement,
09:22le développement et la validation de nos systèmes.
09:26Donc ça, c'est clairement très intéressant.
09:28Est-ce que, justement, vous parliez à l'instant,
09:31de ce label qu'avait reçu La Rochelle en 2019,
09:33en tout cas, de cette initiative-là,
09:34on sent qu'il y a une ambition, en tout cas, au niveau, justement, de la transformation,
09:40de la lutte contre le réchauffement.
09:42Vous sentez une cohérence, justement, entre la réalité industrielle, on va dire,
09:45du terrain et les discours publics ?
09:49Alors, il y a une certaine forme de cohérence.
09:51Après, tous les projets n'aboutissent pas.
09:53Il y a une très, très bonne chose.
09:54Alors, il y a quelques années, justement, il y a un premier bateau,
09:57équipé d'une pile à combustible, c'était pas la nôtre,
09:59mais équipé d'une pile à combustible,
10:00un petit passeur portuaire, voilà, qui fait les petits allers-retours,
10:03qui avait été mis en service.
10:04Et l'idée, c'était aussi de dire, notamment avec la mise en place d'Atlantec,
10:07avec cette fabrication d'hydrogène vert,
10:09avec ces télé-électrolyseurs, de dire, voilà,
10:10on aura cet hydrogène qu'on va pouvoir utiliser pour ce passeur.
10:13Finalement, l'électrolyseur ne produit pas beaucoup d'hydrogène,
10:16ce passeur a été arrêté.
10:17Donc, il y a effectivement des bonnes idées, des bons projets,
10:22tout n'aboutit pas, mais il y a quand même une vraie volonté
10:24au niveau de la ville.
10:26Et d'ailleurs, comme tout le monde sait,
10:28à chaque fois, on pose cette question avec Thomas,
10:29c'est-à-dire qu'on fait des éloges des différentes villes,
10:33mais il y a toujours des points d'amélioration,
10:34des critiques à amener.
10:35Ce serait lesquels pour vous, en ce qui concerne la Rochelle ?
10:38Ce serait...
10:41Certains projets, alors si on regarde évidemment l'hydrogène,
10:44il y avait un très joli projet d'hydrogène,
10:45justement d'installation de stations de ravitaillement sur le port.
10:50Ça fait longtemps qu'on en parle.
10:51On a également de l'hydrogène, on va dire,
10:54qui sort des différentes usines qu'on pourrait utiliser,
10:58ne serait-ce que pour faire de...
10:59Voilà, pour chauffer, pour produire de l'électricité.
11:02La problématique qu'on va avoir, c'est que c'est un hydrogène
11:03qui n'est pas vert.
11:05Donc, s'il n'est pas vert, il n'est pas légible
11:07aux différentes subventions qu'on peut avoir.
11:08Et donc, du coup, les investissements étant trop lourds,
11:11ça freine finalement ce genre de... Voilà, ça tarde.
11:13Est-ce que c'est une ville où c'est difficile de se loger aussi
11:16pour les salariés ou les futurs salariés ?
11:18Ça, c'est le côté effectivement très attractif de La Rochelle.
11:21Post-Covid, La Rochelle a connu vraiment une augmentation
11:25et quand même beaucoup de gens, j'en fais partie.
11:27Moi, je suis un ancien parisien et j'ai déménagé
11:29il y a trois ans vers La Rochelle.
11:31Aujourd'hui, effectivement, c'est un territoire
11:32qui est un petit peu en tension au niveau logement,
11:35avec des prix de logement qui sont quand même assez forts.
11:37Et puis qui est aussi un petit peu en tension
11:38sur certains métiers en termes de recrutement.
11:42Il y a énormément, comme je disais, d'industries,
11:45des gros employeurs.
11:46Il y a Alstom, notamment, qui est là-bas,
11:48qui fabrique ses locomotives de TGV.
11:50Il y a toute l'industrie nautique, entre autres.
11:52Et effectivement, trouver les bons profils
11:54et trouver les bons arguments pour les garder,
11:56c'est effectivement compliqué.
11:57Ça fait partie de vos difficultés, ça ?
11:59Oui.
11:59La qualité des recrutements ?
12:01Surtout, trouver certains profils.
12:03Je pense que ce n'est pas vraiment spécifique à La Rochelle.
12:05C'est un vrai problème sur certains corps de métier.
12:08On cherche notamment des profils d'ingénieurs un peu particuliers.
12:12Vous allez vous agrandir pour 2026, c'est parti.
12:14Oui, tout à fait.
12:15On va s'agrandir.
12:16Il y a des jolis projets qui arrivent.
12:18On a des besoins de recrutement.
12:20Et effectivement, il faut trouver les bons arguments
12:24pour faire venir les bons talents à La Rochelle.
12:27Merci beaucoup, Philippe Davignon.
12:29Bon retour à La Rochelle, à Lagorre, pour être précis.
12:34À bientôt sur Bsmart4Change.
12:37C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact
12:40avec la présidente de La Rochelle.
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