Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Utiliser le B100, un biocarburant, plutôt que du diesel fossile permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60 %. C’est le produit qu’Oleo100 propose aux transporteurs. Face à la crise énergétique actuelle, il est plus compétitif en volume et en prix. L’entreprise permet aussi aux agriculteurs de bénéficier d’un complément de revenu.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:05L'invité de Smart Impact c'est Bastien Leboelleg, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Bienvenue, vous êtes le directeur d'Oléosan, entreprise qui a été créée en 2018.
00:14C'est quoi Oléosan ?
00:16Bonjour, alors Oléosan c'est un biocarburant, c'est 100% renouvelable, 100% végétal et 100% français.
00:24Ça a été lancé en 2018 et là au mois de mars on a franchi le seuil du milliard de
00:29litres vendus.
00:31C'est un biocarburant qui est à destination des professionnels du transport, à destination de ce qu'on appelle les
00:36flottes captives,
00:38principalement transport routier, ferroviaire, et puis qui est distribué avec un schéma logistique dédié,
00:44c'est-à-dire qu'on va installer des cuves chez nos clients et on va nous-mêmes faire l
00:47'approvisionnement.
00:47C'est une filiale du groupe Avril c'est ça ?
00:49Oui, c'est une filiale du groupe Avril, ça fait partie de CEPOL qui est une filiale du groupe Avril,
00:53et donc juste pour resituer, Avril c'est un groupe français qui a été fondé il y a 43 ans
00:58par les agriculteurs
00:59dans un modèle qui était assez pionnier à l'époque avec des agriculteurs qu'on mis via des cotisations volontaires
01:07obligatoires
01:07de l'argent pour monter une filière et en fait le groupe aujourd'hui reste autour de cette filière
01:14et l'intégralité des résultats va être réinvestie dans la filière, il n'y a pas de dividendes qui sont
01:19redistribués.
01:20Alors ce carburant il est fait à base de quoi, comment il est fait ?
01:22Alors c'est un biocarburant qui est fait à base de colza et donc le colza c'est une graine
01:27que vous voyez en fleurs actuellement
01:29et donc juste pour la petite anecdote, le groupe s'appelle Avril puisque c'est le colza fleurit en Avril.
01:34Ok, j'ai appris quelque chose, je le savais parler, pourtant c'est un gros groupe Avril.
01:38Exactement et donc le colza en fait on va faire une transformation de cette graine, on va séparer une partie
01:44de la protéine qu'on appelle le tourteau qui est pour l'alimentation du bétail et puis l'huile.
01:49Et donc l'huile il y a une destination alimentaire, le sueur par exemple c'est une marque du groupe
01:53que vous connaissez et le reste de l'huile est valorisé en biocarburant.
01:57Donc on prend cette huile, on fait une deuxième étape de transformation et ça nous donne un biocarburant.
02:02Et ce biocarburant va ensuite être distribué en tant que baissant, c'est-à-dire qu'il est 100%
02:06renouvelable, il n'y a pas une seule goutte de diesel fossile dans ce qu'on va distribuer au transporteur.
02:11Donc le baissant c'est son nom, il permet au moins 60% de réduction des émissions de gaz à
02:16effet de serre par rapport au diesel fossile.
02:21En fait il est utilisé dans les mêmes moteurs, enfin il n'y a rien, vous voyez ce que je
02:28veux dire ?
02:28Parce que quand on se dit au moins 60% pourquoi pas l'utiliser partout, bon il est facile d
02:35'utilisation ?
02:35Il est extrêmement facile d'utilisation.
02:39Pas besoin de changer de tracteur ?
02:40Non, non, non, en fait c'est un carburant qui est compatible avec les motorisations au diesel que vous trouvez
02:46sur le marché aujourd'hui.
02:47Alors il y a différents types de motorisations, mais en fait on peut très bien prendre un véhicule diesel, faire
02:53une opération qu'on appelle un rétrofit,
02:54qui coûte 2-3% du prix total du camion et transformer en un moteur baissant flexible.
03:01Et puis on a des motorisations baissants exclusives, c'est-à-dire que là le constructeur va vendre directement un
03:07moteur baissant,
03:08qui va donner certains avantages, du suramortissement, d'une éligibilité au critère 1.
03:14Mais la grande force effectivement du baissant c'est qu'il est déployable, alors nous on aime bien le jeu
03:18de mots, on le dit sur le champ.
03:19Et donc c'est une solution qui est immédiatement utilisable.
03:24Donc dans le sujet aujourd'hui de la décarbonation, c'est très important puisqu'on peut, sans changer les motorisations,
03:32juste en allant installer une cuve chez nos clients, commencer à décarboner les flottes de transport.
03:37Donc vous venez de dépasser, vous nous l'avez dit, le milliard de litres vendus, ce qui est quand même
03:42une belle borne de franchise.
03:45Est-ce que ça veut dire que la demande, elle est en augmentation constante, c'est très régulier ?
03:52Il y a eu un coup de chaud et il y a peut-être encore plus un coup de chaud
03:56en ce moment avec les tensions sur les prix du carburant fossiles ?
04:00Oui, donc le décret d'application et d'homologation du baissant a été signé en 2018.
04:04Donc il y a eu une première phase de 2-3 ans où le marché a commencé à se développer.
04:09Et puis on voit quand même un marché qui est en croissance tous les ans avec des belles perspectives de
04:15croissance.
04:17Là, cette année par rapport à l'année dernière, on estime qu'on va faire au moins 20% de
04:22croissance en volume.
04:23Et ce qu'il faut garder en tête, c'est qu'aujourd'hui, le baissant, ça représente 5-6%
04:30de l'ensemble des carburants qui sont mis à la consommation dans le transport routier.
04:34Donc ça reste quand même encore un petit volume par rapport au diesel, c'est plus de 90% de
04:39ces carburants.
04:40Donc c'est un marché en croissance et un marché avec du potentiel de croissance dans les années à venir.
04:45Et alors, parlons d'argent, est-ce qu'il coûte moins cher et surtout, est-ce qu'il fluctue moins
04:50?
04:50Puisque j'espère qu'il n'est pas sensible au marché des hydrocarbures, sinon ce n'est pas logique.
04:56Alors le baissant, effectivement, nous ce qu'on vend, c'est un produit qui est compétitif par rapport au gasoil.
05:03Dans le contexte actuel, on est beaucoup plus compétitif que le gasoil, effectivement.
05:09Et sur cette compétitivité, il y a une dimension de prix et puis il y a une dimension de volume.
05:15Puisque aujourd'hui, nous, on vend une énergie locale, souveraine.
05:19Et donc, quand on voit un peu les contraintes d'approvisionnement avec la fermeture du détroit d'Hormuz,
05:23aujourd'hui, il n'y a pas de question à se poser pour les transporteurs qui tournent au baissant
05:27pour avoir des carburants à disposition.
05:29Donc compétitif et en volume et en prix.
05:32Et moins de volatilité des prix aussi ?
05:34Il y en a quand même.
05:36Oui, il y a une volatilité des prix, forcément.
05:39Mais attendez, là, je vais mettre les pieds dans le plat.
05:41Vous n'avez pas augmenté le prix du baissant parce que le diesel augmentait à côté ?
05:45Alors le baissant a une indexation sur le cours du gasoil qui est la référence en matière de transport.
05:54C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un transporteur, ce qu'il veut, c'est être en mesure de mesurer
05:59sa compétitivité par rapport au gasoil.
06:01Et donc pour ça, il faut qu'il puisse voir en termes de TCO, donc de coût total d'opération,
06:07où il en est par rapport au gasoil.
06:09Et donc le baissant aujourd'hui a, on va dire, on voit une indexation pour être en mesure de mesurer
06:15cette compétitivité.
06:16Pourtant, en termes de prix, il est plus compétitif.
06:19Comment cette production de biocarburant, on parle de colza, quel rôle ça joue dans la stimulation ou le soutien à
06:30l'agriculture française ?
06:31C'est effectivement un élément très clé puisque le olé au sang, c'est un moyen de faire le pont
06:37entre les agriculteurs et les transporteurs.
06:39C'est-à-dire que les transporteurs, ils ont cette logique de devoir décarboner, de devoir garder la souveraineté et
06:46la compétitivité.
06:47Et là, quand on va aller utiliser ces énergies renouvelables et les vendre nos transporteurs,
06:55en fait, on va aller mettre de la valeur dans les produits issus de l'agriculture et permettre de décarboner
07:02en aval.
07:03Et il y a un autre point dont on peut parler, c'est qu'on a parlé des réductions d
07:07'émissions minimum de 60% de tout à l'heure.
07:09Et nous, en fait, on a une offre sur des réductions d'émissions à 80% de CO2.
07:14Et pour ça, ça passe par un changement d'itinéraire technique au niveau de l'amont agricole.
07:19Et on va aller payer une prime aux agriculteurs pour qu'ils s'engagent à faire ces changements d'itinéraire
07:23techniques,
07:24qui va permettre de faire du stockage de carbone dans le sol.
07:26Et ensuite, on va aller, pour les transporteurs qui sont déjà au B100, leur permettre d'avoir une offre qui
07:34soit beaucoup plus décarbonée que la première.
07:36Et donc, ainsi de suite, avec des engagements Scope 1, Scope 2, qui visent à décarboner de plus en plus,
07:41permettre d'avoir une trajectoire de décarbonation qui soit croissante.
07:44Avec une autre question, qui est la concurrence, entre guillemets, avec la production alimentaire.
07:51C'est-à-dire que les agriculteurs ne sont pas là pour faire du carburant au départ.
07:55Ils sont là pour nous nourrir et nourrir les animaux.
07:58Exactement.
07:59Et c'est là où on voit qu'aujourd'hui, c'est un sujet qui remonte assez souvent,
08:03mais on peut le dire très clairement, il n'y a pas de concurrence entre faire du B100 et nourrir
08:10les hommes ou nourrir les animaux.
08:11Puisque, comme je le disais tout à l'heure, dans une graine de colza, et ça c'est un ratio
08:15qui est immuable,
08:16il y a 55% de protéines, 45% d'huile.
08:19La protéine, aujourd'hui, quand on regarde la France et même l'Europe, on importe énormément de protéines,
08:25notamment de soja, pour nourrir nos animaux.
08:28Grâce à la culture du colza, qui est un peu plus déployée en France que dans certains autres pays,
08:33et au B100 qui est mis en place, le taux d'indépendance protéinique,
08:38il est 20% plus élevé en Europe que dans le reste de l'Union Européenne.
08:42C'est 55% d'indépendance protéinique pour les animaux en France, 35% dans le reste de l'Union
08:50Européenne.
08:51Et donc ça, ça vient parce qu'il y a une coproduction entre la protéine et les huiles qui vont
08:56servir à faire les biocarburants.
08:57Le deuxième point à avoir en tête, c'est que l'usage huile alimentaire est toujours servi en priorité.
09:05Aujourd'hui, on est sur les huiles alimentaires dans un marché qui est mature, il y a assez peu de
09:09croissance de la demande,
09:11et donc tout ça va venir s'équilibrer entre les débouchés animaux, les débouchés alimentation humaine et les débouchés énergie.
09:19Vous êtes boosté par les réglementations, qu'elles soient françaises ou européennes aujourd'hui ?
09:24Alors la réglementation, c'est effectivement un moyen d'aller accélérer cette décarbonation.
09:29Donc c'est principalement fait au niveau européen, avec notamment le Green Deal,
09:35qui vise à réduire de 55% les émissions en 2030 par rapport à 2005,
09:40et ensuite toutes les transpositions qui sont faites au niveau français.
09:44Et donc ça, ça va être une obligation de décarbonation sur les carburants qui sont vendus,
09:49et de l'autre côté, il y a aussi les obligations de décarbonation ou de reporting, on dit CSRD,
09:55pour les clients des transporteurs, donc on appelle les chargeurs,
09:59qui ont aussi des obligations de décarbonation,
10:01les constructeurs ont aussi des obligations de décarbonation,
10:03et donc tout ça va dans le même sens pour aller permettre de répondre à l'ensemble de ces obligations.
10:08Et alors ces biocarburants, on va commencer à pouvoir plus les utiliser aussi dans nos voitures, pour les particuliers ?
10:14Alors dans les voitures, c'est un petit peu différent,
10:16puisque aujourd'hui il y a un maximum technique d'incorporation,
10:21qu'on appelle le blend wall en genre technique,
10:24mais si vous faites le plein avec vos toitures diesel,
10:26vous voyez une petite pastille marquée B7,
10:28c'est-à-dire qu'il y a 7% de biocarburant dans le gasoil qui est distribué.
10:33Il pourrait y en avoir plus ?
10:34Alors il y a des stations B10,
10:36mais après en fait il y a des contraintes de distribution
10:40qui font que le B7 est le grade immensément distribué.
10:45Le B100 en fait il est fléché vers ce qu'on appelle les flottes captives,
10:49donc c'est un moteur homologué,
10:51un système de logistique, un système de distribution spécifique,
10:54c'est-à-dire que vous voyez très peu les transporteurs aller faire le plein à la pompe,
10:57ils ont leur propre cuve,
10:59que ce soit du gasoil avant ou que ce soit du B100 aujourd'hui,
11:02dans leur dépôt,
11:03et ils vont faire le plein dans leur dépôt.
11:05– Merci beaucoup Bastien Le Bouélec,
11:08à bientôt sur Bsmart4Chain,
11:09on passe tout de suite à notre rubrique transitions urbaines,
11:12on part à Lille avec Alexandre Herveau et son invité.
11:16– Sous-titrage ST' 501
Commentaires

Recommandations