- il y a 2 jours
Ce lundi 19 octobre, Patrice Gautry, chef économiste de l'Union Bancaire Privée, Mikael Petitjean, chef économiste de Waterloo AM et professeur à l'université de Louvain, et Frank Benzimra, responsable de la Stratégie Actions en Asie chez Société Générale CIB, étaient les invités dans l'émission Good Morning Market, présentée par Nicolas Pagniez, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:04BFM Business, 9h, 9h30, Good Morning Market, Etienne Braque.
00:12Il est 9h et vous êtes en direct sur BFM Business avec un CAC 40 qui ouvre en recul,
00:17moins 0,89% à l'heure où on se parle, à 7 886 points.
00:22Le DAX, on le saura dans quelques instants, l'Eurostock se recule également,
00:25moins 0,5% à 6176 points. On regarde évidemment ce qui s'est passé du côté des marchés obligataires,
00:31bien sûr l'OAT 10 ans qui s'est tendu à l'ouverture ce matin, 4,84%.
00:36Le spread franco-allemand qui se tend encore légèrement, il est à 144 points de base à l'heure où
00:43on se parle.
00:44On reviendra bien sûr sur tous ces éléments dans Good Morning Market avec nos experts,
00:47Mickaël Petitjean, chef économiste de Waterloo AM, mais aussi Patrice Gautry,
00:52chef économiste de l'Union bancaire privée. Qu'est-ce que les événements du week-end en France
00:57nous disent de la situation politique française alors que Moody's doit se prononcer vendredi
01:02sur la future note de crédit de la France ? Moody's qui s'inquiétait déjà en début de mois
01:07sur la fragmentation politique française et qui conserve pour l'instant sa note A3
01:12mais avec une perspective négative. Est-ce que cela peut changer l'appréciation de la France
01:17par les marchés ? Nous en parlons avec nos invités.
01:19Et puis dans la dernière partie de Good Morning Market, nous recevrons Franck Benzimra,
01:23responsable de la stratégie Action en Asie chez Société Générale CIB.
01:26Et nous reviendrons sur cette possible dégradation de la bourse de Jakarta.
01:30À 9h30, vous retrouverez les experts avec leur closier.
01:34Bonjour Nicolas, bonjour à tous. Et évidemment dans les experts, on continuera sur les questions de violences urbaines.
01:39Quelle image de la France à l'étranger ? Quel impact sur les marchés obligataires ?
01:43Nicolas le disait, ça monte déjà ce matin.
01:45On sera avec Cécile Maisonneuve, fondatrice de Décisive, avec Léonidas Calogero-Poulos,
01:48PDG de Médiation et Arguments, et avec Christian Saint-Etienne, économiste, auteur de Trump.
01:53Et comment sauver la France et l'Europe ? C'est dans 25 minutes.
01:589h02 et le CAC 40 recule de 0,94% à présent à 7881 points.
02:04On y revient dans un instant, mais tout de suite, le journal.
02:11C'est la sidération chez les commerçants ciblés tout au long du week-end par des casseurs en marge des
02:17manifestations contre la vie chère.
02:19Ils ont pillé, incendié, détruit des vitrines.
02:22Les dégâts sont considérables.
02:23Rien que sur la journée de samedi, c'était plusieurs centaines de millions d'euros pour 1500 magasins touchés.
02:28Une première estimation revue déjà à la hausse ce matin par Alain Di Crescenzo,
02:33c'est le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie. Il était en direct sur BFM Business.
02:38Sachant qu'il y a des villes aujourd'hui qui ne nous ont pas remonté les problématiques,
02:41que sont des villes comme Lille, Le Mans, Toulon, Angers, Saint-Etienne, Chambéry.
02:46Donc, à mon avis, on se rend de là de 2000.
02:48On a besoin de redresser nos commerces, de retrouver la paix de travailler dans nos territoires et dans nos centres
02:54-villes,
02:54dans une période, vous l'avez dit, qui est cruciale.
02:58Novembre, décembre, c'est 40% du chiffre de fer pour nos commerçants.
03:02Emmanuel Macron lui a promis d'être intraitable hier soir avec ceux qui ont détruit, cassé et pillé.
03:08Il s'est engagé aussi à la mise en œuvre d'aides rapides pour les commerçants.
03:12Et ça se joue dès ce matin à Bercy, où ils sont réunis avec les banques et assurances.
03:16Et on attend des annonces, notamment sur l'urgence de l'indemnisation.
03:20Victor Joannin.
03:21Oui, les propriétaires des commerces touchés ont cinq jours pour déclarer le sinistre.
03:25Mais le gouvernement devrait annoncer ce matin un allongement de ce délai,
03:29tout en demandant aux assureurs d'accélérer les délais de traitement.
03:33Le chômage partiel devrait être déclenché, ainsi qu'un moratoire des dettes fiscales et sociales,
03:39selon une source au sein de l'exécutif.
03:41Malgré ces aides, de nombreux magasins n'auront ni le temps ni les moyens de réparer et de refaire leurs
03:46stocks.
03:46Avant la période cruciale de la fin d'année, Black Friday dans quelques semaines, puis Noël,
03:52beaucoup de commerces vont tomber, craint un de leurs représentants fataliste.
03:56Lors de la réunion de ce matin, il plaidera pour que l'État rétablisse la sécurité dans les centres-villes,
04:01la priorité pour que les clients reviennent consommer sans crainte.
04:04Dans le reste de l'actualité à 9h04, la croissance chinoise qu'on a eue cette nuit,
04:084,5% au troisième trimestre, c'est au-dessus des attentes.
04:12Et de retour dans la fourchette de l'objectif du gouvernement à Pékin,
04:16après 4,3% au deuxième trimestre.
04:19Et puis, une annonce de Carrefour qui est tombée d'accord avec Coleroyd pour le rachat de Codifrance.
04:24C'est le spécialiste de la distribution de proximité.
04:28Un accord à 152 millions d'euros.
04:32Il est 9h04 et vous êtes toujours en direct sur BFM Business dans Good Morning Market
04:36avec un CAC 40 qui tutoie un recul de 1%, moins 0,94%, à l'heure où on se parle,
04:43à 7883 points.
04:45Le DAX qui lui recule de 0,39% à 25 522 points.
04:50Beaucoup, beaucoup de valeurs du CAC 40 en recul aujourd'hui,
04:53à commencer par Accor, moins 2,56%, Carrefour, moins 2,14%.
04:58BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale,
05:00toutes orientées dans le rouge à l'heure actuelle avec des reculs de plus de 2%.
05:03On note également EFA, Gessilor, Lixotica, Safran, Stellantis, orientées dans le rouge.
05:08Parmi les quelques valeurs orientées dans le vert à l'heure actuelle,
05:11on voit notamment Euronext qui gagne 2% en lien avec l'alimentation relèvement d'une recommandation de Citigroup,
05:18mais aussi Capgemini, Dassault Systèmes, Total Energy, Publicis Group, Sanofi, Bureau Veritas ou ST Microelectronics.
05:24Les seules valeurs orientées dans le vert à l'heure actuelle.
05:26On regarde bien sûr le niveau des taux.
05:28L'OAT 10 ans est aux alentours des 4,84%, sous les 5%,
05:32mais ça se tend par rapport au niveau de fin de semaine dernière.
05:35Ce qui se tend également, c'est le spread franco-allemand.
05:37On était aux alentours de 139 en fin de semaine dernière.
05:40On est aux alentours de 144 à l'heure où on se parle en lien, bien sûr,
05:44avec les événements que l'on a connus dans le week-end.
05:46Et on y reviendra dans un instant avec nos deux invités.
05:49On se posera aussi la question de ce que cela change par rapport à la façon dont les marchés voient
05:54le risque politique français.
06:099h08 sur BFM Business et le CAC 40 qui continue à reculer à moins 1,07% à 7871 points
06:16dans le sillage du week-end que l'on a connu, de week-end d'émeute que l'on a
06:20connu dans toute la France.
06:22Nous en parlons avec nos invités. Nous avons le plaisir d'être avec Mickaël Petitjean,
06:26chef économiste de Waterloo M, qui est en duplex avec nous.
06:29Patrice Gauthry, chef économiste de l'Union bancaire privée.
06:32Bonjour à tous les deux. Patrice Gauthry, on va commencer avec vous.
06:35L'OAT, 10 ans, qui se tend légèrement ce matin.
06:38On est aux alentours de 4,85%.
06:41On est sous les 5%, mais ça se tend par rapport au niveau de vendredi.
06:46On voit le spread franco-allemand se tendre aussi légèrement.
06:48On reste globalement dans la zone des 140 points de base, mais ça progresse.
06:52On était aux alentours des 144 il y a quelques minutes lorsque l'on a calculé.
06:58Qu'est-ce que ça nous dit de la réaction des marchés face aux événements du week-end,
07:03mais face aux risques politiques français, Patrice Gauthry,
07:06alors qu'en fin de semaine, Moody's doit rendre sa copie sur la note de crédit de la France ?
07:12Oui, effectivement. On a une situation dans laquelle les incertitudes politiques s'ajoutent à une impasse budgétaire,
07:20ce qui veut dire que la visibilité est encore plus réduite et les marges de manœuvre à la fois politiques,
07:27mais aussi économiques et budgétaires, deviennent elles aussi de plus en plus réduites.
07:32Le budget est en cours de discussion.
07:34Il n'est pas sûr qu'il puisse être voté.
07:37Si malheureusement le budget ne pouvait pas être voté, on s'engagerait vers une dérive du déficit budgétaire
07:45qui serait bien au-delà des 5,4 %, voire vers 6 % ou même encore au-delà.
07:52Et à ce moment-là, effectivement, ça traduirait ou ça renforcerait les inquiétudes de marché.
07:57Donc effectivement, les agences de natation vont constater cela.
08:01Est-ce qu'elles vont sanctionner ou pas plus avant le gouvernement français et la note de la France ?
08:09Ça va être en discussion.
08:10Ça va être une passe relativement étroite, effectivement, pour ces notations,
08:17puisque effectivement la croissance est limitée, 0,4 %.
08:21L'an prochain, ça va être difficile d'atteindre 1 %.
08:24Et surtout, effectivement, ça va être difficile de contrôler les dépenses budgétaires,
08:29puisque l'ensemble des événements et les manifestations derrière,
08:33qui demandent effectivement plus d'efforts dans l'éducation,
08:36devraient se traduire elles aussi, et le pouvoir d'achat devrait se traduire elles aussi
08:40ou pourraient se traduire elles aussi par des dépenses budgétaires à court terme supplémentaires.
08:45Donc une impasse budgétaire, une difficulté politique,
08:49qui effectivement risque d'être sanctionnée par les agences de notation.
08:52Mais vous l'avez rappelé, effectivement, on n'est pas non plus avec un spread à 150 ou au-delà
08:58de 150,
08:58ce qui veut dire qu'il y a une attitude inquiète, certes, des marchés financiers et du marché obligataire,
09:04mais ce n'est pas non plus, je dirais, un niveau de risque et de prime de risque qui est
09:09au maximum.
09:11Malheureusement, on pourrait avoir en fait d'autres dégradations si la situation venait encore plus à s'enlimer
09:16et si on ne trouve pas une solution au moins à court terme.
09:21Michael Petitjean, même question.
09:22Comment est-ce que vous regardez ces niveaux de marché obligataires ce matin,
09:26que ce soit l'OAT 10 ans qui est aux alentours des 4,85 ou l'OAT 30 ans qui
09:30est aux alentours des 5,42 ?
09:32On a pris entre 5 et 6 points de base par rapport au niveau de vendredi.
09:36C'est une réaction de marché par rapport aux événements du week-end.
09:38On n'est pas non plus dans une panique sur les marchés obligataires
09:43puisqu'on revient sur des niveaux qu'on a connus la semaine dernière.
09:45On n'a pas dépassé les 5% sur le 4,84.
09:49Mais est-ce que cela doit nous mettre une alerte supplémentaire sur la signature France
09:54en lien avec ces agences de notation dont Moody's doit s'exprimer vendredi ?
10:00Fitch a également annoncé qu'elle pourrait revoir sa note
10:04si jamais la situation budgétaire française venait à se dégrader.
10:06Là, on a plutôt des éléments qui tendent à montrer qu'on aura du mal à réformer en profondeur
10:12le budget français, Mickaël Petitjean.
10:16Oui, je pense que si la situation n'évolue pas, l'année prochaine, on aura des charges d'intérêt
10:22qui vont monter jusqu'à 73 milliards d'euros en 2027.
10:27Ce sera un budget plus important que celui consacré au budget des armées,
10:32donc aux armées, et c'est quand même un signal qui est fort.
10:36Vous savez, la décision de Moody's de descendre ou pas la note double A3 à A+, à A1,
10:46ce n'est pas une décision qui est extrêmement importante,
10:48parce que je pense que de toute façon, les deux autres agences,
10:50elles ont déjà décidé de faire perdre le double A à la France,
10:55mais néanmoins, écoutez, ce qui se passe...
10:58C'est symbolique, ça veut dire que les trois agences seraient dégradées.
11:03Pardon ?
11:03C'est symbolique, puisque aujourd'hui, la note de Moody's est la note la plus élevée
11:08des trois grandes agences de notation.
11:10Ce sera la fin du double A pour la France, mais ce n'est pas trop étonnant.
11:14Maintenant, vous savez, moi je regarde quand même le Wall Street Journal ce matin,
11:17et la nouvelle qui était la plus commentée sur la page du Wall Street Journal en ligne,
11:22c'était les émeutes en France, donc c'est quand même un signal qui est extrêmement négatif
11:27pour l'ensemble de l'économie française.
11:29On a un décrochage de la France, il faut quand même regarder les choses en face,
11:32même sur le plan boursier, il suffit de regarder déjà,
11:35même pas le CAC 40 au SNP 500,
11:38mais vous regardez le CAC 40 depuis le début d'année face au DAX,
11:41c'est un décrochage.
11:42Vous regardez l'évolution de la dette et du spread,
11:45c'est un décrochage de la France,
11:46ce n'est pas un décrochage de l'ensemble de plusieurs pays.
11:49On a quand même là un risque idiosacratique,
11:51heureusement d'ailleurs qu'il n'est pas systémique à l'ensemble de la zone euro pour l'instant,
11:56mais c'est quand même inquiétant,
11:58on a un spread 150,
12:00il faut quand même se rappeler qu'au sommet de la crise de la zone euro en 2011,
12:05on était à 190,
12:07on est à 40 points de base de ce sommet-là,
12:10on n'est pas dans une crise systémique,
12:12on est à 150 environ,
12:14écoutez, il faut quand même regarder les choses en face,
12:17c'est inquiétant pour la France,
12:19et heureusement que la situation ne touche pas encore de trop trop près l'Italie,
12:24mais on a quand même derrière la Belgique qui n'est pas en bon état,
12:27la Belgique c'est aussi un très gros emprunteur sur les marchés financiers,
12:31et je rappelle que la dette française est détenue à environ 55% par des investisseurs étrangers,
12:37donc il faudra quand même reprendre la barre du bateau qui est en train de naviguer,
12:44qui est en train de tanguer,
12:46parce que le respect des règles de droit,
12:49c'est une composante majeure de la prime de risque
12:51que l'on observe à la fois sur le marché des actions et sur le marché obligataire.
12:56– Patrice Gautry, y a-t-il un risque vis-à-vis de l'attrait des investisseurs étrangers en France,
13:01que ce soit vis-à-vis de la dette française ou vis-à-vis des entreprises françaises,
13:06quand on voit que la situation de ce week-end
13:09vient dans la continuité de questionnements sur le risque politique français
13:14et sur la capacité de la France à accompagner les investissements
13:19et qui fléchent vers l'économie réelle notamment ?
13:22– Alors oui, le risque porte plus sur la notation française
13:27et le risque politique, le risque budgétaire
13:30et donc le risque des taux que sur les entreprises en elles-mêmes,
13:34puisqu'on l'a vu effectivement, il y a une dégradation des spreads
13:40et éventuellement de la notation française,
13:43alors que les entreprises se comportent mieux sur les marchés obligataires.
13:46Donc effectivement, la dette française coûte plus cher
13:50alors que la dette des entreprises françaises est relativement mesurée
13:54ou l'évolution a été beaucoup plus mesurée
13:56puisque les entreprises ne travaillent pas uniquement sur la France en termes géographiques
14:01mais ont des revenus et des profits qui proviennent du reste du monde.
14:06Donc là, il y a une situation qui est clairement discriminée sur les marchés financiers.
14:10Après, pour revenir sur la dette française et ramener des investisseurs étrangers,
14:16effectivement, ça vient d'être rappelé, on est détenu à plus de 50%
14:20par des investisseurs qui sont zone euro, hors zone euro et hors des institutions
14:28ou des banques et des assureurs français.
14:32Donc là, ces étrangers-là ne sont pas prêts de revenir
14:35et vont attendre la visibilité ou soit des taux d'intérêt qui seraient,
14:39par exemple, autour de 5%.
14:40Là, on pourrait se poser la question de l'attrait relatif.
14:44Donc la dette est déjà, effectivement, il y a déjà un de-rating en définitive
14:47sur les marchés financiers en dehors des agences de natation.
14:50Il y a déjà un de-rating, en fait, de la note gouvernementale française.
14:55Pour ramener les étrangers, il faut de la visibilité.
14:57Et comme je le disais tout à l'heure, il faudrait le premier signal,
15:00ce serait un vote du budget qui permette d'avoir, je dirais,
15:04une épure budgétaire pour l'an prochain, même si, effectivement,
15:07ces discussions budgétaires reviendront une fois les élections présidentielles passées.
15:12Un mot peut-être au-delà de la situation française,
15:16des éléments qui font bouger les marchés aussi.
15:18Il y a les sujets d'inflation aux États-Unis,
15:21intervention de banques centrales éventuelles,
15:24ou en tout cas anticipation de marché sur des hausses de taux.
15:27Peut-être avec vous, Mickaël Petitjean,
15:30est-ce que c'est de nature à venir peser encore sur l'obligataire ?
15:35Alors, l'obligataire américain, mais on a vu quand même
15:36que la flambée obligataire récente a été, j'ai envie de dire,
15:40synchronisée presque au niveau mondial.
15:42D'ailleurs, Kevin Warch s'exprimait la semaine dernière
15:45sur les réactions des banques centrales,
15:47lui aussi parlait de réactions synchronisées.
15:50Quelle réaction a cette inflation américaine
15:53et à ces anticipations de hausses de taux de la Fed, Mickaël Petitjean ?
15:57Écoutez, je suis moins inquiet sur la soutenabilité de la dette américaine
16:01que de la soutenabilité de la dette française, je vais être franc avec vous.
16:05Il y a une règle toute simple,
16:07elle consiste à comparer le taux de croissance du PIB nominal
16:13au taux d'emprunt sur la dette.
16:15Alors, généralement, on regarde un peu le taux d'emprunt à 10 ans,
16:18alors c'est une règle à doc,
16:19parce qu'évidemment, il y a encore de l'ancienne dette
16:22qui a été émise à des taux très bas,
16:24mais quand on fait ce petit calcul, qu'on regarde ce petit calcul
16:27que les investisseurs regardent,
16:28à première vue, vous savez,
16:30le différentiel entre le taux de croissance du PIB nominal,
16:33qui est de 6,3% actuellement aux États-Unis,
16:37et le taux d'emprunt à 10 ans,
16:40eh bien, il est positif.
16:41On a encore un coussin de sécurité,
16:44j'allais dire, de 1,2 point de pourcentage environ.
16:47En France, on est à moins de 2 points de pourcentage.
16:52Donc, les pressions inflationnistes aux États-Unis,
16:55elles s'expliquent par la bonne tenue de l'économie américaine.
17:00On a un CPI, certes, qui est loin de la zone des 2,2,5,
17:03on est à 3,7% sur base annualisée,
17:06et quand on purge les facteurs exogènes,
17:10dont le pétrole et qu'on regarde le PCE Corp,
17:12que la Fed regarde davantage,
17:14on est à 3,1%.
17:15Donc, ça reste, évidemment, préoccupant pour l'évolution des taux.
17:19Nous, on s'attend à une hausse des taux jusqu'à la fin de l'année
17:22et encore une deuxième début de l'année prochaine.
17:25Mais il y a des bonnes et des mauvaises raisons
17:27à cette augmentation des taux d'intérêt.
17:28Nous, aux États-Unis, on estime qu'il y a plus de facteurs positifs que négatifs.
17:32Il faut regarder aussi le dynamisme sur le marché du travail.
17:35Vous savez, on a, je pense, enregistré encore ici
17:39des inscriptions hebdomadaires au chômage
17:42en dessous de 200 000 unités depuis cinq semaines consécutives.
17:47Il faut remonter jusqu'en 1969 pour voir de tels résultats.
17:50Donc, il y a un dynamisme de la part de l'économie américaine
17:54qui explique cette hausse des taux d'intérêt.
17:57Et encore une fois, je le dis souvent,
17:59le marché obligataire fonctionne par concours de beauté.
18:03Et la dette américaine est moins laide,
18:05si vous me permettez l'expression,
18:07que ce que j'observe ailleurs,
18:08notamment dans un pays comme la France.
18:11– Patrice Gautry, même question.
18:13Il y a effectivement, les marchés réagissent quand même beaucoup,
18:16surtout d'ailleurs à la situation américaine.
18:20On entendait sur ce plateau il y a quelques jours
18:22que des taux obligataires à 6% aux États-Unis,
18:25ce n'était pas forcément si grave,
18:26étant donné qu'on était dans un pays
18:28où il y avait de la croissance
18:28et il y avait de la croissance des bénéfices.
18:30Vous partagez cet avis ?
18:32– Alors, 6%, c'est un petit peu élevé,
18:35parce qu'effectivement, derrière, il y a la mécanique.
18:37Il y a un secteur, lui, qui n'aime pas du tout ces hausses de taux,
18:40c'est le secteur de l'immobilier américain qui lui souffre.
18:43Et puis, bien entendu, on voit, je dirais,
18:45les questions que l'on peut avoir sur certains emprunteurs
18:48du côté des entreprises,
18:49et y compris dans la tech,
18:50où effectivement, les taux de rémunération sur la dette
18:53ont singulièrement remonté.
18:56Et donc, effectivement, il peut y avoir des secteurs
18:58ou des segments de l'économie américaine
19:00qui souffrent quand même de cette remontée des taux.
19:04Alors, on a vu, effectivement,
19:05Kevin Warsh, à l'occasion du FMI,
19:06a plutôt voulu un ton rassurant
19:09en se détendant du calendrier, en quelque sorte,
19:12et rassurant les marchés financiers,
19:15comme quoi il pourrait ne pas y avoir
19:17de hausse de taux, donc au mois d'octobre,
19:19en ce qui renvoie à la prochaine hausse de la Fed,
19:21donc au mois de décembre,
19:23se donnant du temps d'observer l'activité
19:26et se donnant du temps, probablement aussi,
19:29par rapport au calendrier électoral,
19:30puisque là, la situation est un petit peu précaire
19:34par rapport à la majorité républicaine
19:36qui est en place.
19:37Néanmoins, effectivement, comme ça a été rappelé,
19:39on voit que les tensions inflationnistes américaines
19:42ne proviennent pas uniquement des prix du pétrole,
19:45mais c'est bien la force de la demande domestique
19:49qui, maintenant, est en train de mettre en place
19:51des hausses plus prégnantes sur l'indice Coeur,
19:55c'est-à-dire hors énergie et biens alimentaires.
19:58Et à ce titre-là, il serait justifié
20:01que la Fed augmente ses taux.
20:03Que ce soit octobre, à la limite,
20:04ce serait peut-être mieux pour pouvoir contrôler
20:07l'inflation, mais effectivement,
20:08par rapport à la volonté politique
20:10et par rapport au discours de Warch,
20:12c'est bien visiblement la Fed va sonner du temps
20:14et montra encore les taux, probablement,
20:17donc en décembre.
20:19Un mot à présent de cette saison des résultats
20:21qui s'est ouverte la semaine dernière aux États-Unis.
20:24On a découvert les publications
20:26d'un certain nombre de banques,
20:27mais aussi d'ASML ou encore de TSMC.
20:33Excusez-moi, peut-être qu'on peut continuer avec vous,
20:35Patrice Gauthry.
20:36Beaucoup de publications cette semaine,
20:37je ne vais pas toutes les citer,
20:38mais SpaceX, Netflix, Meta, Tesla, Procter & Gamble,
20:42attendues tout au long de la semaine.
20:43Quelles analyses, quelles attentes vous avez
20:45sur la croissance des bénéfices ?
20:47Des croissances assez élevées attendues aux États-Unis,
20:49notamment, quelles attentes vous avez ?
20:52Oui, globalement, on devrait ressortir à plus de 30%
20:55sur l'ensemble du trimestre en progression sur un an.
20:58Et bien entendu, cette semaine, on va regarder,
21:00on va suivre avec attention ce qui se passe avec Meta,
21:03c'est-à-dire de voir, effectivement,
21:05quel est le rythme des investissements.
21:07Est-ce que ceci se modère ?
21:09Est-ce qu'au contraire, on continue ?
21:11Est-ce qu'il y a la possibilité de monétiser,
21:13effectivement, l'ensemble de ces investissements ?
21:15Donc, c'est plus, je dirais, en dehors des chiffres
21:17qui seront certainement très bons,
21:19eh bien, c'est, je dirais, l'horizon de moyen terme
21:22qui sera décrit pour le secteur de la technologie,
21:24car on a vu, effectivement, du chahut dans ce secteur-là
21:27et l'obligation pour les investisseurs
21:29de discriminer entre les différents acteurs
21:32et de discriminer aussi entre les actions de la technologie
21:36et la dette de la technologie,
21:38où il y a, effectivement, matière à distinguer un petit peu le cycle.
21:42de la nouvelle technologie et de l'intelligence artificielle
21:44n'est pas uniforme, et pour les investisseurs,
21:46ça vaut la peine de discriminer dans son portefeuille.
21:49Donc là, beaucoup de rendez-vous,
21:50cette semaine et la semaine prochaine, encore.
21:52Michael Petitjean, est-ce que les attentes
21:54vis-à-vis de la thématique intelligence artificielle,
21:56qui devrait être celle qui tirerait la croissance des bénéfices
22:01sur cette saison des résultats,
22:02sont trop élevées, selon vous, ou justifiées,
22:06alors même qu'on voit de plus en plus de questionnements
22:08sur la partie semi-conducteur,
22:09notamment depuis quelques jours sur les marchés ?
22:13Écoutez, il faut quand même reconnaître
22:15que les bénéfices ont été là jusqu'ici,
22:18en tout cas la croissance des bénéfices
22:19a été là jusqu'ici.
22:21Donc ça, c'est un fait.
22:22Il y a une croissance des bénéfices
22:24qui est extraordinaire depuis le début de l'année.
22:28Les perspectives restent très bonnes.
22:30Et de notre point de vue, la bonne nouvelle,
22:32même si on peut l'analyser de deux manières différentes,
22:35la bonne nouvelle, c'est que les rapports courts bénéfices
22:37sont à des niveaux beaucoup plus attractifs
22:41que ce n'était le cas à la fin de l'année dernière.
22:44Alors évidemment, la compression des multiples
22:46peut s'expliquer par une forme de pessimisme
22:49ou d'aversion pour le risque plus élevé
22:52de la part des investisseurs,
22:53mais ça laisse justement du mou à un éventuel rebond,
22:56parce que la performance des bourses américaines
22:59depuis maintenant 2022, on va dire,
23:01depuis ce mouvement haussier,
23:04eh bien cette performance des bourses américaines,
23:05elle s'explique environ trois quarts, deux tiers
23:08par la croissance des bénéfices
23:12et uniquement un quart, un tiers par les multiples.
23:19Donc il y a encore une potentialité
23:21de progression des multiples.
23:23Nous, on reste quand même malgré tout conservateurs.
23:25On a maintenu notre objectif du S&P 500 à 7 900 points
23:28avec un objectif de 425 dollars sur les bénéfices par action
23:32et un multiple de 18,6.
23:35Vous voyez, donc on est relativement conservateurs
23:37au niveau du multiple,
23:38mais on pense qu'il y a un potentiel de rebond
23:40si l'aversion pour le risque vient à diminuer,
23:43notamment en lien avec les tensions au Moyen-Orient.
23:46Merci messieurs d'avoir été avec nous
23:48et je vous propose de se retrouver tout de suite
23:50avec Franck Benzimra de Société Générale CIB
23:53pour faire un point très rapide sur la bourse de Jakarta.
24:01Franck Benzimra, on va échanger une minute à peu près
24:05sur cette bourse de Jakarta
24:07qui pourrait être dégradée selon MSCI.
24:12Franck Benzimra, vous êtes responsable
24:13de la stratégie Action en Asie
24:14chez Société Générale CIB.
24:16Que se passe-t-il à Jakarta ?
24:19Le marché a baissé de 15% en deux jours.
24:23Alors bon, c'est un petit marché,
24:25à peu près 1% du MSCI émergent,
24:28mais c'est une très grosse économie,
24:29à peu près trois fois la taille du Vietnam.
24:33Et ça, c'est que vous avez ce risque de downgrade
24:36par MSCI d'un statut émergent à un statut autonome.
24:44C'est-à-dire que vous avez un risque
24:45que les investisseurs internationaux doivent vendre
24:51leurs titres indonésiens,
24:54en tout cas ceux qui ont une allocation passive.
24:55Et donc ça pèse sur la devise,
24:57ce qui crée des tensions sur les taux.
25:01Et vous avez demain, après demain, pardon,
25:04la réunion de la Banque centrale,
25:05de Banque Indonesia,
25:06qui pourrait monter les taux
25:09de façon assez drastique,
25:11peut-être de 50 points de base,
25:13afin de faire face à ce risque
25:17de sortie massive de capitaux.
25:20Les raisons de cette dégradation,
25:22Franck, en quelques secondes,
25:23c'est un manque de transparence sur l'actionnariat
25:25et aussi quelques soupçons de manipulation de marché.
25:27C'est bien ça ?
25:29Oui, manque de transparence,
25:32des flottants qui sont beaucoup trop bas
25:34par rapport à ce qui est attendu
25:37pour faire partie des émergents.
25:40et puis des réformes
25:43qui, semble-t-il,
25:45ne vont pas aussi rapidement
25:47que ce que MSCI
25:50et ce que les clients de MSCI
25:53auraient voulu.
25:55Donc vous avez aujourd'hui,
25:57vous avez eu beaucoup de discussions
25:59qui ont lieu
26:00entre les autorités boursières et MSCI.
26:02Merci Franck Benzimra,
26:04responsable de la stratégie Action en Asie
26:05chez Société Générale CIB.
26:06On se quitte.
26:08Good Morning Market sur un CAC 40.
26:09On recule de 1,27% à 7 855 points.
26:13Restez avec nous en direct sur BFM Business.
26:15Dans un instant,
26:16les experts avec leur closier.