- il y a 3 mois
Ce vendredi 24 octobre, les effets de l'instabilité politique sur la croissance dans divers secteurs, le défi que représente la France pour l'Allemagne dans le domaine des véhicules 100% électriques, et la naissance d'un champion européen du spatial, ont été abordés par Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, Nathalie Janson, professeure d'économie à Neoma Business School, et Sophie Sidos-Vicat, présidente des CCEF et vice-présidente de la holding du groupe Vicat, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Il est 10h32, vous êtes sur BFM Business, on est de retour pour la seconde partie des experts,
00:05avec toujours Sophie Sidovica, Nathalie Jansson et Ludovic de Sauté.
00:10On va s'intéresser à la croissance française, on va faire un petit peu de conjoncture,
00:14parce que quand même, depuis la rentrée, on n'arrête pas de dire que l'instabilité politique va nous plomber la croissance.
00:21C'était le gros thème de la REF du MEDEF fin août.
00:25Et finalement, on voit que ces indicateurs ne sont pas si mauvais que ça.
00:30En réalité, l'INSEE a publié le climat des affaires pour le mois d'octobre,
00:37et l'enquête a été menée en plein marasme politique, avec la démission de Sébastien Lecornu,
00:43puis son établissement, bref, en pleine instabilité.
00:46Bon, le climat des affaires, il a progressé.
00:48Alors, c'est un petit point.
00:50Voilà, 97, on reste sous la moyenne historique, qui est à 100.
00:54Vous savez qu'au-dessus de 100, c'est que le climat est plutôt bon.
00:57En dessous, ce n'est pas terrible.
00:59Mais ça se redresse, Ludovic.
01:00Donc, est-ce qu'on ne joue pas à se faire peur ?
01:04Vous, les journalistes.
01:06Méchants journalistes économiques.
01:10Finalement, l'économie tient bon, les chaînes d'entreprise tiennent bon, malgré la tempête.
01:14Je vais raconter autrement.
01:16Cette lecture, moi, je la trouve rageante.
01:19Ah, un moment de colère de Ludovic de Sautet.
01:22Non, non, pourquoi je la trouve rageante ?
01:23Parce que ça signifie que si on ne vivait pas ce qu'on est en train de vivre,
01:27c'est-à-dire la première partie des missions, son budget et tout ça,
01:30l'économie irait pas mal.
01:32Non, mais c'est vrai, c'est la réalité.
01:35Et probablement que si Trump avait fait un peu moins le foufou,
01:39et s'il n'y avait pas l'Ukraine, plus quelques autres paramètres,
01:43l'économie irait être probablement très bien.
01:45Donc, ça, c'est la chance qu'on a.
01:47C'est-à-dire que, finalement, il y a un moteur, un diesel qui tourne pas mal derrière.
01:52Maintenant, oui, ça résiste.
01:54Mais après, avec des chiffres très contradictoires.
01:56Encore ce matin, le moral des ménages progresse,
01:59mais tout ce qui est, on va dire, marche, distribution, activité du secteur privé.
02:05Oui, ça dépend beaucoup des secteurs.
02:06Donc, ça dépend des secteurs et tout ça.
02:08Avec quand même deux lectures un peu plus fines qu'il est important d'avoir.
02:11D'abord, oui, ça résiste.
02:12On va dire que ça résiste.
02:13On va finir quoi ?
02:15La croissance va finir à 0,7 cette année, mais sur la...
02:170,8 !
02:180,8, ça a été réglé après.
02:20Mais on sait qu'il nous manque...
02:20C'est pas booming, on est d'accord.
02:22On sait qu'on a perdu 0,3, 0,4 avec l'instabilité politique.
02:25Et rebolote probablement l'année prochaine.
02:28Peut-être la semaine prochaine, d'ailleurs.
02:29On verra.
02:30L'absurde révélateur.
02:32Mais au-delà de ça, sur cette situation,
02:34attention parce qu'il y a des écarts énormes quand on regarde.
02:38Je vais prendre l'industrie, par exemple.
02:40Oui, ça va très bien dans l'aéronautique.
02:42Airbus a un carnet de commandes plein à tel point
02:45que leur problème numéro un, c'est un problème de supply chain.
02:47C'est-à-dire, en gros, comment j'arrive à produire ?
02:49Donc, ce qui est un luxe inouï, mais qui commence aussi à poser des questions.
02:52À l'inverse, il y a des secteurs où ça ne va pas du tout.
02:54Le bâtiment, ça ne va pas.
02:56Je regarde Sophie en même temps.
02:57Oui, on va pouvoir en parler avec Sophie.
02:59Il y a ceux qui s'en sortent.
03:00Alors, ça tombe bien, on a un poids lourd.
03:02C'est Airbus, donc quand il s'en sort, on le sent bien dans l'économie.
03:04Mais il y a des secteurs sur lesquels c'est lourdement à l'arrêt
03:08et sur lesquels, quand on regarde sur des séquences beaucoup plus longues,
03:12tous ces indicateurs, quand même, sont en dessous de la moyenne longue.
03:18Et donc, on est un peu en train de rater ce qu'il aurait pu être une belle vague de croissance
03:22si on avait eu un pays un peu plus...
03:24Probablement.
03:24En tout cas, je le crois.
03:25Sophie Sidovica.
03:27Donnez-nous l'expérience très concrète de la chef d'entreprise.
03:29Vous êtes dans le secteur, la cimenterie.
03:31C'est le bâtiment, c'est la construction.
03:33Comment ça va ?
03:34Oui, c'est compliqué.
03:35C'est très compliqué parce que tant que le logement sera à l'arrêt,
03:39tant que ça ne marchera pas.
03:41Quand le bâtiment va, tout va.
03:43Moi, j'aime bien cette phrase parce que c'est vrai.
03:45Aujourd'hui, quand on embauche quelqu'un dans l'entreprise,
03:48un jeune, il a besoin de se loger.
03:50Et il ne trouve pas à se loger.
03:51D'abord, on ne construit pas assez de logements sociaux, c'est clair.
03:54Mais là, on est arrivé vraiment à un point qui fait que
03:56les entreprises déposent le bilan.
03:59C'est catastrophique.
04:00L'économie du bâtiment est complètement à l'arrêt en France.
04:03Et c'est difficile.
04:04Alors, pas dans tous les secteurs.
04:05Travaux publics, ça marche plutôt pas mal.
04:07Mais logement, il n'y a plus rien.
04:08On s'est rendu compte qu'avec ce calendrier de rénovation énergétique,
04:13des classes, finalement, on n'arrive plus à loger,
04:16à louer un certain nombre de logements.
04:17Vous parlez du DPE, du diagnostic énergétique.
04:20Alors, on va revenir en arrière.
04:21Maintenant, quand on aura le chauffage électrique,
04:23on pourra repasser enfin dans je ne sais plus quelle classe,
04:25pour pouvoir relouer.
04:27Mais on est allé trop vite.
04:28Là, encore une fois, on a mis les...
04:29J'ai bien aimé, Ludovic, tout à l'heure, vous avez dit
04:31mon moteur diesel, il marche bien.
04:33Ah là, ça m'a fait plaisir.
04:34Parce qu'on a parlé cette semaine de Renault
04:38qui allait relancer des gammes de voitures thermiques.
04:42Et puis, deux jours après, on nous dit
04:43ah ben non, ça ne va pas pouvoir marcher,
04:44les politiques vont les bloquer.
04:46Mais quand est-ce qu'on va donner à l'entreprise
04:48le choix de pouvoir se relancer
04:50et de faire comme les Allemands,
04:52de faire comme les autres pays ?
04:53Nous, on est bloqués en France,
04:54on est toujours les premiers de la classe
04:56à ne pas pouvoir faire ce qu'on a envie de faire.
04:59Et c'est là le problème.
05:00Mais il y a des raisons derrière Sophie Sidovica.
05:02C'est cette interdiction à partir de 2035
05:04de produire des véhicules thermiques
05:06où effectivement, Paris a engagé un bras de fer
05:08avec Berlin.
05:09Berlin veut sauver son industrie automobile.
05:10Mais il y a des raisons environnementales derrière.
05:12Ça, c'était des règles qu'on avait lancées
05:13avant la guerre avec l'Ukraine,
05:16avant la Covid.
05:17On n'est plus dans le même monde aujourd'hui.
05:19On est dans un monde qui est difficile.
05:21Certes, on a besoin tous d'années de l'argent.
05:23Mais est-ce qu'on doit continuer
05:24à faire un tapis rouge aux Chinois ?
05:26Est-ce qu'on doit continuer à faire
05:27que de l'électrique pour reprendre
05:28toutes leurs batteries ?
05:29Je ne suis pas d'accord avec ça.
05:31Il faut faire attention à notre économie
05:32et pas tout mettre KO
05:34et tout mettre à plat.
05:36Le réchauffement climatique,
05:37c'est évidemment indispensable.
05:39Il faut faire des choses,
05:40il faut faire des choix.
05:41C'est clair.
05:42Mais alors, où on injecte plus d'argent
05:43dans l'économie française pour y arriver,
05:45ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
05:46Et donc, on va ralentir ce procédé.
05:49Et il faut qu'on continue.
05:50Et puis, dans les voitures thermiques,
05:51je suis désolée,
05:52aujourd'hui, les nouvelles voitures thermiques
05:53qui sortent,
05:54elles sont aussi très décarbonées.
05:55Les camions thermiques qui sortent,
05:56les 0,6, les 0,7+,
05:58ils sont 50% plus décarbonés
06:00que ceux qu'on avait il y a deux ans.
06:0350% plus décarbonés
06:05qu'il y a deux ans uniquement.
06:07Non, il y a cinq ans exactement.
06:08Il y a cinq ans.
06:09Donc, ne coupons pas le thermique aussi rapidement.
06:13Laissons encore le choix.
06:14Et puis, dans ces cas-là,
06:15ça veut dire qu'on n'est plus capable
06:16de se développer, d'investir,
06:17de se moderniser.
06:19Il ne faut pas aller trop vite
06:20dans ces mesures.
06:22Nathalie Jansson.
06:22Oui, moi, le secteur automobile,
06:24ça m'a toujours fait penser,
06:26je pense que la France rêve
06:28d'être comme la Chine,
06:29dans une certaine mesure,
06:30en disant,
06:30je vais faire de façon autoritaire,
06:31j'élimine les voitures thermiques,
06:34je ne fais que de l'électrique,
06:35et mes usines,
06:37elles sont comme ça.
06:38Comme on a dit à une époque,
06:39il ne fallait que du diesel,
06:41que c'était formidable,
06:41avant de détruire la filière.
06:43Il n'y a pas le plénum,
06:44il n'y a pas le parti commiste en France,
06:45donc en fait,
06:46on ne fait pas ça.
06:47Donc, on fait autrement.
06:48On dit,
06:48tu dois faire comme si,
06:50tu vas réduire,
06:50tu vas mettre cette norme,
06:52parce qu'en réalité,
06:53et ça a été très bien dit par Sophie,
06:55en fait,
06:55les voitures,
06:56elles n'ont pas arrêté
06:57d'être de plus en plus écologiques
06:59avec le temps.
07:00Et de se dire
07:01que c'est que l'électrique
07:03qui sera demain,
07:04en plus,
07:04c'est un pari audacieux,
07:05on le sait très bien,
07:06on n'en sait rien,
07:07si ce sera vraiment
07:08le véhicule électrique,
07:09puisque lui aussi,
07:10il n'est pas non plus
07:11pas du tout polluant.
07:13Et puis ce qu'on voit,
07:14c'est que le marché stagne,
07:15on est à 20%
07:16et on ne bouge plus.
07:17Exactement.
07:18Donc,
07:18pourquoi ne pas avoir laissé
07:20les constructeurs automobiles
07:22qui continuent à investiguer
07:23différentes solutions
07:25et voir ce qui va marcher à venir ?
07:27Ce n'est pas l'État
07:28qui connaît la solution
07:29ou les solutions.
07:31D'ailleurs,
07:31elle n'est pas obligée
07:32d'être unique,
07:32cette solution.
07:33En plus,
07:33c'est ça qui est hallucinant,
07:34comme s'il fallait
07:35une solution
07:37au problème de la voiture.
07:38Il y en aura peut-être
07:39des multiples.
07:40Et c'est en cela
07:40que je trouve
07:41que c'est désagréable
07:42parce que ça donne un corset
07:44à la...
07:45Le secteur automobile
07:46est en corseté,
07:47alors qu'en fait,
07:48il pourrait lancer
07:49des tentatives
07:49de réponses
07:50et il ne peut pas.
07:51Puis ça permet à la Chine
07:52de développer
07:53400 marques d'entreprises
07:54différentes
07:55et nous,
07:56d'être complètement à l'arrêt
07:57et morts dans ces secteurs-là.
07:58On va revenir à la conjoncture
07:59avec vous,
07:59Nathalie Jansson,
08:00tout à l'heure,
08:00mais ce débat sur l'automobile
08:01est extrêmement intéressant,
08:04je trouve.
08:05Il y a quand même
08:05un nombre de faillites
08:07de sous-traitants automobiles
08:08qui est absolument alarmant
08:09aujourd'hui en France.
08:10On se demande un peu
08:10comment cette industrie
08:11va tenir en Europe 1.
08:12il y a eu un rapport,
08:13une commission sénatoriale
08:15la semaine dernière
08:17qui parlait
08:17d'un risque
08:18de crash industriel.
08:19Je crois que c'est
08:19vraiment les mots
08:20qui étaient dits.
08:23Stellantis,
08:24Poissy est à l'arrêt
08:25en chômage technique
08:2615 jours
08:27et peut-être prolongé.
08:28Donc voilà,
08:29il y a plein de paramètres
08:30qui vont...
08:30Après,
08:31j'entends l'effet,
08:35on va dire,
08:35du calendrier contraint
08:36à poser par l'Europe
08:37sur l'objectif 2035
08:38et tout ça.
08:40J'allais dire quand même,
08:41mais il y a eu aussi
08:41des erreurs industrielles.
08:43C'est-à-dire ?
08:44Parce qu'il y a eu
08:45Ampère chez Renault
08:46qui a été normalement
08:48le virage électrique
08:49et qui a plutôt été
08:50honnêtement une bérésina.
08:52En fait,
08:52aujourd'hui,
08:53c'est quelque chose
08:53dont on ne peut plus parler.
08:55Puis après,
08:55il y a une difficulté
08:57qu'on va croiser
08:59et que l'Europe,
09:00ce n'est pas que la France,
09:00va croiser massivement
09:02sur beaucoup de dossiers
09:03et sur lesquels
09:04ça va nous renvoyer
09:05sur la logique d'innovation,
09:06c'est que dans beaucoup de domaines,
09:07on a une période
09:08de rupture technologique.
09:09On ne le mesure pas.
09:11Et en période
09:12de rupture technologique,
09:13il y a souvent,
09:13malheureusement,
09:14un avantage
09:14à celui qui a la feuille blanche.
09:16C'est une réalité.
09:17C'est-à-dire que la Chine
09:18avait la feuille blanche
09:18sur l'industrie automobile.
09:20C'est-à-dire qu'ils n'ont pas
09:21cherché à nous concurrencer
09:22sur le thermique.
09:23Ils ont joué le coup d'après.
09:23Là, nous, on prend le virage
09:27et là, je termine Sophie,
09:30la difficulté qu'on a,
09:32c'est la difficulté,
09:33vous savez,
09:33c'est comme quand on passe
09:34d'une branche à une autre.
09:35C'est-à-dire que c'est très,
09:35très compliqué.
09:36Ces virages industriels
09:37sont très complexes.
09:39Et ces ruptures technologiques,
09:41aujourd'hui,
09:41elles sont très mal pilotées
09:42en Europe.
09:44Pourquoi ?
09:45On n'a pas une culture
09:46de l'innovation
09:47qui est suffisante.
09:48Il n'y a pas de financement.
09:49Il n'y a pas assez d'investissement
09:51pour accompagner ces innovations.
09:52c'est évident.
09:54C'est-à-dire qu'il y a des filières.
09:55Tesla,
09:55Tesla n'est pas chinois
09:57et Tesla n'est pas apparu
09:58en Europe aussi.
09:59C'est-à-dire que c'est une réalité aussi.
10:01Qu'est-ce qui fait
10:02qu'en Europe aujourd'hui,
10:04il n'y a pas,
10:04alors que c'est le berceau mondial
10:06de l'automobile,
10:07c'est l'endroit où l'automobile
10:08est née,
10:09a été inventée,
10:10il y a un niveau de savoir-faire
10:12sur la motorisation.
10:13Oui, des groupes colorés
10:14ont commencé à voir tout le monde
10:15sur l'électricité.
10:16Il n'y a pas un acteur
10:17qui a pris pied
10:18dans la génération suivante
10:19sur l'automobile.
10:20Alors, il y a des contraintes
10:21et tout ça,
10:22mais il y a aussi
10:22des paquebots industriels
10:24qui ont fait des erreurs.
10:26Volkswagen est l'exemple type.
10:28Là, je ne peux pas réagir.
10:30Quand on voit que l'innovation
10:31en Chine,
10:32elle est payée à 100%
10:33par l'État chinois,
10:34sans limite de crédit.
10:35Moi, je le vois même
10:36dans mon secteur à moi
10:37de la cimenterie,
10:38des cimentiers.
10:40Aujourd'hui,
10:40on a un cimentier chinois
10:42avec des subventions chinoises
10:44de l'État
10:45qui sont capables
10:46de récupérer leur CO2
10:47qui sort de leur cheminée
10:48pour le transformer
10:48et faire des e-méthanol
10:50ou des ISAF
10:51pour alimenter les avions.
10:52C'est un projet
10:53qu'on a lancé, moi,
10:54dans mon entreprise
10:54il y a maintenant 7 ans.
10:56On attend les crédits
10:57de l'Europe
10:58pour pouvoir le faire.
10:58On ne les a toujours pas.
10:59Ça fait 7 ans
11:00qu'on attend.
11:01Donc, voilà.
11:02Donc, c'est la bureaucratie
11:03qui pèse énormément aussi
11:04sur l'innovation.
11:05En Chine, en 3 mois,
11:07ils ont eu les crédits
11:08de l'État.
11:09BYD, c'est pareil.
11:10Tout le financement
11:11et toute l'innovation
11:12est payé par l'État chinois.
11:14Et nombre de nos entreprises
11:15françaises aujourd'hui
11:16qui touchent le CIR en Chine
11:17pour pouvoir se développer
11:18et aller plus vite.
11:19Moi, je vous garantis
11:20qu'en France,
11:21dans mes laboratoires
11:22de recherche à l'île d'Abo,
11:23on a une trentaine
11:24de chercheurs
11:25qui cherchent les jours.
11:26On irait beaucoup plus vite
11:27si on avait plus de CIR,
11:28évidemment.
11:29Mais aujourd'hui,
11:30on nous dit,
11:30le CIR, on va le supprimer,
11:31on va le diminuer.
11:32C'est la première déniche fiscale
11:33en France quand même.
11:33On est à près de 8 milliards
11:34d'euros désormais.
11:35Donc, on ne peut pas dire
11:36qu'il n'y a pas d'argent non plus.
11:38Si, pas assez.
11:39Pas assez pour l'innovation.
11:40Parce que les chercheurs français,
11:41ils partent à l'étranger
11:42pour inventer dans d'autres pays.
11:43Et c'est ce qui se passe aujourd'hui.
11:44Ils partent en Chine
11:45pour se développer.
11:46La Chine, aujourd'hui,
11:47est en train de renflouer
11:47les caisses des entreprises françaises
11:49qui sont en difficulté.
11:50Regardez Michelin,
11:51aujourd'hui en France,
11:53ils sont en négatif.
11:55Et ils se renflouent
11:57grâce à leur filière étrangère.
11:59Parce que c'est normal.
11:59C'est aussi ce que dit Philippe Aguillon.
12:01L'innovation, l'innovation, l'innovation.
12:02De toute façon,
12:02il n'y a pas de...
12:03Le message du Nobel d'économie.
12:05Soit on a le modèle chinois
12:06hyper centralisé
12:07auquel moi je donne peu de crédit.
12:10Je ne pense pas
12:10qu'on aille très loin
12:12avec ce modèle-là.
12:13Et puis sinon,
12:13vous êtes dans le modèle américain
12:15où vous avez un vrai marché
12:16de financement de l'innovation
12:17qu'on n'a pas
12:18puisque nous n'avons pas
12:19ce fameux marché des capitaux.
12:20Il n'y a pas de tarpa.
12:21Et ce que vous dites
12:22sur l'automobile,
12:23c'est vrai aussi évidemment
12:24dans la tech.
12:24Il y a plein d'autres secteurs.
12:26Yahoo était numéro un
12:27puis remplacé par Google.
12:28Et aujourd'hui,
12:29c'est OpenAI
12:30qui va le remplacer
12:31dans le search.
12:32Peut-être.
12:32En tout cas,
12:33qui le concurrence très fort.
12:34Que des américains.
12:35Non, mais il ne faut pas...
12:37C'est vrai qu'on est
12:38dans une période
12:39où en tant que consommateur citoyen,
12:41on ne se rend pas compte.
12:43On s'est habitué au progrès.
12:44Complètement.
12:45Non, mais c'est-à-dire
12:45qu'on ne se rend pas compte
12:46alors que le progrès
12:46ne fait qu'accélérer.
12:47C'est-à-dire qu'il y a
12:49des périodes de ruptures
12:49majeures sur la production
12:50de l'énergie.
12:52Évidemment,
12:53sur tout ce qui est numérique
12:54avec l'intelligence artificielle.
12:55Enfin, dans plein de domaines,
12:56il y a des grosses ruptures
12:57dans la santé aussi.
12:59Ces ruptures,
13:00aujourd'hui,
13:00elles demandent
13:00des investissements,
13:01elles demandent
13:02des fléchages.
13:03Et attention,
13:03parce que l'histoire
13:05est faite de Kodak.
13:06C'est-à-dire que c'est
13:07la réalité.
13:08Ce n'est pas parce qu'on est
13:08numéro un à une époque
13:09qu'on est numéro un
13:10sur la phase suivante.
13:11Kodak, Nokia,
13:12on a beaucoup d'exemples.
13:13Et là-dessus,
13:14en Europe,
13:15où il y a des magnifiques
13:16entreprises
13:16qui sont encore
13:18leaders dans leur domaine,
13:20tant dans la maîtrise
13:20technologique
13:21que dans
13:23presque la portée
13:25de la marque
13:26au plan mondial,
13:27ce n'est pas une garantie
13:28dans un monde de ruptures.
13:30Et ça,
13:31l'Europe,
13:31aujourd'hui,
13:32manque très clairement.
13:33On va évidemment
13:34renvoyer vers le rapport
13:35de Raghi et ainsi de suite,
13:36mais ça manque clairement
13:38d'énergie
13:38au sens où il n'y a pas
13:40de vitalité
13:40en termes d'investissement.
13:41Il y a quand même
13:42une bonne nouvelle aujourd'hui.
13:44La grosse nouvelle
13:45de l'aérospatiale.
13:46Oui,
13:46vous faites une transition
13:47parfaite, Sophie,
13:49pour le dernier sujet
13:50de l'émission,
13:51effectivement.
13:52Alors,
13:53la création,
13:53on n'y est pas encore,
13:54mais il y a
13:55un memorandum
13:56understanding.
13:57Voilà,
13:57un contrat de mariage,
13:58on peut le dire comme ça.
14:00Bromo,
14:01Airbus,
14:02Thales
14:02et l'italien
14:04Leonardo
14:05qui décident
14:06de s'allier
14:07pour concurrencer,
14:08encore une fois,
14:09l'hégémonie
14:10américaine.
14:11Quelle leçon
14:12on peut tirer ?
14:13Alors d'abord,
14:13peut-être,
14:14Ludovic,
14:14pour commencer,
14:15c'est la lune de la tribune.
14:16Aujourd'hui,
14:17vous en parlez.
14:19Que prévoit
14:21cette alliance potentiellement ?
14:22Donc,
14:23il y a,
14:23on va dire,
14:23ces trois acteurs
14:24que vous venez de nommer.
14:26Donc,
14:26Airbus
14:27qui est germano-espano-français,
14:30Thales,
14:31groupe français,
14:32évidemment,
14:32et Leonardo,
14:33groupe italien.
14:34Naissance d'un champion
14:35européen du spatial,
14:36on montre la lune de la tribune
14:37pour ceux qui nous regardent.
14:38contrat de mariage
14:39historique,
14:41mais je reviendrai après
14:42parce que derrière,
14:43c'est aussi une lecture
14:44intéressante
14:45par rapport à
14:46comment le monde
14:47évolue vite
14:48et sur lequel
14:49le mouvement qui est fait,
14:51c'est un groupe
14:51qui va peser
14:52s'il naît,
14:53parce qu'il faut le faire
14:54vers Bruxelles,
14:55d'abord,
14:55et ça,
14:55ça va être un bon crash test.
14:56Ça,
14:56ça va être un des grands enjeux,
14:57de savoir si on est capable
14:59de monter une politique.
14:59Bruxelles nous a beaucoup déçus
15:01sur certaines opérations,
15:02si elles avaient eu lieu,
15:03on n'en serait pas là
15:04dans certains domaines.
15:05Donc,
15:05on va voir comment Bruxelles
15:06se comporte
15:07à l'heure de la souveraineté
15:08technologique
15:09et tout ça et tout ça,
15:10parce que là,
15:10on y est vraiment,
15:11clairement,
15:11sur la souveraineté,
15:12au cœur de la souveraineté,
15:13on parle de satellites.
15:14En gros,
15:15c'est un groupe
15:15qui va concevoir,
15:17produire des satellites.
15:18Alors,
15:18c'est des satellites météo,
15:19c'est des satellites télécom,
15:21mais c'est aussi
15:21les satellites
15:22qui ont des ressorts
15:23en termes de défense nationale
15:24et de protection.
15:25C'est aussi une question
15:25de souveraineté européenne.
15:26C'est une question
15:27de souveraineté.
15:28C'est un groupe
15:28qui pèsera,
15:29si on prend les trois
15:30à la regrouper,
15:31il pèse 6,5 milliards d'euros
15:33à peu près de chiffre d'affaires.
15:35C'est 25 000 personnes.
15:36OK,
15:37sur la photo,
15:38c'est merveilleux et tout ça.
15:39Maintenant,
15:40il faut voir
15:40les conditions de naissance
15:41de ce groupe
15:42et les conditions
15:43de naissance de ce groupe,
15:44ça nous prouve
15:45à quel point
15:46le monde va très vite.
15:48Ces acteurs-là
15:49qui étaient encore
15:49il y a 20 ans
15:50quasiment de trio de tête,
15:52on va dire,
15:53dans le marché du satellite,
15:55mais le marché du satellite,
15:55à l'époque,
15:56c'était des satellites
15:56de 2-3 tonnes.
15:57C'était des gros trucs,
15:58vous savez,
15:58qu'on a tous vus en photo
15:59et tout ça.
16:01Et bien là,
16:01aujourd'hui,
16:02ils se sont faits décranter.
16:03Ils se sont faits décranter.
16:04Le marché est écrasé
16:05par les petits.
16:07Et c'est...
16:09Alors oui,
16:09on parle d'un Airbus
16:10du spatial,
16:11ce qu'il ne faut pas dire
16:12parce que ça énerve Airbus,
16:13parce que là,
16:13le contrat de mariage,
16:14ce n'est pas que Airbus.
16:15Il faut faire naître
16:16les trois entités,
16:18Thales et Leonardo
16:18en même temps.
16:20Mais c'est un contrat de mariage
16:21qui est fait
16:22dans l'urgence aussi.
16:25Elon Musk face aux acteurs chinois
16:28qui sont partis notamment
16:30sur le micro-satellite
16:31avec des lancements massifs.
16:32Juste pour situer,
16:33Starlink vient d'envoyer,
16:35vient de passer la barre
16:36des 10 000 satellites envoyés.
16:37Il décolle tous les 5 minutes.
16:39Voilà.
16:40Donc là,
16:41c'est aussi un plan de sauvetage
16:44d'une filière européenne.
16:46Une sortie par le haut,
16:47on va dire.
16:48Mais c'est un plan de sauvetage.
16:50C'est des entités,
16:52notamment pour la partie Airbus
16:53et Thales,
16:54c'est des entités
16:55qui, il y a encore un an,
16:56étaient en restructuration
16:57et ont été un plan de départ.
16:59Donc il y a une...
17:01Les commandes de gros satellites
17:02ont chuté de moitié
17:04ces dernières années.
17:07Évidemment,
17:07c'est compliqué.
17:08Si l'Europe veut continuer
17:08à maîtriser
17:10certains domaines clés
17:11que sont les télécoms,
17:12la défense,
17:12l'observation,
17:13et ce sont des domaines clés
17:14en termes de souveraineté
17:15dans le monde
17:16dans lequel on rentre...
17:17Il y a des marchés colossaux.
17:18Les télécoms,
17:18c'est 1000 milliards de dollars.
17:19Il faut que ce nouvel acteur
17:23Bromo apparaisse...
17:25Je ne sais pas
17:26si ce sera le nom final de...
17:28Parce que Bromo...
17:29C'est presque une bromance
17:31entre trois grands groupes.
17:32C'est un peu bizarre
17:33comme une entité.
17:34Mais ce qui est clair,
17:35en tout cas,
17:36c'est que c'est un énorme enjeu
17:37en termes de souveraineté
17:38et de maîtrise technologique,
17:39de savoir-faire.
17:41Et là aussi,
17:42attention,
17:42parce que ça va très vite
17:44et l'Europe s'est fait déborder
17:46sur le micro-satellite.
17:46Est-ce qu'on a la taille critique
17:49avec Bromo ?
17:50On va l'appeler comme ça
17:51pour l'instant,
17:52pour jouer face à SpaceX,
17:54dont la filiale,
17:55c'est quand même
17:56dans les télécoms,
17:57c'est 45% du chiffre
17:58d'affaires mondial.
17:59Ils se sont taillés
18:00une part du lion.
18:01Encore une fois,
18:01est-ce qu'il est encore temps
18:03de rattraper notre retard ?
18:05Moi, ça me fait un peu penser
18:06dans les...
18:07C'est comme ça,
18:08mais même à l'histoire
18:10du Paris
18:11sur les types d'avions
18:12qui allaient être
18:12les avions du futur.
18:14Vous savez, à l'époque,
18:15il y avait du coup Airbus
18:16qui avait pris
18:17le créneau du gros.
18:19On voit comment se bataille
18:20sur le scaf.
18:20Aujourd'hui,
18:21c'est quand même très compliqué.
18:22Et puis du coup,
18:23effectivement,
18:24les Américains
18:26étaient restés
18:27sur la taille intermédiaire.
18:28Finalement,
18:28ce n'est pas le gros
18:29qui a gagné.
18:29Ce n'est pas le cargo
18:30qui a gagné.
18:31Donc, moi,
18:32j'ai un peu...
18:32Enfin, voilà.
18:33Moi, j'ai beaucoup de crainte
18:34sur cette...
18:35Déjà, parce que
18:36c'est...
18:37Effectivement,
18:37c'est une...
18:38On essaye de le mettre
18:40comme une sortie vers le haut,
18:41mais c'est tout simplement
18:42on essaye de sauver les meubles.
18:44Et là, on a la même chose.
18:45C'est-à-dire que...
18:46Et je ne jette la pierre
18:47à personne,
18:48puisque je pense
18:49que même aux Etats-Unis,
18:50on ne pensait pas
18:50que les petits lanceurs
18:52allaient avoir
18:52un tel succès.
18:54Et d'ailleurs,
18:54il n'y a pas que Starlink,
18:55si je ne me trompe pas,
18:55il y en a un deuxième.
18:56Il y a Amazon qui arrive.
18:57Il y en a plein.
18:58Et il y a le programme européen,
18:59Iris 2.
19:00Voilà.
19:00Et en fait,
19:01je pense que là,
19:02on voit à nouveau
19:04encore ce problème
19:05de dynamique
19:06et de laisser
19:07l'initiative privée.
19:09C'est-à-dire que
19:09aux Etats-Unis,
19:10on ne s'y attendait pas.
19:12Il y a Starlink
19:14et puis d'autres
19:15qui ont commencé
19:15à faire des lanceurs
19:17de plus petite taille.
19:18On s'est aperçus...
19:18Y compris les Chinois.
19:19Exactement.
19:20On s'est aperçus
19:21qu'en fait,
19:22ça rendait un service,
19:23que ça rencontrait une demande.
19:24Et en fait,
19:24c'est eux qui maintenant
19:25dominent le marché.
19:26Et comme nous,
19:27on ne laisse pas
19:28cet espace de créativité
19:29suffisant pour des projets,
19:31mais on est toujours
19:32en train de dire
19:32oui, des initiatives.
19:34Non, ça ne marche pas
19:35en fait, des initiatives.
19:36Il faut laisser
19:37effectivement le privé
19:38pouvoir lui
19:40tester des nouvelles choses
19:41et en fait,
19:42on ne lui laisse pas
19:42suffisamment
19:43cette capacité.
19:44En même temps,
19:44ce P6 dépend aussi
19:45des commandes de la NASA.
19:46C'est quand même
19:46énormément d'argent public
19:48qui a permis l'explosion.
19:49On veut toujours
19:50que ce soit la DARPA
19:51qui ait été,
19:52mais en fait,
19:52non, au départ,
19:53c'est vraiment
19:53des capitaux privés
19:54qui ont financé
19:55ces projets.
19:56Et donc,
19:57le problème,
19:57moi, effectivement,
19:58je suis peut-être
19:58un peu monomaniaque
19:59là-dessus,
20:00mais je pense que
20:00notre gros problème,
20:02c'est que nous avons
20:02en Europe
20:03un financement
20:04essentiellement basé
20:05sur un système bancaire
20:06très gros
20:07qui oriente les fonds.
20:08Aux Etats-Unis,
20:09c'est le marché financier
20:10et sur l'innovation,
20:11les banques,
20:11elles ne savent pas faire
20:12parce qu'une banque,
20:13ça ne prend pas
20:14des risques d'innovation.
20:15Et là,
20:15on a un gros défaut
20:16de fabrique.
20:17Donc,
20:17désintermédiation
20:18des financements
20:19et l'union
20:20des marchés
20:20de capitaux.
20:21Effectivement,
20:21c'est le fameux marché
20:22parce que sinon,
20:22on n'y arrivera pas.
20:23On n'y est toujours pas.
20:24Et puis,
20:25si l'Europe donne
20:26son accord,
20:27c'est quelque chose
20:27qui peut aller très vite.
20:28Dès 2027,
20:29ça sera opérationnel.
20:30Donc,
20:37est-ce que la commission
20:38a changé
20:38d'état d'esprit
20:39véritablement ?
20:40Ça va être un très bon
20:41crash test.
20:42Ça va être un vrai test.
20:43On connaît le calendrier
20:43de passage devant
20:44vous dites 2027.
20:452027,
20:46opérationnel.
20:47Si le groupe,
20:48si Bromo
20:48voit le jour,
20:50vraiment,
20:50on est sur un calendrier
20:512027,
20:52mais c'est un très très bon test
20:53pour voir si le monde
20:54a changé.
20:55C'est-à-dire si la lucidité
20:56de Bruxelles s'est améliorée
20:57sur ces dossiers-là.
20:59Et je le dis,
21:00je le répète,
21:00c'est un dossier
21:01extrêmement profond
21:03parce que d'abord,
21:04derrière,
21:05c'est des technologies,
21:06des filières entières,
21:08le spatial,
21:09et qui se connectent
21:11évidemment avec la défense,
21:12sur lesquelles
21:12on l'a très bien mesuré
21:14tous ensemble
21:14quand il y a eu
21:15ce moment de vertige
21:16au printemps dernier
21:17avec Donald Trump
21:18et ses droits de douane.
21:20On a très bien compris
21:21ce qu'était
21:22la dépendance technologique
21:23à ce moment-là.
21:23On l'a mesuré tous.
21:24C'est-à-dire de se dire
21:25tiens, c'est marrant,
21:26j'ai mon cloud chez Amazon,
21:27tiens, c'est marrant,
21:28mais les mails de ma boîte
21:30sont sur Gmail et tout ça.
21:31C'est-à-dire que
21:31dans un monde qui change,
21:33si l'Europe ne se dote pas
21:34de certaines technologies,
21:36qui sont des technologies clés,
21:38ça va être très, très compliqué.
21:40Et je n'ai pas juste
21:41une lecture militaire.
21:43C'est-à-dire que
21:43c'est dans beaucoup de domaines,
21:46y compris des domaines
21:47qui sont des domaines régaliens
21:48ou des domaines majeurs
21:50comme la santé,
21:51où si l'Europe
21:52n'accélère pas
21:53dans les deux, trois ans
21:54qui viennent
21:54en prenant des initiatives fortes,
21:57en permettant à l'économie
21:58de se libérer finalement,
21:59c'est ça que vous dites.
22:00C'était tout le propos
22:01du rapport de Raghi
22:02dont on n'a appliqué
22:03que 14% des mesures
22:05pour l'instant.
22:06Sachant qu'il y a déjà
22:07eu des rapports
22:07dans les années 60,
22:09Rue Farmant,
22:09qui disaient exactement
22:10la même chose.
22:11Mais là,
22:11il s'agit quand même
22:12de sécurité nationale.
22:13Une soirée éternelle.
22:14Voilà, exactement.
22:15On ne fait que de répétition.
22:16Là, il s'agit de télécommunication,
22:18de sécurité nationale.
22:19C'est vraiment
22:20nous, l'Europe.
22:21Donc, c'est vraiment
22:22un projet crucial,
22:23primordial
22:24et il faut que ça marche.
22:25Le prochain budget européen
22:27pluriannuel
22:28va consacrer
22:2950 milliards d'euros
22:29au spatial.
22:30Bon, c'est 15 aujourd'hui.
22:32On est encore
22:32très, très loin
22:33de ce qui se pratique.
22:33C'est un jeu de ce que
22:34vient de dire Sophie
22:35est majeur.
22:35C'est-à-dire que le spatial
22:37fait partie des enjeux clés
22:39en termes de maîtrise
22:40de tout un...
22:41D'abord,
22:41tout ce qui est télécommunication
22:43est devenu clé
22:43aujourd'hui pour les entreprises.
22:44celui de voir le fait
22:46que Amazon,
22:47le cloud d'Amazon
22:48tousse un peu
22:49il y a quelques jours
22:49pour avoir des services...
22:50C'est le monde entier
22:51qui s'enrume.
22:51Oui, mais c'est beaucoup
22:52de services.
22:54Et puis après,
22:55il y a tout un...
22:56Et puis c'est géopolitique.
22:56On a vu en Ukraine
22:57que Tesla avait aussi
22:59le pouvoir,
22:59enfin les Américains
23:00au sens large,
23:01d'arrêter le bouton
23:02des satellites.
23:04Et là, du coup,
23:05sur le sol,
23:05tout le monde se retrouve
23:06sans rien.
23:07Et c'est aussi,
23:08potentiellement,
23:09ce sont des guerres économiques.
23:10La facture de Jaguar
23:11est tombée
23:12sur sa cyberattaque.
23:13C'est du chiffrage
23:14en milliards,
23:15c'est-à-dire le fait
23:15d'avoir son usine
23:16arrêtée par une cyberattaque.
23:18C'est des filles entières.
23:20Je n'ai pas envie
23:21d'agiter comme ça
23:22des chiffons
23:22pour faire peur.
23:23Non, non,
23:23mais c'est une question
23:24de lucidité.
23:24C'est voir
23:25quelles sont les conséquences
23:25effectivement.
23:26Aujourd'hui,
23:27dans la lutte de pouvoir,
23:30c'est terminé le temps
23:31du pont d'espion
23:32à Berlin
23:33avec des échanges
23:34et tout ça.
23:34Ces images-là,
23:36on est dans une période
23:38de guerre économique
23:38réelle
23:39avec des acteurs.
23:41La Chine d'un côté,
23:41Sophie en parlait
23:42très bien de l'autre côté.
23:43Donald Trump
23:44qui a signifié
23:45que la réussite
23:45des États-Unis
23:46ne passait pas forcément
23:47par la réussite
23:48de ceux qui étaient
23:49ses amis autrefois.
23:51À l'Europe
23:52de se débrouiller
23:52en plein de dossiers,
23:53y compris sur le militaire.
23:55Si l'Europe
23:55ne répond pas
23:56en plan technologique
23:57et si on reste
23:57dans cette dépendance
23:58sur des domaines clés
24:00que sont le numérique,
24:01on en est quand même
24:01à 25 ans de retard.
24:02Là, on est en pleine
24:03colonisation numérique.
24:04C'est vrai que...
24:05Oui, mais c'est
24:06un enjeu majeur
24:07et un enjeu majeur
24:08pour les entreprises
24:08et les entreprises le voient.
24:10La capacité à innover.
24:11Si on n'a plus
24:11de capacité à innover,
24:13plus d'autonomie
24:14et d'indépendance,
24:15on aura vraiment
24:16du mal à survivre.
24:17Donc, c'est vraiment
24:18crucial ce projet.
24:19Bon, et on discute
24:20de taxes Zuckmann
24:21en attendant.
24:22C'est le mauvais sujet.
24:24Le budget français
24:24va se jouer un peu
24:25là-dessus
24:25dans les deux prochains jours.
24:27Le décalage
24:28entre les enjeux
24:29qu'on évoque ici
24:30et les sujets politiques
24:32sur la table
24:33à l'Assemblée nationale
24:34aujourd'hui,
24:34semble, mais totalement...
24:36Ah oui, c'est lunaire.
24:38On a l'impression
24:39que ces gens
24:39de la taxe Zuckmann
24:40ne sont pas dans
24:41le monde de l'entreprise.
24:41Moi, je les invite
24:42s'ils veulent venir
24:42bosser chez moi
24:43à venir voir
24:44ce que c'est
24:44qu'une journée de travail.
24:45Ils vont peut-être
24:46se rendre compte
24:46que...
24:47Le travail,
24:47ils doivent connaître.
24:48Moi, j'aime faire
24:50cette proposition.
24:50Je trouve que
24:51tous les grands patrons
24:52devraient embarquer
24:524-5 députés
24:54avec eux en roadshow
24:55pour voir ce que pensent
24:56les investisseurs internationaux,
24:57l'image de la France
24:59à l'international
25:00et de voir comment
25:01ces grands patrons
25:02doivent vendre
25:03leur entreprise française.
25:05Et quels sont
25:05les salaires des patrons
25:06aujourd'hui ?
25:07Ils seront un peu étonnés
25:07de voir que certains patrons
25:09n'arrivent même pas
25:10à finir leur fin de mois
25:11et ne se payent pas
25:12parce qu'ils payent
25:13leurs salariés en priorité.
25:14Et pourquoi le patronat
25:15ne lance pas des initiatives
25:16en ce sens ?
25:17Le patronat lance
25:18sans arrêt des initiatives.
25:19Mais nous,
25:20on n'est pas à aller dans la rue
25:21et à bloquer
25:21et à casser les entreprises.
25:23On est là pour qu'elles avancent
25:24et pour qu'elles avancent,
25:25il faut être chez nous
25:26au travail.
25:27On propose des choses
25:28mais on n'est pas écoutés.
25:30C'est clair.
25:30En tout cas,
25:31ce n'est pas en taxant
25:31les patrons
25:32qu'on va faire avancer la France.
25:33Ça, c'est clair.
25:34Ce sera le mot de la fin.
25:35Écoutez les patrons
25:36et arrêtez de les taxer.
25:37Merci Sophie Sidovica.
25:38Merci Nathalie Jansson.
25:40Merci Ludovic de sauter.
25:42Vous retrouvez tout de suite
25:43Tout pour investir.
25:45Quant à nous,
25:45nous nous retrouvons lundi,
25:47même heure,
25:4810h, 11h en direct
25:49sur BFM Business.
25:50L'émission est évidemment
25:51à retrouver en podcast
25:53et en replay
25:53sur l'appli de BFM Business.
25:56Bonne journée,
25:56bon week-end
25:57et unundi.
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