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  • il y a 36 minutes
Ce vendredi 9 octobre, Audrey Maubert a reçu Melik Baratian, fondateur de Nitto Knitwear, et Nicolas Smolarski, fondateur d'Atelier Choux, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.

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00:07Iconic Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:11Deux aventures entrepreneuriales, deux aventures textiles aujourd'hui dans Iconic Business,
00:17la maille et un savoir-faire perpétué dans un atelier de clamart,
00:20le pari du made in France, de la mode premium, de l'atelier où l'on tisse depuis 1972
00:26à la marque, à l'inspiration japonaise née en 2022, dans un instant,
00:31Melik Baratian, fondateur de Nitto Neatware.
00:33Nicolas Smolarski et Daniela Gelman, eux, ont osé se lancer dans le lifestyle et le textile
00:38pour les familles, du carré, leurs produits phares au linge de lit en passant par la décoration murale,
00:44un positionnement luxe assuré, dès le début, assumé, un rayonnement très international
00:49pour leur marque atelier chou.
00:51C'est Iconic Business, bienvenue.
00:57Et pour débuter cette émission, Iconic Business, cette semaine avec Melik Baratian,
01:01fondateur de Nitto Neatware, bonjour.
01:04Bonjour.
01:04Alors clairement, c'est d'abord l'histoire d'un atelier, c'est d'abord l'histoire d'un savoir
01:09-faire
01:09avant d'être celle d'une marque, c'est ça ?
01:12Racontez-nous un peu comment ça se présente, c'est quoi ?
01:14C'est un atelier à clamart où on file encore ?
01:17C'est ça, en fait c'est un atelier de fricotage qui a été monté par mon grand-père en
01:211972,
01:21puis mon père et mon oncle l'ont rejoint, et moi plus tard en 2012.
01:26Il faut savoir qu'à Clamart, dans les années 70, il y avait plus de 250 fabricants de tricots,
01:313-4 000 personnes travaillaient tous les jours pour fabriquer des pullots verts
01:33qui étaient ensuite vendus en France et dans le monde entier.
01:36Puis comme partout en France, l'industrie textile a connu un déclin dans les années 90,
01:41et nous aussi à Clamart, on n'a pas été épargnés.
01:44L'un des derniers ateliers de tricotage de la région, et comment vous, votre histoire commence,
01:49Mélique Baratian, votre parcours ?
01:51Comment on saute dans cette aventure familiale et comment on trouve sa place ?
01:57Moi j'ai grandi un peu dans cet atelier, parce que pendant les vacances, les mercredis,
02:03puis mes cousins habitaient au-dessus, donc je venais souvent les voir.
02:05Donc j'avais peut-être cette fibre-là sans le savoir réellement.
02:08Puis j'ai fait une école de commerce après le bac, et lors de ces études,
02:12j'ai fait un stage à l'étranger, aux Etats-Unis, et j'ai découvert le secteur du prêt-à
02:16-porter, du textile.
02:17Et quand je suis rentré, pour moi c'était fait, j'étais tombé amoureux,
02:20et je voulais travailler dans le textile.
02:22Et j'ai ensuite orienté aussi bien ma culture, mon savoir, que mes stages, mes expériences,
02:27dans ce secteur de la mode.
02:28J'ai fait un stage chez Céline, puis je suis allé à Hong Kong,
02:31travailler pour un distributeur de marques françaises et américaines en Asie.
02:36Et à la fin de cette expérience, j'ai dû choisir, enfin, j'avais le choix que je me suis
02:41mis
02:42de soit rester là-bas et travailler un petit peu en Asie,
02:45soit rentrer en France et essayer de développer l'atelier familial qui était à Clamart.
02:50Et pourquoi ça ? Parce que pendant toutes mes expériences,
02:53je me suis rendu compte qu'avoir un atelier en France,
02:57avoir une histoire, trois générations de père en fils, plus un gros savoir-faire.
03:02Ça avait énormément de valeur dans le secteur du textile,
03:04qui est peut-être l'un des secteurs les plus concurrentiels au monde
03:06et dans lequel c'est dur de se différencier.
03:08Donc là, on avait...
03:10Concurrencier, compliqué, avec les soubresauts qu'on a connus
03:13et qu'on a vus en termes d'industrie.
03:16C'est encore le cas pour des positionnements intermédiaires,
03:19pour le milieu de gamme.
03:21Comment naît la marque Nitto Nittware en 2022 ?
03:24Pourquoi ? Je comprends que c'est la suite du processus, en fait,
03:28et de vos démarches.
03:30Oui, en fait, donc moi je l'ai rejoint en 2012
03:33et à cette époque-là, on était aussi en déclin, nous-mêmes l'atelier.
03:37Et je cherche des solutions, innover, faire des nouveaux produits,
03:40d'aller les vendre à l'étranger.
03:42Et en 2017, je rencontre un distributeur au Japon,
03:46avec lequel ça se passe bien, on se comprend bien
03:48et on commence à travailler.
03:50Et en 2018-2019, on a comme un regain à l'atelier
03:55et un avenir potentiel, alors qu'à quelques mois après,
03:59année près, on allait arrêter.
04:01Et ça nous a redonné un souffle, un avenir aussi pour l'activité.
04:05Et moi aussi, le courage et l'envie de monter ce que j'ai toujours voulu faire,
04:09c'est-à-dire une marque pour hommes, depuis l'ouvert haut de gamme.
04:13Un atelier s'est maîtrisé la ligne de sous-traitance déjà,
04:16donc logiquement, vous avez opté pour le choix d'un modèle intégré,
04:19d'aller au bout en ayant votre propre marque.
04:22L'influence japonaise, on l'entend, on la comprend.
04:25Et c'était aussi s'ouvrir d'emblée à un marché international ?
04:29Vous l'êtes dit tout de suite ?
04:31Oui, parce que notre volonté, c'était de faire des beaux pulls,
04:34des pulls qui tombent bien sur les hommes, de bonne qualité,
04:38qui soient doux, gonflants, confortables,
04:40qui soient aussi bien faits, bien montés, bien réalisés,
04:42pour qu'ils tiennent longtemps dans le temps, qu'ils soient robustes.
04:45Et ensuite, c'est faire des pulls pour les gens qui aiment les beaux vêtements,
04:48donc qu'ils soient français ou qu'ils viennent d'ailleurs.
04:51Oui, après, où trouver l'adéquation avec la clientèle ?
04:55Le pari du Made in France, on ne va pas se mentir, c'est un sacerdoce ?
05:00Oui, ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident du tout.
05:02Après, lors de mes expériences, justement, ce que j'ai vu,
05:05c'est que nous, Français, on est connus pour deux choses majoritairement dans le monde.
05:09C'est la gastronomie et la mode.
05:13Et notamment, la mode la plus connue à l'étranger, c'est le luxe.
05:16Et qu'est-ce qui regroupe le luxe ?
05:17C'est un savoir-faire, une histoire et de la fabrication française que l'on possède.
05:23Et ces trois choses-là, nous, on les avait, en fait, à Clamart, dans un tout petit atelier.
05:27Vous rajoutez le patrimoine familial et vous avez tout le storytelling.
05:30Exactement. Je le mettais dans l'histoire, mais exactement, le patrimoine familial, oui, c'est ça.
05:34Et donc, il fallait juste bien l'orchestrer, bien le réaliser.
05:37Quand je dis juste, ce n'est pas si simple que ça, mais en tout cas, c'est ce qu
05:39'il fallait faire.
05:40Et je crois qu'il a fallu pas mal d'années, presque dix ans, mais aujourd'hui, c'est ça.
05:46C'est un savoir-faire, une histoire et des beaux produits.
05:48Et une adéquation avec aussi une clientèle à même d'aller chercher ses produits,
05:53d'aller, même en termes d'engagement, d'acheter du Made in France.
05:59Le savoir-faire, il représente quoi aujourd'hui ?
06:01C'est combien de personnes encore dans l'atelier ?
06:03Aujourd'hui, on est 22, dont presque, on va dire, 17 à la production.
06:08Avec comme choix des matières, évidemment essentielles pour vous, de la laine, du mérinos.
06:14Et vous recommencez aussi à aller vers la laine recyclée.
06:17Il y a un autre engagement après celui du Made in France ?
06:20Alors, le premier engagement, c'est de faire des pulls haut de gamme, de qualité,
06:23et qui rendent les gens élégants, qui les portent.
06:25Et le pull, c'est l'un des produits les plus compliqués à réaliser,
06:28puisque nous, en fait, on va acheter du fil, que l'on reçoit vraiment comme ça, sur une bobine.
06:32À l'état brut de la matière.
06:34Et on va transformer ce fil en pull au vert, via la programmation, via le tricotage, via l'enoblissement.
06:40C'est une étape qui va permettre de gonfler, de rendre plus doux et de stabiliser le produit.
06:45Puis l'assemblage, donc les coutures qui vont terminer une pièce, et ce qui rend le pull à la fin
06:50bien fait.
06:51Donc c'est toutes ces étapes-là que l'on maîtrise, et qui nous permettent de dire qu'aujourd'hui,
06:54on est des experts de la maille, du produit.
06:56Qui dessine ? Qui imagine ? C'est vous ? Vous êtes accompagné ?
06:59L'homme, c'est relativement moi, avec le directeur de production.
07:01Une marque pour les hommes, c'était une évidence ? C'était une opportunité business, ou c'était ce que
07:07vous maîtrisiez ?
07:08C'était plus une volonté personnelle.
07:11C'est un choix aussi ?
07:12C'était une volonté personnelle, oui.
07:13Avec l'objectif de s'ouvrir à la femme, ou trop de concurrence, c'est trop difficile ?
07:19En fait, on faisait déjà de la femme, depuis 1972, et on en fait toujours aujourd'hui,
07:23sous le nom de Tricot Jean Marc, donc de l'atelier.
07:25C'est la marque qu'on a notamment vendue au Japon en 2017-2018, qui nous a permis de redécoller,
07:30et qu'on vend aujourd'hui aussi en France.
07:33Des collections limitées, à la demande, quels stocks pour justement avoir cette facilité et tenir le choc ?
07:39Comment vous modulez à ce niveau-là ?
07:41Alors, on travaille sous collection, donc on fait deux collections par an, automne-hiver, enfin hiver-été, pardon,
07:47qu'on présente via des agents et des salons tous les six mois.
07:51On prend nos commandes, on les fabrique, puis on les distribue,
07:53et nous-mêmes, on fabrique aussi pour nos distributions directes, c'est-à-dire le site internet,
07:59les réassort avec nos clients en boutique,
08:01et aussi, de plus en plus, des ventes éphémères, des boutiques que l'on va ouvrir dans Paris et ailleurs,
08:06ou même à l'atelier.
08:07On fait quelques visites d'atelier, dans lesquelles on propose à la fin de toucher, essayer,
08:11et pourquoi pas reproduire, repartir avec le produit.
08:13Justement, parce qu'en bout, en fait, et ça dit beaucoup de l'histoire de la marque,
08:16c'est en adéquation, quelle est la stratégie retail ?
08:19C'est d'avoir des boutiques en propre, d'avoir les bons revendeurs partout dans le monde ?
08:24C'est quoi ? C'est le marché français en premier lieu ou le marché américain ?
08:29En premier point, vous avez entièrement raison,
08:31c'est d'avoir les bonnes boutiques dans le monde entier,
08:33pour que les gens puissent toucher le produit.
08:35Puisque notre produit, il a du sens lorsqu'on le touche, qu'on l'essaye,
08:39qu'on regarde le tomber sur soi, et c'est là où vraiment on peut être séduit.
08:42C'est très dur de séduire avec des photos, avec des vidéos, c'est beaucoup plus dur.
08:46L'IA ne suffira pas ?
08:47Non, on aime le toucher et l'essayage.
08:51Ensuite, c'est les boutiques éphémères que l'on va faire,
08:53parce qu'on peut rencontrer le client,
08:54et même si les détaillants avec qui on travaille dans le monde entier font un super travail,
08:58nous, quand on parle de notre produit, évidemment, on le connaît mieux que personne.
09:01Donc, on est bien placé pour en parler.
09:04Et un jour, pourquoi pas, une boutique en propre.
09:08La plupart de vos ventes, aujourd'hui, elles se font quoi ?
09:10Elles se font sur votre site ?
09:13Elles se font en ligne ou elles se font quand même en physique ?
09:16Que vous parliez de matière, justement, et de pouvoir toucher la matière.
09:20Exactement.
09:20Et donc, elles se font en physique.
09:21On a choisi ça parce qu'on voulait que les gens touchent notre produit.
09:24Donc, en France, on est vendu dans 80 boutiques haut de gamme, pour la plupart masculines.
09:30Dans le monde, une soixantaine, qu'on a rencontrées via des agents ou via des salons qu'on faisait.
09:35Ça se développe d'année en année, de saison en saison.
09:38Donc, pour l'instant, c'est plutôt bien.
09:39Ça permet aux clients, aux gens de pouvoir voir notre produit et de l'essayer réellement.
09:44Avec ça, suit le web.
09:46Je pense que c'est des vastes communicants, en fait.
09:50Nous, évidemment, on présente toute la gamme.
09:52Une boutique multimarque ne peut pas présenter toute la gamme.
09:53Donc, les gens vont dans les boutiques multimarques, ils achètent là-bas, ils achètent sur le site.
09:57Aujourd'hui, c'est 70% en boutique multimarques et 30% qui est réalisé sur le site Internet.
10:02Avec une clientèle majoritairement française, européenne ou diverse ?
10:06Française.
10:07Française, avec cet attachement, finalement, et à la valeur du Made in France ?
10:12Alors, tous mes clients multimarques me le disent lorsqu'ils font essayer le produit,
10:18qu'ils montrent le produit à la fin et qu'ils disent aux clients français
10:20que c'est fait en France, à Clamart, en région parisienne.
10:22Ils disent que c'est la cerise sur le gâteau ou alors c'est le dernier coup de...
10:27Oui, pour valider l'achat.
10:29Pour valider.
10:30Et c'est vrai que ça a l'air de bien marcher.
10:31Donc, j'en suis content que les gens aient ce côté un peu attaché à la fabrication française.
10:35Mais avant tout, c'est une question de style.
10:38C'est-à-dire qu'un homme ou une femme va choisir un produit parce qu'elle se sent bien
10:41dedans, élégante.
10:43Et ensuite, je pense qu'il y a le confort.
10:45Moi, j'y porte énormément de temps pour que nos puces soient confortables et bien faites.
10:49Puis après, ça ne peut pas se vérifier tout de suite.
10:51Mais nos puces sont robustes.
10:52Ils vont durer longtemps dans le temps.
10:54On a des pulls aujourd'hui.
10:56Ça fait 4 ans qu'on les porte, 5 ans qu'on les porte.
10:58Nos clients aussi.
10:59D'ailleurs, on a même un petit service de réparation.
11:01Vous avez intégré déjà la démarche pour avoir ce service en plus ?
11:04Oui, alors heureusement, on n'a pas beaucoup de demandes parce que pour l'instant, on n'est pas énormément
11:09organisé pour.
11:10Mais on le fait quand on a une demande ponctuelle.
11:12Mais on n'en a pas beaucoup.
11:13Il y a un marché qui vous fait rêver, un marché que vous visez dans vos objectifs, là ?
11:19Pas nécessairement, non.
11:20Je suis très content et très fier de vendre en France parce que c'est un marché qui n'est
11:23pas facile.
11:24Non, clairement, sur le textile ?
11:26Sur le textile, pas du tout.
11:27Donc, je pense que c'est déjà très, très bien d'être bon en France.
11:33Et quand on se dit que c'est très, très bien sur le marché français, est-ce qu'on se
11:36dit que ça y est, on a touché la rentabilité, on a sauvé l'atelier et la marque ?
11:41Ou il y a encore une marge et une étape à franchir ?
11:45Je crois qu'il y a beaucoup de marge, beaucoup d'étapes à franchir encore.
11:48C'est trop récent pour dire qu'on a sauvé l'atelier.
11:51On est sur la bonne voie, mais on se structure.
11:54Aujourd'hui, depuis 3-4 ans, on est en développement.
11:57Et donc, chaque année, il y a des nouvelles personnes qui viennent travailler.
11:59Aujourd'hui, il y a peu d'écoles en France où on forme au métier du textile, que ce soit
12:02du tricotage, de la programmation, de la couture et de l'ennoblissement.
12:05Et justement, comment vous les trouvez ? Comment vous les attirez ?
12:08Alors, il y a quand même pas mal de jeunes qui font des écoles de mode et qui sont très
12:11travailleurs.
12:12Et dernièrement, on a embauché une nouvelle programmatrice.
12:15Par simple passionnée de la maille, elle a voulu apprendre la programmation.
12:19On est assez proche de nos fabricants de machines.
12:21On a un petit réseau de tricoteurs en France encore.
12:23Donc, on l'a envoyé chez notre fabricant de machines qui l'a formé.
12:27Ils viennent aussi.
12:28Quand il s'agit des couturiers, on fait appel à notre réseau.
12:32Et vu la demande qu'on a eue pour l'instant, qui n'est pas non plus gigantesque, on n
12:35'a pas eu trop de mal à en trouver.
12:37Et puis, on forme en interne.
12:38On forme en interne, oui.
12:40Bon, vous ne regrettez pas ?
12:41Ah non, pas du tout.
12:44Merci beaucoup, Mélique Baratian, fondateur de Nitto Nittware, d'avoir été dans l'iconique business pour cette aventure entrepreneuriale et
12:51cette aventure familiale dans le textile français.
12:54Tout de suite, un duo qui s'est lui aussi lancé dans le textile.
12:57Les enfants d'abord, la famille ensuite.
12:59Atelier chou dans Les Désirables de la semaine.
13:05Et dans Les Désirables de la semaine, cette semaine, on a choisi une marque, un atelier chou.
13:11Nicolas Smolarski et Daniela Gelman sont les cofondateurs en plateau avec moi.
13:15Nicolas Smolarski, bonjour.
13:16Bonjour.
13:17Pourquoi se lance-t-on dans le textile ?
13:18C'est déjà pas facile, mais alors, l'enfant puis la famille de surcroît, c'est quand même un vrai
13:23défi, non ?
13:24C'est vrai.
13:25Alors, le textile, en France, on en a beaucoup entendu parler.
13:28C'est une industrie qui a quasiment disparu.
13:33Et Atelier chou est vraiment fier de faire vivre les derniers acteurs qui sont là et peut-être de faire
13:39renaître une industrie.
13:41Mais c'est vrai qu'au début, on s'est demandé si on allait pouvoir fabriquer en France.
13:46Et on a passé presque un an à aller voir différentes usines de tissage, d'impression, de confection, de tumbler,
13:55pour parler un petit peu technique,
13:58pour essayer de recréer une chaîne de valeur afin de créer un produit exceptionnel.
14:04Donc, il y a dix ans, vous avez sélectionné ces savoir-faire.
14:06Il y avait aussi, évidemment, une opportunité business.
14:10Et vous êtes allé chercher une offre, quoi, qui n'existait pas ou qui ne correspondait pas à vos attentes,
14:15vous aussi, en tant que consommateur.
14:16Et donc, de fait, après, en tant qu'entrepreneur ?
14:18Alors, c'est vrai, il y a un petit peu des deux.
14:20D'abord, nous, on a créé Atelier chou en 2016, donc il y a dix ans.
14:26Un an et demi, deux ans, après avoir eu notre premier enfant.
14:29Et donc, on était assez sensibilisés à tout ce qui était cadeau de naissance.
14:33On voyait qu'en termes de cadeau de naissance, c'était joli.
14:37Ce n'était pas forcément exceptionnel.
14:39Oui, joli encore quand on a de la chance.
14:41Voilà.
14:42Bon, généralement, on a de la chance, parce que c'est des personnes qui nous aiment bien.
14:45Mais voilà, on a eu pas mal de cadeaux de naissance.
14:51Tout est utile, tout est joli, mais rien n'est, comme je vous disais, exceptionnel.
14:56Et donc, exceptionnel, le mot est important, parce que vous avez choisi un positionnement luxe d'emblée
15:00et indépendamment de ce que faisaient déjà les grandes maisons, vous vous êtes installé à côté pour développer cette offre
15:07-là.
15:08Exactement.
15:09On a regardé un petit peu ce que faisaient les grands acteurs du luxe à l'époque.
15:12Et on s'est dit vraiment qu'on avait une carte à jouer.
15:15Il faut savoir que nous, on est vraiment des amoureux des arts décoratifs français, de l'artisanat.
15:22On a travaillé de nos mains, Daniela et moi, par le passé, en plus de nos carrières.
15:28Et on aime forcément l'entreprenariat.
15:31Donc, on a voulu créer quelque chose à la croisée de ces trois passions.
15:35Et on voit justement vos influences.
15:37Alors, des produits lifestyle et textiles pour les familles.
15:41Et l'inspiration, clairement, et on le voit à l'image, à la télévision, si vous nous regardez,
15:46les hôtels particuliers et immeubles haussmanniens, un esprit renaissance jusqu'au 19e siècle.
15:53On retrouve un peu tous ces codes et cet esprit si particulier.
15:58Exactement. Nous, quand on crée un dessin, déjà, on est des amoureux de ça.
16:03Donc, pour nous, ce n'est pas vraiment un travail.
16:05On fait énormément de recherches documentaires et on nourrit notre illustrateur avec tout ce qu'on a vu dans nos
16:12vies antérieures
16:13et tout ce qu'on adore, les rues parisiennes, les immeubles, les hôtels particuliers, les châteaux.
16:19Et on essaye de trouver, en fait, ce qui peut les rendre atelier chou parce qu'on n'est pas
16:26du luxe, je dirais, classique.
16:29Donc, on peut être un petit peu impertinent. On s'adresse quand même aux familles, aux tout-petits.
16:34Oui, les clins d'œil, les couleurs. Il faut aller chercher, justement, ces codes-là, les codes du luxe d
16:38'une part
16:38et s'adresser d'emblée aussi à une clientèle internationale attirée par ce lifestyle à la française.
16:45Exactement. Alors, la France attire toujours de par Paris, forcément, et le luxe parisien.
16:53Donc, la marque est, sans surprise, très appréciée aux États-Unis.
16:58Au Moyen-Orient, en Asie et notamment en Corée.
17:02Ce sont vos marchés principaux ?
17:04Exactement. Ce sont nos marchés principaux. On s'est très bien développés en Corée.
17:08En Corée, la marque est vraiment la première marque de luxe pour les enfants.
17:13On en voit partout dans la rue. Ça nous fait très plaisir.
17:17Et au Moyen-Orient, aux États-Unis, on continue à se développer.
17:21Le carré, c'est votre produit phare. C'est toujours le cas, d'ailleurs.
17:24Au démarrage, c'était ça. Est-ce que c'est toujours le cas ?
17:27C'est toujours ce qui est le plus vendu ?
17:28Tout à fait. C'est toujours le cas. C'est un cadeau qui est tellement facile et qui impressionne tellement
17:34que c'est quelque chose qui, je pense, ne se démontera pas.
17:38Combien d'exemplaires vendus ?
17:40Alors, depuis le démarrage ?
17:43Sur un rythme annuel, un produit phare, ça représente quoi chez vous en termes de commandes ?
17:50Ce sont plusieurs dizaines de milliers de carrés vendus, voire même peut-être atteint de la centaine.
17:58Davantage. Et vous renouvelez avec des collaborations comme avec le Lutetia dernièrement, c'est ça ?
18:05Et vos carrés évoluent comme ça jusqu'à avoir une collection ?
18:09Exactement. Là, à peu près, on a 25 dessins. Et c'est vrai qu'on fait de temps en temps
18:13une coopération, une collaboration avec des grandes institutions.
18:19Donc, on a le Lutetia, on a le Crayon, on a le Château de Versailles. Et puis, on a d
18:24'autres lieux très intéressants dans le monde.
18:27On a le Bourges à l'Arabe, on a d'autres hôtels. Il y a aussi Arods, avec qui on
18:35a fait une collaboration, Bergdorf-Gudman à New York.
18:37Oui, donc vous avez vraiment implanté. C'est très lié aussi à la clientèle que vous ciblez. Et à chaque
18:43fois, ces lieux deviennent des points de vente aussi ?
18:47Oui, tout à fait. Chez Bergdorf, chez Arods, on a des corners.
18:51Les hôtels aussi, c'est ça la particularité ? C'est qu'on vous retrouve dans les hôtels ?
18:54Tout à fait. Nous, on aime bien les hôtels parce que déjà, ce sont des palaces.
18:59Et donc, ce sont des hôtels qui nous permettent de montrer notre savoir-faire et puis de viser une clientèle
19:05très haut de gamme.
19:06Une clientèle très haut de gamme. En adéquation avec vos points de vente dans les hôtels, des revendeurs très ciblés
19:13dans 30 pays.
19:14Est-ce que vous avez des boutiques en propre où vous déclinez justement tout l'univers ?
19:18Tout à fait. On a ouvert en 2019 notre première boutique, dans le 6e à Paris. En 2024, notre deuxième
19:28boutique à Paris, qui est rue de Grenelle.
19:31Et on a ouvert un corner, il y a à peu près un an et demi, au Garry Lafayette, qui
19:35est un corner permanent au cinquième étage, étage de l'enfant.
19:37Au-delà de ça, on a toutes les collaborations avec les hôtels, les grands magasins que je viens de vous
19:44citer. Après, il y a aussi Cetan au Japon, Shinsege en Corée.
19:49Et avec aussi un panier qui se fait en ligne, avec un panier moyen qui augmente année après année. Comment
20:01ça se répartit entre le e-commerce et les ventes ?
20:05Alors, l'e-commerce est assez fort chez nous. Tout le monde n'a pas la possibilité d'aller dans
20:09une boutique, même si on a plus de 100 endroits dans le monde où on peut trouver Atelier Chou.
20:14Mais c'est vrai que l'e-commerce se développe particulièrement fort. Après, tout ce qui s'est passé aux
20:19Etats-Unis, forcément, ça impacte.
20:22Avec le UK aussi, avec le Brésil, ça impacte. Mais nous, on se développe à une croissance de plus de
20:2850% sur le web et à plus de 50% dans l'entreprise.
20:32Oui, c'est ça. Il y a un même rythme de croissance qu'au début de l'aventure. C'était
20:35déjà impressionnant, des croissances à deux chiffres.
20:39C'est toujours le cas. Et est-ce qu'aussi un panier moyen qui augmente année après année ?
20:44Le panier moyen augmente, tout à fait. On essaie de lancer d'autres produits, autres que le carré.
20:50Et donc, on s'est lancé dans les sacs à langer, par exemple. Mais toujours avec une très, très grande
20:57finesse.
20:58On a un très, très beau jacquard. On a du cuir de très grande qualité. Et on fait extrêmement attention.
21:04On a aussi toute une collection de vêtements, de laillettes. On a des coussins.
21:08Vous avez étiré pour avoir tout l'univers. Et vous arrivez à fabriquer...
21:13On parlait du sourcing au début et du savoir-faire. Vous arrivez à tout fabriquer en France ?
21:17Alors, la très grande majorité, oui, est fabriquée en France. Je pense que 90% presque de notre chiffre d
21:24'affaires
21:24vient de produits fabriqués en France. Et le reste, on essaye de faire autrement.
21:30Un univers que vous avez amené vers la décoration de fête aussi. Vous êtes allé jusqu'à organiser, en fait,
21:36l'ensemble de l'univers autour des enfants et de la famille. Ça reste un pôle de dépense.
21:41Et est-ce que vous voyez, en termes d'évolution, il n'y a pas d'arbitrage sur cette dépense
21:45?
21:45Les gens continuent, les familles continuent à dépenser ?
21:48Alors, oui. Sur la fête, les personnes qui nous demandent d'utiliser les visuels Atelier Chou
21:54et les produits Atelier Chou pour la fête sont des personnes qui ont généralement des budgets assez aisés.
22:01Conséquents et qui n'arbitrent pas à ce niveau-là.
22:03Voilà, et qui n'arbitrent pas. Donc, c'est des personnes qui veulent se faire plaisir,
22:08qui veulent faire plaisir à leurs enfants parce que ça crée de très, très beaux souvenirs.
22:11Ça permet d'inviter toute la famille. Et le thème Atelier Chou se décline très bien
22:15entre garçons, filles, voire même gender reveal quand il le faut.
22:19Vous parliez tout à l'heure du panier moyen. On n'a pas donné de chiffres.
22:22On est autour de quoi ? Parce que les sacs allongés autour de 400-500 euros,
22:26les carrés autour de 100 euros, qui est en fait l'accessoire d'entrée de gamme dans votre maison de
22:31luxe.
22:31Si on fait des comparaisons, est-ce qu'un panier moyen qui est maintenant plus tiré vers les 500 euros
22:36que l'entrée de gamme ?
22:37Je ne pense pas. Je pense que le carré, qui est plutôt aux alentours de 70-75 euros,
22:42c'est vraiment notre produit principal.
22:44Et c'est un cadeau qui est généralement accessible pour un beau cadeau de naissance.
22:48Donc, on ne se restreint pas à uniquement des paniers extrêmement élevés.
22:53Quelqu'un qui veut vraiment faire un très beau cadeau de naissance peut venir chez Atelier Chou.
22:57Ce n'est pas réservé à des clientèles ultra luxueuses.
22:59Avec encore en tête des projets, j'imagine, et l'en faut, et une extension de gamme de produits.
23:06Il y a encore des terrains, des territoires que vous n'avez pas explorés, que vous avez en tête ?
23:09Alors, bien sûr, parce que nous, on ne voit pas Atelier Chou comme une marque de mode pour enfants.
23:14On voit Atelier Chou comme une maison de création.
23:16Oui, c'est ça. Et on voit tout l'univers de la famille.
23:18Voilà. Donc, on se développe dans la famille.
23:21Et puis aussi, un petit peu pour les adultes, certaines choses.
23:24On crée de l'expérientiel.
23:26Donc, voilà, ce sont des choses qui se font au fur et à mesure.
23:30Je pense que c'est important, en tout cas dans les premières dizaines d'années d'une marque
23:34qui se veut être une marque de luxe, qui va, dans la durée,
23:38de faire les choses assez lentement pour créer ces codes et qu'ils soient éternels.
23:43Pour consolider, justement, l'ADN, vous parlez d'expérientiel.
23:47C'est la clé en termes de dépenses, de communication aussi.
23:51L'expérientiel, il va jusqu'où chez vous ?
23:55Il y avait l'hiver de la décoration de fête.
23:57Mais qu'est-ce que vous avez en tête quand vous parlez d'expérientiel pour aller au-delà ?
24:00Alors, en fait, il est partout.
24:01Moi, je dis souvent à mes équipes un produit exceptionnel, une expérience exceptionnelle
24:04et des endroits exceptionnels.
24:07Dans nos boutiques, tout est fantastique.
24:10Avec Daniela, on a vraiment trouvé des artisans français
24:14qui nous ont fait des boiseries incroyables, des répliques de lustres du XVIe siècle.
24:22« Il faut que vous veniez dans cet endroit-là ».
24:25Les personnes qui viennent nous rencontrer dans ces boutiques,
24:28généralement, elles font leur itinéraire dans Paris
24:30et elles nous mettent sur la carte à ce moment-là.
24:32Donc, c'est des personnes qui viennent pour un moment extrêmement spécial dans leur vie.
24:36Elles ont besoin de vivre un moment extrêmement spécial.
24:39Et c'est ce que nos vendeurs et vendeuses font en boutique.
24:42Ils créent ce moment qui permet de rendre un cadeau qu'on se fait à soi-même
24:46pour la future naissance de son enfant, quelque chose dont on se souvient toute sa vie.
24:50L'adéquation avec l'expérience Retail.
24:53Merci beaucoup Nicolas Smolarski d'avoir été dans Iconic Business.
24:56Daniela Gelman est aussi, à vos côtés, fondateur tous les deux d'Atelier Choux.
25:01Merci d'avoir été dans Iconic Business, le luxe par BFM Business.
25:04Dès à présent, bien sûr, en replay et en podcast sur la BFM Business
25:09et sur l'ensemble des plateformes.
25:10À la semaine prochaine.
25:13Iconic Business, le luxe par BFM Business.
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