00:00On en vient à l'un à l'autre actualité de la semaine, bien sûr la colère des lycéens et
00:03des étudiants,
00:04avec un ministre de l'éducation qui, hier soir, était sur le plateau de TF1,
00:08qui annonce 3000 enseignants remplaçants dans les classes dans les jours qui viennent d'ici mardi, dit Édouard Geffray.
00:13Et il va même un peu plus loin aujourd'hui lors d'un déplacement dans un lycée de région parisienne.
00:19Donc j'ai demandé à ce qu'on identifie l'ensemble des professeurs remplaçants,
00:24ce qu'on appelle les titulaires de zone de remplacement dans notre jargon,
00:26donc les professeurs remplaçants, qui n'étaient pas affectés devant élèves.
00:29Et il y en a très précisément 3024.
00:32Il y a plusieurs centaines de recrutements supplémentaires.
00:34Donc oui, on avoisinera probablement au total, avec tout ce qu'on libère,
00:38on avoisinera probablement, on tutoiera probablement les 4000 équivalents temps plein.
00:423 000 hier, 4 000 ce matin, Alain Demel, on les a trouvés où ces postes de remplaçants ?
00:48C'est formidable de trouver des remplaçants par milliers au moment où on en a besoin.
00:53La vie est bien faite.
00:54Sérieusement, il y a toujours des remplaçants, si j'ose dire, sur le pied de guerre disponibles.
01:01La question c'est que souvent, enfin pas souvent, généralement, ils sont affectés à un département précis.
01:09Bon, là, il va falloir improviser parce que ça prend une ampleur beaucoup plus grande.
01:15Et moi, je me dis quand même, alors vous allez me dire que je suis peut-être trop optimiste,
01:20mais je me dis quand même que pour quelque chose d'aussi lourd que l'éducation nationale,
01:25qui est quand même la baleine française, comme l'avait dit un ministre de l'Éducation nationale.
01:32C'était le mammouth.
01:34Absolument.
01:34Qu'on en arrive à pouvoir trouver aussi vite les remplaçants qu'il faut,
01:41et a priori en pensant pouvoir les affecter aux bons endroits, ça n'est pas si mal.
01:45Donc vous croyez Édouard Geffray quand il dit qu'ils vont arriver, ils seront là mardi et ils vont remplacer
01:51?
01:51Écoutez, en tout cas, il y a des remplaçants disponibles.
01:56Alors, en général, on les utilise dans la région dans laquelle ils se trouvent.
02:02Là, ça sera peut-être un peu plus compliqué à cette échelle-là.
02:04Oui, mais Geffray a dit qu'on restera dans chaque région, dans chaque bassin de vie.
02:07C'est ce que je vous dis, ça sera peut-être plus compliqué, mais ils y arriveront.
02:10À partir du moment où ils sont assez nombreux, bon, c'est plutôt réactif quand même.
02:16Est-ce que vous pensez que ça peut suffire pour convaincre les lycéens et désormais les étudiants
02:21de reprendre le chemin des cours, d'arrêter les blocages,
02:25de ne plus aller manifester mardi prochain ?
02:26Ça, c'est une toute autre affaire.
02:28Parce que dire qu'on a les enseignants qu'il faut là où il faut au moment où on en
02:33a besoin, c'est une chose.
02:36Convaincre les lycéens et les étudiants que, donc, il y a toutes les garanties,
02:41donc il y a toutes les réponses et qu'on peut reprendre les méthodes classiques,
02:47je pense qu'elle sera un peu plus difficile quand même.
02:49On verra ce qui se passera mardi, puisqu'il y a une journée qui est prévue mardi d'action.
02:52C'est en fonction de la mobilisation mardi prochain que le gouvernement décidera s'il doit lâcher plus ?
02:57Je pense que mardi va être très important à la fois pour les lycéens et les étudiants
03:01et pour le gouvernement comme signal.
03:04Il prend là, il essaye de faire un geste, en l'occurrence,
03:08en disant on a les remplaçants qu'il faut là où il faut.
03:12Je pense que mardi, ça va quand même être une journée assez animée.
03:16Et puis on verra ce qui se passera à la fin.
03:19Il y a un thème, un mot qui revient dans les revendications aujourd'hui des lycéens.
03:24Un totem, quasiment, c'est Parcoursup.
03:27Parcoursup qui permet d'orienter les jeunes à la sortie du lycée,
03:32qui est décrié par de nombreux jeunes aujourd'hui qui disent
03:351. C'est très stressant parce que ça dure 2. très longtemps.
03:382. On ne sait pas ce qu'il y a dans le moteur, en quelque sorte.
03:41Ce à quoi les plus anciens, comme vous et moi, Alain, leur disent
03:44« Avant, ce n'était pas idéal, mais ce n'était pas mieux parce que vous n'avez pas connu.
03:48»
03:48Mais il y avait même du tirage au sort à un moment.
03:51C'est vrai que quand on explique ça aux plus jeunes aujourd'hui,
03:53ils nous regardent avec des yeux en disant « Oups, du tirage au sort. »
03:56On choisissait sa place à l'université ou ailleurs, comme au loto, en quelque sorte.
04:00Est-ce qu'il faut sacrifier Parcoursup pour sortir de cette crise ?
04:03– Je ne suis pas sûr, d'ailleurs, d'après ce que je sais.
04:06Bon, j'ai une source, je ne le dis pas par hasard,
04:10mais en même temps, je ne peux pas garantir qu'elle soit véridique, je n'en sais rien.
04:15Mais d'après ce qu'on m'a dit, l'adaptation peut se faire, ça peut fonctionner.
04:23– C'est-à-dire ?
04:24– Améliorer Parcoursup ?
04:26– Non, c'est-à-dire que le Parcoursup, en tant que tel,
04:30n'est pas le cœur des revendications des étudiants et des élèves en ce moment,
04:34qu'il y a d'autres choses, qu'au départ, il ne faut pas oublier
04:37que c'était quand même essentiellement dans les conditions du travail,
04:41c'est-à-dire des bâtiments vétustes ou même carrément en très mauvais état,
04:47c'est-à-dire des conditions matérielles pour suivre leur enseignement
04:51qui était quelquefois pitoyable.
04:53Et ça, c'est vrai que ça existe.
04:56Bon, là, c'est un autre problème.
04:59Si j'ose dire, c'est un problème plus technique de savoir
05:01si on a le personnel qu'il faut aux endroits qu'il faut.
05:05Bon, ça me paraît plutôt gérable quand même.
05:09– Vous pensez que le gouvernement va y arriver ?
05:11Vous êtes plutôt optimiste, là, sur la sortie de crise ?
05:14– Je pense qu'en ce qui concerne l'affectation,
05:18en l'occurrence des enseignants là où on en a besoin,
05:21je pense que ça, c'est gérable.
05:23Bon, ce qui peut-être est déjà de l'optimisme.
05:26Maintenant, en ce qui concerne les réactions des lycéens et des étudiants,
05:30là, comme d'habitude avec les lycéens et les étudiants,
05:33j'attends de voir.
05:34Parce que celui qui tire des plans sur la comète
05:38à propos des comportements des lycéens et des étudiants,
05:41c'est qu'il n'a pas beaucoup d'expérience.
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