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  • il y a 20 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00J'ai le plaisir d'accueillir à nouveau Hélène Lecomte.
00:02Dans quelques instants, c'est Hervé Morin, président de la région Normandie,
00:05qui sera avec nous pour faire le bilan des violences dans sa région
00:08après une semaine de mobilisation.
00:09Si vous êtes sur ce plateau ce soir, c'est que BFM a recueilli un témoignage.
00:13Témoignage de cette femme qui a été agressée avant-hier à Marseille.
00:17Tout le monde a vu, je pense, cette image, agressée par un homme,
00:20ou plutôt un jeune homme, qui tient un spray,
00:23qui l'a allumé avec un briquet.
00:25Oui, ça c'est ce que, avant ce témoignage que l'on va entendre,
00:27c'est ce que l'on savait des circonstances de ce qui s'est passé à Marseille.
00:31Ce que l'on sait, c'est ce que l'on voit sur ces images,
00:33et c'était les informations qu'on avait pu recueillir.
00:35En effet, on comprend que cette femme que nous allons entendre,
00:39elle arrive près de cet abribus, qu'elle essaie de s'interposer entre...
00:46Alors, on ne sait pas exactement si ce sont des lycéens qui manifestent,
00:49ou en tout cas des jeunes, qui sont présents,
00:51et qu'elle essaie de calmer.
00:53Et à ce moment-là, arrive ce jeune homme qui déclenche une bombe d'aérosol,
00:57qui allume un briquet, ça crée une flamme,
00:59et qui la brûle au visage.
01:01Ça, c'est ce qu'on savait.
01:02Et dans le témoignage que l'on va entendre,
01:03mais on va peut-être l'entendre avant,
01:04ce qui est très intéressant,
01:05c'est qu'on va connaître les circonstances qui précèdent ce qui s'est passé.
01:09On l'écoute.
01:11Témoignage recueilli par Anne Boisise et Arnaud Deler,
01:13et on en parle juste après.
01:15Moi, je suis auxiliaire de vie,
01:17donc je sortais, le papy m'a envoyé faire deux courses à Super U.
01:22J'étais à la rue de bus,
01:23parce que, bon, je travaille beaucoup, je fais tout à pied.
01:26Donc là, je me suis dit, je monte avec le bus,
01:28on était à la rue de bus,
01:29il y avait un couple de personnes âgées aussi,
01:31il y avait une autre personne avec moi.
01:33On entendait crier, ça avait commencé très tôt.
01:37Et après, d'un coup, je vois derrière moi
01:40qu'il y a des petits jeunes qui arrivent,
01:44un mouvement de foule et tout.
01:46Et c'est là où tout a commencé.
01:49En premier, j'ai vu des jeunes filles
01:53venir vers la barrière qui était collée à la rue de bus.
01:58Elles l'ont prise et elles ont dit,
01:59on va casser la rue de bus,
02:00et après, on va casser, je pense qu'elles parlaient
02:04de la glace ou du restaurant à côté.
02:06Et j'ai entendu, je lui ai dit,
02:08avec la dame qui était à côté de moi,
02:09je lui ai dit, elles sont sérieuses.
02:11Et j'ai fait le tour, je leur ai parlé,
02:12je lui ai dit, mais qu'est-ce que vous faites ?
02:13Vous n'allez rien casser du tout.
02:15Je lui ai dit, allez manifester, il faut marcher.
02:17Je lui ai dit, vous ne cassez rien.
02:18Vous ne voyez pas qu'il y a du monde,
02:19vous ne voyez pas qu'on attend le bus, on travaille.
02:21J'ai dit, j'ai essayé de leur parler,
02:23parce qu'elles n'ont pas paru violentes au début.
02:26Elles avaient leur tenue, elles avaient...
02:29Et puis c'est arrivé tellement vite, en fait.
02:32Il y en a quand même, elles écoutaient,
02:34elles ont dit, oui, c'est vrai, on va manifester.
02:36Et puis il y a un groupe qui tenait la barrière,
02:38qui m'enfonçait dessus.
02:39Elles m'enfonçaient dessus.
02:41Et c'est là où j'ai retenu la barrière,
02:43d'ailleurs, je me suis baissée.
02:45Et après, j'ai eu l'impression que ça s'est enchaîné.
02:47Elles ont continué, je poussais,
02:49elles m'ont poussée, il y a quelqu'un qui m'a grippée.
02:52Et c'est là où j'ai vu
02:53quelqu'un avancer vers moi,
02:54et j'ai senti une forte chaleur sur mon visage.
02:57Mais je ne pensais pas, je ne pensais pas
02:59que ça allait en arriver là.
03:00Je ne m'attendais pas à une telle violence.
03:02Je ne m'attendais pas.
03:04Je pensais me faire bousculer,
03:05j'ai vu qu'elles dégageaient,
03:07sinon vous allez vous prendre les vitres.
03:09C'est-à-dire, et puis, elles m'ont poussée,
03:11elles ont commencé à taper la vitre avec la barrière,
03:13comme elles n'avaient pas assez de force,
03:14elles ne s'étaient pas cassées.
03:15Donc elles voulaient que ça se casse sur moi.
03:17Mais je leur ai dit, mais arrêtez vos conneries,
03:20arrêtez-vous.
03:21J'essayais de leur parler.
03:23Je pensais vraiment qu'à un moment,
03:24parce que j'avais vu une ou deux qui avaient reculé.
03:28Mais après, ça s'est enchaîné.
03:30Je pense que quand ça a chauffé comme ça,
03:31l'autre gars, il est venu derrière.
03:33Je ne m'attendais vraiment pas
03:34à des gamins qui soient si violents,
03:37parce que j'ai revu les images après,
03:39et c'était terrible de voir.
03:42Heureusement, je n'ai pas la gravité des images
03:44de séquelles sur mon visage.
03:46Mais de voir un gamin qu'on ne connaît pas,
03:49avec qui on parlait normalement,
03:51qui vous vise délibérément au visage.
03:53Il n'a pas visé les habits,
03:55il n'a pas visé les jambes.
03:56Il m'a visé au visage.
03:58Quand je le vois qu'il me vise au visage,
04:00je me dis pourquoi ?
04:01Pourquoi ?
04:02La journée de jeudi, je l'ai passée
04:05à faire les commissariats,
04:06à essayer de porter plainte.
04:08Parce que j'ai été prise en charge par les pompiers.
04:11Les hôpitaux étaient débordés.
04:13Ils m'ont amenée vite au centre médical de la Corderie.
04:16J'ai été prise en charge là-bas.
04:17Ils ont été super.
04:18Ils m'ont fait les premiers soins.
04:20Grâce à la pommade, au tulle gras et tout,
04:22ça a désenflé.
04:23C'est pour ça que j'ai moins de traces.
04:26Et après, j'ai vite voulu aller porter plainte.
04:27Je ne voulais pas laisser passer.
04:31Malheureusement, tous les commissariats étaient débordés.
04:33Il n'y avait pas d'agent.
04:36Et c'est après.
04:37Je suis rentrée chez moi le soir.
04:39Bien sûr, j'étais encore sous le choc.
04:41Je tremblais.
04:42Et c'est là, dans la nuit,
04:43on m'a envoyé les images.
04:44Le lendemain matin, en me réveillant.
04:46Et c'est là où j'ai éclaté.
04:49J'ai tremblé.
04:50J'ai commencé à pleurer, à pleurer en regardant les images.
04:53Quand ils m'ont coincée avec la barrière,
04:56je me suis pris un morceau.
04:57Je pense que la barrière a tapé la main.
05:00Et quelqu'un me retenait.
05:02Je ne savais pas jusqu'à ce que j'ai vu sur les vidéos.
05:04Je me sentais tenue.
05:06Et quand j'ai vu ce garçon avancer,
05:09en fait, j'ai vu son geste.
05:11J'ai dit, qu'est-ce qu'il fait ?
05:12Il ne va pas le faire.
05:14Et comme je n'ai pas pu me protéger avec ma main,
05:16celle-là, j'ai fait ça.
05:17Et c'est là où j'ai senti une forte chaleur.
05:21C'est la chaleur que j'ai sentie au visage.
05:23Et donc, j'ai eu les cils brûlés là.
05:27Ça m'a un peu brûlé la peau.
05:30Les cils brûlés en haut.
05:31Et toute sa partie des cheveux qui est brûlée.
05:34C'est vrai que la vidéo est très impressionnante.
05:36La flamme.
05:37Et elle était très près de mon visage.
05:39J'ai ressenti la chaleur de la flamme.
05:42Ça, je la sens encore maintenant quand j'en parle.
05:45Mais la gra...
05:46Enfin, même moi, je n'y crois pas que...
05:49Je sois à peine blessée.
05:51Je n'ai pas été défigurée.
05:52Tant mieux. Dieu merci.
05:53C'est la suite maintenant qui m'inquiète.
05:55Est-ce que...
05:58Je ne veux pas que ça ait servi à rien.
05:59Il a été interpellé.
06:01Il y a beaucoup de moyens qui ont été mis en place.
06:03Ma déposition hier a été prise très au sérieux.
06:09Les officiers de police ont tout fait.
06:11Et ils ont réussi à l'interpeller.
06:13Mais il ne faut pas que ce soit en vain.
06:15Qu'ils s'en sortent comme ça.
06:17Même ceux qui étaient autour.
06:18Ceux qui m'attrapaient.
06:19Ceux qui me frappaient avec la barrière.
06:21Tout ça.
06:21Tout ça.
06:22C'est des...
06:23En fait, ce n'est pas des enfants.
06:25Puisqu'ils font des actes d'adultes.
06:27J'ai envie de dire.
06:29Là, je vous parle.
06:30Je le revois encore venir vers moi.
06:33Viser mon visage et allumer le briquet.
06:35Pourquoi ?
06:37J'étais en train de vous parler.
06:39Pourquoi ?
06:41Voilà donc pour ce témoignage exclusif recueilli par les équipes de BFM TV.
06:44Bonsoir, Yves Morin.
06:45Bonsoir.
06:46Vous avez vu, vous avez regardé comme nous ce témoignage.
06:48Donc cette femme qui a été agressée par un jeune homme de 15 ans.
06:52Un adolescent de 15 ans qui a été arrêtée.
06:54Qui est en ce moment en garde à vue.
06:55Simplement votre commentaire sur ce qu'on vient d'entendre.
06:57Bah, déjà, c'est extrêmement poignant ce témoignage.
07:02Une femme qui veut du bien.
07:05Et à qui on lui renvoie la violence.
07:08Mais malheureusement, j'ai été voir deux proviseurs de lycée.
07:15Jeudi, sans presse.
07:17Je voulais parler avec eux.
07:19Il y avait les cadres de ces établissements qui étaient là.
07:22Ils étaient dans un état de choc terrible.
07:24Parce qu'ils ont découvert une violence qu'on ne pouvait pas imaginer.
07:28Des proviseurs de votre région qui ont été agressés.
07:30Ma région, oui.
07:31Nous, on a eu trois proviseurs qui ont été agressés.
07:33Attaqués aux mortiers.
07:36Pour certains d'entre eux.
07:37Et surtout, ce qui les a beaucoup frappés.
07:40Alors, c'est pour l'essentiel, ce sont des bandes de casseurs.
07:46Des scolarisés.
07:47Qui ne sont pas leurs lycéens.
07:50Parfois, quelques lycéens se sont retrouvés embarqués dans l'affaire.
07:53Mais les témoignages que j'ai eus, pour ceux qui étaient les violents, éminemment violents, voulant détruire, casser, brûler,
08:04c'était des jeunes qui n'étaient pas scolarisés, qui n'étaient pas dans l'établissement.
08:12Extérieurs, donc, à ces établissements.
08:14Extérieurs, oui, c'est ça.
08:15Très jeunes, jeunes, moins jeunes.
08:17Oui, et puis, alors, ce qui était incroyable, c'est qu'ils m'ont fait voir toute une série d
08:21'images des jeunes qui n'étaient, la plupart du temps, qui étaient à visage découvert.
08:27Donc, qui étaient dans cette espèce d'affrontement en disant, en clair, je vais m'attaquer à un des symboles
08:33de...
08:36Je ne sais pas si c'est le symbole de la République, mais enfin, le symbole de ce qu'on
08:39peut attendre d'une nation.
08:40C'est-à-dire, l'école, frapper l'école, vouloir faire brûler un lycée, c'est quand même quelque chose
08:47qui est juste inimaginable.
08:49Le fait qu'il ne se soit pas couvert le visage, vous en faites l'explication, qu'ils n'ont
08:54même pas peur de se faire...
08:55Oui, c'est ça.
08:55...de se faire retrouver derrière.
08:57C'est ça.
08:57Oui, je l'analyse comme vous.
09:00Combien de lycées dégradées dans votre région, en Normandie ?
09:03Vous avez une idée ?
09:04Non, oui, on a fait un recensement, on a fait venir immédiatement des équipes pour faire des réparations,
09:10parce qu'il y a beaucoup de vitres brisées, etc., pour mettre des bois, pour essayer de reconsolider, pour éviter
09:17les intrusions, etc.
09:19Ce qui est sûr, c'est qu'on a plusieurs millions d'euros de dégâts.
09:23Plusieurs millions d'euros de dégâts ? Les réparations vont commencer ? Elles ont commencé ?
09:28Les réparations ont commencé. Certaines vont nécessiter plus de temps.
09:34Je prends un exemple simple. Quand vous avez le système d'alarme incendie qui est détruit, vous n'allez pas
09:41pouvoir réparer ça en 24 heures.
09:44Et donc, vous ne pouvez pas accueillir des élèves tant que vous n'avez pas un système d'alarme qui
09:47marche.
09:48Ça veut dire qu'il y a des établissements qui vont rester fermés là ?
09:51Vous ne pouvez pas. Quand on s'est attaqué au hall, qu'on a essayé de faire brûler le hall,
09:57et que des portes ont explosé, etc.,
10:00et que ces portes sont absolument indispensables en cas d'incident grave, etc.,
10:04et donc il faut qu'elles soient parfaitement fonctionnelles...
10:07Donc on ne peut pas rouvrir les établissements, c'est ça ?
10:09Il y a des établissements sur lesquels on ne va pas pouvoir accueillir des élèves du jour au lendemain.
10:12En tout cas, pas lundi, par exemple.
10:15Pas lundi, ça a coup sûr.
10:17Ça prendra quoi ? Des jours ? Des semaines ?
10:19Non, ça va aller très vite, parce qu'on a tous...
10:21Enfin, j'imagine que dans les autres régions, c'est pareil.
10:22Nous, on a des contrats avec des entreprises.
10:24Donc, dès le vendredi matin, vous aviez des entreprises qui étaient dans les lycées en train de réparer.
10:31Qui va payer ?
10:32Ben, nous.
10:33Nous, c'est la région ?
10:35Vous souhaiteriez que ce ne soit pas vous ?
10:38Je voulais vous dire, que ce soit l'État, nous, ça reste toujours le français, ça reste toujours nos impôts.
10:47Ce qui est désolant, c'est que dans une période où on est obligé de réduire massivement nos investissements,
10:52parce qu'on a été purgé par l'État depuis deux ans,
10:56ce qui veut dire que ce qu'on va faire là, on ne va pas le faire ailleurs.
10:59Vous avez une idée du montant de la facture ?
11:00Ce sont des millions, des dizaines de millions ?
11:02Pour moi, ce n'est pas des dizaines de millions.
11:04Mais là où vous avez des lycées qui ont été, comme j'ai vu à Nantes, qui ont brûlé en
11:07partie,
11:08ça va être des dizaines de millions.
11:09Construire un lycée, ce n'est pas compliqué.
11:10J'ai construit deux lycées, donc je peux vous le dire.
11:13C'est 50 à 60 millions d'euros.
11:16Donc, les choses sont assez claires.
11:18Cet argent, vous allez le prendre où ?
11:20Sur les programmes d'investissement de la région.
11:24Donc, probablement sur les programmes d'investissement, notamment consacrés aux autres lycées.
11:29Ce que vous dites aux casseurs ou à ceux qui ont fait ça, c'est qu'au bout de la
11:33chaîne,
11:34ce sera un lycée en moins peut-être dans quelques années ?
11:35Non, ce n'est pas un lycée en moins.
11:36Une rénovation qui ne sera pas faite ?
11:37Mais ce qui est sûr, c'est que ce sont des programmes de rénovation.
11:41Il faut, vous voyez, il faut constater.
11:43Si on veut avoir des établissements qui marchent,
11:45il faut qu'il y ait des plateaux techniques dans les lycées professionnels qui soient à la hauteur, etc.
11:48Donc, ça veut dire probablement qu'on va se dire,
11:50là, on va retarder d'un an un plateau technique dans un autre lycée.
11:53Là, on en a besoin.
11:54Surtout dans une région où, en plus, on a énormément de programmes d'investissement,
12:00des chantiers sur lesquels on a besoin de dizaines de milliers de salariés,
12:03notamment avec les deux chantiers nucléaires à Pont-Li-Aurano.
12:05C'est 30 000 salariés qui vont travailler, plus des entreprises qui s'installent.
12:09Donc, on se dit quand même d'être obligé de réduire un certain nombre d'investissements dans nos établissements
12:15parce qu'il y a des casseurs qui ont détruit une partie de nos établissements scolaires.
12:23C'est quand même tellement désolant.
12:25Hélène Lecomte.
12:26Mais derrière cette question de qui va payer ?
12:28Il y a eu des propositions de réponse.
12:30Gérald Darmanin a fait passer cette circulaire au Proclan.
12:33Justement, ça m'intéresse d'avoir votre avis sur cette circulaire
12:37qui demande au procureur de systématiquement aviser les victimes
12:41pour qu'elles saisissent la justice pour obtenir réparation
12:45et pour que les parents de ces mineurs qui auraient commis ces dégradations payent.
12:50Et puis, il y a une autre accélération.
12:52C'est ce qu'on appelle la loi casseur-payeur.
12:54On connaissait « tu casses, tu répares », ça va être « tu casses, tu rembourses ».
13:00Qui existent, cette loi, elle est écrite, elle est au Parlement,
13:02elle n'est pas encore examinée et qui doit s'accélérer.
13:05Et là, on ne parle plus de réparation financière individuelle,
13:10mais de la possibilité de sanctionner tout en groupe à hauteur de 10 000 euros.
13:14Vous dites que c'est de la com ?
13:16Parce que cette loi n'existe pas, elle est au Parlement.
13:19Vous avez vu, avec le bordel que vous avez au Parlement,
13:21vous pensez que demain matin, ça va être voté,
13:23alors qu'il y a la loi de finances et la loi de financement de la sécurité sociale.
13:26Donc très clairement, c'est un texte qui n'existera pas avant la fin de cette législature.
13:31Bon, ça c'est le premier.
13:31Et le second, pardon, mais considérons qu'on arrive à récupérer,
13:37à pouvoir déterminer un certain nombre de casseurs et les retrouver, etc.
13:42Vous savez, il y a une formule, dans les campagnes normandes,
13:48on ne tombe pas un agneau qui vient d'être tondu.
13:51Ça veut dire quoi ?
13:52Ça veut dire que c'est des jeunes dans lesquels vous allez avoir quoi en face ?
13:57Rien !
13:58Il n'y a pas de capacité de saisie, il n'y a pas de patrimoine, très probablement.
14:03Donc ça ne sert à rien de dire ça.
14:04Donc dire ça, c'est...
14:06Et surtout, il y a une autre difficulté.
14:08Alors moi, j'ai porté plainte, systématiquement, j'ai porté plainte,
14:11et je le ferai.
14:12Et vous demanderez réparation.
14:13Je le ferai.
14:13Il y a une autre difficulté sur les mineurs,
14:15c'est qu'il faut être absolument certain d'avoir identifié le mineur
14:20qui a commis l'acte de déficit.
14:21J'allais vous le dire.
14:21C'est différent dans la loi Casseur.
14:23Mais pour les mineurs, il faut être absolument certain que c'est lui.
14:26Est-ce que vous dites, comme votre collègue présidente de la région de France,
14:29Valérie Pécresse,
14:29« Je vais envoyer la facture aux insoumis. »
14:32Elle a dit « J'enverrai la facture de ce qui s'est passé à Bali Bagayoko,
14:35puisqu'il était devant un délicé. »
14:37Vous ne considérez que c'est un débat qui ne peut pas avoir lieu ?
14:40Très clairement, les insoumis ont participé à tout cela,
14:43ça ne fait aucun doute.
14:44Nous, très clairement, on a eu des témoignages,
14:47soit des parlementaires insoumis,
14:49soit des collaborateurs des parlementaires qui étaient aux côtés des lycéens.
14:51Participer à tout cela, ça veut dire quoi ?
14:52Qui participaient, qui étaient aux côtés des lycéens, etc.
14:55Qui bloquaient ou qui cassaient ?
14:56Qui bloquaient, je ne veux pas dire qu'ils ont cassé.
15:00J'essaye de préciser vos propos.
15:01Mais très clairement, on ne peut pas simplement résumer le mouvement lycéen
15:09au seul fait que la France insoumise soit à leur côté au moment des manifestations.
15:17Qu'il y ait des tentatives de manipulation, ça ne fait pas de doute.
15:21Mais de se dire que tous ces jeunes qui sont dans la rue,
15:25sont dans la rue uniquement parce qu'il y a 20 parlementaires insoumis
15:30qui sont allés à leur côté...
15:32Vous êtes à contre-courant, par exemple, de Renaud Retailleau ?
15:35Oui, je m'en fous d'être à votre parti.
15:37Mais qui dit, ça va trop loin, il faut même envisager d'interdire les insoumis.
15:41J'essaie de voir où vous êtes, Hervé-Moi.
15:42Renaud Retailleau, c'est un type formidable.
15:45Mais vous n'êtes pas d'accord avec lui ?
15:46Je dis juste que...
15:49Moi, j'ai des enfants de cet âge.
15:51Je m'arrive de...
15:52Qui bloquent ?
15:52Non, mais je...
15:54Attendez, juste un mot.
15:56Vous avez discuté avec...
15:57Vous leur avez dit qu'il n'y allait pas ?
15:59Je discute avec eux.
16:02Et il y en a un qui me dit, mais...
16:07Il ne fait ça pas rien.
16:08Il est plus petit.
16:10Il me dit, mais...
16:12Est-ce qu'on pourrait avoir des preuves ?
16:15Est-ce qu'on pourrait avoir des preuves ?
16:16Je vous rappelle qu'Emmanuel Macron a fait un plan
16:19qui s'appelait le pacte enseignant.
16:22Où il avait dit, zéro classe sans preuves.
16:272023.
16:28C'était un des engagements de l'élection présidentielle.
16:30Vous avez toujours des classes sans preuves.
16:31Vous avez toujours des matières dans lesquelles,
16:33pendant un mois, deux mois, trois mois,
16:34vous n'avez pas de preuves.
16:35Si un de vos enfants, Hervé-Moi, vous disait,
16:37je vais manifester pacifiquement,
16:38vous lui diriez quoi ?
16:41Écoutez, ça ne va pas se passer.
16:43Pourquoi ?
16:44Ça n'arrive pas chez les moragnes.
16:47Thierry.
16:48Et quelles conclusions vous en tirez
16:49pour ce début de semaine qui nous attend ?
16:52Pour votre région et pour le pays en général,
16:54est-ce que vous êtes inquiet ce soir ?
16:56Oui, je suis inquiet.
16:57Oui, oui, parce qu'on nous annonce
16:59tout de même des manifestations fortes,
17:02je crois, mardi.
17:03Il y en aura aussi chez vous ?
17:06Il n'y a pas de raison qu'il n'y en ait...
17:07La Normandie, faisant partie de la France,
17:09il n'y a pas de raison qu'il n'y en ait pas chez nous.
17:10Mais très clairement, oui, je suis inquiet.
17:14Parce que j'ai vu que François Hollande
17:17a eu cette formule qui n'est pas très élégante,
17:19mais qui est en comparant,
17:21en disant que c'est compliqué de faire revenir
17:23des jeunes qui ont manifesté.
17:25Surtout quand, en plus de ça,
17:27vous n'avez personne en face.
17:28Il n'y a pas d'organisation syndicale,
17:30il n'y a pas de vraie revendication.
17:32Ce n'est pas structuré.
17:33Il y a toute une série de revendications,
17:34franchement, où on se dit,
17:36bon, ok, j'en entendais un dire,
17:38oui, vous vous rendez compte, on finit à 18h,
17:40on n'a même pas le temps, après,
17:42d'être à être dans sa famille.
17:43J'ai envie de lui dire,
17:44le problème, c'est que quand tu vas rentrer à la maison,
17:46tu vas prendre ton téléphone portable.
17:47Il n'y a pas que ça dans la revendication.
17:47Ils ne disent pas que ça.
17:48Ils ne disent pas que ça.
17:49Vous le disiez vous-même, votre fils,
17:51et peut-être nos enfants d'ailleurs,
17:53disent déjà qu'on commence par avoir des profs.
17:54C'est ça.
17:55Et qu'on puisse étudier,
17:56surtout ceux qui sont dans les années
17:58Bac français et Bac.
17:59Est-ce que vous avez vu Hervé Morin ?
18:01Vous, en tout cas, dans les témoignages...
18:02Et puis, je pense qu'il y a peut-être aussi,
18:06au fond, le sentiment aussi
18:09de la dégradation aussi
18:10du système éducatif français.
18:12Vous savez, je discutais de ça
18:14avec un patron d'une école d'ingénieurs
18:15à Rouen, jeudi.
18:17Il me dit, mais le niveau de maths
18:18de nos élèves ingénieurs
18:20est juste affligeant.
18:23Il me dit, mais le niveau de maths
18:25de tous les gamins,
18:26de tous les autres pays
18:27et de tous les pays d'Afrique
18:28qu'on méprisait, etc.,
18:30ont dit niveau de maths,
18:31mais tellement supérieur aux nôtres.
18:33Donc, je pense qu'il y a peut-être aussi
18:34une inquiétude profonde
18:35sur la capacité de notre système éducatif
18:38à leur proposer un avenir.
18:39Il y a peut-être un peu de ça aussi.
18:41Dans certains établissements,
18:42pour l'option maths,
18:43je ne sais pas exactement
18:44que maths renforcée,
18:45il y a plus de 40 à 45 élèves par classe
18:47dont certains n'arrivent pas
18:48à suivre les cours mâles.
18:49Il y a une question.
18:51Ce mouvement, en tout cas,
18:52en région parisienne,
18:53il a débuté il y a plus d'une semaine.
18:57Ceux avec qui vous avez pu échanger,
18:58est-ce qu'ils ont vu,
18:59les autorités parlent d'entreprise,
19:00en tournant jeudi,
19:02est-ce que cette bascule,
19:04ils l'ont sentie venir
19:05ou est-ce qu'elle a été...
19:06Parce qu'on a ce sentiment de...
19:08Il y avait des poubelles devant les lycées,
19:09je caricature volontairement.
19:11On est passé de poubelles devant les lycées,
19:13ce qui arrive, on le sait, on le voit,
19:16aux scènes qu'on a vues jeudi et vendredi
19:18et on a l'impression que ça s'est fait comme ça.
19:20Ce qui est quand même assez déroutant.
19:23Oui, mais c'est aussi un système
19:24assez bien organisé pour les bandes
19:26en question qui sont celles
19:27qui commettent les violences.
19:28C'est qu'elles tournent dans la ville
19:30et donc c'est assez compliqué
19:31d'arriver à saisir le mouvement
19:34et à mettre les forces de l'ordre
19:36qui conviennent en face.
19:37Vous, ministre de l'Éducation nationale,
19:39vous, au gouvernement...
19:40Oui, je suis président de région,
19:41je n'ai pas l'intention de devenir ministre.
19:44C'est une hypothèse.
19:45Dans cette hypothèse,
19:46qu'est-ce que vous proposez ?
19:47Qu'est-ce qu'on peut faire
19:49lorsqu'on est au gouvernement aujourd'hui
19:51pour tenter de contenir,
19:53d'arrêter ce mouvement ?
19:53C'est bien ça le sujet.
19:55Parce que quand on voit
19:56la pauvreté des réponses,
19:59mais qui sont aussi à la hauteur
20:00de la difficulté à saisir le sujet.
20:02Mais alors, qu'est-ce que vous vous répondez ?
20:05Qu'est-ce que vous proposez ?
20:05Et puis, je vais vous dire,
20:06de toute façon,
20:07il faut une transformation
20:08en profondeur du système.
20:09Mais ça, c'est pour,
20:11j'allais dire, post-2027.
20:12Mais ça ne va pas être facile.
20:13Ce n'est quand même pas
20:14le monde le plus facile
20:15à faire évoluer.
20:16Mais là, pour éteindre l'incendie maintenant ?
20:17Mais là, il y a zéro crédit.
20:19Il y a zéro crédit du...
20:22Donc, on dit aux lycéens
20:23« Attendez, rentrez chez vous,
20:25les pièces sont vides ? »
20:26Non, on va...
20:27Mais attendez, quand on...
20:29Allez, les profs,
20:31prenons les profs qui manquent.
20:34Vous avez vu les conditions de recrutement
20:35d'un certain nombre de profs
20:36dans un certain nombre d'académies
20:38où il n'y a même pas un entretien d'embauche,
20:40où on les prend sur CV ?
20:42Vous avez vu qu'on a mis en face de profs...
20:47J'ai vu des témoignages
20:49qui avaient été faits
20:50par des enquêtes menées
20:51par certains journalistes
20:52où on envoyait un CV
20:54à quelqu'un qui n'avait aucune compétence
20:57pour devenir enseignant,
20:58tout au moins aucune formation.
20:59Bon, donc, ce n'est pas si simple que ça
21:01que de dire « On va vous mettre des enseignants
21:03demain matin
21:04s'ils ne sont pas capables d'être à la hauteur. »
21:06Vous avez parlé il y a quelques instants
21:07en 2027, Hervé Moin.
21:08Vous êtes une sorte d'exception,
21:10d'ovnis aujourd'hui.
21:11Vous êtes l'un des derniers qui dit
21:12« Il faut une grande primaire
21:14de la droite et du centre. »
21:16D'abord, ça va peut-être vous faire sourire,
21:17mais est-ce que ça veut dire
21:18que ce qui se passe au Parti Socialiste
21:19en ce moment vous fait rêver ?
21:21Vous avez envie de ça, aujourd'hui ?
21:23Oui, mais ils ne me font pas beaucoup rêver non plus
21:25en temps normal.
21:29Mais bien sûr qu'il faut une primaire.
21:31Mais plus personne n'en veut aujourd'hui.
21:33Eh bien, moi, j'espère que...
21:34J'attends vraiment...
21:36Maintenant que Gérard Larcher
21:37a été réélu président du Sénat,
21:41j'attends notamment des deux présidents
21:43des chambres parlementaires
21:44de reprendre une initiative sur le sujet.
21:47C'est-à-dire ?
21:47Parce que quand j'ai lancé mon opération
21:49avec cette pétition...
21:50Vous avez lancé une pétition,
21:52vous avez écrit à quatre candidats.
21:53Gabriel Attal, Edouard Philippe,
21:54Bruno Rotaillot et David Lysnard.
21:56David Lysnard a toujours été pour.
21:58Donc, pas de problème.
21:58Mais les trois autres,
21:59vous aurez pour vous ou pas ?
22:00Non, non.
22:00Oui, oui.
22:00J'ai eu des conversations
22:01avec un certain nombre.
22:03Entre Bruno Rotaillot et Gabriel Attal
22:05ne sont pas fondamentalement opposés.
22:07mais il y en a un qui n'en veut pas.
22:09Et c'est celui qui a en tête des sondages.
22:10Oui, enfin, d'accord.
22:11Mais enfin, les sondages d'octobre,
22:12ça ne fait pas les sondages du mois d'ars,
22:13ni l'élection du mois d'avril.
22:15Et donc, très clairement,
22:17on voit bien ce qui va se passer.
22:18Ils vont tous continuer
22:20jusqu'en janvier ou en février
22:21parce que quand vous regardez
22:22les courbes d'intention de vote,
22:24grosso modo, ça ne bouge pas
22:26depuis trois mois ou quatre mois.
22:27Et ça ne bougera pas encore
22:28dans les mois qui viennent.
22:29Donc, tous vont dire
22:30les dernières élections présidentielles
22:32ont démontré
22:33que les courbes commençaient à bouger
22:34en février ou en mars.
22:36Et donc, je vais essayer
22:37de durer le plus longtemps possible.
22:38Eh bien, bien entendu,
22:39dans cette hypothèse,
22:41au bout du compte,
22:42on ne sera pas là.
22:43Et c'est grave.
22:43Est-ce qu'il n'y a pas
22:44une certaine logique
22:45à attendre un peu quand même ?
22:46Parce que s'il n'en reste plus qu'un,
22:48celui-là, ça va devenir la cible,
22:50celui qui va concentrer tous les tirs.
22:53On a surtout besoin
22:54de faire en sorte
22:56qu'on soit tous ensemble
22:57à défendre un projet politique
22:59qui soit sérieux, fondé et solide.
23:01C'est quand même ça
23:02dont on a besoin.
23:03Et compte tenu...
23:05Moi, je reste intimement convaincu
23:06qu'il y a encore
23:07une majorité de Français
23:08qui souhaitent
23:10une majorité parlementaire
23:13et un président de la République
23:14l'année prochaine,
23:15qui soit pour l'économie de marché,
23:17la réduction de la dépense publique,
23:19la réduction des prédéments obligatoires,
23:22un système de responsabilité,
23:24une gouvernance totalement transformée
23:26avec un vaste mouvement
23:27de décentralisation
23:28et de responsabilisation.
23:30Je pense qu'il y a
23:30une majorité de Français là-dessus.
23:32Il faut juste qu'on puisse
23:33se faire entendre
23:34par une candidature
23:35qui soit portée par tout le monde.
23:36Gabriel Attal
23:38déclare ce soir
23:39à nos confrères du Parisien
23:40qu'il faut une coalition
23:41qui aille des électeurs
23:42de Raphaël Glucksmann
23:43à ceux de la droite républicaine.
23:47Des électeurs
23:47de Raphaël Glucksmann
23:48jusqu'à la droite républicaine.
23:51Il peut dire ça.
23:52Il est en train de changer
23:53votre primaire.
23:53Il faut demander à Raphaël Glucksmann
23:55de renoncer à être candidat.
23:56J'ai rédigé de...
23:57Vous n'êtes même pas d'accord
23:59sur le spectre
24:00dans lequel vous voulez gouverner.
24:02J'ai rédigé de ma blanche main
24:03sans l'intelligence artificielle
24:05la charte
24:08qui serait la charte signée
24:09par tous ceux
24:10qui participeraient.
24:11Mais Gabriel Attal
24:12vous répond en quelque sorte aujourd'hui.
24:13Il dit qu'il faut aller
24:14jusqu'à Glucksmann.
24:15Vous vous dites
24:15qu'on s'arrête à lui.
24:16La charte me semble-t-il
24:18convient aux quatre candidats
24:20parce qu'on y retrouve.
24:22Vous savez,
24:22je me suis livré un exercice.
24:23Pour rédiger cette charte,
24:25j'ai lu leur discours.
24:27Vous ne le faites jamais, vous.
24:28Non ?
24:29J'ai lu leur...
24:30On les écoute.
24:31On les écoute.
24:31Parfois, on les explique.
24:32Mais là, j'ai pris le temps
24:34de lire leurs principaux discours.
24:36Et c'est du côté collé.
24:37Bien entendu,
24:38ils ont des solutions différentes.
24:39Ils ont des points
24:40sur lesquels ils insistent
24:41plus que d'autres.
24:42Mais au bout du compte,
24:44ils sont tout de même tous
24:45à peu près avec
24:47le même constat,
24:49la même analyse.
24:50Et donc,
24:51il faut y aller.
24:52C'est tout.
24:53avec Raphaël Glucksmann ?
24:55Non.
24:55Si Raphaël Glucksmann
24:56veut participer
24:57à la primaire
24:58avec la droite et la centrale,
25:00ça m'étonnerait.
25:01Il va falloir
25:02qu'il change vite d'avis
25:03puisqu'on rappelle
25:04qu'il a deux moments
25:06qui l'attend dans les journées.
25:10Demain 20h45,
25:11Raphaël Glucksmann
25:12et les quatre autres candidats
25:13de cette primaire socialiste
25:14débattent le dernier débat
25:15sur BFM TV
25:1620h45
25:17avec Apolline de Malherbe
25:18et ma l'amie
25:20Maxime Suitek, évidemment.
25:21Et puis dans une semaine,
25:22les militants de place publique
25:23et du parti socialiste
25:24qui vont voter
25:25pour les départager.
25:26Merci beaucoup.

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