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  • il y a 8 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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00:00On va donner la parole aux Français retournés sur le terrain comme on essaye de le faire très régulièrement avec
00:04Benoît Ruiz qui nous attend dans le département du Var face à l'envolée des prix du carburant.
00:09Est-ce que ceux que vous avez croisés aujourd'hui Benoît sont prêts à descendre ou à redescendre dans la
00:14rue ?
00:17C'est vrai qu'il se pose la question. Nous avons passé une bonne partie de la journée devant ces
00:22commerces et nous avons croisé beaucoup de Varrois.
00:25Alors si certains sont en colère, d'autres craignent cette période un peu trouble.
00:31Quand on rencontre des familles, ils nous disent on fait des arbitrages, on supprime des loisirs pour ne pas être
00:36dans le rouge chaque mois.
00:38Les retraités nous disent aider leurs enfants à payer leur carburant parfois. Voilà un peu pour l'ambiance.
00:44Et c'est vrai qu'on a un peu mis les pieds dans le plat en voyant les appels à
00:47manifester sur les réseaux sociaux.
00:49On leur a posé la question est-ce que vous êtes prêts à descendre dans la rue ?
00:53Alors c'est vrai que les réponses sont plutôt variées. Je vous propose d'écouter ces Varrois au micro de
00:57Christophe Erlhomme.
01:00Quand on va manifester, c'est en moins sur l'affiche de paille. Donc manifester parce qu'on n'en
01:04a pas assez et en perdre, c'est compliqué.
01:07Il faudrait des choses plus radicales mais passer du temps dans la rue pour dire qu'on n'est pas
01:11content.
01:12Sujet compliqué parce que je n'ai pas forcément le temps. Comme tout le monde, on a un emploi et
01:17ce n'est pas forcément simple de se libérer pour aller manifester.
01:20Mais c'est vrai qu'il y a un moment où on se pose vraiment la question.
01:23À un moment, il faut faire abstraction à tout ça et se révolter. Parce que si on se laisse faire,
01:29ça n'avancera jamais.
01:30Donc je pense qu'à un moment, il faut dire stop. Parce que là, trop, c'est trop.
01:35Alors vous l'entendez, des Varrois tiraillés entre leur envie, entre guillemets, de montrer au gouvernement qu'ils sont en
01:42colère, qu'ils en ont marre de ces prix.
01:45Et notamment de ces taxes. C'est beaucoup revenu aujourd'hui dans les discussions.
01:48Et d'un autre côté, la difficulté à s'extraire, vous l'avez entendu, d'un quotidien parfois difficile.
01:56Merci beaucoup Benoît Ruiz. Parole de français de Varrois, recueillie ce soir après l'envolée des prix des carburants.
02:02Bonsoir Antoine Oberdorf. Ravie de vous retrouver. Vous allez nous accompagner régulièrement dans ces vendredis soirs.
02:07Est-ce qu'il y a un risque aujourd'hui, on parle des gilets jaunes évidemment, mais est-ce qu
02:10'il y a un risque de colère, d'explosion sociale ?
02:12En tout cas, cette colère sourde, elle est là. On l'entend, elle s'exprime, va-t-elle se traduire
02:17?
02:17On sait qu'on a beaucoup joué à se faire peur par le passé.
02:19Souvenez-vous, il y a un an, quasiment jour pour jour, on avait ce mouvement Blue Contou, ce mouvement du
02:2410 septembre,
02:25qui finalement s'est traduit par rien du tout.
02:27En revanche, ce qui est très inquiétant et très préoccupant, c'est que s'il venait à y avoir une
02:31flambée sociale,
02:32eh bien le gouvernement est à court de solutions.
02:34Parce que la pompe à argent public, elle est à court, elle pédale à vide les solutions qui peuvent être
02:42proposées par les uns et les autres dans l'opposition.
02:44Et c'est le charme de l'opposition que de pouvoir proposer des solutions immédiatement applicables,
02:47comme l'a fait encore cet après-midi Jordan Bardella, avec une baisse de la TVA.
02:50– Baisse des taxes.
02:51– Absolument, baisse des taxes, la CIS, la TVA.
02:54Simplement, ils oublient toujours de présenter la facture, car priver le gouvernement de recettes fiscales,
02:58alors même que nous ne parvenons pas, dans l'état actuel des choses, à boucler le budget,
03:02avec cette cible de déficit que nous étions fixés à 5%,
03:05c'est se priver d'autant de recettes de plus.
03:07– Je rappelle les mots du ministre de l'Économie ce matin qui dit qu'il n'y a plus
03:10de gras.
03:10– Nous sommes à l'os.
03:11– Et on aura l'occasion d'en parler tout à l'heure.
03:12Bonsoir Benoît Perrin, vous êtes économiste, directeur général des Contribuables Associés.
03:16Le constat d'abord, comment vous sentez les Français ?
03:18Il y a eu les Gilets jaunes, il y a eu le ras-le-bol fiscal à l'époque de
03:22François Hollande.
03:23Vous les sentez comment ? Résignés, à bout ?
03:26Je parle de ces Français qui, aujourd'hui, hésitent avant de tourner la clé dans le moteur,
03:29parce qu'un plein, c'est cher et qu'il faut emmener les enfants à l'école.
03:34Ça veut dire aussi ne plus pouvoir faire ses courses,
03:36ne plus pouvoir aller voir ses parents ou ses beaux-parents le week-end.
03:39– Écoutez, je les trouve vraiment très inquiets, pour des raisons évidentes.
03:42C'est-à-dire que vous avez une situation, une espèce d'étau
03:45qui commence à se rassurer de plus en plus.
03:47Vous avez d'un côté les salaires qui, en fait, stagnent.
03:49Très concrètement, vous allez avoir une augmentation de salaire
03:51d'à peu près 1,6-1,7% cette année,
03:54alors que vous avez une inflation qui se remet à galoper.
03:57On est sur un an à 2,4% d'inflation.
04:00– Ce qui veut dire un pouvoir d'achat qui baisse, ce qui est assez rare aussi.
04:03– Quand vous avez une inflation qui est supérieure, effectivement,
04:05à l'augmentation des salaires, c'est-à-dire très concrètement
04:07qu'il y a une espèce de terreau pour une potentielle révolte,
04:12en tout cas, ou en tout cas une forte inquiétude.
04:13Je dis inquiétude et pas encore révolte. Pourquoi ?
04:15Parce que la situation, elle me semble-t-il un peu différente
04:17de celle de 2018, année de l'émergence des Gilets jaunes.
04:20À l'époque, on avait une vraie croissance.
04:22Aujourd'hui, on n'a quasiment pas de croissance.
04:24Et puis, deuxièmement, surtout, à l'époque,
04:26les Français en voulaient beaucoup au gouvernement.
04:28Parce que, vous savez que ce qui a mis le feu au poux,
04:31en quelque sorte, c'est une augmentation des taxes sur l'essence.
04:32Là, c'est Donald Trump, c'est plus difficile de lui demander des comptes.
04:36Le gros enjeu, il est quand même international,
04:38donc c'est plus compliqué de demander des comptes.
04:40Néanmoins, il faut quand même rappeler que sur les produits,
04:43typiquement l'essence, typiquement l'électricité,
04:45ou encore le gaz, les taxes sont encore extrêmement importantes.
04:4950% sur le carburant, 30% sur l'électricité et le gaz.
04:52Donc, c'est aussi normal que les Français se tournent vers le gouvernement.
04:55Alors, quelle réponse, justement, de l'exécutif ?
04:57Quelle proposition des différents candidats ?
04:58On va en débattre à présent avec nos deux invités politiques.
05:01Bonsoir, François-Xavier Bélanie, numéro 2 des Républicains.
05:04Vous êtes également député européen face à vous ce soir.
05:06Eva Sasse, bonsoir, Madame, soyez la bienvenue.
05:08Vous êtes député écologie et sociale de Paris.
05:11On fait quoi, aujourd'hui ?
05:13Est-ce qu'on dit aux Français, les caisses sont vides, désolées,
05:16ça va passer, on ne sait pas quand, quand le détroit d'Ormousse sera libéré ?
05:20Est-ce qu'on bloque les prix ? Est-ce qu'on plafonne les prix ?
05:22Qu'est-ce que vous faites, vous, si vous arrivez au pouvoir ?
05:24D'abord, effectivement, il faut aider les Français.
05:27On est en situation d'urgence, il y a beaucoup de gens
05:29qui sont dépendants de leur voiture.
05:31Et il faut des aides forfaitaires ciblées.
05:33C'est ça, ce que nous proposons, nous, en aide d'urgence.
05:36Donc, la même chose que ce que fait le gouvernement aujourd'hui ?
05:38Oui, mais de plus grande ampleur.
05:40Parce qu'un petit chèque à 100 euros,
05:42ce n'est pas ça qui va vraiment aider les Français.
05:45Avec quelles conditions de ressources,
05:46par rapport à ce qui est pratiqué à l'heure actuelle pour les grands rouleurs ?
05:49Nous, il y a aujourd'hui 3 millions de personnes qui sont concernées.
05:54Et nous, on voudrait passer à 6 millions.
05:55Donc, on voudrait doubler quand même aussi les personnes concernées
05:59et augmenter, au moins doubler le niveau du chèque.
06:02Ça, c'est la première chose.
06:03Mais nous, ce qu'on dit surtout, c'est qu'on ne peut pas faire ça
06:05sans s'attaquer au fond du problème,
06:07c'est-à-dire sortir de la dépendance aux énergies fossiles.
06:10Et ça veut dire, très concrètement,
06:12aider les personnes à acquérir des véhicules électriques
06:15tant qu'on ne sera pas sortis de cette dépendance au carburant.
06:18Et les gens le voient bien dans leur quotidien.
06:19Ils sont obligés de prendre leur voiture,
06:21obligés de faire le plein.
06:22Et nous, ce qu'on veut, c'est aider les Français
06:24à acquérir des voitures électriques
06:26ou à prendre les transports en commun.
06:28Je vais vous donner la parole, François-Xavier Bellamy.
06:29Je voudrais vous faire entendre simplement deux personnalités politiques.
06:33L'une est candidate à l'élection présidentielle.
06:34L'autre est candidate au poste de Premier ministre.
06:37Pas tout à fait dans la même famille politique.
06:39Dans l'ordre d'apparition sur vos écrans,
06:40Jordan Bardella et Ségolène Royal,
06:42ce qu'ils réclament aujourd'hui pour les carburants.
06:46Nous continuons de réclamer une baisse de la fiscalité
06:49comme l'ont fait tous les pays européens autour de nous,
06:51tous nos partenaires européens.
06:53Je vous rappelle qu'il y a 60% de taxes sur les carburants
06:56et que si nous abaissons la TVA de 20% à 5,5%
07:00et que nous annulons les hausses de fiscalité
07:02qui ont été mises en œuvre sur le dernier mandat d'Emmanuel Macron,
07:05notamment par Édouard Philippe,
07:07eh bien c'est 20 euros que nous rendons immédiatement
07:08pour un plein de 40 litres à nos compatriotes.
07:12Il y a 60% de taxes sur le prix du litre d'essence.
07:14Moi je pense qu'un litre d'essence ne doit pas dépasser 1,70€.
07:191,70€.
07:20Donc vous baissez la TVA ?
07:21Je plafonnerai et je baisserai, mais bien sûr.
07:24Et deuxièmement, aujourd'hui quand on voit la structure...
07:26Les règles européennes font qu'on ne peut pas la baisser en dessous de 15%.
07:28Eh bien les règles européennes, on les change, ça suffit.
07:31Ils disent un peu la même chose, quel que soit le mécanisme,
07:34il faut baisser les taxes pour arriver soit à un prix plafond,
07:38soit à un prix plus bas qu'aujourd'hui.
07:39Est-ce que vous êtes d'accord avec eux ?
07:40Ce qui est absolument certain, c'est qu'aujourd'hui,
07:42il y a beaucoup de Français qui sont dans une situation de détresse.
07:45Je pèse mes mots.
07:45L'INSEE nous a appris aujourd'hui que vous avez 20% des Français
07:49qui mettent un mois de salaire dans leur plein d'essence
07:53pour aller travailler, pour aller travailler.
07:55Et donc l'urgence, c'est d'aider d'abord ces Français
07:57qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts
07:59parce qu'ils payent pour travailler,
08:01que ça leur coûte de l'argent de se rendre à leur travail.
08:03Et ça, c'est vraiment l'urgence absolue.
08:05Donc il faut évidemment aider en priorité les travailleurs.
08:09Ça, c'est, je crois, l'urgence, la revalorisation du barème kilométrique
08:12qui permet de rembourser les frais occasionnés
08:15par ses dépenses.
08:16La deuxième chose, c'est qu'effectivement,
08:18il faut bien sûr, dans cette situation d'urgence,
08:20baisser le prix des taxes sur l'essence.
08:22Pas parce que l'État aurait les moyens
08:25de s'offrir des largesses gratuites,
08:26mais parce qu'en réalité, vous l'avez rappelé,
08:28aujourd'hui, quand les taxes restent à ce niveau,
08:32l'État perd de l'argent.
08:33Pourquoi ? Parce que trop d'impôts tue l'impôt.
08:36Trop d'impôts tue l'impôt.
08:37On pourrait baisser les taxes sans que l'État...
08:40Il y a un tout petit surplus fiscal,
08:41tout petit de quelques millions d'euros.
08:44Bruno Retailleau, président,
08:45vous baissez les taxes de combien ?
08:47Bruno Retailleau, il y reviendra très bientôt.
08:49Il aura des mesures très précises à annoncer sur ce sujet.
08:51Et je pense que c'est urgent de faire en sorte
08:53que nous puissions venir au secours de ces Français
08:55qui ne s'en sortent plus.
08:57Vous assumez la mesure qui va profiter à tout le monde.
09:00Alors, généralement, on dit aussi bien
09:02celui qui doit faire ses courses
09:03que celui qui passe des week-ends à Trouville.
09:05Pardon pour la caricature.
09:05Mais la mesure un peu aveugle, vous dites aujourd'hui,
09:08il faut que tout le monde profite de la mise.
09:09J'ai commencé par vous dire que l'urgence,
09:11c'est d'aider ceux qui travaillent.
09:12Il faut effectivement prioriser cela
09:14parce que le drame, c'est effectivement
09:16qu'aujourd'hui, il y a des gens
09:17qui perdent de l'argent en allant travailler.
09:19Et la dernière chose à faire,
09:20c'est qu'effectivement,
09:21on a empilé sur l'énergie,
09:23en général, pas seulement sur le carburant,
09:25on a empilé des dispositifs
09:27qui sont des taxes cachées,
09:28les certificats d'économie d'énergie.
09:30Ça coûte 170 euros par an aux ménages français.
09:33Et le résultat...
09:34Non, en réalité,
09:35c'est une énorme déperdition d'argent public.
09:38Il y a un tiers de tout cet argent
09:40qui va dans des frais de gestion,
09:41dans des subventions à des associations.
09:43Ça a créé tout un écosystème parallèle.
09:45Il faut évidemment mettre fin
09:46à ce dispositif totalement inefficace.
09:48Sur la baisse des taxes sur les carburants ?
09:49C'est évidemment encourager
09:52les gens qui consomment le plus,
09:55les surconsommateurs en essence.
09:56Il n'y a pas de condition de ressource.
09:58Donc, vous l'avez dit,
09:59vous aidez autant celui qui gagne
10:02plus de 5 000 euros par mois
10:03que celui qui est SMICAR.
10:05Et d'autre part,
10:07une aide,
10:08elle est beaucoup plus intelligente
10:09si elle est forfaitaire,
10:11c'est-à-dire si elle n'est pas
10:11en fonction de la consommation,
10:14plutôt qu'une aide qui est au litre.
10:17C'est-à-dire,
10:17plus vous consommez,
10:18plus vous avez d'aide.
10:19Vous comprenez bien
10:19que du point de vue écologique,
10:21ça n'a aucun sens
10:22d'encourager la consommation.
10:24Ce sera peut-être
10:24un grand désaccord
10:25entre la gauche et la droite,
10:27mais baisser une taxe,
10:28ce n'est pas aider les gens.
10:29C'est juste leur rendre leur argent.
10:31Ce n'est pas une aide,
10:32en fait,
10:32quand on baisse une taxe,
10:33quand on baisse un impôt.
10:34Ce n'est pas qu'on donne un cadeau aux gens,
10:37on les laisse vivre
10:38du produit de leur travail.
10:39Et c'est d'une certaine façon
10:40ce qu'on devra faire.
10:41On l'a appris aujourd'hui,
10:42la France est en train de décrocher
10:43dans l'économie européenne.
10:45Évidemment,
10:45pour sortir de ce marasme,
10:46il va falloir libérer la France
10:48en profondeur,
10:49baisser la fiscalité en particulier.
10:51Pour bien comprendre
10:51le fond de votre pensée,
10:54compte tenu du signal prix
10:55qu'enverrait, selon vous,
10:56la baisse des taxes
10:57de manière indiscriminée,
10:58qu'il s'agisse des accises
11:00ou qu'il s'agisse de la TVA
11:01ou même du certificat
11:02d'économie d'énergie.
11:05Vous pensez vraiment,
11:06quand vous dites
11:06que c'est une incitation
11:07à aller au fond
11:08au cramé du carburant,
11:09que les personnes
11:10qui sont en possession
11:11dans un SUV
11:12vont rouler plus
11:13dès lors qu'ils auront
11:14ce signal prix
11:14d'une baisse des taxes ?
11:15Vous pensez vraiment ?
11:17Évidemment,
11:18si on bloque,
11:18par exemple,
11:19les prix à 2 euros,
11:20oui, évidemment,
11:21ils sont encouragés
11:22à l'utiliser plus.
11:24Et l'aide fortale...
11:25Mais 2 euros,
11:25le livre,
11:25c'est très cher.
11:26Vous voyez que par rapport à...
11:28On aide aussi les gens,
11:30mais il faut les aider
11:30de façon forfaitaire.
11:32Vous recevez 200 euros par mois.
11:34Ça ne dépend pas
11:35de la façon
11:36dont vous avez roulé.
11:37C'est beaucoup plus intelligent
11:38du point de vue écologique.
11:39Il y a un moment,
11:40il va falloir aligner
11:41quand même
11:41notre système fiscal
11:43et budgétaire
11:43avec nos objectifs climatiques.
11:45Vous,
11:45vous n'en tenez absolument
11:47pas compte.
11:48Vous n'avez aucune conscience
11:50en fait
11:51du fait
11:52qu'il va falloir
11:53aller vers
11:56une économie
11:56qui est alignée...
11:57Électrification des usages
11:58et nucléaire entre vous deux.
11:59Oui, mais non.
12:00Oui, mais non.
12:01Parce que c'est le moment
12:01où moi,
12:01je voudrais vous entendre
12:02sur autre chose.
12:03Est-ce que je peux juste
12:04en un mot dire...
12:04Oui, allez-y d'un mot.
12:05Sur la question du climat...
12:08Je donne la parole
12:08à François-Xavier Bellamy
12:09qui conclut
12:09et on parle de Total.
12:11Antoine Oberdorf m'a devancé.
12:12Mais la vérité,
12:13c'est que
12:14le camp politique
12:15qui en France
12:15a le plus combattu
12:16l'énergie nucléaire
12:17qui nous permet aujourd'hui
12:19de compter sur le point de PIB
12:20le plus décarboné d'Europe.
12:21Soupirez autant que vous voudrez.
12:22Ce camp-là, en fait,
12:23il a tout fait
12:23pour s'aborder
12:24la politique climatique
12:25de la France.
12:25Non, mais excusez-moi.
12:26On ne va pas refaire Flamanville.
12:28On ne va pas refaire Flamanville.
12:29On ne le refait pas là.
12:30Parce que les macronistes
12:31ont fait ce que les écologistes
12:32avaient demandé
12:33en fermant la...
12:34Pas Flamanville,
12:35en fermant Fessenheim
12:36qui est la centrale
12:38qui est considérée
12:39comme la plus sûre
12:39du parc nucléaire français.
12:41Pardon, je voudrais vous entendre
12:42tous les quatre
12:42sur ce qu'a dit aujourd'hui
12:43Fabien Roussel
12:43au sujet du patron
12:45du groupe Total,
12:46Patrick Pouyanné.
12:47Écoutez.
12:49Monsieur Pouyanné,
12:50patron de Total,
12:51il gagne
12:52un million d'euros
12:53par mois.
12:54Son groupe
12:55va faire
12:5620 milliards d'euros
12:56de bénéfices
12:57sur l'année.
12:58Rien que
12:59ces 20 milliards d'euros,
13:00ça permettrait
13:01tout de suite
13:02de prendre en charge
13:04la baisse
13:04de deux points
13:05de TVA
13:06sur l'essence.
13:07Enfin,
13:08vous savez,
13:08ces profits
13:10sont illicites,
13:11illégales.
13:12Monsieur Pouyanné
13:13devrait être convoqué
13:14devant un tribunal.
13:15Ces gens-là
13:15sont malhonnêtes.
13:16Ils nous volent,
13:17mais par contre,
13:18le gouvernement dit
13:19c'est aux Français
13:19de payer.
13:21Benoît Perrin,
13:21la place de Patrick Pouyanné,
13:22c'est devant un tribunal
13:23pour profits illégaux.
13:25Bon,
13:25évidemment,
13:26il faut rappeler
13:26comment les entreprises
13:27justement de...
13:29typiquement Total
13:30gagnent son argent.
13:31En fait,
13:31vous avez trois
13:31gros secteurs
13:32en gros dans le carburant.
13:33D'abord,
13:33l'extraction,
13:34c'est là où les entreprises
13:35font le plus de bénéfices
13:36et Total,
13:37justement,
13:37fait beaucoup de bénéfices
13:38parce qu'ils font
13:38de l'extraction.
13:39Ensuite,
13:39vous avez le raffinage.
13:40Le raffinage,
13:41les marges commencent
13:42à remonter,
13:43mais jusqu'à l'année dernière,
13:44Total perdait de l'argent
13:45sur ton activité de raffinage.
13:46Marge fois 4
13:47depuis le début de l'année.
13:47Voilà,
13:48exactement.
13:50Et la distribution
13:51sur laquelle
13:51les entreprises
13:52font globalement
13:53peu de marge.
13:54Typiquement,
13:54le pompiste indépendant,
13:56il fait très peu de marge.
13:58Donc,
13:58le sujet,
13:59me semble-t-il,
14:00de Total,
14:01c'est plutôt
14:01de les remercier
14:02d'avoir mis des plafonds.
14:04Et il faut rappeler
14:04que si on avait,
14:06si justement Total
14:06n'était pas
14:07une entreprise française,
14:09rien,
14:09mais absolument rien
14:10ne le poussait
14:11en quelque sorte
14:12à faire ce geste.
14:12Le patron de Total
14:13a fait ce geste
14:14un patriotisme.
14:15Pour aucune autre raison,
14:16il n'était absolument pas
14:17obligé de le faire.
14:17J'ai une petite idée
14:17de la réponse,
14:18mais je la pose quand même.
14:18Est-ce que vous dites
14:19merci à Patrick Pogliari,
14:20il n'était pas obligé
14:21de plafonner ?
14:21Ou est-ce que vous dites
14:22comme Fabien Roussel,
14:23sa place serait devant
14:24un tribunal ?
14:25Non, mais moi,
14:26je trouve ça terrible.
14:27D'abord,
14:27vous avez oublié
14:28un quatrième secteur,
14:29monsieur.
14:29Et c'est là
14:30où se font les marges aussi.
14:31C'est l'achat-revente,
14:32le trading de produits pétroliers.
14:35Et vous savez parfaitement
14:36que Total a acquis,
14:38début mars,
14:39des stocks de pétrole
14:40pour les revendre
14:41fin mars,
14:42beaucoup plus cher.
14:43Et que c'est là
14:43qu'ils se font de la marge
14:44et ils se font de la marge
14:45sur le dos des Français.
14:47Donc, il a bien fait
14:47son travail alors,
14:48le patron de Total ?
14:49Il est parfaitement légitime.
14:51Il a bien fait son travail ?
14:51C'est légal de faire ça,
14:53effectivement.
14:53Non, il a bien fait son travail.
14:54L'objectif d'un chef d'entreprise,
14:55c'est de gagner de l'argent.
14:56C'est tout à fait légal aussi
14:58de les taxer,
14:59c'est sur profit.
15:00C'est sur profit,
15:00ils ont été taxés en 2023
15:02par le gouvernement lui-même,
15:04d'ailleurs,
15:04avec très peu de succès.
15:05Mais il y avait un niveau européen
15:08qui était beaucoup plus intéressant.
15:10Nous, nous avons proposé
15:11une taxe sur ces sur-profits,
15:13c'est tout à fait possible
15:14de les taxer
15:15ou de faire comme l'Espagne l'a fait,
15:16c'était encore plus intelligent,
15:18de faire tout simplement
15:19une taxe sur le chiffre d'affaires
15:20qui permettait seulement
15:21que Total rembourse
15:23aux ménages
15:25une petite partie de ces profits
15:27parce que Fabien Roussel a raison,
15:29ils vont faire 20 milliards d'euros,
15:30effectivement,
15:31de bénéfices cette année.
15:33Et c'est des bénéfices
15:34et c'est des bénéfices
15:35qui sont évidemment
15:36faits sur le dos des Français.
15:37On n'a pas entendu
15:38François-Xavier Bellamy là-dessus.
15:39Est-ce que vous considérez,
15:40au vu de ce que vient de dire Evasas,
15:41c'est-à-dire le trading,
15:43gagner des milliards de dollars
15:44en pariant sur les cours du Brent,
15:48est-ce que quelque part,
15:49c'est profiter de la crise
15:50pour s'enrichir ?
15:50En fait, ce qui est incroyable,
15:51c'est que votre démonstration
15:52va contre votre conclusion.
15:54Vous dites qu'ils font des bénéfices
15:55sur le dos des Français,
15:56mais s'ils ont fait des bénéfices
15:57en effet très importants
15:59en achetant du pétrole peu cher
16:01pour le revendre
16:01au moment où il était plus cher,
16:03ce n'est pas sur le dos des Français
16:04qu'ils l'ont fait leur bénéfice.
16:05Parce que les Français,
16:06en effet,
16:06ils bénéficient des plafonnements de total.
16:08C'est sur le dos des gens.
16:09Ils auraient pu le revendre
16:09au prix où ils l'ont acheté.
16:11C'est là où le bénéfice
16:12est totalement fait
16:12sur le dos des Français.
16:13Il y a un moment
16:14où vous ne défendez pas
16:15les ménages français.
16:16En vaissant de taxes
16:17dans l'achat d'un litre d'essence,
16:19j'ai du mal à comprendre
16:20pourquoi vous êtes obsédés
16:22par justement
16:23les entreprises privées.
16:25Pourquoi vous ne vous tournez pas
16:26vers l'État
16:26qui capte 50% du plein
16:28que l'augmentation du prix de pétrole
16:30est due aux taxes.
16:31Même tous les ménages français
16:33l'ont compris.
16:34Et vous,
16:34vous ne l'avez pas compris
16:34que c'est dû
16:35à la situation internationale
16:37et à l'augmentation
16:38et à la crise politique.
16:40Et vous pensez qu'en tapant
16:40sur total,
16:41c'est-à-dire en la taxant
16:42encore davantage
16:43la France ?
16:44En fait,
16:44vous l'avez dit,
16:45si je peux le permettre,
16:45parce que j'ai pas été
16:46au bout de la réponse.
16:48J'aimerais bien juste conclure
16:49la réponse que je voulais faire.
16:50Je pense qu'il y a quand même
16:51un constat que tous les Français
16:52peuvent partager facilement.
16:54S'il suffisait de mettre
16:55des taxes et des impôts
16:56pour que tout le monde vive bien,
16:57la France serait un paradis.
16:58On est le pays
16:59où les impôts sont
17:00les plus élevés de l'OCDE.
17:01Il n'y a pas de pays
17:02où les prélèvements obligatoires
17:03soient plus lourds qu'en France.
17:04Donc, en réalité,
17:05la solution à tout cet accès,
17:07et même pour M. Roussel,
17:08qui est digné
17:08hérité du Parti communiste,
17:10en fait,
17:10pour sauver les Français,
17:11il faudrait la guillotine.
17:12Il faudrait mettre M. Pouyanné
17:13devant un bio.
17:13Il n'a pas tout à fait dit ça.
17:14Au fond,
17:15ça se termine comme ça.
17:16Pardon,
17:16mais c'est quand même incroyable.
17:17M. Pouyanné est coupable,
17:18alors qu'en réalité,
17:19la France a une chance incroyable
17:21de compter sur une entreprise pétrolière
17:22qui contrôle toutes les étapes
17:24de la production,
17:25du raffinage,
17:26de la distribution.
17:27Et c'est grâce à ça
17:27que les Français
17:28plébiscitent les stations Total.
17:29Ils sont bien loin de M. Roussel,
17:30les Français.
17:31Ils vont chez Total aujourd'hui
17:32parce qu'ils savent que c'est là
17:33qu'ils peuvent trouver
17:33l'essence vraiment chère.
17:34Si on n'avait pas Total aujourd'hui,
17:36on n'aurait pas cet incroyable outil
17:37au service du pouvoir d'achat des Français.
17:39Ça ne veut pas dire que c'est parfait,
17:40mais il n'y a vraiment qu'en France
17:41qu'on est capable de tirer
17:42dans le dos des entreprises
17:43qui font d'une part encore
17:45un peu de prospérité pour notre pays
17:46et d'autre part un bouclier
17:47de pouvoir d'achat
17:48pour les Français
17:48qui s'offrent aujourd'hui.
17:49Je pense à tous ceux
17:50qui nous regardent ce soir
17:51qui se disent
17:51au final, il va se passer quoi ?
17:53Est-ce qu'il y a un peu de gras ?
17:57Roland Lescure disait ce matin
17:59il n'y a pas de gras,
17:59il n'y a rien, etc.
18:00Ou est-ce qu'au final,
18:01le gouvernement va se dire
18:02mieux vaut, pardon pour l'expression,
18:04lâcher quelques milliards aujourd'hui
18:05plutôt que d'avoir
18:06les gilets jaunes de retour ?
18:07Ça s'est soldé, je le rappelle,
18:0820 milliards à la fin des gilets jaunes
18:11parce que tout a été lâché à la fin.
18:13Le problème, c'est que le gouvernement
18:14aujourd'hui, quand il dit
18:15qu'il est à l'os,
18:17ce n'est pas une image.
18:18C'est-à-dire qu'il a le choix
18:20de la catégorie de Français
18:22qu'il va sacrifier,
18:23ni plus ni moins.
18:24Donc, on va parler sans doute
18:26des retraités,
18:27savoir si on supprime
18:28l'abattement fiscal de 10%,
18:29savoir si on sous-indexe,
18:32si on indexe un peu moins
18:33que l'inflation,
18:34si ça va être les automobilistes
18:36qui vont trinquer
18:37jusqu'au déblocage
18:38du détroit d'Hormuz...
18:39A priori, il n'y a pas
18:40de hausse des taxes
18:41prévues sur les carburants.
18:42Non, bien évidemment.
18:43Mais s'ils ne vont pas
18:44être aidés à la hauteur
18:45de ce qu'ils attendraient.
18:46Le problème,
18:47dans la situation
18:47dans laquelle nous trouvons,
18:48c'est que je vois beaucoup,
18:49à gauche,
18:50mais pas seulement d'ailleurs,
18:51se référer aux pays
18:53du sud de l'Europe
18:53et notamment à l'Espagne.
18:54Et c'est vrai que,
18:55pour les Français
18:55qui ont eu l'occasion
18:56de se rendre en vacances
18:57en Espagne cet été,
18:58j'imagine qu'ils ont été
18:58un peu jaloux de nos voisins
18:59espagnols
19:00quand ils ont été
19:00à la pompe.
19:01Simplement,
19:01on oublie totalement
19:03de dire la thérapie de choc
19:04qu'ont subi
19:05dans les années 2010
19:06les Espagnols.
19:07Bien sûr.
19:07Avec aujourd'hui,
19:08en Espagne,
19:09un départ à l'âge
19:10de la retraite
19:11à 67 ans.
19:13Et surtout,
19:13une thérapie de choc,
19:14et je m'en voudrais
19:15d'oublier de dire ça,
19:16qui aura été administrée
19:19contre eux,
19:20indépendamment de leur volonté.
19:21Ça a été extrêmement violent.
19:22Et si la France
19:23ne tient pas
19:24de manière structurelle
19:25ses objectifs de dévisite,
19:26on parle de 5%,
19:27quand l'Espagne
19:28est aujourd'hui
19:28sous les 3%,
19:29c'est eux qui se conforment
19:30aujourd'hui aux impératifs
19:31de la Commission européenne.
19:33Et bien aujourd'hui,
19:33nous allons arriver
19:35à un moment
19:35où effectivement,
19:36il nous faudra
19:36une intervention
19:37de la Banque centrale européenne
19:38pour nous refinancer
19:39sur les marchés.
19:39Et c'est ça qu'il faut éviter.
19:40Oui, en contrepartie,
19:41en contrepartie,
19:42en contrepartie de réformes
19:43très dures.
19:43La BCE rachètera notre dette
19:45qu'à condition
19:45qu'on suive un régime important.
19:47Il suffit de regarder
19:47la grande nouvelle de la journée
19:48qui est l'explosion
19:49du spread
19:50entre la France et l'Allemagne.
19:51Explosion parce que
19:52c'est l'écart
19:53entre le taux d'intérêt
19:59pour pouvoir faire en sorte
20:00que ça se voit bien.
20:00Merci beaucoup François-Xavier Bellamy.
20:02Merci beaucoup.
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