- il y a 12 heures
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00C'est l'heure de face à Deuamel, comme chaque vendredi soir, et face à Alain Deuamel ce soir, c
00:03'est un ancien candidat à l'élection présidentielle qui nous a rejoint.
00:07Bonsoir Olivier Besancenot, membre du NPA, le nouveau parti anticapitaliste, qui ne sera pas présent à la présidentielle cette fois
00:14-ci.
00:14Vous nous expliquerez peut-être tout à l'heure pour quelles raisons.
00:17Alain Deuamel, on va d'abord évoquer évidemment ensemble le mouvement des lycéens, le mouvement des étudiants.
00:23Nouvelle appel à manifester mardi prochain, 150 établissements toujours bloqués aujourd'hui, c'est un petit peu moins qu'hier.
00:30Qu'est-ce que vous dites simplement à un lycéen qui bloque son lycée ce soir ?
00:36Vous lui dites de continuer, que c'est comme ça qu'il va obtenir des choses, ou vous lui dites
00:39de rentrer à la maison ?
00:42Je lui dis que si ses convictions sont qu'il faut faire pression, s'ils sont vraiment ses convictions, s
00:49'il a réfléchi, s'il en a parlé avec ses camarades,
00:52qu'il le fasse, mais évidemment qu'il le fasse, vous allez peut-être me trouver candide, qu'il le
00:57fasse sans violence,
00:58qu'il le fasse avec détermination si c'est sa conviction, mais sans violence.
01:03Il faut bloquer ?
01:06Quand les lycéens et les lycéennes le décident, moi je ne suis pas lycéen, je ne suis pas lycéenne,
01:09je pense que la marque aussi de ce mouvement, c'est précisément que la jeunesse n'a pas besoin qu
01:14'on parle à sa place.
01:15Et par ailleurs, il faudrait poser la question aux étudiants et aux étudiantes,
01:17puisque vous avez quand même noté que c'est déjà plus simplement un mouvement lycéen.
01:20Il y a beaucoup d'universités qui sont mobilisées, il y en aura aussi la semaine prochaine,
01:25donc ça dépasse déjà la mobilisation simplement des établissements scolaires.
01:29Et sans faire de prétention et sans jouer de la gonflette, je pourrais même vous dire qu'au-delà même
01:34de la jeunesse,
01:35il y a des secteurs de salariés qui rentrent dans la danse, qui rentrent dans la contestation.
01:41Dès mardi, il y a un préavis qui est déposé à la poste, il y a des cheminots qui s
01:44'y mettent.
01:44Et puis il y a la journée du 17 octobre de samedi prochain qui était déjà dans les tuyaux depuis
01:49quelques temps.
01:50L'appel sur la question de la vie chère et des salaires,
01:52et qui sera un vrai test de savoir si les colères se coagulent ou non.
01:57On voit bien qu'il y a de l'effervescence en ce moment,
02:01et que cette effervescence a plutôt tendance à faire tâche d'huile.
02:05Est-ce que ça débouchera ensuite sur un mouvement plus important ?
02:09Est-ce que ça débouchera sur des prises de position communes ?
02:12Est-ce que les manifestations obtiendront des grands succès ?
02:17Là, on verra bien, on ne le sait pas.
02:21Mais il y a quelque chose dans l'air.
02:24On est entré dans une phase qui est une phase d'effervescence sociale et aussi étudiante et scolaire.
02:32Il faut regarder ça avec attention, parce que ça le mérite, avec sang-froid,
02:38et en tâchant de trouver des solutions là où...
02:42Parce qu'il y a effectivement des sujets sur lesquels il faut trouver des solutions.
02:46Voilà, c'est le travail du gouvernement.
02:48Parmi les solutions qui ont été données par le gouvernement,
02:51il y a ces fameux 3000 enseignants remplaçants, 4000 même, disait tout à l'heure Edouard Jeffrey,
02:56qui vont arriver dans les salles de classe dans les jours qui viennent,
02:59grâce, explique le ministre de l'Éducation, à un logiciel qui commence à produire ces effets.
03:05Vous vous êtes réjouis tout à l'heure, Alain, que ces enseignants puissent arriver
03:10pour pallier les absences de leurs collègues.
03:13Ça vous fait sourire, vous, Olivier Besancenot,
03:15ces 3000 qui arrivent au bout de deux semaines de mobilisation ?
03:18Je souriais parce que vous étiez déjà en train de m'annoncer 4000.
03:22Ah ben, ce n'est pas moi, Edouard Jeffrey a dit,
03:24en mettant bout à bout cela et les heures sup, on arrive à 4000, c'est ce qu'il dit.
03:28Évidemment, en plus, je ne devrais pas sourire parce que le sujet est quand même très grave.
03:30Il y a une mobilisation, il y a de la répression sur ce mouvement.
03:33Il y a un sujet parmi d'autres qui est la question de l'école,
03:36qui est en souffrance depuis longtemps.
03:39Et d'ailleurs, ce n'est pas que le propre de ce gouvernement.
03:41Depuis qu'elle existe ?
03:41Depuis qu'elle existe, mais quand même avec une accélération notable
03:44en termes de choix politiques,
03:46et qui n'est pas simplement une question de moyens,
03:49mais qui est aussi du sens qu'on donne ou pas à l'école.
03:51Et là, en effet, c'est un peu comme si on trouvait,
03:55sous le sabot d'un cheval,
03:57des centaines de professeurs remplaçants.
04:00Et là, moi, la seule intervention que j'ai réussi à capter,
04:03au passage, c'est celle sur l'intelligence artificielle.
04:05C'est-à-dire, mettre en place un logiciel qui va permettre de...
04:07Alors là, par contre, les bras menton, si vous voulez,
04:10parce qu'on ne va pas régler ni techniquement, ni administrativement,
04:13des problèmes de fond.
04:14Je rappelle que la demande, enfin, une des demandes,
04:17c'est une demande de moyens, d'enseignants,
04:19mais aussi de postes d'infirmières,
04:21d'AESH, c'est-à-dire, par exemple, de personnels
04:23qui soient capables d'accompagner les élèves en situation de handicap.
04:26On rappelle que l'année dernière, il y a 50 000 enfants
04:28en situation de handicap qui n'ont pas pu bénéficier de cette aide-là.
04:32Et ça, ça ne va pas se régler avec l'intelligence artificielle.
04:34Vous savez, à la poste, pour vous donner juste un indice,
04:36mon emploi du temps, comme tous les postiers,
04:37aujourd'hui, en tous les cas, ceux qui sont au guichet, comme moi,
04:40c'est généré par l'intelligence artificielle.
04:42Du coup, on a des responsables qui sont obligés,
04:44chaque semaine, de tout, tout rééquilibrer,
04:47parce que ça ne crée pas toujours des merveilles.
04:50Donc, en réalité, la question, elle est politique.
04:51On a besoin de postes titulaires,
04:53et puis de vrais moyens.
04:56Et c'est là où la discussion, elle est politique.
04:57Et vous avez raison de dire que la balle est dans le camp du gouvernement,
04:59parce que là où ça bloque politiquement,
05:02c'est que, comment dire,
05:03c'est le revers absolu et incarné
05:07de toutes les politiques de rigueur et d'austérité
05:09qu'on réclame depuis des années et des années.
05:11La balle est dans le camp du gouvernement,
05:12c'est ce que dit Olivier Besantot.
05:13Alain Duhamel.
05:14Je laisse de côté l'instrument intelligence artificielle
05:18dont je dois dire que je ne suis pas du tout un virtuose.
05:21Donc, je laisse ça de côté.
05:23Parce que je ne comprends pas assez bien
05:25ce que, concrètement, dans un cas comme ça,
05:27quel est l'effet produit,
05:28et comment on le contrôle,
05:30et s'il est équitable,
05:32ou s'il est unilatéral, etc.
05:35Ce qui est important, c'est que,
05:37enfin, à mes yeux, en tout cas,
05:38c'est que les élèves et les étudiants,
05:41en l'occurrence, c'est plutôt des élèves dont il s'agit,
05:44que les élèves et des professeurs
05:46que, pour certains d'entre eux, en ce moment,
05:48ils n'ont pas, tout simplement.
05:51Donc, il y a des professeurs en réserve.
05:57Je constate qu'ils n'ont pas été déployés
06:00dans les semaines précédentes,
06:03que, sous le coup des contestations,
06:06ils vont être déployés.
06:08Je suis content qu'ils soient déployés,
06:09parce que je trouve que, évidemment,
06:11ça permet à des élèves qui n'avaient pas de professeurs
06:14en ce moment d'en avoir.
06:15Donc, moi, je suis tout à fait pour.
06:20Incontestablement,
06:23le fait qu'il y ait eu cette mobilisation,
06:25je ne suis pas en train de vouloir
06:27vous dépasser sur votre gauche, rassurez-vous.
06:29Il y a de la marge.
06:30Il y a de la marge.
06:31Ce sera vrai dans l'autre sens aussi.
06:36Mais, incontestablement,
06:37le fait qu'il y ait eu une contestation
06:38fait qu'il y a un type de mobilisation
06:41qui a l'air d'être plus rapide
06:44et plus énergique
06:45pour trouver des solutions
06:47et remplacer des postes
06:48qui ont besoin de l'être.
06:49C'est la contestation
06:51Olivier Besancenot qui a payé
06:52ou ce sont les casseurs ?
06:54Ce que dit le Rassemblement National aujourd'hui,
06:56c'est parce qu'il y a eu de la casse
06:58que le gouvernement a fini par lâcher
07:00ses professeurs en blassant.
07:01Indébitablement, c'est la contestation.
07:02Il y a un mouvement.
07:03Enfin, on n'est pas obligé
07:04de partager mes idées politiques
07:05qui restent très minoritaires dans la société
07:07pour comprendre qu'il y a quelque chose
07:08en effet qui se passe.
07:09Il suffit de regarder encore
07:10ce qui s'est passé jeudi.
07:11Enfin, là, il y a vraiment du monde.
07:12Il y a une mobilisation massive
07:13et ça monte.
07:15Ça monte.
07:15Et pour moi, le compte n'y est pas.
07:17C'est sûrement la nuance.
07:19Là, il y a encore des problèmes
07:20très concrets.
07:20C'est un statut très précaire.
07:21Il faut faire des centaines de kilomètres.
07:23Et c'est là où je me dis
07:23que l'effet d'annonce
07:24qui sort comme ça en 24 heures,
07:27on peut imaginer
07:28qu'avec toutes les critiques
07:29que je peux porter
07:29pour le pouvoir politique,
07:30ils auraient au moins l'intelligence
07:31de le faire un tout petit peu avant.
07:33Mais là où en effet,
07:34vous avez raison,
07:35il va y avoir un problème politique
07:36qui va se poser,
07:36c'est que si ça donne raison
07:38à la contestation,
07:39vous savez,
07:42c'est contagieux.
07:43Donc ça donne envie d'aller plus loin.
07:44Surtout que les revendications
07:45vont déjà beaucoup plus loin.
07:46Et c'est là où je dis
07:46où il y a quelque chose
07:47d'éminemment politique.
07:48C'est-à-dire que cette contestation
07:50de la jeunesse
07:51et des étudiants maintenant
07:52qui rejoignent,
07:53c'est pas simplement
07:55le faire part
07:56de l'avènement
07:57d'une nouvelle génération politique
07:58au bon sens du terme,
07:59qui n'est pas forcément
08:00reliée à telle ou telle structure,
08:01loin de là,
08:02mais vraiment au sens noble du terme.
08:03Mais c'est aussi
08:04l'avis de décès
08:04du budget Lecornu,
08:05en perspective.
08:06Parce que là,
08:07on a des revendications
08:09qui disent maintenant,
08:10on va arrêter
08:11de se serrer la ceinture,
08:12on réclame des moyens
08:1410 milliards en plus.
08:15C'est ce que disent
08:16les organisations.
08:18Ils ont même dit 11.
08:1911.
08:19Et au-delà même du chiffre,
08:20je parle de logique politique,
08:21c'est-à-dire qu'à un moment donné,
08:22on dit,
08:23là ça fait des années et des années
08:24qu'on passe notre temps
08:25à dire en gros,
08:26on va prendre de l'argent
08:27pour satisfaire
08:28des besoins de l'avènement.
08:28Alors attendons,
08:29parce qu'on n'en est pas là du tout.
08:31Ce qui existe,
08:32c'est qu'il y a effectivement
08:34cette demande-là
08:35de la part de ceux
08:36qui manifestent
08:37et qui veulent se bagarrer
08:38pour ça.
08:39Quand je dis se bagarrer,
08:40c'est défendre leur point de vue.
08:42Donc oui,
08:43il y a cette demande-là.
08:44Est-ce qu'il y aura
08:45une réponse
08:46qui correspond
08:47à leurs espérances ?
08:48Je n'y crois pas
08:49un instant.
08:50L'idée de pouvoir sortir
08:51brusquement 10 milliards
08:53alors qu'on est
08:54dans une situation
08:56budgétaire
08:56qui est navrante.
08:57On peut tout à fait
08:58discuter sur les causes,
09:00on peut discuter
09:00sur le fait que,
09:01savoir si c'est
09:02un budget bien fichu
09:04ou pas, etc.
09:04Mais le fait est que,
09:07pour parler un peu vulgairement,
09:08on est à l'os
09:09du point de vue budgétaire.
09:10Donc,
09:11il peut y avoir,
09:12je crois,
09:14des redéploiements
09:15de personnel
09:16là où il y a
09:17des problèmes
09:17qui sont particulièrement urgents.
09:19Et donc,
09:20on peut effectivement imaginer
09:21qu'avec les remplaçants,
09:22si on utilise ça
09:23intelligemment,
09:24et peut-être
09:25qu'un logiciel y aide,
09:26ça dépasse mes compétences,
09:28l'utilisation du logiciel
09:29en l'occurrence,
09:30mais peut-être
09:30qu'avec un logiciel,
09:31ça aide.
09:32Si ça permet
09:33une amélioration,
09:35tant mieux.
09:37est-ce qu'on va brusquement
09:40entrer dans une période
09:41où tout ce qui était impossible
09:44hier devient impossible demain ?
09:46Je n'y crois pas beaucoup.
09:48On est,
09:50je le déplore,
09:51mais on est dans une situation,
09:54quand je dis on,
09:54c'est la France,
09:55ce n'est pas le gouvernement
09:57ou la majorité.
09:57on est dans une situation
10:00financière
10:02et monétaire
10:04extrêmement préoccupante.
10:05On le voit très bien
10:06en ce moment,
10:07on l'a encore vu hier
10:08sur les marchés,
10:09etc.
10:10On est fragile.
10:12Bon,
10:12est-ce que dans cette situation-là,
10:14on trouvera brusquement
10:15des ressources
10:17de l'ordre
10:18de ce qui est demandé ?
10:18Parce que quand il s'agit
10:19de 10 ou 11 milliards,
10:20ce n'est pas n'importe quoi.
10:22Est-ce qu'on les trouvera ?
10:24Pour redonner
10:25les ordres de grandeur,
10:26l'effort demandé aux retraités
10:27qui est un effort
10:29relativement important
10:29pour l'an prochain,
10:30c'est 5 milliards et demi.
10:32Là,
10:32on parle donc de deux fois
10:33ce qui serait demandé
10:34aux retraités l'an prochain.
10:35On pourrait avoir
10:35un ordre de grandeur
10:37un peu différent.
10:38On met ça en relation
10:39avec les 211 milliards
10:40qu'on donne aux entreprises
10:41pour soi-disant créer de l'emploi
10:42alors que le chômage
10:43réaugmente.
10:44Mais ce n'est pas ça
10:44que je dis qu'on a
10:45la croisée des chemins.
10:46Et le problème,
10:46c'est qu'on ne pourra pas...
10:48Soit on continue l'austérité,
10:50on continue la rigueur,
10:51à la limite,
10:51peu importe le terme
10:52qu'on lui donne,
10:52mais cette logique générale-là
10:54sur le thème.
10:56S'il y a des difficultés financières,
10:58moi,
10:58je constate qu'il n'y a pas
10:58des difficultés financières
10:59pour tout le monde
11:00dans cette société
11:01et qu'il y a une minorité
11:02qui continue à bénéficier
11:03des privilèges fiscaux,
11:05des avantages,
11:06de la politique générale
11:07du gouvernement.
11:08Et puis,
11:09voilà,
11:09on continue sur ça.
11:10Et donc,
11:11on réprime le mouvement
11:12et on tient bon.
11:13C'est une option
11:14pour le gouvernement.
11:14J'essaie de raisonner
11:15parce que dans ce genre de conflit,
11:17on essaie de comprendre
11:18ce qui se passe
11:18dans le coin adverse.
11:19soit on ouvre une brèche.
11:20Et si on ouvre une brèche,
11:21en effet,
11:22il y a tout un vent
11:23qui s'engouffre derrière
11:24parce que derrière ça,
11:26il y a en effet
11:26une politique de...
11:27Et c'est pour ça
11:28que ça fait écho aussi,
11:29je pense,
11:29à ce que pense
11:29une bonne partie
11:30de la population.
11:31Il fait quand même maintenant
11:32des années et des années
11:32qu'on vit avec cette théorie
11:33du ruissellement.
11:34Il faut faire des sacrifices
11:35parce qu'au bout d'un moment,
11:37ça va finir par retomber.
11:38Je ne veux pas faire
11:39de moitié d'image,
11:39mais pour l'instant,
11:40ce qui nous retombe dessus,
11:41ce n'est pas ça.
11:42Et on constate même
11:43qu'en réalité,
11:44c'est un puits à extraction.
11:45C'est-à-dire qu'en fait,
11:46on puise les richesses
11:47pour les redistribuer
11:48dans un sens
11:48toujours plus inégalitaire.
11:50Alors,
11:52le ruissellement,
11:53c'était un thème
11:55qui était mis en avant
11:56par Emmanuel Macron
11:58en arrivant
11:59et à l'occasion des élections.
12:00On ne peut pas dire
12:01que ce soit le thème
12:02dominant maintenant.
12:03On n'en est pas du tout
12:04à reparler de ruissellement.
12:05On en est plutôt
12:07à essayer de faire face
12:08à une situation économique
12:10qui est malheureusement difficile,
12:11à une situation budgétaire
12:14qui est un problème.
12:19Est-ce qu'il est bien réglé ?
12:21Je n'en suis pas sûr.
12:22Mais enfin,
12:22qui est un problème considérable
12:24que tous les spécialistes
12:27le soulignent.
12:29Alors,
12:30je ne suis pas en train
12:31de vous dire
12:31que dans ces conditions-là,
12:32il ne faut rien faire
12:33parce que ce serait ridicule.
12:35Mais en même temps,
12:36je ne crois pas du tout
12:37qu'à cause de ce qui se passe
12:39en ce moment,
12:39c'est-à-dire qu'en gros,
12:42on est en mauvais état budgétaire,
12:44on est en mauvais...
12:44Quand je dis on,
12:45c'est au niveau de la France.
12:46Alors,
12:46vous allez mieux dire,
12:47bien sûr,
12:49que ce n'est pas vrai
12:50pour tout le monde,
12:50qu'il y en a qui en bénéficient
12:52et d'autres qui en sont les victimes,
12:53etc.
12:53Mais il n'empêche
12:55qu'il y a ce problème-là,
12:56que la France
12:58est dans un état
13:00de grande difficulté,
13:02plus que ça n'était le cas
13:03il y a cinq ans,
13:04et que c'est rarement,
13:07en particulier quand il y a
13:09la majorité actuelle
13:10avec ses orientations,
13:12c'est rarement dans ces cas-là
13:13que brusquement
13:15on fait du Victor Hugo.
13:17La majorité actuelle,
13:19en effet,
13:19je vous l'accorde,
13:20la majorité politique,
13:21son orientation politique
13:22ne m'a pas échappé.
13:24Mais là,
13:24il y a un rapport de force
13:25qui est enclenché.
13:26Je vous dis que derrière
13:26ce rapport de force,
13:28au-delà de la question lycéenne,
13:29au-delà des questions
13:29des étudiants,
13:30il y a quelque chose
13:30de plus global.
13:31Et plus le pouvoir politique
13:32attend,
13:33et plus il prend le risque
13:34que précisément
13:35tous les éléments
13:36que j'étais en train d'évoquer
13:38ressurgissent
13:39avec une volonté
13:39de répartition des richesses
13:40qui se fasse dans un sens
13:42égalitaire
13:42et pas simplement inégalitaire.
13:43Parce que le coup
13:44de l'argumentation
13:45de la situation économique,
13:46moi je ne suis pas né
13:47de la dernière pluie,
13:48ça fait quand même
13:49quelques temps que je milite,
13:50c'est quand même un argument
13:51que j'entends régulièrement.
13:52Et puis quand ça va,
13:53le compte n'y est pas non plus.
13:55Donc en réalité,
13:55on a une trajectoire
13:56au long cours
13:57qui fait que c'est toujours
13:58les mêmes qui profitent,
13:59c'est toujours les mêmes
14:00qui payent.
14:01Et ça,
14:02ce ras-le-bol-là,
14:02alors on peut l'ignorer,
14:04le pouvoir politique l'ignore.
14:05Je pense qu'ils vivent
14:06dans un déni de réalité,
14:07dans un espèce de reflet
14:11de la vie réelle.
14:12Et quand la vie réelle revient,
14:14je pense qu'ils sont
14:15dans la capacité
14:16de comprendre
14:16qu'il y a toutes ces choses
14:18extrêmement profondes
14:19qui vont même,
14:20je vous l'annonce
14:21et je suis même prêt
14:22à faire le pari,
14:23revendiquer très vite
14:24sur les augmentations de salaires,
14:25les augmentations de revenus.
14:26C'est pour ça que je vous dis
14:27qu'on a la croisée des chemins
14:28et qu'on ne pourra pas
14:29simplement s'en sortir
14:30avec des remplacements,
14:31avec des logiciels
14:32et avec des rustines,
14:34alors qu'en l'été,
14:34le problème est profond.
14:35Alain Domel.
14:36Alors évidemment,
14:37je ne vois pas du tout
14:37les choses de la même façon.
14:39Non pas que je nie
14:41les problèmes
14:42qui existent aujourd'hui.
14:43Je les vois bien d'ailleurs.
14:44Tout le monde les voit bien.
14:46Mais je pense que
14:48on est à six mois
14:49de l'élection présidentielle
14:52et des élections législatives
14:54qui vont évidemment suivre.
14:55Que pendant ces six mois,
14:57il va y avoir
14:58des thèses différentes,
15:00des engagements différents,
15:01des propositions différentes
15:02que j'espère
15:04qu'on pourra
15:05toutes les entendre
15:06de façon démocratique,
15:07qu'on en débattra,
15:09qu'on discutera,
15:10que les Français réfléchiront,
15:12s'informeront.
15:13En tout cas,
15:13c'est la période
15:15qui s'y prête.
15:16Les six mois,
15:16je ne l'invente pas.
15:18Est-ce que je peux vous poser
15:19une question ?
15:20Non, non, non.
15:20Attendez, je termine.
15:20Je vais presque terminer.
15:22Allez-y, allez-y.
15:23À l'issue de ça,
15:24les Français,
15:25dans six mois,
15:26voteront
15:26et c'est eux
15:27qui décideront.
15:28J'imagine,
15:28c'est pour ça que je me permettais
15:29d'anticiper.
15:29Oui, mais j'aime bien terminer
15:31mes phrases.
15:31Non, non, mais vous avez raison.
15:32Il n'y a pas de souci là-dessus.
15:33Je vous dis simplement
15:33que la question que je voulais
15:35vous poser,
15:35c'est est-ce que de mémoire,
15:37vous avez souvenir
15:38d'une élection présidentielle
15:39où en général,
15:40la plupart du temps,
15:40ça se passe comme vous dites.
15:41On s'en remet à ce scrutin
15:43et moi,
15:44qui ai tendance
15:44à aspirer une forme
15:45de contestation sociale
15:46et politique,
15:47ça a tendance en général
15:47à tomber comme une chape de plomb
15:49sur la contestation sociale.
15:50Il y a très peu de mobilisation,
15:51très peu de manifestation,
15:52très peu de grève.
15:53Est-ce que de mémoire,
15:54vous vous souvenez
15:54qu'il y a une telle situation
15:56en pleine campagne électorale
15:57puisqu'elle a commencé ?
15:58Moi, je n'en ai pas.
16:00Ça veut dire que,
16:01quel que soit votre avis,
16:02quel que soit mon avis,
16:04il y a de toute façon
16:05un élément social
16:07et politique nouveau,
16:08c'est que de toute façon,
16:10tout ne va pas se dérouler
16:11dans le bon circuit huilé
16:13du jeu institutionnel
16:14mais Alain va peut-être vous dire...
16:15Je dirais que par ailleurs,
16:16lui-même est en crise.
16:17Mais Alain va peut-être vous dire
16:18que parfois,
16:19après mai 68,
16:20il y a la droite
16:21et il y a même
16:22une vague de droites
16:24et est-ce que...
16:25Je vais dire deux choses.
16:27Je vais dire la première...
16:28Loin de moi l'idée
16:29de parler à votre place, Alain.
16:30Non, mais vous feriez ça très bien.
16:33Non.
16:34Mais il y a deux choses.
16:36D'une part,
16:37quand il y a une crise,
16:39on est en situation de crise,
16:41il y a une élection,
16:42en plus,
16:42il se trouve qu'elle est proche
16:44ça tombe bien de ce point de vue,
16:45c'est à cette occasion-là
16:47que chacun doit défendre son point de vue
16:49et puis que la majorité doit décider.
16:52C'est le propre de la démocratie
16:56puisqu'on fait partie
16:57du petit nombre de pays privilégiés
17:00où, en gros,
17:00elle peut s'exercer
17:01de façon correcte
17:03à l'occasion des élections.
17:05Bon, mais évidemment,
17:06il va y avoir
17:07une grande discussion.
17:08Je pense qu'on n'est pas
17:10à n'importe quel moment.
17:11On est à la fin
17:13d'un décennat
17:14de présidence,
17:15donc il va y avoir
17:16un changement
17:17de toute façon
17:18de leader.
17:19On est à un moment
17:20où il y a
17:20des grandes discussions
17:22sur les orientations
17:23à prendre,
17:24à mon avis,
17:25avec des différences
17:26aussi profondes
17:27que ce que j'ai connu,
17:28et vous un peu,
17:29même si vous êtes très jeune
17:30quand même,
17:31en 1981
17:32ou entre 79 et 81,
17:35un peu comme maintenant.
17:37On voyait
17:37qu'il y avait vraiment
17:39deux camps,
17:40deux thèses,
17:41deux propositions
17:42qui étaient vraiment
17:43aux antipodes
17:44et qui étaient assez détaillées
17:45à l'époque,
17:46vous vous rappelez ?
17:48Bon,
17:49si ça se passe comme ça,
17:51alors je ne dis pas
17:52que ça se terminera
17:53de la même façon,
17:54parce qu'en 80...
17:55Moi non plus,
17:56je ne peux pas vous annoncer,
17:57mais ce que je peux vous dire,
17:57c'est que ça ne va pas
17:58se passer comme ça.
17:58C'est pas comme ça
18:00que je le sens,
18:01c'est pas comme ça
18:01que je le ressens,
18:02c'est pas comme ça
18:02que je le vois.
18:03Et ce n'est peut-être
18:04pas comme ça
18:04que vous le souhaitez ?
18:06Non,
18:06ce n'est pas comme ça
18:06que je le souhaite non plus,
18:07mais au-delà du fait
18:08de ce que je souhaite,
18:08c'est-à-dire que moi,
18:10je vois un élément
18:10de revitalité démocratique
18:12possible précisément
18:13parce que la jeunesse
18:14qui est toujours accusée
18:15d'être spectatrice
18:16des événements,
18:17de ne pas s'impliquer,
18:18de fait,
18:19elle s'implique.
18:20J'y vois aussi
18:20un élément de crise...
18:21Moi, je ne pense pas ça du tout
18:21que la jeunesse est spectatrice.
18:23Non, non,
18:23je n'ai pas dit que vous le disiez.
18:25Non, mais je ne le pense pas.
18:26Non, mais je n'ai pas dit
18:31plus de tout,
18:31mais je pense que peut-être
18:32qu'on ne sera pas d'accord
18:32non plus là-dessus,
18:34un élément de crise supplémentaire
18:35qui est précisément
18:37une crise de la Ve République
18:38et qu'on sent depuis longtemps.
18:40C'est-à-dire qu'au-delà
18:40de tout le mal
18:41que je pense de la Ve République,
18:43c'est-à-dire donner le pouvoir
18:44entre les mains d'un seul
18:45et priver la majorité de fait
18:47d'un certain nombre
18:47de moyens démocratiques,
18:48c'est que je pense
18:49qu'elle ne fait plus l'affaire
18:50du point de vue
18:50de la classe dominante.
18:51La Ve République,
18:52elle était censée,
18:54comment dire,
18:55assurer un minimum
18:56de stabilité.
18:58Le fait est que
18:58ce n'est plus le cas
18:59et c'est pour ça
19:00que vous cherchez,
19:01je crois,
19:01une solution
19:02dans un élément
19:03qui fait partie du problème.
19:04Je reviens si vous le permettez.
19:05Je voudrais répondre.
19:06Oui, mais alors,
19:07comme Olivier Besancenot
19:08veut vous répondre aussi
19:08à chaque fois,
19:09je...
19:10Ben oui, c'est ce qui s'est passé.
19:11C'est vrai, mais je...
19:12On est à mi-chemin
19:13de ce débat
19:14et on avait d'autres thèmes,
19:15mais allez-y
19:16si vous voulez prendre le pouvoir,
19:17Olivier Besancenot.
19:18C'est l'autogestion.
19:20C'est Nanterre.
19:22Olivier Besancenot
19:23avance des thèses.
19:25Si on n'est pas d'accord,
19:26il faut le dire quand même.
19:27Mais il faudrait qu'on parle
19:27du pouvoir d'achat en fait.
19:28Oui, non, non,
19:29mais donc je pense
19:30qu'il faut,
19:31face à ces thèses
19:32qui sont respectables
19:33et qui s'appuient en plus
19:35sur des éléments tangibles,
19:38il est possible que...
19:39J'ai un point d'accord.
19:41Il est possible
19:41qu'à l'occasion
19:42des prochaines élections,
19:44on ait aussi quelque chose
19:45qui ressemble
19:46à un changement
19:46de système politique
19:47et à quelque chose d'autre
19:49qui soit créé.
19:50Donc je n'écarte pas
19:52cette hypothèse-là.
19:53Pour le reste,
19:55on fait partie
19:56du petit nombre
19:57de pays privilégiés
19:59au moins sur ce plan
20:00où les Français
20:02vont avoir six mois
20:03pour réfléchir
20:05à ce qu'ils veulent écarter
20:06et à ce qu'ils veulent conserver,
20:09à ce qu'ils veulent changer,
20:10à ce qu'ils veulent innover.
20:12Il y a une petite minorité
20:13qui a aussi bénéficié
20:15parce que d'autres
20:15se sont battus pour nous
20:16du droit de manifester.
20:17J'espère qu'il va
20:17prendre le service.
20:18Mais on verra
20:19ce que ça donne.
20:19On est tous d'accord
20:20pour que les choses
20:21se passent de façon démocratique
20:23et donc il faut avoir
20:24conscience du fait
20:25que c'est une occasion
20:28formidable pour les Français
20:29de décider
20:30ce qu'ils veulent,
20:31quelle est leur priorité.
20:32Pas dans mon esprit.
20:34La priorité,
20:35ce n'est pas le choix
20:36de la personne
20:37du président.
20:38C'est le choix
20:39des options
20:39qu'il présentera.
20:41Mais c'est ça le problème.
20:42C'est le problème
20:42de la Ve République
20:44telle qu'elle est
20:45je veux dire
20:46telle qu'elle est devenue
20:47en particulier
20:47dans le cadre d'une crise globale
20:48qui est une crise économique
20:49qui est une crise mondiale
20:50puisque il faudrait quand même
20:51parler de ce qui se passe
20:52par-delà les frontières
20:53pour comprendre tout ça.
20:54C'est qu'il ne s'agit plus
20:55simplement de changer
20:55les pions et les têtes.
20:56On a un problème
20:57de règles démocratiques
20:58de manière générale
20:59et je crois qu'on le sent
21:00régulièrement.
21:01Mais j'ai assez bonne mémoire
21:03encore pour l'instant.
21:06Je vous ai entendu
21:08dire ça depuis très longtemps.
21:09Oui mais pas à ce point-là.
21:11Pas à ce point-là.
21:11Oh oui !
21:12Vous le disiez.
21:14Olivier Besançon.
21:15Vous m'avez toujours dit
21:15de faire quoi que c'est animé.
21:16Non mais la critique
21:18du présidentialisme
21:18elle n'est pas nouvelle.
21:19Ça je le fais, je l'assume.
21:20Mais par exemple
21:21la dernière grande mobilisation
21:22Je vais monter sur la table
21:23je vais prendre la présidence
21:24de l'améliore de Général.
21:25Je t'arrête juste sur cette phrase-là.
21:28Camarade Besançon, laissez-moi parler.
21:29La dernière mobilisation
21:30qui a eu lieu
21:31c'était sur les retraites.
21:32Je rappelle que là
21:32ça a été flagrant.
21:34On a eu une majorité
21:35de l'opinion,
21:36une majorité des institutions
21:37qui étaient contre le projet.
21:39Et là on a vu
21:40toutes les limites
21:40de la Ve République.
21:41C'est-à-dire un passage en force
21:43qui en réalité
21:43n'a pas aidé la stabilité
21:45même du point de vue de Macron.
21:46Olivier Besançon.
21:47Alain Doamel,
21:47j'enviens à la crise des carburants
21:48parce que c'est aussi
21:49un sujet important.
21:50Les institutions,
21:51ça l'est.
21:52La fin de mois
21:53et l'impossibilité
21:54de finir les mois
21:54pour les Français aujourd'hui
21:55c'est un autre sujet
21:56qui me semble important.
21:57Il y a eu une annonce
21:58cette semaine,
21:58vous le savez,
21:59de Sébastien Lecornu
22:00qui a dit,
22:01on s'attendait d'ailleurs
22:02à ce qu'il parle des lycéens
22:02et finalement il a parlé
22:03des carburants
22:04en disant
22:04on va piocher,
22:05la France va piocher
22:06dans ses stocks stratégiques.
22:07On va prendre
22:0810 millions de barils
22:10de gazoal
22:11pour faire baisser
22:13d'une quinzaine de centimes
22:14les prix.
22:15Ça se verra,
22:16dit le gouvernement
22:16dès le début
22:17de la semaine prochaine.
22:19C'est une question importante
22:19qui concerne
22:21le quotidien
22:22de millions de Français
22:22qui n'arrivent plus
22:23à se déplacer aujourd'hui.
22:23Est-ce que vous trouvez
22:24que la solution est maligne ?
22:25C'est-à-dire une solution
22:27qui va profiter
22:28à tout le monde
22:30sans coûter
22:31des milliards à l'État ?
22:32Alors,
22:33le fait qu'on trouve,
22:35qu'on propose,
22:36bon,
22:36j'attends de voir
22:37comment ça entrera en œuvre,
22:38mais le fait
22:39qu'on propose
22:40une solution
22:41qui fasse baisser
22:42le prix du carburant,
22:43je pense que
22:44si c'est ce qui se produit
22:45effectivement,
22:46on ne le reprochera pas
22:47au gouvernement
22:48et à Sébastien Lecornu.
22:51Maintenant,
22:52est-ce que ça
22:54apaisera par miracle
22:56ensuite
22:56les discussions
22:57sur d'autres sujets ?
23:00Et d'autres sujets,
23:01il y a le sujet scolaire
23:03en ce moment,
23:04mais il y a le sujet économique,
23:06il y a énormément
23:06de points
23:08qui sont ouverts.
23:09Est-ce que ça se substituera ?
23:12Est-ce que ça suffira
23:13pour apaiser ?
23:14Je crois qu'on est entré
23:15dans une période
23:16qui sera plus
23:17de confrontations
23:21qui vont se développer,
23:22je pense,
23:23et qui vont se développer
23:25jusqu'au moment du vote
23:26et j'espère que le vote
23:27sera la réponse.
23:30Olivier Besancenot,
23:31vous lui dites quoi au Premier ministre ?
23:32Bravo !
23:32C'est ce qu'il fallait faire.
23:34Non, non,
23:34je ne lui dis pas ça,
23:35je lui dis rendez-vous
23:35le 17 octobre.
23:36Voilà,
23:36parce qu'en effet,
23:37c'est une série de confrontations.
23:3815 centimes,
23:39ça ne compte pas ?
23:40Tout compte,
23:40mais je veux dire,
23:41on est tellement loin du compte
23:42puisqu'on est en termes de compte,
23:43on est très loin du compte
23:45du fait qu'on pourrait prendre
23:45sur les profits de Total
23:46qui se gavent sur la guerre,
23:48qui se gavent sur la crise
23:49auxquelles personne ne veut toucher,
23:51qui gavent ses actionnaires
23:53au passage,
23:54voilà,
23:55et qui prétend aujourd'hui
23:56et qui par ailleurs
23:56les très bonnes années
23:58qui sont régulières
23:58payent zéro impôt
24:00sur les bénéfices des sociétés,
24:01allez le dire aux petits entreprises.
24:03Parce que ce n'est pas en France
24:05qui gagne son argent.
24:07C'est-à-dire là où il y a le pétrole.
24:09C'est ça l'argument de Total.
24:11Non,
24:12l'argent qui gagne,
24:13c'est hors de France.
24:14Oui,
24:14mais là par exemple,
24:15je vais vous dire
24:15où 30% de l'argent de Total
24:17est gagné en Suisse.
24:18Oui,
24:19c'est l'activité de négoce.
24:20Non,
24:20mais c'est ce que je vous dis,
24:24c'est hors de France
24:25que ça se passe.
24:25Mais ça,
24:25c'est de l'activité purement spéculative.
24:27Ce qui pourrait peut-être
24:28indigner les pouvoirs politiques.
24:31Deuxièmement,
24:31je termine,
24:32il y a aussi toute une partie.
24:33Parce que l'activité
24:34qui consisterait à dire
24:35Total ne fait ses activités
24:37qu'en dehors
24:38et en réalité en France,
24:39il n'y a pas.
24:39C'est bénéfice.
24:39Ce n'est pas vrai.
24:40En réalité,
24:41il y a en France
24:42de la part de Total
24:43toute une activité,
24:44y compris dans les énergies renouvelables,
24:46dans le domaine de l'électricité,
24:47puisqu'ils sont y compris
24:48sur ce marché,
24:49y compris sur les services à la pompe
24:50qui sont là.
24:51C'est quand même très curieux,
24:52avouez-le,
24:53que ce groupe
24:54qui a toutes ses activités en France
24:55et qui pèse dans son chiffre d'affaires,
24:57par miracle,
24:59réalise l'exploit
25:02d'impôts sur les bénéfices des sociétés.
25:03Vous taxez Total
25:04ou vous le nationalisez ?
25:05Pardon,
25:05vous taxez ou vous nationalisez ?
25:07Et qui touche de l'argent public.
25:09Et qui touche de l'argent public.
25:10Alors,
25:11imaginez qu'au-delà même
25:12qu'on pourrait échanger
25:12pendant des heures et des heures
25:13sur ce sujet,
25:14je suis pour l'appropriation publique de Total.
25:16La nationalisation ?
25:17La nationalisation.
25:18Moi, je suis pour une appropriation.
25:19Ça veut dire quoi,
25:19l'appropriation publique ?
25:20Ça veut dire que je suis pour
25:22une nouvelle forme de service public.
25:24Je suis pour un service public
25:25qui réunifie
25:26tous les secteurs énergétiques,
25:29dont Total.
25:29Mais ça s'appelle une nationalisation ?
25:31Si c'est un service public ?
25:32Si je peux développer une idée jusqu'au bout,
25:34ça me permettrait de l'illustrer.
25:36Et à moi de répondre.
25:37Le bilan des nationalisations,
25:39c'est qu'il ne s'agit pas
25:40de remplacer un patron privé
25:41par un patron public.
25:42Parce que j'ai en mémoire
25:43ce qu'a été aussi la gestion
25:45parfois antidémocratique
25:46des nationalisations étatiques.
25:47Voilà pourquoi je parle
25:48de nouveaux services publics,
25:50de socialisation
25:51et pas forcément de nationalisation.
25:53Mais ça passe par l'expropriation totale,
25:55en effet,
25:56sans rachat,
25:56sans indemnité,
25:57et je l'assume.
25:57Et la réponse là-dessus ?
25:58Mais il y a des mesures immédiates.
25:59On pourrait bloquer les prix.
26:00– Bon,
26:02le fait que la France
26:05possède un des cinq grands,
26:07est-ce que c'est le bon mot à utiliser,
26:09mais puissants groupes,
26:11moi je suis plutôt content
26:12qu'il y ait un groupe puissant
26:14qui soit français
26:14que d'une autre nationalité.
26:16Il y a beaucoup de domaines
26:17dans lesquels ce n'est pas du tout le cas.
26:19Bon, là c'est le cas,
26:20moi je trouve ça sur le principe bien.
26:22Ensuite,
26:22que les bénéfices soient faits
26:24hors de France,
26:25bon,
26:25c'est une réalité,
26:26ils sont faits hors de France.
26:28est-ce que
26:30un groupe comme Total
26:31serait mieux géré
26:33s'il appartenait
26:35d'une manière
26:36ou d'une autre
26:36au secteur public ?
26:37Moi,
26:38j'ai le souvenir
26:39très vif,
26:40vous devez l'avoir aussi,
26:41même si peut-être
26:42qu'à l'époque
26:42vous étiez encore très jeune,
26:44mais des affaires elfes,
26:45etc.
26:48Ça n'est pas parce qu'il est public
26:51qu'il sera bien géré.
26:52C'est pour ça que je me permettais
26:54de préciser le sens
26:54qu'on donnait
26:55aux nouveaux services publics.
26:57Mais en tous les cas,
26:58économiquement,
26:58on pourra se mettre d'accord,
26:59puisque je suis d'accord avec vous là-dessus,
27:00sur un élément,
27:01c'est si à l'époque,
27:03malgré tout ça,
27:04ça a été privatisé,
27:04puisque je rappelle
27:05l'histoire longue
27:06de ce qu'on discute,
27:07c'est que ça a été
27:07plus souvent public
27:08que privé.
27:09Donc ce n'est pas
27:10un choix lunaire
27:10de penser ça,
27:11c'est parce qu'économiquement,
27:13il y avait probablement
27:14de l'argent à se faire.
27:14– Non, mais en tout cas,
27:15je ne vous dis pas
27:16qu'il n'y avait pas
27:17de recherche de profit
27:17quand ça va dans le secteur privé,
27:19parce que si le secteur privé
27:20n'avait pas de recherche de profit,
27:22c'est qu'il serait
27:22bizarrement privé quand même.
27:24Bon, mais en l'occurrence,
27:26je pense que ELF,
27:28ce n'est pas le paradis sur Terre,
27:30mais que ELF,
27:32c'est un atout pour la France,
27:33c'est que je suis content
27:34qu'on ait un groupe...
27:36Bon, il y en a cinq
27:37de cette taille-là,
27:38on en a un...
27:39– Mais vous seriez pour prendre
27:40un peu sur les profits totales
27:41ou pas, en ce moment-là ?
27:42– Prendre pour moi,
27:43vous voulez dire ?
27:44– Pourquoi pas ?
27:46– La question était
27:47plus générale, Alain.
27:48– Plus générale, non,
27:49mais ça ne m'a pas...
27:50– Je vais tout de suite
27:51vous dire.
27:52– Vous dites quoi là-dessus ?
27:54– Mais on peut tout à fait,
27:56avec une autre majorité politique,
27:59imaginer que des fruits
28:01de grandes sociétés,
28:03ou d'ailleurs de sociétés
28:04moins importantes,
28:05mais très rentables, etc.,
28:06soient distribués autrement.
28:08S'il y a une autre majorité
28:10qui le souhaite,
28:10c'est la démocratie,
28:12est-ce que c'est la meilleure solution ?
28:14Est-ce que c'est ce que j'espère ?
28:15Pas forcément.
28:16– Bon, on verra.
28:17Je voudrais qu'on dise un mot de vous,
28:19Olivier Besancenot.
28:19Vous avez été deux fois candidat
28:20à l'élection présidentielle,
28:22ensuite vous avez passé la main
28:22à Philippe Poutou,
28:23qui l'a été trois fois
28:24pour votre parti,
28:25pour le NPA,
28:26et cette fois,
28:272027,
28:28il n'y aura pas de candidat
28:28du NPA
28:30au premier tour de l'élection.
28:31Vous êtes derrière
28:32Jean-Luc Mélenchon.
28:34Alain Demel,
28:35est-ce que vous considérez,
28:37vous,
28:37que c'est un bon choix,
28:38non pas du NPA,
28:39que Jean-Luc Mélenchon
28:40a des chances de succès,
28:41ou qu'au contraire,
28:41il va entraîner ceux
28:43qui le suivent
28:44vers une défaite
28:44au premier ou au second tour ?
28:46– Je ne crois pas
28:47que Jean-Luc Mélenchon
28:48soit le favori
28:49de l'élection présidentielle à venir,
28:51mais je crois que
28:52Jean-Luc Mélenchon,
28:54et si j'ose dire,
28:55pour reprendre une expression
28:56qu'on appliquait
28:57à un moment
28:58à François Mitterrand,
28:59c'est une force qui va.
29:01Alors, je ne suis pas étonné
29:02que d'autres partis,
29:04d'autres formations,
29:06etc.,
29:07se rendent compte
29:08qu'il a cette dynamique,
29:10dont je répète,
29:11je ne crois pas
29:11qu'elle le mènera au pouvoir,
29:13mais elle le mènera,
29:14à mes yeux,
29:15sans doute,
29:16à des succès électoraux importants,
29:18et que d'autres,
29:20plus faibles que lui,
29:21mais allant
29:22dans la même direction,
29:23même si c'est quelquefois
29:24avec d'autres méthodes,
29:25mais allant dans la même direction,
29:27s'accrochent
29:28à son vaisseau amiral,
29:30ça me paraît
29:31dans l'ordre des choses.
29:32– Qu'est-ce qui va l'empêcher
29:33pour vous
29:33d'aller jusqu'à l'Élysée ?
29:35– Je pense que les thèmes,
29:37alors je pense que ça sera
29:38un candidat très efficace,
29:40d'ailleurs il progresse
29:41toujours en campagne,
29:42donc ce n'est pas un hasard,
29:44donc il a des grandes qualités
29:47de campagneur,
29:48comme disent
29:48les anglo-saxons,
29:50incontestables.
29:52Je pense qu'il fera
29:54un très bon résultat,
29:55je pense qu'il est capable
29:56de faire un très bon résultat.
29:58– Mais pas 50,1% des voix.
29:59– Je pense déjà
30:00qu'il est capable,
30:01je peux me tromper,
30:03dire ça six mois à l'avance,
30:04bon,
30:05on me le ressortira,
30:06je pense qu'il est capable
30:08déjà de faire
30:09plus de 20%
30:10au premier tour,
30:11ce qui sera un progrès,
30:12je pense qu'il y a
30:13une dynamique
30:14qui est en sa faveur
30:16à gauche,
30:17soit dit en passant
30:18aussi au détriment
30:19de la gauche réformiste,
30:21mais enfin bon,
30:22qui est en sa faveur.
30:23Est-ce que ça le mènera
30:24au succès ?
30:25Je ne le crois pas.
30:26Est-ce que ça le mènera
30:27à être plus puissant
30:28qu'il ne l'est aujourd'hui ?
30:30Je le crois.
30:31Est-ce qu'il fera
30:31une bonne campagne ?
30:32J'en suis sûr.
30:33– Olivier Besancenot.
30:35– Alors,
30:35on n'est pas derrière,
30:36je voulais qu'il en change.
30:37– Vous êtes à côté ?
30:38– Voilà,
30:38pas devant,
30:38on n'aurait pas cette prétention-là,
30:40bien sûr,
30:40mais on cherche à être à côté.
30:42Par exemple,
30:42ce n'est pas sur des pronostics
30:43qui fait que le NPL anticapitaliste
30:45a décidé de ne pas se présenter
30:45et de discuter
30:46avec la France insoumise.
30:47Ce n'est pas au nom des voix
30:49qu'il aurait manqué
30:50la dernière fois
30:50pour aller au deuxième tour,
30:51ce n'est pas au nom des sondages,
30:53des pronostics
30:53des uns et des autres,
30:54c'est parce que,
30:55de fait,
30:55il y a des combats politiques
30:56ces dernières années.
30:57– S'il était à 3% dans les sondages,
30:59vous n'y seriez pas allé ?
31:01– Pourquoi pas ?
31:02– Si ?
31:02– Oui,
31:03parce que,
31:03pourquoi pas,
31:04je veux dire,
31:04c'est nos os.
31:06– C'est vrai,
31:07pardon,
31:08c'était une balle perdue
31:09mais qui était vraiment innocente.
31:10C'était vraiment innocent de la barre.
31:12– C'est parti sur un mauvais terrain.
31:13– Oui,
31:13mais moi,
31:13c'est ce que j'ai pensé.
31:14– Pardon.
31:15– Exactement.
31:15– Je pensais à lui,
31:16pas à vous,
31:17pas à votre score.
31:19– Non,
31:19c'est parce qu'il y a des combats
31:20qui nous ont rapprochés,
31:21voilà,
31:21tout simplement.
31:22Donc,
31:22on essaie de les vérifier
31:23sur des questions sociales,
31:24sur des questions de société.
31:25– Mais si on vous dit,
31:26et vous entendez,
31:26je suis sûr que c'est ça,
31:27dans cet argument Olivier Besançois,
31:28je suis sûr que vous l'entendez aussi
31:29quand vous dînez avec vos amis
31:31ou d'autres personnes.
31:32C'est le meilleur,
31:33juste,
31:33je termine ma question.
31:34Je n'ai pas beaucoup parlé ce soir,
31:43c'est les 20%,
31:44mais au second tour,
31:45c'est le pire.
31:46– Mais justement,
31:47j'étais déjà en train de répondre à ça.
31:47– Je n'ai pas dit c'est le pire.
31:48– Non,
31:49c'est moi qui le dis,
31:49c'est une question.
31:50– Moi,
31:51je laisse ces débats-là
31:52à tous ceux qui veulent les avoir.
31:54Moi,
31:54ça ne m'intéresse pas.
31:55Je vous dis,
31:55il y a des combats
31:56qui nous ont rapprochés.
31:57L'extrême droite est très haut,
31:58il y a une période grave
31:59quand on se sent de gauche,
32:00quand on se sent de la gauche de rupture.
32:02Il y a une proposition
32:02qui a été faite de sa part
32:03de dire,
32:04on peut rassembler
32:05les forces de la gauche de rupture.
32:06On joue cette carte-là,
32:07mais,
32:08et c'est ce que je voulais préciser,
32:09en gardant notre autonomie,
32:11notre indépendance,
32:12notre liberté de parole
32:13et en prenant au sérieux
32:15ce qui est en train de se passer.
32:16C'était le début
32:16de notre discussion,
32:17y compris dans la rue,
32:18qui percute tout le monde,
32:19y compris ces formations politiques-là.
32:21Je vous dis
32:22et je vous annonce
32:23que si vous collez l'oreille
32:24au sol de la société actuelle
32:26en France,
32:27ça bouge,
32:28ça bouge profondément,
32:29que derrière tout ce qui se passe
32:30dans la jeunesse,
32:31il y a quelque chose
32:32de plus profond.
32:33Simone Veil,
32:34la philosophe,
32:34j'entends parler
32:35de la maladie du déracinement,
32:38du déracinement social,
32:39pas identitaire.
32:40Je pense qu'on est en train
32:41de vivre ça.
32:41Il y a une partie
32:42de la collectivité
32:43qui est déracinée socialement
32:45de la représentation publique,
32:47de la solidarité.
32:48C'est ça qui est en train
32:48de revenir
32:49et ça, politiquement,
32:50je suis curieux
32:51de savoir ce que ça peut traduire,
32:52y compris précisément
32:53dans le mot de la fin,
32:55Alain Dommel.
32:55Oui,
32:56je pense qu'il y a deux forces
32:57qui sont en train
32:58de progresser,
32:59deux forces politiques
33:00qui sont en train
33:01de progresser en ce moment.
33:02Je pense qu'il y en a une
33:03qui est très à gauche,
33:04à laquelle vous participez
33:05et que mène
33:07par la force des choses
33:08aujourd'hui
33:08Jean-Luc Mélenchon.
33:09Et je pense qu'il y en a
33:11une autre
33:11qui est très à droite
33:12et que la question
33:13est qu'entre les deux,
33:15ceux qui se veulent
33:17des démocrates libéraux
33:19ou des démocrates sociaux
33:22sont assez largement coincés.
33:25Merci beaucoup Alain Dommel.
33:26J'ai malédit pour la première
33:27du PS,
33:28vous m'avez pas posé la question.
33:28C'est pas vous
33:29qui avez hacké
33:30le site du Parti Social
33:31et vous êtes sûr ?
33:32Sûr et certain.
33:33Où étiez-vous dans la nuit ?
33:34Mais posez la question
33:34à Jean-Luc Mélenchon,
33:35c'est jamais,
33:35c'est très à la nuit.
33:36Merci beaucoup
33:37Olivier Besanto
33:37et merci Alain.