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  • il y a 20 heures
Lundi 12 octobre 2026, retrouvez John Plassard (Associé et responsable de la stratégie d'investissement, Banque Cité Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:00Générique
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous nous retrouvez en rattrapage en replay sur notre site bismart.fr
00:21et puis vous pouvez aussi nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:27Au sommaire de cette édition, ce midi, les cours du pétrole ont évolué en léger repli ce matin
00:34avant de repartir à la hausse au moment où on parle avec un baril de Brent qui progresse maintenant de
00:401% autour de 105 dollars
00:42alors qu'il baissait d'environ 1% juste il y a quelques minutes.
00:47Une baisse qui est intervenue dans un climat tendu, certes marqué par de récentes attaques
00:54contre des infrastructures maritimes et des aéroports dans le Golfe.
00:59Ce repli initial des prix du pétrole fait suite à une annonce venue de Washington.
01:04Donald Trump assure avoir obtenu un cessez-le-feu immédiat entre la Russie et l'Ukraine
01:10sur le front des installations énergétiques.
01:12Le président américain propose même que Moscou augmente ses exportations de diesel.
01:19Sur le terrain, la surprise est totale.
01:21Prix de court, le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme ne pas avoir été informé de ce cessez-le-feu énergétique
01:30tout en se disant prêt à accepter cette mesure si jamais la Russie faisait de même de son côté.
01:36Moscou a pour l'instant gardé le silence.
01:39Derrière cette initiative se cache un enjeu politique majeur.
01:43La Maison-Blanche cherche coûte que coûte à faire chuter les prix à la pompe
01:48à seulement quelques semaines des élections de mi-mandat.
01:52Discussion à suivre avec notre invité sur ce plateau dans un instant.
01:56Sous surveillance évidemment, en plus des prix du pétrole, c'est la situation française.
02:01Après des années d'endettement massif pour faire face aux crises,
02:04les investisseurs perdent confiance dans la capacité de la France à maîtriser sa dette.
02:09La crise obligataire française est désormais ouverte
02:12et le spectre d'une contagion à l'ensemble du continent refait surface
02:16alors même que l'État français devra rembourser pas moins de 91 milliards d'euros à ses créanciers d'ici
02:242027.
02:25D'ici donc l'année prochaine, sur les marchés, la sanction est immédiate.
02:29Ces dernières semaines, la chute des cours a propulsé les coups d'emprunt français
02:33à des niveaux inédits depuis près de 25 ans.
02:37Vendredi, l'écart de taux avec la dette italienne a même atteint un record historique.
02:43À l'approche de l'élection présidentielle d'avril,
02:46l'incapacité du gouvernement à assainir ses finances publiques plonge le pays.
02:50Dans une période d'incertitude prolongée,
02:54les inquiétudes sur le budget français devraient s'étaler jusqu'à la présidentielle de 2027,
03:00d'autant que les propositions des favoris inquiètent les marchés
03:03entre objectifs budgétaires jugés irréalistes par les analystes
03:07et propositions radicales d'annulation ou de gel d'une partie de la dette.
03:12Aujourd'hui, sur les marchés, le rendement français à 10 ans est globalement stable.
03:17Lille progresse un petit peu au moment où on parle autour de 4,90%
03:22et le spread franco-allemand se tend autour de 145 points de base.
03:26Dans le reste de l'actualité, c'est évidemment le top départ de la saison des résultats du troisième trimestre.
03:33Vendredi, on a pris connaissance des résultats de Delta,
03:35contraint d'abaisser ses prévisions de bénéfices à cause de l'envolée des prix du carburant.
03:40Ce soir, LVMH se livrera à l'exercice.
03:43On attend surtout le vrai top départ de cette saison des résultats
03:48avec les publications des grandes banques américaines
03:51à commencer demain par JP Morgan et Goldman Sachs mercredi.
03:55La suite des bancaires avec Bank of America, Morgan Stanley ou encore BlackRock entre autres.
04:01Et puis en fin de semaine, en France, c'est Schneider Electric qu'on regardera.
04:05Là aussi, discussion à suivre sur les enjeux de cette saison des résultats
04:09avec notre invité dans un instant.
04:22Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance,
04:26les enjeux de cette semaine et le lundi, c'est John Plassard.
04:30Bonjour John.
04:32Bonjour Pauline.
04:33Vous êtes associé responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion.
04:37John, bienvenue dans un monde où les tensions géopolitiques sont plus présentes que jamais
04:43avec la Russie, l'Ukraine, l'Iran et puis au milieu de tout cela, évidemment, Donald Trump.
04:49Le président américain a annoncé un arrêt des frappes, je le rappelais en introduction,
04:53sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Ukraine.
04:58L'Ukraine qui dit ne pas en avoir connaissance.
05:00La Russie, pour l'instant, qui ne dit rien.
05:03Toujours est-il que cette annonce a un petit peu fait reculer les prix du pétrole ce matin,
05:09alors qu'ils sont repartis à la hausse au moment où on parle, il y a à peu près 10
05:13minutes, John.
05:15Oui, tout à fait.
05:16Alors d'abord, il faut rappeler une chose, c'est que le président Trump aurait trouvé un accord
05:21avec le président russe pour que le président russe leur vende plus,
05:26et aussi, pas seulement aux États-Unis, mais aussi pour l'Europe, beaucoup plus de diesel.
05:30Alors, on est dans une situation où, évidemment, la Russie est un élément clé pour le diesel
05:37parce qu'ils ont des raffineries.
05:39C'est ce qui manque, notamment à l'Europe.
05:43Et évidemment, si on avait une trêve confirmée d'une non-frappe, notamment ukrainienne,
05:52sur les raffineries russes, eh bien, ça protégerait quelque peu les nouvelles pénuries potentielles de diesel.
06:03Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
06:05On voit que la détente est absolument limitée, même avec cette offre supplémentaire de diesel.
06:12Ça peut aider quelque peu les produits, le marché des produits raffinés,
06:17mais ça ne crée pas davantage de pétrole brut,
06:21et puis ça ne règle pas la perturbation logistique, bien évidemment.
06:24Et en plus, en même temps, on a, vous l'avez dit, l'aéroport à Riyad,
06:29où on dénombre apparemment à l'heure à laquelle on parle 14 morts.
06:34Et donc, ça met une dose de stress supplémentaire
06:37parce que les Américains pourraient aussi intervenir en combattant directement avec l'Arabie saoudite,
06:43les Houthis.
06:44Donc, on est vraiment dans une question de prime de risque
06:48qui est absolument incroyable, inédite, je dirais,
06:52et qui aura des conséquences.
06:55Bien évidemment, penser aujourd'hui que le prix du baril puisse baisser de 20, 30 dollars
07:01par baril avant les élections de mi-mandat, c'est absolument exclu.
07:06On voit que l'Iran, d'un côté, ne veut pas d'accord,
07:08ou pas l'accord proposé par les États-Unis.
07:11Les Houthis, non plus.
07:13Et puis, de l'autre côté, on a la question de la guerre en Ukraine.
07:18Donc, si on met tout ça ensemble,
07:20on voit qu'avant, on ne parlait que de l'Ukraine,
07:22après, on ne parlait que du Moyen-Orient.
07:24Et là, on parle vraiment d'un groupe, je dirais, d'événements tragiques
07:29qui sont extrêmement perturbateurs pour l'évolution du prix du baril.
07:33Oui, c'est sûr.
07:34Et puis, on rappelle, John, qu'on ne met pas de pétrole dans sa voiture,
07:37mais bien du diesel, qui est un produit raffiné.
07:40L'objectif de Donald Trump étant de faire baisser ce prix du diesel
07:44avant les élections de mi-mandat,
07:47peut-être pour espérer de reconquérir certains électeurs.
07:51En attendant, l'arrêt des frappes entre l'Ukraine et la Russie,
07:55si jamais c'est confirmé, ne rouvrira pas le détroit d'Ormuz.
07:59Pendant ce temps-là, les tensions persistent au Moyen-Orient, vous l'avez rappelé.
08:02Un autre sujet dont je parlais en introduction, John,
08:05c'est évidemment ce cas français, la France sous surveillance.
08:10On en parle d'ailleurs partout dans le monde du cas français.
08:12Quels sont les enjeux du budget français à l'aube de cette élection présidentielle
08:16et surtout des élections législatives qui interviendront après, au mois de juin,
08:21qui seront déterminantes, John ?
08:23Roland Lescure a indiqué éviter les ordonnances pour faire passer le budget
08:28et privilégie justement un débat parlementaire.
08:31Si les taux français se détendent légèrement aujourd'hui,
08:34reste globalement stable, le spread, lui, reste élevé.
08:37Où sont les risques principaux pour les marchés de John ?
08:41Et est-ce qu'il y a des moments où le marché s'alarme, entre guillemets, pour peu ?
08:47Non.
08:48Alors, je dirais la première des choses, c'est bien évidemment l'enjeu du budget français.
08:53Ce n'est pas de trouver une mesure spectaculaire.
08:55On ne la trouvera pas, ça c'est sûr.
08:57Il faut démontrer une trajectoire crédible de déficit.
09:01Ensuite, l'objectif, et je crois que c'est la chose la plus importante,
09:05qui ne sera bien évidemment pas atteint,
09:08mais l'objectif officiel, c'est de ramener le déficit à 5% en 2027,
09:13contre normalement 5,4% cette année.
09:16Ça, c'est la première des choses.
09:17Alors, le débat, évidemment, il faut un débat.
09:20Évidemment, politiquement, c'est extrêmement sain,
09:22mais le marché, lui, ne veut pas de débat.
09:25Et le marché, il veut des solutions très concrètes.
09:29Et à chaque fois qu'on regarde le spread,
09:31on regarde beaucoup ce spread entre l'OAT et le Bund allemand,
09:36eh bien, à chaque fois qu'il s'écarte,
09:38eh bien, ça nous montre une nouvelle fois
09:40que la France est le pays malade de l'Europe.
09:45Parce que rappelons qu'aujourd'hui,
09:47on fait une comparaison entre la France et l'Allemagne,
09:49et l'Allemagne n'est pas spécialement mieux lotie.
09:52On sait qu'il n'y a aucune décision politique
09:55qui ne sont plus prises en Allemagne
09:57parce que le gouvernement est en situation de faiblesse
10:01face à l'extrême droite,
10:03l'AFD qui gagne absolument dans tous les landes.
10:07Et donc, ici, on est dans une situation
10:09où on compare le pays malade qui est la France
10:12avec un autre pays qui n'est pas spécialement
10:15le pays qui a une croissance extrême,
10:19malgré le fait qu'ils ont légèrement repris
10:22ou remonté leur estimation de croissance.
10:24Alors, je dirais que le vrai risque ici,
10:27et il faut être très clair,
10:29c'est une dérive qui est lente,
10:32avec un budget qui affaiblit,
10:33des mesures qui sont reportées après des débats,
10:38rien qui se passe après les élections présidentielles
10:41parce qu'il n'y a pas de majorité,
10:43une croissance insuffisante, on le sait,
10:45et puis une hausse, évidemment, progressive des charges de la dette.
10:49Donc, quand vous mettez tout ça ensemble,
10:51eh bien, on peut arriver dans une situation
10:53qui est encore plus dramatique au niveau économique
10:57que ce qu'on voit aujourd'hui.
10:58Et ça, pour la France,
11:00eh bien, ça se signerait par la baisse des crédits,
11:05la baisse des notations des agences
11:07qui vont faire leur travail très rapidement.
11:10Oui, et puis, ce que surveille le marché aussi, John,
11:12c'est évidemment un possible risque de contagion au reste de l'Europe.
11:16On voit, on en a parlé lundi dernier, John,
11:18l'euro-dollar qui était au plus bas depuis 2025,
11:22un euro-dollar qui est toujours au plus bas
11:25puisque là, à l'euro, on parle,
11:26il est à 1,1180 contre 1,1160 lundi dernier.
11:30Donc, c'est vrai que ce risque de contagion avec d'autres pays,
11:34vous le rappeliez, l'Allemagne,
11:35mais aussi l'Italie qui va avoir des élections rapidement,
11:39et puis l'Espagne le 29 novembre avec ces élections anticipées.
11:43Affaire à suivre, on surveillera tout ça
11:45et puis on en parlera évidemment avec vous, John.
11:48Enfin, il nous reste une minute pour parler de cette saison des résultats.
11:52John, qu'est-ce qu'on peut attendre des comptes des entreprises
11:55qui commencent à livrer justement leurs résultats ?
12:00Écoutez, d'abord, si on regarde les marchés américains,
12:03les attentes sont extrêmement élevées
12:04puisque les bénéfices du S&P 500 sont attendus en hausse
12:08de près de 30% sur un an au troisième trimestre
12:12et avec une croissance du chiffre d'affaires de plus de 12%
12:15et une marge proche de 15% contre 13% l'année passée.
12:20Donc, on voit qu'il y a une réaccélération.
12:21On n'est pas du tout dans décélération.
12:24Donc, en fait, les attentes sont très importantes.
12:26Et si je peux faire un parallèle avec ce qui se passe en France
12:29et le chiffre d'affaires de LVMH ce soir,
12:32eh bien, c'est le message.
12:34Ce n'est pas ce qui s'est passé au troisième trimestre.
12:36C'est le message pour le quatrième trimestre.
12:39Quel est l'impact de la hausse du prix du baril ?
12:42Quel est l'impact de la baisse de la confiance du consommateur aux États-Unis ?
12:46Et quel est l'impact des faibles mesures du gouvernement chinois,
12:51notamment pour le secteur du luxe ?
12:53Donc, on a plein, plein, plein, plein de questions.
12:55On aura, et on le commentera la semaine prochaine,
12:58on aura, bien évidemment, les banques américaines cette semaine
13:01avec JP, Goldman City Group et Wells Fargo
13:04qui nous donneront une indication sur le crédit
13:08mais aussi sur la santé du consommateur américain
13:11parce que toutes ces banques, bien évidemment, ont des cartes de crédit
13:14et toutes les données qui nous seront utiles
13:15pour savoir comment on consomme aux États-Unis et dans le reste du monde.
13:20Oui, ce sera un indicateur, évidemment, qu'on va surveiller,
13:22qu'on détaillera ensemble lundi prochain
13:24et puis plus globalement dans Smart Bourse tout au long de cette semaine.
13:28Une semaine qui s'annonce par ailleurs chargée en termes de macro également,
13:33John, puisqu'on attend l'inflation américaine justement pour septembre,
13:37attendue en progression de 3,6% sur un an
13:40et de 2,5% en version cœur
13:44avec aussi les ventes au détail américaines
13:47et puis les PPI qu'on va regarder, évidemment.
13:50Merci beaucoup, John.
13:51John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement
13:55pour la banque Cité Gestion.
13:56John, à lundi prochain.
13:58Merci à tous de nous avoir suivis.
14:01On se retrouve ce soir en direct à 17h30 dans Smart Bourse.
14:04Sous-titrage Société Radio-Canada

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