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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On est à la veille d'une nouvelle grande journée de mobilisation.
00:03Alors si on se fie aux chiffres, aux anticipations du ministère de l'Intérieur,
00:08on aura 500 000, 700 000 personnes à travers toute la France.
00:11On ne compte pas Paris encore.
00:13Paris, dont le parcours est encore sujet à discussion.
00:17Au départ, la préfecture de police avait interdit le parcours Bastille-Concorde.
00:22En ce moment, c'est République-Nation qui est proposée.
00:24Mais c'est la justice qui est en train de trancher.
00:26C'est en débat en ce moment même.
00:28Mais les Français, s'ils désapprouvent la casse, quand même, dans l'ensemble,
00:33voient plutôt d'un bon oeil ce nouveau mouvement social,
00:35ou plutôt ce mouvement social du moment.
00:37C'est ce que l'on va voir avec vous, François Gapillan.
00:40Bonsoir François.
00:40Bonsoir à tous, je vous le confirme.
00:42En effet, principal enseignement, l'opinion publique reste derrière le mouvement de contestation
00:46de la hausse du coût de la vie.
00:48Pour preuve, 57% des personnes interrogées par Elab approuvent la journée de mobilisation prévue demain.
00:54Ce soutien s'émousse un tout petit peu.
00:55Il perd deux points en une semaine.
00:58Incontestablement, les revendications des manifestants restent légitimes aux yeux des Français.
01:01De 88% d'entre eux concernant le pouvoir d'achat, de 75% d'entre eux concernant les demandes
01:07de la jeunesse.
01:07Là encore, ça baisse de quelques points.
01:10Mais bon, comme vous pouvez le constater, cela reste ultra majoritaire.
01:13Tout comme le rejet des cortèges dans les centres-villes.
01:16En effet, deux Français sur trois sont favorables à l'interdiction de manifester dans les centres-villes et secteurs commerçants
01:23pour éviter le plus possible les violences et les pillages.
01:26Enfin, sur le calendrier de la mobilisation en faveur du pouvoir d'achat, 57% des personnes interrogées par Elab
01:32affirment que c'est le bon moment,
01:33qu'il ne faut pas attendre la présidentielle.
01:35Une proportion toutefois en recul de 8 points sur 3 semaines.
01:38– Merci François Capillan.
01:40– Dominique Rizet nous a rejoint.
01:41Donc la préfecture de police a interdit le parcours Bastille-Concorde
01:44qui avait été demandé par les syndicats pour cette grande manifestation intersyndicale demain.
01:49Les autorités proposent à la place ce trajet entre les places de la République et de la Nation.
01:54C'est quand même déjà une petite victoire pour ceux qui vont manifester
01:58puisque surtout ils redoutaient de devoir manifester comme samedi dernier,
02:03les deux samedis qui viennent de passer,
02:05aux abords de la périphérie parisienne sur les boulevards maréchaux.
02:09Là, on se demande d'ailleurs pourquoi tout d'un coup, de nouveau, les centres-villes,
02:13on connaît la crainte des commerçants.
02:15Les Français d'ailleurs disent, deux Français sur trois,
02:18ils disent non, non, il ne faut pas manifester en centre-ville.
02:20– Ce n'est pas une petite victoire, c'est une grande victoire pour les syndicats
02:23qui peuvent revenir dans le centre-ville.
02:24Je vous rappelle comme que les deux premières manifestations,
02:26c'était Porte de Bagnolet, Porte de Charenton.
02:29Ensuite, c'est toujours sur les boulevards des maréchaux.
02:32Et ça, c'était décidé au dernier moment.
02:33Et la semaine dernière, les syndicats ont plutôt été très corrects
02:37en appelant les manifestants à venir les retrouver sur les boulevards des maréchaux.
02:44Donc pour Paris, c'est vrai que c'est surprenant cette décision
02:46d'autoriser République Nation.
02:50Je vous rappelle que le préfet de Lyon, lui,
02:52est dans une toute autre configuration intellectuelle
02:55puisqu'il a fait un déroulé, un arrêté qui fait trois ou quatre pages
02:59dans lequel il dit, personne dans la presqu'île,
03:02on ne veut pas revivre quelque chose, un arrêté qui est très très documenté,
03:06on ne veut pas revivre ce qu'on a vécu et le 17 et la semaine suivante,
03:12on ne veut pas revivre ça, les commerçants sont traumatisés,
03:15le cœur de Lyon est traumatisé,
03:17on propose toujours des manifestations en dehors du centre-ville.
03:21– Oui, mais là, ce qui est intéressant, c'est le sondage quand même.
03:24Donc ça veut dire que les Français disent pas de casse,
03:27on désapprouve, etc., mais il y a un réel problème dans ce pays.
03:31Un problème social, un problème économique, un problème de pouvoir d'achat.
03:34Ils entendent les revendications des jeunes
03:36parce que c'est l'éducation de leurs enfants
03:37et ils voient bien qu'aujourd'hui, la réponse n'est pas suffisante.
03:43On a l'impression que le pouvoir, vous le disiez tout à l'heure,
03:45n'a pas su voir ce qui montait, trouver les bonnes réponses.
03:49On ne peut pas jouer la carte du pourrissement
03:50parce qu'il y a la manifestation demain.
03:52– Il y a l'acte 4 samedi prochain.
03:54– Il y en a encore une samedi prochain.
03:56Finalement, ils risquent de faire monter une colère encore plus grande.
03:59– Oui, c'est probable, mais on dirait presque
04:00que tout le monde a admis collectivement
04:02que de toute façon, on allait vivre l'enfer
04:05jusqu'à l'élection présidentielle
04:06et qu'on était partis dans une espèce de dérive lente
04:10vers un bordel permanent en France sans réponse en plus.
04:16C'est ça qui est quand même assez triste
04:18parce que les manifestants le savent bien aujourd'hui
04:20que le gouvernement n'a pas d'argent
04:22et n'est pas prêt à lâcher des mesures importantes
04:24que ses ministres sont en sursis,
04:26que ce soit Laurent Niniès ou les autres.
04:26– À la gauche vous dit, l'argent, on sait où on peut le trouver.
04:29Il y a une taxe à faire passer.
04:31– C'est vrai, on aurait pu le faire avant.
04:33On aurait pu taxer des super-profits,
04:35on aurait pu faire que c'est…
04:36– Il n'y a pas de majorité aujourd'hui pour faire voter ça.
04:38– Non, on aurait pu faire une réforme sur les héritages,
04:40on aurait pu faire plein de choses,
04:41mais on ne les a pas faites.
04:42Donc maintenant, on est coincé
04:43et avec toutes les limites budgétaires que nous avons,
04:47très sincèrement là, tout de suite, on ne peut plus.
04:50Et en ce qui concerne les salaires des Français,
04:52juste pour finir,
04:54le pouvoir n'y peut rien en fait,
04:55ça dépend quand même du choix des entreprises.
04:57Donc il peut toujours dire…
04:58– Il faut qu'il y ait de la croissance.
04:58– Il faut qu'on les incite,
04:59mais les entreprises, elles sont terriblement inquiètes
05:01à cause de tout ce qui se passe.
05:02Donc c'est un cercle vicieux.
05:03– Alors quand même, je noterais que dans ce sondage,
05:06les Français…
05:07Parce que la question est de savoir pourquoi manifester maintenant,
05:09puisque dans 5-6 mois, il y a un rendez-vous présidentiel.
05:11Les Français pensent que c'est le bon moment pour manifester,
05:13ils sont 57%.
05:14Alors c'est un petit peu en baisse quand même,
05:16et 40% pensaient qu'il faut attendre le scrutin présidentiel.
05:19Ça c'est aussi intéressant,
05:21et ce n'est pas une bonne nouvelle pour le gouvernement,
05:22parce que le gouvernement pourrait jouer sur cet argument,
05:24en disant écoutez, de toute façon nous on va partir,
05:26adressez-vous au candidat à l'élection présidentielle,
05:29soumettez vos revendications,
05:30et puis celui qui sera élu, il pourra toujours y répondre.
05:34– Oui, mais il est vrai que la colère a tellement monté
05:36que maintenant il faut un exutoire quoi qu'il en soit,
05:38et avant la présidentielle, et donc l'exutoire,
05:40ce sont toutes ces manifestations du samedi,
05:42et les Français ont un besoin de radicalité
05:44qui se traduit dans les sondages.
05:45– Une question, si jamais,
05:48puisque vous avez dit on veut 10 milliards,
05:49on a 10 propositions,
05:52mais à quel moment vous direz là,
05:53là c'est acceptable pour nous ?
05:54Parce qu'une négociation c'est toujours comme ça,
05:57chacun avance et puis on trouve un terrain d'entente.
05:59Les grands syndicalistes disent toujours,
06:00il faut savoir arrêter, arrêter une grève,
06:02arrêter un mouvement.
06:03Si par exemple, par cours sur, on vous dit stop,
06:05et on discute d'autre chose,
06:07est-ce que ça, ça vous ferait arrêter ?
06:08– C'est une première chose,
06:09mais maintenant on ne va pas choisir
06:10entre soit avoir une classe en bon état sans professeur,
06:14ou avoir un professeur,
06:14mais demeurer dans une classe avec des plafonds qui tombent
06:16et des rats qui passent dans les couloirs.
06:17– Mais ça, ça prend du temps, vous savez, les travaux.
06:19– Vous savez que ça prend du temps ?
06:20– Oui, mais il faut mettre de l'argent sur la table,
06:21pour commencer dès maintenant,
06:22parce qu'effectivement ça prend du temps,
06:23ça fait aussi du temps qu'on les alerte là-dessus,
06:25et c'est vrai que nous, on est très étonnés
06:26d'être écoutés seulement maintenant.
06:27Et ce matin, on avait une réunion
06:30avec les membres du ministère sur les temps scolaires,
06:33et à la fin de la réunion, ils nous ont dit
06:34est-ce que vous pouvez nous envoyer vos revendications par mail ?
06:36Ils ont quand même attendu 9 ans et demi
06:37pour nous demander nos revendications.
06:40Moi, je trouve que c'est quand même dingue.
06:41Voilà, donc on a un gouvernement
06:42qui ne comprend pas sa jeunesse,
06:43et sur les présidentielles.
06:45– Donc c'est tout ou rien, quoi, en fait, c'est ça ?
06:47– Bah tout, on a le minimum,
06:48le minimum où on continue à se mobiliser, effectivement.
06:51Et on n'attendra pas la présidentielle
06:52parce que c'est urgent.
06:53Maintenant, effectivement, la présidentielle va être décisive,
06:55et il y aura, par exemple, besoin de savoir
06:56si on veut une école fondée sur l'autorité,
06:58comme le proposent les Républicains,
07:00ou plutôt fondée sur l'émancipation,
07:02sur l'accès au savoir.
07:03Le problème, c'est que les lycéens et lycéennes,
07:04on n'a pas le droit de vote,
07:05parce qu'on a 15 ans, on a 16 ans, on a 17 ans.
07:06Et donc, maintenant, il faut poser la question
07:07du droit de vote à 16 ans,
07:08parce qu'on ne peut plus dire qu'on n'est pas politisé,
07:10qu'on n'est pas conscient,
07:11et qu'on ne s'intéresse pas à la vie politique.
07:12– Mais je voudrais vous poser la question,
07:13vous qui représentez les jeunes Républicains.
07:15Est-ce que le gouvernement gère bien cette crise sociale ?
07:18Parce que, là, pour l'instant,
07:20on est dans la riposte sécuritaire,
07:22on essaie de savoir comment,
07:23samedi après samedi, là, ce jeudi,
07:25on va pouvoir quand même défiler dans les villes
07:28sans que ça se termine en émeute.
07:31Mais il faut quand même aussi une réponse politique.
07:33Cette réponse politique, alors certes,
07:35il y a eu le déblocage stratégique,
07:37et d'ailleurs, à la pompe, depuis dimanche,
07:39ça baisse pour le diesel, ça c'est indéniable,
07:41pas partout, mais ça baisse,
07:43peut-être pas suffisamment, mais ça baisse.
07:44Il y a aussi la réponse pour les lycéens,
07:46alors pas suffisante, mais il y a eu des réponses.
07:48Mais est-ce qu'il faut aller plus loin ?
07:50Et que doit dire Sébastien Lecornu ?
07:53– Je pense que le problème,
07:54c'est que le gouvernement n'a pas les moyens,
07:56en fait, tout simplement, de tout changer.
07:58Parce que là, la question que vous posez,
07:59ce n'est pas seulement de faire quelques réformes
08:00dans l'éducation nationale,
08:02dans l'enseignement supérieur,
08:03mais la question, elle est vraiment
08:04de changer de système totalement.
08:05Vous avez dit que nous,
08:06on propose une école fondée sur l'autorité.
08:08Alors oui, l'autorité,
08:09ça va être une valeur centrale dans notre projet,
08:11ça l'est déjà dans le projet de Bruno Retailleau,
08:12mais il n'y a pas que ça,
08:13il ne faut pas non plus nous caricaturer.
08:14Nous, ce qu'on veut,
08:15c'est remettre à sa place le professeur,
08:17c'est-à-dire comme personne
08:18qui dispense le savoir,
08:19qui, justement, a le monopole,
08:22on va dire, entre guillemets,
08:22du savoir dans la classe
08:23et qui, justement, est là
08:24pour irriguer sa classe de savoir.
08:26On veut qu'ensuite,
08:27il y ait une véritable égalité des chances
08:29par le travail,
08:30sans abandonner ceux
08:30qui n'ont pas les connaissances acquises.
08:32Et vous, moi, je suis un peu surpris
08:34depuis le début de tous ces épisodes-là,
08:39à la jeunesse.
08:40Aujourd'hui, l'éducation nationale,
08:41elle n'est pas en péril
08:43parce que les idéologies de droite
08:44ont fracturé le ministère.
08:46Non, l'éducation nationale,
08:48elle est en péril
08:49parce que ça fait des années
08:50qu'on n'empêche les élèves
08:51de redoubler
08:52quand ils n'ont pas les acquis de connaissances.
08:54Ça fait des années qu'on leur dit
08:55vous aurez accès à tout
08:56sans qu'on contrôle
08:57si vous savez pertinemment lire,
08:58écrire et compter.
08:59Et au final, vous,
08:59vous incarnez un camp
09:01qui promet, en fait,
09:03dans un monde merveilleux
09:04à tous les élèves
09:05qui passeront la classe supérieure
09:06que s'ils veulent aller
09:07dans certaines facs,
09:08ils iront parce qu'au final,
09:09la seule chose qui compte,
09:10c'est leur volonté.
09:11En fait, vous les trahissez
09:12et vous leur mentez
09:13parce qu'il y a des élèves
09:14qui sont quand même,
09:14on est tous différents.
09:15Il y a des élèves
09:16qui préfèrent réaller en pro
09:17et il y a des élèves
09:18qui en ont ras-le-bol
09:19qu'on leur dise
09:19que la voie pro,
09:20en fait, c'est une voie de garage.
09:21Il y a des élèves
09:22qui n'ont pas forcément envie
09:23qu'on leur mente
09:24en faisant croire
09:24que tel master,
09:25telle licence
09:26va les déboucher
09:27sur un emploi
09:27qui va les rémunérer
09:28et vous, vous leur mentez
09:29en disant,
09:30ne vous inquiétez pas,
09:31il n'y a aucun problème,
09:32on va créer des places
09:33là où vous voulez.
09:34Mais c'est ça, en fait,
09:35qui tue l'éducation nationale,
09:36qui tue l'université aujourd'hui.
09:37Alors moi, malheureusement,
09:38je pense que le gouvernement
09:40n'arrivera pas
09:41à répondre à ces sujets de fond
09:42parce que ça nécessite vraiment
09:43de changer le système.
09:44Le changement de système,
09:45il arrivera,
09:46c'est comme ça que c'est fait
09:47dans ce pays,
09:47par l'âge présidentielle,
09:49par 2027.
09:50Donc nous,
09:50c'est pourquoi je me suis engagé
09:52notamment chez Les Républicains,
09:53derrière Bruno Rotaillot,
09:54c'est parce que,
09:55et moi,
09:56je suis un peu peiné
09:57quand on nous caricature
09:58en disant qu'on n'est pas
09:58du côté des jeunes.
09:59S'il y a un camp vraiment
10:00qui prend au sérieux les jeunes,
10:02c'est bien nous.
10:03L'école, c'est de gauche ?
10:05L'école publique,
10:06gratuite pour tous,
10:07je crois que c'est un projet
10:07qui a toujours été porté
10:08historiquement par la gauche.
10:09C'est universel.
10:09Vous êtes de gauche, vous ?
10:10Moi, personnellement,
10:11je suis de gauche.
10:12Et vous savez,
10:13l'Union syndicale lycée
10:13n'a quatre valeurs.
10:14L'antifascisme,
10:15l'écologie,
10:16le féminisme
10:16et le collectivisme.
10:18Donc c'est des valeurs
10:18qui sont effectivement
10:19ancrés à gauche.
10:20Maintenant, ce qu'on demande...
10:21C'est vachement universaliste
10:22et très lycéen.
10:23C'est vrai que les lycéens
10:23sont collectivistes, d'ailleurs.
10:25Ce que l'on demande,
10:25ce n'est pas révolutionnaire.
10:26On n'a pas de changer
10:27tout le système.
10:28On demande juste un minimum
10:28pour pouvoir étudier
10:29dans des conditions normales.
10:31Maintenant, effectivement,
10:31il faut pouvoir réinterroger
10:32le système éducatif français.
10:34Et donc moi,
10:34j'aimerais bien vous demander
10:35qu'est-ce que vous pensez
10:35du droit de vote à 16 ans ?
10:36Parce qu'il faut que nous,
10:37on puisse participer
10:39à la prise de décision
10:40sur l'avenir de nos lycées.
10:41Je veux bien,
10:49vous êtes d'accord
10:49pour abaisser la majorité pénale,
10:50vous êtes d'accord
10:50pour abaisser la majorité électorale ?
10:51J'assume de dire que non.
10:53Parce que c'est deux choses
10:53très différentes pour moi.
10:54Alors là, vous allez dire,
10:56notamment,
10:56ce n'est pas normal
10:56de baisser la majorité pénale,
10:58etc.
10:58Mais quand il y a des violents,
10:59ce n'est plus des enfants.
11:00Par contre, les citoyens,
11:02notamment,
11:02ils doivent être formés
11:02après 18 ans.
11:03Moi, je pense que 18 ans,
11:04c'est le bon âge
11:04parce qu'on est enfin
11:05en train de s'émanciper
11:06et que l'école
11:07est en train de nous émanciper.
11:08Par contre,
11:09quand il y a des violences,
11:09quand on saccage des commerces,
11:11quand on pille des commerces,
11:12je suis désolé,
11:12on n'a rien à voir
11:13avec un petit enfant
11:14tout innocent
11:14qui sort du collège.
11:15Mais c'était surtout
11:15des majeurs, là,
11:16en l'occurrence.
11:17Oui.
11:17Il y en a eu beaucoup
11:20des ados,
11:20des jeunes,
11:21des lycéens
11:21qui saccagèrent
11:22et d'abellage.
11:22Alors non,
11:24ce n'est pas la majorité,
11:25c'était plutôt des adultes.
11:26Mais sur les blocages,
11:29c'était beaucoup de lycéens
11:31qui n'étaient pas forcément
11:32dans les établissements.
11:32Mais blocages,
11:33des établissements.
11:34Voilà.
11:34Après,
11:35par rapport au droit de vote,
11:36normalement,
11:36ce n'est pas mon sujet à moi.
11:37Mais déjà,
11:38quand on vous dit,
11:39vous le prenez pas mal,
11:40mais quand on vous dit déjà
11:42que vous trouvez normal
11:43qu'on bloque un lycée
11:44alors que c'est interdit,
11:45vous voulez qu'on vous laisse
11:46vous voter.
11:47Excusez-moi, monsieur,
11:48mais déjà,
11:49comment c'est pas le droit de vote
11:49si on n'avait jamais
11:50rien fait d'interdit ?
11:51Oui, enfin bon.
11:52Donc,
11:52ça n'a rien à voir.
11:55Ça n'a complètement
11:55rien à voir.
11:56Donc,
11:56à ce moment-là,
11:57on enlève la minorité
12:01pénale.
12:02Au niveau pénal.
12:03Là,
12:03il n'y a pas de problème.
12:03Là, par contre,
12:04ça va piquer.
12:05Là, ça va piquer.
12:06Mais c'est-à-dire
12:07que vous êtes d'accord,
12:08par contre ?
12:08Si vous tirez un mortier
12:09et que vous devez procéder
12:11à violences volontaires
12:12en réunion suite
12:13à un attroupement,
12:14c'est trois circonstances
12:15aggravantes.
12:16C'est cinq ans de prison,
12:17monsieur,
12:17quand vous tirez sur un policier.
12:18Là, il faudra assumer.
12:19Mais s'il y a des gens
12:20qui tirent des mortiers,
12:20je vois plein de parents,
12:22certains parents
12:22qui veulent que leur enfant
12:25retourne au lycée.
12:26J'ai vu des parents aussi
12:27qui disent
12:27non, c'est bien, continue.
12:28Mais à un moment,
12:29ces parents-là aussi,
12:30il va falloir qu'ils assument
12:31la minorité de leur enfant
12:33et le discours
12:33qu'ils tiennent à leurs enfants.
12:35Il peut y avoir des choses
12:36qui sont illégales
12:37et qui pourtant sont légitimes.
12:38Et comme je le disais,
12:40excusez-moi,
12:40la révolution française
12:41était illégale.
12:44Nous, si on...
12:45Vous faites la révolution en ce moment ?
12:46Non, pas du tout, justement.
12:47Et encore une fois,
12:48ce qu'on me demande,
12:48c'est juste le minimum.
12:49Avoir un professeur devant chaque classe,
12:50ce n'est pas la révolution.
12:51C'est ce qui devrait être la base.
12:52Oui, mais vous êtes lycien.
12:53Est-ce que vous n'êtes pas
12:54en train de vous dire
12:54que j'ai perdu déjà un mois de quoi ?
12:56Alors, un mois en incluant
12:58les vacances à Toussaint,
13:00c'est quand même mon avenir
13:01qui est en jeu.
13:01Alors, je sais que le bac,
13:02aujourd'hui,
13:03les taux de réussite
13:03sont assez exceptionnels.
13:04Donc, ce n'est peut-être pas le bac
13:05l'enjeu,
13:05mais il y a le parcours sub
13:06qui est toujours là.
13:07Il va falloir faire des voeux.
13:08Donc, le parcours sub,
13:09c'est quand même sur des notes.
13:11Vous êtes sélectionné.
13:12Il y a une évaluation.
13:13Est-ce que vous ne mettez pas
13:13en péril votre année scolaire ?
13:16Alors, ce qui est vrai,
13:17c'est que nous,
13:18ce qu'on veut,
13:19c'est aller en cours.
13:20Mais pour ça,
13:20il faut qu'on ait les moyens.
13:22Et effectivement,
13:23si on s'arrête maintenant...
13:24Oui, mais tout ce que vous demandez,
13:25vous n'aurez pas tout de suite.
13:26Vous êtes très bien.
13:27Il faut du temps
13:27pour refaire des classes.
13:29Non, non.
13:30Là, vous êtes d'accord
13:31qu'il y a une brèche
13:32dans le gouvernement.
13:33C'est-à-dire qu'il a commencé
13:33à céder.
13:34Et déjà,
13:34qu'on fait céder Macron,
13:35il n'y en a pas beaucoup.
13:36Donc déjà,
13:36on peut être fier de nous.
13:37Et ce qui veut dire
13:38qu'on peut avoir beaucoup plus.
13:39Là, il a donné des premières mesures,
13:40ce qui montre qu'il a peur.
13:41Et si on continue
13:42de se mobiliser,
13:43demain, mais aussi
13:50il faudrait même
13:51des élections anticipées.
13:52Il faudrait que le président
13:53de la République parte
13:55vu la situation du moment.
13:57Ce n'est pas ce que nous demandons.
13:57Nous, on demande
13:58d'être écoutés sur nos revendications.
13:59Moi, je suis là juste
13:59pour défendre les intérêts
14:01des lycéens et des lycéennes.
14:02Donc nous, ce qu'on dit,
14:03c'est que c'est ce gouvernement
14:04qui est là aujourd'hui,
14:05qui est là en place.
14:05Donc on fait avec.
14:06Et on dit,
14:06il doit nous écouter
14:07et mettre 10 milliards d'euros
14:08sur la table.
14:09Je peux me permettre,
14:10je pense qu'il faut quand même
14:11une...
14:11Je n'ai pas l'habitude de dire ça,
14:12mais je pense que nous,
14:13j'espère qu'il y aura
14:13une réponse politique
14:14pour ces jeunes.
14:15Que ce soit oui ou que ce soit non,
14:16mais que ce soit ferme.
14:17Que ce soit oui,
14:18qu'ils négocient avec eux,
14:19ou que ce soit non,
14:20mais que ce soit ferme.
14:21Parce que nous,
14:21à 70 000 policiers et gendarmes,
14:23tous les jours,
14:24on n'en peut plus.
14:25Là, on décale tous les collègues
14:26tous les matins à 7h,
14:27c'est des collègues
14:28qui aussi, excusez-moi...
14:29Vous avez...
14:30Demain et samedi.
14:31Mais non, mais c'est tous les jours.
14:32Oui, c'est ça,
14:32mais tous les jours,
14:33on se rend pas compte.
14:34Tous les jours,
14:35on décale des collègues
14:35qui normalement commencent à midi,
14:37normalement commencent à dire
14:38excusez-moi,
14:39ils ont des enfants.
14:39Ou aussi,
14:40ils déposent leurs enfants
14:40au centre aéré.
14:41Et ça, il faut le payer.
14:42Et c'est pas le ministre de l'Intérieur,
14:43c'est pas le préfet de police
14:44qui paye nos centres aérés
14:45pour nos enfants.
14:46Donc nous aussi,
14:47on veut que ça s'arrête
14:47parce qu'en fait,
14:49à force,
14:49on est fatigué.
14:50Et c'est quand on est fatigué
14:51que là,
14:52on peut faire des erreurs.
14:53Quand on tire au LBD,
14:54quand on lance une grenade.
14:55Et les dommages collatéraux,
14:56c'est hors de question
14:57que ce soit nous,
14:57à chaque fois,
14:58qu'il est payant.
14:58Merci de cette discussion.
15:00On suivra tout à l'heure
15:01Laurent Nunes,
15:02le ministre de l'Intérieur
15:03à 18h30.
15:04Il annoncera précisément
15:06le dispositif policier
15:08qui est déployé
15:09pour demain
15:10à travers le pays
15:10où on attend
15:11500 000 à 700 000 personnes
15:13globalement,
15:13hors Paris,
15:14pour le moment,
15:15bien sûr.
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