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  • il y a 1 jour
Aujourd'hui, c'est au tour de Louis Letoublon, vice-président de l'organisation "Les Lycéens!", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:04Il s'appelle Louis Le Toublon, il est vice-président de l'organisation Les Lycéens.
00:09Bonjour Louis Le Toublon.
00:10Bonjour.
00:11L'acte 3 c'est aujourd'hui.
00:12Qu'est-ce qui pourrait faire reculer ce mouvement, en tout cas l'arrêter ?
00:17Qu'est-ce que vous attendez précisément ?
00:19Ce qu'on attend de la part du gouvernement, du ministre de l'éducation en l'occurrence,
00:24c'est qu'il réponde politiquement au mouvement lycéen.
00:26et donc qu'il donne des moyens, des moyens financiers et des moyens humains.
00:31C'est-à-dire, d'une part, des moyens financiers et matériels pour rénover le bâti scolaire.
00:36A priori, ce n'est pas ce vers quoi on va, quand on voit le budget prévisionnel de 2027
00:40qui prévoit la suppression de 5 à 6 milliards d'euros pour les collectivités territoriales.
00:45Comment vont-elles rénover les lycées ?
00:47Et de la même façon, on voudrait des professeurs devant chaque classe,
00:50mais le même budget prévoit la suppression de 1588 postes d'enseignants.
00:55Et donc, on se demande comment est-ce qu'on aura des professeurs devant chaque élève.
00:59M. Lecornu a lancé des chantiers, 5 chantiers,
01:01qui doivent répondre effectivement à ses préoccupations.
01:04Le problème du non-remplacement des profs, le bâti scolaire,
01:09peut-être plus de transparence sur Parcoursup.
01:12Vous ne lui laissez pas le temps de mener à bien ses chantiers ?
01:15Moi, je crois qu'il faut juger sur les actes, sur ce qu'on aura concrètement dans les lycées.
01:21Et donc, jusqu'à ce qu'on n'ait pas un professeur devant chaque classe et des lycées en état
01:25correct.
01:25Vous ne l'aurez pas tout de suite, vous savez très bien.
01:27On ne va pas construire des lycées neufs tout de suite.
01:28Mais on attend en tout cas de juger concrètement sur les actes et pas que sur les paroles.
01:34Parce que ça fait quand même une décennie que la Macronie au pouvoir nous promet des choses
01:40et a promis un certain nombre de choses sur l'éducation et ne les met pas toujours en œuvre.
01:44Mais alors, donc l'acte 3 n'est pas le dernier, si je vous entends bien ?
01:48Ça dépend du gouvernement.
01:51Moi, j'ai une question.
01:52Alors, vous êtes quasiment la génération Covid.
01:56Et donc, moi, je comprends tout à fait ce que vous vivez.
02:01Et en même temps, je me dis que finalement, ça fait des décennies qu'on ne parle plus des jeunes
02:05en politique.
02:06Que la jeunesse est totalement effacée.
02:07Non, on parle des retraités.
02:08On parle des retraités, on parle de fin de vie, on ne parle pas de vous.
02:11Moi, je ne suis pas du tout d'accord avec la tournure que prend le mouvement
02:15et qui efface justement les vraies revendications légitimes,
02:19à la fois des classes moins chargées, des établissements de meilleure qualité,
02:24même s'il y a des établissements neufs qui ont quand même été brûlés.
02:27Mais vous êtes quand même la génération Covid.
02:29Et dans votre génération, je crois que le pouvoir politique n'a pas pris la mesure
02:35de ce qui se passe dans votre génération avec toutes les influences négatives qui vous arrivent.
02:40À la fois une société anxiogène, à la fois une dette abyssale qui arrive,
02:45à la fois un Covid qui vous a laissé quand même beaucoup de traces
02:49et une classe politique qui ne vous parle plus.
02:51C'est-à-dire qu'ils ne vous parlent plus, c'est encore plus grave que ça.
02:54C'est-à-dire qu'aucune personnalité politique n'a érigé la jeunesse en numéro un.
03:00C'est-à-dire qu'on ne s'est pas dit que cette jeunesse-là,
03:03il fallait à la fois être en airbag sur les fléaux qu'elle subit,
03:07mais aussi la considérer comme une richesse et l'accompagner.
03:11Parce que si la jeunesse, elle maîtrise aussi mal le français aujourd'hui,
03:14si elle est aussi en retard sur beaucoup de choses,
03:16c'est parce qu'on l'a un peu abandonnée.
03:18Mais moi ce que j'aimerais, c'est qu'il y ait un appel des lycéens en masse,
03:23massivement, pour que ce mouvement soit totalement débarrassé
03:26de tous ceux qui cassent et qui vous amènent finalement que de la haine et du désordre.
03:31Parce que vous méritez d'être entendus.
03:32D'abord, je rejoins ce que vous dites sur la génération Covid.
03:36C'est une génération qui actuellement connaît, et tout ça part du Covid je pense,
03:41de graves problèmes de santé mentale.
03:42En 2026, selon Santé publique France, c'est 19% des lycéennes et des lycéens
03:46qui présentaient un risque de troubles dépressifs.
03:49Il y a des chiffres qui font encore plus peur.
03:512 à 3% de lycéens hospitalisés pour une tentative de suicide.
03:55C'est absolument horrible.
03:56et il faut une réaction politique qui n'est vraiment pas assez présente, on trouve.
04:02Sur les violences, nous on croit que dans la plupart des cas,
04:06elles ne sont pas commises par des lycéennes et des lycéens,
04:08que c'est des personnes qui s'y greffent,
04:09parce qu'ils et elles ont envie de casser, on ne sait pas pourquoi,
04:15et on le condamne fermement.
04:18Effectivement, je leur dis, j'appelle toutes les lycéennes et tous les lycéens
04:22à se mobiliser aujourd'hui, pacifiquement, pour défendre leurs droits.
04:25Qui casse, selon vous ?
04:27Des casseurs, des éléments perturbateurs qui viennent se greffer dans les manifestations.
04:31Plus de 80% des gens qui ont été interpellés sont des mineurs.
04:35Donc a priori, ce sont donc des lycéens.
04:37S'ils sont mineurs, ils sont au lycée.
04:40Peut-être que ce sont à chaque fois des éléments extérieurs au lycée qui est bloqué,
04:43mais ils viennent bien d'autres lycées.
04:46Je crois, oui, que c'est la plupart du temps des personnes qui sont extérieures au lycée.
04:50Et en tout cas, c'est ce qu'on dit à un certain nombre de préfets,
04:53que dans un grand nombre de cas, il ne s'agissait pas de lycéennes et de lycéens.
05:00Bruno, Didier, Didier Giraud, agriculteur.
05:02J'aimerais savoir comment vous faites pour faire exister un message qui peut être entendable
05:07et qui peut être légitime, justement, par rapport à cette violence.
05:10Parce qu'aujourd'hui, ce qui va tourner en boucle sur les chaînes d'info et sur les réseaux sociaux,
05:15c'est quand même les affrontements qu'il va y avoir.
05:18Et comment, vous, demain, vous capitalisez sur cette mobilisation pour arriver à vos fins
05:24dans des revendications qui, si elles peuvent être légitimes, deviennent inaudibles, quoi, en fait ?
05:33Oui, je pense que les violences peuvent parfois faire occulter les revendications qui sont les nôtres.
05:39Après, tout dépend du cadrage médiatique qui en est fait.
05:41Et quelque part, c'est aussi vous, là, en l'occurrence, qu'il y avait le pouvoir de montrer les
05:46revendications,
05:47de montrer les violences.
05:48Ce qu'on fait ce matin en vous invitant.
05:50Mais on ne peut pas non plus occulter le fait que les gens ont été très choqués
05:53de voir notamment du personnel éducatif pris à partie.
05:56Ça, c'est la première fois que je vois ça dans un moulevant de jeunes
05:59où on s'en prend directement aux professeurs, aux proviseurs, aux surveillantes,
06:05des femmes d'ailleurs, souvent des femmes qui ont été visées par des jeunes hommes.
06:10On veut bien qu'il y ait la génération Covid, la santé mentale.
06:12Tout ne nous doit pas excuser des comportements inadmissibles chez des jeunes et des moins jeunes.
06:18Non, mais ça, c'est complètement inacceptable.
06:19Et je crois que quand on attaque un professeur, on doit être condamné,
06:26on doit être puni pour ça.
06:27Mais ce n'est absolument pas la majorité des lycéennes et des lycéens qui font ça.
06:30Pour celles et ceux qui le font, quand ce sont des lycéens,
06:34et la plupart du temps, ça n'en est pas, c'est condamnable.
06:37Et je le condamne très fermement.
06:39Par contre, je crois aussi qu'on peut parler de la peur qui, chez les lycéennes et les lycéens,
06:45s'installe notamment aujourd'hui vis-à-vis du fait d'aller manifester
06:48et de la peur de la répression policière.
06:50Quand on voit les six cas, les six enquêtes en cours de l'IGPN,
06:56quand on voit hier cet élève qui, à Lens, à 15 ans,
07:00a eu la main arrachée par une grenade des encerclements,
07:06où cet autre élève qui a perdu la vue d'un oeil quand même,
07:11ça nous rappelle les gilets jaunes, c'est absolument insupportable à voir.
07:14Et cette répression policière, elle est insupportable.
07:17Moi, j'ai vu tout à l'heure, je crois que c'était sur BFM,
07:20les images de ce qui se passait cours de Vincennes.
07:22Qui étaient bloqués.
07:23Qui étaient bloqués, tout à fait, par une chaîne humaine de syndicalistes devant,
07:27des jeunes derrière, et les CRS qui arrivent et qui font monter la tension.
07:30– Oui, mais c'est normal qu'ils débloquent.
07:32– Mais pardon, là, c'est une accusation.
07:35Non, mais là, il y a un problème, c'est que si vous bloquez une route,
07:38c'est normal qu'à un moment donné, des policiers viennent la débloquer.
07:41Le cours de Vincennes, pour ceux qui ne connaissent pas,
07:43c'est un axe assez important parce qu'il mène au périphérique.
07:46Bref, il y a beaucoup de circulation le matin,
07:48notamment pour le trajet d'homicide-travail,
07:50donc on ne peut pas laisser l'axe bloqué.
07:52C'est le rôle des policiers.
07:53– Le maintien de l'ordre, c'est différent d'une manifestation,
07:56parce que moi, j'aimerais bien revenir sur la répression.
07:57– Non, la répression, ils ne viennent pas pour faire de la répression.
08:00Ils ne se disent pas, on va aller taper des gosses qui sont assis en train de…
08:05– Moi, j'ai vu des propos.
08:07– Ils se mettent à ce syndicaliste, ils sont juste en face d'eux.
08:09Ça ne va pas débloquer la route, on est d'accord.
08:11Si tu te mets en face avec ton pied, tu ne veux pas débloquer.
08:13– Ils viennent pour monter l'avancée des grenades et tu seras le premier à l'heure d'année.
08:16Moi, j'ai vu à une époque, ce qu'ils faisaient, c'est qu'ils venaient de voir,
08:18ils disaient, laissez passer un chemin, il y a des voitures et tout.
08:20Et normalement, si par exemple, tu as une ambulance…
08:22– Non, ils ne l'ont pas fait.
08:23– La chaîne, c'est pas…
08:24– C'est peut-être l'unez le problème.
08:26– Alors justement, si vous le permettez, il y a une doctrine répressive actuellement.
08:30– Alors justement, Louis, si vous le permettez,
08:31parce que, voilà, doctrine répressive,
08:33il y a un policier qui voudrait dialoguer avec vous,
08:35il s'appelle Gabriel, il est fonctionnaire de police dans le Val-de-Marne, je crois.
08:38C'est ça, bonjour Gabriel.
08:39– Bonjour Gabriel.
08:40– Est-ce que les interventions sont disproportionnées aujourd'hui ou pas ?
08:44Alors dites-moi, vous êtes dans une doctrine répressive ?
08:47– Pas du tout, je crois qu'on utilise mal les mots.
08:52J'ai écouté ce jeune homme et déjà, il faut savoir que l'essentiel des policiers
08:58sont pères de famille, on a des enfants qui pour certains sont lycéens
09:03et on comprend les revendications, ça c'est le premier point.
09:05Il est évident que l'éducation nationale dispose d'un budget qui est faramineux
09:09et qui est très mal utilisé, ça c'est le premier point.
09:12Donc nous, on n'a rien contre le fait que les lycéens manifestent.
09:16– Maintenant, moi je veux bien qu'il y ait des manifestations,
09:19en revanche, faut-il aussi respecter les règles de la manifestation,
09:23c'est-à-dire que la manifestation, c'est une liberté publique
09:27qui répond à des règles et que ces règles doivent s'appliquer.
09:30Là, le problème qu'on a, c'est qu'on a eu des blocages,
09:33le blocage est interdit, pourquoi ?
09:35Quand vous manifestez, vous empiétez sur la liberté individuelle des autres,
09:39c'est-à-dire qu'à un moment donné, vous les empêchez de circuler
09:41parce que vous bloquez des routes, et ainsi de suite.
09:44Donc c'est pour ça qu'il y a des règles et que c'est établi,
09:46qu'il y a un chemin, qu'il y a des organisateurs, et ainsi de suite.
09:48Là, c'est quelque chose de spontané.
09:50Je n'ai pas de problème avec ça.
09:51Néanmoins, vous ne pouvez pas bloquer les lycées, en fait.
09:53C'est-à-dire que vous avez des lycéens qui, eux, ne sont pas en accord
09:56avec ce que vous dites et qui veulent aller, eux, étudier.
09:59Donc, que vous manifestiez devant le lycée, il n'y a pas de problème,
10:02mais ne bloquez pas.
10:03Après, ça, c'est le premier point.
10:04Le second point, et c'est là où, en fait, je ne suis pas d'accord
10:06quand on parle de politique répressive.
10:08Au départ, effectivement, les manifestations se passaient plutôt bien.
10:11C'était bon enfant, il n'y avait pas de casse.
10:12Vous avez des groupes qui sont arrivés par la suite,
10:14et là, je rejoins parfaitement ce que dit ce garçon,
10:17et eux, ils sont débordés, malgré tout par ça,
10:19qui viennent pour casser.
10:20À partir de là, vous sortez du champ de la manifestation,
10:23vous rentrez dans des violences urbaines avec des armes armées.
10:25Ça devient des émeutes.
10:26Ce qui s'est passé avec la grenade, pourquoi la grenade a été lancée ?
10:29Déjà, il faut savoir que la grenade utilisée, une GM2L,
10:32ce sont des grenades qui ne sont tirées que sur ordre.
10:35Que sur ordre.
10:36Ce n'est pas des grenades comme les grenades électrémogènes
10:38qu'on lance pour nous repousser une charge ou autre.
10:41Ça n'a rien à voir.
10:41La GM2L, elle est faite parce qu'à un moment donné,
10:44on est censé tenir une position,
10:46et qu'on a une convergence de groupes violents
10:50qui viennent au contact ou qui lancent des projectiles.
10:53En l'occurrence, là, des cocktails Molotov.
10:54C'est ce qui s'est passé à Lens.
10:55C'est ce que vous dites, quoi, en fait.
10:57C'est ça.
10:57Exactement.
10:58Des gens qui ont une main arrachée en allant cueillir des fleurs,
11:01ça n'arrive jamais.
11:02Non.
11:03Encore une fois, c'est dommageable.
11:05Je vais rejoindre ce que disait tout à l'heure M. Ponfet.
11:08Une grenade qui arrive sur une main, ça n'existe pas.
11:11La grenade, elle est tombée au sol.
11:12Si elle a arraché la main, c'est qu'elle a été ramassée.
11:14Gabriel, juste pour vous dire, moi, dans votre façon de procéder, on l'avait étudié,
11:20en fait, normalement, quand vous tirez les grenades et vous tirez vers le sol,
11:24parce que c'est...
11:24Non, pas la GM2L.
11:25Non, pas la GM2L.
11:26Parce que la GM2L, en fait, c'est une grenade qui est tirée avec le Cougar.
11:29La grenade de l'encerclement, c'est autre chose.
11:31C'est une grenade qui est beaucoup plus petite.
11:32Parce que moi, j'ai un effet...
11:33Attendez, laissez-moi finir, Bruno.
11:34Oui, mais j'ai pas fini ma phrase.
11:35Mais bon, vous m'avez coupé avant, mais pas de problème.
11:37Oui, non, mais parce que je sais ce que vous allez dire,
11:39mais cette grenade-là, c'est parce que cette grenade-là, en fait,
11:42est tirée avec un Cougar.
11:43Et donc, automatiquement, elle a un tir courbe, comme les MP7.
11:45Donc, automatiquement, elle va y avoir un rebond
11:47et elle est faite pour être tirée à une distance de 50-100 mètres, grand maximum.
11:50La grenade de l'encerclement, c'est autre chose.
11:52C'est une grenade qui est beaucoup plus petite, avec un gros effet détonnant.
11:57Mais elle a une charge, comment dire, en...
12:00Alors, Gabriel, si vous le permettez, vous avez entendu,
12:03Louis, ce que dit ce policier.
12:06Je l'entends et j'ai rien de personnel contre vous, monsieur,
12:08ou contre tous les policiers, d'ailleurs.
12:10Mais je constate, en attendant, que...
12:13Alors, déjà, sur le cas précis dont vous parlez,
12:15je crois que l'enquête est en cours.
12:16Il faut attendre d'avoir les confirmations de l'enquête.
12:20Et de façon générale, actuellement,
12:22les lycéennes et les lycéens ont peur d'aller manifester.
12:24Et je parle pas des blocus.
12:25Je parle de la manifestation de tout à l'heure.
12:27Les lycéennes et les lycéens ont peur.
12:29Et quand, dans un pays, on a peur d'aller manifester,
12:31parce qu'on a peur pour son intégrité physique,
12:34ça n'est pas sain.
12:35Je ne sais pas, il y a peur des casseurs,
12:38mais il y a également une peur de la police.
12:42Jeune homme, j'entends ce que vous dites.
12:44Moi, pour des manifestations après,
12:45je réagirais sur le fait que, soi-disant,
12:47on est mal formés, ce qui est absolument faux.
12:50Je rejoins ce que vous dites.
12:51Effectivement, vous ne devriez pas avoir peur
12:52d'aller manifester.
12:54mais toutes les manifestations auxquelles j'ai encadrées,
12:56moi, auxquelles j'ai participé,
12:58s'il n'y a pas de violence,
13:00s'il n'y a pas de dégradation,
13:01il ne se passe jamais rien.
13:02Mais il y a des manifs où ça se passerait bien.
13:04À partir du moment où il y a des dégradations,
13:07à partir du moment où vous emprounez aux forces de police,
13:09à partir du moment où vous pillez des boutiques,
13:13vous sortez du champ de la manifestation
13:14et on bascule dans le maintien de l'ordre public
13:17et donc dans la répression des violences urbaines.
13:19Il est là le problème, en fait.
13:21Mais Gabriel, est-ce que vous pouvez nous rappeler
13:25le dispositif policier pour l'avenue du Pape en France ?
13:29C'était combien d'effectifs ?
13:31C'était énorme.
13:33J'y ai participé, je crois qu'on était près de 10 ou 12 000 fonctionnaires.
13:36Combien il y a eu d'accidents ?
13:38Non mais alors, c'est pas le cas qui...
13:40C'est absolument pas comparable, monsieur.
13:43Non mais c'est pas les vaches avec une rose.
13:45Non mais c'est rien à voir.
13:48Ce qui nous est, c'est Gabriel.
13:49C'est qu'à un moment donné, il y a une manifestation qui est pacifiste
13:53avec beaucoup de monde et il n'y a pas de matière de l'ordre d'affaires
13:55et que là, devant un lycée où il y a 10 policiers, 15 jeunes,
14:00il peut y avoir des affrontements.
14:01Aucun jeune ne dit « j'ai peur des casseurs ».
14:03Ça, c'est grave.
14:04Les affrontements, il y en a qui le dit, non ?
14:07Les affrontements, quand ils ont lieu...
14:11Les affrontements, quand ils ont lieu...
14:14Laissez le finir, l'ancien, là.
14:15Va labourer le parking de Super U en disant que tout est normal.
14:19Vous me faites rigoler.
14:20Les affrontements, quand ils ont lieu...
14:22Les manifs, c'est une manif, c'est juste !
14:23On peut, c'est juste.
14:24Non, non, il y a des manifs où il n'y a pas de casse.
14:26Non, attends, il parlait du pape.
14:27À quel moment tu peux parler de ça ?
14:28Non, mais il y a des manifs.
14:28Tu sais qu'au sein de l'ordre, il n'y a pas de casse.
14:31Et puis hier, au sein de France, le match du foot s'est bien passé.
14:34Je peux arrêter de crier.
14:35Il y a des manifs.
14:36Il y a des manifs chaque jour qui se passent bien sans casse.
14:38Ah oui, manifs chaque jour sans casse ?
14:53D'une part, je suis d'accord avec monsieur.
14:55Je crois qu'on ne peut pas comparer la visite du pape avec une manifestation.
14:58Qui plus est, une manifestation où, en ce moment, il y a un climat de tension.
15:01Monsieur, excusez-moi, je vais finir ma phrase.
15:05Je trouve ce débat absolument problématique dans la mesure où, en fait,
15:09tout ça, ça occulte nos revendications.
15:11Quand est-ce qu'on va parler de la santé mentale ?
15:14Quand vous ferez du ménage dans vos manifestations.
15:16Mais comment ça, quand vous ferez du ménage, monsieur,
15:18vous croyez qu'on contrôle qui vient dans nos manifestations ?
15:19Vous n'êtes pas de la police ?
15:21Quand vous n'avez pas de service dents, c'est des gamins.
15:22En fait, on va mettre la police.
15:24Quand nous on pénaliser le service dents, arrêtez de leur...
15:27Ce n'est pas la cause de tous les problèmes, ils font ce qu'ils peuvent déjà.
15:29Et actuellement, il y a un climat de tension dans notre pays
15:31et que tout ça alimente une division entre les jeunes, d'une part,
15:37et des personnes qui, pensant que les jeunes n'aiment pas les...
15:42Enfin, il y a une attaque qui est faite en ce moment sur le pacte générationnel.
15:46Et moi, ça m'attriste beaucoup, je trouve.
15:49Alors, je vous remercie.
15:51Je vous remercie d'avoir dialogué avec Gabriel, le fonctionnaire de police,
15:54et je vous remercie d'avoir été avec nous.
15:56Il y a une accusation aussi qui revient souvent contre votre mouvement,
15:59c'est de se laisser infiltrer par la France insoumise.
16:02C'est-à-dire de prendre vos ordres auprès d'LFI,
16:05et d'avoir les gens d'LFI qui viennent faire un peu d'agitation.
16:08Qu'est-ce que vous répondez à ces critiques ?
16:09Moi, à titre personnel, mon organisation, les lycéens,
16:12elle est absolument apartisane, apolitique.
16:15Et je crois que chaque parti politique a le droit de se placer sur les questions d'éducation,
16:21que c'est une question qui est intensément politique,
16:24et que en ça, chacun, chaque acteur politique a le droit de donner son avis.
16:28Sur la France insoumise en particulier,
16:30je ne crois pas qu'il y ait d'infiltration, comme vous le dites,
16:34et je crois que d'ailleurs, supposer qu'il puisse y en avoir une,
16:38ou que ça marche,
16:41parce que les lycéennes et les lycéens, en fait,
16:43ils sont capables de penser par eux-mêmes.
16:45Et dire ça, c'est aussi laisser penser qu'on a des jeunes
16:49qui ne seraient pas capables de penser par eux-mêmes.
16:52Et ça, c'est absolument insupportable, je trouve.
16:54Merci.
16:55J'ai une dernière question, bonus.
16:57Vous êtes à Sciences Po, c'est ça ?
16:59Bordeaux, oui.
17:00Vous voulez faire de la politique plus tard ?
17:01Je ne sais pas, je ne sais pas.
17:03Une question piège, c'est...
17:05Fais ministre de l'Intérieur, ça change un peu des doctrines actuelles.
17:08Là, vous allez aller manifester tout à l'heure.
17:09Oui, vous serez de quel côté de votre cortège ?
17:12Vous rejoindrez vos petits camarades.
17:14En CRS.
17:16A priori, je serai avec des organisations étudiantes.
17:20Ok.
17:20Merci beaucoup, Louis Le Toublon.
17:21Je rappelle que vous êtes vice-président de l'organisation Les Lycéens.

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