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  • il y a 7 semaines
Aujourd'hui, c'est au tour de Jean-Laurent Cassely, journaliste, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:05Ça s'appelle Nous les Français, raconter la France comme les politiques ne le feront jamais.
00:10C'est en infographie, c'est en images, c'est aux éditions Robert Laffont, c'est Gérald Dandrieux,
00:14Jean-Laurent Cassely, Laure Coromine, Franck Dedieu, Laureline Dupont et Raphaël Lorca.
00:19Et c'est Jean-Laurent Cassely qui est avec nous.
00:22Bonjour Jean-Laurent.
00:23Bonjour les Gégés.
00:24Il paraît que ce livre, les politiques se l'arrachent.
00:26Pourquoi ? Parce qu'en fait, vous avez décidé, pour mieux comprendre la France politique,
00:31à quelques mois de la présidentielle, d'aller regarder le comportement des Français
00:35dans leur vie quotidienne, leur consommation, ce qu'ils font, ce qu'ils lisent, etc.
00:41Où ils habitent, quels sont leurs loisirs, leurs peurs, le sport, la culture.
00:45Et c'est comme ça qu'on arrive à comprendre, à quelques mois de la présidentielle, qui sont les électeurs
00:51?
00:51Oui, vous l'avez très bien résumé.
00:52Mais en fait, notre pari, c'était de faire un livre à l'approche de la campagne présidentielle
00:57sans parler jamais de politique, sans mesurer les sondages,
01:01sans parler de la gauche, la droite, le centre.
01:03On voulait vraiment faire un détour, partir par la vie quotidienne des Français,
01:07les gens qui sont à vélo ou en voiture, les gens qui mangent dans les fast-foods, dans les grands
01:10restos,
01:11les gens qui font du running ou de l'escalade, etc.
01:14Il y a un portrait type des Français ou pas ?
01:16Il y a un portrait type du Français ?
01:17En fait, vous savez, on disait, le Français moyen, il a tel âge, il s'appelle comment ?
01:21On parlait du Français moyen.
01:23Alors déjà, c'est une Française moyenne, parce qu'il y a plus de Françaises que de Français.
01:26Elle a une quarantaine d'années, elle gagne peut-être 2000 à 2500 euros net par mois.
01:30Mais une fois qu'on l'a dit ça, c'est des moyennes.
01:32Ça ne nous a pas enseigné grand-chose sur qui sont les vrais gens, j'allais dire.
01:35Et en fait, nous, notre pari, c'est de dire, pour les lecteurs, qui sont aussi des électeurs,
01:39mais aussi pour le personnel politique, on va faire une sorte de mise à jour de ce qu'est la
01:42France,
01:42au-delà justement des clichés et des idées reçues qu'on a parfois nous-mêmes, d'ailleurs, sur ce qu
01:46'on est en tant que peuple.
01:47Par exemple, le rap, le rap est autant écouté à la campagne qu'en ville, contrairement à ce qu'on
01:52pourrait penser.
01:53Ce n'est pas seulement une musique urbaine.
01:54Non, et puis on l'a vu pendant les JO, les différentes chansons qui représentaient la France,
01:59finalement, de France Gala à Yannakamura, en passant par la French Dutch et la Marseillaise.
02:04Et Céline Dion, bien sûr, comment l'oublier ?
02:06On a vu que c'était finalement un paysage assez divers.
02:09Si vous voulez faire la playlist de la France, j'allais dire, il n'y a pas qu'une seule
02:12chanson qui va mettre tout le monde d'accord.
02:14Donc la France est un pays très fragmenté ?
02:16Alors, là, on parle de goûts musicaux, on parle aussi des séries préférées des Français.
02:20Évidemment, à l'heure de Netflix, on n'est plus, à l'époque, on regardait Santa Barbara ou Commissaire Maigret.
02:25En famille, plus belle la vie.
02:27Ou plus belle la vie, plus récemment.
02:29Il y a plus de mille séries que regardent les Français.
02:33Donc, évidemment, au-delà du top 3, la Casa de Papel, Game of Thrones et Breaking Bad, dans mon souvenir,
02:39les Français regardent des séries différentes.
02:41Après, ils regardent tous des séries.
02:42Deux Français sur trois regardent des séries.
02:44Donc, on pourrait se dire, c'est un très bon exemple de, oui, on est divisé, on est fracturé.
02:47On ne regarde pas les mêmes séries, mais on regarde tous des séries.
02:50Vous voyez ce que je veux dire ?
02:50Est-ce que la France, c'est le pays de Nicolas qui paye ?
02:54Alors, très gros sujet, le ras-le-bol fiscal.
02:56Parce qu'on en avait, ça a fait une discussion et un clash mémorable entre Charles Consigny et Jean-Luc
03:03Mélenchon, ici.
03:03Alors, est-ce que la France, c'est Nicolas qui paye, effectivement ?
03:05Alors, c'est clair.
03:06Il y a un article sur Nicolas qui paye dans le livre, évidemment, parce que ce Nicolas qui paye, maintenant,
03:10tout le monde sait qui c'est.
03:12On pourrait dire que c'est le français fictif.
03:13On parlait du français moyen.
03:14C'est le français fictif dans lequel on est censé, toutes et tous, se reconnaître,
03:18qui en a marre de payer trop d'impôts, trop de charges sur sa feuille de salaire,
03:22qui est plutôt récupéré par les candidats de droite,
03:24voire à l'extrême droite, avec Sarah Knafo, qui vient de sortir un livre là-dessus.
03:28On voit que ça cartonne.
03:29Donc, oui, je pense que, finalement, ça dit quelque chose de nos préoccupations.
03:32Il n'y a pas que les questions identitaires, les questions fiscales, économiques sont en train de monter très fort.
03:36Donc, oui, c'est un sujet préoccupant, clairement.
03:37En lisant ce livre, on voit quand même qu'il y a un décalage entre le pouvoir politique et le
03:42pays réel, comme on l'appelle.
03:44Il y a un chiffre, moi, que j'ai retenu, je trouve assez spectaculaire.
03:47C'est que si la France avait la même sociologie que l'Assemblée nationale, que ses députés,
03:53elle compterait 51 fois plus d'avocats.
03:55Oui, et je crois qu'il y aurait 3 millions de journalistes contre 50, 80 000.
03:59C'est mon camarade Gérald Andrieux qui s'est amusé à refléter la France si elle ressemblait à l'Assemblée
04:04nationale.
04:05On voit le décalage entre les représentants et les représentés.
04:07Oui, alors il y a toujours eu quand même une forme d'élite culturelle, économique,
04:12qui a dirigé le pays, évidemment.
04:15Mais c'est vrai qu'on sent qu'aujourd'hui, avec la multiplication des médias, des réseaux sociaux,
04:19les Français ont les capacités de s'exprimer.
04:20Et je pense qu'ils vivent de plus en plus mal le verrouillage de la parole et du pouvoir par,
04:25entre guillemets, des élites.
04:27Et pour aller dans ce sens, il y a un autre chiffre, moi, que je trouve assez parlant.
04:30C'est avec les ministres.
04:31Le gouvernement Attal a parcouru en moyenne 522 kilomètres avant d'arriver au gouvernement,
04:36contre plus de 2000 kilomètres pour le gouvernement Morois.
04:39On avait donc des ministres qui étaient des élus locaux, qui avaient parcouru la France, etc., les territoires.
04:45Et aujourd'hui, on a des ministres souvent hors sol.
04:48Oui, à l'heure des marcheurs, finalement, on se rend compte que les ministres des gouvernements successifs de l'ère
04:53Macron,
04:53on peut marcher, entre guillemets, puisqu'ils viennent plutôt de Paris ou de la banlieue parisienne,
04:57et pas forcément de, entre guillemets, la France profonde ou celle des banlieues.
05:00Et puis la France vient à eux via les portables aussi.
05:03Pardon ?
05:04Je dis la France vient à eux aussi via les nouveaux outils numériques aussi.
05:08Mais en lisant votre livre, on se rend compte qu'un tiers du pays est vide.
05:14Oui, oui.
05:1530% de la France n'est pas occupée, n'est pas habitée.
05:18Oui, oui.
05:19En fait, on a une concentration des gens dans les grandes villes, dans les métropoles.
05:22Et c'est vrai que là, on va reparler aussi de la crise du logement en cette rentrée.
05:26On voit qu'aussi, c'est une question de pression sur les quelques lieux dans lesquels tout le monde veut
05:29habiter,
05:30parce que c'est là qu'il y a du travail, c'est là qu'il y a des hôpitaux,
05:32c'est là qu'il y a les bonnes écoles.
05:33On sait que c'est très important d'avoir la bonne adresse.
05:35Donc, les gens se concentrent dans les villes et une partie de notre territoire, on n'y pense pas forcément.
05:39C'est un territoire rural, c'est un territoire montagneux aussi.
05:41Et c'est un territoire qui, oui, de fait, est vide.
05:44Donc, on est tous la diagonale du vide.
05:45Et quand on traverse la France, par exemple, en TGV, on sait aussi qu'il y a beaucoup d'endroits
05:49qui sont très, très, très peu denses.
05:50Et malgré le, j'allais dire, le revival de la campagne depuis le Covid,
05:56le phénomène marquant, c'est quand même que les gens se concentrent quand même dans les villes.
05:59Didier Giraud.
06:00Écoutez, moi, j'habite dans cette diagonale du vide.
06:02J'aimerais revenir sur un sujet, enfin, un article, du coup.
06:06C'est le combat entre Master Poulet et le canon français.
06:09C'est un peu dans ce qu'on vient de dire là.
06:11Moi, dans votre analyse, ça me gêne un peu que dans votre analyse, vous en faisiez un marqueur politique.
06:19Grosso modo, dans votre analyse, on dit que les gens qui vont à Master Poulet,
06:23c'est plutôt des gens de banlieue, périphériques,
06:26qui ont des propensions à volonté à l'extrême gauche,
06:29quand les gens qui vont au canon français sont plutôt repris et colonisés par l'extrême droite.
06:34Moi, j'en fais une autre analyse.
06:37Alors, sur Master Poulet, j'en connais peu.
06:39Ce que j'en ai compris, les gens qui vont là-bas, certes, ils sont de banlieue.
06:43C'est aussi des gens qui, depuis plusieurs décennies,
06:47on leur a expliqué que manger était un besoin primaire,
06:50comme respirer, boire, dormir.
06:53Et du coup, ils en ont analysé que c'était un besoin gratos.
06:57Et donc, ces gens-là vont au moins en franc, en termes de prix, pour se nourrir.
07:02Et derrière ça, dans le canon français, je trouve qu'il y a une démarche,
07:06mais qu'il y a une démarche qui était à l'origine des Gilets jaunes.
07:09C'est des gens qui se sentent délaissés, abandonnés de la République,
07:13dans des territoires où ils ont besoin de revendiquer quelque chose,
07:18avec un sentiment de fort déclassement.
07:21Et ça, ce n'est pas qu'un sentiment.
07:23Quand il faut 8 mois pour obtenir un rendez-vous chez l'oculiste,
07:27ou 10 ou 11 mois pour obtenir un rendez-vous à l'IRM ou chez le cardiologue,
07:31et bien, à un moment donné, ce sentiment-là,
07:33il se traduit en une espèce de fierté à se rassembler
07:38et à vouloir faire exister les valeurs de ce territoire-là.
07:42Et du coup, je ne crois pas qu'on puisse faire une analyse politique
07:46de ces deux phénomènes qui s'affrontent.
07:47Alors, en fait, c'est vrai qu'on a fait ce choix.
07:49On aurait pu parler de l'aspect nutritionnel, du modèle agricole,
07:54mais c'est vrai que Masterpoulet et Canon français
07:55sont des événements qui, tous les deux, ont fait l'objet d'une base d'armes
07:59entre un élu de la République, un maire,
08:01Karim Boamran à Saint-Ouen et Isabelle Assis,
08:03et je me rappelle bien, à Quimper,
08:05en essayant de faire interdire ces événements.
08:08Donc, on est quand même forcés,
08:09et je suis tout à fait d'accord avec vous,
08:11je suis contre la politisation de l'alimentation
08:13en disant « le kebab, c'est de gauche »
08:15ou « l'entrecôte, c'est de droite », etc.
08:18Je pense qu'il ne faut pas…
08:19– Pourtant, ça existe désormais.
08:21– Oui, ça existe.
08:22– Non, mais les politiques l'ont récupéré.
08:24– Mais je ne crois pas que les gens qui vont au Canon français,
08:27ils vont revendiquer leur appartenance au Rassemblement national.
08:30Par contre, ils revendiquent d'être dans un territoire oublié,
08:32abandonné, et ils revendiquent quelque chose
08:36qui est en train de se perdre.
08:37– Oui, en fait, on essaie d'expliquer à travers ces exemples
08:41comment finalement des attributs qui sont liés à la consommation,
08:44à la nourriture, aux vêtements qu'on porte,
08:45disent quelque chose de nous, de nos aspirations et de nos peurs.
08:48C'est comme ça qu'il faut le prendre.
08:49– C'est ça que j'ai trouvé intéressant.
08:51Moi, je trouve que votre ouvrage, c'est vraiment une bouffée d'air frais.
08:55J'ai trouvé ça beaucoup plus intéressant
08:56que tous les livres programmatiques politiques.
09:00Moi, j'aime l'idée de partir du minuscule pour aller vers la majuscule,
09:03c'est-à-dire partir des petites habitudes des Français,
09:06pas pour comprendre le français aujourd'hui,
09:08mais pour comprendre les grandes transformations de demain.
09:12Être visionnaire, tout simplement.
09:13Et aussi, le côté que l'on voit au travers de votre ouvrage,
09:16qu'il n'y a pas qu'un type de français,
09:19qu'un modèle de français, c'est très diversifié.
09:21Et on voit que pour certains, être français, c'est superbe.
09:24Pour d'autres, être français, c'est un combat de tous les jours.
09:27Et pas forcément que sur le sujet des discriminations.
09:29Il y a cette anecdote où vous dites que la ville de Valenciennes
09:32est la ville en France où on meurt le plus jeune en France.
09:35Donc, c'est quand même quelque chose qui fait froid dans le dos.
09:38Mais j'ai deux questions qui sont paradoxales,
09:40justement avec l'avis négatif que j'ai.
09:42Ne pensez-vous pas, un petit peu dans l'esprit de ce que disait Didier,
09:45que les comportements ne deviennent des étiquettes politiques, en fait,
09:49et sont un vecteur de raccourci, premièrement.
09:51Et deuxième question, le titre s'appelle « Nous Français ».
09:54Mais à partir du moment où les Français sont tellement différents,
09:57peut-on parler du « Nous Français » encore aujourd'hui ?
09:59C'est possible encore le « Nous ».
10:00Je pense que vous avez pointé exactement là où ça fait mal.
10:03Enfin, le paradoxe, pourquoi on a voulu appeler ce livre « Nous ».
10:05Parce qu'on sait qu'il y a des discours sur la fragmentation.
10:08On sait que les Français ne lisent pas la même réalité tous les matins
10:11quand ils se lèvent en fonction du lieu où ils habitent.
10:15Évidemment qu'on le sait.
10:16Et on entend aussi, depuis une dizaine d'années, ce discours s'installer
10:19selon lequel il n'y aurait plus de « Nous », il n'y aurait plus de commun.
10:21Et nous, ce qu'on a voulu faire, c'est dire, sans angélisme,
10:24ce n'est pas « Tout va bien ».
10:26Si on avait gagné la Coupe du Monde, on aurait eu des images de Liège, de la France.
10:29Et puis, un an plus tard, le Rassemblement National aurait pu gagner l'élection présidentielle.
10:32Ça n'aurait pas été du tout la même image.
10:33Donc, évidemment qu'on a des divisions, et aussi sur des sujets politiques profonds.
10:37Mais on a aussi, dans des habitudes du quotidien,
10:40des manières d'être Français qui peuvent être communes le matin, l'après-midi ou le soir.
10:43C'est tout le paradoxe, en fait. On n'est ni unis, ni divisés.
10:46On est les deux, quoi.
10:47Mais alors, ça veut dire qu'on est fragmentés et divisés,
10:49mais qu'on aimerait être réunis.
10:51Donc, en fait, ça veut dire que l'enjeu de la bataille présidentielle,
10:55c'est de refaire ce « Nous », c'est celui qui arrivera de nouveau
10:59à proposer un projet collectif majoritaire.
11:02Exactement. J'allais dire, c'est celui qui va proposer le meilleur « Nous »,
11:04ou le plus grand « Nous », le plus inclusif, le plus large.
11:07En fait, ce « Nous », c'est une projection.
11:09On parlait du Français moyen.
11:10On n'est pas tous pareils, on n'a pas besoin de tous être pareils,
11:14de faire tous exactement la même chose,
11:15mais on a besoin de se projeter dans un récit
11:17qui nous emmène toutes et tous.
11:19Donc, finalement, vous êtes moins pessimiste que d'autres,
11:21parce que beaucoup disent que la France n'existe plus,
11:24que ça y est, c'est trop fragmenté.
11:25Ce sera la guerre civile au deuxième tour.
11:28On parle de séparatisme, etc.
11:30Vous, vous dites non, il y a encore moyen de réunir tout le monde ?
11:33Oui, bien sûr, sur les questions comme l'éducation, sur la santé,
11:36sur des questions qui ont l'air plus anecdotiques,
11:38comme encore une fois, les loisirs.
11:41On a parlé de l'alimentation, la convivialité,
11:43le fait de manger ensemble, dans les fast-foods.
11:45Alors, la France est tapissée de fast-food.
11:47Donc, on pourrait dire, le repas à la française,
11:50gastronomique, ça n'existe plus, on a été américanisé, etc.
11:52Oui, mais en même temps, le génie français,
11:54c'est que dans un kebab et un McDo,
11:56on a une manière française de manger.
11:57C'est-à-dire, on s'assied à table,
11:58ce qui n'arrive dans aucun autre pays.
12:00Dans les McDo, ailleurs dans le monde, on ne s'en voit pas.
12:03Joël, Joël Dagocieri.
12:04Non, moi, j'ai trouvé le livre vraiment intéressant.
12:06Je m'attendais à quelque chose qui me fasse découvrir la France.
12:08Parce que, mine de rien, on ne se connaît pas si bien que ça.
12:12Entre nous, ce que je veux dire, c'est que,
12:14moi, je suis une urbaine, des grandes villes.
12:17Je peux à peu près comprendre le comportement d'un Lyonnais,
12:19d'un Bordolais, d'un Marseillais, etc.
12:21Mais d'un Didier Giraud, beaucoup moins.
12:22Mais d'un Didier Giraud, oui, d'envoi.
12:24Un rural qui est dans la fast fashion, tu arrives à comprendre.
12:26Mais d'un Didier Giraud, oui, beaucoup moins.
12:30Et donc, quelque part, on voyage beaucoup
12:31parce qu'on va la rencontrer et on rentre aussi en empathie.
12:34Comme disait le passage qu'a relevé Abel sur Valenciennes,
12:37on rentre en empathie en se disant,
12:38mais mon Dieu, mais qu'est-ce qui se passe là-bas ?
12:40Pour Valenciennes, c'est quand même une ville.
12:41Ce n'est pas non plus la campagne.
12:44Donc, dans ce sens-là, vraiment, j'ai trouvé que votre bouquin,
12:46il est vraiment très intéressant.
12:48Mais là où je ne suis pas d'accord avec vous
12:49et comment vous l'avez présenté,
12:50c'est quand vous avez dit qu'il n'est pas politique
12:53et il ne rentre pas dans les clichés.
12:55Et là, moi, désolée, mais je suis quelqu'un
12:58qui m'attache beaucoup à la façon dont on parle
13:00de l'argent en France,
13:02de la création de richesses en France,
13:04du pouvoir d'achat.
13:05Et il y a une partie dans votre livre
13:07où vous parlez du jour du dépassement capital,
13:10du capitalisme, je ne m'en prie plus du terme.
13:12Donc, en fait, c'est le jour à partir duquel
13:13on travaillerait pour les actionnaires.
13:16Et votre façon de le présenter,
13:17là, désolée, moi, j'ai trouvé que c'était un peu politique,
13:20politique de gauche, on va dire,
13:21et un peu dans les clichés,
13:23c'est-à-dire que vous retombez dans ce truc de,
13:26en gros, on confisque l'argent des salariés,
13:30les prélèvements qu'on vous...
13:31C'est très suspect, l'argent des actionnaires,
13:33alors que les actionnaires, c'est quoi ?
13:34C'est quelqu'un qui a pris un risque,
13:35qui a mis son argent dans une entreprise
13:37et qui, soit le risque, il est mauvais,
13:39il a perdu de l'argent,
13:40soit il a eu du nez
13:42et finalement, il récupère son argent
13:45alors qu'il aurait pu le mettre ailleurs.
13:46D'autant plus qu'en général,
13:48ces gens-là, quand ils récupèrent de l'argent,
13:49ils réinvestissent.
13:50Donc, en fait, ça nourrit
13:53l'innovation et l'entrepreneuriat.
13:56Donc, je n'ai pas très bien compris.
13:57Je me suis dit, là, quand même,
13:58il y a un parti pris politique,
13:59c'est-à-dire qu'on vient dépeindre,
14:00encore une fois de plus...
14:02Votre livre est de gauche ?
14:03Il est de gauche.
14:04Alors, je vais répondre à ça.
14:05Il y a 100 articles.
14:06Il y a 100 double pages.
14:08Vous n'avez pas eu le temps.
14:08Même moi, je n'ai pas encore tout lu en détail.
14:11Je suis d'accord.
14:12Je vais les défendre
14:13parce que nous, les auteurs,
14:14on est aussi divers.
14:16On n'est pas toujours d'accord sur tout.
14:18Et on a voulu aussi assumer le fait
14:19que chacun ait sa sensibilité.
14:21Et pour répondre sur le fond,
14:22parce que vous avez raison
14:23de poser la question de l'argent,
14:24vous avez vu qu'il y a quand même,
14:25même s'il y a 100 exemples différents,
14:26il y a quand même des grandes thématiques.
14:28C'est comme une série de Netflix.
14:29Il y a des grands axes narratifs.
14:30Il y a l'insécurité, le bien-être.
14:32Et il y a aussi l'économie,
14:33le pouvoir d'achat, l'argent.
14:34Et effectivement, on se rend compte
14:35du paradoxe français
14:36à la fois contre les plus riches,
14:38les plus aisés.
14:38Et en même temps, je dirais,
14:40ils ne sont pas contre l'économie de marché.
14:42Au contraire, les entrepreneurs,
14:43les influenceurs qui les aident
14:45à gagner de l'argent
14:45n'ont jamais été aussi populaires.
14:47Donc là, encore une fois,
14:48il y a un vrai paradoxe.
14:49Oui, mais le paradoxe,
14:49c'est aussi que les Français,
14:51on a l'impression
14:51qu'ils ne profitent pas du système.
14:53Alors qu'on a un système,
14:55certes imparfait,
14:56mais de redistribution
14:57un peu unique au monde.
14:58On a l'un des systèmes
14:59les plus redistributifs au monde.
15:01Et ça, c'est factuel, c'est prouvé.
15:03Et pourtant, les Français
15:03ont l'impression
15:04d'être perdants de ce système.
15:05C'est-à-dire que c'est toujours
15:06le voisin qui en profite
15:07et jamais soi.
15:08Et ça, c'est quand même,
15:09à mon avis,
15:10ça explique aussi parfois les colères.
15:12Oui, oui.
15:12En fait, il y a l'idée
15:13que l'État, les services publics
15:15pour les Français
15:16et donc aussi les impôts,
15:17c'est sacré,
15:18mais pas quand ça tombe sur nous.
15:20Donc on voit dans toutes les études,
15:21tous les sondages,
15:22ce paradoxe.
15:22À la fois, on veut être protégé,
15:24on veut préserver
15:26le système de santé,
15:26le système de retraite,
15:27mais en même temps,
15:29cette mentalité, finalement,
15:30vous avez raison,
15:31d'entrepreneur un peu libéral
15:32des années Macron,
15:33elle a aussi infusé
15:35dans la société française
15:35et je pense que les gens
15:37ont aussi envie
15:39de cette réforme
15:40du système entre guillemets,
15:42donc ils sont très paradoxaux.
15:44Vous savez pourquoi,
15:44parce qu'on va en parler
15:45tout à l'heure
15:46avec On cherche de l'argent partout,
15:47mais vous savez pourquoi
15:48les Français épargnent autant ?
15:49Vous l'avez compris
15:50avec ce livre ?
15:51On parle de précaution.
15:53Oui, on parle aussi beaucoup
15:56de la France des propriétaires.
15:57Vous savez que la France
15:58a une passion pour la propriété.
16:00C'est encore le cas,
16:01y compris chez les jeunes,
16:02contrairement à ce qu'on entend parfois,
16:03mais la grande frustration française,
16:05c'est qu'on est dans un moment,
16:06je reviens justement aux grandes villes,
16:07où c'est devenu difficile,
16:09voire impossible,
16:10d'accéder à ce rêve de la propriété.
16:11Donc pour moi,
16:12épargne propriété,
16:13ça veut dire quand même
16:13dans un monde instable,
16:15un système économique
16:16qu'on a du mal à comprendre,
16:17on essaie effectivement
16:18de faire tout ce qu'on peut
16:19pour se protéger.
16:20Le français reste un paysan en fait.
16:22Est-ce qu'il est mobile le français ?
16:24Est-ce qu'il déménage le français ?
16:26C'est le paradoxe.
16:27Il est extrêmement mobile
16:28si je le prends
16:28entre 8h et 10h du matin
16:30pour aller au travail,
16:31parce qu'il fait beaucoup de kilomètres
16:32en voiture,
16:33plus que les ministres.
16:34Plus que les ministres, exactement.
16:36Alors parfois,
16:37il se déplace en vélo cargo,
16:38je dis ça,
16:38parce qu'il y a une entrée
16:39sur le vélo cargo,
16:39mais majoritairement en voiture.
16:41En tout cas,
16:41vous avez raison,
16:42le paradoxe,
16:42c'est que ce déplacement,
16:44il déménage moins qu'avant.
16:46Oui, parce que le vélo cargo,
16:48c'est de gauche ?
16:49Je pense qu'on sera tous
16:50à peu près d'accord
16:51sur ce que ça représente,
16:52alors même que des gens de droite
16:53peuvent rouler à vélo cargo.
16:54Je peux vous dire,
16:56moi j'habite dans un arrondissement
16:57où ça vote bien à droite,
16:58il y a beaucoup de vélo cargo,
17:00donc c'est pour ça
17:00que je voulais tordre le cou
17:01à une idée aussi.
17:02Et puis un dernier mot,
17:04j'ai appris que les Français
17:06adoraient les films d'horreur.
17:07Oui, oui, oui.
17:08Ça, je ne pensais pas,
17:10je pensais qu'on était plus comédie,
17:11mais non,
17:11le Français est femme
17:12de films d'horreur.
17:13On aime aussi se faire peur,
17:14même si des comédies
17:15comme Les Bronzés Fondusky,
17:16Le Père Noël Chine-Ordure,
17:17Intouchable,
17:18restent au box-office
17:19les films d'après-midi.
17:20D'ailleurs, dans les films
17:21comme dans les jeux vidéo.
17:23Merci, merci.
17:24Jean-Laurent Cassis,
17:25c'est un livre qu'on vous conseille
17:26en pleine campagne présidentielle.
17:28Justement,
17:29nous, les Français,
17:30c'est raconter la France
17:30comme les politiques
17:31ne le feront jamais.
17:32C'est en infographie,
17:33c'est en images,
17:34c'est aux éditions Robert Laffont.
17:35C'est passionnant,
17:36je vous le conseille.
17:36Merci d'être passé
17:37par les GG,
17:39par les grandes guerres.

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