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  • il y a 16 heures
Ce lundi 5 octobre, Yves Metz, président d'Ingérop et de Syntec-Ingénierie, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Bonjour Yves Metz.
00:05Bonjour.
00:05Merci d'être avec nous, vous êtes président d'Ingerop et Sintec Ingénieurie,
00:09c'est une fédération professionnelle qui regroupe quelques 400 sociétés d'ingénierie.
00:13Ingérop c'est une ETI d'ingénierie spécialisée dans la construction
00:17et vous multipliez les acquisitions en Europe.
00:20C'est quoi votre ambition ?
00:22Notre ambition c'est de continuer à consolider le marché
00:27et puis d'être un véritable acteur de l'ingénierie européenne
00:32avec un équilibre entre nos différents marchés.
00:35Le seul moyen de grandir c'est la croissance externe ?
00:38Nous faisons les deux, croissance organique, croissance externe.
00:43La croissance externe nous permet d'aller plus rapidement sur de nouveaux marchés
00:49et nous permet également de renforcer nos expertises en France
00:52puisque nous réalisons ces croissances autant en France que dans les pays limitrophes.
00:58Comment est votre marché compte tenu des difficultés budgétaires
01:01et surtout de l'instabilité politique qu'on connaît en France ?
01:05Alors déjà, comme on vient de le dire,
01:08le fait de pouvoir aller également à l'international
01:10crée un certain équilibre entre plusieurs pays.
01:12Donc nous ne dépendons pas que de la France
01:15même si elle représente encore les deux tiers de notre activité.
01:19Les dernières années ont plutôt été assez dynamiques.
01:22C'est peut-être, je ne sais pas, un effet post-Covid
01:24mais en tout cas, il y a eu un véritable dynamisme ces dernières années
01:29depuis plus d'un an, effectivement, avec la succession de gouvernements,
01:33avec des finances publiques qui sont assez contraintes.
01:37Aujourd'hui, le marché se retourne plutôt.
01:40Nous maintenons encore, j'allais dire, une croissance cette année.
01:43En fait, notre métier est un métier qui a beaucoup de sens
01:47et qui apporte beaucoup de solutions aux grandes transitions.
01:49Des grandes transitions énergétiques, grandes transitions environnementales.
01:54Elles ont besoin, pour réaliser ces transitions-là,
01:57nous avons besoin de sociétés d'ingénierie comme les nôtres
02:00qui apportent des solutions.
02:02Même si le marché se tend un peu,
02:05nous sommes là pour être une partie de la solution pour les décideurs.
02:08Oui, parce que vous parlez de l'instabilité politique
02:10mais il y a aussi ce budget qui vient d'être présenté.
02:13On a vu le patron du MEDEF qui chiffrait à 20 milliards
02:16les hausses d'impôts pour les entreprises.
02:19Roland Lescure lui a répondu dans la presse ce week-end,
02:21non, c'est 10 milliards.
02:22Est-ce que vous, vous avez chiffré l'impact sur votre métier ?
02:25Est-ce que ça vous inquiète ?
02:26Et quelles conséquences ça peut avoir sur votre business ?
02:29Je vais dire qu'il descend encore trop tôt pour chiffrer
02:31les conséquences que l'on pourrait avoir sur notre business.
02:33On est, comme vous le disiez, sur un projet de budget.
02:35Il faut encore attendre que tous les dialogues parlementaires
02:39permettent de, on va dire, de l'améliorer.
02:41Moi, en fait, ce que je regarde surtout,
02:43ou ce que je souhaite surtout,
02:45c'est qu'on ait un État qui soit de plus en plus stratège.
02:47Ce dont on a besoin, ce n'est pas un État
02:49qui réponde au coup par coup à des difficultés.
02:52Il faut bien sûr résoudre les difficultés,
02:54mais il faut aussi que l'on ait un État
02:56qui joue pleinement son rôle de stratège,
02:57un État qui se donne des marges de manœuvre
03:00pour pouvoir investir dans des grands investissements stratégiques.
03:06Et pour ça, il faut maîtriser ses dépenses,
03:09il faut maîtriser ses dépenses de fonctionnement,
03:11il faut maîtriser ses dépenses d'intervention.
03:13Donc, moi, ce que je souhaite,
03:15c'est que tout le dialogue permette
03:16de maîtriser ces dépenses-là
03:18en faveur des investissements stratégiques.
03:21– 2027 va être une année présidentielle.
03:24Qu'est-ce que vous, vous attendez
03:25du prochain locataire de l'Élysée ?
03:27À part peut-être une vision,
03:28puisque c'est ce que j'entends
03:30dans ce que vous venez de dire ?
03:31– Effectivement, ce dont on a besoin,
03:33c'est d'un président qui ait de la vision,
03:36qui ait de la méthode,
03:37et les ingénieries pourront peut-être l'aider
03:39à y réfléchir et à y contribuer.
03:41Ce que j'attends, moi aussi, du prochain président,
03:44c'est que ce soit un président
03:46qui travaille pour la réindustrialisation de la France
03:49et pour travailler tout simplement
03:51parce que lorsqu'on n'investit pas
03:53dans ces investissements stratégiques,
03:55on perd des parts au niveau mondial.
03:57Et pour créer de l'emploi en France,
03:59il faut être compétitif au niveau mondial.
04:01Les créateurs d'entreprises,
04:02les grandes entreprises,
04:04elles ont le monde comme terrain de jeu.
04:08Et le monde ne nous attend pas.
04:10Donc il faut vraiment que le président entende ça
04:12et qu'il donne la primeur
04:16à ses investissements stratégiques
04:18et parmi ceux-là,
04:21notamment pour garantir la souveraineté,
04:23la souveraineté de la France,
04:27donner également une primauté
04:29à ce que je pourrais appeler,
04:31on va dire, le conçu en France.
04:32C'est-à-dire qu'il faut que les ingénieurs
04:34également aient envie
04:35et puissent rester en France
04:37pour concevoir les projets industriels de demain
04:40et les projets qui permettent
04:41industriels énergétiques de demain.
04:44Alors l'enjeu, c'est évidemment
04:45de garder les ingénieurs,
04:46comme vous le dites,
04:47qui sont tentés de partir à l'étranger.
04:49Pourquoi ils sont tentés de partir ?
04:51C'est le salaire qui les attire ailleurs ?
04:53Il y a sans doute beaucoup de raisons.
04:55Moi, j'allais dire,
04:57déjà une première chose,
04:58c'est que de partir à l'étranger,
04:59c'est très utile également
05:00pour son propre développement personnel.
05:0315% des jeunes étudiants français
05:05aujourd'hui partent à l'étranger,
05:06ont une expérience.
05:08Mes enfants sont partis à l'étranger aussi.
05:10Et ils en sont revenus
05:12au bout de quelques années.
05:13Donc je dirais que partir à l'étranger
05:14est quelque chose de très bien
05:15et qu'il faut sans doute encourager également,
05:16de la même façon
05:17que nous accueillons en France
05:18des étudiants étrangers.
05:20Voilà, donc cet échange-là est très utile.
05:22Mais il faut les faire revenir.
05:23Voilà.
05:24Et ensuite, maintenant,
05:24il faut les faire revenir.
05:25Alors comment est-ce qu'on les fait revenir ?
05:27D'abord, il faut peut-être que la France,
05:29qui est quand même un beau pays,
05:31riche de son histoire,
05:32il faut encore montrer
05:33qu'elle peut être riche de son avenir.
05:35Et donc, il faut réenchanter quelque part la France,
05:40lui montrer...
05:40C'est presque un slogan présidentiel.
05:43Oui, oui.
05:43Mais ce qu'il faut montrer aux jeunes d'aujourd'hui,
05:46c'est que l'avenir n'existe pas
05:48que à l'étranger
05:49et qu'eux-mêmes,
05:50s'ils reviennent en France
05:51forts de leur expérience,
05:53ils vont aider
05:54à tous ceux qui sont restés en France.
05:56Ils vont les aider
05:57à construire ce pays
05:59et à le transformer.
06:01Et ça, on en a besoin.
06:02Alors, il faut faire revenir, effectivement,
06:04les étudiants
06:05qui sont partis à l'étranger,
06:06mais il faut aussi les former.
06:07L'Institut Montaigne
06:09évalue le besoin en ingénieurs
06:10à 100 000 par an
06:11d'ici 2035.
06:13Aujourd'hui,
06:13on forme 50 000 ingénieurs,
06:1530 000 techniciens.
06:17Est-ce qu'on a les moyens,
06:18finalement,
06:19de nos ambitions ?
06:20Moi, je vais vous dire,
06:21faisons ensemble
06:22un calcul excessivement simple.
06:2450 000 ingénieurs,
06:25aujourd'hui,
06:26nous avons moins de 30 %
06:27de jeunes filles
06:29qui sont dans ces écoles d'ingénieurs.
06:3130 % de 50 000,
06:32ça fait 15 000 jeunes filles.
06:34Donc, il y a 35 000 garçons.
06:36Le 20 000 des quarts,
06:37ce sont les filles
06:38qui nous manquent.
06:39Et ces filles-là,
06:41dans la mesure
06:41où il n'y a aucune raison
06:42que les garçons et les filles
06:43soient plus intelligents,
06:45moins intelligents,
06:47vous mettez 20 000 jeunes filles
06:48de plus,
06:48vous avez les 20 000
06:49qui vous manquent.
06:50Et ce sont ces jeunes filles
06:51qui préfèrent d'autres carrières
06:52et qui pourraient très bien
06:54apporter toutes leurs compétences.
06:55Sauf qu'il faut les attirer,
06:56ces jeunes filles.
06:57Eh bien, j'allais dire,
06:58il y a plusieurs choses.
06:59D'abord, nous,
07:00en tant qu'entreprise,
07:01nous faisons la promotion
07:03des jeunes filles
07:03qui réussissent,
07:04des femmes qui réussissent,
07:05des femmes ingénieures
07:06qui réussissent dans nos entreprises.
07:07Donc, il faut faire
07:07cette promotion-là.
07:08Et peut-être,
07:09il y a également
07:09d'autres méthodes.
07:10Par exemple,
07:11lorsque les jeunes garçons
07:16choisissent leurs enseignements
07:17spécialités au lycée,
07:18eh bien, peut-être
07:19qu'il faut spontanément
07:20leur proposer
07:21d'être plutôt
07:21dans une filière scientifique
07:23parce qu'on le sait,
07:24il y a un biais
07:25de ce côté-là.
07:26Une jeune fille estime
07:27qu'elle ne fait
07:28une carrière scientifique
07:28que si elle est
07:29la première de la classe.
07:30Un garçon,
07:31il peut être au milieu
07:32du classement,
07:33il s'estimera toujours
07:34suffisamment bon.
07:35Non, il faut peut-être
07:36inciter les jeunes filles
07:37à faire sans mes choix.
07:37Et puis, il faut aussi
07:38que les formations
07:39soient proposées
07:40avec beaucoup d'IA
07:41aujourd'hui
07:41pour pouvoir séduire
07:43des ingénieurs ?
07:44Je veux dire,
07:45l'IA aujourd'hui,
07:45elle est dans notre quotidien.
07:47Elle s'est imposée partout.
07:50On ironisait encore
07:51il y a un an
07:52sur les hallucinations,
07:53sur les erreurs
07:53qu'elle commettait.
07:54Aujourd'hui,
07:54elle est partout.
07:55Elle fait partie
07:56de notre métier.
07:57Mais notre métier
07:59n'est pas un métier d'IA.
08:01C'est-à-dire que l'IA
08:01est là pour augmenter
08:03l'ingénieur.
08:03L'ingénieur est un ingénieur
08:04qui conçoit...
08:05Il faut déjà les former.
08:06Voilà, il faut déjà
08:07former les ingénieurs.
08:08Il faut qu'on ait des jeunes
08:09qui soient ingénieurs
08:11et à l'aise
08:12avec l'IA.
08:13Merci Yves Metz
08:14d'avoir été avec nous
08:15ce matin,
08:15président d'Age Europe
08:16et de Sintec Ingénieurie.
08:18Une interview
08:19à retrouver en podcast
08:19en replay
08:20sur l'application
08:21BFM Business
08:22et sur toutes nos plateformes.

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