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  • il y a 1 heure
Ce mardi 20 octobre, Laurent Milchior, co-gérant du groupe Etam et membre du conseil d'administration de Procos, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good Morning Business, parole de patron.
00:04Bonjour Laurent Milker.
00:05Bonjour.
00:05Et bienvenue à vous, vous êtes co-gérant d'Etam dans Good Morning Business.
00:09On aime évidemment mettre en avant les marques françaises.
00:11Etam en est une, on s'inquiète pour vous.
00:14Est-ce que vous avez subi des dégâts après les émets de ce week-end ?
00:16On a subi des dégâts comme tous les commerçants de France.
00:18On a 700 magasins en France, donc vous imaginez bien qu'on a eu 4 magasins complètement pillés
00:23et puis 120 magasins qui ont fermé avant 13h et le reste qui a fermé pendant la journée.
00:28Donc c'est des impacts importants, mais comme tous les commerçants de France.
00:32Vous les avez chiffrés ces impacts en termes de dégâts déjà et puis de manque à gagner ?
00:37Alors ça se chiffre assez facilement.
00:38Le manque à gagner c'est un million d'euros de chiffre d'affaires sur la journée de samedi.
00:42C'est 10% du chiffre de la semaine.
00:44Et en termes de dégâts, entre le stock volé des magasins pillés et les dégâts matériels,
00:49c'est de l'ordre de 500 000 euros et ça c'est sur un samedi.
00:52Évidemment si ça se répète, comme on est dans une activité qui s'approche de Noël,
00:57si on a ça tous les week-ends comme on a pu l'avoir pendant les Gilets jaunes,
01:01pour un groupe comme le nôtre, ça sera un coût de 15 millions d'euros.
01:03C'est aussi simple que ça en calcul.
01:0415 millions d'euros.
01:05Est-ce que vous êtes durablement impacté ?
01:07Parce qu'il y avait des stocks déjà dans les magasins, nous dit-on,
01:11à l'approche des fêtes de Noël.
01:13Novembre-décembre c'est aussi un moment très important pour les commerçants.
01:17C'est là où vous faites à peu près 40% du chiffre de l'année je crois.
01:19On fait 40% de notre résultat.
01:21Dans notre activité, après ça dépend, dans le jouet c'est évidemment plus.
01:24Je pense que le jouet a intéressé moins nos chers amis sur les écrans.
01:29Mais le problème de fond, c'est la capacité à faire du commerce dans la durée.
01:36C'est indemniser les petits commerçants.
01:38Parce qu'il y a des gens qui ont tout perdu.
01:39Quand vous êtes un indépendant et que vous avez ouvert un franc prix ou une franchise,
01:43vous êtes indépendant et que vous n'avez plus de magasin,
01:44vous n'avez plus d'informatique, vous n'avez plus vos états de stock,
01:46vous n'avez plus rien en fait.
01:46Vous avez tout perdu.
01:47Et de retrouver même les données, c'est compliqué.
01:50Et donc c'est compliqué de se faire indemniser derrière.
01:53Pour l'instant, les assureurs de quelques interactions qu'on a eues
01:56ont l'air de vouloir jouer le jeu en tout cas pour l'instant.
02:01En fait, il ne faut pas que ça dure.
02:03La réalité, il ne faut pas que ça dure.
02:04Et je pense que les groupes comme le nôtre,
02:05on pourrait mettre nos équipes en chômage partiel
02:07comme l'État nous l'a proposé.
02:09Ce n'est pas ce qu'on va faire.
02:10On va pouvoir repositionner les quelques personnes,
02:12le temps de réparer nos magasins qui ont été payés.
02:15Et à notre échelle, 4 magasins, on a du stock à l'entrepôt.
02:17On va pouvoir les réassortir et réouvrir ces magasins.
02:21Le sujet, c'est si c'est un one-off, ça va fonctionner.
02:26Le sujet, c'est dans la durée en fait.
02:27Et plutôt que de demander...
02:28Qu'est-ce que vous dites alors au gouvernement,
02:30le chef d'entreprise que vous êtes ce matin ?
02:32Je pense que ça montre que globalement,
02:34et on le voit, on l'a vu dans nos pays voisins,
02:36mais on a besoin de réformer notre système.
02:37On a les étudiants qui ont une forme de mal-être.
02:40Alors une forme de mal-être qui est probablement justifiée,
02:42une autre qui est probablement moins justifiée
02:43parce que le goût du travail, les 35 heures, etc.,
02:46ont quand même détruit le goût du travail.
02:48Donc ça, c'est un problème de société
02:50parce qu'on a besoin de travail pour produire
02:52et être compétitifs par rapport à nos voisins,
02:54européens et internationaux.
02:56Mais on a besoin que l'État puisse assurer
02:58la sécurité des centres-villes et de la périphérie,
03:03donc la sécurité nationale.
03:04Et donc moi, j'en appelle honnêtement,
03:06je pense que pour avoir vu samedi avoir été sur le terrain
03:08et avoir vu les forces de l'ordre travailler comme elles le pouvaient
03:12face à des casseurs qui, eux, n'avaient rien à revendiquer du tout.
03:15Donc ils ont pollué, évidemment, les mouvements sociaux.
03:18Ils étaient en sous-nombre, en fait.
03:19Ils sont en sous-nombre.
03:20Et je pense que la police, plus les gendarmes, plus les CRS,
03:23si on veut assurer un certain nombre d'autres fonctions nationales,
03:26sont en sous-nombre.
03:27Donc à un moment donné, si ça doit continuer,
03:29moi j'en appelle au président et au Premier ministre
03:32à faire appel à l'armée pour le maintien de l'ordre.
03:35C'est le seul moyen, c'est d'être en sur-nombre par rapport à le nombre.
03:41Non, mais en fait, elle peut l'être dans un certain nombre de cas.
03:44C'est possible.
03:46Et je pense que le sujet, c'est qu'on reste sur des règles
03:49qui sont nos règles théoriques,
03:51comme le discours du président, en fait.
03:53C'est un discours de président hors sol, en fait.
03:54C'est une incantation avec aucun changement potentiel sur le terrain.
03:59Pas d'annonce.
03:59Il ne serait pas le ministre de l'Intérieur qui est là depuis quelques mois,
04:02qui est responsable de la situation.
04:03Laurent Nunez, il fait le boulot correctement.
04:06Les couvre-feux, c'est déjà une bonne réponse ?
04:09Mais il faut arriver à les maintenir, en fait.
04:10Alors un couvre-feu au Forum des Halles, à Lille et à République,
04:16à la limite, on peut les maintenir.
04:18Il faut l'état d'urgence à ce moment-là ?
04:20L'état d'urgence, ça donne effectivement un certain nombre de pouvoirs additionnels.
04:26Mais disons qu'il ne faut pas forcément priver les jeunes.
04:30J'écoutais le maire de Paris hier qui disait
04:31qu'il est contre la privation de circulation et de liberté des jeunes à Paris.
04:37Maintenant, qu'est-ce qu'il faut pour assurer la sécurité des populations ?
04:43On a des équipes dans ce magasin de République
04:45qui sont restées bloquées de 10h du matin à 22h dans un appartement
04:49où elles ont pris leur casier pour bloquer la porte de l'appartement
04:52parce que les types rentraient dans l'immeuble,
04:54ils tapaient contre la porte pour rentrer.
04:56C'est trois femmes qui sont restées enfermées 12h dans cet appartement.
04:59Elles ont eu la peur de leur vie et pour l'instant, ça s'est passé correctement
05:02parce qu'il n'y a pas eu de blessés graves, il n'y a pas eu de dommages
05:05jusqu'au jour où ça va déraper.
05:07C'est vrai que c'est anormal aujourd'hui que la police se laisse caillasser,
05:10se laisse taper dessus parce qu'on leur demande de ne pas réagir.
05:13C'est absolument anormal.
05:14Et c'est vrai que faire le discernement entre des jeunes qui manifestent
05:17avec énergie mais de manière pacifique
05:20et des casseurs dont le seul but c'est de détruire les commerces
05:24et de mettre le feu à notre société,
05:27il faut arriver à faire le discernement et il faut être plus ferme avec cela.
05:32Et je pense qu'honnêtement, quand vous voyez les CRS et les gendarmes
05:34qui sont épuisés à la fin d'une seule journée,
05:37si ça doit durer dans le temps,
05:39il y a un épuisement qui va s'installer et un sous-nombre.
05:43Donc il faut réagir vite, c'est ce que vous dites ?
05:45Vous dites que les assureurs jouent le jeu.
05:48Quelle part est couverte de vos dégâts par les assureurs ?
05:50Parce qu'il y a cette garantie émeute mais qui n'est pas dans tous les contrats.
05:53Alors pour nous, a priori, les dégâts matériels sont assurés
05:58et la perte d'exploitation en cas de dégâts matériels.
06:00Si à un moment donné, si le magasin est détruit, on n'est pas détruit.
06:03Par contre, si le magasin n'est pas détruit
06:05et qu'on ferme le magasin à 13h comme c'était le cas pour 120 points de vente en France,
06:11l'assurance perte d'exploitation ne fonctionne pas.
06:14Donc les 10% de chiffre d'affaires de la semaine
06:15ou les 35% qu'on a perdus sur le samedi, c'est pour nous.
06:21Merci à vous Laurent Milker d'avoir été notre invité ce matin, co-gérant d'ETAM.
06:26C'est une interview à retrouver sur BFM Business,
06:29toutes nos plateformes en podcast et en replay.
06:31Merci à vous.

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