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  • il y a 11 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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00:00On va, vous en avez parlé il y a quelques instants, Mathieu Vallée, aborder maintenant la suite du feuilleton entre
00:05Mediapart et Jordan Bardella.
00:08Je ne sais pas. Pourquoi vous dites ça ?
00:10Ça dépend si vous allez vous muer en procureur ou rester journaliste, j'attends le voir.
00:13J'essaye de rester journaliste.
00:14Je vais voir quel plateau vous m'avez préparé.
00:16Vous allez le découvrir avec vos spectateurs.
00:19Une repnante, ça faisait longtemps, M. Chapa.
00:21Moi, je suis là souvent, peut-être que vous n'êtes pas là au même moment.
00:23Non, je suis au Parlement européen ou alors je suis sur le terrain.
00:26Je peux vous laisser discuter si vous voulez. Je salue Marlène Schapa.
00:29Depuis longtemps, M. Chapa, je l'avais rencontré quand elle était secrétaire d'État, ministre déléguée, pardon, avec M. Darmanin.
00:33Elle avait parlé des suicides dans la police. Je vous le reconnais.
00:36Bonsoir, Marlène Schapa. Je salue Alexis Cuvillé, chef adjoint du service politique de BFM TV.
00:40Victor Hérault, journaliste politique à Valeurs Actuelles.
00:43Bonsoir, cher Victor.
00:44Et Hélène Lecomte, consultante police-justice à BFM TV.
00:49Mediapart a donc publié hier des messages antisémites, clairement antisémites, envoyés à cette époque, en 2013, sur une messagerie privée.
00:57Mais Mediapart affirme que c'est bien Jordan Bardella qui a écrit ces messages qui sont, eux, clairement antisémites.
01:04Les messages le sont. Mais est-ce Jordan Bardella qui les a rédigés en 2013 ?
01:10Non. Je l'ai compris trop vite.
01:11Mediapart, en tout cas, Hélène, affirme que c'est bien le cas.
01:13Alors, sur quoi s'appuie le site d'investigation pour dire, oui, c'est Jordan Bardella qui était à cette
01:19époque sur son clavier et qui a écrit ces messages ?
01:22Vous dites non. Et effectivement, c'est la version qui est défendue par le Rassemblement National et par son président
01:27depuis la première minute, depuis la publication du premier article, tout à fait.
01:31Et Mediapart oppose évidemment sa propre version qui n'est pas en accord avec la vôtre.
01:37Ce que Mediapart...
01:38La méthode d'extrême-gauche, ce n'est pas étonnant.
01:40Ils défendent leur travail. Ils défendent le travail qu'ils ont fait et ils défendent d'abord...
01:43Laissez parler. Elle est le bon parce que sinon, on va parler à l'explication.
01:47Et puis, il y a des choses un petit peu techniques. Et on va essayer d'être le plus clair
01:50possible. Je vais essayer d'être la plus claire possible.
01:52Ils défendent d'abord leur enquête, ce qui peut d'ailleurs ressembler à ce qui sera plaidé.
01:56L'idée de la bonne foi, on sait que c'est important dans les procédures en diffamation.
01:59Et puis, Mediapart explique, outre les personnes qui ont été vues, les entretiens qui ont été menés, que parmi ces
02:05personnes, deux d'entre elles étaient en possession de ces messages.
02:09Et c'est ainsi que Mediapart les a récupérés.
02:11Ce sont deux personnes qui connaissaient, disent-ils Jordan Bardella, deux personnes qui, elles, ne se connaissaient pas entre elles.
02:17Une fois ces messages récupérés, Mediapart dit qu'une de ces personnes a été amenée à sa demande,
02:24a sollicité Meta, qui est la maison mère de Facebook Messenger, pour demander l'extraction de l'ensemble de ces
02:31conversations Messenger, cette messagerie, sur l'année 2013.
02:36Meta fournit un dossier qui contient l'ensemble de ces conversations.
02:41Tout le monde peut, tous les utilisateurs depuis quelques années maintenant, c'est le droit européen, tous les utilisateurs peuvent
02:47le demander.
02:48Et d'ailleurs, et peut-être que vous nous le direz, M. Bardella aussi peut faire cette demande, pour peut
02:53-être pouvoir dire, écoutez, moi j'ai demandé aussi sur un an,
02:55regardez, on met les deux face à face, et on voit ce qui se passe.
02:59C'est la demande qui a été faite, et Meta a répondu.
03:03Une fois qu'on a ces messages, les messages existent.
03:05Qui, eux, je le disais, sont clairement antisémites.
03:08C'est le fameux « tous les banquiers sont juifs » qu'on a vu depuis quelques jours.
03:10Sur le caractère antisémite de ces messages, il n'y a aucun doute.
03:13La question, c'est de savoir s'il y a un lien ou pas, avéré ou pas, avec Jordan Bardella.
03:17L'extraction, elle permet de dire que ces messages existent et qu'ils n'ont pas été altérés.
03:21La question, ensuite, c'est d'où viennent ces messages ?
03:25Qui les a produits ?
03:27Comment s'assurer que le compte qui est attribué à Jordan Bardella est bien le compte que Jordan Bardella a
03:33utilisé à l'époque ?
03:35Là, on est plus sur l'ordre de la déduction.
03:37À travers des éléments qui existent dans ces messages, qui sont des éléments plus personnels,
03:43des citations sur ses origines, sa mère italienne et son père français,
03:48sur cette pétition qui lui a valu la une de l'édition locale de Sainte-Saint-Denis du Parisien.
03:55Du Parisien, tout à fait.
03:57Et cette une, effectivement, elle existe.
04:00Et puis, d'autres citations, certaines que l'on retrouve d'ailleurs dans l'autobiographie qui est publiée par Jordan
04:06Bardella,
04:07ce qui, dit Mediapart, permet de dire que si ce n'est pas Jordan Bardella,
04:12c'est alors quelqu'un qui avait suffisamment, qui connaissait suffisamment d'éléments à l'époque,
04:17on est en 2013, pour créer ce compte et l'alimenter aussi avec des éléments à caractère très personnel.
04:24Maintenant, la question, la preuve absolue, la preuve absolue, c'est quoi ?
04:27Ce serait de récupérer l'adresse IP.
04:29Une adresse IP.
04:30L'adresse de son ordinateur.
04:31En fait, ça vous permet de savoir d'où ça part et à qui appartient l'ordinateur, d'où c
04:35'est parti.
04:35Ça, c'est plus compliqué.
04:37L'adresse IP, ça passe d'abord par une demande à la CNIL et ensuite par une réquisition de justice.
04:41C'est aussi, d'ailleurs, une démarche qui pourra être menée dans le cadre de la procédure judiciaire,
04:47puisque la seconde, la plainte n'est pas encore déposée.
04:50C'est une démarche qui est possible, dans le cadre, en tout cas, de la procédure judiciaire qui est menée
04:53en diffamation.
04:54C'est une précision importante.
04:55Il faut effectivement comprendre comment Mediapart a travaillé.
04:58Marlène Chapa, au vu de tout ce qu'Hélène Lecomte vient de nous rappeler,
05:01c'est-à-dire ce faisceau d'indices qui ne constitue pas une preuve absolue.
05:07Qu'est-ce que vous dites, vous, ce soir ?
05:08Est-ce que vous avez l'intime conviction que c'est Jordan Bardella ?
05:11Est-ce que vous considérez que le doute doit lui profiter ?
05:14Est-ce que vous attendez la suite du feuilleton Mediapart ?
05:29Ceci étant, moi, je trouve que cette affaire, elle est vraiment symptomatique de l'époque et de l'analyse politique
05:35et médiatique qu'on vit aujourd'hui.
05:36C'est-à-dire qu'on est dans une affaire qui ne fera pas bouger un seul Français de sa
05:41conviction.
05:42Les gens qui sont abonnés à Mediapart vont se dire quel travail d'enquête remarquable.
05:45Bien sûr que ce sont des preuves.
05:47Les gens qui votent RN et qui vont soutenir Jordan Bardella vont dire
05:50on s'en fiche de savoir ce qu'il a écrit en privé quand il avait 17 ans.
05:53Même l'adresse IP, c'est peut-être un frère, un copain, un voisin, ses parents, on n'en sait
05:57jamais rien.
05:57D'ailleurs, l'étude qui est sortie dans l'opinion ce matin, le sondage, montre qu'en fait, je crois
06:01que c'est l'opinion,
06:02Jordan Bardella ne baisse pas d'un seul point.
06:04Donc je pense qu'on est vraiment, il n'y aura jamais la preuve absolue.
06:07Il y aura toujours un doute qui va subsister de part et d'autre.
06:10Si en fait, il ne les a pas écrits, c'est triste pour lui qu'on puisse l'attaquer là
06:14-dessus.
06:14Si en fait, il les a écrits, c'est une erreur tactique de sa part d'avoir dit que ça
06:18n'était pas lui.
06:19Parce qu'en France, on pardonne les erreurs, on ne pardonne pas deux choses, l'incohérence et le mensonge.
06:24C'est-à-dire, si c'est lui, il aurait peut-être été plus malin politiquement de dire, j'avais
06:3117 ans à l'époque.
06:32Alors je vais vous dire, quand j'ai vu, absolument, quand j'ai vu, moi qui suis communicante aujourd'hui,
06:36quand j'ai vu sa déclaration sur les réseaux sociaux, je me suis dit, commencez à dire qu'on va
06:41attaquer en justice.
06:42Pardon, ce n'est pas grammaticalement très correct, mais vous voyez ce que je veux dire, je fais une petite
06:45grimace.
06:49On vous a dit que ce n'était pas la bonne comme de crise.
06:51Je me suis dit, c'est risqué, c'est audacieux, parce qu'il dit, j'attaque en justice, une fois
06:56qu'on a mis,
06:57c'est comme le dentifrice qui sort du tube, une fois qu'il est sorti, il ne peut plus rentrer.
07:00Une fois qu'on a dit qu'on attaquait en justice, la justice, elle ira chercher les preuves,
07:03et si c'est vraiment lui, c'est très risqué pour lui.
07:06Mathieu Vallée.
07:07D'abord, je vois que Mme Chapa...
07:08Juste un mot, vous en avez parlé avec lui ?
07:10Ça, ça ne vous regarde pas, je n'ai pas à faire état de nos conversations privées.
07:13Je pose la question quand même.
07:13Mme Chapa dit qu'on ne pardonne pas la cohérence et le mensonge.
07:17Moi, je ne pardonne pas les gens qui trahissent les confidentialités et les discussions privées.
07:20Vous auriez pu me dire, oui, oui, c'est très clair.
07:21Non, mais c'est des discussions qui ne me regardent que lui et moi,
07:24comme quand je veux voir Marine Le Pen, je pense qu'on n'a pas besoin de faire de tout
07:26état dans la sphère publique.
07:28Mais vous n'avez pas eu le besoin de lui passer un coup de fil ?
07:30Non, non, mais j'ai lui apporté mon soutien, et après le reste, ça ne vous regarde pas.
07:33Mais la réalité, Mme Chapa, c'est que je vois que vous avez gardé des restes du ministère d'Intérieur,
07:37parce que vous dites à l'adresse IP, ça peut être son frère, etc.
07:39Donc, je crois que vous avez gardé un signe un peu d'enquêtrise du ministère d'Intérieur
07:43quand vous êtes passé en tant que ministre délégué.
07:45Cela étant dit, M. Fauvel, dans la présentation qui a été faite,
07:49moi, je constate une chose.
07:50Vous savez, moi, je n'ai pas été enquêteur politique comme Mediapart,
07:52j'ai été enquêteur pénaliste.
07:53J'ai fait cette police juicière pendant 10 ans.
07:55Et en fait, je trouve toujours bizarre que moi,
07:57quand je mettais quelqu'un en garde à vue,
07:58ou en tout cas, je l'auditionnais sur des faits,
08:00puisqu'on va être sur le domaine pénal,
08:01puisqu'on dépose plainte pour faux et usage de faux,
08:03et bien, en fait, on prend tous les éléments avant,
08:05puis après, on accuse.
08:06D'ailleurs, on est aux Etats-Unis,
08:08on est sur un système ici en France inquisitoire.
08:09C'est-à-dire que c'est à la personne de démontrer
08:13que l'infraction existe,
08:15et que ce n'est pas la personne accusée de démontrer qu'elle est innocente.
08:17Ça, c'est notre système à nous.
08:19Aux Etats-Unis, c'est l'inverse.
08:20Donc, moi, je vous dis que Mediapart a fait constater par Huissier,
08:23le lendemain de ses accusations, l'extraction par méta des conversations.
08:28Moi, je ne comprends pas.
08:29C'est une question légitime.
08:30Pourquoi ça n'a pas été fait avant ?
08:31Peut-être ont-ils stressé parce qu'on s'est tous défendus,
08:33et comme la Rassemblement Salle est une grande famille,
08:35on a fait bloc autour de notre président,
08:37avec Marine Le Pen en tête.
08:39Vous voyez, pour celui qui disait qu'elle faisait le divorce
08:41et que le gendarme faisait la gueule,
08:42vous voyez bien que ça a été encore des bavardages
08:45et finalement une fumisterie de certains journalistes.
08:46Vous n'avez pas le moindre doute sur le fait
08:48que ces écrits peuvent être de lui ?
08:49Mais absolument aucun.
08:51Et je vais terminer.
08:52Vous n'avez pas évoqué une chose.
08:54Pourquoi Mediapart convoque Jean-François Jalc,
08:56l'ancien député européen, en disant qu'il a tenu des propos négationnistes
08:59alors que vos confrères de la Croix et du Monde
09:01ont été condamnés durement et formellement par la justice pour diffamation ?
09:05Pourquoi Mediapart convoque des propos diffamatoires
09:07pour étayer une accusation contre Jordan Bardella ?
09:09Et enfin, j'en termine, M. Fauvel.
09:11Dans la justice, ce n'est pas l'interprétation de la preuve qui compte,
09:14c'est l'administration de la preuve.
09:16Mais on n'est pas dans la justice aujourd'hui.
09:17Si, puisqu'on va déposer plainte et que Mediapart se prend pour des justiciers.
09:20Oui, mais vous savez, pardon.
09:21Moi, j'ai déjà discuté avec eux.
09:23Vous vous intéressez juste pour la bonne compréhension des gens qui nous regardent ?
09:26Vous n'allez pas forcer à faire procher par les...
09:28Non, non, non, je ne me permettrai pas.
09:29Mais j'ajoute un point.
09:30Jordan Bardella a porté plainte à la fois pour diffamation et son faux usage de feu.
09:33Bien sûr, on atteint son honneur, M. Fauvel.
09:34Pour diffamation, la mise en examen de Mediapart sera automatique.
09:38Ça, je le sais. Je la connais, la procédure.
09:39De toute façon, il y aura une mise en examen.
09:41Non, non, mais je ne vous fais pas la leçon.
09:42C'est gentil de le dire.
09:44Je ne me permettrai pas, évidemment.
09:45Mais par contre, moi, je vous ai fait...
09:46Pardon, j'ai terminé sur ça.
09:47J'ai été long parce que j'ai écouté l'augment.
09:48Moi, je vous fais quand même la son sur le fonctionnement d'une enquête
09:50et d'une procédure pénale qu'ils veulent équitable
09:52et qu'ils veulent respecter les droits de chacune et chacun,
09:54ce que Mediapart ne fait pas.
09:55Et enfin, pardon, est-ce que vous avez la certitude,
09:58la certitude irréfragable et incontestable
10:00que le compte désigné par Mediapart comme étant celui de Jordan Bardella
10:02est bien celui de Jordan Bardella ?
10:03C'est la question que je posais il y a quelques minutes.
10:04Oui, d'accord.
10:05Donc, en droit pénal français,
10:06on ne met pas des ronds dans des carrés, des losanges dans des croix.
10:10On a soit la preuve irréfutable et à ce moment-là,
10:13on va accuser les gens et on va même en justice.
10:16Si on n'a pas la preuve irréfutable,
10:17eh bien alors, on ne, à mon sens, accuse pas gravement les gens.
10:20Et aujourd'hui, c'est là où on en est.
10:22Et là où M. Bardella vend en différenciation,
10:24vous savez, monsieur, se faire salir d'antisémites,
10:26se faire salir de propos qu'évidemment,
10:27Jordan Bardella condamne et qui ne sont absolument pas
10:29ce que nous défendons et ce que nous disons au Rassemblement National.
10:32Je peux vous dire que salir les gens,
10:33beaucoup savent le faire, détruire, beaucoup savent le faire,
10:36mais construire et défendre les droits de la défense
10:38et défendre les droits de chacun,
10:39j'entends pas beaucoup le dire depuis le début de la semaine,
10:41notamment M. Darmanin, qui est le champion du mensonge,
10:43là où il voyait des Anglais au Stade de France partout.
10:44J'ai un Darmanin qui a dit que Jordan Bardella
10:46est le nom de manière...
10:48C'est bien, un garde des seaux qui s'exprime
10:50sur une procédure judiciaire qui va démarrer.
10:52Ça fait peur pour un garde des seaux.
10:54Qu'est-ce que vous dites, vous ?
10:54Il y a une affaire Bardella, il n'y a pas d'affaire Bardella,
10:57il y a une place au doute, c'est à la justice de trancher.
10:59Où est-ce que vous êtes là-dedans ?
11:01Il y a une place au doute.
11:04On est en France.
11:05Tout le monde est présumé innocent
11:06avant qu'il soit démontré capable,
11:09en l'occurrence Jordan Bardella,
11:10et il subsiste un petit doute.
11:11J'ai ma conviction personnelle.
11:13Il subsiste un petit doute...
11:14Quelle est votre conviction personnelle ?
11:15Ma conviction personnelle,
11:16et je pense que c'est un élément important
11:18à mettre dans le contexte de cette discussion,
11:21il y a ce qu'on appelle une génération Soral.
11:24Ça existe.
11:24Alain Soral, qui a été un homme
11:26qui a eu beaucoup d'influence sur le SN.
11:28Et c'est polémiste, condamné à de nombreuses reprises.
11:31Jusqu'en 2009.
11:32Officiellement, jusqu'en 2009.
11:34Après, les ponts ont été rompus.
11:35Mais ça, il faut dire,
11:36il y a eu un saut,
11:37parce que ça, c'est sur le respect politique de la chose,
11:39il y a eu un saut au RN, effectivement.
11:41Il faisait partie de l'aile gauche du RN,
11:43du Front National, pardon, à l'époque.
11:45Le Front National considérait que c'était une personne...
11:47Il ne faut pas oublier que c'était quelqu'un
11:48qui était invité sur de nombreux plateaux très regardés,
11:51que c'était quelqu'un qui était écouté en France,
11:52qui n'avait pas, à l'époque,
11:53été condamné du tout pour antisémitisme.
11:55Ça, ça vient en 2014-2015.
11:57En 2009, c'est quelqu'un qui invitait régulièrement
11:59chez Frédéric Taddeï,
12:00qui invitait régulièrement chez Thierry Ardisson.
12:05Donc, ô combien, puisque pour la génération,
12:08et j'y viens, la génération Soral,
12:09et encore une fois, ça ne veut pas dire
12:11que Jordan Bardella a écrit ses messages.
12:13Ça, la justice le dira.
12:14Mais il y a une génération politique
12:16qui, adolescente dans les années 2000-2010,
12:19a été confrontée aux vidéos d'Alain Soral,
12:22puisque c'est la première génération
12:23qui se détend, si vous voulez, des débats télévisés
12:24et qui va regarder sur Dailymotion ou sur YouTube
12:26des best-ofs, des compilations,
12:28des clashes, des punchlines, etc.
12:30Comme d'ailleurs Rima Hassan.
12:32Exactement. Et à ce moment-là, et d'autres,
12:33David Guirault l'avait même reconnu d'ailleurs,
12:36C'est un phénomène qui touche,
12:37je ne veux accuser personne en particulier,
12:39parce que c'est un phénomène qui touche
12:40l'entièreté de la classe politique.
12:41Il faut préciser que ce sont des gens
12:43qui, peut-être, à l'époque étaient Soralien
12:44et qui ne le sont plus aujourd'hui.
12:46Peut-être qu'il y avait des pensées antisémites
12:47quand ils avaient 15 à 17 ans
12:49et qu'aujourd'hui, ils n'en ont plus.
12:50Ce sont des personnes qui se retrouvaient
12:51très à droite, très à gauche,
12:53très au centre-ci.
12:54Je connais des macronistes qui,
12:55lorsqu'ils étaient plus jeunes,
12:56regardaient des vidéos d'Alain Soral.
12:57Ils regardaient Soral.
12:58Il y avait un réel,
12:59et je pense que pour la compréhension de l'affaire,
13:01c'est important d'avoir en tête
13:02un réel phénomène Alain Soral.
13:04Si jamais on découvre
13:05que Jordan Bardella
13:07est effectivement l'auteur de ces messages,
13:10je pense effectivement
13:10qu'il aurait pu prendre un autre...
13:11Là, on entre dans de la conjecture pure.
13:13Encore une fois, ce n'est pas démontré.
13:15Il aurait pu prendre un autre axe de défendre
13:17et dire, en réalité,
13:18ce sera dur à entendre
13:19pour beaucoup de Français,
13:20notamment plus âgés,
13:20mais je n'étais pas du tout le seul
13:22et un bon nombre de la jeunesse
13:24de cette époque-là
13:24étaient touchés par l'antisémitisme.
13:26Et il aurait pu dire ce que vous venez de dire.
13:27Il y a aussi des gens de gauche
13:28qui ont...
13:29Le problème, c'est que personne
13:30ne va le dire au grand jour
13:31et dire, oui, j'écoutais Alain Soral.
13:32Mais c'est factuel.
13:33C'est surtout que Jordan Bardella,
13:35il ne va pas adopter une défense
13:36pour faire plaisir aux journalistes
13:38ou aux gens.
13:38Il va défendre une défense
13:39qui est celle qui juge...
13:41Si il est convaincu d'être innocent,
13:42il a raison de dire que je suis innocent
13:43et ce n'est pas vrai.
13:44Bien sûr qu'il juge
13:44d'être celle de la vérité.
13:45Oui, mais pardon,
13:46mais ce n'est pas parce qu'il y avait
13:47une soi-disant génération Soral
13:49que moi, je n'ai pas connue.
13:50Et tant mieux,
13:50au vu du côté sulfureux,
13:52visiblement, du personnage
13:53et certainement avec les condamnations
13:55qui ont été rapportées
13:56et que j'ai lues sur la presse.
13:59Vous m'autoriserez
13:59de ne pas m'intéresser aux gens sulfureux.
14:01Mais la réalité,
14:02c'est que Jordan Bardella
14:03défend sa version
14:04qui est la vérité et sa vérité.
14:07Et moi, ce que je reproche à Mediapart,
14:09c'est qu'on est sur l'interprétation.
14:11Vous disiez,
14:11et j'ai juste un des points, madame,
14:13il y a des éléments de sa vie privée, etc.
14:14Mais vous savez,
14:15quand j'étais au Pégier,
14:16sur les usurpations d'identité
14:17ou sur les atteintes à la vie privée,
14:18quand vous êtes jeune,
14:20qu'il est d'origine italienne,
14:22qu'il vit à Saint-Denis,
14:23qu'il a eu un raté
14:23dans son concours d'entrée
14:24avant même qu'il fasse la vie.
14:25Qu'il a fait l'une du Parisien la veille.
14:26Justement, c'était public.
14:28Je veux dire,
14:29n'importe quel de ses proches
14:30qui, après, peut lui en vouloir
14:31ou qui veut se venger
14:32pour des raisons que vous ne connaissez pas.
14:33Et vous savez,
14:34l'être humain,
14:34il ne faut pas grand-chose, des fois,
14:35pour créer des frustrations
14:36et des jalousies.
14:37Vous pensez que ça ne change rien,
14:38M. Ballet ?
14:39Monsieur, moi, je demande juste...
14:40Attendez, je n'ai pas fini ma question.
14:41On n'est pas dans une République
14:42où on est sur soupçon.
14:44Je vous promets,
14:44je vous laisse y répondre après
14:45et je donnerai la parole à Marlène Chapassi.
14:46Ça ne change rien, aujourd'hui,
14:48à l'avenir politique de Georges-Anne Bardella.
14:49Il peut, il reste pour vous
14:52le candidat naturel pour Matignon.
14:53Alors, dès qu'il y aura
14:54une accusation sans fondement,
14:56une accusation sans preuve,
14:57un soupçon,
14:58on sera dans la République,
14:59en fait, de la suspicion
15:00où on démet les gens,
15:01où on demande aux gens de partir
15:02pour de simples suspicions.
15:03Ça pourrait faire douter Marine Le Pen.
15:05Comment ?
15:05Ça pourrait faire douter Marine Le Pen.
15:07Non, Marine Le Pen,
15:07vous savez,
15:08elle se remet souvent en question,
15:10elle adapte son programme
15:10à la réalité du pays,
15:11mais elle a des fondements très forts
15:13et sans ne pas nous le reprocher.
15:13On l'a montré sur le logement,
15:14on l'a montré sur l'immigration,
15:15on l'a montré sur la sécurité,
15:17son pouvoir d'achat également.
15:18Elle l'avait mis en scène en 2022
15:19et d'ailleurs,
15:20petit apporté,
15:20je vous remercie,
15:21depuis que je suis invité,
15:22on a pu parler d'autres sujets
15:23qui, pendant qu'on parle de cette affaire,
15:25qui est montée de toute pièce,
15:26de mon point de vue,
15:27évidemment.
15:27On vient de passer 40 minutes
15:28sur ce qui reste un peu partout en France.
15:29Mais je pense que c'est ce qui intéresse
15:30un peu plus le français,
15:30mais je vous le reconnais,
15:31M. Fauvel,
15:32et je vous en remercie
15:32parce que je pense que les Français
15:34sont agacés d'un feuilleton
15:35où Mediapart n'apporte aucune preuve
15:37intangible, irréfragable
15:38et sur lesquelles, en fait,
15:39on est sur des suppositions
15:40et du bavardage.
15:41Marine Chabat,
15:41je reviens sur ce que vous avez dit
15:42il y a cinq minutes.
15:43Vous avez dit, en gros,
15:44les Français s'en fichent.
15:47Je simplifie un peu votre propos,
15:48mais les électeurs du RN s'en fichent,
15:50ceux qui sont pour Mediapart
15:52continueront en France.
15:52Moi, j'ai dit que les gens
15:52ne changeaient pas d'avis.
15:53D'ailleurs, c'est ce que
15:54toutes les enquêtes de Poulon montrent.
15:54Mais ça veut dire que pour vous,
15:56ce n'est pas important de savoir
15:57si un homme qui était,
15:58il y a encore quelques mois,
16:01le candidat annoncé comme vainqueur
16:03pour l'Elysée
16:03et aujourd'hui le possible
16:05Premier ministre de la France
16:05dans sept mois
16:06a effectivement écrit ça ?
16:08Non, non,
16:08ce n'est absolument pas ce que je dis.
16:09Ce que je dis,
16:09c'est qu'en fait,
16:10on est dans une époque
16:11où chacun s'informe en silo.
16:13D'ailleurs,
16:13les réseaux sociaux
16:14en sont l'écho formidable
16:15et vous le voyez bien
16:16dans les commentaires
16:16des gens qui regardent BFM,
16:18ils arrivent avec une certitude.
16:19Mais c'est pour ça qu'il y a BFM.
16:20Quel que soit...
16:20On va essayer aussi
16:21de mettre sur le même plateau
16:22des gens des faits de l'expérience sociale
16:23qui ne sont pas toujours d'accord.
16:24Voilà, j'avais bien raison.
16:25Il y a deux choses très importantes.
16:27La première,
16:28c'est qu'en France,
16:29la presse est libre.
16:30Maintenant que j'ai dit
16:30ce que j'avais à dire sur Mediapart,
16:32vous aurez compris
16:33ce que j'ai à dire sur Mediapart,
16:40parce que j'estime qu'en France,
16:41la presse est libre
16:41et elle est aussi libre de se tromper.
16:43Elle est aussi libre
16:44de partager ses enquêtes.
16:45Elle est aussi libre d'exercer
16:46sans être menacée,
16:47y compris en étant extrêmement critique.
16:49Et Dieu sait si j'ai été critiquée
16:50dans mes sept ans d'exercice
16:51au gouvernement.
16:52Et une deuxième chose,
16:53c'est que je trouve
16:54qu'il y a un peu un deux poids de mesure
16:55dans le traitement de l'information
16:57parce qu'il y a quelques mois,
16:59une journaliste qui est enquêtrice,
17:01une journaliste d'investigation
17:02qui s'appelle Nora Bussini
17:03a fait toute une enquête
17:04sur la jeunesse de Rima Hassan
17:06qu'elle a publiée dans Le Point.
17:07Et elle est venue sur ce plateau
17:09il y a quelques mois.
17:10En l'occurrence,
17:10c'est moi qui l'avais face à moi
17:11pour en parler.
17:12Ce n'est pas du tout vous
17:12que je mets en cause.
17:13Ce que je veux dire,
17:13C'est ma soirée.
17:14Non, non, vraiment pas.
17:14Allez-y, c'est la soirée des mal-perdits.
17:16Non, je viens de dire
17:16que la presse était libre
17:17et qu'il fallait respecter
17:18les journalistes et pas les menacés.
17:19Et vous auriez même le droit
17:19de nous critiquer, de nous critiquer.
17:21Je ne menace pas.
17:23Non, non, et ce que je veux dire,
17:24c'est que là, c'est passé.
17:25Si vous voulez,
17:26toute l'extrême-gauche
17:27a dit, mais enfin,
17:28c'est un attentat à la pudeur,
17:30il faut laisser l'intimité
17:31de la jeunesse de Rima Hassan,
17:32elle faisait ce qu'elle voulait,
17:33elle disait ce qu'elle voulait,
17:33etc.
17:34Il faut se mettre d'accord.
17:35Soit on considère
17:36qu'avant d'entrer dans la vie politique,
17:38chacun peut tenir des propos,
17:39y compris les plus condamnables,
17:40les plus graves par la loi,
17:41et ensuite, il est lavé
17:43parce qu'il rentre dans la vie politique
17:44et il passe par le purgatoire.
17:46Soit c'est quelque chose d'important
17:47et enquêter sur la jeunesse,
17:48la construction intellectuelle
17:49est fondamentale.
17:50Et dans ces cas-là,
17:51ça doit l'être de tout part.
17:52Mais je pense qu'on manque de principes.
17:54Je vous remercie.
17:55Mais il y compris chez les Macronistes,
17:56évidemment,
17:57et je sais si j'étais passée au carrière.
17:58Je vous remercie, Mme Chappin.
18:00D'abord, moi,
18:01je me souviens des accusations
18:02sur votre vie de famille
18:03qui étaient dégueulasses,
18:04pardon de parler trivialement,
18:05mais il faut avoir
18:06cette honnêteté intellectuelle
18:07au-delà des différences politiques
18:09et je vais aller plus loin
18:10si vous me le permettez
18:11puisque c'est un de vos collègues
18:12politiques et du gouvernement,
18:14ce qui est arrivé aussi
18:14à Benjamin Griveaux,
18:15j'ai trouvé ça aussi
18:16écœurant et dégueulasse.
18:17Je pense que quand on est rest
18:21pour ceux qui n'ont pas la mémoire,
18:22c'était la fameuse sex tape.
18:23Oui, mais M. Pauvet,
18:24ça a compris ça.
18:24Oui, non, non, non,
18:26tout le monde n'a pas
18:27et je souligne que Mme Chappin,
18:29pour ne pas avoir
18:29des différences politiques,
18:30mais je pense que sur le respect
18:31des adversaires,
18:32des concurrents politiques,
18:34tout n'est pas permis
18:35et il y a un respect à avoir
18:36de votre vie privée
18:37comme celui de M. Griveaux,
18:38comme votre vie privée
18:39avec vos enfants, Mme Chappin.
18:39Alexis Cuvier,
18:40on se souvient de l'expression
18:41qu'a utilisée Marine Le Pen
18:42au moment de la première salve
18:43de Mediapart.
18:44Elle avait dit
18:44« Je n'y crois pas,
18:44c'est une dinguerie ».
18:47Elle l'a réagi
18:48à la deuxième salve
18:49de Mediapart ou pas encore ?
18:50Pas de réaction
18:51et peut-être que ce silence
18:53sera interprété par certains
18:55parce que c'est vrai
18:56que pour l'instant,
18:57Marine Le Pen,
18:58elle n'a pas souhaité revenir
18:59sur les nouvelles révélations
19:01de Mediapart.
19:02Elle s'est positionnée
19:03comme étant au-dessus
19:04de cette affaire
19:05pratiquement au même moment.
19:07Elle a publié une vidéo,
19:08une tribune
19:09qui est passée un peu inaperçue
19:10sur la gestion
19:11de la dette publique.
19:12Donc, on est bien loin
19:13de ce sujet-là.
19:14Tout à fait sur Mediapart.
19:15On n'est plus tout à fait
19:15sur le sujet de Mediapart.
19:17Officiellement,
19:17au sein du Rassemblement National,
19:19tout le monde s'est remis
19:20dans une même ligne,
19:21celle de dénoncer
19:22avec force
19:23les révélations de Mediapart,
19:26des propos grotesques.
19:28« Nous sommes moins inquiets
19:29qu'auparavant »,
19:30disait une source
19:31au sein du Rassemblement National,
19:33sous-entendant
19:34qu'il n'y avait pas
19:34grand-chose de neuf
19:35et pas grand-chose
19:36qui pouvait inquiéter
19:37Jordan Bardella.
19:39C'est vrai que la façon
19:40dont les choses vont se passer
19:41ces prochains jours,
19:41ça sera forcément très scruté.
19:42Marine Le Pen et Jordan Bardella
19:44sont censés s'exprimer
19:45côte à côte mardi
19:46pour présenter
19:47des propositions budgétaires
19:48du Rassemblement National.
19:49Vous savez que mardi,
19:50Marine Le Pen,
19:50avec Jordan Bardella
19:52à la rentrée de nos députés,
19:53s'est exprimé.
19:54C'était quand même
19:55plus qu'un soutien
19:56quand Marine Le Pen
19:57a pris la parole
19:58et on lui a même reproché
19:58de parler avec le cœur
19:59et de l'attribuer des choses
20:00qui étaient vilaines
20:01alors que Marine Le Pen
20:02est emprunt
20:03de sincérité et de gentillesse
20:04et qu'elle veut de mal à personne.
20:05Je le précise avec le Kévlar.
20:07Merci beaucoup.
20:08Le Kévlar,
20:08allusion à la phrase de Marine Le Pen
20:10que les journées
20:10de chez les auparites
20:11confine leur Kévlar.
20:12Merci beaucoup
20:13à tous les cinq.
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