00:00Il y aura-t-il bientôt une accalmie sur les prix à la pompe ?
00:04Emmanuel Macron a annoncé aujourd'hui que les pays du G7 avaient accepté de libérer jusqu'à 100 millions de
00:09barils de diesel et de pétrole brut dans les 4 prochains mois.
00:13Avec quel impact ? On écoute le Président de la République.
00:18Les marchés ont déjà commencé à baisser depuis l'annonce de cette réunion.
00:23Et donc tout ça va normalement conduire à baisser les prix à la fois du pétrole brut et du diesel.
00:27D'abord parce qu'on communique très clairement sur le fait qu'il y a une réouverture et qu'il
00:31y a une refluidification du marché.
00:33Et ensuite que nous ne nous divisons pas au sein des membres du G7.
00:36Il y avait des prix qui avaient augmenté parce qu'il y avait une spéculation qui existait, en particulier sur
00:40des rumeurs d'interdiction à l'export.
00:43Cette décision commune et cette unité devraient faire baisser les prix.
00:46Les volumes aussi qu'on libère vont fluidifier le marché et faire baisser les prix.
00:51Thierry Arnault nous a rejoint.
00:52Expliquez-nous ce qui s'est passé.
00:55C'est Donald Trump qui faisait pression pour que nous puissions dans nos stocks stratégiques.
01:01Emmanuel Macron et les pays du G7 viennent de se mettre d'accord.
01:05Pourquoi ?
01:06Alors ce qu'il faut expliquer, d'abord chacun en est conscient ici, y compris tous ceux qui nous regardent,
01:10Julie.
01:10Les prix ont augmenté considérablement, d'environ 30% depuis trois mois.
01:14Aux Etats-Unis, c'est plutôt 40% et c'était même à peu près 15% en l'espace
01:20d'un mois.
01:21Donald Trump, il est en campagne pour les élections à mi-mandat qui ont lieu dans un mois.
01:26Ce sont des élections qui se présentent plutôt mal pour lui, voire très mal si on en croit les sondages.
01:30Pour une raison essentielle, les prix et en particulier les prix de l'essence.
01:35Donc il cherche par tous les moyens à obtenir une façon de faire descendre ces prix rapidement, d'ici quelques
01:41semaines.
01:41Il a donc menacé le président américain de suspendre les exportations des Etats-Unis,
01:46ce qui a ajouté évidemment des tensions dans le système et ce qui a provoqué de premiers échanges,
01:53notamment avec le président français, sur la question de savoir comment est-ce qu'on pouvait un peu déverrouiller cette
01:59situation.
02:00Et le deal qui a été fait, en gros, consiste à dire que les pays du G7 vont libérer effectivement
02:06cette centaine de millions de barils.
02:08Alors on ne sait pas très quelle est la proportion de diesel, c'est essentiellement ça qui était l'enjeu
02:13principal, Julie.
02:15On parle d'au moins 50 millions.
02:1850 millions, ça représente une dizaine de jours de consommation de l'ensemble des pays du G7.
02:23Donc vous voyez qu'en volume, c'est évidemment important.
02:25Ça, en l'espace de 4 mois, dit-on, donc ça devrait intervenir relativement rapidement.
02:32Et comme l'a dit le président de la République, lorsqu'on regarde ce qui se passe sur le prix
02:35des marchés,
02:35pas seulement au niveau des prix du brut, mais au niveau des futures,
02:39c'est-à-dire les marchés à terme sur le diesel, du baril de diesel, etc.,
02:43on constate que d'ores et déjà en l'espace de quelques heures,
02:47la baisse des prix est de l'ordre de 5 à 10% sur les marchés financiers.
02:51Et on voit le cours de pétrole qui baisse là en direct.
02:54Voilà, alors c'est plus encore le prix du diesel qu'il faut surveiller,
02:56là la baisse est plus marquée, et c'est ça qui montre que cette décision a d'ores et déjà
03:00eu un impact,
03:01qu'il reste à traduire évidemment à la prochaine.
03:03C'est une bonne nouvelle, Philippe Ballard, de quoi calmer la colère autour de ces prix du carburant ?
03:07Alors c'est une bonne nouvelle, mais qui ne pourra être que conjoncturelle,
03:10parce qu'on l'a dit, bon déjà, ça sera limité dans le temps,
03:13parce que les réserves stratégiques, je crois que c'est 3 mois,
03:16si on puise quelques jours, il faut aussi garder...
03:19Là, ça sera un maximum une vingtaine de jours.
03:21Il faut aussi garder les réserves stratégiques.
03:23Mais oui, ça va plutôt dans la bonne direction.
03:25Après, c'est conjoncturel, c'est limité dans le temps, ce qu'il faut,
03:29et là, on revient à notre proposition de la baisse de la TVA sur le prix du carburant,
03:33que le président de la République, d'ailleurs, dans son interview télévisée l'autre jour,
03:35n'a pas totalement exclu à l'arrivée poussée par ses retranchements.
03:39Alors oui, ça coûte de l'argent, mais on l'a toujours dit, on ne s'en cache pas.
03:41Par contre, le prix d'une récession qui, malheureusement, pourrait se profiler à l'horizon,
03:45ça coûterait beaucoup plus cher à la Maison France, si vous voulez.
03:49Et donc, il faut faire des choix. La politique, c'est l'heure de faire des choix.
03:51Vous gagnez un peu de temps, là ?
03:53Oui, je crois surtout qu'il faut s'abler aussi le fait que c'est une initiative française
03:56d'avoir réuni les pays du G7 pour parler carburant
03:59et pour pouvoir répondre à cette pression des Américains qui est tout à fait inacceptable
04:03et pour pouvoir endiguer les phénomènes de spéculation qu'on voyait se produire.
04:08Donc, c'est une bonne chose. Ça va évidemment alléger la facture à la pompe.
04:12Mais je pense, et ce n'est pas nous, le sujet électoral de Trump, c'est Trump.
04:16Et nous, c'est un sujet du quotidien des Français.
04:19Et ça leur permet d'alléger leur facture mensuelle,
04:21notamment pour ceux qui ont vraiment besoin de rouler absolument tous les jours.
04:23On a un certain nombre de filières qui en dépendent.
04:25Donc, c'est une bonne chose.
04:26Maintenant, en effet, c'est conjoncturel.
04:28Et ça ne dispense pas, évidemment, de tous les efforts diplomatiques derrière qui sont faits
04:31pour pouvoir lever, notamment, les tensions sur les détails d'Hormuz
04:34et pouvoir avoir à nouveau une version de carburant plus facile.
04:38Je crois que c'est ça.
04:39Salouons-ci l'initiative de la France.
04:40Et quand elle est bonne, il faut le saluer.
04:42Je vais commencer par dire que Trump est le pyroman pompier de cette affaire
04:45parce qu'il a mené une guerre inutile
04:47qui met l'ensemble du monde dans une situation tendue et catastrophique.
04:52Se rajoute à ça la guerre russo-ukrainienne qui continue
04:54avec, finalement, des attaques sur les raffineries, sur les dépôts pétroliers,
04:58ce qui crée une tension tout à fait extraordinaire.
05:01Ça, c'est la première chose.
05:02La deuxième chose, c'est qu'il y a une coagulation entre la crise des finances publiques,
05:06l'inflation, parce que tout ça est récessif.
05:09Donc, en plus, on aura beaucoup moins de recettes.
05:11Nous sommes quand même au bord du précipice, à la fois pour des raisons internes,
05:14la dette abyssale que M. Macron nous a laissée,
05:16et pour des raisons géopolitiques.
05:18Je serai plus prudent sur le grand succès diplomatique de la France,
05:21mais on ne peut que souhaiter que l'essence baisse.
05:23Sur les sujets conjoncturels et la réponse qu'on y apporte,
05:26nous souhaitons, ça coûte 5 milliards d'euros
05:29et qui peut être obtenu par la taxation des super-profits pétroliers
05:32demandée à l'échelle européenne,
05:34que nous puissions faire passer les aides automatiques
05:36de tous ceux qui en ont vraiment besoin à 500 euros.
05:40Il est impératif que les personnes qui en ont besoin,
05:43qui sont dépendantes de leur mobilité, notamment en zone rurale,
05:46puissent se déplacer parce que les Français sont étranglés.
05:50Et vous voyez bien qu'on attendait la crise par l'essence,
05:53et elle est réunie par les lycéens.
05:54Nous sommes dans un pays qui est dans un climat inflammable,
05:57et celles et ceux qui font de la politique
05:59doivent bien sûr avoir un agenda présidentiel.
06:01C'est normal et c'est même nécessaire dans une démocratie.
06:04Mais par contre, vous voyez, on n'y participe pas.
06:07Nous n'avons pas à, finalement, jouer la politique du pire.
06:10Est-ce que vous allez pouvoir échapper à la baisse des taxes ?
06:12Alors, c'est une bonne question,
06:13mais pour le moment, je crois qu'il est prudent de rester.
06:15Parce que quand on baisse les taxes, que disons-nous ?
06:17Ça con cible la totalité de la population,
06:19y compris ceux qui ont peut-être la capacité à endosser et encaisser,
06:23si j'ose dire, le surcoût que représente la hausse de l'essence.
06:27Donc pour le moment, avoir des aides ciblées me paraît essentiel.
06:30Au-delà de ceux qui sont d'ailleurs en zone rurale,
06:32pensons aussi à toutes les filières,
06:34qui est derrière, je pense aux pêcheurs notamment,
06:36je pense à certains agriculteurs,
06:37je pense aux bâtiments, aux travaux publics,
06:39tous ces secteurs qui, derrière eux,
06:40entraient toute une chaîne des aides à domicile.
06:42Et également, tous ces secteurs, tout le domaine de la santé
06:44qui a besoin de se déplacer en ville et en milieu rural,
06:47un peu partout sur le territoire,
06:49toutes ces personnes-là qui entraînent derrière eux
06:50toute une chaîne de valeurs
06:53indispensables au fonctionnement de notre pays.
06:55Donc c'est normal que les aides soient ciblées.
06:57Après, peut-être qu'il faudra aller plus loin.
06:59Notamment, moi j'ai co-signé une proposition de loi
07:00qui propose qu'il y ait une taxe flottante,
07:03qui dépend justement de la fluctuation.
07:05Ça avait été une proposition à l'époque de Jospin, si je ne me trompe pas.
07:07C'est la TICP flottante, absolument.
07:09Et que mon collègue François-Cormier-Boulijon a redéposé,
07:11je pense que c'est aussi une bonne mesure
07:12qui permettrait d'ajuster en fonction de la variation du cours du pétrole.
07:16Victor Hérault, le gouvernement s'achète un peu de répit ?
07:18Oui, un petit peu de répit.
07:19Emmanuel Macron, si vous voulez, pour l'instant,
07:22ne descend pas d'un niveau.
07:23C'est-à-dire qu'il n'infléchit pas sa ligne,
07:24il reste au niveau international.
07:25Lui, son discours, c'est de dire
07:26l'action internationale, diplomatique,
07:28la coopération entre les pays,
07:29marchera mieux et à moindre coût
07:31et de façon plus durable que l'action nationale,
07:33c'est-à-dire soit la baisse des taxes,
07:35soit le blocage des prix, etc.
07:37Ensemble de mesures que pourrait prendre le Premier ministre, par exemple.
07:39Il faut préciser que ce sont des stocks,
07:41alors on est loin d'avoir épuisé ces stocks,
07:43les stocks de l'AIE, de l'Agence internationale de l'énergie.
07:45Il y avait, en mars 2026,
07:481,2 milliard de barils de pétrole dans l'AIE,
07:52dans les pays de l'AIE.
07:53On en a déjà libéré 400 millions
07:55à titre exceptionnel en mars dernier.
07:57Là, on en libère 100 millions de nouveaux.
08:00Il faut quand même veiller à trouver une action
08:02qui ne consiste pas simplement à vider les stocks,
08:04puisque vous l'avez dit,
08:05ça correspond à une dizaine ou une vingtaine de jours
08:07de consommation d'essence en Europe.
08:09Maintenant, si vous prolongez ce conflit,
08:11si ce conflit ne se règle pas
08:12et que vous n'arrivez pas à dégager d'autres leviers,
08:15il y a un moment où les stocks s'épuisent.
08:17C'est ça aussi le problème.
08:17Donc à long terme,
08:18il va falloir prévoir aussi d'autres réponses.
08:20Et les prix des carburants
08:22qui devraient donc baisser dans les tout prochains jours.
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