Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bien sûr, bien sûr, faut-il le rappeler, il y a la liberté de manifester, mais que dire des autres
00:05libertés oubliées en ce moment ?
00:06Chaque samedi et le 5 novembre, il y aura des manifestations, il y aura des blocus, il y aura des
00:12commerçants barricadés,
00:14il y aura des habitants calfeutrés, on en parle avec Anne-Sorah Dubois, merci d'être là, bonsoir à vous
00:19chère Anne.
00:20Laurent Valdiguet nous accompagne, merci de votre présence. Nous sommes avec Guillaume Lacroix, bonsoir.
00:24Bonsoir.
00:25Président du parti radical de gauche, nous sommes avec M. le policier Reda Beladj, bienvenue et bonsoir.
00:31Porte-parole du syndicat de police Unité Île-de-France, tout à l'heure, c'est Julien Aubert, vice-président
00:36des Républicains, qui nous rejoindra.
00:38Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'on a tendance en ce moment à oublier certaines libertés ?
00:41C'est vrai, Guillaume Lacroix, bien sûr, on rappelle la liberté de manifester, mais la liberté de circuler, de travailler,
00:47de vivre de son commerce.
00:48Pour des parents, de voir leurs enfants aller tout simplement à l'école, et on verra tout à l'heure
00:52une scène incroyable qui s'est passée aujourd'hui à Marseille.
00:55Qu'en pensez-vous ?
00:56Oui, ça en dit long sur une époque où manifester devient un problème d'ordre public.
01:02En fait, la manifestation, ce n'est pas un trouble à l'ordre public.
01:05La manifestation, c'est une liberté.
01:07Et effectivement, moi j'ai connu, tout au long de ma vie, de nombreux moments où nous avons manifesté dans
01:13les rues et où il n'y avait pas de trouble à l'ordre public.
01:15Le problème, c'est que désormais, dans une société fracturée, dans une société dans laquelle les tensions sont exacerbées, toute
01:22manifestation, de quel ordre qu'elle soit d'ailleurs, devient sujet à agréger de la violence, à agréger des troubles
01:29à l'ordre public.
01:30Et ça, c'est le signe d'une démocratie malade.
01:33Parce que la liberté du commerce, elle existe, la liberté d'aller et venir, elle existe, la liberté de manifester,
01:38elle existe.
01:38Et on n'a jamais eu à se poser la question de savoir comment elles allaient fonctionner ensemble.
01:42Donc c'est pertinent qu'aujourd'hui, on se la pose, compte tenu de ce qui se passe.
01:45Est-ce que vous êtes d'accord pour dire qu'il faut la liberté d'étudier Laurent Valdéguet quand on
01:49ne veut pas bloquer ?
01:50Qu'il faut la liberté de travailler dans un centre-ville et de s'y promener sans risque ?
01:54Et aujourd'hui, que ces libertés-là soient quelque part, oui, amputées, en tous les cas, rétrécies ?
01:59Tout à fait.
02:00C'est quand même un sujet ?
02:01En fait, il y a deux choses différentes.
02:02Il y a le cycle des manifestations.
02:04Alors, il n'y en a pas eu aujourd'hui.
02:05Aujourd'hui, il n'y a pas eu de manifestation.
02:08Quelque blocus, mais un fil.
02:08Il y a un cycle.
02:09C'est-à-dire, on sait que demain, il y en a une à Paris.
02:11En tout cas, il y en a une qui est annoncée par l'UNEF.
02:13Et puis, mercredi, il y a la grosse manifestation intersyndicale.
02:16Après, celle de samedi et potentiellement celle de samedi prochain.
02:19Donc ça, c'est le cycle.
02:20On ne sait plus si aujourd'hui, il y en a ou aujourd'hui, il n'y en a pas.
02:22Quoi qu'il en soit, on est dans une espèce d'état de manifestation permanent.
02:27Et puis, il y a une deuxième chose qui a eu lieu aujourd'hui.
02:29C'est le blocus.
02:31Alors, le blocus, qu'est-ce que c'est ?
02:32C'est quelque chose qui a été créé, qui a été inventé par les lycéens il y a une vingtaine
02:37d'années déjà, en 2004-2005.
02:39Ce n'est pas avant.
02:40J'ai regardé.
02:41C'est autour des années 2000.
02:43Les lycéens ont inventé ce blocus consistant à bloquer les lycées.
02:47Ça remplace…
02:48Alors ça, pour le coup, c'est vieux comme la grève.
02:50Je rappelle que c'est interdit.
02:51Ça remplace les piquets de grève.
02:53Autrefois, c'était les piquets de grève.
02:54Plutôt à l'entrée des usines.
02:57Alors là, le blocus lycéen, c'était…
03:00Souvenez-vous, le CPE, etc.
03:02C'était…
03:03La France entière était sous blocus.
03:05Donc aujourd'hui, il y a une quarantaine de lycées d'après l'Éducation nationale,
03:09150 d'après les lycéens qui ont été sous blocus.
03:15Alors, blocus, ça veut dire quoi ?
03:16Ça veut dire que concrètement, il y a des élèves qui se relaient, une cinquantaine, une soixantaine,
03:20le matin dès 6 heures, pour venir mettre des poubelles, installer les poubelles.
03:24Vous voulez qu'on voit ce qui s'est passé à Marseille ?
03:26Je retiens votre expression.
03:27Un état de manifestation permanent dans notre pays.
03:30Ce n'est pas un état d'urgence, mais c'est l'état de manifestation permanent.
03:33Mais oui.
03:34Alors, regardons ce qui s'est passé à Marseille.
03:36Alors que des parents au lycée, c'est Marseille Vert, ont tenté de lever,
03:42voilà sur les images, un blocus tout simplement,
03:44ou en tous les cas de s'interposer ou de s'y opposer,
03:48alors que tout simplement, ils voulaient que leurs enfants aillent à l'école
03:53et qu'ils poursuivent leur cours.
03:54Il faut rappeler quand même que le blocus est interdit.
03:58La différence avec une manifestation, c'est que là, c'est interdit un blocus.
04:01Nous sommes d'accord ?
04:03Oui.
04:03Oui.
04:03Alors, moi, pour le coup, par rapport à ce qui était dit,
04:06si je puis me permettre, alors déjà sur le point des manifestations,
04:09je ne suis pas trop d'accord avec monsieur,
04:10puisque j'ai l'impression que dans cette société qui est devenue très politisée,
04:18on se concentre que sur les choses négatives quand on vous dit non,
04:21en fait, et les gens ont du mal à accepter quand on dit non,
04:24il y a 2000, monsieur, il y a 2000 manifestations par an,
04:27rien que sur Paris et l'agglomération parisienne.
04:30On ne les interdit pas, les manifestations.
04:32Là, vous faites un focus parce que, oui, excusez-nous, on a eu 2000.
04:36Non, parce que vous avez dit tout à l'heure, maintenant, en France,
04:38la France est fracturée, on ne peut plus manifester, c'est faux.
04:40Ça fait deux ans, ça fait même tous les ans à Paris.
04:44C'est parce que vous, vous êtes, je pense, concentré sur ce qui se passe en ce moment.
04:47Mais excusez-nous, c'est normal.
04:49Moi, je ne suis pas la préfecture de police,
04:51je suis le dernier à parler de la préfecture de police
04:53et encore moins le ministère de l'Intérieur.
04:55Par contre, ce que je constate, c'est qu'aujourd'hui,
04:57moi, j'ai 2000 forces de l'ordre qui sont sur le carreau.
05:00Il y a juste un moment où nous, on veut pouvoir travailler,
05:04protéger les manifestants, protéger les commerces en toute quiétude.
05:08Et on a vu, vous les montrerez peut-être les images de ce week-end,
05:13excusez-moi, même en les mettant sur les portes de Paris,
05:16vous avez vu, alors c'est sûr, ce n'est pas les commerces qui sont touchés.
05:19Je sais que pour certaines personnes, la vie d'un policier
05:22ou la vie d'un gendarme, elle a peu d'importance,
05:23mais pour nous, elle est importante.
05:26Non, mais je dis les choses parce qu'on dit...
05:28Il n'y a personne autour de ce plateau.
05:30Oui, je ne sais pas autour de ce plateau,
05:31mais ce que je veux dire, c'est qu'avec les scènes qui se sont passées le 17,
05:35j'arrive pas à comprendre que les gens ne comprennent pas,
05:38certaines personnes ou certains politiciens ne comprennent pas,
05:40qu'on prend des mesures préventives pour pouvoir protéger les commerces
05:45et donc déplacer, ce qui est pour moi un bon sens,
05:48certaines manifestations parce qu'il y a des risques.
05:51On va les tracer, mais Guillaume Lacroix...
05:53J'ai mal compris.
05:54Une précision quand même.
05:55Je disais que le problème n'était pas qu'on interdisait les manifestations,
05:58je disais que le signe d'une démocratie malade,
06:00c'est quand les manifestations deviennent des troubles à l'ordre public.
06:02Là, je suis d'accord avec vous.
06:03Et donc mon propos était de dire que ce qui m'inquiétait
06:06n'était pas le fait qu'on interdise.
06:08D'ailleurs, je ne suis pas favorable à l'interdiction des manifestations,
06:11elles ont lieu en marge des villes, c'est très bien,
06:13mais le vrai sujet, c'est pourquoi dans une démocratie comme la nôtre,
06:17dans une démocratie dans laquelle on peut manifester librement,
06:20pourquoi, aujourd'hui, ces manifestations développent des troubles à l'ordre public,
06:24des violences, des pillages, et c'est ça qui doit interroger les politiques.
06:27Je suis d'accord, et c'est exactement le cœur du débat,
06:28et pourquoi elles empiètent sur d'autres libertés,
06:30tout aussi fondamentales quand même que celles de manifester,
06:33qui est la liberté d'aller étudier pour ceux qui le souhaitent,
06:35la liberté de travailler, la liberté de commercer.
06:38Et je voudrais qu'on écoute Anne-Sora Dubois,
06:40parce que ce qui s'est passé à Marseille,
06:42je pense que c'est le début vraiment d'une exaspération d'un ras-le-bol,
06:45un ras-le-bol généralisé.
06:47Écoutons cette maire, et on peut la comprendre,
06:49parce qu'elle pense aussi à la vie, à la vie scolaire,
06:52et puis au destin, c'est peut-être un grand mot,
06:55c'est trois semaines de perdu, un mois de perdu,
06:57mais quand on voit les enquêtes PISA,
06:58pour certains, c'est déjà abyssal.
07:01Écoutons-la.
07:02Ça fait plus de trois semaines que dure la grève devant Marseille-Vert,
07:07le blocage, déjà trois semaines avant les vacances,
07:10et là, depuis ce matin, on avait espoir que les cours reprennent,
07:14et les cours ne reprennent pas.
07:16Nous, on est pour les manifestations, pour leurs besoins,
07:19mais par contre, il faut laisser les élèves qui veulent rentrer dans le lycée,
07:22rentrer dans le lycée.
07:24Ceux qui veulent faire le blocage,
07:25ils se mettent devant, sur le parvis,
07:27et ils manifestent.
07:28Mais ils ne peuvent pas imposer en tant qu'une minorité,
07:31en fait, aux autres qui veulent retourner en cours.
07:35Je crois que c'est important d'écouter aussi cette mère de famille et d'autres,
07:38sans pour autant mettre une hiérarchie entre ceux qui veulent manifester
07:41ou ceux qui veulent aller travailler,
07:42mais c'est aussi sa liberté et son droit de le dire.
07:46Normalement, il n'y a pas de hiérarchie entre les libertés, en effet, en France,
07:49et il y a effectivement le problème du blocus,
07:51on en parlait tout à l'heure,
07:51c'est que la manifestation, vous avez le droit ou non de manifester,
07:55le blocus, par définition, à partir du moment où le lycée est bloqué,
07:58vous empiétez sur la liberté d'aller travailler de certains élèves.
08:02Ça montre ce que dit cette dame,
08:05et on l'avait déjà entendu dans la bouche de certains commerçants,
08:08même après le 17 octobre,
08:09des gens qui disaient, on est pour les manifestations,
08:12on est pour les revendications,
08:13mais pas pour que ça empiète sur nos possibilités
08:16de faire fonctionner nos commerces,
08:17de faire fonctionner la vie normale.
08:19Je vous cite un sondage qui est paru ce matin dans le Figaro,
08:2451% des Français pensent que les blocages des lycéens doivent s'arrêter.
08:27Alors, en disant que les revendications sont légitimes à chaque fois,
08:30et c'est pas maniché de cette façon-là,
08:31c'est pas en disant que les blocages doivent s'arrêter,
08:33donc ça veut dire qu'on n'écoute pas les revendications,
08:35c'est pas ça.
08:36Et 70% des Français craignent que ces blocages
08:39amènent à un blocage généralisé du pays.
08:41Quand on dit craignent, c'est que le terme leur a été soumis de cette façon-là.
08:46Ils disent que ces revendications sont légitimes,
08:48mais on ne veut pas que ça empiète sur...
08:50Il y a la liberté de circuler, la liberté de travailler, de commercer,
08:52je vais ajouter une autre liberté,
08:54parce que toutes ces violences en marge des manifestations,
08:57est-ce qu'elles ne sont pas en train de nous faire vivre
08:58une sorte d'état d'urgence qui ne dit pas son nom ?
09:00Parce que tout le monde s'habitue,
09:02alors peut-être que les couvre-feux ne pèsent pas sur tout le monde,
09:04Laurent Valégué, mais des couvre-feux,
09:05en réalité, on vit sous confinement sécuritaire chaque samedi.
09:09Enfin, certainement, ceux qui ont des enfants
09:12et qui, à l'approche de Noël,
09:13bien sûr qu'on ne peut pas mettre en balance
09:15des difficultés et un contexte social
09:18et une vie de famille
09:20et des réalités quotidiennes, mais enfin quand même.
09:22Est-ce que c'est légitime en France de le dire ou c'est mal vu ?
09:25C'est vrai, en tout cas pour Paris, que Paris a changé de visage.
09:29Marseille ? Paris, Marseille, Lyon, Nantes ?
09:31Oui, je dis Paris parce que tous les jours je circule dans Paris,
09:34mais ces villes ont changé de visage,
09:36ne serait-ce que par les physionomies des vitrines.
09:39Oui.
09:40Puisqu'on traverse Paris avec des vitrines
09:42non plus transparentes,
09:44mais en bois dur, en OSB.
09:47Donc c'est vrai que Paris a changé de visage.
09:49Alors, les blocus lycéens,
09:51c'est pour une raison très simple
09:52que les lycéens font le blocus,
09:54c'est que les lycéens n'ont pas le droit de grève.
09:55Voilà, c'est tout le sujet.
09:56Donc les lycéens qui, depuis les années 2000,
09:59sont pointés en inform...
10:01Vous savez, les lycéens qui n'est pas là...
10:02Oui, mais pardonnez-moi, ça ne justifie pas
10:03que d'autres ne puissent pas aller étudier.
10:06Est-ce qu'on peut poser un problème
10:07sans toujours être taxés d'une culture
10:09de l'excuse, Mme Mabou ?
10:10Mais pas du tout, jamais, loin de moi.
10:11M. Valdiguet a parfaitement raison.
10:13Le sujet dans ce pays, c'est que...
10:15Mais qu'est-ce que vous répondez à cette mère de famille ?
10:17Elle a raison et que ses enfants
10:18doivent pouvoir aller à l'école.
10:19Et quand ils ne peuvent pas le faire ?
10:20Simplement, ce que dit M. Valdiguet,
10:23et je crois qu'il a raison,
10:24c'est qu'il faut qu'on se pose
10:25dans notre société maintenant
10:27la question du droit de grève
10:28à 16 ans des lycéens.
10:29Parce qu'elle n'existe pas.
10:31Et comme elle n'existe pas, Mme Mabou,
10:33qu'elle n'est pas encadrée.
10:34Mais ça n'est pas encadrée.
10:35Non, écoutez-moi, au-delà des blocus,
10:37on est en train de dire chaque week-end
10:39à des gens, on est en train de leur dire
10:41restez chez vous.
10:43Restez, braves gens, qu'elle peut très vous.
10:44Mais là, on parle des blocus.
10:45Non, mais...
10:45Oui, oui.
10:46D'accord, mais chaque samedi,
10:47On peut vouloir encadrer pour améliorer les choses.
10:48Hier, le maire de Marseille,
10:50Benoît Payan,
10:51et vous avez vu ce qu'il avait dit sur...
10:52Il a dit, restez chez vous.
10:54Oui, oui.
10:54Vous vous habituez, vous,
10:55un confinement sécuritaire ?
10:56Absolument pas.
10:56Moi, je suis pour la liberté de manifester,
10:58mais je ne suis pas pour la liberté
10:59que tous les autres...
11:00Madame Mabou, j'ai dit mille fois
11:01que pour moi, la République et la démocratie,
11:03ce n'était pas fort à la mot.
11:04On ne s'enferme pas dedans
11:05et ce n'est pas David Croquette
11:06qui meurt à la fin.
11:07Ce n'est pas aux pilleurs et aux casseurs
11:08de faire la loi dans le pays,
11:09je l'ai dit mille fois.
11:10Ça n'empêche que, par exemple,
11:11sur les blocus,
11:12parce qu'il n'y a pas de droit de grève
11:13des lycéens d'organiser,
11:15on ne peut rien encadrer
11:16et donc ça donne cette situation anarchique.
11:18On peut tout à fait se poser des questions
11:20d'organisation, d'encadrement...
11:21Je vous pose la question d'injustice.
11:23Il y a des injustices
11:24parce que les revendications
11:25ne sont pas entendues.
11:26Oui, madame Mabou, vous avez raison.
11:27Il y a des injustices.
11:28Plein le monde.
11:29Et là, il y en a tous les week-ends.
11:30Oui, il y en a une autre, monsieur Lacroix.
11:31Et donc, il faut bien qu'on mette les règles.
11:32Peut-être qu'elle vous a échappé.
11:33C'est l'injustice de payer
11:34pour tous ceux qui cassent également.
11:36Mais je sais que vous êtes très sensible à ça.
11:37Non, non, je le sais.
11:38Je salue la présence de Julien Aubert
11:40qui nous a rejoint, vice-présenté républicain.
11:42Nous posions la question des autres libertés.
11:44Il est vrai que c'est tout à fait normal
11:45d'accorder une importance grande place
11:48à la liberté de manifester
11:49et la liberté de travailler,
11:50la liberté de commercer,
11:51la liberté d'étudier.
11:52Est-ce qu'elle passe au second plan ?
11:54Est-ce normal ou est-ce que c'est comme ça
11:55quand il y a des revendications légitimes ?
11:58Non, la légitimité d'une revendication
12:01ne doit pas conduire à abolir
12:02la liberté des autres.
12:04Et surtout qu'on arrive dans une période
12:06qui est quand même une période
12:07très particulière pour ces commerces,
12:08notamment la période de Noël.
12:10Pour beaucoup, c'est la période
12:11où ils font un tiers, 40, 50 %
12:13de leur chiffre d'affaires.
12:14Donc, ce n'est pas juste
12:16une question théorique.
12:17C'est que si on ne met pas
12:18un meilleur équilibre des libertés
12:20dans cette affaire,
12:21il n'est pas certain
12:22que nous aurons des centres-villes
12:24aussi fournis l'an prochain
12:27une fois qu'ils auront fait faillite.
12:29Donc, je crois que c'est effectivement
12:31important de poser cette question
12:33et c'est encore plus important
12:34d'y répondre.
12:35La liberté de manifester,
12:36c'est une liberté qui date,
12:38qui s'est construite lentement.
12:39Attention, l'objectif n'est pas du tout
12:41de la fragiliser ici.
12:43Elle s'est construite lentement.
12:44Elle date de la liberté de réunion,
12:471935, un décret-loi qui a été adopté.
12:49Donc, je dirais que c'est une construction
12:50avec le temps.
12:52Maintenant, la liberté de manifester
12:53n'a jamais été absolue.
12:56Et donc, il faut effectivement
12:58permettre à ceux qui veulent travailler
12:59de travailler et à ceux
13:00qui veulent étudier de l'étudier.
13:01Alors, dans quelles conditions ?
13:02Pour les commerçants,
13:03M. Reda Bellach,
13:04panneaux en contreplaqué
13:05pour protéger les boutiques,
13:06équipements de surveillance,
13:07en fait, chacun fait ce qu'il peut
13:09quand l'État ne peut plus.
13:11Est-ce que c'est résumé un peu la situation ?
13:13Quand l'État ne peut plus,
13:14parce que c'est la décision de l'État.
13:16Depuis le début,
13:17si on nous avait laissé faire
13:18notre travail de policier,
13:20c'est-à-dire qu'à partir du moment
13:21où on constate un blocage,
13:23on fait usage de la force
13:24strictement nécessaire, bien sûr,
13:26et on aurait fait notre travail
13:28au moment où on se faisait...
13:29Parce que je rappelle que
13:30dès le début des blocages,
13:31les instructions,
13:32elles étaient claires.
13:32Pas de déblocage
13:33sans instructions hiérarchiques,
13:35pas d'usage de LBD
13:36malgré les attaques
13:37sauf instructions hiérarchiques.
13:39Donc ça, je pense qu'il faut
13:40le répéter
13:41parce qu'on a été ciblés
13:43par certains politiques
13:45sur notre manière de faire.
13:47Maintenant, ce qui concerne...
13:48Tout à l'heure,
13:48vous avez parlé,
13:49les élèves, les lycéens
13:50n'ont pas le droit de grève,
13:51les policiers n'ont pas le droit de grève.
13:52Ça ne nous empêche pas
13:54de faire des manifestations,
13:55ça ne nous empêche pas
13:56de nous exprimer,
13:57ça ne nous empêche pas
13:58d'avoir le droit de retrait.
14:00Pour les effectifs
14:01opérationnels,
14:01c'est un peu plus compliqué.
14:02Mais voilà,
14:03vous voyez,
14:04c'est ça le problème.
14:05Pour le coup,
14:06c'est parce que
14:07depuis un mois,
14:08on subit
14:08et on en a un peu le ras-le-bol.
14:09Je pense que
14:10Sonia Marbeau
14:11m'a fait remarquer
14:12et je ne vais pas m'en cacher
14:13parce que c'est dur
14:13de vivre avec ça.
14:14Vous avez des collègues
14:15qui sont usés,
14:16complètement usés,
14:17qui travaillent,
14:17qui ont un jour de repos
14:19tous les 15 jours,
14:19qui ne voient plus leur famille
14:20et donc nous,
14:22on est au milieu de tout ça.
14:23C'est ordre,
14:23contre-ordre,
14:25fermeté,
14:25compathie,
14:26pédagogie,
14:27c'est un peu compliqué pour nous.
14:27Moi, la question que je pose ce soir,
14:28c'est est-ce qu'on est en train
14:29de s'habituer
14:29à une situation
14:30qui est totalement inhabituelle,
14:32qui est exceptionnelle
14:33et qui est inédite ?
14:34C'est-à-dire s'habituer
14:35à des couvre-feux
14:36qui vont être prolongés,
14:37à une forme de confinement sécuritaire,
14:39à ce que sur les réseaux sociaux,
14:40des maires disent
14:41qu'elles feutrez-vous,
14:42protégez-vous
14:43en espérant quand même
14:44que l'habitation,
14:45on l'espère,
14:46reste l'endroit le plus sûr.
14:47Et la préfecture qui dit
14:48prenez de la sécurité privée.
14:50Effectivement,
14:51même si ça a été maladroit
14:52et qu'ils ont essayé
14:52de le rectifier,
14:53mais le message est passé.
14:54C'est-à-dire,
14:55en fait,
14:56débrouillez-vous.
14:57Débrouillez-vous
14:58de samedi en samedi,
14:59du 5 novembre
15:00à peut-être une autre date,
15:00débrouillez-vous
15:01comme vous pouvez chacun.
15:02Les parents pour leurs enfants,
15:04les commerçants
15:05pour leur commerce.
15:06Précisément.
15:07C'est des consignes
15:08qui sont normales
15:08dans un pays comme la France ?
15:09Mais précisément
15:10parce que l'État
15:14est aussi affaibli et impuissant.
15:15Et donc là où il devrait y avoir
15:17du dialogue,
15:19les corps intermédiaires sollicités,
15:21des débats à l'Assemblée,
15:23des solutions à trouver,
15:24du dialogue.
15:24D'accord.
15:25Et bien,
15:25comme les Français
15:25ont les corps intermédiaires,
15:27vous avez les policiers d'un côté,
15:28les parents de l'autre,
15:28les commerçants, etc.
15:29Chacun est dans son silo
15:31et il n'y a pas
15:31de réponse collective
15:33parce qu'il n'y a pas d'État-for.
15:34Mais merci de l'État-for.
15:35Il n'y a pas de gouvernement puissant.
15:36Monsieur Overt,
15:36le Premier ministre
15:37va recevoir de nouveau les lycéens.
15:39Que va-t-il leur dire cette semaine
15:40qui ne leur a pas dit
15:41la semaine dernière ?
15:43Vous savez,
15:44d'abord,
15:44il y a quand même
15:45une situation politique inédite
15:46où il a assez peu
15:47de moyens politiques
15:47et budgétaires
15:48pour répondre
15:48à des demandes
15:50qui sont vastes
15:51et parfois gazeuses.
15:52Et puis après,
15:53il y a eu quand même
15:54un retard à l'allumage
15:58incroyable
15:58qui fait qu'évidemment,
15:59le coût de sortie
16:00de la crise
16:01sera beaucoup plus élevé.
16:02Et d'ailleurs,
16:03au fur et à mesure,
16:04c'est un peu comme dans les guerres,
16:05lorsque plus vous avez d'alliés,
16:06plus c'est difficile
16:07de trouver un traité de paix,
16:08plus vous avez de gens
16:09qui se coalisent,
16:10plus ce sera difficile
16:11de sortir de la crise
16:12puisqu'il faudra
16:13non plus seulement
16:14traiter le sujet des lycéens
16:15qui eux-mêmes
16:16ont des attitudes,
16:17des attentions différentes,
16:18mais vous aurez en plus
16:19les ouvriers,
16:20les agriculteurs,
16:21que sais-je,
16:22les grands rouleurs.
16:23Donc,
16:24en réalité,
16:25il faudrait aller vite
16:26et d'autant que
16:27dans le même temps,
16:28on a cette espèce
16:28de face-à-face
16:29entre une police
16:30qui est en train de suzer
16:31et des manifestants
16:32qui estiment que
16:33il y a parfois
16:34une violence disproportionnée,
16:35il y a des images,
16:36il y a des risques de bavure,
16:37il y a des risques
16:38de mettre des policiers
16:39qui ne sont pas faits pour ça
16:40au contact
16:41du maintien de l'ordre.
16:42en réalité,
16:43nous avons tous intérêt
16:45à en sortir très rapidement.
16:46– Non mais attendez,
16:47elle est où la baguette magique ?
16:48Parce qu'on va parler
16:49dans quelques instants
16:50et on reviendra
16:50à ce qui s'est passé
16:51autour de ce gendarme quand même,
16:53mais du climat politique délétère.
16:55Mais à juste raison,
16:56vous dites,
16:56les corps intermédiaires
16:57totalement affaiblis,
16:59inexistants,
17:00les contre-pouvoirs
17:01et les médias.
17:02Et nous savons
17:02de quoi nous parlons
17:03ici même,
17:04mais aussi
17:04chez nos confrères,
17:06évidemment,
17:06dans les autres rédactions,
17:08des contre-pouvoirs attaqués.
17:10Mais dites-moi,
17:10qui il reste ?
17:11– Plus grand monde,
17:13le chacun pour soi.
17:14On étouffe d'ailleurs de ça.
17:15– Donc chacun sa boutique
17:15et ses intérêts ?
17:16– On le sent bien
17:16à monter dans la société.
17:17Quand je disais
17:18pourquoi les manifestations
17:19deviennent des troubles
17:20à l'ordre public,
17:21c'est bien ça que je pointe.
17:22Parce que chacun
17:22ne s'occupe que de lui,
17:24de son nombril.
17:25Plus personne ne veut faire nation.
17:27Ça fait dix ans,
17:28Madame Mabrou,
17:28que le président de la République
17:29a décidé
17:30qu'il fallait des intermédiaires.
17:32Qu'il fallait un lien direct
17:33entre...
17:34Il l'a même...
17:35Il l'a théorisé.
17:36Il fallait un lien direct
17:37entre le peuple
17:38et le président de la République.
17:40Quel qu'il soit d'ailleurs.
17:41Lui en l'occurrence.
17:42Quand vous tuez
17:43tous les corps intermédiaires,
17:44les syndicats,
17:46les chambres consulaires,
17:47les corporatismes professionnels,
17:49quand vous expliquez sans cesse
17:50que lorsqu'ils ont des revendications,
17:51elles ne sont pas légitimes
17:53et qu'il faut aller
17:53directement parler avec la base.
17:55Qu'un président de la République
17:56traite les gilets jaunes
17:57en faisant des assemblées
17:58générales populaires
17:59et en inventant
18:00des cahiers de doléances
18:01comme à la Révolution,
18:03lesquels d'ailleurs
18:03ont ensuite été remisés
18:04sans que personne
18:05ne s'occupe
18:05de ce qu'ils étaient devenus.
18:06Vous avez oublié
18:07les partis historiques.
18:08J'en ai oublié beaucoup.
18:10Alors évidemment,
18:11les partis politiques...
18:12Ça ne s'est pas...
18:13Est-ce qu'il en reste ?
18:14Je termine.
18:15Mais sur ce point,
18:17je crois qu'il faut aussi
18:18se dire que quand
18:18vous avez mis en place
18:20ce système
18:20et que vous arrivez
18:21au moment où ce pouvoir
18:22qui a mis en place
18:22ce système direct
18:23est faible,
18:25eh bien à ce moment-là,
18:26il se fait déborder,
18:29piétiner
18:29parce qu'il a lui-même
18:31créé.
18:32Mais c'est bien tout le problème.
18:33J'aurais une petite nuance.
18:35En bongoliste,
18:36je n'ai aucun problème
18:36à ce que le président
18:37de la République
18:37veuille avoir un lien
18:39avec le peuple.
18:40Mais la conséquence
18:41de tout ça,
18:41c'est la responsabilité.
18:43Et c'est ça le problème.
18:44C'est-à-dire qu'il veut
18:44une relation verticale,
18:46mais à aucun moment
18:46il n'y a eu
18:47une prise de responsabilité.
18:48Sur toutes les crises,
18:49ça a été la même chose.
18:51rigidité.
18:51Expliquez-moi,
18:52au-delà du président,
18:52je veux comprendre,
18:53le ministre de l'Intérieur
18:55qui reçoit des lycéens
18:56pour une explication de texte
18:58sur le maintien de l'ordre,
19:00monsieur le policier,
19:00expliquez-moi
19:02comment ça se passe.
19:03C'est-à-dire que le lycéen
19:04vient avec un cahier de l'air
19:05et se dit qu'il faut enlever
19:06le casque,
19:07il faut enlever la grenade
19:09et le ministre de l'Intérieur
19:09dit que non,
19:10ça peut être utile.
19:12Comment ça...
19:12C'est-à-dire que là,
19:13on est quand même
19:13dans un face-à-face
19:14qui interroge à tout le monde.
19:15Moi, je veux bien
19:15que tout le monde
19:16reçoive tout le monde,
19:17monsieur Valigué,
19:17mais ça ne vous a pas
19:18un peu interrogé.
19:18Moi, je voudrais mettre
19:19un bémol quand même.
19:20Parce que ces manifestations,
19:23à 99%,
19:23elles se passent très bien.
19:25Et au sein de ces manifestations,
19:27moi, je les couvre.
19:28Donc, j'y passe mon temps.
19:29Mais je ne parle pas
19:29des casques et des pièces.
19:30Je parle des commerçants
19:31qui ne peuvent pas...
19:31Y compris avec les policiers,
19:32parce qu'à chaque fois
19:33qu'on discute avec les policiers
19:34pour avoir...
19:36Souvent, ils ont le casque
19:37à l'épaule.
19:38Ça se passe bien
19:39et ce sont des moments,
19:41paradoxalement,
19:41alors vous avez raison,
19:46fraternité.
19:46Parce que la manifestation,
19:48c'est un lieu où les gens,
19:49quand ils manifestent,
19:50le portège...
19:51Non, mais c'est vrai.
19:52Il y a du vivre
19:53en beaucoup de moments
19:54de fraternité.
19:55Je n'arrive pas
19:55à mettre à part...
19:56Il faut que les gens comprennent.
19:59Les manifs,
19:59elles se passent bien
20:00parce qu'on est là aussi.
20:01Tout à fait.
20:01C'est la première chose,
20:02vous l'avez entendu.
20:03Et c'est tout à votre honneur.
20:05Maintenant, il ne faut pas oublier
20:06que ça fait plus d'un mois
20:08depuis, je crois,
20:08le 24 ou le 23 septembre
20:10qu'il y a des violences urbaines
20:12sur les blocages.
20:13Donc, moi, je suis obligé
20:14d'englober...
20:16C'est un tout pour vous.
20:17Voilà, c'est un tout.
20:18En fait, c'est une atmosphère...
20:21C'est pour ça qu'il y a du monde aussi.
20:21Je n'ai jamais vu
20:22une telle atmosphère de haine
20:24envers la police.
20:25On peut dire que la plupart
20:26des manifestations
20:27se passent bien,
20:28mais qu'on s'habitue
20:29à des standards de violence
20:30auxquels on ne devrait pas
20:31s'habituer.
20:32En fait, voilà.
20:33Quand on a vu le 17 octobre
20:34et que, ensuite,
20:37le 31, on se dit
20:38que ça se passe mieux,
20:39ça devrait se passer
20:40totalement très bien.
20:42C'est vrai, oui.
20:43Vous augmentez la température
20:44à chaque crise ?
20:46C'est vrai qu'il n'y a pas eu
20:47de réponse au début.
20:50Et vous voyez,
20:50un mouvement social,
20:51Vous croyez qu'il y en aura à la fin ?
20:52Donc, il y a une locomotive
20:53au début
20:54qui a été les lycéens,
20:55dans quelques lycées
20:56qui étaient apparemment dégradés.
20:58Et puis,
20:59à chaque manifestation,
21:01manifestement,
21:01il y a un wagon supplémentaire
21:03qui se...
21:05Et maintenant,
21:06c'est un train...
21:06Il y a du monde.
21:07Je pense que les gens
21:08se comprennent un peu
21:09et le train va vite.
21:10Je vous donne un exemple
21:10qui est très simple.
21:12Ce n'était pas une expression
21:13de colère,
21:13c'était une expression de joie.
21:15Les deux...
21:15La première finale
21:16du Paris Saint-Germain
21:17remportée en 2025,
21:19c'est 33...
21:20Oui, mais je vous le dis,
21:21c'est 30 blessés.
21:22Ah oui, oui.
21:23La deuxième,
21:24c'est plus de 250
21:25forces de l'ordre blessés.
21:26Donc, en fait,
21:27ça existait déjà avant.
21:28Il y avait déjà
21:28ce problème-là avant.
21:29Alors, peut-être qu'on a un lien
21:31avec l'État.
21:32Enfin, peut-être que les gens
21:33ont un problème avec l'État.
21:34Je ne sais pas.
21:34Je pense qu'il y a deux choses.
21:36Il y a d'un côté,
21:37effectivement,
21:37le problème social
21:38qui doit être traité
21:39en tant que tel
21:39avec des gens
21:40qui veulent manifester
21:41et qui ont raison d'ailleurs
21:42parce qu'il y a
21:42un vrai sujet de pouvoir d'achat
21:44et de crise
21:44mais qu'on ne peut pas régler
21:45et qu'on est en train d'aggraver
21:47vu les conditions budgétaires.
21:49Et après,
21:49il y a le fait
21:50que vous avez ces pilleurs
21:51qui profitent du moindre
21:52événement de foule
21:53pour venir en réalité...
21:55Vous avez l'État,
21:56soit il est encore dépositaire
21:58de la force légitime
21:59ou il ne l'est plus.
22:00Ou il ne l'est plus.
22:01Et il garantit
22:02à tout le monde
22:02de pouvoir manifester.
22:03Moi, je veux bien dire,
22:05j'ai dit,
22:06les manifestations
22:06se passent très bien
22:07le 31,
22:08mais je ne peux pas accepter
22:09et personne ne peut accepter.
22:10Il devrait accepter,
22:11on va en parler tout à l'heure,
22:12de voir l'image
22:12de ce gendarme.
22:13Cette image-là,
22:14évidemment,
22:15elle ne symbolise pas
22:16toute une journée.
22:17Mais enfin,
22:18vous avez vu ce qui s'est passé ?
22:19Oui.
22:20Non, non, mais je veux dire,
22:21comment on peut s'habituer
22:21à ces standards-là ?
22:22Moi, je suis pour dire,
22:24puisqu'il faut dire
22:25les choses dans leur ensemble,
22:26oui, ça s'est bien passé.
22:27Mais de voir cette image
22:28dont on parlera tout à l'heure,
22:30c'est-à-dire que les standards
22:30même de notre acceptation...
22:32Oui, mais l'autorité
22:33ne passe pas que par la police.
22:34À un moment donné,
22:35on a laissé aussi...
22:36L'État !
22:36On a laissé s'enquister
22:37des universités
22:38qui sont fermées,
22:39des lycées qui sont privatisés
22:41par des minorités.
22:43À un moment donné,
22:43on pourrait aussi taper
22:44du poids sur la table
22:45et estimer...
22:45Enfin, moi, quand je vois
22:46dans les universités
22:48des professeurs
22:48qui sont solidaires,
22:49des étudiants,
22:50très bien,
22:51ils refusent de donner
22:51des cours en visio.
22:53Donc, en réalité...
22:54Mais des gens refusent ?
22:55Oui, des enseignants
22:56qui disent...
22:56Parce que vous avez des enseignants,
22:57vous avez des étudiants
22:58qui, eux, veulent réussir
22:59leur année.
23:00Oui, oui, vous avez des professeurs
23:02qui disent
23:02« Mais moi, je suis solidaire,
23:03donc je refuse même
23:04de donner des cours. »
23:05Bon, à un moment donné,
23:07d'abord, je pense qu'on devrait
23:08réouvrir les universités
23:09et les lycées.
23:10Et puis, deuxièmement,
23:11que les professeurs
23:12qui se disent solidaires,
23:13vous ne voulez pas donner cours,
23:14vous n'êtes pas payés.
23:15Puis, à un moment donné,
23:15on va peut-être voir aussi
23:16que chacun assume
23:17ses responsabilités.
23:18On a le droit
23:19d'avoir tous les combats politiques
23:20que l'on souhaite,
23:22mais on ne peut pas gâcher,
23:23vous parlez des libertés,
23:25il y a des étudiants
23:27qui sont issus
23:28de familles modestes
23:28et qui sont en train
23:30de perdre leur année.
23:30on ne paye plus les professeurs
23:32qui n'acceptent pas
23:32De toute façon,
23:33si les professeurs font grève,
23:35c'est encadré.
23:35Le droit de grève des professeurs,
23:36s'ils veulent faire grève
23:37de cette manière-là,
23:38à ce moment-là,
23:38ils le déclarent
23:39et à ce moment-là,
23:39ils ne sont pas payés.
23:40Il faut assumer ces actes.
23:48Bien sûr,
23:49c'est la République,
23:50les droits et les devoirs.
23:50Mais ce qui ne va pas
23:52depuis le début,
23:53c'est qu'on ne fait plus
23:53de politique dans ce pays.
23:55On ne devrait pas faire
23:57de la politique
23:57avec le régalien.
23:58On ne doit pas discuter
23:59la doctrine de maintien de l'ordre
24:01dans le cadre
24:01de discussions politiciennes.
24:03que le ministre de l'Intérieur
24:03reçoit des lycéens
24:04pour discuter de la doctrine
24:05de maintien de l'ordre,
24:06personne n'a...
24:07L'autre jour,
24:08sur votre plateau,
24:08j'ai dit...
24:09L'autre jour,
24:10moi j'étais étonnée.
24:11Madame,
24:11vous m'avez déjà oublié,
24:13l'autre jour,
24:14il ne faut qu'il n'y ait
24:15jamais aucun doute
24:17sur le fait
24:17que le régalien,
24:18la police et la justice
24:19ne sont pas instrumentalisés
24:20à l'effort politique.
24:21Ça n'est pas possible.
24:22Ça, en République,
24:23ça n'est pas possible.
24:23Par contre,
24:24ne pas faire de politique
24:25quand on est ministre
24:26de l'Éducation nationale.
24:27J'y peux rien.
24:27Ils ont choisi un techno.
24:29Quand vous refusez
24:30de faire de la politique
24:31quand vous êtes au gouvernement
24:32et que vous décidez
24:33de tout amener
24:34sur le champ
24:34de la réglementation,
24:36du sécuritaire
24:37et que vous refusez
24:38de faire de la politique.
24:39Alors oui,
24:39il y a des problèmes
24:39de moyens financiers
24:40mais réformer par Coursup,
24:41ça ne demande pas
24:43des milliards.
24:44Être capable de discuter
24:46avec les lycéens
24:46sur un certain nombre
24:47de sujets,
24:47tout n'est pas financier.
24:49Julien Aubert est trop
24:50avisé en politique
24:50pour savoir que la politique
24:51c'est aussi la capacité
24:53à prendre...
24:53Attention,
24:53quand ça passe comme ça,
24:54c'est quand même...
24:55C'est un peu...
24:56C'est un peu...
24:59Oui, mais j'ai été étonné,
25:00Julien Aubert,
25:01par exemple,
25:01sur l'école,
25:02de découvrir que Bruno Rotaillot
25:03proposait d'ouvrir
25:04des établissements publics
25:05où les écoles
25:06choisiraient elles-mêmes
25:07leurs programmes.
25:08Eh bien,
25:08mille établissements publics
25:10où on choisirait
25:11soi-même son programme,
25:12c'est déjà une sécession.
25:14Et que quand on veut faire
25:16République,
25:16quand on veut faire Nation,
25:18quand on tient des discours
25:19de responsabilité,
25:20de dire l'école est centrale
25:21pour tenir les citoyens,
25:23il faut aller au bout.
25:24On ne peut pas se dire
25:25que ce qui pose problème,
25:26c'est de rajouter
25:27encore des couches.
25:28On a le contrat,
25:29on a le hors contrat
25:29et maintenant,
25:30on aurait celles qui sont...
25:32Ça m'a surpris
25:32de Bruno Rotaillot,
25:33un peu hippie dans l'âme
25:34où on choisit
25:35ce qu'on veut
25:35pour soi-même.
25:36J'ai entendu beaucoup
25:37de critiques sur Bruno Rotaillot.
25:38Quand on en est,
25:39tout est possible.
25:41Je le dis aussi,
25:42on ne peut pas défendre
25:43l'école si on ne défend pas
25:44aussi une certaine autorité
25:45dans le fait que
25:46chaque enfant de ce pays
25:47a accès au même enseignement,
25:49à la même qualité.
25:50Ça, c'est de la politique.
25:51Allez-y.
25:52J'en réponds d'abord
25:53qu'on peut avoir
25:54une expérience
25:56dans le milieu scolaire
25:57parce que ça peut permettre
25:59aussi à certains établissements...
26:00Vous savez,
26:01dans ce pays,
26:01on traite...
26:02Vous avez le T-shirt
26:03taille L
26:04qui est décidé à Paris
26:05pour tout le monde.
26:06C'est un des problèmes.
26:08Pas pour l'école.
26:08Et je ne suis pas
26:10un grand girondin
26:11mais je serais plutôt
26:12un colbertisme.
26:12Enfin,
26:13si on veut aussi
26:14prendre conscience
26:14des différences sur le terrain,
26:16peut-être que l'adaptation
26:17effectivement des établissements
26:19à la réalité
26:19et en ayant,
26:21si vous voulez,
26:22des organisations pédagogiques
26:23différentes
26:24suivant les conditions sociales...
26:27C'est un des nagazes.
26:28Déjà qu'on n'arrive pas
26:29à s'entendre quand on est...
26:30On le fait déjà.
26:31Mais je dirais,
26:32on n'est pas obligé
26:33d'avoir le même type
26:34de collège partout
26:35et on peut aussi tester
26:37et voir ce que ça donne.
26:37On peut choisir chacun son programme ?
26:38Et on va voir ce que ça donne.
26:39Donc c'est le commune de la règle.
26:41Donc c'est les attaques
26:42qu'on dit le programme.
26:43Je ne vais pas faire
26:45le projet présidentiel
26:46de M. Rotailleau.
26:47Pourquoi ?
26:47Parce que c'est demain.
26:48Il est invité de vous, président.
26:49Je vous rappelle
26:50que le programme est national
26:52et Sonia Mabrouk,
26:53je ne suis pas porte-parole
26:53de M. Rotailleau,
26:54mais je suis sûr
26:54que Sonia Mabrouk
26:55posera la question
26:56sur les programmes.
26:57Ça m'étonnerait très fort
26:58que M. Rotailleau ait dit
27:01que le programme
27:01devait être décidé
27:02au plan local.
Commentaires

Recommandations