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00:00Tous nos duelistes font leur entrée, Raphaël Entoven, cofondateur de Franc-Tireur et face à vous, ce samedi, Daniel Simonnet,
00:07député de Paris, vous appartenez au mouvement L'Après, Ancienne Insoumise, on est content que vous ayez accepté de débattre
00:15avec Raphaël Entoven et je crois d'ailleurs que vous vouliez en dire un mot, Raphaël.
00:18Je suis très content de débattre avec Daniel Simonnet, qui appartient à la plus ancienne matrice mélenchoniste, ça c'est
00:24certain, radicale, militante, résolue, volontiers, abrasive, parfois virulente, mais vous en êtes sorti, c'est ça qui est marrant, plutôt
00:32on vous en a viré, ce qui n'est pas drôle, et or je ne doute pas que vous ayez
00:36conservé vos convictions, de sorte que, parce qu'on ne va pas changer d'avis quand on se fait virer
00:42d'un endroit, de sorte que vous avez les convictions d'une insoumise sans en avoir les contraintes.
00:48Vous avez la vision du monde d'une insoumise, sans avoir à retweeter la parole du chef, ou bien à
00:52obéir à la femme du chef, vous êtes une insoumise en liberté.
00:55Vous êtes toujours une insoumise ?
00:57Je reste toujours avec les mêmes convictions et je me sens, oui, totalement libre, et avec le parti de l
01:05'après, on garde la défense du même programme, le programme du Nouveau Front Populaire, et on milite en faveur de
01:11l'unité,
01:11parce qu'on pense que, que ce soit sur les mobilisations sociales, que ce soit pour les prochaines échéances, si
01:16on ne veut pas que l'extrême droite gagne dans ce pays,
01:19eh bien il faudrait l'unité de toute la gauche et des écologistes.
01:21Alors justement, revenons-en à ces violences urbaines auxquelles on assiste là, on a entendu le gouvernement à plusieurs reprises
01:26pointer du doigt la France insoumise,
01:28est-ce que Jean-Luc Mélenchon est responsable des images des violences auxquelles on assiste ?
01:32Mais non, mais c'est complètement dingue, parce que c'est vraiment la stratégie classique.
01:36Au lieu de parler du fond, qu'est-ce qui met en colère cette jeunesse ? D'où est parti
01:40ce mouvement ?
01:41Il faut quand même rappeler qu'il y a déjà deux années, vous aviez une mobilisation très forte dans le
01:4693, il y avait eu des grèves très importantes,
01:48et qui avaient permis d'obtenir et d'arracher des postes.
01:51Et puis le problème, c'est qu'en cette rentrée, la situation, elle s'est aussi très fortement dégradée.
01:55En même temps, en dix ans de macronisme, ces dix mille postes d'enseignants qui ont été supprimés dans l
01:59'éducation nationale,
02:00il y a une situation de dégradation des conditions d'études, notamment dans les lycées de banlieue qui a été
02:06portées par cette jeunesse lycéenne
02:09qu'on avait ras-le-bol devant son avenir gâché, et la mobilisation a pris maintenant dans tout le pays.
02:14Mais ma question, c'est est-ce que la France insoumise attise les violences auxquelles on assiste ?
02:19Lorsqu'on voit le maire de Saint-Denis légitimer les réactions violentes des manifestants,
02:25est-ce que la France insoumise n'est pas responsable des violences urbaines auxquelles on assiste ?
02:29Bally Bagayoko a dit très exactement que la violence pouvait être légitime parfois, parlant des citoyens, des individus.
02:37Alors il prenait l'exemple d'un citoyen ou d'un élève qui prend un flashball et qui dit «
02:41voilà, la violence peut être légitime ».
02:43C'est une phrase dangereuse de considérer que la violence peut être légitime selon le degré de conviction des individus,
02:50parce que si chacun pense que la violence est légitime, s'il est convaincu de ce qu'il pense,
02:55à ce moment-là, la violence du commerçant dont le commerce est dégradé est légitime,
02:59la violence de l'antifasciste ou du fasciste est légitime.
03:02Vous voyez ce que je veux dire ? C'est un problème.
03:04Dire que la violence est légitime, c'est quand même un problème, non ?
03:07Je suis profondément féministe.
03:08Donc ça veut dire quoi être féministe ? C'est être contre tous les rapports de domination.
03:11Et la violence est généralement un rapport de domination qui empêche tout débat.
03:16Or, il faut savoir que dans les rapports...
03:18Vous trouvez que les élèves sont dominants ?
03:19Sauf que dans les rapports de domination, ceux qui peuvent permettre la désescalade,
03:23c'est ceux qui ont le plus de force dans ce rapport de domination.
03:26Et donc ce sont le gouvernement et les forces de l'ordre.
03:29Or, on a assisté quand même sur cette mobilisation lycéenne.
03:32On a assisté d'abord à des violences de la part de la police totalement inacceptables.
03:36Si vous croyez que la jeunesse n'a pas vu...
03:41Ce tir de LBD à bout portant sur un œil d'un lycéen à Tours...
03:47Moi, je me souviens déjà, il y a deux ans,
03:49vous savez, à chaque fois qu'il y a des mobilisations dans les lycées du 20e,
03:52je viens avec mon écharpe pour justement être présente,
03:55à la fois exprimer mon soutien avec les revendications des lycéens,
03:59et puis en même temps m'assurer que les choses se passent bien.
04:02Il y a deux ans, j'avais vu les forces de l'ordre faire...
04:05Enfin, gazer, mais à ça du visage des jeunes.
04:09À ça du visage des jeunes.
04:10Est-ce qu'ils ont été poursuivis ?
04:11Le défenseur des droits s'est saisi du dossier.
04:14Mais il n'y a pas eu de suite.
04:15Donc pour désescalader...
04:16En l'occurrence, il y a donc cinq enquêtes pour violences policières.
04:19Est-ce que vous êtes d'accord pour dire qu'il y a aussi de la violence
04:21du côté des lycéens ou des casseurs ?
04:24Est-ce que c'est la même chose d'ailleurs ?
04:26Je vois les images comme vous.
04:27Je vois les images comme vous.
04:28Mais si vous voulez désescalade de la violence, il faudrait d'abord, pour commencer,
04:32que le gouvernement ne méprise pas la jeunesse au point d'imposer dans son budget, à nouveau,
04:37les suppressions de postes, alors même que cette jeunesse dit stop, arrêtez de dégrader notre avenir,
04:43nos conditions d'études.
04:44C'est une catastrophe.
04:45On a passé les épreuves du bac dans des salles à 40 degrés.
04:49On se retrouve avec des enseignants non remplacés.
04:52Enfin, je veux dire, c'est quand même des chiffres...
04:53Mais on les entend plus, c'est-à-dire qu'ils sont désormais à la réunion.
04:55Mais parce que vous ne voulez pas les donner à avoir, mais 15 millions d'heures de cours qui sont
05:00perdues par an
05:01parce que les rectorats et le ministère de l'Éducation nationale n'est pas capables d'assurer des postes de
05:06remplacement.
05:07Il y a une dégradation qui n'est plus possible.
05:09On sera d'accord sur ce constat, mais il y a une disproportion spectaculaire entre des revendications légitimes,
05:17profs absents, classes surchargées, bâtiments dégradés, emploi du temps, etc., etc.,
05:22des revendications légitimes, et l'expression de ces revendications qui, elle, est sédicieuse et violente.
05:28Il y a une disproportion entre les deux et on ne peut pas faire comme si la violence des lycéens
05:33était la conséquence de la violence policière.
05:37Ça n'est pas ça qui s'est passé.
05:38Si les lycéens sont violents, en l'occurrence, c'est qu'il y a aussi, à l'intérieur des mobilisations,
05:43des gens dont l'intérêt est, en gros, pardonnez-moi l'expression, de foutre la merde.
05:48D'abord, je conteste votre expression qui est de dire « les lycéens sont violents ».
05:51Non, je n'ai pas dit « les lycéens sont violents », j'ai dit « il y a de
05:53la violence chez les lycéens ».
05:54Non, vous avez dit « les lycéens sont violents ».
05:55Non, mais les lycéens qui sont violents sont violents, pas tous les lycéens.
05:58Donc, d'abord, les enquêtes permettront de savoir est-ce que les actions ont été vraiment menées par des lycéens
06:04ou par d'autres gens ?
06:04Ça, 5000 interpellés depuis lundi, 85% de mineurs.
06:08C'est énorme. Vous voyez quand même la pression.
06:1085% de mineurs, c'est beaucoup.
06:12Oui, mais je vais vous dire une chose.
06:13Sur les mobilisations que moi, je vois à l'échelle parisienne et où les jeunes ne sont pas violents,
06:17eh bien, il y a eu des gardes à vue, il y a eu des jeunes arrêtés alors qu'ils
06:20n'étaient pas sur l'effet de violence.
06:22Et on a, depuis plusieurs années, une dérive à une réponse policière extrêmement sécuritaire, autoritaire,
06:28qui m'inquiète très fortement contre la jeunesse.
06:32C'est pas possible.
06:33Vous avez en plus une escalade qui fait que les jeunes n'ont plus le droit, la démocratie lycéenne.
06:38Ça n'existe plus.
06:39N'ont plus le droit, lorsqu'ils décident de se mettre en grève, de faire des assemblées générales dans les
06:42cours de leur lycée.
06:44Ce temps-là n'existe plus.
06:45Donc, ils n'ont que le moyen du blocage pour permettre à l'ensemble des jeunes de participer à une
06:49mobilisation.
06:50Et ils sont tous menacés lorsqu'ils participent à un blocage qui est leur seul moyen d'action.
06:55Ils sont menacés, et j'ai plein de courriers, de proviseurs, mais y compris de préfets,
06:59qui les menacent de poursuite pénale s'ils poursuivent un blocus.
07:04Et ils sont menacés pour leurs absences, que leurs absences soient comptabilisées dans Parcoursup.
07:09Ça vous semble pas normal ?
07:11Mais moi, je suis très fière, à 16 ans, d'avoir participé au mouvement contre la loi de Vaquet.
07:18Ah, de Vaquet !
07:19Non, je ne suis plus âgée.
07:20Vous me rajosissez, c'est gentil, mais non.
07:22Je ne suis plus âgée.
07:22Moi, j'avais 10 ans, ma membre de Vaquet.
07:23C'était mes premières manifs.
07:25J'avais même pas 16 ans, j'avais 15 ans, j'avais un an d'avance.
07:28J'étais en première dans le lycée de Nemours.
07:30Mais reconnaissez une chose, vous qui vous en souvenez, c'est un souvenir qu'on a en commun.
07:36Moi, j'étais un peu plus jeune, j'avais 10 ans.
07:38J'étais en sixième, mais je me souviens des premières manifs de Vaquet, si tu savais, etc.
07:43J'étais content, c'était formidable.
07:44De Vaquet, si tu savais, etc.
07:47Ce qui me frappe, moi, et c'est la mémoire qui me l'indique,
07:51c'est à quel point les mouvements, les mobilisations de jeunesse se ressemblent à travers les âges.
07:56De Vaquet, 86, CPE, Jospin avant le CPE.
08:00Puis aujourd'hui, c'est fou comme les manifestations de lycéens se ressemblent.
08:07Les slogans sont identiques, les revendications sont toujours les mêmes.
08:11Et le discours qui consiste à dire que la violence des lycéens,
08:14c'est le résultat des violences policières, est également le même.
08:17Donc moi, ce qui me fascine dans ce spectacle, c'est que rien ne change.
08:20Ça se dégrade très fortement.
08:21Je crois que vous ne réalisez pas à quel point ça se dégrade.
08:23Je suis désolée, en 86, ou dans le mouvement de 90,
08:27Il y avait des classes surchargées, il y avait des 3-100,
08:30il y avait des bâtiments dégradés, il y avait des problèmes d'emploi du temps.
08:33Il n'y avait pas le même niveau de répression.
08:36On se souvient tous de la mort de Malik Ossikine.
08:39Justement, c'est ce que j'allais vous dire.
08:41Les voltigeurs, c'est 86, madame.
08:43Les voltigeurs étaient allés jusqu'à ce niveau-là.
08:45Et après, tout le monde s'est rendu compte qu'il fallait absolument une désescalade de la violence.
08:49Et on avait respecté la démocratie lycéenne.
08:52On avait la possibilité de faire, je le dis, des assemblées générales de grévistes dans les établissements.
08:57Et vous dites que depuis tout ça, c'est dégradé.
08:59Tout ça, c'est fini. On a des jeunes mineurs qu'on envoie en garde à vue.
09:02Est-ce que ce n'est pas un peu la solution facile, Raphaël Enthoven, de la part du gouvernement,
09:06quand même, de dire que c'est la faute à LFI quand il y a des carences, effectivement,
09:11et de vraies revendications ?
09:12Peut-être.
09:13C'est une solution facile.
09:14J'avoue que je n'ai pas les infos.
09:15Donc, je ne sais pas si LFI a joué, effectivement, un rôle actif dans le déclenchement
09:20et dans l'expansion de ces manifestations.
09:24Manifestement, c'est le cas.
09:26Voilà.
09:26Ça ne m'étonnerait guère, pour tout vous dire.
09:29Je ne serais pas surpris que ce mouvement essentiellement adolescent n'ait pas profité de l'occasion.
09:33Est-ce que vous avez vu la proposition de Bruno Retailleau qui dit que,
09:36comme ils organisent l'insurrection, il faudrait dissoudre la France insoumise ?
09:40Non, ça n'a aucun sens, ça.
09:42Ça n'a aucun sens, évidemment.
09:43Ça n'a aucun sens.
09:44D'ailleurs, comme il n'y avait aucun sens à demander la dissolution du Front National.
09:48Ça n'a aucun sens.
09:49On ne fait pas ça.
09:50Quand des millions de gens votent pour quelqu'un,
09:53quand il y a une proposition politique qui est celle-là,
09:56elle n'est peut-être pas républicaine.
09:57À mon sens, elle n'est pas démocratique, elle n'est pas républicaine.
09:59Mais on n'interdit pas un mouvement comme ça.
10:01Et d'ailleurs, Retailleau le sait lui-même.
10:02Il a juste fait ça pour faire plaisir à ses électeurs, à ses huit électeurs.
10:07Vous êtes un peu sévère, Raphaël.
10:10Moi, ce que je pense important pour la manifestation de mardi,
10:13cette manifestation, elle va être importante.
10:15Parce qu'il y a une convergence à la fois des revendications
10:18et des mobilisations lycéennes, étudiantes.
10:20Vous avez pas mal d'universités qui basculent en grève.
10:23C'est convergent avec la revendication des enseignants
10:26et de la défense d'une autre politique
10:29en faveur de l'éducation nationale
10:30et plus globalement de nos services publics
10:32et déjà du point d'indice.
10:33Et je pense, moi, ce qui est important,
10:35c'est que le maximum de parents
10:37soient présents devant les établissements scolaires.
10:39Et oui, on l'avait fait, la question des casques bleus
10:42ou des casques blancs ou des brassards blancs.
10:44Donc, vous reprenez la proposition de Jean-Luc Mélenchon
10:46qui dit là, il faut que les parents aillent sur les lieux
10:49des manifestations, mettre un brassard blanc,
10:51un casque blanc pour les protéger.
10:53Elle est déjà portée par des syndicats enseignants
10:53et par des associations de parents d'élèves.
10:56Elle avait déjà été utilisée dans le passé,
10:58pendant le mouvement, notamment, lycéen de 90, me semble-t-il.
11:02Et je pense que c'est important
11:03qu'on soit très nombreux devant les établissements
11:06pour, justement, à la fois exprimer un soutien
11:09et de dire, attention, on vous voit.
11:11On ne veut pas voir, moi, je ne veux pas voir
11:15les gaz lacrymogèles à bout portant.
11:18Je ne veux pas voir de tir de LVD.
11:20Je veux que la jeunesse de ce pays, on puisse l'entendre.
11:22Et j'aimerais que le gouvernement réponde sur le fond.
11:25Parce que pour l'instant, il ne répond rien sur le fond.
11:27Il va poursuivre les suppressions de postes.
11:29La raison d'être de la présence des parents
11:31dans un établissement scolaire,
11:33quand il y a des manifestations,
11:34c'est d'abord pour prévenir les débordements
11:36de la part des élèves, pas des policiers.
11:38Mais les deux, hélas, monsieur.
11:40Ce qui est en jeu aujourd'hui,
11:43ce sont des revendications légitimes,
11:44dont la légitimité a été recouverte
11:47par la violence spectaculaire
11:50dont certains émeutiers ont fait preuve.
11:52C'est bien dommage.
11:53L'enjeu, c'est effectivement de calmer le jeu
11:55pour porter objectivement des revendications
11:59qui ensuite font l'objet d'une discussion.
12:01Mais quand ces revendications sont assorties
12:03de poubelles qui flambent,
12:05de lycées qu'on ferme,
12:06de gens qui ne peuvent pas étudier,
12:08qui ne sont pas forcément solidaires,
12:10ça ne va plus.
12:11Et pourtant, vous voyez,
12:12quand la FNSE a brûlé des poubelles
12:14et fait des dégradations bien pires,
12:15ça ne me va pas non plus, moi.
12:17Moi, ça ne me va pas non plus,
12:18mais le gouvernement choisit à ce moment-là
12:20de les entendre.
12:20Donc j'aimerais bien que ce gouvernement
12:22entende et revoie complètement sa copie
12:24sur le budget, voilà,
12:24et qu'ils comprennent
12:26que Parcoursup, c'est une catastrophe.
12:28Et on reverra ce que le gouvernement
12:32décide.
12:33Je voulais vous entendre aussi,
12:34évidemment, sur une autre actualité,
12:35l'affaire Bardella,
12:37le Rassemblement National.
12:38Ça vous fait rire, Raphaël.
12:40Oui, oui, oui, je ne sais pas pourquoi.
12:42Ça me met de bonne humeur, cette histoire.
12:44Je ne sais pas pourquoi.
12:44RN, qui poursuit dans sa défense
12:47jusqu'au boutiste,
12:48malgré les éléments de preuve
12:49apportés par Mediapart,
12:51le parti crie au complot.
12:52Combien de temps cette stratégie
12:54va-t-elle pouvoir durer, Raphaël Enthoven ?
12:55Je ne sais pas,
12:56je ne sais pas,
12:57mais l'erreur de communication
13:00de Bardella est spectaculaire.
13:03Il a fait une Cahuzac,
13:05il a fait une Clinton,
13:06il a fait le déni total.
13:09Si Bardella
13:10était allé,
13:11contrit,
13:12devant un média
13:13qui ne lui est pas acquis,
13:14par exemple sur BFM,
13:15tiens,
13:16pour dire
13:17j'ai été con,
13:18je regrette,
13:19j'avais 20 ans,
13:20je racontais n'importe quoi,
13:21j'étais sous influence de Soral,
13:23mais j'ai fait amende honorable.
13:24Et je peux vous dire un truc,
13:25c'est que je connais
13:25l'antisémitisme de l'intérieur.
13:28Il y avait moyen dans l'opinion
13:30pour que les gens se disent
13:31bon,
13:32eh bien voilà,
13:32très bien,
13:33il a admis son affaire.
13:34De toute façon,
13:34Yann Moix,
13:34il a admis son erreur,
13:36maintenant,
13:37etc.
13:37Il faisait un peu de surenchère
13:38et c'était bon.
13:40Et il coupait l'herbe
13:41sous le pied des feuilletonistes
13:42de Mediapart
13:43qui sortent les trucs.
13:43Au lieu de ça,
13:44il s'est enferré
13:45dans une défense ridicule
13:47en déclarant
13:48qu'il n'avait jamais écrit ça.
13:50Et alors,
13:51ils ont eu la peau de Cahuzac,
13:53ils ont eu d'une certaine manière
13:54Sarkozy aussi.
13:54Je ne vois pas comment
13:55ils vont rater Bardella.
13:57Je n'imagine pas
13:58qu'ils aient avancé
13:58des choses comme ça.
13:59Non, terminé,
14:00j'en sais rien,
14:01j'en sais rien,
14:01mais ce n'est pas bon pour lui.
14:03Mais c'est important
14:04de comprendre
14:04ce que ça révèle,
14:05cette affaire.
14:07Cette affaire,
14:07elle révèle que
14:08le Rassemblement National,
14:09eh bien c'est toujours
14:10la même partie
14:11que le Front National.
14:11ça n'a pas changé.
14:14Donc ces ramifications
14:15avec l'antisémitisme
14:17le plus crasse,
14:18avec le complotisme
14:19de Soral,
14:19c'est toujours le même.
14:20Et moi j'aimerais vous parler
14:21de quelque chose
14:22qui m'inquiète profondément.
14:23Soral a beaucoup d'influence
14:24sur les Insoumis aussi.
14:25Le Rassemblement National.
14:28Je m'arrête un instant là-dessus.
14:29Qu'est-ce que vous dites ?
14:30Alain Soral a beaucoup d'influence aussi
14:31sur la France insoumise.
14:32Je dis Alain Soral
14:32a beaucoup d'influence aussi
14:34sur la France insoumise.
14:35On va sortir un dossier entier
14:37sur les références
14:38des Insoumis à Soral
14:39et de Soral aux Insoumis.
14:40Soral dit du bien
14:42des Insoumis
14:42depuis 2012.
14:44Depuis 2012,
14:45c'est-à-dire
14:45sur la question
14:47du marché du travail.
14:48Ça avait commencé comme ça.
14:49Et ensuite,
14:49il y a eu la question palestinienne.
14:51Mais Soral dit du bien
14:52de la France insoumise
14:53depuis 13 ans à peu près.
14:55Et les Insoumis aussi.
14:56Il y a des Insoumis
14:57qui ont été à l'école Soral.
14:58David Guiraud a été
14:59à l'école Soral
15:00comme l'a été Jordan Dardella.
15:01Donc les points communs
15:02entre le RN
15:02et la France insoumise,
15:04Daniel Simonnet.
15:04Ça peut plaire
15:06à M. Entoven
15:07qui veut...
15:08Entoven.
15:09Entoven, pardon.
15:09Pardon, d'ailleurs.
15:10Pardon, excusez-moi.
15:11Oui, pas de problème.
15:12Qui peut-être
15:13se complète
15:14dans cette volonté
15:14de renverser
15:16diabolisation des diabolisations.
15:17Moi, je vais vous dire une chose.
15:18Le RN
15:19n'a pas changé.
15:20Et ce qu'il projette de faire
15:22m'inquiète très fortement.
15:23Il projette...
15:24Vous savez,
15:24Marine Le Pen
15:24dit toujours
15:25qu'elle va faire
15:25un référendum immigration
15:27si elle gagne la présentielle
15:28et qu'il aura lieu
15:29le premier tour
15:30des élections législatives.
15:32Nous, on a regardé le texte.
15:33Qu'est-ce qu'il dit, le texte ?
15:34Qu'ils ont déposé
15:35depuis 2024
15:36à l'Assemblée nationale.
15:37C'est un référendum constitutionnel
15:39où ils veulent
15:39tout simplement
15:40faire un coup d'État
15:41parce qu'ils vont utiliser
15:42l'article 11
15:43de la Constitution
15:44qui normalement...
15:44Là, c'est un autre sujet.
15:45Non, ce n'est pas un autre sujet
15:46parce que je vais vous dire une chose.
15:47Au cœur de ce projet,
15:49il y a quoi ?
15:49Il y a la xénophobie d'État
15:51qu'ils veulent rentrer
15:51dans la Constitution.
15:52C'est-à-dire le principe
15:53de discrimination,
15:54d'exclusion des étrangers
15:56dans l'accès au logement,
15:57dans l'accès à l'emploi
15:59au profit des Français.
16:02C'est une vision
16:03totalement discriminante.
16:05sur les propos
16:06de Raphaël Enthoven.
16:06Mais ça ne vous inquiète pas
16:07quand même
16:07qu'on essaie de transformer
16:08de la République ?
16:09On en parle aussi
16:11et le référendum
16:12sur l'immigration.
16:13On en a parlé
16:14illidéal.
16:15On peut en parler
16:15ça en plus.
16:15Dans une xénophobie d'État.
16:16Ça va être un apartheid.
16:18Vous avez plus vos distances
16:19avec la France insoumise.
16:21Est-ce que vous estimez,
16:22comme Raphaël Enthoven
16:23sur ce plateau,
16:25qu'il y a un problème
16:26d'antisémitisme
16:27au sein de la France insoumise aussi ?
16:28Non.
16:28Moi, j'ai eu un désaccord
16:30avec Jean-Luc Mélenchon
16:31quand il a estimé que...
16:32À quoi ça sert
16:32de se fâcher avec ces gens-là
16:34si vous ne pouvez pas admettre ?
16:34Il faut me laisser parler.
16:35Vous aimeriez bien
16:36que je tape sur Mélenchon.
16:38J'ai un désaccord
16:39avec Jean-Luc Mélenchon
16:39quand il a fait cette déclaration
16:40sur le fait que l'antisémitisme
16:42serait résiduel en France.
16:43Et je pense qu'il aurait
16:44tout à gagner
16:44d'utiliser cette campagne
16:46pour à la fois mener campagne
16:48parce qu'une campagne électorale,
16:50c'est un magnifique levier
16:51d'éveil des consciences
16:52et de le faire à la fois
16:53dans la lutte contre le racisme
16:54et contre l'antisémitisme
16:55parce que ça va de pair.
16:57Moi, j'adore le slogan
16:58de SOS Racisme
16:59même s'il n'est pas toujours facile
17:00à prononcer.
17:02C'est Salam, Shalom, Salut.
17:04Et quand vous lancez
17:05les discussions
17:06sur Salam, Shalom, Salut,
17:07tout le monde voit
17:08de quoi on veut parler.
17:09La lutte contre le racisme
17:10et contre l'antisémitisme,
17:12il faut le mener de front.
17:13Je ne suis pas de cet avis.
17:16C'est la raison pour laquelle
17:17le vocabulaire d'ailleurs
17:18emploie deux mots.
17:19Racisme et antisémitisme.
17:21Pourquoi, s'il fallait mener
17:22les choses de front,
17:23il y aurait-il deux mots
17:24pour désigner cela ?
17:25Le racisme et l'antisémitisme,
17:27ce n'est pas tout à fait
17:28la même chose.
17:29Parce que le racisme...
17:30Mais je n'ai pas dit
17:30que c'était la même chose.
17:31Je n'ai pas dit
17:32que c'était la même chose.
17:33Je vais au bout de mon idée.
17:34Peut-être qu'on sera d'accord.
17:36Le racisme est une connerie
17:38mais qui s'appuie
17:39sur l'objectivité
17:40d'une différence.
17:41Mettons que vous soyez blanc,
17:42vous n'aimez pas les noirs
17:42ou vous êtes noir,
17:43vous n'aimez pas les blancs,
17:44vous n'êtes pas très malin.
17:45Mais d'une certaine manière,
17:46votre bêtise s'appuie
17:47sur une différence objective.
17:50L'antisémitisme,
17:50comme l'homophobie,
17:52la différence n'est pas
17:53du tout spectaculaire.
17:54Il n'y a pas de différence.
17:55Il y a peut-être des juifs
17:56dans la salle,
17:57il y a peut-être des homos
17:58dans la salle,
17:58on ne sait pas.
17:59De sorte que l'antisémitisme
18:01ou l'homophobie,
18:01ce n'est pas simplement
18:02la haine de l'autre,
18:03c'est aussi la haine de soi.
18:04C'est la raison pour laquelle
18:05le racisme et l'antisémitisme
18:08font parfois l'objet
18:09de combats distincts.
18:11On ne peut pas les réunir.
18:12La ligne des communistes
18:13après 1945,
18:14c'était de mettre le racisme
18:15et l'antisémitisme
18:16dans le même panier.
18:17Vladimir Jankelevitch
18:18s'était fâché
18:19avec ses amis communistes
18:20à cette occasion,
18:21précisément parce qu'il considérait
18:22qu'il fallait marquer
18:23cette spécificité
18:24de la haine anti-juive.
18:26Moi, je pense qu'il faut
18:26les mener de pair
18:27parce qu'il ne faut pas croire
18:29qu'on peut lutter
18:29contre le racisme
18:30avec des antisémites
18:31et croire qu'on peut lutter
18:33contre l'antisémitisme
18:34avec des racismes.
18:35Et comme en ce moment,
18:36on sait très bien
18:36qu'il y a des instrumentalisations,
18:38être capable de mobiliser
18:40un peuple pour l'égalité
18:41des droits,
18:42c'est de montrer
18:43à quel point il est tout aussi
18:43important de lutter
18:44contre le racisme
18:45et de lutter contre l'antisémitisme.
18:47Et nous sommes dans une société
18:48où vous avez à la fois
18:49un racisme systémique
18:51et qui est un gros problème
18:53notamment en ce moment
18:54dans la police
18:54avec les contrôles au faciès
18:56sans arrêt.
18:58Et nous avons
18:59un antisémitisme complotisme
19:01qui peut prendre
19:01différentes formes
19:02et qu'il faut absolument combattre.
19:04Et que, notamment
19:05depuis le 7 octobre,
19:07dans toutes les mobilisations
19:08qu'il peut y avoir
19:10en soutien avec le peuple palestinien,
19:13être en capacité...
19:13Il y a des dérapages antisémiques.
19:14Elle est en capacité
19:15justement
19:16de montrer
19:17que la bataille
19:19n'est absolument pas
19:19une bataille
19:20d'essentialisation
19:21et que c'est une bataille
19:22politique
19:23contre un gouvernement
19:24d'extrême droite
19:25qui poursuit une colonisation
19:26et qui poursuit
19:28un génocide.
19:29Eh bien,
19:30c'est important
19:30de le faire
19:31avec à la fois
19:32des gens qui,
19:32en Israël,
19:33sont contre cette politique
19:35et à la fois
19:36toutes celles et ceux
19:36qui sont...
19:37Pardonnez-moi,
19:37il faut séparer les sujets.
19:38Il y a la question israélienne
19:40et il y a la question
19:41de l'antisémitisme.
19:42Ce n'est pas tout à fait
19:43la même chose.
19:44Tout à fait.
19:44C'est bien différent.
19:45C'est tout à fait.
19:46Ça peut être différent.
19:47Ça ne l'est pas toujours.
19:48Ça ne l'est pas toujours.
19:49Mais ça peut être différent.
19:49C'est pour ça
19:50qu'ils me font refuser
19:51toute essentialisation.
19:52Je vais au bout de mon idée.
19:53Et il vous reste
19:53quelques secondes,
19:54Raphaël Thauvin.
19:55Il faut que vous résumiez
19:55votre pensée.
19:56Quand on indexe les opinions
19:57de BFM sur celles
19:58de Patrick Drahi,
19:59quand on présente
20:00le peuple juif
20:01comme déicide ou conservateur
20:02ou quand on soupçonne
20:03le Likoud
20:03de faire perdre
20:04les travaillistes anglais
20:05ou le CRIF
20:06de dicter sa loi
20:06au gouvernement français,
20:08on ne parle pas d'Israël,
20:09on est objectivement antisémite
20:10et ça vient de la France insoumise.
20:14Le RN est tout autant
20:15à vos yeux ?
20:16Tout autant.
20:17Tout autant.
20:17Différemment.
20:18C'est un antisémitisme historique,
20:20c'est un antisémitisme ontologique,
20:21mais tout autant,
20:23c'est un danger comparable.
20:24Merci beaucoup.
20:25Merci Raphaël Antouvel.
20:26Merci à vous.
20:27Merci.
20:28Daniel Simonnet.