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Ce vendredi 2 octobre, Jérôme Tichit a reçu Franck Lebeugle, directeur général adjoint de l’AFNOR, Noelia Garcia Nebra, responsable du développement durable et des partenariats de l’ISO, Benoît Lavigne, délégué général de la FIEEC, Jérôme Bailly, directeur de la recherche et développement, innovation chez SUEZ, dans l'émission La France a tout pour réussir sur BFM Business. Retrouvez l'émission le vendredi et le samedi et réécoutez la en podcast.
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00:03BFM Business, la France a tout pour réussir.
00:07Jérôme Tichit.
00:09Bonjour, bonjour et bienvenue dans la France a tout pour réussir.
00:12Chaque semaine, vous le savez, un concentré d'économie positive sur BFM Business.
00:16Et vous le voyez cette semaine, une émission spéciale.
00:18Nous sommes au CNIT à Paris et à la Défense, à l'occasion de la rencontre annuelle de l'ISO.
00:23Alors l'ISO, c'est l'organisation qui au niveau mondial gère les normes.
00:26Mais vous verrez que cela concerne notre quotidien, que l'on soit un particulier, que l'on soit une entreprise.
00:31On verra aussi qu'il ne faut surtout pas confondre normalisation et réglementation.
00:36Et puis, si nous sommes ici, c'est aussi parce que cette édition 2026,
00:39elle est organisée par la branche française de l'ISO qui s'appelle l'AFNOR.
00:42L'AFNOR qui, au passage, fête ses 100 ans.
00:45De tout cela, et bien sûr, des très forts enjeux de souveraineté et d'impact sur l'activité économique.
00:50Eh bien, on va parler avec mes deux premiers invités dans quelques instants.
00:53C'est Franck Lebeugle, le directeur général adjoint de l'AFNOR,
00:56et Noelia Garcia-Nebra, qui est en charge de la durabilité et de partenariat au sein de l'ISO.
01:02Et puis, dans la deuxième partie de l'émission, je recevrai Jérôme Bailly,
01:05c'est le directeur R&D et innovation chez Suez,
01:08ainsi que Benoît Lavigne, délégué général de la FIEC.
01:11La FIEC, c'est la filière des électrotechnologies.
01:14Tous les deux reviendront bien sûr sur l'importance des normes dans leurs activités,
01:18avec un slogan que l'on va beaucoup entendre dans cette émission,
01:21qui fait la norme, fait le marché.
01:23Mais tout de suite, direction le plateau de la France à tout pour réussir,
01:26pour la première séquence de cette émission spéciale ISO 2026.
01:32La France à tout pour réussir sur BFM Business.
01:38Bonjour Franck Lebeugle.
01:40Bonjour.
01:40Merci en effet d'accueillir le plateau de la France à tout pour réussir ici,
01:43donc à l'ISO Annual Meeting, que j'ai traduit dans le sommaire en rencontre annuelle.
01:48Et donc après la Tunisie et le Rwanda, c'est donc en France que se tient depuis lundi dernier cette
01:53édition 2026.
01:54Et ce n'est pas anodin, puisque l'AFNOR, qui est la branche française de l'ISO,
01:59fête cette année ses 100 ans.
02:01Vous en êtes donc le directeur général adjoint.
02:03J'imagine 100 ans que c'était une des premières branches de la normalisation au niveau mondial en France.
02:09Absolument. Nous sommes partie des membres fondateurs de l'ISO.
02:14Et il y a plus de 100 ans, effectivement, il y a 100 ans même cette année,
02:17eh bien la France, après la Première Guerre mondiale,
02:21sentait la nécessité de se mettre autour d'une table pour construire des standards,
02:25des normes volontaires pour accélérer la reconstruction du pays.
02:28Et l'AFNOR, donc c'est une présence en France, mais aussi à l'international.
02:31Quelques chiffres clés sur votre présence en France, dans d'autres pays,
02:36le chiffre d'affaires et le nombre de vos clients.
02:38Alors le groupe AFNOR, c'est 220 millions d'euros de chiffre d'affaires.
02:42Nous avons une implantation dans plus de 40 pays,
02:45notamment pour notre activité de certification.
02:48Aujourd'hui, nous célébrons l'activité de normalisation,
02:52vraiment le cœur historique de l'activité du groupe AFNOR.
02:55Alors donc, nous sommes le vendredi, le dernier jour de cet événement annuel 2026.
02:59Qu'est-ce qui s'est passé ? C'était quoi les temps forts ?
03:02Et qui sont les participants ?
03:04Je crois qu'il y a 5000 participants qui sont venus tout au long de la semaine.
03:07Alors nous sommes dans ce beau lieu du CNIT, effectivement, ce qu'on appelle l'ISO Village,
03:11où nous accueillons l'ensemble de nos homologues partenaires de l'ISO,
03:15de plus de 140 pays qui ont pu venir aujourd'hui à l'ISO pour co-construire cette semaine,
03:24remporter les défis de la construction des normes de demain autour de sujets aussi variés que l'IA,
03:31le développement durable.
03:32C'est un moment important pour nous puisque c'est notre assemblée générale
03:36où on effectivement fait un point d'étape de notre construction internationale,
03:41de notre outil de multilatéralisme international.
03:44Est-ce qu'il y avait des thèmes pour cette édition 2026, des thèmes spécifiques ?
03:48Le thème de cette semaine était sur l'adaptation et pas qu'au changement climatique,
03:52avec évidemment l'arrivée de l'IA et d'autres sujets qui perturbent nos sociétés, nos économies.
03:58Les normes volontaires internationales sont un formidable outil pour aider nos sociétés à s'adapter,
04:05et nos entreprises à s'adapter et à se préparer à tous ces changements qui sont déjà à l'œuvre.
04:10Alors donc, l'AFNOR était la branche invitante, mais c'est bien toute l'ISO qui est présente ici à
04:15Paris.
04:15Bonjour Noelia Garcia-Nevra.
04:17Bonjour.
04:18Vous êtes en charge de la durabilité des partenariats au sein de l'ISO.
04:22L'ISO, rapidement, c'est combien de pays membres ?
04:25À l'instant, Franck nous parlait de 140 délégations, mais je crois que c'est encore plus de pays membres.
04:30Et surtout, quelles en sont les principales missions ?
04:33Effectivement, l'ISO, c'est 177 membres qui représentent les intérêts des acteurs économiques de leur pays.
04:44L'ISO, pour moi, c'est vraiment un lieu d'entente, où effectivement les acteurs économiques se trouvent pour trouver
04:52du consensus
04:53sur la meilleure façon de faire un produit ou d'offrir un service.
04:59Franck le disait, a été créé après la Seconde Guerre mondiale.
05:04Les fondateurs, donc l'AFNOR, qui nous a accueillis à Paris cette semaine,
05:10ont entendu l'importance de la norme internationale,
05:14que c'est le résultat de ce consensus, comme un outil très important pour la reconstruction
05:21et pour la coordination de l'activité économique.
05:25Donc, vraiment un outil qui permet aux entreprises, au marché, de continuer à travailler.
05:30Si je peux résumer en quelques mots, quelle est la valeur de l'ISO et de la norme internationale pour
05:36les entreprises ?
05:37Je dirais quatre choses très précises.
05:40Un, permet le dialogue, même quand un contexte international peut être tendu.
05:46Et c'est le cas en ce moment.
05:47C'est le cas en ce moment.
05:49Deux, construire la confiance, la confiance entre les entreprises, entre les partenaires,
05:56de continuer à travailler ensemble, la confiance des clients, la confiance des investisseurs.
06:01La norme internationale permet l'alignement des marchés,
06:05donc réduit la fragmentation et permet vraiment aux entreprises de pouvoir travailler dans plusieurs marchés
06:11d'une façon efficace.
06:13Et finalement, donne la voix vraiment aux entreprises,
06:16parce que les entreprises qui participent à le développement de la norme internationale,
06:21ils participent pas seulement, ils ne regardent pas seulement les marchés,
06:25mais ils construisent vraiment le cadre international de demain.
06:28C'est très important.
06:29On va faire d'abord un peu de pédagogie,
06:31donc avant de revenir sur l'importance pour les entreprises de la norme.
06:35C'est vrai que quand on pense norme, on pense souvent réglementation.
06:38Et quand on a préparé cette émission il y a quelques jours,
06:41vous m'avez dit surtout faisons de la pédagogie
06:43et rappelons que ce sont des choses bien différentes.
06:46Absolument.
06:47C'est un des rares endroits en France où vous n'entendrez pas parler du trop de normes.
06:50Pourquoi ? Parce qu'on ne parle pas de la même chose.
06:52Souvent dans le discours aujourd'hui en France,
06:54on parle de l'inflation réglementaire.
06:57Ici, comme l'a dit Noelia, on parle de normes volontaires,
07:00de standards en anglais,
07:01qui permettent un dialogue, un fonctionnement entre les entreprises.
07:04C'est un outil d'export, c'est un outil d'interopérabilité.
07:08Et donc souvent la confusion est faite en France.
07:10Donc il était important qu'on rappelle cette distinction entre les deux concepts.
07:14Un qui effectivement a peut-être besoin,
07:16mais ce n'est pas à moi de m'exprimer,
07:17d'une certaine déflation réglementaire.
07:20Absolument.
07:20Et le sujet ici, de construire effectivement les normes de demain,
07:23les standards de demain.
07:24Et les standards et les normes, ça passe par notre vie quotidienne.
07:28Là, j'ai des fiches à 5.
07:30Est-ce que c'est à 5, ça fait partie des normes et des standards
07:34qui ont été mis en place ?
07:35Et quels autres exemples de notre vie vous avez en tête ?
07:38C'est un excellent exemple, évidemment.
07:40Le format du papier, le format des buts de football,
07:45si on passe à ce côté...
07:46Et la fin des poteaux au carré,
07:48qui ont tant coûté à Saint-Etienne,
07:49pour ceux qui se rappellent de la finale en 1976.
07:52Et les poteaux ronds, c'est une norme aussi.
07:54Exactement.
07:55Leur format, leur dimension.
07:56Les normes sont partout dans notre vie.
07:58Les standards sont partout dans notre vie.
08:00La prise électrique, le chargeur universel
08:02qui sont produits par nos homologues de l'IEC en électrotechnologie.
08:07Les normes sont dans notre quotidien
08:08parce qu'effectivement, c'est un outil très utile
08:11pour fonctionner ensemble.
08:12Et les cartes bancaires aussi.
08:14Une carte bancaire, on s'en sert de la même façon
08:16à Madrid, à Paris ou dans le reste du monde
08:19parce que des normes ont été mises en place.
08:21Absolument.
08:22Les normes en télécommunication sont très connues.
08:24C'est cela qui vous permet d'utiliser
08:26les mêmes moyens technologiques que vous soyez
08:29en Chine, aux Etats-Unis ou en France.
08:31Une phrase que vous dites souvent,
08:33que ce soit à l'ISO ou à l'AFNOR,
08:34c'est qui fait la norme, fait le marché ?
08:37Cela m'amène à la question sur l'importance
08:39pour les entreprises de cette normalisation.
08:41Qui veut prendre la main ?
08:43Je peux dire un mot sur les entreprises françaises
08:45et je laisserai Noelia parler du reste du monde.
08:48Nous avons comme mission de rappeler à toutes les entreprises
08:51que c'est un sujet qu'elles soient start-up,
08:53sur le quantique, mais aux grandes entreprises
08:56comme Suez qui est présente aujourd'hui,
08:57que la norme est un outil d'importance
09:01et qu'ils doivent être là lorsqu'on élabore
09:03ces normes internationales, car lorsqu'on est absent,
09:06les autres industriels, les autres entreprises,
09:09les autres pays feront, élaboreront
09:12de toute façon des normes.
09:13Donc l'absent a toujours tort.
09:14Et c'est notre mission à l'AFNOR
09:16que d'accompagner les entreprises françaises,
09:18quelle que soit leur taille,
09:19pour être à la table des discussions
09:21sur le plan économique, technologique
09:23ou du développement durable.
09:25Noelia ?
09:26Peut-être si je peux ajouter,
09:27parce qu'à l'international, on a les mêmes objectifs,
09:29mais effectivement, c'est de s'assurer
09:31que tous les acteurs économiques,
09:33les 177 pays sont à la table et participent.
09:38Parce que si la norme internationale
09:40est un langage commun pour tout le monde,
09:42pour s'assurer qu'il y a le commerce international,
09:45que les chaînes de valeurs fonctionnent,
09:47il faut que tous les acteurs soient à la table.
09:49Donc il y a vraiment une priorité stratégique de l'ISO,
09:52de s'assurer que tous les voix sont autour de la table
09:56et peuvent participer effectivement au développement
09:58de la norme volontaire internationale.
10:00Est-ce que dans le monde, il y a un palmarès ?
10:02Est-ce qu'il y a des pays qui sont plus impliqués
10:04dans justement toute la phase en amont,
10:07d'être là quand il faut penser et rédiger
10:10et construire les futures normes ?
10:12Est-ce que la France fait partie, Franck,
10:14de ces pays leaders ?
10:15Alors, à l'instar de l'ONU,
10:17la France évidemment n'a pas à rougir de sa position.
10:20Les entreprises françaises n'ont pas à rougir de leur position.
10:23Nous avons, dans ce qu'on appelle le baromètre d'influence,
10:26on mesure, c'est un moyen de mesurer l'influence des entreprises.
10:29Dans le nombre de comités techniques de l'ISO que nous présidons,
10:32nous avons une belle position.
10:34Mais il y a bien sûr des pays évidemment comme l'Allemagne,
10:37qui culturellement est le numéro un mondial,
10:40qui a compris ce sujet depuis plus de 100 ans.
10:44Et puis d'autres régions du monde qui sont parties de très loin,
10:47je pense notamment à nos amis chinois qui, lorsqu'ils ont rejoint l'OMC,
10:51n'étaient pas du tout présents dans notre écosystème
10:53et qui sont aujourd'hui bien sûr devant un pays comme la France,
10:57mais aussi comme d'autres homologues européens
10:59qui ont parfaitement intégré dans leur stratégie industrielle
11:02ce sujet des standards.
11:04Et donc nous avons ce baromètre qui nous permet de mesurer l'influence régulièrement.
11:08Ce n'est qu'un moyen à nouveau.
11:09Je reviens, Noelia, sur l'importance pour les entreprises de la norme.
11:14Est-ce que c'est important pour créer le marché,
11:17et donc pour y accéder ?
11:18Est-ce que c'est important aussi pour sentir les transformations,
11:22les besoins futurs des entreprises, donc des consommateurs ?
11:26Bien sûr, la norme internationale se développe
11:30quand il y a un besoin de marché.
11:32Ce n'est pas nous, au secrétariat central de Genève,
11:35qui décident quelle est la norme à développer.
11:37C'est vraiment le marché, le besoin,
11:39qui lance le développement de cette norme.
11:43C'est très important pour les entreprises, pourquoi ?
11:46Et aujourd'hui encore plus, parce qu'on est dans un monde
11:49de plus en plus complexe, dans des chaînes de valeurs
11:52beaucoup plus connectées à chaque fois.
11:56Des entreprises, on a des clients partout dans le monde,
11:58des fournisseurs partout dans le monde.
12:00Une décision prise dans la capitale, on va dire,
12:05va influencer dans toute la chaîne de valeurs.
12:09C'est là où cette référence commune,
12:11ce langage commun de comprendre qu'est-ce que c'est la qualité,
12:15qu'est-ce que c'est l'innovation,
12:16qu'est-ce que c'est comment mesure les émissions de carbone,
12:21est important pour permettre à ces entreprises
12:25de décider plus rapidement, avec moins de risques,
12:29et aussi de pouvoir passer plus de temps dans ces complexités
12:34et vraiment mettre le point à l'effort
12:38dans la création de valeurs
12:39et devenir beaucoup plus compétitive.
12:41Et si je résume bien, Franck,
12:43c'est un outil de pouvoir,
12:45mais de pouvoir d'où, ce qu'on appelle en mauvais français
12:48le soft power ?
12:49Absolument, c'est un outil du multilatéralisme économique,
12:53c'est un outil de soft power, évidemment.
12:56Et donc, c'est toute l'importance pour nous,
12:57pour faire comprendre,
12:58exactement comme Noëlia l'a dit,
13:00la FNORPA+, ne génère de projets,
13:02ce sont les entreprises qui doivent s'emparer de ce sujet
13:04pour être influentes au niveau mondial,
13:07pour être à l'initiative du standard de demain,
13:11que ce soit en matière de technologie quantique,
13:14mais aussi de développement durable.
13:17Nous couvrons tous les champs d'activité.
13:20Et donc, il est vraiment important, effectivement,
13:22qu'on utilise cet outil.
13:23Et je pense que cette semaine,
13:25cela a démontré la mobilisation
13:26de nos entreprises françaises,
13:29qu'on se saisisse de ce sujet
13:30à la hauteur historique qu'elle peut représenter.
13:34Merci beaucoup à tous les deux.
13:36Merci Noëlia.
13:36Merci beaucoup, Franck,
13:37d'avoir été les invités de cette première partie.
13:39Et justement, je vous propose de voir
13:41un peu comment des entreprises accueillent ces normes,
13:44comment elles les développent,
13:45comment elles prennent part à leur élaboration,
13:47avec le témoignage à la fois de Suez et de la FIEC.
13:51C'est tout de suite sur BFM Business.
13:56Bonjour Jérôme Bailly.
13:58Bonjour.
13:58Vous êtes directeur R&D Innovation chez Suez.
14:01Et bonjour Benoît Lavigne.
14:02Bonjour.
14:03Vous êtes délégué général de la FIEC.
14:05La FIEC, c'est la filière des entreprises,
14:06des électrotechnologies.
14:07On va parler dans un instant
14:09des enjeux de la normalisation pour vos entreprises.
14:12Mais tout d'abord, quelques éléments
14:13pour planter le décor.
14:14Je commence par l'entreprise la plus âgée par Suez,
14:19créée il y a plus de 160 ans.
14:21Rappelez-nous les grands métiers
14:23et les grands chiffres clés du groupe Suez.
14:25Alors Suez, nous sommes un acteur majeur de l'environnement.
14:29Nous avons en fait deux activités principales.
14:32l'eau et nous faisons de l'engineering,
14:35de la construction, d'usines d'eau, de stations d'épuration,
14:37d'usines de dessalement.
14:38On exploite également des réseaux.
14:40Et dans le lichet, c'est à peu près pareil.
14:42On couvre toute la chaîne.
14:43On fait de la collecte, de l'incinération,
14:45le tri, la valorisation.
14:46Et aujourd'hui, on va jusqu'au recyclage des batteries.
14:50Le Suez, c'est 9,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
14:5340 000 personnes.
14:55Grosse partie de l'activité en France,
14:57mais également très présente en Asie,
14:59en Australie et en Europe.
15:00Et la FIEC, Benoît Lavigne ?
15:03Donc c'est officiellement la Fédération des industries électriques
15:05et numériques, même si le sigle ne correspond pas.
15:09Mais qu'est-ce qu'on fait ?
15:10Qui sont les adhérents de la FIEC ?
15:12Oui, alors c'est une fédération un peu plus jeune.
15:14Nous n'avons que 100 ans.
15:15Mais une fédération qui s'est développée
15:18en même temps que la normalisation.
15:20On représente les industries des équipements électriques
15:23et numériques, c'est-à-dire tous les équipements
15:26qu'on a autour de nous, dans la maison,
15:28dans les bâtiments tertiaires et industriels.
15:30qui aident à fonctionner l'infrastructure électrique.
15:34Alors c'est beaucoup de PME et de grands groupes.
15:37Je cite quelques grands groupes
15:38pour que ça soit pertinent pour tout le monde.
15:41Schneider, Legrand, Siemens.
15:45On a aussi des grands distributeurs mondiaux,
15:47Rexel, Sonnepar, dans ce cœur électrique.
15:51Et puis aussi la partie électronique et numérique,
15:54blésiquement, que vous utilisez tous au quotidien.
15:58Et ça représente combien d'entreprises et combien d'emplois ?
16:02Ça représente environ 8 000 entreprises,
16:05800 000 salariés, 300 000 salariés dans le domaine industriel.
16:11Beaucoup d'exports, on représente 10 % de l'export français.
16:16C'est assez peu connu.
16:18On a des entreprises aussi présentes partout dans le monde.
16:21Et puis 8 % de R&D quand le reste de l'industrie, par exemple,
16:27est aux alentours de 2.
16:28Alors on en vient donc à l'importance pour les entreprises,
16:30on en parlait dans la première partie de cette émission,
16:33de la normalisation pour le groupe Suez.
16:35Pourquoi c'est important de participer aux travaux de normalisation ?
16:39Puisque comme on l'a dit, l'importance, c'est aussi d'être en amont
16:43de toutes ces normes et de tous ces standards.
16:45Alors c'est important tout d'abord parce que dans le métier de l'eau
16:48et des déchets, la normalisation, elle est présente en fait partout.
16:53Et sur des sujets essentiels, sur l'eau, par exemple,
16:57la qualité de l'eau, c'est juste l'aspect numéro 1.
17:00Aujourd'hui, on parle de micropolluants, on parle d'épifaces.
17:02Bon, comment mesurer l'épiface ?
17:04Eh bien, il faut définir les critères.
17:06Sinon, on parle de n'importe quoi.
17:08Et donc, il y a des normes là-dessus.
17:11Sur l'eau, on parle de traquer les fuites,
17:13on parle de la mesurer et donc on doit échanger des données.
17:16Comment faire en sorte pour que les données qui soient échangées,
17:19elles puissent être interopérables,
17:21c'est-à-dire qu'on puisse les utiliser pour beaucoup d'autres choses.
17:26Il y a également des normes.
17:27Dans les déchets, on est quand même, nous, consommateurs,
17:31toujours ravis qu'on s'approche d'un point d'apport volontaire,
17:35de voir un code couleur, de voir un design qui est standardisé
17:39pour avoir les réflexes, pour bien trier.
17:41On a également des métiers qui sont très dangereux.
17:43Je pense par exemple à la collecte des déchets,
17:46beaucoup de machines, etc.
17:47Pareil, il faut opérer des équipements qui sont sécurité avant tout.
17:54Et pour ça, ces normes sont très importantes.
17:57Donc ça, on a des métiers où les normes sont très présentes.
18:01Et après, vous avez toujours deux choix.
18:03Soit vous subissez, on attend que ça se passe.
18:06Et puis après, il faut s'adapter.
18:07Soit on essaie d'être présent à la table des négociations.
18:12Et c'est le choix que fait Suez.
18:14Et pour la FIEC, quelle est l'importance de la normalisation ?
18:19Est-ce qu'il y a ces mêmes enjeux d'être en amont
18:21pour pouvoir peut-être mieux accéder au marché ensuite ?
18:25Oui, alors je dirais même que c'est plus que ça.
18:27C'est-à-dire qu'aucun de nos produits ou très peu de nos produits
18:32peuvent accéder au marché s'ils ne répondent pas aux standards.
18:35Parce que les standards sont consubstantiels à notre activité.
18:39Et qui fait la norme, fait le marché ?
18:41Exactement.
18:41C'est-à-dire que même la normalisation électrotechnique
18:43précède celle de la normalisation générale.
18:47Elle est plus ancienne.
18:49Pourquoi ?
18:49Parce qu'on est dans un domaine d'infrastructure.
18:51Et pour transporter l'électricité de la centrale nucléaire
18:55ou de l'éolienne jusqu'à votre grille-pain
18:58ou à votre machine à café,
19:02eh bien c'est une chaîne de standards à respecter.
19:06Et aucun de nos adhérents dans toute cette chaîne-là
19:08ne peut mettre un produit sur le marché s'il n'est pas standardisé.
19:13Et donc forcément, comme c'est en plus l'industrie électrique,
19:16s'est beaucoup développé au départ dans les zones occidentales,
19:22aux Etats-Unis et en Europe.
19:24On a aussi acquis des positions stratégiques fortes dans ces domaines-là.
19:28C'est aussi pour cette raison-là que nos entreprises mondiales
19:32sont leaders de marché parce qu'elles étaient leaders
19:34dans le domaine de la normalisation.
19:36Et vous êtes certes à l'ISO,
19:38mais vous avez, je crois, votre propre organisation de normalisation.
19:41Oui, l'IEC, le comité électrotechnique international
19:48qui travaille en parallèle avec l'ISO,
19:51mais ça ne nous empêche pas de travailler aussi dans l'ISO
19:53puisque, en plus, avec le digital,
19:55il y a énormément de ponts entre les deux métiers.
19:59Et puis comme n'importe quelle entreprise,
20:00on participe au groupe de travail de l'ISO également.
20:04Jérôme Bailly, vous m'avez dit,
20:07quand on a fait la préparation de cette émission,
20:09ce que j'aime dans la normalisation,
20:11c'est sa capacité à générer, à être dans le temps long
20:15qui est un luxe dans un moment où tout est beaucoup plus rapide.
20:21Alors, Suez, donc, métier de l'eau, métier des déchets,
20:25ce sont des métiers d'infrastructure, donc de temps long.
20:27Donc oui, nous avons l'habitude de ce temps long.
20:31Et effectivement, souvent, il est reproché à la normalisation
20:33que tout ça prend du temps.
20:36Mais nous, on le comprend.
20:37On aime ça.
20:38Ce qu'on aime aussi dans la normalisation,
20:40c'est que c'est ces aspects volontaires.
20:42C'est cet aspect expertise,
20:44c'est-à-dire qu'on traite des sujets qui sont complexes.
20:47Et donc, il faut prendre le temps.
20:49Il faut faire venir des experts.
20:51Et Suez, on veut être,
20:52et nous sommes une référence en matière d'expertise
20:55dans l'eau et dans les déchets.
20:56Et donc, c'est un moyen de valoriser notre expertise
20:59pour, à la fin, arriver à des normes
21:02qui soient intéressantes,
21:04pas trop coûteuses
21:06et qui servent l'utilité publique.
21:09Est-ce que, Benoît, la vigne, ce temps long,
21:11il est compatible avec l'innovation technologique
21:14et l'accélération de l'innovation technologique ?
21:16Oui, alors c'est un sujet qui monte aussi chez nous.
21:20Je suis aussi d'accord que ce temps long est profitable.
21:24C'est presque un modèle de démocratie
21:27ou de diplomatie internationale.
21:32Je connais peu d'instances,
21:34comme les instances de normalisation,
21:37qui prennent ce temps de trouver le consensus.
21:40Donc ça, c'est vraiment un atout.
21:42Et c'est ce qui fait qu'ensuite,
21:43les normes se déploient tout naturellement.
21:46Le danger, effectivement,
21:48c'est que quand la normalisation va moins vite
21:50que la technologie
21:51et que certaines entreprises technologiques
21:55peuvent être tentées de contourner la normalisation
21:57pour aller plus vite accéder au marché.
22:00Donc il faut qu'on garde cette culture du consensus
22:04et en même temps qu'on apprenne aussi à aller vite
22:08pour continuer à passer par la normalisation.
22:12Sinon, le risque,
22:13c'est qu'on passe par d'autres outils
22:16concurrents à la normalisation
22:18qui seront moins démocratiques,
22:20moins consensuels,
22:21et moins répandus internationalement.
22:25Et dans votre secteur,
22:27l'importance de l'interopérabilité
22:30aussi avec les autres acteurs,
22:32ça compte le fait d'avoir des normes
22:36et des standards qui deviennent les mêmes
22:38pour mieux travailler ensemble,
22:39donc pour mieux développer le marché ?
22:41Oui, l'interopérabilité,
22:43c'est une donnée de base
22:45de nos travaux,
22:49mais il n'y a pas que l'interopérabilité,
22:51il y a la sécurité de nos produits,
22:53il y a l'impact environnemental de nos produits,
22:57il y a tout un tas de thématiques
22:59à prendre en compte
23:00dans les normes liées à nos produits.
23:02Quelle est la place de la France,
23:03Jérôme Bailly,
23:04dans ces normes ?
23:06On en parlait dans la partie précédente
23:08avec Franck Lebeugle,
23:09la France est dans le top 3 mondial,
23:11je crois,
23:12à égalité avec le Japon.
23:14Est-ce que vous diriez que la France,
23:15dans la partie de conception,
23:18de définition des normes
23:19et des standards,
23:21a sa place encore ?
23:22Et est-ce que c'est une place
23:23qui est stagnante
23:24ou peut-être déclinante ?
23:27Alors, dans nos métiers de l'environnement,
23:28la France a vraiment sa place,
23:30déjà parce que la France est en avance
23:32sur l'industrie de l'eau
23:33et des déchets françaises,
23:36et vraiment en avance.
23:37Les champions mondiaux,
23:38en fait, ils sont français,
23:40donc nous avons cette expertise
23:41et donc on peut légitimement
23:44peser sur les normes.
23:45Donc évidemment,
23:46la France a toute sa place
23:47dans la normalisation
23:50et encore plus,
23:51effectivement,
23:53dans les métiers
23:53qui sont les nôtres.
23:55C'est pour ça d'ailleurs
23:55qu'on essaie de peser
23:59sur des comités techniques
24:00au niveau expert,
24:01mais également en termes
24:02de gouvernance.
24:03En termes de gouvernance,
24:05j'ai une collaboratrice
24:06qui est au conseil d'administration
24:07de l'AFNOR,
24:08justement pour que nos sujets
24:09soient bien représentés.
24:13Donc, voilà,
24:14quatrième place,
24:15c'est bien.
24:15Continuons.
24:16Et dans un contexte, Benoît,
24:18la vigne ou la Chine,
24:20entre autres,
24:20est en train de monter,
24:21est en train de monter
24:22commercialement,
24:23mais donc elle est aussi,
24:24j'imagine,
24:25en train de monter
24:25dans le domaine
24:26de la normalisation.
24:28Oui, alors,
24:30la normalisation,
24:31c'est aussi le reflet
24:33de la façon
24:34dont vous êtes leader
24:35sur les marchés
24:36et inversement.
24:38Et donc, forcément,
24:39comme pour Suez,
24:41nous,
24:41dans le domaine électrotechnique,
24:42on est leader pour l'instant
24:44et donc, du coup,
24:45on a une forte influence
24:49sur la normalisation
24:50électrotechnique.
24:51Comme pour l'ISO,
24:53on est très bien placé
24:54avec les Allemands,
24:56les États-Unis,
24:57mais effectivement,
24:59la Chine arrive à grands pas
25:00et comme dans tout le reste
25:01de l'industrie,
25:03elle a compris que,
25:05pour continuer sa stratégie
25:06industrielle,
25:07la normalisation
25:08est un élément fondamental.
25:10Elle l'a mis
25:11à l'ordre du jour
25:12de son plan 2035
25:13pour être leader
25:14dans le domaine
25:15de la standardisation.
25:16Je dirais que,
25:17pendant longtemps,
25:19elle a décidé
25:19de suivre les technologies
25:21et elle a compris
25:22que la normalisation,
25:22ce n'était pas seulement
25:23suivre les technologies,
25:24c'était fixer
25:25les règles du jeu.
25:26Donc, très logiquement,
25:28elle met les moyens
25:30pour prendre une place
25:32de leadership
25:32et elle y arrivera
25:34très certainement
25:35et à nous
25:36de faire acte
25:38de résistance
25:38et d'y aller ensemble.
25:42Alors,
25:42nos entreprises
25:43ont un rôle à jouer,
25:44évidemment,
25:44mais aussi,
25:45on attend
25:46que l'État
25:47nous soutienne
25:48dans cette démarche.
25:49C'est ce qui se passe
25:50dans tous les pays
25:51où la normalisation
25:51est forte.
25:52Il y a un soutien
25:53de l'État
25:54à la normalisation.
25:55Eh bien,
25:56merci, messieurs,
25:56d'avoir participé
25:57à cette deuxième partie
25:58de l'émission
25:59La France a tout pour réussir.
26:00Donc, ici,
26:01à Ocnit,
26:02à Paris,
26:02c'était donc
26:03les Cent Ans de l'AFNOR
26:04qui organisaient
26:05cet annuel meeting
26:06de l'ISO
26:07en France.
26:08Donc,
26:09un événement important
26:10et on l'a vu
26:10avec les entreprises,
26:12ce sont des sujets
26:13cruciaux
26:13pour leur développement.
26:15On rappelle cette phrase
26:16qui fait la norme,
26:17fait le marché.
26:18L'émission est disponible
26:19en replay
26:19sur le site
26:20et l'appli
26:20de BFM Business.
26:21Je vous souhaite
26:22un bon week-end,
26:22une très belle semaine
26:23et à très bientôt
26:24sur BFM Business.
26:27La France a tout
26:28pour réussir
26:29sur BFM Business.
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