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  • il y a 8 minutes
Regardez le décryptage de Bénédicte Tassart, cheffe du service international de RTL, Francis Perrin, directeur de recherche à l'Iris et chercheur associé au Policy center for the New South, et Jeanne, auditrice et propriétaire d'un Carrefour contact en Côte-d'Or.
Regardez La preuve par trois avec Anne-Sophie Lapix du 01 octobre 2026.

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Transcription
00:07Je suis à la moitié, j'ai fait le plein mardi. En ce moment le plein il est à 160
00:11euros, alors qu'avant il était à 120.
00:13Témoignage d'un chauffeur au micro de Mathilde Piquet. Encore un record, le prix à la pompe du gazole dans
00:19l'Union Européenne a atteint un sommet historique.
00:22Aujourd'hui avec une moyenne de 2,24 euros le litre. En France c'est 2,37 euros en moyenne.
00:27En Allemagne 2,44 euros même si ça ne va pas nous consoler.
00:30Et pourtant, on a appris en début de semaine que le pétrole sortait à nouveau des pays du Golfe. Qu
00:35'Hormuz n'était plus vraiment fermé.
00:37Alors pourquoi les prix à la pompe s'envolent quand le pétrole sort de nouveau d'Hormuz ? C'est
00:41la question de la preuve par 3.
00:43Bonsoir Bénédicte Tassar.
00:44Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à tous.
00:46Vous êtes chef du service international de RTL. Est-ce qu'effectivement le pétrole sort de nouveau du détroit d
00:51'Hormuz ?
00:52Oui alors pour Hormuz, 13,5 millions de barils par jour la semaine dernière. Alors on est revenu à des
00:56niveaux d'avant-guerre.
00:5720% près selon une plateforme de suivi des matières premières.
01:02C'est donc du jamais vu depuis le début du blocus il y a 7 mois.
01:05Tous les jours, sous protection américaine, des convois de plusieurs navires passent en file indienne.
01:12Très discrètement, ils éteignent tout ce qui est susceptible de les faire repérer par les Iraniens.
01:17Leur signal, leur téléphone, leurs ordinateurs.
01:19Tout est coupé quand ils entrent dans le détroit.
01:22On parle ici de pétrole brut non iranien qui vient des pays du Golfe, d'Irak.
01:27Donc seuls les Iraniens ne peuvent écouler leur pétrole brut par le détroit d'Hormuz.
01:30Téhéran a perdu donc cet important moyen de pression à moins que les Iraniens ne reprennent leurs attaques.
01:37L'Arabie Saoudite a aussi trouvé la parade pour faire sortir son pétrole.
01:41Alors pour l'Arabie Saoudite, son oléodieux qui traverse le pays d'Est en Ouest a repris du service le
01:4622 septembre.
01:4710 jours après les frappes lancées depuis l'Irak.
01:50Le pétrole est donc bien écoulé jusqu'au terminal de Yonbu sur la mer Rouge.
01:5410 pétroliers ont quitté le port d'Arabie Saoudite par exemple durant le week-end dernier.
02:00Et l'un d'entre eux d'ailleurs se rendait à Fosse-sur-Mer.
02:039,5 millions de barils sortis d'Arabie Saoudite dimanche.
02:06Un record depuis le début du conflit.
02:08L'Arabie Saoudite, on le rappelle, c'est le premier exportateur mondial de brutes.
02:12Alors il y avait un autre blocage qui a été provoqué par les outils, les rebelles outils au Yémen.
02:16C'était à l'entrée de la mer Rouge à Bab el-Mandeb.
02:19C'est sous contrôle à présent ?
02:20Alors là c'est toujours bloqué.
02:22C'est le détroit de Bab el-Mandeb, c'est donc entre le Yémen et la Corne de l'Afrique.
02:25Entre la mer Rouge et l'océan Indien.
02:27Et là, ce sont donc ces fameux outils qui sèment la panique incitant les cargos
02:31à se dévier vers une route beaucoup plus longue,
02:34tout au bout de l'Afrique par le Cap de Bonne Espérance.
02:37Chute du trafic toujours dans ce dédroit.
02:40Merci Bénédicte.
02:41Alors les exportations de pétrole des pays de la région sont au plus haut depuis le début de la guerre.
02:45On l'a compris, nous allons voir ce que cela donne auprès d'un distributeur de carburant
02:49ou plutôt d'une distributrice.
02:51Bonsoir Jeanne.
02:53Bonsoir Madame LaTix, bonsoir à tous.
02:55Bonsoir, vous êtes propriétaire du Carrefour Contact de Saint-Julien en Côte d'Or, près de Dijon.
02:59Et vous vendez du carburant, c'est ça ?
03:02Oui, c'est ça.
03:02Alors avant d'être distributeur de carburant, je suis avant tout un magasin alimentaire
03:07avec une station service, puisqu'on a racheté ce magasin qui avait une station service.
03:11Et quel est le prix du litre de gazole, d'essence, de sans-plomb que vous vendez aujourd'hui ?
03:18Alors nous, on doit être aux alentours de 2,40 en ce moment et l'essence, elle doit être à
03:222,29.
03:23Nous, on a des prix négociés par notre central d'achat de notre grand groupe.
03:27Donc vous n'avez pas le choix, vous ne négociez avec personne ?
03:30Voilà, moi je ne négocie pas, je vends de l'essence en fait, c'est tout.
03:35Et est-ce que, je peux vous demander si vous faites une marge sur le litre d'essence ?
03:39Bien sûr qu'on fait une petite marge, alors elle est très très minime, c'est infime,
03:43on ne gagne rien nous sur un litre d'essence.
03:46C'est-à-dire ?
03:46Je pense que les grands, on va gagner jusqu'à 4 centimes, pas plus.
03:514 centimes par litre, donc voilà, je ne pense pas être la plus « voleuse ».
03:56Je pense que l'État peut peut-être réfléchir un petit peu.
04:00En fait, c'est nous qui recevons les invectifs des clients, c'est nous qui servons.
04:05Donc c'est vers nous qu'ils viennent voir et qu'ils sont...
04:09Je comprends leur incompréhension, je fais des kilomètres tous les jours aussi pour aller au travail
04:13et je paye mon essence aussi.
04:16Donc c'est compliqué.
04:18Est-ce que vous avez vu quand même une tendance à la baisse ces dernières semaines ?
04:22Oui, oui, oui, je pense que les gens font très attention.
04:26La baisse de la consommation, mais la baisse des prix ?
04:28Oui, la baisse des prix, écoutez, ça a baissé il y a les deux derniers jours
04:33et là, ce matin, le prix était remonté.
04:36Et est-ce que vous craignez des pénuries ?
04:39Écoutez, nous, avec notre groupe, on est plutôt bien achalandés et bien soutenus.
04:43Donc pour l'instant, on n'a pas de problème.
04:45Je pense qu'ils ont l'habitude de traiter ce genre de choses.
04:48Donc pour l'instant, nous, on ne nous annonce pas du tout de pénurie.
04:51On n'a pas de soucis là-dessus.
04:53Merci beaucoup, Jeanne, pour ce témoignage.
04:56On va essayer de comprendre pourquoi ça ne baisse pas,
04:58malgré la hausse des exportations de pétrole du Golfe,
05:00avec Francis Perrin, directeur de recherche à l'IRIS
05:02et chercheur associé au Policy Center for the New South, Rabat.
05:06Bonsoir, Francis Perrin.
05:08Bonsoir.
05:09On a entendu tout à l'heure Bénédicte Tassar nous expliquer
05:12que les pays du Golfe parvenaient à exporter 80% de ce qu'ils exportaient avant la guerre.
05:16Au pire moment de la crise, on était tombé, je crois, à 30%.
05:18Pourquoi cette amélioration ne se voit pas dans les prix à la pompe ?
05:23Alors, il est tout à fait exact que des volumes beaucoup plus importants que par le passé
05:29passent par le détroit d'Ormous sous protection américaine,
05:32comme vous l'avez évoqué tout à l'heure.
05:34Donc, pourquoi est-ce que ça ne bouge pas beaucoup sur les prix ?
05:36Il y a une petite baisse si on prend le gazole, mais toute petite.
05:39On était à 2,40 vers le 18-19 septembre.
05:42On est à 2,37 maintenant.
05:44Donc, évidemment, ça fait moins de 3 centimes.
05:46Ce n'est pas grand-chose, c'est l'épaisseur du trait.
05:48D'abord parce qu'en dépit des progrès sur les exportations de pétrole
05:52à partir du Moyen-Orient, les tensions restent très fortes.
05:55Tensions Iran-États-Unis, tensions outils au Yémen-Arabie Saoudite,
06:00tensions milices pro-Iran en Irak-Arabie Saoudite, etc.
06:05Donc, les marchés restent très prudents.
06:07Les négociations Iran-États-Unis par des intermédiaires,
06:11pour l'instant, ne débouchent pas.
06:12Et certains même redoutent qu'il puisse y avoir une reprise des hostilités
06:17à un niveau beaucoup plus fort.
06:18C'est un scénario où ce n'est pas une prévision.
06:20Donc, prudence des marchés.
06:22Deuxième élément.
06:22Les anticipations des marchés ne sont pas bonnes.
06:24Donc, c'est pour ça qu'ils continuent de laisser les prix à ces niveaux-là.
06:29Tout à fait.
06:30Deuxième élément clé.
06:31Nous avons dit que beaucoup plus de pétrole sort d'Hormuz.
06:36Ce qui est parfaitement vrai.
06:37Mais beaucoup plus de pétrole brut.
06:40Par contre, pour les produits raffinés, dont les carburants,
06:44la situation reste très perturbée.
06:47Parce que les États-Unis, les pays arabes du Golfe,
06:50mettent l'accent sur l'exportation maximale de pétrole brut.
06:53Ça se comprend.
06:54Soit par Hormuz sous protection américaine,
06:56soit par des oléoducs permettant de contourner Hormuz.
06:59Vous avez évoqué l'oléoducs Est-Ouest à travers l'Arabie Saoudite.
07:02Mais ces oléoducs, c'est du pétrole brut.
07:05Et les tankers qui passent, c'est surtout pas uniquement du pétrole brut.
07:08Donc, pour les produits raffinés, dont les carburants,
07:11on a encore une situation qui est très tendue.
07:13Et en plus, le Moyen-Orient, plus la guerre Russie-Ukraine,
07:17et les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes,
07:20ce qui accroît encore un peu les tensions sur le marché des carburants,
07:26notamment du gazole.
07:27Donc, ça, c'est un élément très important.
07:29Les stocks mondiaux pétroliers continuent à baisser
07:31parce qu'on tire dedans depuis des mois.
07:33Donc, c'est aussi un facteur haussier.
07:35Dans ce paysage pas forcément très gai,
07:38il y a peut-être un élément positif,
07:41mais avec un point d'interrogation.
07:42Le président américain évoquait le possible arrêt
07:47des exportations de gazole par les États-Unis,
07:50ce qui aurait été une très mauvaise nouvelle supplémentaire.
07:54Alors, avec Donald Trump, il faut se méfier.
07:56Il a dit pendant longtemps, je pense que c'est une bonne idée.
07:58Tout récemment, il a dit que ce n'est peut-être pas une bonne idée.
08:01Alors, il n'a pas encore pris sa décision,
08:03mais il faut espérer qu'il reste sur ce dernier sentiment.
08:06Ce n'est pas une très bonne idée.
08:07Parce que si on devait avoir à la fois des perturbations
08:10pour les produits raffinés Moyen-Orient,
08:12Russie-Ukraine, plus États-Unis,
08:15là, évidemment, les prix pourraient repartir à la hausse.
08:17Et le risque d'une pénurie, au moins sur certains produits,
08:21serait encore plus élevé.
08:23Merci beaucoup, Francis Perrin, pour ces explications.
08:25C'était la preuve par trois.

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