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  • il y a 13 heures
Sur le plateau de la SpaceTV, Alexandre Gohin, agroéconomiste a Inrae nous éclaire sur l'impact de l'accord UE-Mercosur sur les prix de la viande bovine.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue sur l'espace télé par WebAgris. Alors aujourd'hui, nous allons parler de l'accord UE-Mercosur,
00:05donc un accord dont on entend parler depuis longtemps, en négociation depuis 1999 et puis qui a été mis en
00:11place il y a quelques mois, en 2026.
00:14Et donc avec Alexandre Gauin, agroéconomiste à Lille-Inrae. Bonjour Alexandre. Bonjour.
00:19Nous allons parler des premiers effets de cet accord pour les éleveurs français.
00:23Alors bon, ça fait cinq mois que c'est en place. Est-ce qu'on peut voir un petit peu,
00:27avoir un petit aperçu de ce que ça donne sur le cours des gros bovins actuellement ?
00:33Donc effectivement, l'accord est opérationnel depuis mai cette année.
00:38Et les premières statistiques qui sont disponibles au niveau européen par l'observatoire géré par la Commission européenne
00:44montrent qu'effectivement, il y a eu une augmentation d'à peu près 40% des volumes exportés par le
00:51Brésil vers l'Europe,
00:53pas des autres pays du Mercosur, Argentine et Paragouais.
00:58Et donc forcément, ces volumes supplémentaires ont forcément contribué à l'évolution des prix qu'on a observé à la
01:07baisse.
01:07Parce que dès qu'il y a des quantités supplémentaires, toutes choses égales par ailleurs, ça fait une pression à
01:12la baisse sur les prix.
01:12Alors les travaux économiques qui sont menés au sein de l'INRAE montrent qu'en général, lorsqu'il y a
01:18une augmentation de 1% des quantités disponibles sur le marché,
01:22les prix ont plutôt tendance à reculer de 2% au niveau du consommateur et un petit peu plus au
01:29niveau de l'éleveur.
01:30Parce que forcément, les coûts de distribution, de transformation ne sont pas forcément toujours ajustés.
01:37Donc c'est l'éleveur qui va souvent subir ces effets-là.
01:40Après, il faut admettre que cet accord, il est connu.
01:46Sa signature, elle est mise en place depuis mai et c'était connu.
01:50Mais ce qui est connu aussi, c'est qu'il y avait des audits à mener pour savoir si les
01:57élevages brésiliens respectaient effectivement nos normes en termes d'antimicrobiens, antibiotiques, etc.
02:02Et donc, il y avait la date butoir du 3 septembre.
02:07Et donc, là, ça devient un peu plus difficile à quantifier.
02:10C'est qu'il y a pu y avoir des flux du Brésil vers l'Europe en anticipation de cet
02:18arrêt du 3 septembre.
02:19Donc, on ne sait pas dans les statistiques ce qui a été échangé, qui a été consommé tout de suite
02:26versus un petit peu gardé dans des frigos pour être vendu au mois de septembre.
02:32Donc, là, il y a ces phénomènes d'anticipation, ajustement, ce qui fait que sur l'année, on peut penser
02:38que là, il y aura moins d'effets des volumes brésiliens.
02:42Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des effets des volumes d'Argentine ou d
02:46'Uruguay.
02:46D'autant qu'à l'été, on a quand même eu des fortes chaleurs qui ont pu aussi avoir une
02:51pression sur les cours.
02:52On ne peut pas tout imputer à l'accord UMR-Cosur.
02:55Tout à fait. Les prix, ça bouge tout le temps pour plusieurs raisons.
03:00Des raisons qui touchent à l'offre.
03:02Donc là, est-ce que mes fourrages poussent bien ou pas bien ?
03:07On peut avoir des informations contradictoires, des informations qui évoluent tous les jours.
03:12Il a plu, il n'a pas plu. Marécolte, elle se porte bien, elle ne se porte pas bien.
03:16Donc, c'est pour ça que ça contribue à faire bouger et pas avoir les mêmes choses du point de
03:19vue du consommateur.
03:20Si le consommateur, il apprend que le contexte géopolitique s'améliore ou pas, le détroit d'Hormuz se rouvre, ne
03:28se rouvre pas, le prix de l'essence baisse ou pas.
03:31Ça, ça joue énormément sur le pouvoir d'achat des consommateurs.
03:34Et donc, du jour au lendemain, ce pouvoir d'achat peut évoluer énormément et contribuer, de l'autre côté, d
03:40'un espèce de demande à ce que les prix bougent énormément.
03:42Donc, en gros, 5 mois, c'est un petit peu court pour voir l'impact, entre guillemets, de l'accord.
03:48Mais il y a quand même des travaux qui essaient d'évaluer l'impact des accords qui sont passés avec
03:54l'Amérique du Sud.
03:56Oui, tout à fait. Alors, comme vous l'avez dit en introduction, cet accord, la négociation a commencé en 99.
04:02Il y a eu de nombreux travaux pour évaluer si, quand on commence à négocier un accord, forcément, il y
04:08a un peu du donnant-donnant.
04:09Qu'est-ce qu'on a promis d'offrir aux autres partenaires et qu'est-ce qu'on pense gagner
04:15à l'ouverture aux échanges chez eux ?
04:18Donc, ces négociations ont beaucoup évolué.
04:21Et avec un collègue, Alan Matthews, nous avons publié une recherche qui a évalué le dernier accord signé, en fait,
04:31parce que les précédentes études n'étaient pas sur l'accord signé.
04:33Et nous, ce qu'on a trouvé, c'est qu'en année moyenne, est-ce que ça existe une année
04:37moyenne en agriculture ? Évidemment, c'est très délicat.
04:40Mais en année moyenne, c'est-à-dire qu'on l'a testé sur plusieurs années observées dans le passé.
04:45En fait, c'est que cet accord, on ne peut pas dire qu'il a complètement libéralisé.
04:50Il y a ce qu'on appelle les quotas tarifaires où on a ouvert le marché à 99 000 tonnes.
04:59En fait, le credo à la Commission européenne, la mission qu'ils avaient, c'était qu'on ouvre le marché
05:04au maximum à 4% de la consommation européenne sur l'ensemble des accords.
05:11Et pour le cas entre l'Union européenne et le Mercosur, ça ne représente que maximum 1,5%.
05:19Sur ce 1,5%, c'est là que ça devient peut-être un peu complexe, mais en fait, il y
05:23avait déjà une partie qui était déjà faite.
05:25C'est-à-dire que les pays du Mercosur étaient capables d'exporter certains produits sur le marché européen malgré
05:33les droits de douane élevés.
05:35Et donc, lorsqu'on soustrait cette partie qui était déjà exportée, c'est au maximum 50 000 tonnes qui pouvaient
05:42rentrer.
05:43Donc, nous, on a mis ça dans nos calculs et d'autres phénomènes.
05:47Un autre phénomène qu'on a mis en évidence, c'est que lorsqu'on négocie un accord,
05:51c'est pour pouvoir exporter certains biens et certains services vers les pays du Mercosur.
05:57Et grâce à ça, ça crée ce qu'on appelle un effet richesse sur les territoires.
06:01Et ça, ça crée un effet favorable sur la demande de viande bovine.
06:04Ce qui fait qu'au total, lorsqu'on combine tout ça, l'effet négatif sur la filière bovine européenne est
06:11très, très limité.
06:12Et donc, quelles étaient les filières concernées ?
06:14En fait, l'idée, c'est de créer du pouvoir d'achat par un autre biais pour générer de la
06:18demande en France.
06:19C'est beaucoup dans le secteur des services, en fait. Nos services bancaires sont... C'est un exemple.
06:24On dit aussi l'aéronautique. Évidemment, les vins et les spirituels, si on veut revenir vers le monde alimentaire, nos
06:32fromages, etc.
06:33Donc, tout cela vont bénéficier. C'est ce qu'on a montré. Vont bénéficier de l'ouverture.
06:38Forcément, il y en a d'autres qui bénéficient moins. Et le plus médiatique, ça a été évidemment la viande
06:42bovine.
06:43Mais il y a eu aussi la viande de volaille qui a aussi, on va dire, ses enjeux. Et puis,
06:48évidemment, le secteur du sucre aussi.
06:50Donc, on a calculé sur tout ça. Et on a aussi calculé sur... Donc, les marchés, comme je vous ai
06:55dit, sont négociés.
06:57Enfin, l'accord est négocié au niveau européen. Mais après, il y a une déclinaison quelque part des répercussions qui
07:01sont par Etats membres.
07:03Alors, le marché est unique, mais ça ne veut pas dire que les prix se suivent stricto sensu en Europe
07:08pour tous les commodités, pour tous les biens.
07:10Et notamment pour la viande bovine. On s'est aperçu qu'en fait, le consommateur français, lui, consomme très peu
07:18de produits de viande bovine qui vient du Mercosur.
07:22Ce sont d'abord les consommateurs allemands qui sont friands de cette viande-là. Ça veut dire que les quantités
07:28supplémentaires qui seront importées seront d'abord consommées par les consommateurs allemands.
07:34Il y aura un effet ricochet, si vous voulez, sur la filière bovine française. Mais en second temps, parce qu
07:41'en fait, ceux qui exportent en Allemagne, c'est d'abord en proportion, si on veut, les Irlandais.
07:45Nous, on ne vient qu'en troisième temps. Donc c'est juste pour vous dire que nos éleveurs vont être
07:52impactés. On ne le nie pas dans notre recherche.
07:55Mais c'est beaucoup moins que ce qu'aurait pu être un accord complètement libéralisant où le consommateur français aurait
08:03voulu acheter comme le consommateur allemand.
08:04Et alors on entendait aussi beaucoup l'argument des clauses miroirs et les syndicats et même les éleveurs qui mettaient
08:10en avant le fait qu'on importe en Europe de la viande
08:14selon des standards de production qui ne sont pas forcément les nôtres. Est-ce que c'est un peu caricatural
08:18comme discours ou c'est comme ça que ça se passe ?
08:21Caricatural, je ne dirais pas ça. Ce qui est sûr, c'est que nos méthodes de production ne sont pas
08:27complètement adoptées dans tous les pays du monde.
08:30Dans les autres pays du monde, pardon. Et dans les pays du Mercosur, c'est pareil. Mais ça ne veut
08:34pas dire que toute la production qui est effectuée là-bas
08:36ne répond pas pour certaines à nos normes. Donc ce qu'il faut distinguer, c'est qui est ce qui
08:42est produit là-bas qui peut rentrer chez nous moyennant adaptation ou pas.
08:47Et en fait, il s'avère qu'il y a une partie qui vient chez nous parce qu'en fait,
08:52ils sont capables de produire selon nos standards.
08:54Par contre, il faut arriver à le certifier. Et donc là, s'il y a justement, depuis septembre, une partie
09:00qui s'est bloquée, c'est parce que tous les documents n'ont pas été fournis quelque part.
09:05Donc il y a un jeu peut-être politique là-dedans. Après, ces histoires de normes, il faut voir aussi
09:13que ce n'est pas que...
09:14Enfin, c'est pour toutes les filières. Ce n'est pas que pour la viande bovine. C'est aussi vrai
09:18pour les cultures et notamment, par exemple, pour le soja.
09:22Il y a des recherches qui ont été conduites qui ont illustré que sur le soja qu'on veut importer
09:29de zones non déforestées, c'est effectivement le cas.
09:32C'est-à-dire que les producteurs au Brésil ont fait les efforts pour tracer ce qui est envoyé de
09:37manière non déforestée en Europe
09:39et ce qui est déforesté, enfin, ce qui est produit sur des zones déforestées récemment, ça va plutôt vers des
09:46marchés asiatiques.
09:47Donc ça veut dire qu'ils ont fait ce travail aussi de traçabilité, etc. Et donc ils peuvent le faire
09:53sur plusieurs filières.
09:54Et donc ce sujet-là, de close miroir, il est multifilière.
09:58Après, ce qui inquiète aussi les éleveurs, c'est que les accords commerciaux, c'est une composante en plus qui
10:04contribue à la volatilité des prix.
10:07Et ça, c'est quelque chose qui inquiète au quotidien et pour laquelle on a du mal à se couvrir.
10:12Tout à fait. Alors les prix, comme je vous l'ai dit, ça bouge tout le temps.
10:15Et ils bougent parce qu'il y a des choses qu'on sait, il y a des choses qu'on
10:18anticipe sur le futur et on n'est pas trop sûr de nous.
10:20Donc c'est pour ça que ça bouge d'une autre. Et comme vous l'avez dit, ils bougent tout
10:23le temps pour plusieurs raisons.
10:25Vous avez aussi, et je pense que c'est assez célèbre partout au monde, c'est que vous avez des
10:29décisions.
10:29Il y a des aléas qui viennent de dames nature. Il fait beau, il fait pas beau. Là, cette année,
10:35évidemment, c'est très clair.
10:36L'effet de la sécheresse, la canicule. Mais vous avez aussi des phénomènes qui sont liés à la politique.
10:41Vous avez un président américain qui met des décisions politiques changeantes.
10:48Et donc, par exemple, aux Etats-Unis, ils ont un phénomène de décapitalisation comme chez nous en France et en
10:54Europe parce que les éleveurs, comme chez nous, ont des charges supplémentaires qui ne sont pas couvertes par les prix.
11:01Et donc là-bas, il y a eu des décisions pour aider les éleveurs, mais en même temps aider à
11:10baisser la pression sur le prix consommateur en important plus du Brésil.
11:15Donc ça, c'est une décision, comme on le sait, qui peut changer assez rapidement là-bas. Et ça contribue
11:20à cette volatilité.
11:21Et donc, nous, les éleveurs, à la fin, ils se retrouvent avec plein de sources de volatilité et qui créent
11:27des fois des bonnes surprises, mais des fois des très mauvaises surprises.
11:30Et c'est quand c'est la mauvaise surprise que là, on se dit mais qu'est ce que j
11:35'ai mis en place pour éviter justement de tomber éventuellement en faillite ?
11:38Et c'est là qu'on arrive sur les solutions qui peuvent être techniques versus financières. Elles sont nombreuses. Elles
11:49ont chacune leurs avantages, leurs inconvénients.
11:52On ne peut jamais dire qu'il y a une solution unique. Notre boulot à nous, évidemment, c'est d
11:56'essayer de trouver la meilleure combinaison pour les aléas qui viennent de dames nature.
12:03La sécheresse, il pleut ou pas. Les travaux ont plutôt tendance... Les travaux académiques ont plutôt tendance à dire que
12:11les systèmes assurantiels peuvent fonctionner.
12:17Donc l'assurance récolte, par exemple, assurance prairie... Voilà. Alors, l'assurance récolte, quantité, elle a des vertus, mais pour
12:30avoir pleinement ces vertus, il faut savoir limiter ses effets négatifs.
12:35Dans l'élevage. Et notamment, les cultures qui ne sont pas récoltées une fois de l'année, comme le maïs
12:41fourrage. On parle évidemment des prairies.
12:44La mesure de la perte n'est pas si facile, je dirais, que la mesure de... Voilà, j'ai perdu
12:52tant de quintaux de blé ou de maïs fourrage.
12:57Donc là, c'est pour ça que là, cette année, on a bien vu, avec des petites blagues sur notre
13:03collègue sur la station internationale,
13:07de bien savoir si le satellite mesure bien la pousse de l'herbe. Donc il y a un système... Parce
13:13que c'est un système subventionné.
13:16Les assurances... Il y a des primes d'assurance qu'on paye avant le sinistre pour éventuellement être indemnisées après
13:22le sinistre.
13:22Ces primes sont subventionnées. Et notamment beaucoup par l'Europe. Et donc forcément, qui dit argent européen, c'est normal.
13:30Il y a un système pour vérifier si c'est bien distribué. Et donc il y a un système qui
13:34permet de vérifier si le système de détection des pertes est efficace ou pas.
13:41Et je travaille sur ce sujet-là avec d'autres collègues. Et j'ai envie de dire que le système
13:47est perfectible.
13:48Mais on ne peut pas s'attendre à ce qu'il fonctionne du premier coup. Donc en ce moment, forcément,
13:53quand il y a des éleveurs qui considèrent
13:56qu'ils sont impactés par la sécheresse et que le système ne le détecte pas, forcément, ils sont fâchés.
14:03Mais il faut admettre qu'établir les références, parce que le satellite, il voit du verre, mais il ne sait
14:07pas exactement quel type de verre que c'est.
14:09Si c'est de la prairie avec telle ou telle graminée, telle ou telle semence, etc. Donc retenez qu'on
14:17entend les critiques.
14:18Et d'ailleurs, dans la loi du plomb, il a été remis des comités départementales pour vérifier si le satellite
14:24disait quelque chose de bien.
14:25Mais c'est un système qui est en train de s'améliorer.
14:27Parce que l'idée, en fait, c'est d'aller vers une allocation des aides un peu plus ciblée que
14:31ce qu'on peut voir actuellement.
14:33En fait, quand il n'y a pas de système assurantiel, si l'éleveur n'a pas pris l'assurance
14:38en début d'année avant le sinistre,
14:41il y a quand même toujours le système intermédiaire, enfin temporaire des calamités.
14:46Ça s'appelle maintenant indemnité de solidarité nationale, ISN, qui, lui, n'a pas les mêmes vertus, je dirais, en
14:59termes d'indemnisation.
15:02C'est-à-dire que le potentiel de chaque surface n'est pas forcément aussi bien pris en compte que
15:09ce que fait l'assureur.
15:11L'assureur, quelque part, c'est du sur-mesure. C'est coûteux les premières années. On n'a jamais nié
15:17que c'était pas coûteux.
15:18Mais c'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Ils ont mis de l'argent sur plusieurs années
15:22pour créer justement toutes ces références,
15:25pour pouvoir faire du sur-mesure et puis qu'après, ça puisse fonctionner.
15:29Bon, aux Etats-Unis, il y a un problème avec certains présidents, c'est que des fois, ils donnent des
15:33subventions, même s'il n'y avait pas besoin.
15:36Donc ça crée de la confusion. Mais il y a nous, notre credo en tant qu'économie, c'est de
15:40dire il faut savoir investir les premières années
15:43et après laisser en routine le système.
15:46Et donc ça, ça répond à une problématique autour de la production fourragère ou des aléas climatiques.
15:50Mais c'est pas le seul aléa auquel sont confrontés les éleveurs.
15:53Voilà. Donc l'autre aléa qui se manifeste beaucoup sur leur comptabilité, si on veut, et sur le bien-être
16:00et tout, c'est les prix.
16:03Alors les prix, ils bougent à la fois. On en a discuté sur ce qu'ils vendent, mais aussi sur
16:10ce qu'ils achètent.
16:11Alors c'est peut-être un peu moins commun dans la filière bovine que je connais peut-être un peu
16:15moins de ce côté là que dans d'autres filières
16:18où il y a la possibilité d'acheter du maïs et du tourteau en avant, c'est de couvrir la
16:24vente de son produit animal.
16:28Alors c'est peut-être un peu moins commun dans la filière bovine parce que certains sont à l'herbe.
16:32Donc il n'y a pas de prix de l'herbe facile. Donc établir des systèmes financiers là-dessus, il
16:41faut admettre, c'est plus compliqué.
16:43Établir des systèmes financiers aussi, des marchés à terme, notamment sur la viande bovine, c'est pas immédiat non plus.
16:50Parce qu'en fait, dès qu'il y a un contrat, il faut savoir définir le produit.
16:55Oui, une tonne de blé, bon, ça peut toujours se discuter, mais ça peut se mesurer aussi.
17:01Un animal, surtout nous en France, on a plusieurs types d'animaux.
17:04On ne fait pas qu'une race.
17:07Donc forcément, je ne dis pas que c'est impossible, loin de là, mesurer le taux de gras, taux de
17:12maigre, etc.
17:14Et avec les nouveaux outils, de plus en plus, ce coût de mesure de la qualité sera plus facile.
17:19Ce qui fait qu'une des entraves au développement de ces marchés à terme est de moins en moins vraie.
17:27Ça ne veut pas dire que de jour au lendemain, il va apparaître ce marché à terme.
17:30Mais c'est que...
17:30Et donc un marché à terme, concrètement, c'est quoi ? C'est quelque chose qui nous permet de se
17:34couvrir à long terme ?
17:35Oui, c'est ça. C'est-à-dire qu'une fois qu'on a pris un contrat, on a sécurisé
17:39le prix, par exemple, auquel on va vendre son bovin.
17:42Quoi qu'il se passe sur le marché ? Par exemple, je fais un contrat à 6 euros le kilo,
17:46si vous voulez.
17:47Si le marché monte à 7, j'ai perdu. Je n'aurai pas 7. Mais s'il tombe à 4,
17:52je serai payé 6 quand même.
17:53On aura toujours 6.
17:54J'aurai toujours 6. Donc ça veut dire que moi, si j'ai toujours 6 et que le marché est
17:58à 4, c'est que quelqu'un a perdu 2.
18:01Mais si ce quelqu'un est dans la filière, lui, il va peut-être devenir fragile. Mais si c'est
18:09quelqu'un qui n'est pas dans la filière, lui, il va peut-être perdre de l'argent.
18:14Mais peut-être qu'il avait un portefeuille diversifié avec autre chose.
18:18Ça devient une question financière, en fait.
18:19Oui, mais ça veut dire que la volatilité, le coût à supporter ce risque de faillite, il n'est pas
18:26supporté que par les gens de la filière.
18:29Il est aussi supporté par d'autres gens. Et donc, c'est peut-être plus facile à plusieurs de supporter
18:34le système.
18:34C'est ce qu'on a montré dans de nombreux travaux. En fait, quand on favorise le développement de ces
18:40marchés, on avait calculé que toute chose égale par ailleurs, ça a créé de la production supplémentaire de l'ordre
18:46de 5%.
18:48Forcément, ça va faire baisser les prix en moyenne, parce que plus je produis, plus les prix sont faibles. Mais
18:53d'un autre côté, plus les prix sont stables.
18:55Ils bougent beaucoup moins grâce à ces systèmes-là.
18:58Donc pour vous, ce serait important de mutualiser un peu le risque au sein de la filière bovine, que ce
19:03soit par l'assuranciel ou les marchés à terme ?
19:05C'est toujours mieux de mutualiser, à mon avis, si les coûts de la mutualisation ne sont pas insupportables.
19:10Et le coût de la mutualisation, c'est de rassembler toutes ces informations dans les assurances et dans les systèmes
19:15financiers, le marché à terme.
19:17C'est de vérifier que quelqu'un qui prend un contrat à l'honneur, parce que ne pas payer ses
19:26dettes, ça ne fonctionne pas.
19:28Et donc ça, il y a des systèmes de marge, etc. Donc ça fonctionne en général bien, mais il y
19:31a un petit coût. Il faut admettre, les appels de marge, c'est pas automatique, mais ça se pratique.
19:37Donc il faut admettre qu'il y a ce petit coût-là, mais il faut le comparer aux bénéfices. Et
19:42nous, dans les travaux académiques qu'on a menés, les bénéfices l'emportent sur les coûts.
19:47Mais on ne dit jamais, c'est l'alpha et l'oméga. Jamais. Il faut savoir dire que de l
19:51'autre côté, il y a des solutions techniques.
19:53Et là, c'est un peu moins le sujet que nous, on a traité en économie au sein de l
19:58'INRAE. Un petit peu, mais on a encore besoin de travailler dans les solutions techniques.
20:02Et puis, évidemment, stockage de l'eau. Ça, c'est évident. Et donc, si je devais résumer, parce qu'on
20:07est quand même partie du Mercosur, en fait, l'idée, c'est quoi?
20:10C'est qu'il y a des aléas pour les agriculteurs en termes de marché. Donc ça peut être l
20:16'importation de viande sud-américaine.
20:18Ça peut être la météo et que pour faire face à tout ça, il faut peut être penser autrement nos
20:23modèles de production et de gestion du risque. C'est ça?
20:26Oui, c'est ça. Mais il faut admettre que ces aléas, personne ne peut vous dire demain. Je sais ce
20:32qui se passe. Nous, ce qu'on dit juste, c'est on sait qu'il peut se passer quelque chose.
20:35C'est pas grand chose. Mais si on se dit à plusieurs, on s'organise et puisque on est en
20:41Bretagne, il y a quand même eu nos grands parents et nos parents ont construit des coopératifs,
20:47des systèmes coopératifs, justement pour mutualiser ces systèmes là. Donc il y avait bien une idée derrière la tête et
20:53une question qui reste posée, c'est à quelle échelle on doit faire ça?
20:57Est ce qu'on impose quelque part le système assurantiel privé ou est ce qu'on permet? Parce qu'il
21:04y a des effets d'échelle quelque part.
21:06C'est difficile de développer des systèmes pour chaque territoire. C'est difficile. Donc il reste de la recherche à
21:13mener et c'est bien qu'on peut le faire avec les acteurs.
21:15Et on en est revenu à la Bretagne. Donc c'est parfait pour conclure sur le plateau du SPACE et
21:20vous pourrez retrouver d'autres épisodes de l'ASPACE télé sur WebAgris. Merci.
21:24Merci.

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