00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Bonjour Cathy Collard-Géger.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin.
00:07Vous êtes directrice générale de Maison Nicolas.
00:09Alors vous étiez venue il y a un an nous parler de rebranding de Nicolas en Maison Nicolas.
00:15Visuellement, chez moi j'ai regardé, les magasins n'ont pas changé, n'ont pas été en nommé.
00:19A quoi a servi cette opération marketing ?
00:22Alors ce n'est pas une opération marketing, c'est un vrai repositionnement de marques.
00:26Donc, mais effectivement, comme dans tout, on teste et puis surtout on commence à en décliner les preuves.
00:31Et donc tous les magasins vont passer les uns derrière les autres.
00:34C'est une cinquantaine qui sont prévues effectivement l'année prochaine.
00:37On en a déjà six alors qu'il est.
00:40Et puis effectivement derrière, ce n'est pas simplement une façade que l'on change.
00:43Mais c'est tout un concept magasin, des gammes, des services que l'on change pour accompagner effectivement toute cette
00:50promesse de marque.
00:51Mais ça reste un vendeur de vin ?
00:53Ça reste un vendeur de vin, mais pas que.
00:55C'est aussi du conseil et c'est surtout un accompagnement des instants de consommation.
00:59On ne vend plus simplement une bouteille, vous voyez, aujourd'hui.
01:02Au contraire, on accompagne des moments de convivialité, des instants de consommation.
01:06Et on s'inscrit finalement dans les moments joyeux des gens.
01:09Mais vous avez l'impression, parce que la consommation de vin baisse,
01:13et pourtant votre bilan est plutôt prometteur.
01:18Et vous dites qu'il y a du monde dans les magasins, les moins de 30 ans s'intéressent aussi
01:23et viennent.
01:24Qu'est-ce qu'ils viennent acheter ?
01:25Alors les moins de 30 ans, en plus, ce sont plutôt les nouveaux clients qu'on a recrutés.
01:29Parce que vous voyez, ce début d'année, ce n'est pas le moins de 200 000 nouveaux clients qu
01:33'on est allés recruter,
01:34ou des gens qui sont venus effectivement nous retrouver, et plutôt des gens qui sont plutôt jeunes.
01:39Alors les jeunes s'intéressent à la mixologie.
01:41La première boisson consommée des jeunes, ce sont les cocktails, la mixologie,
01:46que l'on vend avec alcool ou sans alcool désormais.
01:49En canette, c'est ça ? Ils consomment comme ça ?
01:51Oui, oui, en canette, mais pas que.
01:53On a aussi des cocktails, effectivement, en bouteille.
01:56Donc, effectivement, première boisson.
01:58Et puis ensuite, du vin plus frais, le rosé, cet été terriblement.
02:03Puisque vous savez que le rosé dépend aussi de la saisonnalité, du climat, du soleil.
02:08Et puis le vin blanc est aussi une boisson, effectivement, qui retrouve ses lettres de noblesse.
02:13Au profit du vin rouge qui, lui, effectivement, voit sa consommation chuter ?
02:17Oui, parce que 64% de la consommation d'alcool se fait désormais hors des repas.
02:22Et hors des repas, il est plus facile, effectivement, de boire des cocktails,
02:26de boire du vin blanc plutôt qu'un vin rouge qui, finalement, est plutôt assorti à un bon repas.
02:31Hors des repas, c'est-à-dire apéritifs dans la journée ?
02:33Apéritifs, after work, voilà, les après-midi où on se retrouve, effectivement.
02:38Le sans-alcool, donc ça, c'est une véritable tendance.
02:40C'est quelle part de marché aujourd'hui ?
02:42Alors, c'est encore très confidentiel, puisque c'est 2% de part de marché.
02:46Mais pour autant, on n'en parlait qu'au dry january du sans-alcool.
02:49Et désormais, c'est toute l'année qu'on en parle,
02:53parce qu'effectivement, ça accompagne des vrais instants de consommation.
02:56Parce que vous reprenez votre voiture, parce que vous avez un marathon demain,
02:59parce que vous avez peut-être commencé un petit peu fort la soirée.
03:02Et effectivement, le sans-alcool est une vraie réponse
03:05pour continuer à fêter, à célébrer, mais effectivement de manière très raisonnable.
03:10Bon, mais on va se le dire, on n'y est pas quand même sur le sans-alcool.
03:13Pour les amateurs de vin, ce n'est pas encore ça.
03:16Écoutez, 34% effectivement des Français en consomment désormais,
03:20donc ce qui n'est quand même pas neutre.
03:21Et puis vous savez que 95% des consommateurs de sans-alcool
03:24sont des gens qui boivent par ailleurs de l'alcool.
03:27D'où la volonté, effectivement, d'être référent sur ce marché.
03:30Alors, l'IA, ça représente quoi dans votre business aujourd'hui et dans votre modèle ?
03:35Or, l'IA, c'est un vrai outil pour accélérer le business.
03:38Pour autant, ça ne remplacera jamais l'humain,
03:40puisque vous voyez, même dans notre nouvelle identité de marque,
03:43c'est un caviste qui est personnifié au cœur de la marque.
03:46Donc, effectivement, tout passe par notre caviste et par l'humain.
03:49Mais l'IA nous sert terriblement, vous voyez, par exemple,
03:52pour clusteriser nos magasins.
03:54Clusteriser nos magasins, c'est effectivement un magasin
03:58pour lequel on adresse des gammes en fonction de la géographie
04:01et du bassin de consommation.
04:03Et bien, effectivement, le cerveau humain,
04:05ce n'est pas croisé finalement toutes les données INSEE,
04:08les 6 millions de transactions que l'on a.
04:10Donc, l'IA sert, effectivement, sur ce genre de choses.
04:12L'IA sert aussi sur la recommandation des produits,
04:15puisqu'à un moment, on a effectivement tous vos achats.
04:19Et donc, c'est intéressant d'aller vous pousser,
04:21vous proposer un certain nombre de produits.
04:23Donc, il sert à accélérer le business,
04:25mais en aucun cas, il est le cœur de notre business.
04:28Est-ce que la crise du pouvoir d'achat,
04:29vous la ressentez, vous, dans vos magasins ?
04:32Oui, c'est une vraie raison aussi de la déconsommation d'alcool,
04:36puisqu'effectivement, quand il y a une crise du pouvoir d'achat,
04:39votre budget est contraint,
04:40vous vous centrez sur les produits de première nécessité.
04:42Et l'alcool n'est pas un produit de première nécessité,
04:45c'est plutôt un produit de convivialité.
04:47Donc, c'est une vraie raison, effectivement, de la déconsommation.
04:50Je disais que les demi-bouteilles aussi fonctionnaient pas mal.
04:53Oui, alors, c'est un peu moins cher.
04:55C'est un peu moins cher, et puis ça correspond à un phénomène de société.
04:59C'est-à-dire, vous voyez, 71% des ménages français
05:01sont composés d'une à deux personnes.
05:03Quand on est seul ou à deux, on se dit,
05:05est-ce qu'on ouvre une bouteille complète pour nous deux ?
05:07Et puis, peut-être, on ne consomme pas la même chose.
05:09Et donc là, la demi-bouteille est une vraie solution, finalement,
05:12pour fêter ensemble un événement.
05:14La bière, ça représente un marché important ?
05:16Oui, alors, c'est encore confidentiel,
05:18chez Maison Nicolas.
05:20Ce n'était pas un créneau sur lequel on était présents.
05:24Mais désormais, on l'est, parce qu'effectivement,
05:26la bière est aujourd'hui consommée à la même hauteur que le vin,
05:29et touche aussi particulièrement les jeunes.
05:32C'est moins cher également.
05:34Donc, nous sommes désormais, là aussi,
05:36un vrai acteur sur ce créneau-là.
05:38Vous êtes impacté par la guerre en Iran,
05:41la montée du pétrole et donc du plastique pour les emballages.
05:44Tout ça, ça correspond à un manque à gagner important pour vous ?
05:47Oui, pour deux raisons.
05:49Parce que, d'une part, effectivement,
05:50toutes ces tensions géopolitiques touchent le pouvoir d'achat des Français.
05:54On l'a dit, donc, des consommations de nos produits.
05:58Et puis, effectivement, le plastique,
05:59c'est quand même 30% de progression sur les prix du plastique.
06:02Et nous, ça concerne les emballages, les bouchons synthétiques.
06:06Donc, tout ça, effectivement, a de vraies répercussions
06:08sur notre structure de coûts, là aussi.
06:11Alors, vous appartenez au groupe Castel,
06:13où un bras de fer judiciaire existe entre Romy Castel,
06:16qui est l'héritière,
06:16et les dirigeants de la holding, qui est à Singapour,
06:19et qui leur reprochent leur ingérence, finalement.
06:21Il y a une décision le 2 octobre,
06:23mais il y a déjà des administrateurs indépendants
06:25qui ont été nommés.
06:27Et c'est l'avenir du groupe Castel,
06:29et donc de Nicolas, là, qui est en jeu ?
06:31Alors, écoutez, on n'est pas du tout impacté.
06:33Et puis, on a cette chance-là,
06:34c'est qu'effectivement, tous nos actionnaires,
06:37quels qu'ils soient, finalement,
06:38sont tous d'accord pour se dire
06:40que Maison Nicolas doit être centré,
06:42finalement, sur son business,
06:44sur ses clients au quotidien.
06:45Donc, on a une feuille de route,
06:47on a une dirigeante,
06:48et puis, finalement, on avance.
06:50Mais cette gouvernance de la holding,
06:51elle n'aura pas d'impact sur vous ?
06:53Elle n'en a pas du tout, effectivement.
06:54Le jour de la décision ?
06:55Non, pas du tout.
06:57Merci, Cathy Collard-Gégeur,
06:58d'être venue ce matin nous parler de Maison.
07:01Nicolas, c'est une interview à retrouver
07:03en podcast et en replay.
07:05Et vous le savez,
07:05l'alcool, c'est à consommer avec modération.