- il y a 7 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Hier, nous avions suivi en direct la prise de parole des six ministres pour annoncer les prolongations et les élargissements
00:08des aides au carburant.
00:09Mais ça ne satisfait guère ce matin. Toute la journée, on a eu beaucoup de réactions.
00:13Il suffit d'écouter la numéro 1 de la CGT, Madame Binet. Elle y voit même un dispositif incompréhensible.
00:18Le problème, c'est que ça ne répond absolument pas au problème. D'abord parce que c'est une usine
00:22à gaz.
00:23C'est très compliqué de faire cette demande. La preuve, c'est que la moitié des personnes qui pourraient y
00:27avoir accès ne font pas la demande.
00:28Et ensuite, le deuxième problème, c'est que c'est une goutte d'eau puisque c'est 100 euros en
00:32une fois.
00:32Or, 100 euros, c'est un plein. Et pour les gros rulleurs vers qui se tourne cette aide, ce n
00:36'est pas 100 euros de plus par mois.
00:38C'est 300, 400, 500 euros. Je pense aux infirmières, aux aides à domicile, par exemple.
00:43Ça ne couvre absolument pas l'explosion des prix de l'essence.
00:47Alors, Madame Binet n'est pas contente. Les Français non plus.
00:50Sylvain Maillard, bonsoir. Vous êtes députée du Bloc Central, députée ensemble pour la République de Paris.
00:55Selon notre sondage Elab, les Français, 70% d'entre eux, jugent insuffisantes les annonces gouvernementales d'hier.
01:02Ils sont 7 Français sur 10 à demander une baisse des taxes, ce que refuse l'exécutif.
01:08Il a tout faux, ce gouvernement ?
01:10Il refuse parce que nous n'en avons pas les moyens, tout simplement.
01:13Et de dire que si nous baissions les taxes...
01:15Alors, pardon, je complète ce que disent les Français via notre sondage.
01:19Ils veulent une baisse des taxes, même si cela aggrave le déficit, mais certains demandent des économies par ailleurs, bien
01:24sûr.
01:25Alors, il va falloir faire beaucoup d'économies.
01:28Sébastien Lecornu va présenter dans quelques jours devant nous un budget où il y a 54 milliards d'économies, ce
01:33qui n'a jamais été fait.
01:34Donc déjà, il y aura une discussion et ce sera intéressant de voir l'ensemble des groupes parlementaires,
01:38à l'Assemblée nationale, leur position par rapport à chacune des propositions d'économies.
01:43Mais à côté de ça, il y a une réponse qui est adaptée à nos moyens financiers envers les grands
01:49rouleurs.
01:49Il y a un doublement, en gros, il y a un doublement de la prime parce que la crise dure,
01:54et de faire en sorte que ceux qui ont besoin, évidemment, de faire, parce qu'ils font, vous l'avez
01:59dit, pour aller travailler, tout simplement,
02:02ils ont besoin de faire leur plein, qu'on puisse les accompagner.
02:05On a un élargissement.
02:07Ça concerne 5,5 millions de Français sur 4 millions de mobiles.
02:11On a dépensé en 2023, quand il y a eu la dernière grosse crise énergétique, entre 50 et 70 milliards.
02:1750 et 70 milliards.
02:19On voit bien que nous n'en avons plus les moyens.
02:20Et donc, il y a un moment où il faut adapter et cibler ceux qui en ont le plus besoin.
02:26J'entends...
02:26Tout à l'heure, peut-être qu'on parlera des routiers.
02:28D'ailleurs, ça m'intéresserait beaucoup de pouvoir débattre tout à l'heure parce que je suis un peu sûr...
02:34Enfin, on en parlera tout à l'heure.
02:35Mais je crois qu'il faut qu'on s'adapte, évidemment, à chacun des personnes qui ont besoin de leur
02:40voiture avec les moyens financiers.
02:42Ou de leur camion ? Parce que, pour vous, le compte y est, monsieur de la Fédération des transporteurs routiers
02:49ou pas, monsieur Riviera ?
02:50Pas du tout. Le compte n'y est pas.
02:52Et d'ailleurs, les décisions qui ont été prises, pour nous, elles sont totalement incompréhensibles.
02:55Vous n'êtes pas aidé du tout parce qu'il y avait une aide pour le transport routier dans un
02:59premier temps ?
03:00Oui. Extrêmement précis sur les choses.
03:02Les aides, le secteur a été aidé.
03:04Le secteur du transport routier, je précise bien, le secteur du transport routier, c'est toute activité.
03:09Les marchandises, parce qu'on parle beaucoup des marchandises, mais je l'inclus dedans, le secteur du voyageur, le transport
03:14sanitaire.
03:15Ces aides, elles ont touché tout ce pan-là.
03:18Qu'en est-il des aides ?
03:19L'aide du mois d'avril, les entreprises l'ont perçue fin août, pour 80% d'entre elles.
03:2520% aujourd'hui ne les ont toujours pas touchées.
03:27L'aide du mois de mai commence à peine à être perçue par les entreprises.
03:32Concernant les aides du mois de juin, juillet, août, le décret d'application n'est toujours pas paru.
03:38Il devrait paraître demain.
03:39Donc on a des aides décalées de trois mois dans le meilleur des cas.
03:42Et avec des conditions d'éligibilité extrêmement drastiques.
03:47Donc déjà, effectivement, les aides qui sont là pour nous aider en urgence, elles ne sont pas du tout arrivées.
03:51Ça, c'est une réalité.
03:52Et on nous explique, je vois la question arriver, qu'on doit sortir de ces aides parce qu'aujourd'hui,
03:58le transport routier a une clause légale dans le code des transports de répercussion.
04:03C'est absolument inadmissible d'entendre ça.
04:06Ou alors c'est très mal...
04:07Vous pouvez répercuter sur les prix, la hausse des carburants.
04:10Je vais maintenant effectivement rentrer dans le détail.
04:12Il y a une clause, il y a un article du code des transports qui oblige les donneurs d'ordre
04:17à mettre dans les contrats commerciaux une clause de répercussion.
04:21qui ne vaut que pour un secteur, le transport routier de marchandises.
04:25Donc déjà, l'excuse de dire, vous sortez du dispositif parce que vous avez une clause, ça ne fonctionne pas
04:30pour les secteurs voyageurs et transports sanitaires.
04:33Hors jeu, la réponse.
04:35Et concernant la répercussion des transporteurs, marchandises, voilà cinq ans qu'on explique à qui veut bien nous entendre que
04:41cette clause, elle a le mérite d'être,
04:43mais les conditions d'application sont en totale liberté commerciale.
04:47Donc on est sur un accord entre les donneurs d'ordre et les transporteurs.
04:51Des conditions de mise en place de cette annexation.
04:54La réalité, monsieur, c'est qu'on est dans une relation commerciale entre des entreprises qui sont massivement des TPE
05:00et des PME.
05:01C'est le tissu aujourd'hui des transporteurs routiers.
05:04Plus de 80% des entreprises sont des TPE et PME, capitaux patrimoniaux, qui négocient avec des grandes en heures
05:09d'ordre.
05:10Et donc la négociation commerciale, elle n'a pas lieu dans une grande partie des cas.
05:14Elle est imposée aux transporteurs.
05:16Et donc la répercussion, elle est très loin d'être intégrale.
05:19Et encore moins lorsqu'on est dans une période où vous avez une totale flambée.
05:23Que demandez-vous alors ?
05:24Déjà un, qu'on nous réintègre dans les aides.
05:28C'est une première des choses.
05:30Et la deuxième des éléments...
05:31On s'est oublié, mais je vais vous laisser la parole parce que je vais vous interpeller sur un point
05:38parce que vous êtes effectivement élu.
05:41Depuis cinq ans, on propose, nous, des mesures à zéro euro sur les finances publiques.
05:46Zéro euro sur les finances publiques pour aider notre secteur.
05:49C'est des mesures qui ont été travaillées sur lutter sur les prix abusivement bas et sur la répercussion.
05:54Voilà cinq ans qu'on nous dit le cœur sur la main.
05:56Vous avez raison, il faut qu'on vous aide.
05:58Rien n'est fait.
05:59Et même lorsque les parlementaires sont saisis, je pense notamment à ce que vous auriez pu faire dans la loi
06:03cadre,
06:03ce sont toutes des propositions qui ont été refusées.
06:05Alors, Sylvain Maillard.
06:06Juste très rapidement, parce que moi, je voudrais vous poser une question.
06:08Moi, je suis député, mais je suis aussi chef d'entreprise.
06:11Moi, sur mes bas de facture, des sociétaires, je vais donner des noms directement.
06:15UPS, DHL, TNT, Calberson.
06:18Ils repèrent immédiatement en bas de cas.
06:20Ils ne me demandent pas mon avis.
06:22Ils facturent directement le client final dès qu'il y a une augmentation.
06:26Et ça fait des années que ça dure.
06:27Donc, j'entends ce que vous dites en disant, est-ce que vous faites le distinguo dedans ?
06:30Parce que vous représentez tout le monde.
06:32Mais attention, il y en a une partie d'entre eux qui peuvent déjà toucher les aides.
06:36Déjà, ça pose une question.
06:37Mais qui, en plus, refacturent à leurs clients.
06:39Est-ce que la discussion de ce que vous portez est sur les TPE, PME ?
06:43Et là, regardons ce que nous pouvons faire.
06:44Est obligé aux clients finales à répercuter ?
06:47Parce que moi, ce qui me gêne le plus, c'est que dans un moment, on n'a pas d
06:50'argent.
06:50On n'a pas d'argent.
06:51Pourquoi c'est aux contribuables français de payer le fait que votre client, lui, refuse de payer le surcoût de
07:00carburant ?
07:01Moi, je suis prêt à, évidemment, aider tous les Français pour aller bosser.
07:06Mais il n'est pas normal que, dans la relation commerciale entre vous et votre client,
07:11à un moment, ce soit le contribuable français qui paye.
07:13Voilà.
07:13Je peux répondre ?
07:14Oui, et après, on va donner la parole aux autres.
07:16L'exemple que vous citez est une parfaite illustration.
07:19Vous citez des entreprises.
07:20Il ne vous aura quand même pas échappé qu'on est en train de parler de TPE, PME, là.
07:23Non, non.
07:23Ce sont des cinq ans qui, peut-être, ont des facultés de négocier une bonne répercussion.
07:27Mais derrière, ils vont sous-traiter à qui ?
07:30À des TPE et PME.
07:31Et c'est dans la relation entre ces acteurs-là que les choses ne se passent pas.
07:33Mais vous allez bloquer ou pas ?
07:36Les transporteurs routiers, vous allez vous lancer dans un mouvement ou pas ?
07:38Alors, très clairement, nous, on a pris une décision qui est extrêmement claire.
07:41La décision, elle ne se prend pas au niveau de la Fédération nationale.
07:44Nous venons de lancer, aujourd'hui, cet après-midi, une très large consultation de nos adhérents
07:48en leur posant très clairement la question.
07:49Voilà, vous connaissez la situation.
07:51Dites-nous si vous voulez, effectivement, vous mobiliser, oui ou non.
07:54Cette consultation, elle va perdurer jusqu'à dimanche.
07:57Nous prendrons, la semaine prochaine, une décision en fonction de cette consultation, d'une action ou non.
08:03Antoine, Antoine Berdard ?
08:03Enfin, concrètement, il y a quand même deux éléments que les Français ne peuvent pas comprendre.
08:06D'une part, les retards à l'allumage que vous évoquez.
08:09Des délais comme ça aussi allongés.
08:11Des aides qui datent du mois de juin et qui ne sont toujours pas versées.
08:15Vous nous apportez votre témoignage.
08:16Les pêcheurs nous livrent le même témoignage, avec donc des pêcheurs qui sont contraints de taper dans leur trésorerie,
08:22voire de renoncer à sortir en mer.
08:23Ça, les Français ne peuvent pas le comprendre.
08:25Et puis le deuxième élément, et ça rejoint au fond ce que quand même disait, en un certain sens, M.
08:30Maya,
08:31c'est le fait que par le passé, on est arrosé, mais alors extrêmement large,
08:35avec des ristournes en 2022 qui étaient de 15 à 30 centimes par litre.
08:38Rien que pour ce dispositif-là, on était sur un coût de 8 milliards.
08:42On ne se préoccupait même pas des effets d'aubaine.
08:44Et il y en a eu des effets d'aubaine, ça a été documenté depuis par l'INSEE.
08:46Et aujourd'hui, on passe à l'extrême inverse, c'est-à-dire au goutte-à-goutte qui ne nous
08:50permet pas de couvrir la totalité de la population.
08:57Résultat des courses au lendemain de chaque annonce de M. Lecornuie et du gouvernement,
09:00on fait la liste de tous les secteurs oubliés.
09:02Donc hier, c'était les infirmières et les aides-soignantes.
09:04Aujourd'hui, elles sont couvertes.
09:05Aujourd'hui, c'est votre secteur qui se sent oublié et il y en aura d'autres, naturellement.
09:10Parce que ce goutte-à-goutte-là, encore une fois, quand par le passé, on a su arroser le sable,
09:14les Français s'y sont accommodés et ne comprennent plus.
09:17Le goutte-à-goutte, c'est en tout cas ce que les Français ne veulent pas.
09:20Ils veulent une baisse des taxes.
09:21C'est ce que le Rassemblement National défend depuis le début, Gaëtan du Sausset.
09:25Sans nous dire vraiment d'ailleurs comment vous financez cette baisse des taxes,
09:28c'est toujours un peu le problème.
09:29Mais là, vous êtes confortés par le ressenti des Français.
09:33Je vais vous apporter quelques mots de réponse.
09:35D'abord, c'est évident que les Français demandent la baisse des taxes
09:38parce qu'il se trouve que ce n'est pas une solution qu'on sort d'un chapeau magique.
09:41C'est ce qu'ont fait nos partenaires européens.
09:43Vous regardez l'Italie, vous regardez l'Espagne, vous regardez la Bologne.
09:45Parce qu'ils ont des marges de manœuvre, avec une meilleure croissance en Espagne, par exemple.
09:48La Suède aussi l'a fait.
09:49Oui, alors les marges de manœuvre, on pourra aller chercher la responsabilité des Macronistes.
09:52Maintenant, sur les pistes de financement, il y a un moment donné, on l'a déjà dit,
09:54on a été très clair dès le début.
09:55Parce que d'ailleurs, j'aimerais que lorsque vous recevrez d'autres personnalités politiques,
09:59vous leur demandez comment leurs candidats financent les propositions qu'ils font.
10:04J'ai entendu, par exemple, M. Edouard-Philippe nous parler d'un doublement de l'aide ciblée sur les grands
10:08rouleurs.
10:09Aucune piste de financement en face de cela.
10:10J'ai entendu la même chose pour M. Gabriel.
10:12L'Espagne, Edouard-Philippe, ne promet pas la retraite à 62 ans, contrairement à vous.
10:16Oui, mais je ne vois absolument pas le rapport avec ça.
10:18Mais si vous voulez qu'on allait sur les dépenses, on va aller sur les dépenses, il n'y a
10:20aucun problème là-dessus.
10:21Il y a un moment donné, par exemple, sur la baisse de la TVA et la suspension des hausses Macron
10:24sur la TICPE,
10:25donc l'assise sur les pétroles.
10:27Tout ça, ça coûte 15 milliards d'euros à l'année, c'est-à-dire 1,25 milliard d'euros
10:31par mois.
10:32Il y a un moment donné, comme si vous me dites que dans tout ce que dépense l'État,
10:37c'est 1% de tout ce que dépense l'État chaque année.
10:40Nous, l'année dernière, on a fait un contre-budget parce qu'on bosse.
10:42Quand on est à l'Assemblée nationale, on bosse, on se met autour d'une table et on fait des
10:45propositions.
10:45On a proposé jusqu'à 57 milliards d'économies et pas les 54 milliards de Sébastien Lecornu.
10:51– Alors, attendez, parce que les 15 milliards, pourquoi vous n'êtes pas capables pour les 15 milliards ?
10:54– Non, mais ils sont extraordinaires parce qu'ils ont voté un soir une augmentation de 26 milliards de la
11:01fiscalité française.
11:02– Non, pas du tout, c'était un outil de l'optimisation fiscale.
11:05– Si vous confondez les francs fiscales et un cours, on n'a pas du tout s'entend de là
11:08-bas.
11:09– On arrête de payer à Bruxelles.
11:11– Mais monsieur Maillard, répondez à ma question, pourquoi vous n'êtes pas capables pour les 15 milliards ?
11:15– Dans les dépenses astronomiques de l'État ?
11:18– Vous allez voir que la difficulté est déjà de trouver 54 milliards.
11:22Parce qu'en fait, tout le monde s'est habitué à avoir son fonctionnement avec une aide.
11:28– Il y a une incapacité à faire des économies en France ?
11:31– Mais bien sûr, c'est ça la grande difficulté.
11:33Vous me posez la question, je vous réponds très franchement.
11:35Oui, c'est très difficile.
11:36– On n'a aucun budget, depuis que je suis né, 74 ans, aucun budget n'a été à l
11:45'équilibre.
11:45– On a une part de responsabilité, je suis tout à fait d'accord.
11:47– Donc vous avez tellement accéléré sur la dépense publique que vous ne savez plus freiner.
11:50– Ça fait tellement…
11:51– Mais c'est pour ça que c'est un bolide qu'on ne peut plus arrêter.
11:54– On a un moment de vérité avec, déjà François Béroux l'avait dit très clairement il y a un
11:59an.
11:59– Et puis il a été dégagé par les députés.
12:01– Qui va voter des économies ?
12:02Je suis ravi de voir que le Rassemblement National dit qu'on va voter des économies.
12:06On va voir ce qu'il va proposer.
12:07– Vous en avez fait des propositions l'année dernière, M. Maillard ?
12:09Vous n'avez strictement rien retenu.
12:10Des économies sur la politique.
12:11– 27 milliards d'arrêter de payer Bruxelles.
12:13– Les politiques sur le train de vie de l'État, vous refusez.
12:16– Les économies qu'on vous a proposées, par exemple, sont le millefaille administratif.
12:22On a 1244 agences.
12:23Ce n'est pas le Rassemblement National qui a signalé ce nombre.
12:25C'est François Béroux, votre ancien soutien.
12:28On vous a proposé des économies là-dessus.
12:29Vous avez tout refusé.
12:31Vous avez tout refusé.
12:33On a fait la même chose sur la contribution au budget de l'Union Européenne.
12:35Vous avez tout refusé.
12:37– 4 milliards sur l'ADEME, excusez-moi.
12:40Vous avez raison, ça coûte 4 milliards.
12:42On supprime l'ADEME.
12:43Bon, discussion.
12:46Donc concrètement, d'aider nos concitoyens
12:48qui n'ont pas les moyens à changer de chaudière.
12:51Donc ça, vous arrêtez par exemple.
12:52– On a besoin d'une agence pour faire…
12:54– Mais moi, je suis d'accord.
12:55Vous savez quoi ?
12:56Je suis contre le principe des agences parce que c'est aux politiques de porter ça.
12:59– Mais pourquoi vous ne commencez pas à laisser…
13:00– Mais le budget, le budget, il reviendra aux politiques.
13:04– Aujourd'hui, il y a une entreprise, dans tous les cas qui sait de faire le maximum.
13:09C'est Total.
13:10D'ailleurs, j'imagine que pour les transporteurs routiers,
13:12quand il s'agit de faire le plein, on va vers le moins cher.
13:14C'est Total.
13:16Raquette, dit Jean-Luc Mélenchon, en ce qui concerne Total,
13:18qui continue de faire des super profits.
13:19Le ministre du Commerce, qui était l'invité de BFM TV, DRMC ce matin,
13:23ne sache pas, dit, écoutez-moi, Total, fais ce qu'il a à faire
13:26et je n'ai pas envie d'embêter cette entreprise.
13:28Écoutez-le.
13:29– Moi, je vais vous dire une chose, je n'ai pas envie d'embêter Total.
13:32Je vous le dis, parce qu'aujourd'hui, on fait front commun.
13:36Moi, ce que je souhaite, c'est que Total continue,
13:39pendant cette période de crise, à plafonner son prix à 2,25 pour le gasoil
13:42et 1,99 pour le sans-plomb.
13:45Le bénéfice fait Total, il le fait sur le monde entier.
13:48Il ne répercute ces 2,25 qu'en France.
13:51Donc moi, je suis ministre du pouvoir d'achat,
13:54ça me convient qu'on puisse trouver dans notre pays du carburant,
13:58gasoil à 2,25 euros.
14:00Donc je n'ai pas envie d'embêter Total.
14:01– Je ne veux pas embêter Total, moi ça me convient.
14:04Dans tous les cas, il y a un leader politique qui lui veut embêter Total,
14:07c'est Jean-Luc Mélenchon.
14:08On va essayer de comprendre pourquoi, avec Raphaël Grabli dans l'Effet Grabli.
14:12Pourquoi est-ce qu'une fois, bonsoir Raphaël,
14:14c'est Total qui est visé par le leader de la France Insoumise ?
14:17– C'est la guerre ouverte entre la France Insoumise et Total.
14:20Dès le printemps d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, il accusait Total,
14:22je le cite, de se gaver avec l'argent du peuple.
14:26Il a publié une quinzaine de tweets sur Total depuis le début de la crise,
14:29avec une nouveauté d'ailleurs, c'est que désormais Total répond
14:32sur les réseaux sociaux pour se défendre.
14:34Et c'est plutôt efficace, 3 millions de vues pour la réponse
14:37qu'on voit s'afficher publiée le 16 septembre.
14:39C'était sur le sujet des marges totales.
14:42Alors ça n'a pas refroidi Jean-Luc Mélenchon, vous le disiez Alain,
14:44bien au contraire, qui ce matin a de nouveau attaqué l'entreprise.
14:48– Nous, nous proposons le blocage de la marge, quand même,
14:53depuis le début de la guerre, multipliée par 7,5, mesdames, messieurs.
14:57Ce n'est pas une mesure d'une violence abusive que de dire que tout ça
15:01est une sorte de raquette qui est faite sur la population française
15:05et qui est fixée par notamment la compagnie Total.
15:08– Alors, il y a une expression qui revient régulièrement,
15:11c'est de dire Total se gave. Est-ce que c'est vrai ou pas ?
15:14– Alors, ce qu'il faut regarder, c'est ce qu'on appelle la marge brute de raffinage
15:18qui, c'est vrai, a explosé avec les hausses de prix.
15:20Je vous ai affiché cette marge brute depuis 2022.
15:24Alors, pour expliquer très simplement ce que c'est que cette marge brute,
15:27c'est l'écart entre le prix de l'essence qu'on met finalement dans sa voiture
15:31et le cours du pétrole brut qui a servi à la fabriquer.
15:35En revanche, ça c'est très important, cette marge brute,
15:37ce n'est pas du tout un bénéfice parce que derrière,
15:39les raffineurs doivent payer notamment les investissements,
15:41ils sont importants, les coûts de l'énergie, les salaires,
15:44ça représente des centaines de millions d'euros chaque année.
15:48Résultat, le raffinage en France, c'est une activité qui est peu rentable.
15:51D'ailleurs, les pétroliers ferment des raffineries.
15:53Les trois quarts ont disparu en 50 ans, d'ailleurs, rappelez le Monde au printemps.
15:58Et de son côté, Patrick Pouyanné, le patron de Total,
16:00affirmait perdre des milliards sur le raffinage français.
16:03C'était le 17 juin dernier à l'Assemblée nationale.
16:07En fait, l'activité de raffinage, elle seule,
16:10a accumulé plus de 5 milliards d'euros de pertes fiscales
16:14au cours des... depuis une quinzaine d'années.
16:18Alors, en revanche, ce qu'a reconnu Total et ce qu'a reconnu Patrick Pouyanné à l'Assemblée nationale,
16:23c'est que oui, quand les prix grimpent, le raffinage en France, même en France,
16:27redevient rentable certaines années.
16:28Ça a été le cas en 2022, vous le disiez, c'était le cas en 2023.
16:31Ce sera très probablement le cas en 2026.
16:34En tout cas, si on regarde cette fois au niveau mondial, Total va, oui, clairement profiter de la situation.
16:39J'ai consulté les comptes de l'entreprise.
16:40Sur le premier semestre 2026, l'activité raffinage chimie a rapporté près de 3 milliards d'euros à Total.
16:47Au premier semestre 2025, donc même période, un an plus tôt, c'était, vous le voyez, 630 millions d'euros,
16:54donc environ cinq fois moins.
16:55Mais vous dites merci à Total, vous, les transporteurs routiers,
16:58parce que ce sont ceux qui vous permettent de faire le plein à moindre coût ou pas ?
17:01Alors, d'abord, les transporteurs ont un cadre très spécifique.
17:04Nous, les pompes, bien évidemment, nous y allons, mais vous savez que le carburant se vend surtout en soude chez
17:09nous.
17:10Mais notre propos, il n'est pas là.
17:11Moi, j'entends effectivement le débat entre de savoir est-ce qu'il y en a qui font des super
17:15profits.
17:16Nous, ce qu'on dit, c'est que combien de temps on va pouvoir durer avec un prix de carburant
17:20à la pompe aussi élevé ?
17:21C'est les cas tombent au niveau des transporteurs routiers ou pas au niveau des sociétés ?
17:25Je vais vous donner quelques chiffres.
17:262000 défaillances en 2024, autant en 2025, presque 900 défaillances depuis le début de l'année sur le premier semestre,
17:32et donc qui ne prend pas en compte les conséquences de la crise.
17:34Oui, on va droit à une catastrophe.
17:37Et je rappelle quand même que là, ce dont on est en train de parler, ce sont des entreprises françaises.
17:41Et si ces entreprises françaises-là n'avaient pas été là à l'occasion du Covid,
17:45je peux vous garantir que le pays aurait énormément souffert.
17:48Parce que toute la concurrence étrangère que nous avons à longueur d'année,
17:50qu'on est incapable de contrôler, ils n'étaient pas chez nous.
17:53Et donc, ces entreprises-là, il faut les sauver.
17:55Mais pour revenir à Total, on a bien compris que Jean-Luc Mélenchon,
17:58en avait fait sa cible numéro 1 dans cette crise des carburants,
18:01c'est la faute de Total, il faut taxer les super-profits de Total.
18:05Le gouvernement continue de défendre Total, mais fait aussi pression sur Total
18:09pour que la compagnie maintienne ce plafond.
18:12Il y a un blocage épris chez Total, il faut le rappeler,
18:15c'est une société privée, elle n'était pas obligée de le faire.
18:17Ça va tenir longtemps ?
18:19Disons que, évidemment que l'État est en train de dire qu'il ne veut pas embêter Total,
18:23puisque Total a quand même fait le boulot de l'État,
18:26c'est-à-dire venir aider les Français.
18:27S'ils n'avaient pas été là, ce serait extrêmement compliqué.
18:31Donc l'État doit beaucoup à Total d'avoir plafonné à 1,99
18:35et va le ménager jusqu'au bout, puisqu'il y a ce bras de fer avec Total
18:39qui explique que si l'État veut s'en prendre à lui,
18:42si l'État voulait taxer ses sur-profits, ça en serait fini du plafonnement.
18:46C'est ce qu'a dit Patrick Pouyanné.
18:47Et ce serait une catastrophe, puisqu'on a bien compris
18:49que le gouvernement était parfaitement incapable d'aider davantage les Français.
18:53Vous disiez tout à l'heure qu'on avait mis des dizaines de milliards d'euros d'aides en 2022
18:58-2023.
18:59Là, si on cumule les aides de cette année, on va arriver à 1,4 milliard d'euros.
19:03Donc vous voyez bien, c'est extrêmement faible.
19:05Donc l'État est complètement coincé et va laisser Total faire ce qu'il veut.
19:07Donc l'État dit merci Total.
19:09Tout ce que peut faire l'État, c'est mettre encore plus la pression sur Patrick Pouyanné
19:13et lui dire à minima de maintenir ce plafonnement, voire de faire un peu mieux.
19:17Il faut bien voir et insister sur d'où viennent les marges de Total qui nous ont été décrites.
19:22Si Total fait ses marges, c'est parce qu'ils ont été capables d'intégrer
19:25les trois secteurs de l'activité pétrolière,
19:28que sont l'extraction, le raffinage et la distribution.
19:31Aujourd'hui, on sait que les prix à la pompe sont moins guidés au fond par le prix du brut,
19:36par le prix du Brent, que par les tensions en réalité sur le secteur du raffinage.
19:40C'est pour ça et parce que Total s'est mis en position d'effectuer ses marges
19:44qu'ils réalisent ce que la gauche appelle des super profits.
19:48Là où en revanche, moi je pense qu'il faut questionner cette notion de super profit,
19:51c'est qu'au fond si demain nous avons une crise sanitaire,
19:53on dira que les boîtes du secteur pharmaceutique qui développent des vaccins ARN et autres
19:59font des super profits.
20:01On dira également pourquoi pas que les vendeurs de parapluies lorsqu'il pleut
20:03font des super profits, sont des profiteurs de crise.
20:06Donc c'est la notion même en réalité de super profit qui moi, personnellement, me pose question.
20:10Raphaël ?
20:11Oui, et ce qu'il faut rappeler, c'est que les prix du Brent, comme le prix de sortie,
20:14c'est-à-dire le prix du produit raffiné quand il est vendu concrètement aux stations-services,
20:18les deux sont des cours qui sont internationaux.
20:20En fait, la marge, ce n'est pas Total qui fixe son prix au moment de le vendre,
20:24c'est un cours international.
20:26Donc la marge, on va dire Total, l'a subie, même s'ils en profitent bien,
20:29mais ce n'est pas Total qui fixe.
20:30C'est le cours du pétrole.
20:31Exactement.
20:32Et pour les aides, Patrick Plouenet avait évoqué un montant sur les aides,
20:36enfin sur les aides, sur la restourne, on va dire, à la pompe,
20:38d'à peu près, jusqu'au mois d'août, 2 à 300 millions d'euros.
20:43On imagine que jusqu'à la fin de l'année, ça pourrait monter à 500 millions.
20:46Donc c'est quand même un tiers.
20:47Pour Total, c'est du coût de 500 millions.
20:49Ça pourrait, si on projette 500 millions,
20:51mais 500 millions, c'est quand même un tiers, finalement,
20:53des aides de l'État sur cette crise.
20:55Donc ce n'est absolument pas négligeable.
20:56Mais vous voyez, on a le cours du pétrole, le brin, vous voyez,
20:59qui est à 100 dollars en augmentation.
21:02Et puis quand on regarde les carburants,
21:03on voit bien que le diesel continue d'augmenter.
21:05On va essayer de comprendre pourquoi aussi ce diesel augmente.
21:09Avec vous, François Gapian, vous avez fait une espèce de radioscopie du diesel.
21:13Bonsoir.
21:14Bonsoir à tous.
21:14À la pompe, le gazole, il est aujourd'hui à peu près 24 centimes plus cher
21:18que le sans-plomb 95.
21:20L'inversion des courbes, évidemment, elle a eu lieu juste après le début de la guerre en Iran.
21:24Une hausse spectaculaire pour ce carburant historiquement moins taxé
21:27et donc moins cher.
21:29Pourquoi ?
21:30Déjà, la demande en diesel est toujours très forte.
21:32En France, la moitié du parc automobile français roule encore au diesel.
21:36Ajoutez à cela les poids lourds, les engins de chantier, les machines agricoles, etc.
21:40Mais l'offre est aussi beaucoup plus contraignante.
21:42Donc le diesel demande un processus de transformation très poussé.
21:46Et les capacités de raffinage en France et en Europe sont limitées.
21:49Résultat, la moitié du gazole consommé en France est importé, ce qui n'est pas le cas de l'essence.
21:54À cela s'ajoute un problème majeur.
21:55Les pays fournisseurs se raréfient.
21:57La Russie fournissait encore une part très importante de notre gazole avant 2022.
22:01C'est terminé avec la guerre en Ukraine et les sanctions européennes.
22:04La France s'est donc reportée, si je puis dire, sur le Moyen-Orient.
22:08La guerre en Iran, les attaques contre les raffineries et le blocage du détroit d'Hormuz,
22:11tout cela perturbe naturellement l'approvisionnement.
22:14La France n'est évidemment pas seule à subir ces tensions géopolitiques
22:17et se retrouve donc en concurrence avec d'autres pays, la bataille du plus offrant,
22:22pour s'approvisionner, avec pour conséquence la flambée du prix à l'heure.
22:26Merci François Gapillan.
22:27Un mot sur le diesel.
22:29Vous confirmez que 95% du transport routier roule au diesel ?
22:33Oui, le secteur est encore massivement sur les activités diesel,
22:36même s'il a effectivement entamé sa décarbonation.
22:40Et d'ailleurs, on va regarder avec...
22:41Oui, oui, il a entamé sa décarbonation et on va regarder avec beaucoup d'attention.
22:46Vous pouvez rouler en électrique, même avec un camion, on peut rouler en électrique ?
22:49L'électrification est en route.
22:50Mais très clairement, on sait que les délais pour avoir l'électrification,
22:54notamment parce que le réseau de distribution de recharge n'est pas en place,
22:57on est sur des échéances qui sont loin pour le poids lourd,
23:00pour les véhicules lourds, moyennes ou lointaines.
23:02Donc là, il faudra accélérer aussi.
23:03Oui, mais il y a d'autres énergies que nous utilisons, et notamment les biocarburants.
23:06C'est pour ça que nous allons regarder avec beaucoup d'attention
23:08ce qui va se passer sur le projet de loi de finances,
23:10parce qu'il semblerait, et alors on verra à la lecture du texte,
23:14que certaines offensives sur la fiscalité des biocarburants seraient dans le PLF.
23:18Nous espérons que ce ne sera pas le cas, parce que là, ça sera effectivement...
23:21Faire sauter les niches fiscales sur le biocarburant, quoi, en fait.
23:24Oui, mais des biocarburants, on a amené les entreprises à aller vers d'autres énergies que le diesel.
23:28Venir dire à ces entreprises-là, aujourd'hui, qui roulent au biogaz, au biocarburant,
23:32marche arrière toute, et en plus, on va vous faire payer davantage.