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Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Igor Saïry, avant de vous libérer, est-ce qu'hier dans les cortèges, il était beaucoup question du 5 novembre
00:06?
00:06Parce qu'on va essayer de se projeter maintenant sur la suite.
00:08Ça revenait beaucoup dans les conversations, les paroles des manifestants ?
00:11Oui, la plupart des gens avec qui j'ai pu échanger quelques mots étaient déterminés à continuer ce mouvement,
00:17y compris le 5 novembre, et autant de temps que cela sera nécessaire.
00:20Je l'ai beaucoup entendu auprès des manifestants et manifestantes que j'ai rencontrés hier.
00:24Merci d'avoir été avec nous, Igor Saïry.
00:27On va accueillir nos débatteurs, nos invités politiques sur ce plateau.
00:30Gaëtan Dussaucet, député RN des Vosges et porte-parole du Rassemblement national.
00:35Diana Badiop, députée des Yvelines, porte-parole du Parti socialiste.
00:39Et Richard Ramos, député Modem du Loiret.
00:41Peut-être qu'on peut commencer, Guillaume Tabard, avec ce sondage auquel je faisais référence sur l'orable bol des
00:48Français,
00:49d'une partie des Français quant à ce mouvement de contestation des lycéens.
00:53C'est un sondage qui vient du Figaro, qui a été publié il y a deux jours,
00:57et qui montre pour le coup un changement dans la manière dont les Français considèrent ce mouvement.
01:01Oui, et je crois qu'il faut rapporter aussi cette enquête par rapport à celles qui sont faites régulièrement
01:05à l'égard de tous les mouvements sociaux, tous les mouvements de contestation.
01:09On a vu des mouvements qui étaient soutenus de manière écrasante, pour ne pas dire parfois unanime,
01:15par la population et dans la durée.
01:18Là, on voit bien qu'à l'égard de ce mouvement précis, l'opinion est d'emblée plus partagée.
01:23Et c'est le sentiment que peut-être qu'on ne voit plus maintenant très bien quelles sont aussi les
01:28raisons de cette mobilisation.
01:30Non, exactement, d'ailleurs, on a entendu Marine Taudelier qui dit « maintenant, il y a des retraités, on se
01:34bat aussi pour l'écologie ».
01:36Cette fameuse convergence des luttes, le fait qu'on amalgame des contestations ou des revendications de nature très différentes,
01:43mais qui crée un sentiment un peu de globalité.
01:48Voilà ce qui fait qu'on perd un peu le fil conducteur.
01:50Et puis je pense aussi que l'opinion voit la réalité.
01:56On a constaté, on s'est réjouis de voir que la journée de samedi a été moins violente que celle
02:02de samedi dernier,
02:03qui elle-même avait été moins violente que celle du 17 octobre.
02:06C'est un fait, et tant mieux, mais je pense que ça n'a pas pour autant nous accoutumé à
02:12ce que, malgré tout,
02:14chacune de ces journées se termine par de la violence.
02:17Parce qu'il y a encore de la violence, il y a encore des casseurs,
02:20et il y a encore des commerçants qui sont obligés, de manière préventive,
02:24de fermer leurs magasins, de les barricader pour éviter d'être privés d'attaquer.
02:28Et il faisait tout à l'heure allusion au ras-le-bol des policiers,
02:31parce que c'est vrai que c'est usant de samedi après samedi d'être en tension.
02:34Ce qu'ils entendent, c'est les critiques en disant « oui, vous avez utilisé le gaz acrémogène, etc. »
02:38On entend un peu moins souvent de protestations lorsqu'ils sont pris à partie eux-mêmes,
02:43et ils le sont, et de manière constante et de manière régulière.
02:46Donc je pense que dans ce...
02:47Mais donc ce sondage, ce n'est pas simplement sur la contestation lycéenne,
02:51mais plus sur les manifestations dans leur ensemble.
02:53Il y a une saturation ?
02:55Je pense par rapport à la globalité de ce mouvement,
02:58mais aussi par rapport à la contestation lycéenne elle-même.
03:01Là-ci, il ne faut pas oublier que, vu les débordements qu'elle en assistait,
03:05on a le sentiment d'hier avant, on avait un mouvement lycéen pacifique, sympathique, etc.,
03:10jusqu'au 17 octobre, et puis ça basculait dans la violence.
03:12Il ne faut quand même pas oublier que les premières journées de contestation lycéenne
03:16ont été aussi marquées par de la violence, par des incendies,
03:20par des forces de l'ordre où les pompiers prient à partie,
03:22on pense à Marseille ou à d'autres endroits.
03:27Voilà, et je pense que l'opinion voit ça aussi,
03:29et l'inquiétude qu'elle ressent, et la volonté que soit mise un terme à ce mouvement,
03:34ça exprime ça aussi.
03:34Dire attention, qu'il y ait de la contestation, qu'il y ait des manifestations,
03:38oui, c'est une chose, mais notre pays qui est déjà un peu à bout de souffle
03:44dans bien des domaines, on ne peut pas non plus laisser dériver éternellement les choses.
03:4864% pour l'arrêt du mouvement, Diana Badiop, vous y répondez quoi à ce chiffre ?
03:53Et qu'est-ce que vous dites, vous, aux lycéens qui vont reprendre le chemin de l'école demain ?
03:57Vous leur dites, continuez les blocus, il faut qu'on tienne bon ?
04:01Déjà, je vais leur dire bravo, parce qu'ils ont réussi à obtenir du gouvernement des avancées
04:07que nous, en tant que députés, on n'avait pas réussi à avoir.
04:11La discussion sur Parcoursup, le fait qu'on reconnaisse qu'il y a des besoins,
04:16notamment de rénovation pour les lycées, qu'il faut plus de professeurs devant élèves.
04:22Moi, je crois aussi que le sondage, en tout cas le besoin de dire qu'il faut qu'ils arrêtent,
04:29s'explique aussi par le fait que ce qu'on a relayé majoritairement dans les médias,
04:34c'est plutôt les images de violence et de casse, la vérité, surtout sur la première journée.
04:39C'est vrai qu'il y en a eu, mais on a très peu donné la parole au début aux
04:45jeunes
04:45pour qu'ils expliquent ce qu'ils...
04:49Je suis frappée de voir à quel point, à chaque fois, ça devient la faute des médias.
04:53Je ne pense pas que cette saturation soit liée à la manière dont nous avons présenté les choses,
04:59parce qu'en l'occurrence, nous, nous avons parlé des violences, nous avons parlé des revendications,
05:02nous avons fait des forums sur les revendications.
05:04Je n'ai pas parlé de vous, je n'ai pas parlé de BFM, mais je parle de nous ou
05:08les autres médias.
05:09Je vous dis que même chez les politiques, et d'ailleurs même chez les politiques,
05:15beaucoup ont dit qu'ils n'ont rien à faire dans la rue.
05:18J'ai participé à des plateaux, justement, sur votre antenne,
05:21où j'ai des gens qui ont dit, comme Charles de Consigny et d'autres,
05:23qui disaient que les jeunes n'avaient rien à faire dans la rue,
05:25qu'il verrait mieux de retourner en cours,
05:27que de toute façon, c'était des jeunes qui ne savaient pas vraiment ce qu'ils demandaient,
05:33et c'était plutôt l'occasion de ne pas aller en cours.
05:35Mais Charles Consigny a le droit de penser cela et de le dire.
05:38Je suis d'accord, mais je dis simplement qu'il y a eu cette perception au début
05:43que, de toute façon, on ne savait pas ce qu'ils demandaient,
05:46parce qu'au départ, on n'a pas beaucoup donné la parole aux lycéens,
05:50et on s'est focalisé, ce qui est normal, sur les violences, les vitrines cassées, etc.
05:54Mais là, le sondage date d'il y a deux jours, en l'occurrence.
05:57Est-ce que vous pouvez entendre qu'il y a une partie des Français qui...
05:59Moi, j'entends.
06:00Et vous leur dites quoi ?
06:02Moi, j'ai dit, je comprends le ras-le-bol et la fatigue,
06:05mais ce n'est pas à moi de dire aux lycéens de retourner en cours.
06:09J'ai deux lycéennes à la maison.
06:11Elles manifestent ?
06:12Ma grande a manifesté, elle est venue sur Paris.
06:15La plus jeune, qui est en seconde, a fait les mouvements devant le lycée, etc.
06:19Moi, j'estime que c'est à eux, en tant que lycéens.
06:23Ils ont eu des premières réponses du gouvernement.
06:25Est-ce qu'ils estiment que c'est suffisant ou pas ?
06:28Moi, j'ai même commencé par faire aussi des mobilisations
06:32lorsque j'étais moi-même lycéenne.
06:35Je crois que c'est avec eux qu'il faut discuter
06:37et leur donner, justement, des solutions, des avancées
06:42qui leur permettent de dire, on a été entendu,
06:44on peut retourner en cours,
06:46parce qu'on sait que les choses vont évoluer dans le bon sens.
06:49Richard Ramos, c'est quoi qu'il en soit,
06:51une semaine à risque qui commence demain pour le gouvernement.
06:55Oui, quasiment tous les jours, on dit ça.
06:57Non, parce que là, il y a les blocages, il y a la journée du 5,
07:02la journée des Gilets jaunes le 6, le 7.
07:05Oui, c'est une semaine à risque,
07:07mais pour rebondir sur l'image,
07:09moi, je suis un élu de la campagne,
07:11en fait, dans nos villages,
07:14des gens qui ont ouvert la télé,
07:16qui ont regardé toutes ces informations,
07:18les indications lycéennes, etc.
07:20Ils ont été assez meurtris de voir cette France-là.
07:23Et donc, j'avais dit, en tout début des mouvements,
07:26vous verrez que ça va décanter,
07:29mais ça va être pire,
07:30c'est une blessure profonde pour la France.
07:32Les gens qui regardent ça,
07:33dans un village à 200 habitants,
07:35il n'y a pas de risque qu'il y ait des émeutes.
07:37Mais ça fait mal à la France.
07:38Et ça, je pense que dans les études d'opinion,
07:41ce qui a été dit,
07:42c'est cette lassitude de voir cette France,
07:44en cet état-là.
07:45Et puis, également,
07:47on a eu les premiers mouvements lycéens.
07:50Moi, j'étais leader du mouvement lycéen
07:52sous deux vaquées.
07:53Je suis né à Blois,
07:54j'avais 2000 personnes derrière moi.
07:55J'étais leader de ce mouvement-là.
07:57Il y avait des revendications lycéennes.
07:59Les gens, en tout cas chez moi,
08:01commencent à voir sur les plateaux,
08:03des jeunes, mais super,
08:05moi, ils parlent mieux que moi.
08:06Pardon, ils ont 18 ans,
08:08on dirait qu'ils ont fait de la politique,
08:09ils ont fait l'ENA,
08:10ils ont une conscience politique géniale.
08:12Et ils ont le droit d'avoir une conscience
08:14de droite, de gauche.
08:16Pourvu qu'on pense, je trouve ça bien.
08:17Mais on voit bien que ça bascule,
08:19même dans la jeunesse,
08:20entre les revendications,
08:22qui étaient les revendications légitimes,
08:23en disant, on n'a pas de prof,
08:25on a un agenda, c'est du gruyère,
08:29regardez, ça pisse la flotte dans les classes.
08:33Et là, on voit bien que ça bascule un peu plus,
08:36et ce n'est pas un reproche,
08:37mais sur des revendications,
08:38même des lycéens et des étudiants
08:41qui sont des revendications politiques.
08:42Oui, mais là, vous nous faites la genèse du mouvement,
08:45mais c'est très intéressant,
08:46mais sauf que la question,
08:47c'est plutôt qu'est-ce qu'il y a ?
08:49On est où et qu'est-ce qu'on fait ?
08:51Est-ce que ça peut durer ?
08:52Et donc, la question que tout le monde se pose,
08:55c'est est-ce que ça va durer jusqu'à la présidentielle ?
08:57Est-ce que le fait que la présidentielle,
08:59qui est dans six mois,
09:01on se dira à l'exutoire,
09:02il est à cet endroit-là,
09:03et est-ce que vous allez attendre ?
09:04Moi, je ne crois pas.
09:05Moi, je pense que,
09:06et je l'avais dit sur les plateaux,
09:08je pense que la colère est telle
09:10qu'il faut une réponse politique.
09:12C'est-à-dire qu'attention,
09:13il y a des réponses qui sont des réponses précises
09:17sur Parcoursup.
09:18Moi aussi, j'ai trois filles,
09:20qui était un drame.
09:21Avant, on avait peur d'avoir son bac.
09:22Aujourd'hui, on avait peur d'aller sur Parcoursup.
09:24Et donc, il y a des réponses.
09:25C'est là.
09:26Mais il faut une réponse plus globale
09:28et qu'une réponse politique.
09:29Et avec le budget...
09:30C'est quoi une réponse politique, de votre point de vue ?
09:32Ça veut dire que,
09:33d'abord, dans le budget,
09:35et ça veut dire avoir le courage
09:36de faire quelques réformes
09:37qui permettent de dégager de l'argent
09:40pour répondre à quelques revendications.
09:44Mais on ne pourra répondre aux revendications
09:45que si on a le courage de faire quelques réformes.
09:48J'en donne une, moi, que je défends,
09:49pour être très clair.
09:50Moi, je suis pour la TVA sociale.
09:52Moi, je suis pour qu'on augmente de trois points la TVA
09:55parce qu'on sait qu'avec la concurrence,
09:57ça ne jouera pas trop sur l'inflation
09:59et qu'on la redonne aux travailleurs
10:01entre le net et le brut.
10:02C'est-à-dire qu'il faut deux, trois mesures
10:04qui redonnent du souffle économique
10:05pour pouvoir répondre à certaines mesures
10:08qui sont des mesures d'urgence.
10:08Mais ça, c'est faisable en six mois
10:09d'ici la présidentielle ?
10:11La crainte, pour répondre à votre question,
10:13c'est que si on ne le fait pas,
10:14ça peut s'enflammer.
10:15Écoutons le maire de Marseille.
10:16Après, je viens vers vous, justement,
10:17sur combien de temps ça peut tenir.
10:19Est-ce que ça peut tenir jusqu'à la présidentielle,
10:22des semaines, des samedis de mobilisation ?
10:25Le maire de Payan,
10:26qui était quand même très inquiet ce soir
10:28sur le plateau de Sonia Mabouk.
10:29Écoutez-le.
10:31Je crois qu'on ne peut plus supporter
10:34que de samedi en samedi,
10:36les choses finissent mal.
10:38Pourquoi je dis que je ne peux plus supporter ça ?
10:40Parce que de samedi en samedi,
10:42on a des dizaines de milliers,
10:44des centaines de milliers de personnes
10:45qui, de manière légitime,
10:47ont des choses à dire
10:48que plus personne n'écoute.
10:49On a fait semblant de ne pas les écouter
10:50pendant des semaines et des semaines
10:52en essayant de faire un pari.
10:54Mais moi, je crois qu'on ne parie pas
10:56avec l'avis des gens sur le pourrissement.
10:58Évidemment, ça n'a pas fonctionné.
10:59Il va beaucoup plus loin.
11:01Il dit que ça ne tiendra pas
11:02jusqu'à la présidentielle.
11:04Qui est d'accord avec lui ?
11:05C'est ce que je viens de dire.
11:07Vous aussi ?
11:07Ça ne tiendra pas.
11:09Le problème, c'est de savoir, en fait,
11:10si ça ne tient pas,
11:11qu'est-ce qu'il se passe à la place ?
11:13Et nous, on pense que l'issue,
11:14elle est évidemment dans la voie électorale,
11:16dans la voie démocratique,
11:17et qu'il faut donc que la campagne présidentielle
11:18puisse avoir lieu,
11:19puisse se tenir en toute sécurité,
11:21avec un scrutin qui soit protégé,
11:23pour que les Français puissent faire
11:24un choix librement.
11:25En réalité, ce à quoi on assiste maintenant
11:27depuis plusieurs semaines,
11:29c'est qu'en fait,
11:29il y a un ras-le-bol qui est général.
11:31Il y avait le ras-le-bol des lycéens,
11:33bien évidemment.
11:34Il y a un ras-le-bol des Français
11:35qui voient que l'hôpital public
11:36ne tient plus debout,
11:36que l'école ne tient plus debout,
11:37qui voient les prix des carburants
11:39qui continuent d'exploser,
11:40qui sont très hauts,
11:40et face auxquels le gouvernement
11:41continue de ne rien faire,
11:43contrairement à ses partenaires européens.
11:44Donc en fait, il y a un ras-le-bol
11:46qui est largement général
11:48et généralisé dans la société.
11:49Maintenant, le problème,
11:50c'est de savoir
11:50qu'est-ce qu'on fait face à ça ?
11:52Alors forcément,
11:52les Français, ils nous disent quoi ?
11:53Il y en a qui se disent
11:54« on va attendre l'élection présidentielle »
11:57parce qu'ils ont bien compris
11:58que dans les six mois
11:58qui nous séparent
11:59de la prochaine élection présidentielle,
12:01malheureusement,
12:01il n'y a plus rien à attendre
12:02du gouvernement en place.
12:03Et les pieds et maliers
12:05n'espèrent rien faire.
12:06Il y a cette espèce
12:06d'ambiance de fin de règne
12:08dont on parle depuis un petit moment
12:09où le président de la République
12:10a totalement perdu la confiance
12:12du peuple français,
12:13où le gouvernement
12:14ne sait plus quoi faire
12:15et en fait essaye juste
12:16de trouver des petites réformettes,
12:18des petites mesurettes
12:18par-ci, par-là,
12:19pour essayer de ne pas se faire censurer,
12:22ça durera en six mois,
12:23mais sur lequel, en fait,
12:24il n'a absolument aucune ambition
12:25pour le pays
12:25pour les six prochains mois.
12:26Et ensuite,
12:27il y a d'autres Français
12:28qui, eux, se disent
12:28« moi, je ne veux pas attendre six mois
12:30et donc je vais exprimer
12:31cette colère autrement ».
12:32En fait, ce à quoi on fait face,
12:33ce n'est pas simplement
12:34une crise sociale,
12:35c'est aussi une crise démocratique.
12:36Des personnes qui n'y croient plus
12:37et le président de la République
12:38a une large responsabilité
12:39là-dedans, bien évidemment.
12:40Vous voulez parler à qui ?
12:42À ceux qui considèrent
12:43qu'il faut attendre la présidentielle
12:44ou ceux qui considèrent
12:45qu'il faut aller
12:46tous les samedis dans la rue ?
12:46Je vous le dis tout de suite
12:47et très sereinement,
12:49on ne s'adresse pas
12:49à l'un ou l'autre,
12:50on s'adresse à tout le monde
12:51parce que, justement,
12:52on veut pouvoir remporter
12:53l'élection présidentielle,
12:54on veut pouvoir tourner
12:55la page du macronisme
12:56qui a trop duré
12:57dans notre pays
12:57et qu'on veut pouvoir,
12:58on va avoir besoin
12:59de l'unité
13:00et du rassemblement
13:00de tous les Français
13:01vu tous les chantiers colossaux
13:02qui nous attendent
13:03après notre vie-part en 2027.
13:05Il faut continuer
13:05à se mobiliser
13:06chaque samedi
13:07malgré les risques
13:08que cela nous porte.
13:08Ce n'est pas nous qui allons dire
13:09aux Français
13:09comment ils doivent agir.
13:11On leur dit
13:11« Malheureusement,
13:13il n'y a rien à attendre
13:13du gouvernement actuel.
13:15Malheureusement,
13:15il n'y a aucune décision
13:16qui sera prise
13:17et qui permettra
13:17de mettre en place
13:18les réformes
13:18dont on a besoin.
13:19Le choc de compétitivité,
13:20le choc de pouvoir d'achat,
13:22la reprise en main
13:23de notre système judiciaire.
13:25Toutes ces grandes réformes,
13:26elles ont besoin
13:26d'un arbitrage
13:27qui est celui du peuple français
13:28et qui n'arrivera
13:28qu'en 2027.
13:29Vous pensez, Richard Ramos,
13:30qu'il n'y aura rien
13:32qu'il n'y aura pas
13:32de réaction
13:34du côté de l'exécutif
13:35au-delà des mesures
13:37qui ont été prises
13:37sur l'essence,
13:38au-delà de cette volonté
13:40de revaloriser le SMIC
13:41plus tôt que prévu ?
13:42Ça, ça fait déjà
13:42plusieurs jours
13:43qu'on en parle,
13:43mais on voit bien
13:44qu'il va falloir autre chose.
13:45Est-ce que vous pensez
13:46qu'il va y avoir
13:46une mesure forte sur la table ?
13:48Mais c'est obligatoire.
13:49Je veux dire,
13:49pour moi,
13:50il y a les réponses d'urgence.
13:53Contrairement à ce qui a été dit,
13:55le gouvernement,
13:55notamment à la pompe,
13:57il y a des choses
13:58qui ont été faites
13:58et on va voir
13:59que ça va baisser.
14:01Mais tout ça,
14:02ça ne répond pas
14:05à la colère du peuple.
14:07C'est-à-dire que tout ça,
14:08ça répond à nos urgences.
14:09Et il y a quelque chose
14:10de plus profond
14:11sur lequel le Premier ministre,
14:12et je pense, moi,
14:13que c'est le Premier ministre
14:14qui peut le faire,
14:15pas le Président de la République,
14:16parce que c'est comme ça.
14:18Il y a aujourd'hui
14:19une détestation
14:20du Président de la République.
14:21Est-ce que c'est parce que
14:22c'est la fin de règne ?
14:23Est-ce qu'on n'a pas été bon
14:25et si on n'est pas bon,
14:25les gens votent trop pour d'autres ?
14:28Je pense que là,
14:29le Premier ministre,
14:30je pense qu'il est l'homme
14:31de la situation,
14:32mais il faudra une réponse politique,
14:34c'est-à-dire
14:37Vous dites que c'est l'homme
14:38de la situation,
14:39on l'a senti un peu en retrait
14:40quand même,
14:41le Premier ministre
14:42et le dernier jour.
14:42Donc, Guillaume Tabard.
14:43C'est-à-dire qu'au début,
14:44Sébastien Lecornu
14:45a tenu, j'allais dire,
14:47une ligne de fermeté
14:48à l'égard de la violence,
14:51etc.,
14:51au niveau du début
14:52du mouvement lycéen.
14:53C'est même Emmanuel Macron
14:54qui était plutôt...
14:56C'est lui qui avait dit
14:56qu'il fallait que les policiers
14:57fassent preuve
14:58de davantage d'empathie
15:00face aux manifestants.
15:02Sébastien Lecornu,
15:03il essaie de tenir
15:03et, j'allais dire,
15:04comme tout Premier ministre
15:05qui a les comptes
15:07du pays sous les yeux,
15:09il s'en vient compte
15:09qu'il n'a pas forcément
15:10les moyens
15:12de régler tout cela.
15:14Et je pense qu'il y a
15:15une part schizophrène
15:17sur la plupart
15:18des responsables politiques
15:18parce que tout le monde dit
15:19qu'aujourd'hui,
15:20il faut des mesures,
15:20il faut apporter des réponses,
15:21etc.
15:22Les réponses,
15:23on voit bien que
15:23s'il s'agit de mettre
15:25davantage de preuves,
15:26de restaurer davantage
15:27de locaux,
15:28etc.,
15:29que tout ça a un coût,
15:30un coût budgétaire.
15:32Or, tout le monde,
15:33y compris ceux qui
15:34briguent l'après-Macron,
15:35ceux qui veulent le remplacer
15:36en disant qu'il a échoué
15:37et c'est leur droit,
15:40bien sûr,
15:40de le dire,
15:41mais ils seront confrontés
15:42une fois président
15:43ou présidente de la République
15:44au même vide
15:46des caisses.
15:47Et donc,
15:48si on essaye
15:50d'éteindre une colère
15:50par des mesures
15:51qui ont un coût,
15:52et un coût important,
15:53l'éducation,
15:54si on veut vraiment
15:54sauver l'école,
15:55etc.,
15:56ça coûte un milliard.
15:59Et il n'y aura pas
16:00de moyens
16:00si,
16:01comme l'a dit M. Ramos,
16:02on ne trouve pas
16:03des solutions
16:03qui permettent
16:04de faire des économies.
16:05Or,
16:05c'est à chaque fois
16:06qu'on bute.
16:07M. Ramos vient
16:08de faire une proposition
16:09qui dit
16:09« Moi, je suis pour
16:10la TVA sociale. »
16:11Très bien,
16:11c'est un beau débat,
16:13un beau débat économique,
16:14un beau débat même politique
16:15sur le bien fondé ou non,
16:17mais le jour
16:18où un gouvernement dirait
16:19« Allez, ok,
16:20on va vers la TVA sociale
16:21en échange
16:22de baisse de charges,
16:23etc.,
16:23les gens vont dire
16:24« Ah, la TVA augmente
16:25deux, trois points,
16:26donc les preuves augmentées
16:27et les gens
16:28que vous avez dans la rue
16:29aujourd'hui
16:30sur différentes mesures,
16:31vous les aurez dans la rue. »
16:32Et ce jour-là,
16:33M. Ramos,
16:33qu'est-ce que vous direz
16:34pour éteindre cette colère-là ?
16:35Vous voyez,
16:35on est toujours pris
16:36dans cette contradiction.
16:38Tout à l'heure,
16:38on disait
16:39« On a trois crises
16:40qui se percutent.
16:41On a une première crise
16:42qui est une crise politique.
16:43En gros, les Français disent
16:44« Ce n'est pas vous
16:44qui allez résoudre mes problèmes.
16:46Moi inclus. »
16:47On vous aime bien,
16:48M. Ramos,
16:48mais là,
16:49ça suffit.
16:50D'accord ?
16:51Ça, c'est dans la circo.
16:52C'est ce qu'ils vous disent ?
16:53Oui.
16:54Et alors qu'avant,
16:55moi,
16:56j'ai battu...
16:57Moi,
16:58si on regardait les statistiques,
16:59je n'aurais pas dû gagner.
17:01D'accord ?
17:01Sauf que,
17:02parce que peut-être
17:03qu'on bosse un peu
17:03et qu'on aime les gens,
17:04j'ai été réélu.
17:05Aujourd'hui,
17:07certains disent
17:07« M. Ramos,
17:08on vous aime bien,
17:09mais quand même,
17:10on va quand même dégager tout ça. »
17:11Ça,
17:11c'est assez nouveau.
17:13Donc,
17:13on a une crise politique
17:14entre eux
17:16et les élites
17:17et avec les plus humbles.
17:18On a en même temps...
17:19Pour ça,
17:20c'est moins de nez,
17:20pas avant.
17:21Oui,
17:21c'est ça.
17:21On a une crise économique.
17:23C'est-à-dire qu'en même temps
17:24qu'on a la crise politique,
17:25on a une crise économique.
17:26Et en même temps,
17:27on l'a vu,
17:28on a une crise sociale
17:29un peu diverse,
17:30les étudiants,
17:31les travailleurs dans la rue.
17:32Et tout ça,
17:33ça se percole en même temps.
17:34Et donc,
17:35c'est ça la difficulté.
17:36Mais de toute façon,
17:37soit on arrivera
17:39par des bouts de rustine,
17:40je ne sais pas si on y arrivera,
17:41moi,
17:41je ne crois pas.
17:42Je crois que la colère,
17:43elle est plus profonde que ça
17:44et qu'on devra avoir
17:45des réponses politiques
17:47avant la présidentielle
17:48sur deux,
17:49trois sujets
17:50qui sont importants.
17:50Et oui,
17:51il faudra être courageux.
17:52Et oui,
17:52quand je dis aujourd'hui,
17:53par exemple là,
17:54il faut la TVA sociale,
17:56ça veut dire que peut-être
17:57des gens
17:57qui auraient voté pour moi
17:59mais qui ne gagnent
18:00que 1 000 euros,
18:00ils vont me dire
18:02mais c'est peut-être
18:03de l'inflation
18:04donc je vais pouvoir
18:05acheter moins
18:06dans mes courses.
18:07Sauf que sur la TVA sociale,
18:08évidemment,
18:08ce n'est pas les produits
18:09de première nécessité.
18:10Mais il faut avoir
18:11juste du courage.
18:13C'est-à-dire que
18:13si on n'a pas de courage,
18:14si on croit
18:15qu'on va attendre
18:15six mois
18:16pour ne pas répondre
18:17sur le fond.
18:17Est-ce que le jour
18:18où il y aura 30 000 personnes
18:19dans la rue
18:19contre l'intervention
18:20vous serez sur ce même plateau
18:21pour dire
18:21qu'il faut avoir le courage
18:22de tenir bon ?
18:23Mais en tout cas,
18:26je le tiendrai
18:27mais je ne pèse rien.
18:29Je suis conscient
18:29que je suis un petit
18:32577e de ce territoire français
18:34mais je pense
18:35qu'on n'a pas le choix.
18:36Alors,
18:37est-ce qu'il faut,
18:38comme le disait
18:40tout à l'heure
18:41notre collègue député,
18:43est-ce qu'il faut essayer
18:44de faire un climat
18:46qui nous permette
18:47de faire débat
18:47pendant la présidentielle ?
18:48On verra au budget
18:49puisque là,
18:50le budget,
18:51ça va être une des réponses.
18:52Moi,
18:53j'ai prédit,
18:54je ne sais pas
18:54ce que fera
18:55le Rassemblement National,
18:56que le Rassemblement National
18:56sera plutôt enclin.
18:58Alors,
18:58il va nous dire
18:59qu'il va regarder
18:59dans la défense
19:00des Français
19:01mais à laisser passer
19:02ce budget
19:03pour faire une présidentielle
19:04et que le LFI,
19:05de toute façon,
19:06a décidé
19:07de ne pas le voter.
19:08Il n'avait pas vu le budget
19:09qu'il a déjà dit
19:09parce que lui,
19:10ce qu'il veut,
19:11c'est faire la révolution
19:12dans la rue.
19:12Sur la révolution
19:13dans la rue,
19:14d'ailleurs,
19:14il y a des déclarations
19:14très fortes ce soir
19:15d'Edouard Philippe
19:16qui s'adressent
19:16à M. Mélenchon.
19:17Je vous ferai réagir
19:18mais encore un mot
19:19sur la réponse politique
19:20parce qu'on a des informations
19:21du service police-justice
19:22de BFMTV,
19:23Thierry Arnaud,
19:23qui ont un peu sondé
19:25l'entourage du président
19:26de la République
19:27ces dernières heures.
19:28Alors,
19:28qu'est-ce qu'il se dit ?
19:29Il se dit
19:30qu'il faut faire preuve
19:30d'humilité et de vigilance
19:31pour les prochaines journées.
19:34Il précise aussi
19:35que les mobilisations
19:36à venir
19:37doivent trouver
19:42intégrées
19:42du côté de l'Élysée
19:43donc qu'on peut
19:44s'attendre
19:45à des annonces.
19:46Qu'est-ce qui est
19:47sur la table,
19:47selon vous ?
19:48Oui,
19:49et ce qui est quand même
19:50frappant, Alice,
19:50c'est que la nécessité
19:52d'une réponse politique,
19:53elle est évidemment apparente
19:54depuis plusieurs semaines maintenant.
19:56Pourquoi elle n'est pas sortie encore ?
19:58Eh bien parce que le gouvernement
19:58ne l'a pas trouvée,
19:59simplement,
20:00parce qu'il est exposé
20:01à la difficulté
20:02que Guillaume décrivait
20:03à l'instant.
20:04Le budget
20:05qui est prévu
20:06dans l'état actuel
20:08des discussions
20:09avant même
20:10des mesures supplémentaires,
20:11c'est 320 milliards
20:13de recettes,
20:14470 milliards
20:15de dépenses.
20:16Donc vous avez déjà
20:16150 milliards
20:18de déficit.
20:19Et qu'est-ce qu'on peut
20:20trouver comme mesure
20:21qui soit,
20:21de surcroît,
20:23d'application immédiate ?
20:24Une mesure forte
20:25qui marque les esprits.
20:26Qui marque tout de suite,
20:27et pas seulement
20:28qui marque les esprits,
20:29mais qui se retrouve
20:30dans le porte-monnaie
20:31des Français
20:31en l'espace
20:32de quelques semaines.
20:33Par exemple,
20:34qu'est-ce qui a été fait
20:35au moment des gilets jaunes
20:36Thierry Arnault
20:37qui pourrait être dupliqué
20:38là, demain
20:39ou après-demain ?
20:40Alors, ce qui a été fait
20:41au moment des gilets jaunes,
20:42c'est effectivement
20:43une distribution.
20:44On est allé chercher
20:44un certain nombre
20:45de milliards
20:45pour soutenir
20:46le pouvoir d'achat,
20:47pour renforcer
20:48un certain nombre
20:48de prestations sociales.
20:50Mais si vous faites ça
20:51aujourd'hui,
20:52il va falloir aller
20:53trouver de l'argent
20:55pour compenser
20:56des recettes supplémentaires.
20:57Et si vous ne les trouvez pas,
20:59qu'est-ce qui se passe ?
21:00Ce qui se passe,
21:01c'est que la prochaine fois
21:01que vous avez une adjudication
21:03du Trésor
21:03qui va aller sur les marchés financiers
21:05chercher de l'argent
21:06pour la dette française,
21:07vous allez voir
21:08les taux s'envoler.
21:09Et ça, ça coûte
21:10des milliards d'euros,
21:12littéralement.
21:12Mais ça, une partie
21:13de la gauche
21:14ne veut pas l'entendre.
21:15Vous vous dites, par exemple,
21:16que l'argent,
21:18si on le veut,
21:18on peut aller le trouver,
21:20qu'il y a des sources
21:23bien précises,
21:23bien identifiées,
21:24on peut trouver cet argent.
21:26Il s'agit juste
21:26de faire un choix politique.
21:27C'est ça que vous dites ?
21:28Oui, parce qu'en fait,
21:29il y a des choix politiques
21:31qui ont été faits
21:32pendant dix ans.
21:33Quand vous faites
21:34des cadeaux fiscaux
21:36aux très grandes entreprises,
21:37quand vous supprimez
21:39la taxe d'habitation,
21:41il y a un rapport
21:42de la Cour des comptes
21:43qui dit qu'aujourd'hui,
21:45la suppression
21:45de la taxe d'habitation
21:48explique une partie
21:49du déficit
21:49que nous avons.
21:50Mais elle profite à qui,
21:51la suppression
21:51de la taxe d'habitation ?
21:53Aux grandes fortunes
21:55ou aux gens comme vous et moi
21:56qui payaient avant
21:56une taxe d'habitation ?
21:57Mais je ne dis pas
21:59que ça ne profite pas
22:00aux gens comme vous et moi
22:01qui payaient avant
22:03une taxe d'habitation.
22:04Je dis simplement
22:05qu'il faut rétablir
22:06de la justice fiscale
22:07et sociale.
22:08Pourquoi ?
22:09Parce qu'aujourd'hui,
22:10ce qui se passe,
22:10c'est que vous avez créé
22:12un schisme entre les personnes
22:14qui sont propriétaires
22:15et qui payent une taxe foncière
22:17et celles et ceux
22:19qui, avant participaient,
22:21notamment pour les collectivités
22:22territoriales,
22:23grâce à la taxe d'habitation,
22:24on avait une manne financière
22:26qui nous permettait
22:27de travailler
22:27sur des services publics
22:29de proximité.
22:30Aujourd'hui,
22:31lorsque l'État compense,
22:32il ne compense pas
22:33comme nous,
22:33on pouvait l'avoir.
22:34Pareil pour la taxe professionnelle
22:36qu'on a aussi compensée,
22:37ce n'est pas la même chose.
22:38Quand vous parlez
22:39de TVA sociale,
22:40excusez-moi,
22:41mais la TVA,
22:42c'est quand même
22:42un des impôts
22:43les plus injustes
22:44que nous ayons.
22:45Et en plus,
22:46je rappelle que...
22:48François Hollande,
22:49qui est, il me semble,
22:49parti socialiste,
22:50il est favorable.
22:51Il l'appelle...
22:52Non, mais pardon.
22:53Il a le droit,
22:54mais je ne suis pas d'accord.
22:55salarial ?
22:56Oui, mais je ne suis pas
22:57d'accord avec lui.
22:58Je rappelle qu'il y a des gens
22:59chez vous
22:59qui sont favorables.
23:00Oui, mais sauf que
23:01je vous dis que
23:02la majorité chez nous
23:03n'y est pas favorable.
23:04Vous, votre candidat,
23:04c'est Raphaël Luxman ?
23:06On a eu une primaire
23:08qui a été très claire là-dessus.
23:10Moi, ce que je redis,
23:11c'est qu'à un moment donné,
23:12il va falloir que...
23:13Oui, c'est des choix politiques.
23:14Dans les choix politiques,
23:15il y a le fait d'aller taxer
23:17les très grandes fortunes
23:18et les très grandes entreprises
23:19pour pouvoir justement
23:21faire de la redistribution
23:23parce qu'on a bien vu
23:24que le ruissellement
23:25n'existe pas.
23:26On n'a jamais eu
23:27autant d'inégalités
23:28que depuis que la Macronie,
23:31les soi-disant
23:31Mozart de la finance,
23:32on n'a jamais été aussi endettés
23:34que depuis qu'ils sont à la main.
23:35Ça, c'est la mesure forte
23:37que vous attendriez
23:38dans les prochains jours.
23:39Oui, tout à fait.
23:39Une taxation sur les plus riches.
23:42Oui, parce qu'on sait
23:45que proportionnellement,
23:46les classes populaires
23:48et les classes moyennes
23:49contribuent plus
23:50que les grandes fortunes.
23:51Qu'est-ce qui se dit
23:52du côté de l'exécutif ?
23:54Ce sujet sera forcément
23:55mis sur la table.
23:56Ça ne fait aucun doute.
23:57Ensuite, derrière,
23:58il faudra évidemment
23:58trouver une majorité parlementaire
24:00pour l'approuver.
24:01Et ça, ce n'est pas
24:02gagner d'avance.
24:03Il faudra forcément passer
24:04si des mesures d'urgence
24:05sont annoncées par le gouvernement
24:07pour calmer la colère.
24:08Ça doit forcément passer
24:10par le Parlement
24:11à partir du moment
24:12où ça doit être financé ?
24:15Si ça rentre
24:16dans le cadre du budget,
24:17ça passe par le Parlement.
24:18De toute façon,
24:18ce budget est déjà
24:19en discussion au Parlement.
24:20Mais est-ce que ça ne peut pas
24:21être une mesure d'urgence
24:22qui ne passe pas
24:23par le cadre du budget ?
24:24À un moment donné,
24:25ça reviendra au Parlement.
24:28Vous m'interrogiez tout à l'heure
24:29sur les mesures prises
24:30au moment des Gilets jaunes.
24:31quand on annonce
24:32des heures supplémentaires
24:34défiscalisées,
24:34quand on annonce
24:35la fameuse prime Macron
24:36qui a été la mesure phare
24:39de réponse aux Gilets jaunes,
24:40etc.
24:41À un moment donné,
24:42ces mesures se retrouvent
24:43dans le budget.
24:44Échange à distance
24:45ce soir entre
24:46Jean-Luc Mélenchon
24:47et Édouard Philippe.
24:48Jean-Luc Mélenchon
24:49qui a réagi à l'interview
24:50d'Édouard Philippe
24:51chez nos confrères de TF1
24:52et qui parle de la journaliste
24:54Anne-Claire Coudré
24:55qui reprend à son compte
24:56les calomnies racistes
24:57d'Édouard Philippe,
24:58lequel déroule
24:59son discours dégoûtant
25:00sans être interrompu.
25:02Et Édouard Philippe
25:04lui répond en lui disant
25:05M. Mélenchon,
25:05vous portez avec Mme Le Pen
25:06une responsabilité immense
25:08dans la violence
25:09qui ne se répand en France.
25:10Pour vous,
25:11les pilleurs,
25:11d'où qu'ils viennent,
25:12étrangers ou français,
25:13sont des modèles d'intégration
25:15et les casseurs d'extrême-gauche,
25:16des victimes de la police.
25:17Vous voulez censurer tout le monde
25:19et fracturer le pays.
25:20Je veux dire les choses
25:22pour lui permettre
25:23de se redresser
25:25et de faire unité.
25:27Vous êtes d'accord
25:28avec Édouard Philippe,
25:30Richard Ramos,
25:30est-ce que Mme Le Pen
25:31et Jean-Luc Mélenchon
25:33ont une responsabilité
25:34dans le climat
25:36de violence actuelle ?
25:37Il faut se méfier
25:41des propos à l'emporte-pièce.
25:43Il n'y a pas,
25:44quand quelqu'un va casser,
25:45c'est une responsabilité
25:47individuelle
25:47de quelqu'un
25:48qui vient piller,
25:49voler,
25:50dans une responsabilité
25:51qui est individuelle.
25:52Mais il y a un climat
25:53et un terreau.
25:54Moi, je l'ai dit,
25:56je pense qu'au
25:57Rassemblement National,
25:58à chaque fois qu'on parle
26:00d'insécurité,
26:01on met le mot QTF,
26:02on met le mot migrant
26:03en même temps,
26:04ça participe
26:05à fabriquer un climat
26:07qui fait qu'il y a un climat
26:08où on oppose
26:09les Français
26:09les uns contre les autres.
26:10Quand M. Mélenchon,
26:12pareil,
26:13avec sa volonté
26:14de vouloir faire
26:15la révolution dans la rue,
26:16c'est-à-dire de ne pas faire
26:17ni le premier
26:18ni le deuxième tour,
26:19ou alors le premier,
26:20pardon,
26:20le premier tour
26:21de la présidentielle,
26:22mais pas le deuxième,
26:23mais faire le troisième,
26:25il a une responsabilité.
26:26Parce que moi,
26:26je pense que M. Mélenchon,
26:28il ne veut pas être
26:28président de la République.
26:29Sa stratégie du chaos,
26:31puisque ça y participe,
26:32puisque c'est votre question,
26:34c'est cristalliser son électorat
26:36sur le premier tour.
26:37Et il a décidé
26:38qu'il ne serait pas
26:38président de la République
26:39parce que c'est un stratège
26:41pour aller faire
26:41le troisième tour
26:42dans la rue.
26:43Alors c'est aussi
26:44le laissons de cloche
26:45qu'on a ce soir
26:46grâce au service politique
26:47dans l'entourage
26:48du président de la République.
26:49Voilà ce qu'on dit,
26:50c'est inédit
26:50qu'un mouvement social
26:51se cristallise
26:52aussi près d'une présidentielle,
26:54comme si les forces de gauche
26:55avaient intégré
26:56la victoire
26:57de l'extrême droite
26:57et voulaient obtenir
26:58le maximum
27:00ici et maintenant.
27:01Ça s'adresse à vous donc ?
27:03C'est incroyable.
27:04Donc en fait,
27:04eux, ils n'ont aucune responsabilité
27:06dans ce qui se passe
27:07aujourd'hui.
27:08Moi, je trouve ça
27:10absolument incroyable
27:11qu'au plus haut sommet
27:13de l'État,
27:14c'est leur bilan.
27:15S'il y a des gens
27:16qui sont autant en colère,
27:17s'il y a autant
27:18de difficultés,
27:19si aujourd'hui,
27:21vous avez autant
27:22de crispations
27:23et si les Françaises
27:24et les Françaises
27:25se sentent abandonnés,
27:27que nos services publics
27:28sont totalement,
27:29comment dirais-je,
27:31disloqués,
27:31qu'on a méprisé
27:32les Gilets jaunes,
27:33qu'on a mis de côté
27:35les syndicats,
27:35etc.
27:36C'est le bilan
27:38de la Macronie.
27:39Et donc,
27:39ils disent,
27:40c'est nous la gauche.
27:41Ils disent pas que ça,
27:42ils disent que vous avez
27:42d'une certaine manière
27:43intégré la victoire
27:45du parti de M. Dussossé.
27:47Et au contraire,
27:47au contraire,
27:48je pense que nous,
27:48nous ne l'avons pas intégré.
27:50Contrairement à beaucoup
27:51de personnalités
27:52dans le bloc central
27:53qui fait la course
27:54justement aux voix
27:56de l'extrême droite
27:57parce qu'ils votent
27:58avec eux,
27:59d'ailleurs.
28:00Je pense que...
28:01Ah si, si,
28:01je suis désolée.
28:02Si on reprend les statistiques
28:03à l'Assemblée nationale...
28:04Il y a beaucoup de LFI
28:04et de LFI votent beaucoup
28:06avec le RN aussi.
28:07En tout cas,
28:07moi je vous le dis,
28:08par exemple,
28:09pour la loi intégrale,
28:11pour ce qui concerne
28:12d'exclure les femmes étrangères,
28:14c'est parce que
28:14le bloc central vote
28:15avec le Rassemblement national
28:16que c'est possible.
28:18Donc nous,
28:18on n'a pas du tout intégré
28:19et justement,
28:19on le combat.
28:20Moi, je dis que le bloc central
28:22a abandonné.
28:23Ils ont abandonné.
28:24Il devait être un rempart
28:25contre l'extrême droite
28:26depuis qu'ils sont au pouvoir
28:27au bout de dix ans.
28:28L'extrême droite
28:29n'a jamais été aussi forte
28:30parce qu'ils ont théorisé
28:32le fait que,
28:32de toute façon,
28:34il n'y avait qu'eux
28:35qui pouvaient être un rempart.
28:36Aujourd'hui,
28:37on voit bien
28:37quel est l'échec.
28:38L'échec,
28:39aujourd'hui,
28:39d'Emmanuel Macron,
28:40c'est de ne pas avoir tenu
28:41la promesse républicaine
28:42qui était celle
28:43qui, au second tour,
28:44il a dit
28:44je sais qui m'a élu.
28:46Vous avez été un rempart
28:48contre l'extrême droite.
28:49Je ferai en sorte
28:50que vous n'ayez plus besoin
28:52de voter pour eux.
28:53On n'a jamais autant voté
28:54pour l'extrême droite
28:55que depuis Emmanuel Macron.
28:57Sur les propos,
28:57je précise que les propos
28:59d'Edouard Philippe
29:00qui ont fait réagir
29:01Jean-Luc Mélenchon,
29:01c'est qu'il avait fait le lien,
29:03il avait parlé
29:03de surreprésentation
29:05des jeunes issus
29:06de l'immigration
29:07pour faire le lien
29:08avec les émeutes
29:10et les caisses.
29:11À l'occasion du 17 octobre,
29:12effectivement,
29:12et ce sont ses propos
29:13qu'il a répétés ce soir
29:14sur le plateau
29:15d'un journal télévision.
29:17Il persiste et s'il vous dit...
29:19C'est stigmatisant.
29:20Monsieur Dussauce,
29:20vous dites quoi à ça ?
29:21Parce que ce sont d'abord
29:21des Français.
29:22Je ne vais pas aller commenter
29:24la moindre déclaration
29:25d'Edouard Philippe,
29:25ancien premier des premiers ministres
29:27d'Emmanuel Macron
29:28qui a absolument tout foiré
29:31en termes de bilan.
29:31Désolé de le dire comme ça.
29:33Mais je veux dire,
29:34Edouard Philippe a participé
29:35de toutes les décisions
29:36qui font qu'on a aujourd'hui
29:37cette colère sociale
29:38et une colère démocratique
29:39dans notre pays.
29:40C'était le premier ministre
29:41qui avait mis en place
29:42l'augmentation de la TICPE,
29:44de cette taxe,
29:44cette assise sur les produits pétroliers
29:47qui avait amené
29:47au plus grand mouvement social
29:49de celui des Gilets jaunes.
29:50C'est celui qui avait augmenté
29:51la CSG sur les pensions
29:53de retraite.
29:54Et aujourd'hui,
29:54on se retrouve avec
29:55un taux de pauvreté
29:55parmi nos retraités
29:57à 2 millions.
29:58On a 2 millions de retraités
29:59qui sont pauvres
30:00dans notre pays.
30:00Et là, en l'occurrence,
30:01il dit plutôt
30:02comme le Rassemblement national
30:03lorsqu'il fait le lien
30:04entre les jeunes
30:05issus de l'immigration.
30:06Et la plupart du temps,
30:07d'ailleurs,
30:07ils ne savent même pas
30:08de quoi ils parlent
30:08parce qu'eux,
30:09ils confondent...
30:11Ce que nous,
30:12origines d'immigrés
30:12avec des étrangers,
30:14nous, à chaque fois,
30:15dans notre projet politique
30:16et dans notre programme politique,
30:17nous disons oui,
30:17les Français doivent avoir
30:18plus de droits
30:19que les étrangers.
30:20Et oui,
30:21quand on critique le lien
30:22entre l'insécurité
30:22et l'immigration,
30:23on prend en compte
30:24qu'aujourd'hui,
30:25les étrangers représentent
30:26à peu près entre 8 et 9 %
30:27de la population en France
30:29mais qui sont surreprésentés
30:30parmi les auteurs
30:32de crimes et de délits
30:33dans notre pays
30:33aux alentours de 15 ou 16 %
30:35en fonction des délits
30:35et des crimes qui sont commis.
30:37Mais vous voyez,
30:38en fait, le problème,
30:39c'est que là,
30:39vous avez des responsables politiques.
30:40On est encore une fois
30:41à 6 mois d'une échéance présidentielle
30:43qui est historique,
30:44qui est importante
30:44étant donné tous les défis
30:45qu'on a relevés face à nous
30:46et la seule chose
30:47qui les préoccupe,
30:48c'est le Rassemblement national.
30:49La seule chose,
30:50là, c'est ce qu'on a encore
30:51entendu ce soir,
30:52de nous dire
30:52le problème,
30:53c'est que Marine Le Pen
30:53est trop haut,
30:54le problème,
30:54c'est qu'on n'a jamais
30:54autant voté pour Marine Le Pen.
30:56Non, le vrai problème,
30:56c'est qu'on a un taux de chômage
30:57qui est en train de remonter,
30:58qu'on a des entreprises
30:59qui enchaînent les faillites
31:00les unes après les autres,
31:01qu'on a un hôpital
31:01qui se casse la figure
31:02et donc personne ne se fiche
31:04dans notre pays
31:04et s'en préoccupe.
31:05Vous devriez vous réjouir
31:06qu'on parle des scores
31:08importants de Marine Le Pen
31:09dans les sondages.
31:10La seule chose
31:11pour laquelle j'ai de l'enthousiasme,
31:12c'est de me dire
31:12qu'en effet,
31:13dans 6 mois,
31:13on a peut-être enfin
31:14la possibilité
31:15de mettre en place
31:16la renaissance du pays
31:16et de enfin pouvoir
31:17rendre la France
31:19aux Français
31:19et de leur permettre
31:20de pouvoir espérer
31:21un petit peu plus
31:22dans l'avenir.
31:22Je crois qu'Edouard Philippe
31:24fait une erreur.
31:24C'est-à-dire que
31:26dans ce pays
31:27qui est fracturé
31:28avec les images
31:28qu'on voit,
31:30tout celui ou celle
31:31qui est candidat
31:32à la présidentielle
31:33ne doit pas
31:34essayer de fracturer
31:35les Français
31:36et mettre des Français
31:37les uns contre les autres.
31:38Celui ou celle
31:39qui arrivera
31:40à redresser ce pays,
31:41c'est quelqu'un
31:42qui arrivera
31:42à faire une concorde nationale.
31:44Et donc,
31:45je pense que c'est
31:45une mauvaise stratégie
31:46d'Edouard Philippe.
31:47Voilà.
31:48Alors, après,
31:49il y a peut-être
31:49des sondages qui nous disent
31:50que la France
31:51elle est à droite,
31:51il faut aller à droite.
31:52Monsieur Ramos,
31:53est-ce que ce qu'il dit,
31:54en l'occurrence,
31:55ne se fonde pas
31:56sur des faits
31:57et des chiffres ?
31:57Le problème,
31:58c'est que
31:59s'agissant du lien
32:02entre la criminalité,
32:04la délinquance
32:05et les étrangers,
32:06il y a des statistiques.
32:07S'agissant de Français
32:08issus de l'immigration,
32:09ça n'est pas mesuré.
32:11Il n'y a pas de chiffre officiel.
32:12Sur les Français.
32:13Et ils sont français.
32:14Ils sont français.
32:15Et il n'y a pas
32:16de statistiques ethniques
32:18en France.
32:18Mais la politique,
32:19c'est des syndicats.
32:19Non, mais par exemple,
32:20regardez,
32:20Jérôme Fourquet
32:21que j'ai reçu ce soir
32:22sur ce plateau
32:22en parle dans son bouquin.
32:24Cette très forte
32:25surreprésentation
32:26parmi les casseurs
32:26de jeunes
32:27ayant une ascendance
32:28étrangère
32:28n'est pas nouvelle.
32:29Elle s'observait déjà
32:30lors des émeutes
32:31de 2005,
32:32par exemple.
32:33Ça n'a rien à voir ?
32:34Ça n'a rien à voir.
32:35Les émeutes de 2005,
32:36on est dans un moment
32:37où vous avez
32:39des jeunes
32:40qui sont morts,
32:42qui sont des jeunes
32:44issus d'immigration
32:47dans des quartiers populaires
32:49avec un problème
32:51justement
32:53de violences policières
32:54ou en tout cas
32:55qui ont été interprétées
32:56comme telles,
32:57ça n'a rien à voir.
32:58Là,
32:58les gens qui viennent
32:59pour faire les manifestations,
33:01ce ne sont pas que des jeunes
33:02issus des quartiers populaires,
33:04ce ne sont pas que des gens
33:05issus de l'immigration.
33:06On ne parle pas des manifestants,
33:07on parle des gens
33:08qui viennent pour casser.
33:10Mais même les casseurs ?
33:10Mais vous imaginez,
33:11ça veut dire en fait,
33:12vous imaginez pour les gens
33:13qui sont des jeunes
33:15issus de l'immigration,
33:17qui sont des Français,
33:18je le rappelle.
33:19Donc, on leur dit
33:19qu'en fait, finalement,
33:21que ceux qui cassent,
33:22c'est d'abord eux.
33:23C'est d'abord eux.
33:25Majoritairement eux.
33:26Donc, en fait,
33:28vous confortez des gens.
33:29Je pose la question.
33:30Non, mais je veux dire,
33:31vous confortez celles et ceux
33:32qui, depuis des mois,
33:34disent que le problème numéro un
33:36dans ce pays,
33:37ce sont soit les étrangers,
33:40soit les personnes qui,
33:41comme moi,
33:42sont issues de l'immigration,
33:43mais qui ne sont jamais considérées
33:45comme étant français,
33:46parce qu'on est assignés
33:48à nos origines
33:49et donc essentialisés.
33:50C'est extrêmement grave.
33:52Je veux dire simplement
33:52qu'après les événements
33:53que nous avons vécus,
33:55l'attentat raciste attrape
33:56que Edouard Philippe
33:58puisse tenir ce type de propos.
34:00Je trouve que c'est scandaleux.
34:02C'est scandaleux.
34:04Dans un moment où on a besoin,
34:05je suis d'accord avec M. Ramos,
34:06de concorde nationale
34:08et de faire justement
34:10corps avec la République.
34:12Vous avez encore des gens
34:13pour dire que
34:13lorsque vous avez
34:14ma couleur de peau,
34:16lorsque vous êtes d'origine
34:18maghrébine, etc.,
34:18vous n'êtes pas un français
34:19comme les autres.
34:20Guillaume Tabard.
34:20Oui, mais d'abord,
34:21je pense que vous amalgamez
34:22beaucoup de sujets
34:23qui sont quand même
34:23de nature un peu différente
34:24que la question des casseurs
34:26et des pilleurs,
34:26des manifestations
34:27et la question de trappe,
34:28ça n'est pas la même question du tout.
34:30Je vous rappelle
34:31que le tireur,
34:32il a dit qu'il était venu
34:33venger ceux
34:34qu'avaient cassé
34:36le 17 octobre
34:37parce que c'était
34:38des Arabes et des Noirs.
34:40Ensuite,
34:41lorsque c'est pour...
34:42Ce que je trouve
34:43un peu pas cohérent,
34:44c'est que lorsqu'il s'agit
34:45de ce que vous appelez
34:47des violences policières,
34:48là, vous insistez bien
34:49sur le fait
34:50que les jeunes
34:50étaient issus
34:51d'immigration.
34:51Là, ça ne vous gêne pas
34:53qu'on n'ait...
34:53Parce que c'est statistique.
34:54Bien que français,
34:55ça ne vous gêne pas
34:56qu'ils soient identifiés
34:57comme issus d'immigration,
34:58par contre,
34:59lorsqu'Edouard Philippe
34:59le fait par rapport
35:00à des pilleurs,
35:00là, vous ne le souhaitez pas.
35:02Et vous voyez,
35:02je pense que...
35:03Mais pourquoi le fait-il ?
35:04Mais pourquoi le fait-il ?
35:04Mais la question
35:05par rapport à ça
35:07n'est pas
35:07est-ce que c'est stigmatisant
35:09ou pas stigmatisant,
35:10est-ce que c'est habile
35:11ou pas habile de parler ?
35:12La seule question,
35:12c'est est-ce que c'est vrai
35:13ou est-ce que c'est faux ?
35:16Thierry citait à l'instant
35:17les statistiques
35:18que beaucoup on en a
35:20concernant les détenus.
35:21Aujourd'hui,
35:22et d'ailleurs,
35:23Gérald Darmanin...
35:24Depuis le 17 octobre.
35:26Mais même avant,
35:26Gérald Darmanin,
35:27je crois,
35:27à l'époque où il était
35:28entre le ministère de l'Intérieur,
35:30avait donné la proportion
35:32d'étrangers
35:33dans les prisons françaises.
35:35Il y a encore peu de temps,
35:36rien que dire ça,
35:37était perçu
35:38comme étant stigmatisant
35:39et insultant
35:40et raciste.
35:41Or, c'était une réalité.
35:42Là, par rapport au pieur,
35:45sur la base d'interpellations,
35:47de gardes à vue, etc.,
35:48on pourra savoir
35:48ou non quelle est la proportion
35:50d'étrangers.
35:50Il faut se méfier
35:51quand on angle quelque chose.
35:53Il faut vous trier.
35:54On parle là, par exemple,
35:56des gens qui sont incarcérés
35:57et qui seraient étrangers
35:59ou d'origine étrangère.
36:00Mais on peut avoir des gens,
36:02on l'a entendu,
36:03qui sont issus
36:04de certains quartiers.
36:05Moi, je suis un fils d'ouvrier,
36:07d'accord ?
36:07Immigré, d'accord ?
36:08Quand j'étais dans la cité ouvrière
36:10à Blois,
36:10Pierre Sudreau
36:11était le maire
36:11de la plus grande cité ouvrière,
36:13il y avait des Arabes,
36:15des Portugais,
36:19des Espagnols, etc.
36:20Ce qui faisait le lien,
36:21c'était la classe ouvrière.
36:23Nos parents,
36:23ils bossaient en 3-8
36:24et ils nous disaient
36:25on va aller se faire chier
36:27au travail,
36:27d'accord ?
36:28Pourquoi ?
36:28Pour que tu travailles à l'école
36:30et que tu aies la République
36:31qui te permet de documenter.
36:32Aujourd'hui,
36:33dans les quartiers,
36:34on a mis de la pauvreté
36:36et on a mis des ghettos.
36:38Est-ce que c'est parce que
36:39je suis étranger
36:40que je vais me retrouver
36:41délinquant ?
36:42Ou c'est parce que,
36:42finalement,
36:43la République,
36:44elle ne m'a pas également,
36:45par l'éducation populaire,
36:47elle ne m'a pas...
36:47Donc,
36:48on porte une responsabilité.
36:49Donc,
36:49c'est là aussi la pauvreté
36:51qui fait que vous êtes...
36:52Ça n'excuse pas.
36:53Je n'excuse pas.
36:54Attention.
36:54Je n'excuse pas.
36:56J'explique.
36:56Et donc,
36:57quand vous regardez...
36:57C'est bien de le préciser.
36:58Quand vous regardez,
36:58je le précise,
36:59quand vous regardez en disant
37:00c'est un étranger,
37:02mais c'est aussi parce que
37:03c'est quelqu'un
37:04qu'on a ghettorisé
37:05et que l'école
37:06n'a plus été en capacité
37:07de vous guérir.
37:07Je ne suis pas
37:07pour défendre leur Philippe,
37:08il parlait des pires
37:09et des casseurs.
37:10Donc,
37:10c'est aller jusqu'à
37:13presque expliquer
37:14que les casseurs,
37:14c'est parce qu'ils ont été
37:15victimes de ghettos sociaux.
37:16Non, non,
37:17mais...
37:17Excusez-moi.
37:17D'abord,
37:18dans les casseurs,
37:18il y avait même
37:18des petits bourgeois.
37:19Oui,
37:20il y avait même
37:20dans les casseurs
37:21des petits bourgeois.
37:22Monsieur Ramos,
37:23s'il vous plaît...
37:23C'est symbolique la politique.
37:24C'est symbolique la politique.
37:26Et j'ajoute...
37:26À un moment,
37:27qu'est-ce que celui-là,
37:27vous courez après l'extrême droite,
37:29je pense, moi...
37:30C'est ce qu'il fait.
37:30Je le pense.
37:31C'est ce qu'il fait
37:31en disant que...
37:32Je pense que c'est
37:33une erreur politique.
37:34J'ajoute ces mots
37:34de Jérôme Fourquet
37:35qui dit
37:36la question du profil
37:36des émeutiers
37:37au regard de leurs origines
37:38est un sujet sensible
37:39et instrumentalisé politiquement.
37:42Les individus déférés
37:43après les événements
37:44du 17 octobre
37:44ne sont sans doute
37:45pas parfaitement représentatifs
37:47de la foule émeutière
37:48car comme disent
37:48à demi-mot les spécialistes
37:49du maintien de l'ordre,
37:50on n'attrape souvent
37:51que ceux qui courent
37:53le moins vite.
37:54Je trouve que c'est important
37:55de conclure ce sujet-là
37:57en tout cas
37:57avec ces mots
37:58de Jérôme Fourquet.