- il y a 40 minutes
Judith Beller reçoit Macha Méril comédienne et écrivaine, prête sa voix à George Sand dans « Sand Chopin » au Théâtre de Poche-Montparnasse et Pauline Zerouali, formée chez Ferrandi, passée par les plus grandes maisons, qui vient d’ouvrir sa première pâtisserie à Paris
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PersonnesTranscription
00:01Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélair.
00:04Bonsoir Sud Radio, bonsoir la France.
00:06Comme chaque dimanche à 19h, on se retrouve pour une heure d'excellence et de belles rencontres
00:09parce que c'est excellent.
00:11Comédienne, écrivaine, elle a construit un parcours qui traverse le cinéma, la télévision, la littérature, le théâtre.
00:17Macha Meryl cultive une même passion pour les mots, la musique et les femmes qui osent affirmer.
00:22Vous avez vu, j'en bégaye leur liberté.
00:24Bienvenue Macha.
00:25Écoutez, c'est notre devoir.
00:26Vous faites quoi, vous, toute la journée ?
00:28J'affirme ma liberté.
00:29Tout à fait.
00:30Donc, vous êtes une admiratrice de longue date de Georges Sand et vous lui prêtez votre voix d'ailleurs.
00:34Dans Sand-Chopin, c'est au théâtre de Pochemont-Parnasse, accompagné par Eric Berchot au piano.
00:39C'est les vendredis et samedis à 21h et le dimanche à 17h, c'est bien cela ?
00:42Tout à fait.
00:43Eh bien, c'est un plaisir de vous recevoir Macha.
00:46Chez elle, tout commence par le plaisir de recevoir justement et de réunir ses proches autour d'une belle table.
00:51Pauline Zerouali a été formée chez Ferrandi, a fait ses armories de Sorèche, puis au Georges V.
00:55Bonsoir Pauline, bienvenue.
00:56Bonsoir Julie.
00:57Merci.
00:57Vous avez créé avec Mathieu Thurin votre compagnon.
01:00Mathieu et Pauline, c'est votre première pâtisserie, le prolongement de votre entreprise de traiteurs haut de gamme.
01:04Et les Parisiens ont de la chance d'ailleurs, c'est au 24 rue Claire dans le 7e arrondissement.
01:08Bienvenue.
01:08Merci.
01:09Chers auditrices, chers auditeurs, vous êtes sur Sud Radio, bienvenue chez vous.
01:15Alors Macha Meryl, avant de parler de Sande Chopin, votre pièce au théâtre de Pochmont-Parnasse en ce moment, on
01:20écoute.
01:20Ce monsieur Chopin, je le vois ce soir pour la première fois.
01:26C'est un musicien polonais.
01:28Il a 26 ans.
01:31J'ai fait la connaissance d'une grande célébrité, Madame du Devant, connue sous le nom de Georges Sande.
01:38Mais son visage ne m'est pas sympathique et ne m'a pas plu du tout.
01:42Il y a même en elle quelque chose qui m'éloigne.
01:45Ce Chopin est un ange.
01:48Sa bonté, sa tendresse et sa patience m'inquiètent quelquefois.
01:54Au moment de ma vie où je me croyais à tout jamais calme et fixée, j'ai été envahie tout
02:00à coup.
02:01Et il n'est pas dans ma nature de gouverner mon être par la raison quand l'amour s'en
02:06empare.
02:09Si le petit Chopin ne veut pas venir, laissez-le à ses idées.
02:14Il craint le monde, il craint je ne sais quoi.
02:17Je respecte chez les êtres que je chéris tout ce que je ne comprends pas.
02:23Sande et Chopin au théâtre de Poche-Montparnasse avec Macha Meryl, accompagné par Eric Berchot au piano.
02:28C'est tous les vendredis et samedis à 21h et le dimanche à 17h.
02:32Alors, dans cet extrait, qui est le teaser de votre spectacle, macha macha,
02:35ce qu'on entend tout de suite, on sait que Sande et Chopin ont une histoire d'amour absolument passionnelle
02:40et torride.
02:40Il a duré 9 ans.
02:41Et qui a duré longtemps, voilà.
02:42Mais ce qu'on entend, c'est le contraste entre cette première rencontre sans attirance réciproque,
02:46enfin en tout cas, elle, elle est cuite, pas lui, c'est à peu près ça qu'on entend,
02:50et l'amour qui s'installe ensuite.
02:52Je crois que l'amour, ça fait peur.
02:53Oui.
02:54Parce que c'est fort, c'est immense.
02:56Et elle, elle a compris.
02:57Qu'est-ce que c'est l'amour ?
02:59Elle fait cette définition merveilleuse.
03:01Je chéris les êtres que je ne comprends pas.
03:04Je crois que c'est la définition même de l'amour.
03:06C'est-à-dire que même si quelque chose te dérange, tu aimes.
03:09Et c'était l'éblouissement.
03:11Ils ont été éblouis l'un par l'autre.
03:14Elle, elle a incarné les mots et l'intelligence.
03:16Et lui a incarné la musique.
03:17Elle a découvert la musique.
03:19Elle connaissait d'autres compositeurs, l'histe.
03:21Elle était très proche de tout le monde.
03:23Parce que tout le monde a défilé chez elle.
03:24C'était une époque foisonante.
03:25C'était une personnalité extraordinaire.
03:27Mais là, tout d'un coup, elle a vu le génie s'exercer devant elle.
03:31Et avec la force de la musique.
03:33Vous savez, ce n'est pas à moi qu'il faut dire combien la musique est supérieure.
03:37C'est que c'est l'abstraction de la musique.
03:40Ça vous emmène ailleurs.
03:41Et elle était quand même baba.
03:43Alors, elle s'est beaucoup occupée de lui.
03:45Au début, c'était très fougueux et très sexuel et tout ça.
03:47Puis après ça, il était malade.
03:49François, il était tuberculeuse.
03:51C'était très malade.
03:52Mais ils se sont aimés jusqu'à la fin.
03:55Lui, il l'a aimée follement jusqu'à la fin.
03:58Je crois qu'elle a été la seule femme de sa vie, véritablement.
04:02Et elle, elle s'est un peu lassée.
04:03Parce qu'à la fin, il ne la sautait plus du tout.
04:06Elle était un peu quand même une femme vivante.
04:08Quand on est avec un jeune homme.
04:10Ça sert à ça, normalement.
04:12Pardon, on va sur Sud Radio.
04:14Et donc, je pense que ce n'est pas seulement ça.
04:17C'est que je crois que les grands amours ne sont jamais durables.
04:23Parce qu'un grand amour, c'est un bouleversement.
04:25Mais quelle tristesse, comme je dis.
04:27Non, ce n'est pas une tristesse.
04:28C'est un si grand événement.
04:31Et d'ailleurs, elle, elle a été heureuse vers la fin de sa vie avec Manso,
04:34qui était un homme plus jeune qu'elle.
04:36Elle a beaucoup eu plusieurs amours plus jeunes qu'elle.
04:39Mais qui s'occupait d'elle, qui était tendre.
04:42Ce n'était pas la grande passion.
04:44Et ça, ça a duré beaucoup d'années.
04:46Donc, je crois que le grand amour...
04:47C'est pas mal, déjà.
04:49C'est beau, mais c'est un événement, vous comprenez, dans la vie, un grand amour.
04:52Et ce n'est pas forcément confortable.
04:54Ce qui est très intéressant aussi, c'est que vous...
04:56Donc, c'est le jeu qui prime dans votre positionnement,
04:58puisque vous la jouez, elle, vous la racontez, elle.
05:02En parlant de sa propre vie, c'est comme si vous affirmiez,
05:04comme elle l'a fait d'ailleurs elle-même,
05:06que l'expérience d'une femme mérite d'être entendue et de devenir littérature.
05:09Vous savez, ce qui est formidable dans ce spectacle,
05:11c'est que j'adhère tellement à ce qu'elle dit,
05:13que j'ai l'impression que c'est moi qui parle.
05:14Mais c'est ça.
05:15Et c'est tellement moderne, ce qu'elle dit, il y a 200 ans.
05:17Elle n'est pas très énorme.
05:18Elle était d'une nouveauté, d'une modernité exceptionnelle.
05:21Mais ce qu'il y a d'intéressant, c'est que c'est tiré de deux ouvrages,
05:26Histoire de ma vie, principalement, et La Correspondance.
05:30Elle a écrit 46 000 lettres.
05:32Tous les matins, elle écrivait au roi de Pologne, à Louis-Philippe, à Flaubert.
05:36Et n'oubliez pas qu'au XIXe siècle, les lettres, c'était un style littéraire.
05:40C'était important.
05:40Donc les lettres pouvaient être publiées.
05:42Et moi, ce que je trouve formidable dans ce que nous faisons,
05:45et vraiment, on a un succès absolument incroyable,
05:48c'est que je ne les lis pas.
05:50Je le dis.
05:51J'en ai fait du théâtre.
05:52Comme elle aimait beaucoup le théâtre aussi,
05:54ces pièces de théâtre ne sont pas fameuses, franchement.
05:57Dans Georges Sand, il y a un boire et un manger.
05:59Parce que, vous savez, ils étaient payés à la page.
06:01Donc il fallait qu'ils produisent, qu'ils écrivent beaucoup.
06:03Tous.
06:04Victor Hugo aussi, Flaubert aussi.
06:06Mais il y a des pages et des formules extraordinaires dans ce qu'elle dit.
06:11Et c'est ça sa modernité.
06:13C'est qu'elle avait le sens de réunir en peu de mots une pensée.
06:19Ça, c'est le sens des grands écrivains.
06:21Voilà.
06:21Elle était bluffante.
06:22Et je crois que c'est ça le rôle des écrivains.
06:24C'est de mettre des mots sur les grands événements et sur les grands sentiments.
06:27C'est ce que vous faites, vous aussi, quand vous écrivez ?
06:28À travers elle, déjà, c'est pas mal.
06:30Je me sers d'elle.
06:33Mais si je dois poursuivre un but, vous avez raison, c'est celui-là.
06:37C'est d'être aussi percutante que possible dans chaque sentiment et dans chaque chose que j'ai envie d
06:44'exprimer.
06:45En enlevant les fioritures, j'ai envie de dire.
06:46Voilà, c'est ça.
06:48La scientificité, c'est plus dur.
06:50Attendez, c'est pas si simple, parce que, surtout elle, elle est d'une droiture et d'une franchise confondante.
06:56D'ailleurs, elle s'est fait tomber dessus pendant toute sa vie.
06:59On ne lui pardonnait rien.
07:02Et, ben voilà, je crois que c'est ça la barque des grands.
07:05C'est quand ils ne se démontent pas et ils continuent à dire des choses fortes.
07:09Il y a aussi cette question qu'on se pose entre deux virtuoses de leur art, comme Chopin et Sande,
07:15puisque c'est quand même deux grands, grands, grands artistes.
07:17On peut le dire.
07:17Qu'est-ce qui se passe, justement ?
07:19Qu'est-ce que c'est l'amour entre deux créateurs ?
07:20Voilà, c'est ça.
07:21C'est pas la même chose que l'amour entre Pierre-Paul et Jacques.
07:23C'est pas la même chose.
07:24Ils se sont aidés l'un l'autre.
07:25Et d'ailleurs, les plus belles pièces de piano de Chopin, il les a écrites pendant Valdemosa, avec elle.
07:31Et elle, elle a affiné sa pensée aussi.
07:34Ses grands romans, elle les a écrits pendant cette période.
07:37C'est ça.
07:38Alors, évidemment, Masha Meryl, on pense à votre propre lien avec le compositeur Michel Legrand, que vous avez épousé.
07:44Quand on lit, on entend cette histoire entre Georges Sande et Chopin, on ne peut pas s'empêcher de faire
07:49le parallèle.
07:50Et je pense qu'il y a aussi cela.
07:51C'est un peu différent, parfois quand même.
07:52Il y a quand même un lien.
07:53Vous êtes deux grands artistes aussi.
07:54C'est-à-dire que moi, je suis baba devant le génie de Michel Legrand.
07:59Et lui, il m'estimait.
08:01Et moi, je pense que s'il n'y a pas d'estime dans l'amour, ça ne dure pas.
08:04Il faut que ce soit vraiment...
08:06Je le bluffais parce que ce n'était pas son monde.
08:09Lui, il n'était pas du tout politisé.
08:12Il était un littéraire.
08:13Il lisait la poésie.
08:14Il lisait Aragon, Eluard.
08:16Il aimait la poésie.
08:17Mais il n'était pas du tout.
08:19Il n'avait pas une culture générale.
08:20Et moi, en musique, il m'a prouvé que la musique, c'est divin.
08:28C'est au-dessus de nous.
08:29C'est quelque chose qui nous embarque, qui nous emmène.
08:32Mais peut-être que ma compréhension de ce spectacle vient aussi beaucoup de ma fréquentation avec la musique, avec lui.
08:39Quand je le voyais écrire, quand je le voyais diriger, quand je l'entendais chanter, je touchais du doigt quelque
08:46chose qui est...
08:46Une forme de transcendance, quoi.
08:47Oui, c'est ça.
08:48C'est vraiment au-dessus de nous, la musique.
08:51Je ne sais pas comment dire mieux.
08:52Vous lui avez consacré un spectacle, Michel Forever, à Michel Legrand.
08:55Oui, on a fait ça ici avec Stéphane Drouet.
08:58C'était un peu comme ça, une évocation des grandes musiques de Michel, des grandes chansons de Michel.
09:04J'ai l'intention d'ailleurs, je vous fais un scoop, de créer un musée de la chanson.
09:09D'accord, c'est une excellente idée, c'est vrai.
09:12Et je vais le faire dans la propriété de Michel, là où je vis maintenant, qui est en dehors de
09:16Paris, pas très loin.
09:18Et on va essayer de sauver les belles chansons, les grandes chansons.
09:22Parce que j'entends tellement de cochonneries, excusez-moi, c'est-à-dire surtout qu'ils sont faites avec Chad
09:27J.P.T.,
09:28que je voudrais soutenir les vrais compositeurs de chansons.
09:32Oui, c'est vrai qu'en ce moment, tout le monde souffre un peu avec cette invasion, effectivement.
09:37Pauline Zerouali, quand on écoute Masha Meryl et qu'on parle de Georges Sand comme ça,
09:41on parle de femmes qui ont choisi leur voix, clairement.
09:43On parle d'une espèce d'aude à la liberté, de choisir son chemin.
09:47C'est cette possibilité-là qui vous convient tout à fait à vous aussi, j'ai envie de dire,
09:51puisque vous avez clairement choisi votre chemin aussi, vous, Pauline.
09:54Absolument. Alors, je pense qu'on est aussi avec un tempérament et une personnalité.
09:58Et c'est vrai que depuis l'enfance, je me voyais monter ma société, monter ma structure.
10:05J'ai toujours été un peu un cheval fou.
10:07Donc, à l'école, je n'écoutais pas trop.
10:09L'école ne me plaisait pas trop.
10:10J'aimais bien faire des choses avec mes mains.
10:12Et puis, très rapidement, c'est vrai que cette voix s'est présentée à moi.
10:17Et puis, j'ai saisi les opportunités qu'il y avait à saisir.
10:19Et puis, j'ai fini par monter ma société il y a maintenant bientôt 11 ans avec Mathieu.
10:25C'est quoi le secret, à votre avis, pour continuer à...
10:28Alors, réussir, je n'aime pas ce mot-là.
10:30C'est un mot galvaudé, mais c'est forcément celui qui vient.
10:32Alors, pour moi, la première chose, c'est la passion.
10:34Sans passion, voilà.
10:35Il faut être animé par quelque chose.
10:37Moi, j'ai toujours été animé par l'art de recevoir, cuisiner, partager, la convivialité.
10:43Donc, c'est la passion.
10:44Et ensuite, c'est la volonté, bien sûr.
10:45Parce qu'il faut beaucoup de volonté pour réussir.
10:48La passion, ça permet de supporter les mauvais moments.
10:51Exactement.
10:51Parce qu'il y a toujours des choses difficiles dans n'importe quelle direction, dans n'importe
10:57quelle passion.
10:58Il faut vraiment...
10:59On ne se rend pas compte, justement, de ce qui ne va pas quand on est passionné.
11:03C'est ça.
11:03C'est ce que ça vous fait comme effet aussi, Macha, de monter sur scène ?
11:07Alors là, c'est...
11:09Comment vous dire ?
11:10C'est ma fonction.
11:12C'est ça qui fait que je ne...
11:13J'ai eu des grandes dépressions dans ma vie.
11:16Et ce qui m'a guéri, c'est le théâtre.
11:18Parce que, tout d'un coup, je me dis, je soigne les âmes.
11:22Et puis, vous sortez de vous-même aussi.
11:24Et moi, je me débarrasse de les lourdeurs de ma personnalité.
11:29Donc, c'est vrai que le théâtre est une cure.
11:32C'est excellent, vous emmène dans l'univers des talents qui font bouger la France.
11:36Et puis, c'est sur Sud Radio, vous le savez.
11:38En compagnie aujourd'hui de la comédienne et écrivaine, Macha Meryl, et puis de la pâtissière,
11:41mais pas que, Pauline Zerouallier.
11:43On revient dans un instant.
11:45Restez avec nous.
11:47Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélair.
11:50Sud Radio, c'est votre bon réflexe du dimanche.
11:52Parce que, tout simplement, c'est excellent.
11:54Vous êtes en compagnie ce soir de l'actrice et écrivaine, Macha Meryl,
11:56et son spectacle Sand Chopin.
11:58C'est au théâtre de Poche-Montparnasse.
11:59Avec Eric Berchaud au piano, les vendredis, samedis, à 21h, le dimanche, à 17h.
12:04Vous êtes aussi, Macha, accompagnée de Pauline Zerouallier,
12:07qui est cofondatrice de la pâtisserie Mathieu et Pauline.
12:10C'est au 24 rue Claire, dans le 7e arrondissement parisien.
12:14Alors, Pauline, Mathieu et Pauline, donc, déjà.
12:16Oui, ça, c'est important.
12:17C'est pas que Pauline.
12:18Non, il y a Mathieu aussi, qui est mon meilleur ami.
12:20Qui est votre meilleur ami et votre compagnon aussi ?
12:22Non, absolument pas.
12:23Mon meilleur ami et mon associé.
12:24D'accord.
12:26Forcément, on se dit que Mathieu et Pauline, c'est un couple.
12:28Mais non.
12:28Alors, il y a souvent des clients qui me disent
12:30vous passerez le bonjour à votre époux.
12:32Mais non.
12:34Alors, je vais commencer par une phrase que vous avez dit, Pauline.
12:37Moi, je suis tout feu, tout flamme.
12:38Lui, il est plus réfléchi.
12:39Oui, et je pense qu'il faut être complémentaire
12:41pour réussir dans une association.
12:43D'accord.
12:43C'est primordial.
12:44Et donc, effectivement, Mathieu est plus réfléchi.
12:47Et moi, je fonce sans trop réfléchir.
12:49Et du coup, ça fonctionne.
12:51Et du coup, ça fonctionne très, très bien.
12:52Alors, avant de monter cette boutique
12:54que vous venez d'ouvrir dans le 7e, à Paris,
12:57vous avez fait 10 ans d'événementiel, tous les deux.
12:59Oui.
13:00Vous continuez à le faire, d'ailleurs ?
13:02Absolument.
13:02Oui, oui.
13:03L'activité, c'est bien développé.
13:05Mathieu et Pauline.
13:07L'idée, c'est qu'en fait, le passage du traiteur à la boulangerie,
13:12c'était aussi pour proposer votre univers dans la vie quotidienne des gens,
13:15que ça ne soit pas que de l'événement, c'est ça ?
13:17Alors, effectivement, quand on organise un événement,
13:20déjà, c'est très ponctuel, c'est éphémère.
13:22Et depuis 10 ans, nos clients nous disaient toujours,
13:25écoutez, c'est fantastique, mais on adore vos desserts,
13:27on ne peut pas les acheter si on n'organise pas un événement.
13:30Donc, c'est vrai que j'ai tanné Mathieu pendant 5 ans,
13:32parce que lui n'était pas trop pour avoir pignon sur rue,
13:35parce qu'il me disait, tu comprends, c'est une autre organisation,
13:37et il a tout à fait raison.
13:39Mais pour les 10 ans du traiteur, je lui ai dit,
13:41écoute, ça fait 10 ans, il faut qu'on marque le coup,
13:42et donc on a trouvé cette boutique rue Claire,
13:44et en fait, c'était un peu un retour aux sources,
13:46parce qu'avec Mathieu, on avait habité juste à côté,
13:49pendant quelques années, on était voisins,
13:50et on voulait vraiment revenir dans ce quartier qui est super,
13:54c'est une rue extrêmement commerçante,
13:56et proposer nos pâtisseries, évidemment, au plus grand nombre.
14:00Alors, les pâtisseries, j'en ai quelques-unes sur le bureau du studio,
14:04je ne sais pas pour ceux qui...
14:05Je fais tomber carrément le micro.
14:07Je les lorgne depuis un moment.
14:09Vous avez vu les couleurs, elles sont vraies les couleurs.
14:11Vous avez vu ça, c'est magnifique.
14:12On sent qu'il n'y a pas de colorant là-dedans.
14:13Il y a un framboisier absolument magnifique.
14:16Il y a un moelleux au chocolat, je ne vous dis pas, c'est un fondant en fait.
14:19Il n'a pas vraiment de nom, parce que ce n'est pas un moelleux,
14:22ce n'est pas un fondant, vous avez une croûte croustillante à l'intérieur,
14:24c'est un peu comme une mousse,
14:25il y a pas mal de textures différentes.
14:27Vous ne faites que du sucré dans la boutique ou pas de salé du tout ?
14:30Oui, que du sucré dans la boutique.
14:31Autant le framboisier, il est extrêmement travaillé,
14:34autant sur le chocolat, on est quand même dans un truc qui donne envie d'être mangé,
14:40mais qui reste simple en termes de présentation.
14:42Très simple.
14:42Et c'est important aussi pour votre marbré, que je montre aussi à l'antenne,
14:46pour ceux qui nous regardent sur YouTube.
14:48C'est quoi, c'est un cake celui-là ?
14:49C'est un cake marbré, absolument.
14:50C'est un cake marbré, dont la recette vous a été volée par une grande marque qu'on ne citera
14:56pas.
14:57Il vaut mieux aller l'acheter chez vous, clairement.
15:00Écoutez, moi je ne peux que vous le conseiller.
15:01Voilà.
15:02Alors l'idée c'est quand même que vous faites des pâtisseries qui sont familiales,
15:07c'est-à-dire que l'idée de partager chez vous, elle reste centrale.
15:10Vous faites aussi des grands saladiers de mousse, de chocolat, du riz au lait, des choses comme ça.
15:14L'idée étant toujours de prendre plaisir ensemble, en fait.
15:18Oui, en fait, c'est vrai que parfois vous recevez à la maison le samedi, le dimanche midi,
15:22et c'est du boulot de recevoir.
15:24Et parfois on n'a pas forcément le temps ou l'envie de faire le dessert.
15:27Donc l'idée avec Mathieu, c'était vraiment de pouvoir proposer ces grands desserts à partager.
15:32C'est effectivement ces grands saladiers en porcelaine, de riz au lait ou de mousse au chocolat.
15:36Alors on les achète au pois, comme ça, dans des petits compétenés ?
15:38Non, on les achète dans un grand saladier.
15:41Ah, le saladier entier.
15:42Oui, et le saladier est consigné.
15:43Donc quand vous revenez, on déduit 5 euros de votre prochaine commande.
15:46Super ça.
15:46Ça c'est parfait, ouais.
15:48En plus, du coup, c'est vertueux, quoi.
15:50Absolument, c'est important pour nous aussi.
15:52C'est très important.
15:53Il y a aussi une autre chose qui est importante dans votre manière de travailler,
15:57c'est la tradition de la modernité.
15:58C'est-à-dire que c'est des desserts familiers qu'on connaît tous,
16:01mais qui sont quand même renouvelés avec votre approche.
16:03Oui, il y a toujours une petite pointe de modernité,
16:06mais c'est vrai qu'on aime bien reprendre les recettes qui existent depuis toujours
16:10et qui parlent à tout le monde, que tout le monde connaît.
16:13Votre laboratoire est à côté de la boutique ?
16:15Non, il est à Beson dans le 95.
16:17Ah, d'accord.
16:19Alors moi, j'ai goûté un peu de framboise parce que ça dépassait.
16:21Regarde-la, elle est en train de se régaler sans nous.
16:23Je vois, elle se lèche les doigts.
16:25C'est trop bon.
16:27Ce marbré dont on parle, c'est la figure de proue, en fait.
16:29Pourquoi c'est lui la figure de proue de la pâtisserie ?
16:32Parce qu'on le propose depuis les débuts,
16:34et à chaque fois, nos clients nous disaient
16:35« Oh là là, mais c'est un marbré, c'est très simple,
16:38mais qu'est-ce qu'il est bon, qu'est-ce qu'il est bon ? »
16:40Mais là, alors aujourd'hui, le moelleux a dépassé le marbré.
16:44C'est-à-dire qu'on a...
16:45Je le garde, le moelleux, de toute façon,
16:46moi, il va être mangé ce soir.
16:49Pourquoi il a dépassé le moelleux ?
16:50Parce qu'en fait, on a commencé à faire des vidéos
16:52sur Instagram avec le moelleux
16:54qui se sont vite répandues dans la capitale.
16:56Et du coup, c'est vraiment devenu
16:58le produit qu'on vend le plus aujourd'hui.
17:00Vous avez la queue devant chez vous ?
17:02Certains jours.
17:03Oui, parce qu'Instagram, ça provoque ça.
17:04Certains jours.
17:05Je peux te poser une question sur les produits ?
17:07Bien sûr.
17:07Les chocolats, c'est quoi ?
17:08Alors, on travaille avec les chocolats
17:11de chez Nicolas Berger.
17:12Qui n'est pas connu du grand public.
17:15C'est de la flèche de cacao, du Nicaragua, je sais.
17:17Parce qu'il travaille avec les professionnels uniquement.
17:19Mais c'est quelqu'un qui est très rigoureux
17:22sur son sourcing.
17:23Et c'est ce qui nous a plu.
17:24Il a des chocolats qui sont très qualitatifs.
17:27Et voilà, il n'y a aucune cochonnerie dedans.
17:30Masha Meryl, vous savez,
17:31elle a écrit des livres de cuisine.
17:32Quand même, je le dis comme ça en passant.
17:34Alors, on m'avait proposé les desserts.
17:36C'est-à-dire, justement, comme je vous l'ai dit,
17:37c'était Sucreunion qui voulait lutter contre les édulcorants.
17:42Parce qu'il y a eu une mode qui a un peu disparu.
17:44Oui, oui, qui a disparu.
17:45Tout le monde s'est aperçu que c'était pipo.
17:47C'est surtout pas très bon pour la santé en plus.
17:48Et pas bon pour la santé.
17:49Eh bien, j'ai fait le tour de tous les trucs.
17:52C'est impossible de faire de la pâtisserie sans sucre.
17:55Les glaces, c'est impossible.
17:57Le chocolat, c'est impossible.
17:58Les tartes, c'est impossible.
18:00On peut en mettre moins.
18:01On peut essayer d'en mettre moins,
18:02mais on ne peut pas ne pas en mettre.
18:03C'est compliqué de le supprimer.
18:05C'est vrai que maintenant, on en met beaucoup moins.
18:07Mais le supprimer complètement, oui, c'est impossible.
18:11C'est impossible.
18:12Alors, vous faites un autre truc, Pauline.
18:14Vous faites des gâteaux de voyage
18:15qui sont des pâtisseries conçues pour être transportées
18:17et conservées plus facilement.
18:18Donc, en fait, vous avez des gens
18:18qui viennent acheter leur pâtisserie chez vous
18:20et qui repartent avec leur valise, carrément.
18:21Ça arrive qu'on ait effectivement des clients
18:24qui partent en Italie,
18:25qui partent même des clients japonais.
18:28On a déjà eu des clients japonais qui ont acheté des choses.
18:30Le marbré, ça doit très bien voyager.
18:31Oui, ça se garde 10 jours.
18:32Aucun problème.
18:33Le fondant aussi, oui, oui, tout à fait.
18:36Et alors, ce qui est intéressant aussi,
18:37c'est que votre pâtisserie, ce lieu, c'est un écrin pour vous.
18:41C'est vous qui avez beaucoup travaillé dessus.
18:42Vous avez des murs boisés, des couleurs chaudes,
18:44des desserts à partager.
18:45C'est toujours un mélange de tradition, modernité,
18:48raffinement, convivialité.
18:49En fait, on avait envie d'une boutique
18:51qui ressemble aux boutiques d'antan,
18:54mais avec, encore une fois, au goût du jour
18:56et avec beaucoup de chaleur.
18:58On voulait que les gens aient envie de rentrer chez nous,
19:01mais qu'ils n'aient pas peur quand ils sont devant la porte,
19:03parce que parfois, on arrive devant certaines boutiques,
19:04on est un peu impressionné, on n'ose pas rentrer.
19:06Il y en a, on dirait que c'est des magasins de bijoux
19:09et t'as la trouille, du coup, que ça va se coûter surtout.
19:12Est-ce qu'on déguste chez vous ? Il y a des petites tables ?
19:14Non, malheureusement, non.
19:15Il n'y a pas la place pour mettre des petites tables ?
19:16Non, il n'y avait pas suffisamment de place.
19:17Peut-être pour la prochaine.
19:18Ah, parce que le but, c'est d'en ouvrir une deuxième
19:21et pourquoi pas une troisième après.
19:22Après, on privilégie toujours la qualité à la quantité.
19:25On n'a pas envie d'avoir 20 boutiques.
19:27Vous n'avez pas envie d'avoir une chaîne ?
19:28Non, pas du tout.
19:29Mais on en aura effectivement peut-être une deuxième.
19:31Un autre truc pour étayer ce que vous dites,
19:33finalement, Pauline Zerouali,
19:34c'est que la saisonnalité, c'est très important dans votre identité aussi.
19:37Par exemple, ne faites pas de fraisier en hiver.
19:39Non, jamais.
19:40Et ça fait des années, des années, des années.
19:42Il faut respecter...
19:43Dans les boulangeries paris françaises,
19:45on trouve le fraisier en hiver.
19:46Alors déjà, elle n'a pas de goût, la fraise en hiver.
19:50Même si elle vient de l'autre bout du monde,
19:51en général, elle n'a pas de goût.
19:53Et puis, c'est super important de respecter la saisonnalité.
19:57Et les produits locaux aussi.
19:59Oui.
20:01Vos producteurs que vous connaissez tous,
20:03ils ne sont pas loin.
20:05On essaye de faire effectivement au plus proche.
20:06Après, oui, bien sûr, le chocolat, il vient de très loin.
20:09Mais on sélectionne un très bon chocolat.
20:11Mais on peut sélectionner, parce que, oui, bien sûr.
20:13Je vais me raconter une histoire.
20:14Votre concurrent Bertillon,
20:17quand le vieux monsieur Bertillon était là,
20:20j'avais un ami très riche qui voulait lui proposer
20:22de commercialiser la marque Bertillon dans le monde entier.
20:25Alors, il a écouté, écouté,
20:26que j'étais assistée à l'entretien.
20:28Et à la fin, il a dit,
20:29ça veut dire qu'il faut que je quitte mon laboratoire
20:32et que je ne choisisse pas mes fruits en été, etc.
20:35Non.
20:36Il a refusé.
20:38Il aurait pu être milliardaire,
20:40comme la maison du chocolat et tout ça.
20:42Il a refusé.
20:43Finalement, ça reste Bertillon à notre dame.
20:45Et c'est incroyable.
20:46C'est une belle histoire.
20:47C'est une belle histoire.
20:48C'est une histoire qui vous parle, vous, Pauline Zerwelly.
20:50C'est-à-dire, deux boutiques, ça suffit, quoi.
20:52C'est ça.
20:52Alors, après, tout dépend quel objectif on a.
20:55Mais je pense que Mathieu et moi,
20:57on a vraiment à cœur de proposer
20:58toujours des produits de qualité.
21:00Et quand vous devenez très, très grand,
21:02ça devient plus compliqué.
21:04On ne peut pas.
21:04Ce n'est pas possible.
21:05C'est plus compliqué de faire de la qualité
21:07comme on l'a fait aujourd'hui, par exemple.
21:08Bien sûr.
21:09Et alors, vous, on l'a dit,
21:11vous avez un parcours dans l'hôtellerie de luxe, etc.
21:13Ce qui est intéressant,
21:14c'est que vous en avez rapporté pas mal de petites choses,
21:16notamment avant l'emballage,
21:17les pâtisseries qui sont choisies par les clients.
21:19Alors, peut-être que vous me dites,
21:20si je me trompe,
21:21elles sont présentées sur un plateau argenté, c'est ça ?
21:23Oui, alors, on aime bien.
21:25Alors, il faut savoir que Mathieu...
21:26C'est quand même les attentions de l'hôtellerie de luxe.
21:28Oui, déjà, ça nous vient de l'hôtellerie de luxe.
21:30Et Mathieu a grandi...
21:32Ses parents avaient un restaurant étoilé
21:33dans l'Est de la France.
21:35Le château de Vauxchoux, ça s'appelait.
21:37Ils ont eu une étoile pendant plus de 40 ans.
21:39Et donc, évidemment,
21:40il y avait beaucoup d'argenterie
21:41dans le restaurant de ses parents.
21:43Et c'est vrai qu'on aime bien.
21:44Donc, nous, toutes les milliardistes
21:45sont présentées sur des plateaux en argent.
21:47On se sert avec un plateau en argent.
21:48On trouve ça beau.
21:51Et puis, ça orne, en fait, la pâtisserie,
21:54j'ai envie de dire, presque comme un bijou, du coup.
21:56Bien sûr.
21:56Parce que la pâtisserie,
21:58il y a des gâteaux très travaillés,
21:59comme on l'a dit,
22:00mais il y a finalement des pâtisseries assez simples aussi
22:02qui sont très valorisées par cette présentation.
22:04Absolument.
22:04Et puis, c'est agréable pour les clients
22:06d'être servis sur un beau plateau.
22:08Eh bien, ça donne bien envie, cette pâtisserie.
22:10On va y aller.
22:10Oui, bien sûr.
22:11Je vais repartir avec un gâteau ce soir, ma chave aussi.
22:14J'espère, parce que je regarde ça avec...
22:15Surtout que vous avez la cuisine en commun,
22:17on l'a dit toutes les deux.
22:19Allez, on continue dans un instant.
22:20Des talents qui brillent, vous le savez.
22:21C'est excellent, Sud Radio, avec vous ce soir.
22:24La comédienne, écrivaine Macha Meryl
22:26et puis la pâtissière.
22:27J'aime bien ce mot, pâtissière.
22:28Ça ne vous dérange pas, Pauline ?
22:29Pas du tout.
22:30Pauline Zerouali.
22:31Allez, vous restez avec nous.
22:34Sud Radio, c'est excellent.
22:35Judith Bélair.
22:36L'excellence française se donne rendez-vous
22:38chaque dimanche sur Sud Radio, c'est excellent.
22:40On programme ce soir la comédienne-auteur
22:41Macha Meryl à l'affiche de Sancho Pince
22:43au théâtre de Poche Montparnasse
22:44avec Éric Berchoux au piano.
22:46Vendredi, samedi à 21h et dimanche à 17h.
22:49Puis à ses côtés, Pauline Zerouali,
22:50cofondatrice de la pâtisserie Mathieu et Pauline
22:52qui est installée au 24 rue Claire
22:53pour les Parisiens chanceux
22:55dans le 7e arrondissement.
22:57Alors Macha, on va en parler.
22:58Vous êtes aussi écrivaine.
23:00Votre rapport au mot, clairement,
23:01il dépasse le travail de comédienne.
23:04Vous avez fait des romans, des récits personnels,
23:06des livres de cuisine, on vient d'en parler.
23:08L'écriture, c'est votre haute moyen d'expression,
23:11j'ai envie de dire.
23:11C'est la même chose.
23:12Pareil ?
23:13C'est-à-dire qu'il faut sélectionner vraiment
23:15les pensées qu'on veut transmettre.
23:17C'est ça mon rôle dans la vie.
23:19C'est-à-dire de mettre au point
23:21les idées qui vont vous aider à vivre.
23:24Mettre au point les idées qui vont vous aider à vivre.
23:26Que c'est joliment dit ?
23:27Ça vous plaît ?
23:27Ah oui, j'aime beaucoup.
23:28Je viens de trouver la formule là.
23:30Vous voyez, c'est ça.
23:30C'est la force des mots.
23:32En peu de temps, il faut dire beaucoup.
23:33Et surtout, être le plus juste possible.
23:36Alors si je devais vous demander à un écrivain contemporain,
23:39comme contemporain, c'est un XXe siècle,
23:41un de vos préférés, votre préféré, ça serait qui ?
23:43Marguerite Duras.
23:44D'accord.
23:45Parce que justement, cette capacité à dire quelque chose...
23:47On disait qu'elle écrit avec une gomme.
23:49Elle enlève les mots.
23:50Et je trouve qu'elle a justement un sens de...
23:53De justesse.
23:54Quand il y a deux adjectifs, c'est qu'il y en a un en trop.
23:57Il faut savoir être précis.
23:59Je suis sûre que dans la cuisine, c'est la même chose.
24:02qu'on ne peut pas mettre 36 produits en même temps.
24:05Moi, je me plains toujours des mauvais pâtissiers
24:09qui mettent et de la chantilly, et de la crème, et je ne sais pas quoi.
24:13Non.
24:13Il faut savoir ce qu'on fait
24:15et cerner la qualité de ce qu'on va faire.
24:19Et ça, c'est vrai pour moi comme pour vous.
24:21C'est de la création.
24:22Parfois, il suffit seulement de 2-3 ingrédients
24:25pour faire un gâteau d'exception.
24:27Et effectivement, je suis d'accord,
24:28on n'a pas besoin de mettre une trentaine d'ingrédients.
24:30Et les produits, c'est ça.
24:31Ça dénature, en fait, le produit.
24:33Alors, vous savez, Georges Sand,
24:34elle était formidable parce qu'elle était une grande cuisinière aussi.
24:37Alors, elle était casanière et voyageuse,
24:41amoureuse et mère de famille,
24:44cuisinière et très aventurière.
24:46Ça ressemble vraiment beaucoup.
24:48Ah, peut-être un peu, quand même.
24:51Il faut dire qu'il y a des affinités.
24:52Et c'est ça que j'aime beaucoup chez elle.
24:54Je pense qu'on ne doit pas limiter les femmes
24:57à une seule fonction.
24:59Mais quand on est Machan et Rille
25:01et qu'on est un des visages,
25:02si ce n'est le visage de la nouvelle vague,
25:04on peut dire ça.
25:05Vous croyez que ça va voir ?
25:06Non.
25:07Alors, ça, c'est la question de la modernité.
25:09Ce n'est pas le rôle de tout le monde
25:10de caresser la modernité.
25:12Je rappelle quand même aux auditeurs,
25:13vous avez été révélée,
25:14vous tourniez bien avant, en 1964,
25:17dans le film Une femme mariée de Jean-Luc Godard.
25:19Alors, il était déjà très célèbre.
25:21Il avait déjà fait tous ses grands films
25:22avec Anna Karina.
25:23Mais quand même.
25:25C'est un désir que tout le monde n'a pas.
25:27La modernité.
25:29Je pardonne ceux qui sont classiques
25:31et qui sont même un peu passéistes,
25:33qui aiment bien les formes du passé.
25:34Moi, non.
25:35Moi, toute ma vie, j'ai aimé.
25:36Je me suis habillée en courant.
25:38J'aimais des voitures
25:39qui soient un peu hors des premières.
25:43Honda qui ressemblait à une fusée.
25:47Vous étiez un peu rebelle, quoi, Macha.
25:49Oui, ce n'est pas rebelle.
25:51Ce n'est pas rebelle.
25:51C'est amour de l'avenir.
25:53De ce qui va marquer une époque.
25:57Vous avez ce sens-là aussi ?
25:59Parce qu'il fallait être là
25:59au bon moment, au bon endroit, quoi.
26:01Ah, ben voilà.
26:01Alors, tu sais, ça,
26:03on s'y met au bon endroit.
26:05Exactement.
26:06Il faut avoir une espèce d'attirance
26:07pour cette chose-là.
26:09Bien sûr.
26:09Et moi, je dis que
26:10quand la vie fait comme ça,
26:11avec un petit signe,
26:12il faut y aller.
26:13Je suis bien d'accord.
26:14Il ne faut pas avoir peur.
26:15Et la peur est le truc,
26:16le drame le plus grand
26:17de toutes les vies.
26:19Ceux qui redoutent...
26:20Vous n'avez jamais eu peur
26:21avant un film ?
26:23Vous avez le trac ?
26:23Non, je me suis tapé
26:25des flops épouvantables,
26:26des douleurs,
26:27des affreux,
26:27des chagrins,
26:28des crimes.
26:29J'ai été larguée plusieurs fois.
26:32Nous toutes.
26:34A priori.
26:35Bon, et j'accepte
26:38d'être dérangeante,
26:39même quelques fois,
26:39un petit peu.
26:40Je les comprends,
26:41les mecs qui ont peur de moi.
26:44Ça résonne en moi,
26:45ce que vous dites.
26:46Vous ne savez pas à quel point.
26:47Mais ceux qui ont le courage
26:48de rester,
26:49ils y gagnent.
26:51C'est un message
26:52qu'on passe ce soir
26:53au potentiel.
26:56J'adore.
26:58Pauline Zerouali,
26:59vous, vous avez été
27:00chez Ferrandi,
27:01mais vous avez fait
27:01du management de restaurant.
27:03Pour rappel,
27:03pour les auditeurs,
27:04Ferrandi,
27:04c'est l'école de cuisine.
27:06Il y en a une,
27:06c'est Ferrandi.
27:07Oui, c'est vrai
27:07qu'elle est très réputée
27:08et encore plus aujourd'hui
27:10que quand j'y étais à l'époque.
27:11Je pense que ça doit faire
27:1220 ans maintenant.
27:12Vous, ce que vous vouliez apprendre,
27:13c'est le business.
27:15En fait, je trouvais
27:16que cette formation,
27:17alliait déjà ma passion
27:18pour la cuisine
27:19qui était de faire,
27:21de cuisiner,
27:21de recevoir,
27:22mais aussi tout l'aspect
27:23effectivement théorique
27:25des cours de droit,
27:26de gestion, etc.
27:27Vachement important.
27:28Oui, et initialement,
27:30je voulais ouvrir des restaurants.
27:31Mais en fait,
27:31la vie a fait que mon chemin
27:32a pris une tournure différente.
27:33Vous êtes allé dans le sucré, quoi.
27:35Oui.
27:35Après, c'est parce que
27:36vous avez du pif.
27:37Vous avez fait du salé, je tiens.
27:38Elle a du pif
27:39parce que c'est la nouvelle façon
27:40de se nourrir.
27:41Les gens maintenant,
27:42picorent.
27:43Vous avez remarqué ?
27:44Je suis d'accord.
27:44On mange beaucoup moins qu'avant.
27:45Beaucoup moins.
27:46Et on ne s'assied pas
27:47dans les restaurants
27:48pour deux heures.
27:50D'abord, c'est beaucoup trop long
27:51pour les jeunes.
27:52C'est beaucoup trop long
27:53même pour tout le monde.
27:54Et les mœurs
27:56par rapport à la gastronomie
27:58ont énormément changé.
27:59Donc, on peut continuer
28:01à cultiver le goût
28:02de l'excellence,
28:03des très bons produits
28:04et tout ça.
28:05Mais plus rapidement.
28:06Donc, on ne vit plus
28:08tout à fait de la même façon.
28:09Bon, mais finalement,
28:10c'est quand même
28:11toujours sympa, quoi.
28:12Ah, ben c'est merveilleux.
28:13Attendez, moi,
28:13je suis fervente.
28:15Je pense que la santé
28:16commence par les aliments.
28:18C'est la nourriture
28:19qui crée la santé.
28:21Il n'y en a pas d'autres.
28:22Alors, ce n'est pas difficile.
28:23Pauline Zerouali,
28:24vous avez donc fait
28:25rendre-jeu en business.
28:27Ensuite, vous avez fait
28:2710 années de traiteur.
28:28Donc, vous connaissez le business.
28:29On ne peut pas dire le contraire.
28:31Et puis, finalement,
28:31une boutique,
28:32ce n'est pas si simple que ça.
28:33À ouvrir, à gérer, etc.
28:35C'est un nouveau chemin
28:37que vous avez embrassé
28:38avec plaisir,
28:38mais avec les embûches
28:39qui vont avec, quoi.
28:40En fait, c'est plus de travail
28:42que ce qu'on avait imaginé
28:43avec Mathieu,
28:44parce que finalement,
28:45il faut trouver
28:45le local commercial,
28:46il faut imaginer
28:48se projeter,
28:49quels travaux on va faire,
28:50comment on va accueillir
28:51les clients,
28:52tous les produits.
28:53Mais c'était tellement agréable
28:55et c'était tellement passionnant
28:57que c'est un projet
28:59qu'on a adoré.
28:59Vous avez fait des études
29:00de marché
29:01pour savoir
29:02à qui vous vous adressiez,
29:03à quelle tranche d'âge,
29:05à quelle tranche de public.
29:06On l'a fait assez brièvement.
29:08Comme on connaissait déjà
29:09très bien le quartier,
29:11mais on l'a fait assez brièvement.
29:13Alors, ce plaisir
29:14de réunir les autres,
29:15ça vous vient de votre enfance.
29:16Il y avait des grandes tablées
29:18familiales chez vous.
29:19Ce n'est pas une famille
29:20de restaurateurs comme Mathieu,
29:21mais vous,
29:21c'était vraiment le plaisir
29:22de recevoir
29:23les longues heures
29:23dans la cuisine.
29:25Votre père qui vous apprenait
29:26des trucs, je crois.
29:27Oui, et surtout ma tante
29:28en Suède,
29:28parce que toute ma famille
29:30du côté de mon papa
29:31est suédoise, absolument.
29:33Et donc, on faisait
29:34tous les ans,
29:35on faisait Noël chez elle
29:36et je me souviens
29:36de ces grandes tables
29:37qu'elle décorait.
29:38Elle faisait toujours
29:39des dessins sur le beurre.
29:40Il y avait toujours
29:41du détail dans tout.
29:43Et du coup,
29:43moi, ça m'a inspirée
29:45toute mon enfance.
29:46Et je pense que
29:47dès que j'ai commencé
29:47à voir...
29:48C'était magique.
29:49Et je garde
29:50des souvenirs incroyables.
29:51Et quand j'ai commencé
29:52à avoir 13 ou 14 ans,
29:53j'organisais des dîners
29:54avec des amis.
29:55Donc, je dressais la table,
29:57je faisais entrer
29:58plat, dessert, etc.
29:59Et mes parents
30:00m'ont toujours poussée aussi
30:01à faire ça.
30:03À faire ça comme métier aussi.
30:04On est toujours
30:04à la photocopie de nos parents.
30:06Il n'y a rien à faire.
30:06Quand on a des bons parents,
30:08quand on a des parents
30:10convenables,
30:11on reproduit.
30:11On leur ressemble forcément ?
30:13Oui.
30:14Quand on n'a pas
30:15de bons parents,
30:15ça c'est un malheur.
30:16On peut avoir
30:17des parents moyens aussi.
30:19Oh, réfléchissez.
30:20Peut-être que...
30:22C'est de la complicité.
30:23Pardon.
30:23J'ai eu la chance
30:23d'avoir des parents
30:24qui m'ont laissé
30:25faire ce que j'avais envie.
30:26Et comme je suis
30:27la numéro 3,
30:28je pense que l'aîné
30:29a beaucoup plus de pression.
30:30Donc, mon frère a fait
30:31ce qu'il fallait,
30:31de belles études, etc.
30:33Et puis après,
30:33il lâche un peu du lest
30:34au fur et à mesure.
30:35Et moi, je n'aimais pas l'école,
30:36donc ça me convenait très bien.
30:38Alors, vous avez
30:38un autre point commun
30:39toutes les deux,
30:39c'est la complicité,
30:40l'entourage,
30:41les liens que vous tissez,
30:43vous avec les gens
30:43avec qui vous partagez
30:44la scène,
30:44vos amis, etc.
30:45Mais Eric Berchaud aussi,
30:46par exemple,
30:47qui vous montait sur scène,
30:48c'est souvent des histoires
30:49d'amour artistique,
30:51en fait,
30:51que vous vivez.
30:52Oui, des affinités.
30:53On ne peut pas avancer
30:54dans la vie sans ça.
30:55Il faut avoir des alliés,
30:57des gens qui te comprennent,
31:00avec qui on n'a pas besoin
31:00de tout expliquer
31:01parce qu'on se comprend au vol.
31:03Alors, Eric,
31:03il me fait un cadeau immense
31:05parce que c'était
31:05un très grand pianiste,
31:06chopiniste,
31:07il a gagné le prix Chopin
31:08à Varsovie,
31:09deux fois,
31:10et il ne fait pas ça.
31:12Les grands solistes,
31:13ils ne viennent pas faire
31:14du théâtre,
31:14jouer,
31:15mais parce qu'il a compris
31:17tout de suite
31:17qu'il n'agit pas
31:19comme accompagnateur.
31:20Il fait partie du spectacle.
31:22La musique et les mots
31:23sont tellement mêlés.
31:24Vous allez venir me voir,
31:25j'espère.
31:26Absolument,
31:27c'est déjà prévu
31:28dans ma petite tête.
31:29Parce que c'est ça.
31:31Je veux dire,
31:31il faut offrir
31:32à nos partenaires,
31:34aux gens avec qui
31:35on se bat,
31:37des rôles intéressants,
31:39des places valables.
31:41C'est ça qui fait
31:42que les alliances durent
31:43et qu'elles soient aussi
31:46qu'elles produisent
31:47des choses belles pour vous.
31:48C'est ça.
31:49Toute la vie,
31:50c'est ça.
31:50Il faut tout le temps
31:51être avec des gens
31:52qui...
31:52On dit toujours
31:53les gens qui vous aiment.
31:54Ce n'est pas que ça.
31:55Ce sont des gens
31:56qui ont les compétences
31:57qui te conviennent.
31:58Des compétences
31:59dont tu as besoin
32:00et qui ont besoin
32:00des tiennes.
32:01Il faut que ce soit
32:02vraiment un échange.
32:03Pauline Zerouali,
32:04vous aussi,
32:05la complicité,
32:05cette affinité
32:06dont parle Macha,
32:07finalement,
32:07c'est la base.
32:08Parce que sans Mathieu,
32:09il n'y aurait pas
32:10tout cela sur votre chemin.
32:12Non.
32:12Et puis,
32:12c'est aussi des rencontres
32:13avec les chefs
32:14que vous avez côtoyés,
32:15etc.
32:15J'imagine.
32:16Oui.
32:16Et puis,
32:16c'est vrai qu'avec Mathieu,
32:17on a cette complicité.
32:19En fait,
32:19on a été aussi collègues
32:20avant de devenir
32:21meilleurs amis.
32:22Et je pense que c'est
32:23ce qui fait toute la différence.
32:24On se connaît bien
32:24quand on travaille ensemble.
32:25Exactement.
32:26Et on a tellement...
32:27Enfin,
32:27on avait déjà
32:28les mêmes valeurs,
32:29mais on a tellement
32:29rigolé ensemble
32:30aussi au travail.
32:31Et je pense que c'est
32:32très important
32:32pour bien travailler.
32:34Ça embêtait un peu
32:35nos managers à l'époque,
32:36mais les clients étaient ravis.
32:37Donc,
32:37c'était le plus important.
32:38Mais oui,
32:39cette complicité,
32:40c'est ce qui nous nourrit.
32:41Et puis,
32:41alors parfois,
32:42on n'est pas toujours d'accord.
32:43Mais il faut mettre
32:44de l'eau dans son vin.
32:44C'est comme un couple.
32:45Il faut apprendre
32:46à faire des compromis, quoi.
32:47Absolument.
32:48Oui,
32:48parfois,
32:48Mathieu,
32:49je lui donne raison.
32:50Parfois,
32:50il me donne raison.
32:51Mais ce n'est pas seulement ça.
32:52C'est qu'il faut
32:53laisser l'autre rêver.
32:54Il faut exécuter
32:55les rêves des deux.
32:56Oui.
32:57Et alors,
32:57quelquefois,
32:57ils ne sont pas conformes.
32:59On ne partage pas
33:00les mêmes rêves.
33:01Mais c'est chacun son tour.
33:02Il faut pouvoir continuer
33:05à se sortir de soi,
33:08quand même.
33:09Et faire des choses
33:09qui sont un petit peu
33:10plus compliquées
33:12que ce qui est prévu.
33:12C'est un peu ce que vous faites
33:12toutes les deux,
33:13sortir de vous,
33:13finalement.
33:14Oui, c'est ça.
33:14Sortir de vous,
33:15ça donne de confort.
33:16C'est ça.
33:16Et vous,
33:16vous allez chercher le risque,
33:17en fait.
33:18Ou disant de traiteur,
33:19bon,
33:19il fallait faire autre chose,
33:20quoi,
33:20Pauline Zerouali,
33:21quand même.
33:22Moi,
33:23j'ai besoin du risque
33:24pour avancer.
33:25Si je ne prends aucun risque,
33:27je m'ennuie un petit peu.
33:28Vous aussi,
33:29ma chale.
33:29La prochaine étape,
33:30c'est un autre magasin,
33:31c'est ça ?
33:32Ou même plusieurs,
33:33non ?
33:33Non,
33:34mais déjà,
33:35un autre,
33:36trois,
33:36pourquoi pas.
33:37On nous a approchés
33:38pour aller à Londres.
33:39Est-ce qu'on ira ?
33:40On verra.
33:42A priori,
33:43ça pourrait être
33:43un gros carton à Londres.
33:45Ils sont férus
33:45de gâteaux français,
33:46je crois.
33:46Les Anglais vivent différemment.
33:48Ils sont férus de gâteaux,
33:49mais je pense qu'ils aiment
33:50bien les manger sur plat.
33:51Enfin,
33:51c'est différent.
33:52C'est différent.
33:53Ils aiment beaucoup
33:54les sucreries,
33:56les Anglais.
33:56Ils aiment beaucoup.
33:58Mais à part des trucs dégueulasses
34:00comme le truc à la menthe.
34:03Ça,
34:03c'est effectivement
34:04assez particulier.
34:05Allez,
34:05c'est excellent
34:06sur Sud Radio.
34:07Malgré la jello anglaise,
34:08on est en France,
34:09heureusement.
34:10Vous découvrez ceux,
34:11tout comme d'habitude,
34:12qui font battre le cœur
34:13de l'excellence française.
34:14Ce soir,
34:14vous êtes avec l'actrice
34:15qui écrit Masha Merrill
34:16et la pâtissière qui nous fait rêver
34:17un peu quand même.
34:18Pauline Zerouali,
34:19à tout de suite
34:20pour la fin de l'émission.
34:22Sud Radio,
34:23c'est excellent,
34:24Judith Bélair.
34:25Vous êtes sur Sud Radio
34:26et nous partageons ce moment
34:27avec vous.
34:28Comme chaque dimanche,
34:28c'est excellent.
34:29Encore un petit moment
34:30à passer ensemble
34:30avec Masha Merrill,
34:31comédienne-écrivaine
34:32qui prête sa voix
34:32à Georges Sand
34:33dans Sand Chopin.
34:34Avec Eric Berchaud au piano,
34:35c'est un rendez-vous
34:36au théâtre du Poche,
34:37Montparnasse.
34:38C'est les vendredis,
34:38samedis à 21h,
34:39le dimanche à 17h.
34:45au 24 rue Claire
34:46à Paris dans le Cétienne.
34:48Alors,
34:48vous avez le goût
34:50de créer toutes les deux
34:51que vous partagez aussi
34:51et de transmettre.
34:53Parce que Masha Merrill,
34:54vous vous faites vivre
34:55les mots,
34:55la musique,
34:56sur scène
34:57et puis dans vos livres aussi.
34:59En fait,
35:00tout ce que vous faites...
35:01Je suis beaucoup plus prétentieuse
35:02que ça.
35:02Allez-y.
35:03Soyez prétentieuse.
35:04Vous élevez.
35:06Très bien.
35:07Faire du bien,
35:08mais vraiment,
35:09c'est-à-dire
35:09de vous sortir
35:10de votre...
35:11du quotidien,
35:13de la réalité,
35:14des choses un peu
35:15comme ça,
35:15rogneuses de la vie
35:16de tous les jours.
35:17C'est ça, l'art.
35:19L'art,
35:19ça nous permet
35:20d'être
35:22dans un monde supérieur
35:24qu'on peut atteindre
35:27puisqu'on peut aller au théâtre,
35:28on peut aller au cinéma,
35:29on peut écouter de la musique.
35:30La culture,
35:31c'est supérieur.
35:32Ça existe.
35:33Voilà.
35:33C'est ça, mon rôle.
35:34Et je vous assure
35:35que ça me donne
35:36des satisfactions personnelles
35:38énormes.
35:38Ça donne un sens
35:39à ma vie, bien sûr,
35:40mais c'est pas que ça.
35:41C'est que je vois
35:42les gens absorber
35:44ce que je dis.
35:45Parce qu'en plus,
35:45le théâtre de poche,
35:46vous savez,
35:46c'est comme une maison.
35:47C'est de plein pied,
35:48il n'y a pas une scène.
35:49J'adore.
35:50C'est comme si c'était
35:51au 19e siècle.
35:52Les gens,
35:52au 19e,
35:53lisaient leurs romans
35:54et testaient leur musique
35:56dans des salons.
35:57Et on est dans
35:57cette configuration.
35:59Et alors,
35:59moi,
35:59je les vois
36:01changer devant moi.
36:02Et je ne vois pas beaucoup
36:03parce que j'ai les éclairages
36:04qui m'aveuglent,
36:05mais quand même,
36:06je sens
36:06qu'il y a une espèce
36:08d'adhésion
36:08et qu'ils vont sortir
36:10de là différents.
36:12Voilà.
36:12Je vous transforme.
36:14C'est bon.
36:15On a hâte
36:15de venir vous voir.
36:18J'espère que vous ne serez pas déçus.
36:19Non, vous ne serez pas déçus.
36:20On est sûr que non.
36:22Pauline Zerouali,
36:22vous,
36:23c'est l'art de recevoir
36:24la gourmandise.
36:25Et puis,
36:25qu'est-ce que vous avez envie
36:25de transmettre aux gens,
36:26finalement ?
36:27Le plaisir, quoi.
36:28Du plaisir,
36:29un bon moment.
36:30Je trouve que la table,
36:31ça réunit toujours.
36:32Alors,
36:33on peut aussi se disputer à table.
36:34mais souvent,
36:35on rigole,
36:36on s'amuse.
36:36Je trouve que c'est vraiment
36:37un moment important
36:39dans la vie
36:40et qui nous permet
36:40un peu de déconnecter
36:42de notre semaine.
36:44Jean-Pierre Coff disait
36:45que pendant les repas,
36:46il ne faut pas discuter
36:48parce qu'il faut surtout
36:49que l'estomac soit tranquille
36:51et que si tu abordes
36:53des questions
36:54dans les deux jours
36:54et une famille,
36:55c'est épouvantable.
36:56Quand les gens ne parlent pas
36:57à table,
36:57en général,
36:57c'est qu'ils mangent bien.
36:58Mais voilà.
36:59Donc,
36:59il faut déguster
37:00et peut-être échanger.
37:02Quand on parle de cuisine,
37:04pendant le repas,
37:04c'est de très bon signe.
37:05Il ne faut pas aborder
37:07des sujets qui fâchent.
37:09Alors,
37:10ce qui est intéressant aussi,
37:10c'est qu'il y a plein de liens
37:11entre vous.
37:12J'en ai trouvé plein.
37:13Il y en a un autre,
37:13c'est que vous faites
37:14revivre les classiques.
37:15Vous,
37:16tatin,
37:17marbré,
37:17riolet,
37:18etc.,
37:18ils retrouvent la vitrine
37:19chez vous.
37:20Parce qu'en fait,
37:20ce n'est pas des choses
37:21qu'on va forcément
37:22aller trouver
37:23chez le pâtissier
37:23ou acheter
37:24ou faire à la maison.
37:25Par exemple,
37:26la tarte tatin,
37:27elle est quand même
37:28revisité
37:29parce que c'est une pâte sucrée
37:30avec une crème de noisette
37:31dans le fond
37:31et on a une pomme entière
37:33confite très longtemps
37:34au caramel
37:34qui est très fondante
37:35avec un crumble noisette
37:37fleur de sel.
37:38Donc,
37:38les puristes nous diraient
37:39non,
37:40vous ne pouvez pas l'appeler
37:40tarte tatin
37:41parce que la vraie tarte tatin
37:42n'est pas faite comme ça.
37:43Il y a de la crème fraîche
37:44et c'est pour ça
37:45que je dis que vous faites
37:46revivre les classiques.
37:47On ne met pas de crème fraîche.
37:49On peut la mettre après
37:50ou pas si on a envie ?
37:51Évidemment,
37:51évidemment.
37:52On peut avoir
37:53une bonne crème fraîche
37:54à la maison
37:54et la servir avec.
37:55Oui,
37:57je vous crois
37:57parce que moi,
37:58je mets de la glace
37:59à la noisette
37:59sur la tarte tatin.
38:00Oui,
38:00et ça se marie très bien.
38:01Ça se marie très,
38:02très bien.
38:03Et puis vous,
38:04Maëcha Meryl,
38:05sans des chopins quand même,
38:06c'est très marqué
38:07d'une époque.
38:08Alors,
38:09quand vous parlez
38:09d'élévation,
38:10c'est vrai qu'il y a
38:11beaucoup de gens
38:12qui connaissent
38:12et il y en a beaucoup
38:13qui ne connaissent pas aussi.
38:14Alors,
38:14il y a ça.
38:15Bien sûr,
38:15ça c'est disons
38:16pour les nouvelles générations.
38:17C'est un devoir
38:18que nous avons.
38:18De vraiment
38:19de leur faire revisiter,
38:21reconnaître
38:21les grandes œuvres
38:22du passé.
38:23Ça manque en ce moment.
38:24Mais il n'y a pas que ça.
38:25Moi,
38:25je suis baba d'admiration
38:26de Georges Sand.
38:27Parce que tout ce qu'elle dit
38:29il y a 200 ans
38:31et c'est valable maintenant
38:33au mot près
38:34avec en plus l'art.
38:36C'est-à-dire
38:36c'est tellement bien dit
38:37que cette...
38:39ça touche.
38:40On est frappés.
38:42Donc,
38:42je pense que
38:43nous avons le devoir
38:45de continuer
38:46à admirer
38:47les personnes
38:48et des arts
38:50et des œuvres.
38:51Pour l'élévation.
38:52Pour continuer à s'élever.
38:53Parce que d'admirer
38:54c'est le premier pas.
38:55Bien sûr.
38:56Je dis ça
38:56à tous les jeunes
38:57que je rencontre.
38:57Je leur dis
38:58commencez par avoir
38:59des idoles.
39:01Si on commence
39:02à respecter
39:02le travail de gens
39:04qui nous ont précédés...
39:05Pas d'un partiel idole.
39:05Oui,
39:06mais pas...
39:07Voilà.
39:07Vous avez raison.
39:08Ce que quand même...
39:10Ce que là aujourd'hui,
39:10bon...
39:11On peut se tromper quoi.
39:13Ce n'est pas se tromper,
39:14c'est qu'ils sont incités
39:15par un autre...
39:16un art de la consommation
39:17qui n'a rien à voir
39:18avec l'admiration.
39:20C'est autre chose.
39:20On les incite
39:21partout
39:21de beaucoup de façons.
39:23C'est le quart d'heure
39:23de ces débrités
39:24dont on parlait en diable.
39:25On est en plein dedans.
39:26Il avait tout vu celui-là.
39:29Alors vous savez,
39:30il y a un petit jeu
39:30que j'aime beaucoup
39:31dans cette émission
39:31pour la terminer.
39:32C'est le portrait chinois.
39:34Vous êtes prêtes, mesdames ?
39:35Prêtes.
39:35Il ne faut pas trop réfléchir
39:37avant de répondre
39:37sinon vous perdez le fil.
39:39Macha Meryl,
39:40si vous étiez une phrase
39:41de Georges Sand,
39:43ce serait laquelle ?
39:46C'est cette phrase
39:47que je dis
39:47dans le petit clip.
39:50Je respecte
39:50chez les êtres
39:51que je chéris
39:52tout ce que je ne comprends pas.
39:54Que c'est beau.
39:55C'est la définition de l'amour.
39:57C'est ça, le vrai amour.
39:58C'est ça.
39:58Il faut être très tolérant
40:00en amour.
40:02Pauline Zerouali,
40:02si vous étiez une pâtisserie
40:04de votre boutique,
40:04vous saurez laquelle ?
40:06On ne le fait plus,
40:08mais la profiterolle.
40:09Pourquoi ?
40:10Vous avez ce chocolat chaud
40:12excellent
40:12qui est versé
40:13sur une pâte à choux
40:14croustillante
40:15avec une glace vanille
40:16exceptionnelle
40:16et des amandes effilées
40:17torréfiées.
40:18On le faisait
40:19l'année dernière
40:19à emporter
40:20qu'il fallait manger minutes.
40:22Le croustillant
40:23et le chocolat fondant,
40:23ça vous définit bien.
40:25Je pourrais en manger
40:26tous les jours.
40:27C'est le top du gâteau.
40:29C'est le top absolu.
40:30Macha Meryl,
40:31si vous étiez
40:31un petit bonheur quotidien ?
40:36Quotidien ?
40:37Plonger dans ma piscine.
40:39Quelle chance !
40:41Vous nagez tous les jours ?
40:42J'ai une piscine
40:44et je ne fais aucun sport.
40:45Je hais le sport.
40:46Non, mais la natation,
40:47c'est du sport.
40:47Voilà, mais ce n'est pas
40:48vraiment du sport.
40:49C'est un changement de condition.
40:50On est un poisson,
40:51on est autre chose.
40:52Mais le sport,
40:53alors avec le golf,
40:55le tennis,
40:55ils ne parlent que de ça,
40:56de leur elbow,
40:58de leur cheville,
41:00de la foulée.
41:01Vous êtes sur la radio
41:01du rugby,
41:02attention Macha.
41:03Bon, rugby,
41:03ça va encore
41:04parce que c'est tout à fait
41:05autre chose.
41:08Pauline Zerouali,
41:08si vous étiez
41:09un petit déjeuner idéal ?
41:11Un petit déjeuner idéal ?
41:12Eh bien, écoutez,
41:13je pense que je serais
41:14un pain perdu.
41:15D'accord.
41:16Ça, c'est ce que vous feriez
41:16chez vous ?
41:17J'aime bien tout utiliser
41:19en cuisine.
41:20Quand on a du pain
41:20un peu sec,
41:22un peu rassis,
41:22je trouve que faire
41:23un petit pain perdu...
41:24Oui, et puis c'est vite fait,
41:25en plus,
41:26ce n'est pas très compliqué.
41:26Oui, et puis c'est toujours
41:27très bon.
41:28Surtout qu'il y a des bons pains
41:29maintenant.
41:30On peut vraiment
41:31se régaler avec le pain.
41:32On va aller manger
41:33C'est un des grands procès,
41:34je trouve,
41:34de la boulangerie en France.
41:36C'est beaucoup amélioré.
41:40Masha Meryl,
41:40si vous étiez
41:41une émotion
41:42avant de monter sur scène ?
41:43Une émotion
41:44avant de monter sur scène ?
41:45Un petit coup de vin blanc
41:46et ce serait
41:48un sauvignon
41:49pour y fumer.
41:50D'accord,
41:51pour y fumer.
41:51Ça, c'est à votre émotion ?
41:54Avec modération,
41:54évidemment.
41:56Oui, enfin...
41:57On est obligés
41:58de le dire à la radio,
41:59vous savez,
41:59c'est comme ça.
42:00C'est la loi.
42:01Pauline Zerouali,
42:02si votre duo
42:02avec Mathieu
42:03était une chanson,
42:04ça serait quoi ?
42:07Quelle question !
42:08Si c'était une chanson ?
42:11La chanson
42:12des Space Girls
42:13Wannabe ?
42:14Wannabe,
42:15d'accord.
42:16Il va être d'accord
42:17s'il entend pas ?
42:18Lui,
42:19il aurait dit plutôt Madonna.
42:20Je pense une chanson
42:20de Madonna.
42:21Vous avez des passions
42:22communes musicalement.
42:23Oui.
42:24Masha Meryl,
42:26si vous étiez
42:26une émission,
42:27non,
42:27tiens,
42:27pas une émotion,
42:28une réplique,
42:29une fois que le rideau
42:30est tombé.
42:32À la fin.
42:33Toute fin.
42:34Une réplique.
42:35Une réplique.
42:35Quelque chose qui est...
42:36Quelque chose qui vous viendrait.
42:38Une réplique d'un personnage
42:40comme ça.
42:40Une fois le rideau tombé,
42:41qu'est-ce qui reste ?
42:42La réplique qui va avec.
42:44Ah, pas commode
42:45parce qu'il faut que ce soit...
42:47Alors je dirais,
42:50dans un mois,
42:51dans un an,
42:54mon Seigneur,
42:57combien de mères
42:58nous sépareront ?
42:59Que c'est beau.
43:00C'est dans Bérénice,
43:01je vous l'ai fait plus courte.
43:03Et je pense que c'est
43:04un des plus beaux vers
43:05de la langue française
43:07et c'est aussi
43:09un sentiment
43:10universel.
43:11On est toujours
43:13loin
43:13des personnes
43:15qu'on aime.
43:19Pauline Zerouali,
43:20si vous étiez
43:20un trésor
43:21dans une boîte
43:21à souvenirs.
43:25Un trésor
43:25dans une boîte
43:26à souvenirs,
43:27je serais
43:30une petite dent
43:31de lait,
43:31la première
43:32petite dent
43:32de lait
43:33qu'on perd.
43:34Je les ai gardées
43:35précieusement,
43:35celles de ma fille.
43:37Je suis tout à fait d'accord.
43:38Allez,
43:38trois mots
43:38pour vous définir,
43:39Masha Meryl.
43:39me définir
43:44une pivoine
43:47mangeable.
43:48Ok.
43:49Ça va ?
43:49Très bien.
43:50Moi, j'ai rien d'autre
43:51à dire.
43:51Ça vous va très bien.
43:53Pauline, à vous.
43:54Trois mots
43:54pour vous définir.
43:55Trois mots
43:55pour me définir,
43:56la volupté,
43:59la générosité
44:01et le dynamisme.
44:03Eh bien, écoutez,
44:03vous êtes parfaites,
44:04mesdames,
44:04ne changez rien surtout.
44:05C'est excellent.
44:06Vous nous avez bien associé.
44:08Vous avez fait
44:08un bon casting.
44:09Je vais venir vous voir,
44:10c'est sûr.
44:11Je vous attends.
44:12Eh bien, c'était excellent.
44:13Merci beaucoup
44:14à toutes les deux.
44:15Masha Meryl,
44:15on vous retrouve
44:16dans Georges Sand.
44:17Plutôt,
44:18Georges Sand.
44:18Vous êtes Georges Sand
44:19dans Sand-Chopin.
44:20C'est avec Éric Berchaud
44:21au piano.
44:22C'est au théâtre de Poche
44:22Montparnasse
44:23les vendredis,
44:23samedi à 21h,
44:24le dimanche à 17h.
44:26Je vous la recommande
44:27vraiment cette pièce.
44:28Pauline Zerouali,
44:28vous avez fondé
44:29la pâtisserie
44:30avec Mathieu Turin.
44:31Mathieu et Pauline,
44:32c'est au 24 rue Claire
44:33dans le 7ème à Paris.
44:34Merci encore.
44:35Merci à toutes et tous
44:36pour votre fidélité.
44:36C'est excellent,
44:37votre émission sur Sud Radio.
44:38On se retrouve dimanche prochain
44:40à 19h pour écouter
44:41De Nouveaux Destins
44:42et puis tous les samedis
44:42à 13h30,
44:43vous le savez,
44:43pour Parlons Femmes.
44:44Merci à Julien
44:45qui réalise pour vous.
44:46Bisous,
44:47c'était excellent.
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