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Invités : le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio ; l’abbé François Dedieu, curé de la paroisse Saint-Urbain-Sainte-Marie à La Garenne-Colombes et porte-parole de l’organisation francilienne chargée d’accueillir le pape ; Marie-Lys Pellissier, porte-parole de la Marche pour la vie et professeure de philosophie ; Régis Gameni, président de l’association Porta Fidei.

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Transcription
00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Enquête d'Esprit sur CNews et Europe 1.
00:04La jeunesse sera au cœur du voyage de Léon XIV en France.
00:08Une jeunesse en quête de foi et de racine.
00:10Lors de la veillée au Stade de France, le pape sera face à une génération Z
00:14qui a grandi sans repères solides, mais qui montre en France une vitalité étonnante.
00:20C'est sans doute une des raisons qui ont décidé Léon XIV à venir.
00:24Quelles sont les attentes de ces jeunes dans une société qui oublie son âme,
00:29la génération Z ? Est-elle prête à entendre un appel à la sainteté,
00:33un discours à contre-courant qui l'engage à être connecté, mais d'abord avec le Christ ?
00:39On en parle dans un instant avec nos invités pour cette émission
00:43qui est en partenariat avec l'hebdomadaire France Catholique.
00:56Bonjour Tancred, Guy Hôtel, les informations avec vous.
00:59Et l'enthousiasme des fidèles qui continuent de croître dans la perspective de la venue de Léon XIV.
01:05Bonjour Aymeric, bonjour à tous.
01:07Effectivement, près de 600 000 personnes se sont inscrites pour assister à cet événement
01:11qui prend forme peu à peu.
01:13Devant cette affluence, le dispositif d'accueil des fidèles a été élargi.
01:17En plus de la place de la Concorde et des Champs-Elysées initialement prévus,
01:20le diocèse de Paris a annoncé une zone de déport Place de l'Étoile
01:24et sur l'avenue de la Grande Armée.
01:26A cette occasion, six jeunes porteurs de trisomie 21 serviront la messe.
01:30Après qu'ils en aient fait la demande au pape en juin dernier à Rome,
01:34lors de sa rencontre avec la Fondation Jérôme Lejeune.
01:37De la part du Vatican, c'est un geste fort de soutien à la protection de la vie,
01:42même fragilisé.
01:43Nous avons interrogé François, l'un des jeunes concernés.
01:46Un témoignage très émouvant.
01:48Écoutez.
01:48Moi, je crois que je suis à la messe tous les jours de la semaine.
01:54Je suis très, très, très, très catholique.
01:59En prenant avec mes forces, c'est vraiment important.
02:06Et surtout que c'est ma première fois pour se servir à messe avec le pape.
02:13Le pape est un homme important.
02:16Et il s'intéresse à moi et à tous mes amis porteurs de trisomie 21.
02:23Et ça me touche vraiment dans mon cœur et dans ma vie.
02:27Avec la Fondation Jérôme Lejeune,
02:30et on te remercie à Léon Taquinze et on t'aime.
02:37Jeanne-François Zutin rend ses insignes d'officier de la Légion d'honneur.
02:41La veuve de François Régis Zutin, le cofondateur de Ouest France,
02:45journal d'inspiration démocrate chrétienne,
02:47est fermement opposé à la loi sur la fin de vie.
02:50Ce texte qui a été définitivement adopté à l'Assemblée nationale mi-juillet.
02:54La croix de SOS Calvaire qui sera installée au Stade de France
02:58à l'occasion de la venue du pape a été béni hier par l'évêque d'Angers.
03:03Une croix pour la veillée des jeunes, réalisée par des jeunes sur le chantier.
03:07Un reportage réalisé par Éloi Rochebrune.
03:11Une croix pour Léon XIV.
03:13C'est la commande exceptionnelle que réalisent les charpentiers de SOS Calvaire.
03:185 mètres de haut, 2 mètres de large,
03:20elle sera placée au Stade de France lors de la veillée de prière du 25 septembre.
03:25Une fierté pour Sacha, apprenti dans l'atelier.
03:28Il y a beaucoup de joie, beaucoup de stress de bien faire.
03:32Ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance d'accueillir le pape en France.
03:35Je n'ai pas grandi dans une famille catho, rien.
03:37Du coup, fabriquer une croix de mes mains, fabriquer un truc concret pour le Christ,
03:41c'est une grande joie et c'est beaucoup de fierté.
03:44Étape du jour, l'assemblage du stipe et du patibouloum.
03:49Puis la pose du Christ en fonte.
03:52Louis-Joseph, le charpentier, veut aussi s'adresser au pape.
03:55Montrer que la France, il y a encore des gens qui travaillent, qui restaurent,
03:58il y a encore des artisans.
03:59C'est un message même au monde entier de montrer que l'artisanat existe toujours
04:03et que c'est important de le conserver.
04:05En plus de la croix du pape, sort de cet atelier à peu près un calvaire par jour
04:10du petit patrimoine qui rayonnera au Stade de France.
04:13C'est l'objectif de Louis, directeur général de SOS Calvaire.
04:16La croix, elle peut être partout.
04:18La croix, elle est universelle.
04:20Elle s'adresse à tous.
04:21C'est montrer que le paysage, c'est évidemment l'œuvre du bon Dieu,
04:26mais il n'était pas chrétien avant qu'on y mette des croix.
04:30Et donc demain, mettre une croix au Stade de France,
04:32c'est aussi montrer que chaque petit coin de notre pays
04:35peut aussi avoir la marque du Christ.
04:38Avant son installation pour la veillée de prière,
04:40la croix a été bénie hier par l'évêque d'Angers, Mgr Delmas.
04:45Et puis la figure de Léon Armel au cœur de l'actualité.
04:48Le pape Léon XIV a visité le mois dernier une exposition consacrée à cet industriel français.
04:54Il est connu pour avoir mis en place au 19e siècle
04:57la doctrine sociale de l'église dans son usine.
04:59Un héritage dont nous parle Joseph Touvenel, ancien vice-président de la CFTC.
05:04Léon Armel, c'est celui qui, dans la noirceur du 19e siècle,
05:08la noirceur sociale, a fait émerger une lumière comme quelques autres,
05:13notamment en théorisant, en exprimant le fait que l'entreprise,
05:16c'était d'abord une communauté humaine qui devait travailler ensemble,
05:20sans opposition systématique entre les ouvriers et le patron,
05:24mais au contraire bâtir ensemble.
05:26On voit que ce côté social-chrétien d'affirmation de la valeur travail
05:31en respectant l'ouvrier, c'est à la fois bon socialement, bon économiquement,
05:35et il a fortement inspiré le pape Léon XIII pour l'encyclique Novarum,
05:40c'est-à-dire le premier texte à portée mondiale qui traite de l'économique et du social.
05:46A noter que son descendant, Emmerich Secourarmel, a publié l'année dernière un ouvrage à son sujet.
05:51Le texte a été récompensé cette semaine du prix de l'Académie d'études sociales.
05:55C'est la fin de votre JT, tout de suite votre émission Enquête d'Esprit.
05:59Merci Tancrede Guillotel d'Enquête d'Esprit.
06:01Aujourd'hui, on parle de ce face-à-face dense, stimulant,
06:06qui sera extrêmement riche entre Léon XIV et les jeunes,
06:09au Stade de France, notamment lors de sa venue fin septembre.
06:13Que peut-on en attendre ? Qu'en attendent aussi les jeunes ?
06:16Eh bien, on en parle avec le cardinal François Boustillot, qu'on a la joie d'accueillir.
06:20Bonjour, Eminence.
06:21Bonjour.
06:21Vous êtes évêque d'Ajaccio depuis 2021, cardinal depuis 2023,
06:26et à ce titre conseiller du pape.
06:28Vous êtes franciscain d'origine, très attaché aussi à la piété populaire,
06:31les processions, les fêtes patronales, les confréries corse.
06:34Vous publiez chez Fayard la série de vos carnets corse,
06:37où vous vous interrogez notamment sur une question cruciale,
06:40l'avenir des vocations en Corse, dans un contexte de raréfaction des prêtres aigus.
06:45Et à vrai dire, c'est une interrogation vitale pour toute la France.
06:49Avec nous également l'abbé François de Dieu.
06:50Bonjour mon père, bienvenue.
06:52Bonjour à tous.
06:52Vous êtes curé de la paroisse Sainte-Urbain-Sainte-Marie à la Garenne-Colombe,
06:56c'est dans les Hauts-de-Seine, et vous êtes un des porte-parole de l'organisation francilienne
07:00qui accueillera le pape tout au long de l'année.
07:02Vous attachez notamment à l'accompagnement des nouveaux baptisés,
07:05ces catéchumènes comme on les appelle,
07:07et vous êtes notamment l'auteur de « Curé à durée indéterminée ».
07:10C'est publié chez Artege.
07:12Marie-Lise Pellissier est également avec nous.
07:13Bonjour, bienvenue.
07:15Vous avez 24 ans d'abord, c'est important de le souligner,
07:17puisque vous représentez donc ici les jeunes.
07:20Vous êtes porte-parole de la Marche pour la Vie, professeur de philosophie,
07:23et vous animez également la Lejeune Académie,
07:25qui est une université d'été qui forme des jeunes à l'engagement au service de la vie.
07:29Ce sera le thème du voyage du pape aussi.
07:32Et puis, lors de la veillée au Stade de France,
07:35vous serez bénévole pour accueillir ces mêmes jeunes.
07:37Véronique Jacquier, bien sûr, qui est avec nous.
07:39Bonjour Véronique.
07:40Bonjour Aymeric, bonjour à tous.
07:41Vous nous parlerez d'une méthode éprouvée pour progresser dans la vie spirituelle,
07:45pour essayer d'atteindre la sainteté.
07:47Ce sera le thème de cette veillée au Stade de France.
07:49C'est la méthode de Carlo Acutis qui a été canonisée,
07:53un jeune canonisé par Léon XIV récemment.
07:55Et puis, Régis Gameni est avec nous.
07:57Bonjour et bienvenue.
07:58Vous avez 20 ans et vous êtes président de l'association Porta Fidei.
08:02C'est un collectif de jeunes catholiques présents sur les réseaux sociaux
08:06et qui essayent de rendre accessible la foi,
08:09notamment par des vidéos.
08:10Vous visitez aussi des personnes qui sont dans la rue à travers des maraudes.
08:14Et autour de vous, il y a beaucoup de jeunes qui demandent le baptême.
08:18Donc c'est intéressant, bien sûr, vous nous parlerez de ce phénomène.
08:20Et vous avez publié avec Porta Fidei « Comment lire la Bible ».
08:24Donc c'est publié chez MAM.
08:27Alors, Abbé François de Dieu, vous êtes un des organisateurs, je le disais.
08:31Cette veillée au Stade de France qui se prépare,
08:35ce qu'on en sait, parce qu'évidemment, tout ne sera pas dévoilé avant le début,
08:40mais c'est qu'il y aura une alternance de sénètes
08:42qui montrera la richesse des saints de France,
08:45des origines à aujourd'hui, une sorte de puits du fou
08:47de l'histoire religieuse de la foi.
08:50Cette insistance sur la sainteté, c'est une volonté de votre organisation,
08:54mais c'est aussi exigeant et c'est aussi peut-être une nouveauté
08:57pour un voyage du pape en France, certes, qui n'avait pas eu lieu depuis longtemps,
09:01mais quand même, ça a été une volonté pour cette visite-là ?
09:05Les saints sont très importants pour nous, à plusieurs titres.
09:08L'Église nous enseigne de manière très belle
09:10que nous trouvons en eux à la fois un modèle, une famille, un appui.
09:15Et à travers ces trois mots, je trouve qu'il y a beaucoup de choses
09:18qui se sont dites pour les jeunes, on a besoin de modèles,
09:20on cherche comment se construire, qu'est-ce qu'on va pouvoir faire.
09:24Eh bien voilà, des saints, nous en parlions à l'instant,
09:26et nous en reparlerons, de Saint-Carlo-Akoutis,
09:28voilà, un beau modèle.
09:29Une famille, ce sont des frères, des sœurs, qui ont vécu comme nous,
09:33ici-bas, qui ont eu les mêmes combats, des combats différents,
09:37mais qui ont eu aussi leurs combats, et puis un appui,
09:40parce qu'au ciel, ils intercèdent pour nous, ils prient pour nous,
09:43et ils nous aident vraiment à avancer, ici-bas,
09:46à accueillir les dons que Dieu veut nous faire à travers leurs prières.
09:49Cardinal Boustillot, dans votre livre, vous parlez beaucoup de ces catéchumènes,
09:53donc ces jeunes qui demandent le baptême, qui vous écrivent,
09:55puisque vous êtes l'évêque, effectivement, encore,
09:57c'est une génération qui n'a pas reçu grand-chose,
10:00on peut le dire, en termes de foi.
10:01Est-ce que, justement, il y a une attente,
10:04vous percevez de leur part, une attente d'une parole de vérité,
10:06notamment à l'occasion de la venue du pape ?
10:09La nouvelle génération a connu l'absence de Dieu,
10:13mais cette génération a soif de Dieu.
10:16Donc, ils sont en quête de vérité, en quête d'authenticité,
10:20en quête de vie.
10:21Et je crois que la jeunesse d'aujourd'hui atteint une parole libre,
10:26une parole de vérité.
10:27Et le pape vient en France pour, avec son style discret, déterminé, direct,
10:34avoir des paroles qui relèvent, je dirais des paroles pascales,
10:37des paroles qui remettent debout.
10:39Des jeunes qui voient une société assez sombre,
10:42on nous parle souvent des difficultés, des problèmes,
10:45de la violence dans notre société.
10:47Et pour la jeunesse, il leur faut des paroles lumineuses,
10:52des vies lumineuses,
10:53et des modèles qui encouragent à continuer le chemin.
10:57Marie-Lys Pellissier, je m'adresse à vous aussi en tant que professeur,
11:00parce que cette histoire de France, cette histoire de sainteté,
11:02dont on a commencé à parler, qui sera présentée à la veillée,
11:05globalement, on peut dire que les jeunes qui seront présents
11:07ne la connaissent que peu, voire pas du tout.
11:09Est-ce que c'est important pour vous qu'ils puissent réapproprier cet héritage de leur pays,
11:15la France, et un héritage de sainteté ?
11:18Alors, je pense aux paroles du pape Jean-Paul II à son premier voyage apostolique en France.
11:23Il disait « France, fille aînée de l'Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »
11:27Et en fait, cette phrase est incompréhensible.
11:29Si on ne connaît pas l'histoire de France, si on ne connaît pas l'histoire des saints,
11:33il y a Clovis, Sainte Geneviève.
11:34En fait, l'histoire de l'Église et de la France est totalement liée.
11:38Et je pense que le fait de connaître cette histoire va aussi nous permettre
11:43de voir, au-delà de ces personnages historiques, des saints et des personnes,
11:47comme vous disiez, qui sont des modèles, connaître leur vie spirituelle
11:51pour qu'ils soient nos exemples.
11:54Et donc, ça allie vraiment, et je pense que la visite du pape, c'est ça,
11:58c'est qu'il vient nous parler à la fois en tant que catholique et à la fois en tant
12:01que français
12:01et réveiller en nous ces racines chrétiennes qu'il faut bien connaître pour mieux les aimer.
12:06– Régis Gamény, est-ce qu'aujourd'hui, cette jeunesse que vous côtoyez,
12:10elle a besoin, justement, de s'identifier à des modèles que sont les saints, particulièrement ?
12:14– Bien sûr. L'exigence de sainteté, c'est quelque chose qui parle vraiment aux jeunes.
12:18Parce que l'exigence de sainteté, en fait, comme l'a dit Mgr Boustillot,
12:21on est vraiment confronté, les jeunes, à diverses actualités, diverses informations,
12:27surtout à travers les réseaux sociaux.
12:28Et l'exigence de sainteté, ça vient nous recentrer,
12:31vraiment recentrer notre relation avec Dieu pour la mettre au centre,
12:34qui vient d'abord, ensuite, nous permettre d'avoir une meilleure relation avec nous-mêmes,
12:39une meilleure relation avec les autres, une meilleure relation avec le monde.
12:41Et je pense que même si la notion de sacrifice peut faire peur,
12:44parce que la notion de sacrifice, ça évoque souvent la souffrance chez les jeunes,
12:48je pense que la foi catholique, ce qu'elle enseigne,
12:50c'est que le sacrifice, avant d'être souffrance, c'est l'amour.
12:53Et c'est ça qui est important, je pense, pour les jeunes.
12:56Et c'est ça que nous enseignent les saints, la persévérance dans l'amour.
12:59C'est la grande science des saints, comme le dit Saint-François de Sales.
13:02Alors, il va se produire quelque chose absolument extraordinaire au cours de cette veillée,
13:07c'est qu'il y aura la vénération de la Sainte Tunique d'Argenteuil,
13:10qui a porté le Christ lors de sa Passion.
13:12Que représentent ce tissu ?
13:15Les explications de Tancred Guillotel.
13:19Au cœur de la basilique d'Argenteuil, les fidèles viennent se recueillir.
13:23Auprès de la Sainte Tunique du Christ.
13:26Ce vêtement brun est conservé, replié dans ce reliquaire.
13:30Si son histoire est lacunaire,
13:32les dernières recherches historiques et scientifiques tentent à prouver son authenticité.
13:37La présence de cette relique à la veillée du pape est un événement exceptionnel.
13:42En 1200 ans de présence à Argenteuil,
13:44elle n'est dépliée qu'en de rares occasions, et encore moins déplacée.
13:49Au Stade de France, elle sera là pour élever vers la sainteté les 80 000 jeunes réunis autour du Saint
13:55-Père.
13:56La Tunique du Christ, qu'est-ce qu'elle nous dit ?
13:58D'abord, elle est inconsutile, elle est sans couture.
14:00Et le problème de notre vie, c'est qu'elle est divisée.
14:03Et donc, un des travaux de la sainteté, c'est d'unir nos vies,
14:11et d'unir notre volonté à celle du Père.
14:15Et puis, également, un travail de dépouillement.
14:19Le Christ a retiré cette tunique au moment du lavement des pieds,
14:23elle lui a été retirée au moment où il a été crucifié.
14:27Donc, c'est vraiment un travail de dépouillement par amour.
14:30Pour protéger la sainte tunique, un reliquaire en bois est actuellement réalisé.
14:35Gabriel Ostachy est l'ébéniste en charge du projet.
14:39Dans son atelier parisien, il porte les derniers coups de ciseaux à bois.
14:43Cette œuvre lui tient particulièrement à cœur.
14:46En tant que croyant, avoir un objet qui a été porté par le Christ,
14:49qui sera dans une de mes fabrications, c'est quelque chose qui est hallucinant.
14:54Forcément, c'est pas mal d'émotions.
14:57On sera quand même pas très loin du pape, ce qui est assez impressionnant.
15:02Et je vais être jugé peut-être un peu sévèrement,
15:05parce qu'entre Saint-Joseph et le Christ,
15:07qui a priori touchaient aussi un peu les bouts de bois par leur métier,
15:13j'espère qu'ils seront satisfaits des qualités techniques de mon travail.
15:17Avec Ilan, son apprenti, il ne leur reste plus que quatre jours pour finir le reliquaire.
15:21Il sera dévoilé avec la Sainte-Tunique au Stade de France, le 25 septembre prochain.
15:27Alors une réaction peut-être, Marie-Lys Pellissier.
15:29On entendait Régis, juste avant le reportage, parler de ce sens du sacrifice,
15:33effectivement, que comporte l'exigence de sainteté.
15:37On entendait, là aussi dans le reportage, le fait d'unifier sa vie,
15:41de se dépouiller pour cela.
15:43Jusqu'où votre génération est-elle prête à aller dans ce sens de l'effort et de l'exigence ?
15:49Je ne sais pas jusqu'où on sera prêt à aller.
15:51J'espère qu'on sera prêt à aller loin.
15:53Et Monseigneur le disait, notre génération a soif, a soif d'absolu, a soif de Dieu.
15:59Je pense que dans une société qui est totalement déchristianisée,
16:02on est obligé, d'un certain côté, à être héroïque.
16:07Alors je pense que cet héroïsme, il se trouve plutôt dans l'héroïsme du quotidien
16:10que dans les grandes choses.
16:11C'est la fidélité aux petites choses qu'on sera capable de faire des grandes choses.
16:16Et donc, effectivement, je pense que c'est venu du pape.
16:18Et le fait même qu'il y ait aussi cette tunique qui représente la passion
16:21et ce moment à la fois très douloureux de la vie du Christ,
16:26mais en même temps le moment crucial puisqu'il est venu pour la passion,
16:29nous montre que tout nous mène à la croix.
16:32Et bien sûr, derrière la croix, il y a la résurrection.
16:34Donc ça nous montre vraiment le chemin.
16:37C'est-à-dire que quand on est chrétien, oui, on souffre parfois par nos amis,
16:42parfois par la France, par tous ceux qui sont les plus proches de nous.
16:46Mais c'est après pour avoir une résurrection.
16:49Mgr Boustillot, on a entendu aussi que cette tunique, cette sainte tunique,
16:53était sans couture.
16:54Donc effectivement, elle n'a pas été déchirée en morceaux au moment de la crucifixion.
16:59C'est un symbole de l'unité de l'Église.
17:01Et c'est vrai qu'il y a un désir très fort que l'on ressent de la part de
17:05ces jeunes
17:06de davantage d'unité entre les différentes sensibilités dans l'Église,
17:10les traditionnalistes, les charismatiques, etc.
17:12Encore, vous pratiquez beaucoup et dans votre livre, vous parlez de grandir dans la communion.
17:17Comment favoriser aujourd'hui cette unité selon vous ?
17:20Le travail de l'unité est un chantier permanent, un chantier personnel, un chantier ecclésial.
17:28Il n'est pas évident de vivre l'unité.
17:30Je crois que malheureusement, l'Église a été un peu touchée, je dirais même,
17:35je vais utiliser un gros mot, un peu profanée par le style social et par la vie sociale.
17:41Alors on est toujours divisé parce qu'il est à droite, parce qu'il est à gauche,
17:45parce qu'il est ici, parce qu'il est...
17:47On met toujours des étiquettes à tout le monde.
17:50Et finalement, je pense que dans l'Église, nous devons viser de la hauteur, de la profondeur
17:54dans notre manière d'être dans la société.
17:56et se réjouir quand quelqu'un, comme vous dites, charismatique, ou moderne, ou tradit, ou autre.
18:02Et au lieu de voir la différence qui peut viser la division,
18:07il faut se réjouir de nos différences et célébrer la communion.
18:11Notre société, elle est trop crispée.
18:14Et on passe très vite de l'idéal à l'idéologie.
18:18Et de la différence à la division.
18:20La grandeur de la tradition chrétienne est de se réjouir de nos différences.
18:25Qui pouvait mettre ensemble ?
18:27Mathieu, un collecteur d'impôts, et Simon, un zélote.
18:31Il n'y a que Jésus qui pouvait le faire.
18:33Donc dans le collège apostolique, il y a des différences,
18:36mais Jésus a cette capacité de créer la communion.
18:39Dans notre société, dans notre église, il y a des différences.
18:45Il faut viser la communion.
18:47Il ne faut pas avoir peur de différences.
18:48Il faut célébrer nos différences.
18:50Et la maturité humaine et spirituelle, elle est là.
18:54Dans cette capacité de ne pas avoir peur que l'autre ait un parcours différent,
18:58une vision différente, quand même on oublie.
19:01Il ne faut pas oublier qu'on croit en Jésus-Christ.
19:03Et parfois, on met l'accent tellement sur la différence de forme qu'on oublie le fond
19:08et on oublie qu'on croit en Jésus-Christ.
19:11François de Dieu, ce sera un des soucis peut-être du pape de contribuer à renforcer cette unité.
19:17L'unité, ce n'est pas l'uniformité, pour bien comprendre.
19:20Oui, tout à fait.
19:21Je pense à un adage latin qu'a été cité par Saint Jean XXIII dans sa première encyclique,
19:27où il dit « in necessarisis »
19:29Je le cite en latin, excusez-moi un instant.
19:31Je vous en prie.
19:31Mais ça sonne bien.
19:32Vous nous donnerez la traduction.
19:34« In necessaris unitas in dubis libertas in omnibus caritas ».
19:41Dans les choses nécessaires, l'unité.
19:43Les choses nécessaires, comme le disait le cardinal,
19:45c'est la foi en Jésus-Christ, les sacrements,
19:48l'obéissance vraie à l'Église et au pape, comme le disait le Concile Vatican.
19:52Là, c'est les choses nécessaires, on est dans l'unité.
19:55« In dubis » dans les choses douteuses, c'est-à-dire les choses discutables,
19:58savoir « est-ce que je vais aller prier à Paralmonial, à un forum des jeunes,
20:05à Chartres avec Notre-Dame de Chrétienté, avec Thésée à tel autre endroit ? »
20:10Ben voilà, ce sont des choses qui sont tout à fait discutables.
20:12On peut même aller aux trois, et d'ailleurs les jeunes, en général,
20:14vont plutôt aller aux trois qu'à l'un ou l'autre.
20:16Mais voilà, peu importe.
20:18Ça sera important aussi en matière de politique, dans les mois qui viennent,
20:21de rappeler qu'il y a des choses sur lesquelles il y a une vraie liberté.
20:25Et puis, mais en toutes choses, et pour qu'il y ait la communion, ça c'est essentiel,
20:30« in omnibus » en toutes choses, la charité.
20:33Voilà, la division, elle vient du péché, en nous-mêmes, avec les autres, avec Dieu.
20:36La charité, eh bien justement, c'est ce qui est le principe de la communion,
20:41et qui doit s'appliquer à tout.
20:42Fr. Giammini, vous souhaitiez réagir, ce souhait d'unité de la part des jeunes ?
20:46Le souhait d'unité de la part des jeunes, moi je rencontre souvent des jeunes
20:50qui concrètement sont embêtés par l'unité, parce que les jeunes, on l'a dit tout à l'heure,
20:54ils redécouvrent la foi catholique, mais quand ils y entrent, la division, ça les perd.
20:59L'unité qui est visible et qui est nécessaire, elle est très importante pour guider les jeunes
21:03qui rentrent et qui redécouvrent la foi chrétienne.
21:05Parce que la foi chrétienne, c'est des enseignements fondamentaux, comme on l'a rappelé,
21:10et c'est ça qui les amène à rentrer dans l'Église.
21:12Quand ils entrent dans l'Église et qu'ils voient d'un côté les charismatiques
21:15et de l'autre les traditionnalistes, ils sont un peu perdus.
21:18Ils ont besoin d'avoir un chemin clair, et c'est un petit peu ça, je pense, la foi catholique
21:22aussi.
21:23On se retrouve dans un instant pour la suite d'Enquête d'Esprit,
21:26avec cet appel à la sainteté que lancera probablement Léon XIV en direction des jeunes,
21:32de cette génération Z dont on parle tant, et qui comporte ses forces et ses fragilités.
21:38Vous restez avec nous.
21:38De retour dans Enquête d'Esprit, nous parlons de la rencontre future entre Léon XIV et les jeunes au Stade
21:45de France.
21:46Ce sera donc le vendredi 25 septembre.
21:49Cela approche, et pour en parler, nous sommes avec le cardinal François Boustillot,
21:54qui est évêque d'Ajaccio, avec l'abbé François de Dieu, curé de la paroi Saint-Urbain-Sainte-Marie à
21:59la Garenne-Colombe,
22:01avec également Marie-Lise Pellissier, porte-parole de la marche pour la vie,
22:04avec Véronique Jacquier, bien sûr, qui nous parlera de la méthode pour arriver à la sainteté de Carlo Acutis,
22:10un saint canonisé par Léon XIV, et puis également avec Régis Gameni,
22:14qui est le président de l'association Porta Fidei.
22:18Alors, peut-être faut-il commencer par rappeler, abbé François de Dieu, ce qu'est la sainteté,
22:22parce qu'effectivement, ce sera le grand message de cette veillée au Stade de France.
22:25Vous êtes un des porte-parole de l'organisation en Ile-de-France, justement.
22:29Mais en deux mots, c'est quoi la sainteté ?
22:32Être saint, c'est refléter l'amour de Dieu.
22:35En fait, au ciel, nous pourrons le refléter parfaitement, parce que nous serons face à lui.
22:39Et ici-bas, il s'agit de refléter l'amour de Dieu en suivant Jésus-Christ,
22:43en vivant en enfant de Dieu, dans les petites choses de la vie ordinaire, pour le dire en quelques mots.
22:48C'est la suite du Christ, en fait. On peut dire ça comme ça.
22:50C'est la suite du Christ, bien sûr. Avec son aide, avec sa grâce, bien sûr.
22:54Mgr Boustillo, les saints sont très présents dans les chapelles, dans les églises,
22:59à travers des statues, mais aussi des processions,
23:01comme c'est le cas en Corse avec ses confréries, qui ont souvent un saint patron.
23:05Est-ce que cette piété populaire, aujourd'hui, elle parle particulièrement aux jeunes ?
23:10Est-ce que les confréries attirent des jeunes, aujourd'hui ?
23:12La piété populaire, elle nous parle. Parce que, comme on l'a dit tout à l'heure,
23:17les jeunes ont besoin de modèles. Et sur le regard de notre société,
23:21les modèles, ils sont presque souvent virtuels.
23:27C'est Spiderman, c'est Superman, c'est Thor, je ne sais pas qui.
23:30Ils sont tous virtuels, mythiques.
23:34L'église nous parle de la sainteté historique, des personnes qui ont incarné une vie,
23:39un sens, qui ont donné leur vie, qui ont sacrifié la vie.
23:43Et souvent, du côté sacrifice, on voit le côté sanglant, douloureux, doloriste.
23:47Mais le sacrifice, comme dans son étymologie,
23:50« sacrifacere », c'est faire du sacré.
23:52Donc, il y a une dimension lumineuse dans le sacrifice.
23:56Et justement, en Corse, il y a cette tradition de bouger,
24:00de vivre des pèlerinages, de se mettre en mouvement.
24:03Et ensuite, c'était Lucie, Saint-Roch, Saint-Erasme, la Vierge Marie, Saint-Joseph, etc.
24:11Quand on célèbre un saint, on le rend vivant, présent, dans la vie sociale.
24:17Un homme ou une femme du passé nourrit la vie spirituelle des hommes d'aujourd'hui,
24:23stimule la vie spirituelle des hommes et des femmes d'aujourd'hui.
24:27Alors, le côté populaire, le côté peuple, le côté mouvement, le côté vie.
24:33Oui, on ne regarde pas vers le passé avec nostalgie, mais dans la mémoire.
24:38C'est aussi une manière de garder, je dirais, dans le giron ou l'environnement de l'Église,
24:43des gens qui peut-être ne seraient pas des pratiquants réguliers toutes les semaines,
24:46mais en revanche se rendent à une procession parce que c'est leur saint patron,
24:50ou le saint patron du village.
24:51Moi, je pense qu'il y a une dimension missionnaire absolument remarquable.
24:54Moi, je me retrouve à faire des processions un peu partout en Corse, dans un petit village.
24:59Et quand les touristes, surtout pendant l'été, vous faites une procession,
25:03les touristes sont en train de manger leur pizza ou autre,
25:06et ils voient une procession avec les confrères qui chantent,
25:10avec l'évêque en crosse, avec sa crosse, sa mythe, etc.
25:14C'est un beau témoignage de simplicité, de tradition.
25:18Donc, on suit les traditions.
25:20On n'impose pas, mais on se promène dans les rues de nos villages et de nos villes.
25:26Alors, moi, je trouve que la dimension populaire, les processions,
25:29c'est une manifestation publique.
25:32Elle n'est pas agressive.
25:33Elle n'est pas violente.
25:35C'est un beau témoignage de sérénité.
25:37On chante et on sanctifie les rues de nos villages et de nos villes.
25:40Marie-Lise Pellissier, Mgr Boustillot, disait que ce n'est pas quelque chose du passé,
25:44la sainteté, vous, comment est-ce que vous le vivez concrètement dans votre vie chrétienne,
25:50cette relation au sein ?
25:52Alors, c'est vrai que la sainteté, je vais aussi faire du latin, c'est hic et nunc.
25:56C'est ici et maintenant.
25:57Et je trouve ça très fort de vraiment se le dire,
25:58parce que souvent, on se dit, je serai saint plus tard.
26:01Il va m'y arriver des choses qui vont peut-être permettre que je sois saint.
26:04Et en fait, non, c'est vraiment ici et maintenant.
26:07Et par exemple, je prendrais l'exemple de Saint-Jean d'Arc,
26:09parce que Saint-Jean d'Arc, on la voit comme une héroïne.
26:12C'est une héroïne nationale, mais avant tout, c'est une sainte.
26:15Et qu'est-ce qui l'a mené à accomplir sa mission ?
26:19Eh bien, c'est sa vie simple, son éducation, sa vie de prière,
26:24sa fidélité au devoir d'État.
26:26Et je pense que vraiment, faire son devoir d'État par amour,
26:29tout en ayant aussi ses engagements, tout en faisant plus peut-être que son devoir d'État,
26:34mais c'est ça qui amène à la sainteté.
26:37Et les saints, moi, ce qui m'a beaucoup marquée,
26:39c'est qu'on m'a dit que chaque saint avait un peu sa partition.
26:42C'est un peu comme une partition de musique.
26:44Chaque saint est vraiment très particulier.
26:46Et ce qui est fabuleux dans l'Église, c'est que les saints,
26:48on a vraiment des exemples très différents,
26:52que ce soit une sainte Thérèse qui était dans son couvent
26:54et une sainte mère Thérésa qui était auprès des pauvres.
26:58Et donc, en fait, chacun peut s'y retrouver.
26:59C'est ça qui est incroyable.
27:00Et on peut même retrouver, on peut avoir plusieurs saints.
27:03Moi, j'avoue que j'ai beaucoup de saints préférés.
27:05Et à chaque fois, dans chaque saint, on peut sentir là où on se retrouve.
27:10Et donc, ce sont des exemples.
27:12Mais en même temps, ça sera toujours notre propre sainteté.
27:15On ne sera jamais un copier-coller d'un autre saint.
27:18Alors, Véronique, récemment, Léon XIV a canonisé un jeune, un jeune saint.
27:23Alors, il n'est pas français, il est italien.
27:25Mais enfin, il a beaucoup de popularité, on va dire, également en France.
27:29C'est Carlo Acutis et ce même Carlo Acutis qui avait développé une méthode, peut-on dire ?
27:34Cinq conseils, en tout cas, pour tendre vers cette sainteté.
27:38Oui, Carlo Acutis est mort à l'âge de 15 ans, en 2006.
27:41Donc, c'est vraiment un saint ultra contemporain.
27:44Il a succombé à une leucémie foudroyante et il a été canonisé en septembre 2025.
27:49En fait, c'était un adolescent.
27:51Imaginez, il faisait le catéchisme et il était persuadé que tout le monde pouvait accéder à la sainteté.
27:56Et pour faire progresser ces petites zouailles dans la vie spirituelle,
28:00il a effectivement mis au point un kit, un kit de sainteté.
28:04Donc, quelque chose de très pédagogique pour faire comprendre que la sainteté, c'était aussi une progression.
28:09Ça ne se faisait pas du jour au lendemain.
28:11Alors, premier outil de ce kit, la messe quotidienne pour se rapprocher de Jésus.
28:16La messe est une autoroute vers le ciel, avait-il coutume de dire.
28:20Le deuxième point, la confession fréquente pour purifier les âmes.
28:24Enfin, ensuite, la lecture de la parole de Dieu, des évangiles pour mieux connaître le Christ.
28:29Le quatrième outil, la prière du rosaire, c'est-à-dire la récitation de trois chapelets pour être unis à
28:35la Vierge Marie en permanence.
28:36Si ce n'est pas un rosaire complet, c'est de toute façon, on dit une dizaine de chapelets, voilà,
28:40tous les jours en union avec la Vierge Marie.
28:42Enfin, la pratique de la charité.
28:44Parce que, ça c'est le cinquième point pour Carlo Acutis, parce que, pour lui, c'était une véritable obligation
28:49chrétienne.
28:50L'amour du prochain est le véritable test de notre foi, disait-il.
28:54Il ne suffit pas d'aimer Dieu si nous ne sommes pas capables d'aimer les autres, en particulier les
28:59plus vulnérables.
29:00Merci beaucoup, Véronique, pour ces explications.
29:02Alors, évidemment, ça peut sembler simple, mais en même temps, c'est quand même exigeant.
29:06Abbé François de Dieu, finalement, est-ce que vous pensez que c'est un discours qui peut être audible pour
29:11les jeunes ?
29:12On leur posera la question, bien sûr, juste après.
29:14Je pense que oui, parce que les jeunes ont soif d'absolu.
29:18Et puis, bon, un jeune parle aux jeunes aussi.
29:21Et je crois qu'il y a une vraie soif d'absolu, même s'il y a une conscience des
29:24difficultés.
29:25Comme le disait Véronique, il y a une dimension de progression.
29:28C'est un chemin aussi.
29:30On accueille la grâce de Dieu et puis on va avancer pas à pas.
29:34Je note aussi un point de vigilance.
29:37Donc, à la fois, les jeunes qui ont cette soif de se former, de construire leur vie chrétienne.
29:42On se souvient que le pape Benoît XVI, quand il avait donné le yucat aux jeunes,
29:46leur avait dit, le catéchisme, c'était un catéchisme pour les jeunes.
29:51Il leur disait, vous devez connaître votre foi comme un musicien connaît sa partition.
29:56Et donc, effectivement, il y a, je crois, chez beaucoup de jeunes, cette vraie soif de se former
30:01avec un point d'attention que je relève, une tentation, quelquefois, de démissionner au niveau de la conscience.
30:09Ce que je veux dire par là, c'est que parfois, certains auraient envie qu'on leur dise, ça c
30:14'est bien, ça c'est mal.
30:15Et puis, finalement, il n'y a qu'à mettre ses pas dans ce qui nous est demandé et il
30:18n'y a plus à poser un acte de discernement, de prudence.
30:22Et donc, voilà, c'est le petit point d'attention, quelquefois, quand on veut quelque chose de radical, on voudrait
30:26que tout soit clair.
30:28Ben oui, mais ce qui est clair, c'est qu'on est dans un monde où les choses ne sont
30:30pas toujours très claires.
30:32Et donc, l'Église nous donne, à travers le magistère de l'Église, tout son enseignement, les repères nécessaires
30:36qui vont nous permettre d'éclairer notre conscience, de pouvoir poser ses actes pour suivre Jésus, avancer sur ce chemin
30:42de la sainteté.
30:42C'est la liberté de chacun.
30:43Exactement.
30:44Régis Gamény, on parlait tout à l'heure de devoir d'État et donc, il y a sa demande, une
30:49certaine régularité.
30:52Comment on fait aujourd'hui, à l'heure des réseaux sociaux, du zapping permanent, et qui ne concerne pas que
30:57les jeunes d'ailleurs,
30:58mais pour justement avancer dans la fidélité, dans la persévérance chaque jour ?
31:03Je pense qu'on a des bons modèles pour ça.
31:06Notamment, je pense à Sainte-Thérèse de Lisieux, qui parle énormément aux jeunes.
31:09Sainte-Thérèse, elle nous apprend, elle est déconcertante d'humilité dans l'histoire du Nain.
31:13Moi, j'ai été très touché par ça.
31:15Elle nous apprend, en fait, à lire notre quotidien à travers les lunettes de sainteté.
31:22Et elle voit, en fait, chacun, chacune des actions, chacune des grâces de sa vie comme vraiment des grâces de
31:27Dieu, comme des dons de Dieu.
31:28Et je pense que c'est ça qui parle aux jeunes et qui peut vraiment être mis en place.
31:32Comme on le disait tout à l'heure, la sainteté, ça se vit au quotidien.
31:35Et je pense que ce qui est accessible, ce qui est accessible, mais à la fois exigeant, c'est de
31:40lire notre quotidien comme des dons de Dieu, en fait.
31:44Mais vous vous retrouvez, par exemple, dans le programme de sainteté de Carlo Acutis, dont vient de parler Véronique ?
31:48Bien sûr.
31:48La confession, par exemple. Aujourd'hui, on a l'impression que c'est extrêmement difficile de faire passer ce sacrement,
31:54qui est quand même un peu relégué, on peut le dire,
31:56même dans la vie de chaque chrétien, auprès des jeunes.
32:00La confession, moi, je pense que les deux sacrements dont je parle le plus souvent et dont j'ai l
32:05'occasion de parler le plus souvent, c'est la confession et l'Eucharistie.
32:08Parce que c'est des sacrements qui sont tellement au centre de notre foi, qui nous ressourcent.
32:13Je pense que la confession, les jeunes en ont pas mal peur, parce que ça nous invite un petit peu,
32:18ils ont l'impression de se mettre à nu.
32:20Et à l'ère des réseaux sociaux, comme on vient de le dire, la relation avec les autres, c'est
32:24pas si facile que ça.
32:25Mais une fois qu'ils y passent, il y a à chaque fois ce témoignage de « Ah, en fait,
32:30ça m'a fait du bien, en fait, j'en avais besoin. »
32:32Je reçois les grâces de Dieu qui me permettent de grandir.
32:35Je pense que la confession et l'Eucharistie, c'est des choses qu'on côtoie quotidiennement, qui nous permettent d
32:40'avancer dans l'instant.
32:41Il faut oser en parler aux jeunes, parce qu'on vous comprend bien.
32:43Mgr Boustillot, est-ce que finalement, cette formation qu'on attend pour les jeunes, pour ces catéchumènes notamment,
32:50elle passe pas d'abord par la pratique des sacrements ?
32:53Parce qu'on pourrait se dire que c'est une formation intellectuelle, de connaissance, de la Bible, de la tradition
32:57de l'Église, bon, très bien.
32:58Mais est-ce que la première formation, c'est pas une formation spirituelle ?
33:01La formation spirituelle nous donne une structure intérieure.
33:05Donc justement, dans une période où des jeunes cherchent et parfois trouvent,
33:12ils ont besoin quand même des questions extrêmement pratiques pour pouvoir bâtir leur foi.
33:19Ils sont en quête de sens et de vie.
33:23Et les sacrements, justement, c'est le côté sacré.
33:26Dans une vie parfois un peu vide, parfois un peu loin de tout, loin de tous,
33:30le côté sacré donne une structure intérieure.
33:34La colonne vertébrale, on ne la voit pas, mais elle nous donne la mobilité, la stabilité.
33:39Dans la vie spirituelle, on a besoin aussi d'avoir un espace où notre vie, elle est structurée,
33:45elle est sereine, elle retrouve la liberté, elle retrouve aussi la vérité.
33:49Je pense que nos jeunes ont besoin de la parole de Dieu.
33:53Je pense beaucoup à la parole de Dieu parce que quand on est enfant, on a besoin de la parole
33:59des parents
34:00pour te dire, je ne sais pas, profondis, tais-toi, lève-toi, arrête, vas-y, je ne sais pas.
34:05Il y a des paroles d'autorité qui structurent la vie de la personne.
34:11Dans la vie d'un chrétien, on a besoin de la parole de Dieu.
34:14Dieu nous parle, Dieu nous éduque.
34:17Et quand on célèbre la messe, il y a toujours cette partie extrêmement importante, la parole de Dieu.
34:22C'est un Dieu qui n'est pas absent, c'est un Dieu qui n'est pas indifférent.
34:26Il nous parle, il nous éduque, il nous montre la voie à suivre.
34:29Je trouve merveilleux de savoir que notre Dieu, il est toujours là pour nous parler.
34:34Donc, parole de Dieu, sacrement, accompagnement de l'Église, accompagnement des pasteurs.
34:39À l'époque des coachs, il y a énormément de coachs pour tout, pour les sports, pour parler en public,
34:45pour se coiffer, pour se conner chez eux, enfin, pour plein de choses.
34:48On a besoin aussi d'accompagnateurs spirituels qui ne sont pas là pour dominer ou manipuler,
34:56mais pour accompagner, pour éclairer et pour orienter.
35:00Donc, c'est dans la confiance qu'on a besoin de retrouver.
35:03Vous avez parlé de la confession.
35:05On a besoin de retrouver la confiance, pas des personnes libres et qui nous libèrent.
35:12Marie-Lise Pellissier, vous, justement, dans cette vie, je rappelle que vous êtes à la fois professeur de philosophie,
35:17porte-parole de la marche pour la vie, vous dirigez une université d'été pour les jeunes.
35:22Comment on arrive à préserver un espace d'intériorité dans une vie qui est bien remplie, hyper connectée, comme on
35:29l'est tous,
35:30et garder, justement, du temps pour la vie spirituelle ? Comment vous faites ?
35:35C'est un vrai défi. Je reconnais, c'est un vrai défi.
35:37Mais j'ai eu la chance, la grâce, de découvrir l'oraison et de comprendre que...
35:44Alors, l'oraison, peut-être, pour nos téléspectateurs qui sont un peu loin, il faut expliquer.
35:47L'oraison, c'est une prière silencieuse, un cœur à cœur avec Dieu.
35:51Donc, après, elle prend la forme qu'on...
35:54Enfin, c'est l'Esprit Saint toujours qui prie en nous.
35:56Donc, ça prend une forme différente à chaque fois.
35:59Mais c'est vraiment cette question où on ne va pas lire des prières,
36:02on ne va pas forcément lire la Bible, etc.
36:04Mais vraiment, avoir ce moment de cœur à cœur avec Dieu, lui parler comme un ami.
36:10Et en fait, ce moment de silence aussi, vous parliez, Monseigneur, dans une vidéo, justement,
36:16du silence, de l'importance du silence.
36:18On ne peut pas entendre Dieu si on n'a pas ce silence-là.
36:22Et donc, je pense qu'effectivement, ça demande une exigence.
36:24Mais moi, j'ai appris, le matin, quand je me lève, d'avoir 15, 20 ou 30 minutes d'oraison.
36:30Chaque jour.
36:31Tous les jours.
36:31Et je sais, et je sens, le jour où je n'ai pas mis mon oraison le matin,
36:35je sens très bien que ma journée n'a pas la même harmonie.
36:39Vous êtes venu progressivement à l'oraison.
36:42Comment vous avez fait ce chemin-là ?
36:44Ce n'est pas évident, quand même.
36:45Oui, alors je l'ai mis en place dans un camp de jeûne, parce que tous les matins,
36:50donc c'était un camp itinérant, tous les matins, on nous encourageait à faire ce temps d'oraison.
36:54Et puis, je l'ai mis petit à petit en place, d'abord 10 minutes, ensuite un quart d'heure,
36:58et puis on augmente.
36:59Bon, parfois, malheureusement, on régresse, et puis après, on essaye de remettre en place.
37:03Mais c'est vrai que c'est vraiment une habitude.
37:06Enfin, c'est comme la vertu, c'est par répétition d'actes qu'on y parvient.
37:10Et c'est un combat.
37:11Mais c'est impressionnant d'en voir les fruits.
37:13Parce qu'après, l'important, évidemment, c'est d'avoir ces temps d'oraison en début de journée,
37:17mais de continuer à avoir ce qu'on appelle des oraisons ejaculatoires pendant la journée.
37:20C'est-à-dire que dès qu'on a un petit temps de silence, un petit temps à soi,
37:23que ce soit dans le métro, sur notre vélo ou autre, qu'on puisse parler aux bons yeux.
37:27Mais ça peut être juste une petite phrase de rien du tout.
37:29Et ça nous permet de garder, il y a la garde du cœur, et puis surtout de cœur à cœur
37:34avec Dieu en permanence.
37:35Merci pour ce témoignage.
37:38Éminence Mgr Boustillot, je voudrais qu'on parle aussi un peu des vocations, des vocations religieuses,
37:43parce que vous en parlez dans votre livre, vos carnets corse,
37:46et vous refusez de vous résigner à la raréfaction des prêtres,
37:50qui est un phénomène réel à la fois en Corse, mais aussi dans toute la France et dans toute l
37:55'Europe, finalement.
37:56Et c'est vrai que quand on parle de sainteté, ça peut aller jusque-là.
37:59D'ailleurs, on voit la première année de séminaire, on va dire, augmenter depuis des années.
38:04C'est quand même une bonne surprise.
38:06Comment est-ce qu'on peut susciter des vocations ?
38:09Est-ce que Dieu continue d'appeler, mais c'est nous qui n'entendons pas ?
38:12Comment vous voyez les choses ? Qu'est-ce qu'il faut mettre en place ?
38:14Le Seigneur n'oublie jamais les siens.
38:17Il n'oublie pas son peuple.
38:19Il envoie tous des vocations.
38:20Il est vrai qu'il y a des périodes de vaches maigres,
38:23où il faut tenir, se maintenir et aller de l'avant et persévérer.
38:28Saint Jacques dit avec beaucoup de force, constance et persévérance,
38:32imiter ceux qui ont tenu.
38:34Donc, c'est dans l'époque qu'il faut tenir et aller de l'avant.
38:37Après, le Seigneur est le maître du chantier.
38:39Le problème de vocation n'est pas nouveau.
38:41Le Seigneur, dans l'Évangile, lui dit,
38:43la moisson est abondante, les ouvriers sont peu nombreux.
38:46Donc, on continue.
38:47En même temps, il est important de savoir que le Seigneur veille sur son peuple.
38:51Et il permet parfois des périodes de vaches maigres, de sécheresse.
38:57Mais quand nous voyons les catéchumènes,
38:59quand nous voyons les jeunes qui demandent la confirmation,
39:03nous voyons qu'il y a un renouveau,
39:05qu'il y a une soif, qu'il y a une attente et qu'il y a une demande.
39:09Et je pense que les vocations, elles s'inscrivent dans ce mouvement.
39:13Après, c'est à nous quand même, les pasteurs, de faire attention.
39:16Quelle image nous présentons de l'Église ?
39:19Ce n'est pas une question d'image, de forme.
39:21Et du prêtre.
39:22Si on dit, parce que souvent on nous le dit,
39:25l'Église va mal, il n'y a que des personnes d'un certain âge à l'Église,
39:29il n'y a plus de jeunes, etc.
39:31Si on sort la liste de ce qui ne va pas,
39:34écoutez, alors on ne donne pas envie.
39:36On fait pleurer au lieu de faire revêt.
39:39Si par contre, on dit, et moi je le dis souvent,
39:42les prêtres, mais quelle bénédiction dans notre vocation.
39:45Parce qu'ils sont présents lors des moments bio-existentiels.
39:49Au moment de la naissance, ils sont là pour le baptême.
39:53Au moment de la mort, tu es là pour le dernier adieu.
39:56Au moment important comme la communion, la confirmation, le mariage,
40:00les prêtres sont là.
40:01Ils ont une parole, une présence.
40:04Donc c'est une bénédiction d'accompagner les personnes
40:07lors des moments importants.
40:09Alors, si on présente la vocation de prêtres comme un moment
40:13où tu as une parole, une présence,
40:17où tu as quelque chose à apporter à l'humanité,
40:20je pense que c'est stimulant d'être là.
40:23Nous ne sommes pas de boîte à solution
40:25lors des moments difficiles de la vie,
40:27mais nous avons quand même une foi,
40:30une présence et une espérance à présenter.
40:33Et on imagine bien sûr que ce sera aussi
40:35une des préoccupations lors de la venue de Léon XIV,
40:38notamment à Notre-Dame de Paris,
40:40quand il rencontrera le clergé,
40:42Abbé François de Dieu.
40:43Vous, dans votre paroisse, très concrètement,
40:45parce qu'il faut aussi regarder les choses
40:48de manière très concrète,
40:49vous avez beaucoup de servants d'hôtel,
40:51de garçons.
40:52Est-ce que c'est une voie, une pépinière,
40:54entre guillemets, sans obligation,
40:56mais quand même vers justement un retour,
40:59un renouveau des vocations sacerdotales ?
41:03Le service de l'hôtel est un lieu favorable
41:05pour le discernement d'une vocation,
41:06pour plusieurs raisons.
41:07La première, pour moi, c'est la proximité
41:09avec l'Eucharistie.
41:11Voilà, la proximité avec le Christ,
41:13on sert la messe, et ça, c'est la première chose.
41:17Une deuxième, proximité avec le prêtre,
41:19et même avec les prêtres.
41:21Vous parliez, Monseigneur, de l'image de l'Église,
41:23et puis Régis parlait tout à l'heure
41:24de la division qu'il peut y avoir
41:26entre différents chrétiens,
41:29même différents catholiques.
41:31Et en fait, je crois aussi
41:32que la fraternité sacerdotale,
41:34quand on voit plusieurs prêtres ensemble,
41:36des prêtres différents,
41:37il y a quelque chose qui est très appelant.
41:39Je connais d'ailleurs un prêtre du diocèse
41:40qui témoigne que sa vocation est née
41:43de voir une fraternité sacerdotale.
41:46Voilà, donc il y a tout ça qui peut nous aider
41:48et qui rappelle dans l'image aussi,
41:50l'image que les prêtres renvoient
41:52et ce qu'on se tire dans les pattes.
41:53Ça peut arriver quelquefois,
41:54les prêtres sont pécheurs eux aussi.
41:56L'Église est humaine aussi.
41:57Voilà, en tout cas, elle est blessée.
41:59Elle est sainte et humaine.
42:00L'humanité est belle,
42:02elle est créée par Dieu, elle est belle,
42:03mais d'une humanité blessée par le péché.
42:05Voilà, mais effectivement,
42:07ça rejaillit sur les prêtres que nous sommes.
42:10Et à nous d'être vigilants aussi
42:11sur cette fraternité sacerdotale
42:12qui est belle.
42:13Moi, je vois dans mon diocèse,
42:14il y a une très belle fraternité sacerdotale.
42:16Les gens sont surpris parfois
42:17de voir de prêtres de styles très différents
42:19s'entendre aussi bien.
42:20Mais ça, je crois qu'il y a quelque chose
42:22qui est aussi très porteur pour les jeunes.
42:24Alors, pour les quelques minutes qui nous restent,
42:26je voudrais qu'on s'interroge
42:27sur l'avenir de notre pays,
42:29de l'Église bien sûr,
42:31avec ces jeunes qui s'engagent,
42:34qui écoutent le discours de l'Église.
42:36Marie-Lise Pellissier, notamment vous,
42:38vous êtes très engagée
42:39puisque vous êtes porte-parole
42:40de la marche pour la vie.
42:42Mais simplement, au nom de quoi,
42:44de quel état d'esprit, je dirais, de foi
42:47vous avez choisi cet engagement dans la société ?
42:50Alors, il y a deux manières de le vivre.
42:53Je dirais une manière un peu commune
42:54et une autre un peu plus personnelle.
42:56La manière commune,
42:57c'est la question de la vérité.
42:58Je pense qu'on doit transmettre la vérité.
43:01Je pense que la vérité rend libre
43:03et que par amour de notre prochain,
43:05on doit dire la vérité.
43:06Or, sur toutes mes questions,
43:07je parle de la question du début
43:10et de la fin de vie,
43:11on ment beaucoup.
43:12Tout récemment, la loi sur
43:13l'aide à mourir est passée.
43:15Mais qu'est-ce que l'aide à mourir ?
43:16C'est l'euthanasie.
43:16On ne dit même pas les termes.
43:18Et je pense que ce mensonge permanent
43:21mène à beaucoup de souffrance,
43:23beaucoup d'erreurs.
43:24Et donc, moi, c'est vraiment
43:25par amour de la vérité
43:27que je veux me battre
43:29et je veux transmettre.
43:30J'ai découvert une phrase
43:31d'Edith Stein qui disait
43:32« N'acceptez jamais un amour sans vérité.
43:36N'acceptez jamais de vérité sans amour. »
43:38Et donc, vraiment, le principe,
43:40c'est de lier toujours les deux.
43:41Et après, il y a aussi
43:42un aspect très spirituel.
43:44Je pense que, voilà,
43:45parfois on me reproche,
43:46on me dit que mon combat
43:47ne sert à rien,
43:48que je suis un peu un prophète
43:49qui crie dans le désert
43:50parce qu'effectivement,
43:51la société ne va pas
43:52dans le sens de la protection
43:54de la vie humaine.
43:55Eh bien, je pense que spirituellement,
43:57on peut vraiment toujours croire
43:58qu'il y a des fruits
43:59parce que si on le vit
44:01en communion avec Dieu,
44:03Jésus demandait à plusieurs saints
44:05et d'abord à ses apôtres
44:07au moment de l'agonie
44:08de veiller avec lui,
44:09de prier et de le consoler.
44:11Il l'a dit à Sainte Faustine
44:13« Sache ma fille que ton cœur,
44:15ton amour ardent et ta compassion
44:16furent une consolation pour moi
44:18au jardin des Oliviers. »
44:19Donc, je pense que tout engagement
44:21qu'on fait,
44:21que ce soit pour le respect
44:22de la vie humaine,
44:23pour l'évangélisation
44:25ou plein d'autres types d'engagement,
44:27aujourd'hui, il y a quand même
44:27des jeunes qui sont très engagés
44:29dans plein de sujets,
44:30si on le fait avec cette volonté
44:32de consoler Jésus
44:33qui est triste du mal,
44:36qui lui est fait,
44:36et des offenses et aussi
44:37de la souffrance des hommes,
44:39eh bien, on sait que ça ne sert
44:41jamais à rien.
44:42Merci beaucoup.
44:43Peut-être un bref mot de conclusion,
44:45Mgr Boustillot,
44:46sur cette résilience plutôt française
44:50qui interroge jusqu'à Rome.
44:52comment vous l'expliquez, tout simplement ?
44:54Moi, je pense que l'esprit agit
44:56quand il veut et comme il veut.
44:59Parfois, on imagine que ça y est,
45:01tout est fini.
45:01Il peut y avoir une forme de fatalisme
45:03et de tristesse dans notre vie
45:06si on laisse de côté, justement,
45:08l'action de l'esprit.
45:09Et le Seigneur, le propos de Dieu,
45:11c'est de nous surprendre.
45:12Voilà, il est mort et ressuscité.
45:15Donc, dans notre vie chrétienne,
45:16on ne peut jamais dissocier
45:18la mort et la résurrection.
45:20Donc, parfois, on voit des signes de mort
45:23et on peut tomber dans une forme de fatalisme.
45:27Ça y est, tout est fini.
45:28Et l'esprit s'est agi quand même.
45:30Et la situation que nous vivons
45:32me dit, voilà, vivons dans l'espérance.
45:35Oui, on n'est pas abandonné.
45:37La peur ancestrale de l'homme,
45:38c'est la peur de l'abandon.
45:39Et là, le Seigneur nous dit,
45:40vous n'êtes pas abandonné.
45:41Je suis avec vous jusqu'à la fin du monde.
45:43Je ne vous laisse pas orphelins.
45:44Donc, vivons dans l'espérance.
45:47Le Seigneur, le Père du Ciel,
45:48agit pour nous et veille sur nous.
45:50On peut espérer que le Saint-Père de la Terre,
45:53donc le Pape,
45:53vienne effectivement prononcer
45:55des paroles d'encouragement
45:56et d'espérance pour toute la France.
45:59Merci infiniment à tous.
46:01Je rappelle les titres
46:02de vos ouvrages respectifs.
46:04Carnes et Corse, mon Seigneur,
46:05c'est publié chez Fayard.
46:08Abbé de Dieu, notamment par un marraine,
46:10ça peut aider effectivement
46:11ceux qui cheminent vers la foi.
46:13Guide pratique, publié chez Artege.
46:15Régis Gamény, comment lire la Bible
46:17chez MAM.
46:18Voilà.
46:19Et avec l'association Porta Fidei.
46:21Et puis Véronique, peut-être un dernier conseil
46:22de lecture ?
46:23Oui, un coup de projecteur sur France catholique
46:26qui fait sa une sur l'engagement des catholiques
46:29dans la société, justement,
46:30à l'approche de la visite du pape Léon XIV.
46:33Coup de projecteur également, justement,
46:35sur cette thématique,
46:36sur la belle figure de Léon Armelle,
46:38un industriel français
46:39qui, au XIXe siècle, a agi en tant que patron,
46:42mais aussi en tant que chrétien.
46:43Voilà.
46:44France catholique sur abonnement
46:45et donc sur le site france-catholique.fr.
46:48Voilà.
46:49Encore merci à tous.
46:49Merci à vous d'avoir suivi cette émission.
46:51Merci à Cécilia Rançon,
46:53à Émilie Dubot
46:53et à toutes les équipes techniques de CNews.
46:56Et puis, la semaine prochaine,
46:57bien sûr,
46:57nous serons au cœur du voyage du pape.
47:00Donc, rendez-vous dimanche prochain à 13h.
47:02Ce sera avec vous, Véronique,
47:04aux commandes pour une émission spéciale,
47:07bien sûr,
47:07au cœur de ce voyage
47:08qui durera deux heures
47:10avec vos invités,
47:11avec les envoyés spéciaux
47:13à Lourdes,
47:13à Paris.
47:14Donc, vous serez, bien sûr,
47:15à notre rendez-vous.
47:16Et en attendant,
47:17vous restez à notre écoute
47:18sur CNews et Europe 1.
47:19L'info continue.
47:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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