- il y a 25 minutes
Avec Moïra Sauvage et Sophie Pouget Larabi qui présentent "Bas les armes !"
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-09-20##
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00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à tous et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui
00:19donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22Mes invités aujourd'hui sont Sophie Pouget l'Arabie et Moïra Sauvage.
00:28Sophie, vous êtes ancienne avocate, experte en droits humains, vous avez travaillé au sein d'institutions internationales, la Banque mondiale
00:34et les Nations unies.
00:35Vous êtes aujourd'hui présidente d'ONU Femmes France.
00:38Moïra, vous êtes journaliste, essayiste, militante féministe.
00:41Vous avez dirigé notamment la commission Droits des femmes d'Amnistie internationale France,
00:46participé à plusieurs grandes conférences internationales sur les droits des femmes dont celles de Pékin en 1995.
00:52Et avec Jocelyne Adrien-Mettoul, j'espère que je prononce bien, et Fanny Benedetti, vous publiez aux éditions de l
01:00'Auban Essay au titre
01:01« Volontairement impactant, bat les armes, ces hommes, va-t'en guerre qu'ils nous gouvernent ».
01:06Alors, nous allons parler de guerre, nous allons parler de paix, de leadership viriliste, de diplomatie féministe.
01:10Nous en parlons d'ailleurs au moment précis où les Nations unies choisissent leur prochain secrétaire général.
01:17Mais avant de vous donner la parole, je vous propose de nous engager pour faire de la paix un projet
01:22politique.
01:23En 2025, le monde a consacré 2887 milliards de dollars à ses dépenses militaires.
01:30Onzième année consécutive de hausse, la plus forte part de la richesse mondiale depuis 2009.
01:36La même année, l'aide publique au développement est tombée à 174 milliards de dollars, en chute de 23%.
01:42La baisse la plus brutale jamais enregistrée.
01:45Nous dépensons 16 fois plus à nous armer qu'à aider le reste du monde à tenir debout et en
01:49France.
01:50Le budget de l'aide humanitaire a été amputé de 41% pour leur seule année 2026 et des deux
01:56tiers depuis 2024.
01:57Pendant ce temps, eh bien, la guerre prospère.
02:0061 conflits armés actifs en 2024, le chiffre le plus élevé depuis 1946.
02:06Il y a 100 ans, la guerre tuait des soldats.
02:089 manches sur 10 étaient des hommes en uniforme.
02:10Aujourd'hui, 9 victimes sur 10 sont des civils.
02:13Et les deux tiers de ces civils sont des femmes et des enfants.
02:16Sur 120 millions de personnes déplacées dans le monde, 8 sur 10 sont des femmes et des enfants.
02:21Alors la guerre n'a pas simplement changé d'armes, elle a aussi changé de victimes.
02:26Il y a une question que j'ai envie de poser.
02:28Qui décide de la guerre et qui décide de la paix ?
02:30Les femmes sont 10% des chefs d'État de la planète.
02:33Plus de la moitié des pays du monde n'ont jamais eu de femmes à leur tête.
02:37Regardons comment ce pouvoir s'exprime.
02:38Avec des exemples, certes, mais quand même.
02:40Vladimir Poutine, torse nu, à cheval dans la toudra.
02:43Xavier Milaï qui brandit une tronçonneuse, aussitôt imité par Elon Musk.
02:47Bien sûr, ce sont des exemples.
02:49Mais en même temps, les autocraties ont dépassé les démocraties.
02:53Moins d'un tiers de l'humanité vit encore en démocratie.
02:56Là où le pouvoir se prouve par la force, la démocratie recule, les armes s'accumulent, l'aide s'effondre
03:01et les droits des femmes tombent.
03:03Et ce que nous finançons dit aussi ce que nous préparons.
03:06Et plus un pays investit dans ses armes, plus la tentation est grande de s'en servir.
03:10La guerre a des budgets, des calendriers, des doctrines, des industries.
03:14La paix, elle, reste une intention, une déclaration de principe, un appel lancé lorsque la violence a déjà commencé.
03:20Voilà pourquoi la place des femmes n'est pas qu'une question d'équité, c'est aussi une question de
03:24paix.
03:24Or, regardons qui est dans la salle quand se décide cette paix.
03:28En 2024, les femmes représentaient 7% des négociatrices et 14% des médiatrices dans les processus de paix.
03:359 pour parler sur 10 ne comptaient aucune négociatrice.
03:39Et cela n'est pas un détail de représentation.
03:41Alors que sur les trois dernières années, les violences sexuelles liées au conflit ont augmenté de 87%,
03:46que le nombre de femmes et de filles tuées dans les guerres a été multiplié par 4.
03:51Celles qui paient le prix le plus lourd sont celles qu'on n'invite pas.
03:55Faire de la paix un projet politique, c'est poser trois questions de budget et de pouvoir.
03:58Qui finançons-nous ? Quelles institutions renforçons-nous ?
04:01Et qui invitons-nous à la table ?
04:03Et ce mois-ci, cette dernière question n'est pas théorique.
04:06Les Nations Unies choisissent leur dixième secrétaire général.
04:09En 80 ans d'existence, l'organisation n'a jamais été dirigée par une femme.
04:15Sur les six candidatures déposées, quatre sont celles de femmes.
04:18Alors nous saurons, avant la fin d'année, si la règle tient ou si elle cède.
04:26Aujourd'hui dans la force de l'engagement, mes invités sont Sophie Pouget-Larabie et Moïra Sauvage.
04:31Vous publiez avec Jocelyne Adrien-Mettoul et Fanny Benedetti-Bat les armes,
04:36ces hommes, va-t'en-guerre, qui nous gouvernent aux éditions de l'Aube.
04:39Alors bonjour à vous deux.
04:40Bonjour.
04:41Ce titre, ce n'est pas un slogan inventé.
04:44C'est le titre du roman que Beta von Stütener publie en 1989.
04:49Vous dédiez votre livre à cette femme, la première à recevoir le prix Nobel de la paix en 1905.
04:55Alors Moïra, pourquoi reprendre en 2006 le cri d'une femme du 19e siècle ?
05:01Parce que c'était une femme vraiment pacifiste, que nous sommes pacifistes.
05:05En fait, Beta von Stütener avait été, je crois, à la guerre de Crimée.
05:10Elle était infirmière et elle est revenue, face aux horreurs qu'elle avait vues, complètement pacifiste.
05:16Elle connaissait bien Alfred Nobel et elle a travaillé avec lui.
05:20Et c'est pour elle qu'il a décidé de faire le prix Nobel de la paix.
05:23Alors ce titre, bas les armes, nous est venu à l'esprit quand on discutait d'un titre.
05:28C'était le titre qu'il fallait prendre.
05:30Elle avait effectivement publié un livre, mais il n'y a plus d'un siècle.
05:32Donc voilà, on a pu l'utiliser.
05:35Et le sous-titre explique vraiment la raison pour laquelle on a voulu faire ce livre.
05:40Dites-le.
05:41Oui, ces hommes, ces hommes, va-t'en guerre, qui nous gouvernent.
05:45Alors, à quatre mains.
05:46Ce livre a été écrit à quatre mains.
05:48Pourquoi ?
05:49À huit mains.
05:50Ah oui, pardon, bien sûr, bien sûr.
05:52Ce livre a été écrit à huit mains.
05:55Effectivement.
05:56Ce livre a été écrit à huit mains.
05:58Donc c'est quatre parcours, quatre expériences différentes.
06:00Ça a été facile d'écrire à quatre ?
06:02Non, non, ça n'a pas été facile.
06:05Et en même temps, ça a été facile, les deux à la fois.
06:07On s'est retrouvés sur des choses qui nous rassemblent.
06:12On vit chacune des féminismes différents.
06:15On a des engagements qui sont parfois à dimensions différentes.
06:18En revanche, ce livre nous a permis de nous retrouver sur des valeurs pacifistes et humanistes et sur cette volonté
06:26qu'on a toutes de lancer vraiment un cri d'alerte, un cri d'alarme sur la situation dans le
06:33monde et puis de remettre au goût du jour le mot paix.
06:37Alors, vous dites bien sûr que toutes les femmes ne sont pas pacifistes et que tous les hommes ne sont
06:42pas violents, vous le précisez.
06:43Mais que désignez-vous exactement par ces hommes va-t-on-guerre ? Le président français en fait partie, par
06:48exemple ?
06:49Écoutez, non, non.
06:50Bon, ceci dit, on a quand même cité une photo où on l'a vue faire de la boxe et
06:56montrer ses biscottos.
06:58Donc, il y aurait un tout petit peu quand même chez lui cette volonté.
07:02Non, mais bien sûr, on parle de ceux qui viennent à l'esprit tout de suite.
07:05Poutine, Trump, Milley, Modi en Inde, Netanyahou en Israël.
07:09Enfin, ils sont quand même très nombreux.
07:11Plus la Hongrie qui, heureusement, n'est plus là.
07:14Voilà, mais ces modèles de gouvernance par l'autorité, par la force et non pas par la vraie démocratie
07:22sont quand même maintenant dans le monde entier.
07:24Et c'est un peu une des raisons pour lesquelles on a voulu faire ce livre.
07:27Oui, le président français a beaucoup employé le terme, le mot guerre.
07:30C'est un mot... Il y a aussi ce langage qui est très viriliste quand même, qui pose question.
07:34Oui, je pense. Il y a un petit côté viriliste, tout à fait.
07:38D'ailleurs, viriliste, vous l'employez.
07:40Alors, vous dites virilité, virilisme, masculinisme.
07:42Et en fait, ces trois mots ne disent pas vraiment tout à fait la même chose.
07:46Non.
07:46Lequel vous inquiète le plus ?
07:48Ah ben, masculiniste.
07:49Parce que c'est quand même un danger actuel, un backlash, un retour en arrière.
07:54Et les masculinistes s'opposent de façon frontale aux femmes.
07:58Alors, le virilisme, c'est autre chose.
08:01La virilité a été appréciée depuis l'Antiquité ou même avant.
08:07Les qualités qu'on attribuait aux hommes, la force, le courage, etc.
08:12Après, le virilisme, c'est, je dirais, une exacerbation de ces soi-disant qualités qu'on attribue que aux hommes.
08:18Donc là, il y a déjà quand même un gros problème.
08:21Et puis, masculinisme, oui.
08:22Alors là, c'est vraiment ce qui fait peur aujourd'hui.
08:25Sophie, vous êtes d'accord avec ça ?
08:27Oui, absolument.
08:28Et je rajouterais simplement qu'en fait, ce qu'on observe, ce virilisme ou ce masculinisme, c'est à toutes
08:34les échelles.
08:36À l'échelle d'une société, d'une communauté ou d'une communauté internationale.
08:42Donc, cette brutalisation qu'elle prenne la forme d'un virilisme ou d'un masculinisme, on l'observe vraiment partout.
08:48Et donc, on observe qu'en parallèle, il y a un rétrécissement des espèces de dialogues.
08:52Il y a une espèce d'intolérance qui est nourrie partout sur la scène internationale comme dans les dimensions sociales.
08:58À la différence, tout simplement, on n'est plus capable d'accepter la différence.
09:02Et on ne parle et ne communique que par le conflit et le rapport de force.
09:07Alors, les femmes face à la guerre, absentes de la paix.
09:11Aujourd'hui, je l'ai dit, les guerres frappent d'abord les civils.
09:15C'est une évidence absolue.
09:18Les femmes ne représentent que 7% des négociatrices dans les processus de paix.
09:23C'est vraiment extrêmement peu.
09:25Comment expliquer que les femmes soient à ce point peu présentes dans les lieux où se négocie la paix,
09:32alors qu'elles sont extrêmement impactées par les conséquences de guerre ?
09:35On en parle juste après la pause.
09:52Vous écoutez la force de l'engagement sur Sud Radio.
09:55Mes invités sont Sophie Pouget-Larabie et Moïra Sauvage,
09:58co-autrices de « Bas les armes », ces hommes battant guerre qui nous gouvernent.
10:02Les femmes sont les premières touchées par les guerres.
10:04Elles jouent un rôle essentiel dans la survie
10:06et la reconstruction des sociétés.
10:08Elles demeurent absentes des négociations officielles.
10:10Qu'est-ce qui changerait concrètement si elles étaient plus consultées ?
10:14Pas comme des simples négociatrices, mais avec un véritable pouvoir de décision.
10:19Qu'est-ce que ça changerait ?
10:19Écoutez, nous parlons dans notre livre de deux ou trois femmes politiques,
10:25comme Jacinda Ardern, qui était donc la première ministre de Nouvelle-Zélande.
10:29C'est très loin de la France, je sais, mais quand même, elle a été assez extraordinaire.
10:32Elle a montré une autre façon de gouverner possible.
10:35Nous ne sommes pas essentialistes, donc nous ne disons pas que toutes les femmes au pouvoir
10:40gouverneraient de cette façon-là, c'est-à-dire d'une façon très différente,
10:44avec beaucoup d'empathie, d'écoute, et surtout, elle est quand même partie au bout de six ans,
10:51en disant, voilà, j'ai fait mon boulot, maintenant j'ai envie de vivre autre chose.
10:54Elle est devenue professeure à Harvard, qui est tout à fait intéressant.
10:58Donc ça, on ne l'a jamais vu avec des hommes politiques.
11:00J'ai cherché des exemples, mais je n'en ai pas trouvé.
11:03Qu'est-ce qui changerait ? On ne sait pas trop.
11:05Mais simplement, c'est tellement scandaleux, qu'il y ait tellement peu de femmes au pouvoir
11:10de faire la politique dans le monde, qu'il faut vraiment que ça change.
11:14C'est ça qui nous a scandalisés.
11:17Donc, nous disons, il faut essayer, parce que nous pensons que les femmes
11:21ont quand même une éducation sur toute la planète qui est différente
11:23de celle qu'on donne aux petits garçons.
11:25Et ce côté viriliste, c'est un peu la cour d'école, moi je vais te casser la figure,
11:30et puis de toute façon, j'ai des biscottos plus grands que toi,
11:32et puis je fais pipi plus loin.
11:34Enfin, c'est quelquefois à ce niveau-là, ce qu'on voit sur la planète,
11:37parmi les grands dirigeants.
11:39Donc, les filles, ce n'est pas du tout ça leur truc, en fait.
11:42Donc, on se dit que même si au lieu de 10% de femmes au pouvoir,
11:46il y en avait 50%, on ose espérer qu'il y aurait quelque chose qui changerait.
11:51Sophie, vous écrivez les femmes.
11:52Si je peux compléter sur ça, on a quand même des exemples pratiques
11:56qui montrent qu'il y a des choses qui changent quand les femmes sont au pouvoir.
11:59Vous avez parlé tout à l'heure de la place des femmes dans les pourparlers de paix.
12:03Clairement, et c'est les chiffres de l'ONU.
12:05Quand des femmes participent aux négociations, dans la mesure où, dans les pays qui sont concernés,
12:11elles ont été en grande partie les premières victimes des conflits, vous l'avez très bien rappelé,
12:15quand elles participent aux négociations, les accords de paix ont plus de chances de perdurer
12:20que quand elles n'y sont pas.
12:21Donc, la participation des femmes au système politique à tous les niveaux,
12:26elle consolide un consensus et un véritable vivre-ensemble pour une société ou pour un pays.
12:33Alors bien sûr, ça consolide cela.
12:34Et puis surtout, vous dites, les femmes administrent le multilatéralisme,
12:39mais elles ne le gouvernent pas.
12:41Alors peut-être que la recommandation numéro 2,
12:44qui est de soutenir la nomination d'une secrétaire générale à l'ONU,
12:47pourrait changer les choses.
12:48Qu'est-ce que ça pourrait changer, ça ?
12:50Alors, ça pourrait changer, ça pourrait changer beaucoup de choses,
12:53en ce sens que les candidates aujourd'hui,
12:56qui sont candidates au secrétariat général des Nations Unies,
12:59elles sont tout à fait conscientes et elles portent chacune cette voix
13:03et ce souhait d'avoir plus de femmes dans les instances politiques.
13:07Rebecca Greenspan l'a très très bien dit dans le cadre de sa campagne.
13:10Elle a dit, je me porte candidate, mais je ne veux pas être élue parce que je suis une femme.
13:15Effectivement, Moira l'a rappelé tout à l'heure, nous ne sommes pas essentialistes
13:18et la plupart de ces femmes aujourd'hui qui portent une voix qui est celle
13:21de faire la place des femmes en politique, ne le font pas parce qu'elles sont femmes.
13:25Ce que ça changerait, c'est cette forme de leadership,
13:27et on l'a vu avec Rebecca Greenspan, mais je la cite simplement en exemple.
13:31Elle a fait une campagne qui lui a permis d'aller littéralement partout
13:35et de contacter les 193 États membres des Nations Unies,
13:40que ce soit en se déplaçant ou en rencontrant des délégations,
13:43ou quasiment tous, avec une attention au détail, c'est-à-dire au micro,
13:47et en ayant la conscience de ce qu'elle porte, elle pourrait et elle serait en capacité
13:52de porter un mandat à l'échelle internationale et onusienne.
13:56On peut y croire ?
13:57Oui, je pense. Et je pense que non seulement on peut se l'autoriser,
14:00mais je pense qu'il faut y croire parce qu'à un moment donné,
14:03la paix devient un objectif politique, c'est un programme politique.
14:07Et aujourd'hui, on considère que la paix, c'est un mot de bisnounours.
14:10D'ailleurs, on s'est beaucoup posé la question en l'écrivant,
14:13est-ce qu'on va nous taxer d'idéalistes ?
14:14Mais non, ça demande beaucoup de courage.
14:16Vous parliez tout à l'heure de la question du titre « Bas les armes ».
14:19Ce titre, il a été aussi choisi, puisque c'est la traduction française
14:22de l'ouvrage de Bertha von Schuttner,
14:25parce qu'en fait, on s'inscrit dans une histoire de femmes
14:29qui ne sont pas que des victimes, mais qui aussi ont été des combattantes
14:33de la paix et de l'égalité.
14:35Et d'ailleurs, on y consacre un chapitre.
14:37Combien de femmes se sont battues, Rosa Parks et d'autres,
14:40ce n'est pas quelqu'un qui s'est juste assis à une place dans le bus
14:43et qui a refusé par hasard de céder sa place
14:46parce qu'elle était noire et qu'elle revendiquait une inégalité.
14:49C'est le fruit d'un combat construit.
14:52Dans votre livre, vous parlez aussi du Board of Peace
14:55qui annonçait le 16 janvier 2026.
14:57Vous pouvez raconter ce que c'est que le Board of Peace ?
15:00Un conseil exécutif de cet homme politique, présidé par Donald Trump à titre individuel,
15:05avec une charte qui s'octroie à un mandat global et indéfini,
15:09des États invités à participer pour trois ans
15:12et à verser un milliard de dollars pour devenir membre permanent.
15:16Est-ce que ce n'est pas une façon de rendre le multilatéralisme privatisé et masculinisé ?
15:25Vous pouvez imaginer ce qu'on en pense.
15:27Nous défendons la charte des Nations Unies et pas ce Board of Peace.
15:33C'est un sujet d'inquiétude et effectivement on l'aborde dans le livre
15:37parce que le livre c'est aussi un plaidoyer pour le multilatéralisme
15:40parce que ça aussi on y croit.
15:41On croit et c'est pour ça qu'on a choisi d'ailleurs en préface du livre
15:44de se référer au texte fondateur des Nations Unies,
15:47c'est-à-dire la charte de San Francisco et son préambule qui dit que
15:50nous, peuple des Nations, nous avons décidé de nous débarrasser du fléau de la guerre.
15:55Ce sont les termes auxquels il faut qu'on revienne et qu'il faut qu'on croie.
15:58Et donc effectivement dans ce contexte, ce fameux Board of Peace
16:02qui a été l'initiative de l'administration Trump
16:04est clairement une initiative qui vise à contourner un système multilatéral déjà en place
16:10qui certes peut être critiqué pour de multiples raisons et on ne le nie pas.
16:15Mais c'est un instrument de contournement.
16:18On en a beaucoup parlé l'an dernier.
16:20On voit que cette année quand même, il a eu des actions et un succès limité.
16:26On peut espérer que cette initiative va s'éteindre d'elle-même sans plus qu'on en parle.
16:33Alors vous, sauf erreur de ma part, j'ai cru comprendre dans ce livre
16:36que vous défendez un refus absolu de la guerre comme instrument politique.
16:39Est-ce que l'Ukraine attaquée qui se défend,
16:43c'est une façon qui se défend comme elle se défend ?
16:45Est-ce que c'est une façon d'utiliser la guerre comme un instrument politique ?
16:48Je prends cet exemple-là, je pourrais en prendre d'autres.
16:51Ça veut dire quoi ne pas refuser que la guerre soit utilisée comme un instrument politique ?
16:57Ça veut dire ne pas faire de la guerre un projet.
16:59Aujourd'hui, on a des hommes politiques ou parfois quelques femmes
17:05ou des hommes militaires aussi qui ont tendance à présenter la guerre comme un projet.
17:13Et derrière aussi, on a aussi peut-être une sphère économique
17:16qui commence à envisager aussi une économie de guerre comme un projet d'économie pour la nation.
17:22Et c'est ça qu'on dénonce. En revanche, on a besoin d'être armé de manière personnelle,
17:30de manière dans une communauté et pour un pays.
17:32Et ça, ce n'est pas quelque chose qu'on remet en question.
17:35On a besoin et nous sommes conscientes que nous sommes dans une nation qui est forte
17:41sur le plan militaire, qui est une puissance nucléaire.
17:45Mais l'être, c'est aussi, et le devoir qu'on a, c'est d'être aussi une puissance de
17:51paix.
17:51On peut avoir une capacité militaire et être une puissance de paix.
17:55Alors, vous écrivez aussi, notre combat n'est pas une guerre des sexes,
18:00ni une guerre des genres.
18:02Et plus loin, vous dites aussi, les masculinités positives existent,
18:05elles sont indispensables, elles doivent être connues comme des alliés.
18:08Qu'est-ce qu'on pourrait, alors, comment on arrive à concilier ces deux choses ?
18:13Une non-présence des femmes à la table des négociations
18:15et le fait de reconnaître que les hommes sont aussi indispensables.
18:21Ça présuppose quoi de l'équilibre femmes-hommes dans les processus de paix et dans la guerre ?
18:24Ça présuppose d'abandonner tous les stéréotypes qu'on a sur les hommes et les femmes.
18:30Moi, j'ai eu deux fils, j'ai eu un mari, j'ai eu deux filles.
18:33Donc, j'ai bien pu voir comment ils ont été élevés,
18:36comment ils ont subi ce que la société leur imposait.
18:41Et ça ne va pas.
18:42La plupart des hommes, ils souhaitent la paix, bien sûr, aussi.
18:45Donc, s'ils voulaient, c'est vraiment des choses qu'on a dans la tête,
18:48avec le bleu pour les petits garçons, le rose pour les filles,
18:50en fait, des idiots aussi comme ça.
18:52Il faut abandonner tout ça.
18:54Moi, je l'ai toujours, les femmes et les hommes sont juste des êtres humains,
18:58des personnes humaines, avec des défauts, avec des qualités.
19:01J'ai écrit il y a quelques années un livre qui s'appelle
19:03Guerrières sur les femmes dans le monde entier,
19:06soit qui prenaient les armes, justement, pour défendre leur pays,
19:09ou dans la guérilla.
19:11Je ne suis pas contre la violence comme ça.
19:13Il y a des raisons, il y a des moments où il faut, effectivement.
19:16Mais justement, tous les hommes souhaitent la paix, comme nous.
19:20Ça me paraît l'essentiel.
19:22Or, les personnes qui sont au pouvoir n'ont pas l'air de nous entendre.
19:26Alors, on va parler un peu de diplomatie féministe.
19:29Celle-ci est née en 2014, avec la ministre suédoise Marco Valkström,
19:33qui l'a imposée à son gouvernement.
19:35Nous, en France, on a adopté cette stratégie en 2019.
19:39L'Allemagne, la Suède et les Pays-Bas s'en sont désengagées depuis.
19:42Et en France, on a perdu le poste d'ambassadrice,
19:44qui était...
19:47On a perdu ce poste d'ambassadrice.
19:49Et aujourd'hui, l'émission a été transférée en l'ambassade pour les droits des femmes,
19:54pour les droits de l'homme, pardon, sous...
19:56Avec Isabelle Rome, pardon, je vais y arriver.
19:59Alors, est-ce qu'une diplomatie féministe sans poste dédié peut exister réellement ?
20:07Est-ce que ça ne pose pas la question des budgets et de l'importance qu'on y accorde ?
20:11Oui, toujours.
20:12On en revient, surtout en 2026, et dans un contexte de crise économique,
20:16on en revient effectivement au budget et à la nécessité de,
20:20parfois en raison de ces budgets, faire des coupes.
20:24Il est vraiment regrettable que le poste d'ambassadrice dédié à l'égalité de genre ait été supprimé.
20:31En revanche, la diplomatie féministe, elle est quand même portée à l'échelle
20:34du ministère des Affaires étrangères et de la France.
20:37Et ça, c'est quand même quelque chose qui existe et qu'on ne peut pas nier.
20:41Il y a eu quand même une très grande conférence diplomatique sur le sujet l'an dernier.
20:47Donc, avec les budgets qu'on a malheureusement aujourd'hui, peut-on s'attendre à mieux ?
20:52C'est-à-dire qu'on va se satisfaire de cela ?
20:55Non, mais en revanche, c'est ce que j'allais dire.
20:56En revanche, on doit toujours avoir une exigence et une attention
21:01à ce que cette diplomatie féministe soit toujours menée dans chaque action
21:05et qu'elle soit toujours promue.
21:07Et c'est là où il doit y avoir de la vigilance.
21:10Alors, on arrive à la fin de cette conversation.
21:13Vous avez dix propositions concrètes.
21:15Je ne vais pas les énumérer et puis je vais vous demander d'en choisir une chacune.
21:18Laquelle est la plus importante pour vous ?
21:20Je ne sais pas.
21:21Je ne les ai pas toutes en tête l'une après l'autre.
21:26Sophie ?
21:26Alors, pour moi, une des propositions qui est importante...
21:29Alors, il y a la question du secrétaire général.
21:32Mais une qui me semble très importante, c'est la place de la société civile.
21:35On y consacre une grande partie dans le livre.
21:39Le système multilatéral d'aujourd'hui, ce n'est pas simplement le produit des diplomates
21:44qui ont négocié la charte de San Francisco en 1945.
21:47Il a été aussi construit avec des organisations de la société civile du Nord et du Sud
21:52et surtout du Sud qui se sont engagés, qui se sont battus
21:55et des défenseurs des droits humains qui ont parfois perdu leur vie.
21:58Et ces organisations de la société civile, aujourd'hui,
22:03elles doivent avoir une place, moi je pense, et donc c'est la proposition qu'on fait,
22:06elles doivent avoir une grande place dans le système multilatéral
22:09parce qu'aujourd'hui, le multilatéralisme et les relations internationales,
22:12ce ne sont plus que des relations inter-étatiques.
22:14On l'a vu avec les groupements terroristes, avec le pouvoir économique, avec les GAFA.
22:19On sait très bien qu'aujourd'hui, le pouvoir s'exerce de façon multiple
22:22et les organisations de la société civile représentent une réalité de ce pouvoir
22:27et ont une capacité d'action positive pour notre monde
22:32qui font qu'elles doivent être entendues, on doit les financer
22:35et elles doivent avoir une place grande et belle au sein des Nations Unies.
22:39Tout à fait d'accord, oui.
22:40Et je dirais même qu'il y a un mot qui me vient à l'esprit,
22:44mon souhait serait que les peuples, comme dans la charte des Nations Unies,
22:49se mettent ensemble.
22:50Et c'est ce que nous avons voulu montrer à quatre,
22:53de faire ce livre ensemble, qui n'a pas toujours été facile,
22:56mais qui quand même a très bien roulé,
22:59pour montrer que c'est ça qu'il faut faire pour que le monde aille mieux.
23:02Bon, on va souhaiter que le monde aille mieux à partir de demain,
23:04que le monde aille mieux à la lecture de votre livre,
23:06un livre que je recommande vivement,
23:09« Bas les armes, ces hommes battent en guerre qui nous gouvernent »
23:11qui s'écrit avec Jocelyne Adrien-Metboul,
23:15Fanny Bénédité et vous deux,
23:18publié aux éditions de l'Aube.
23:20Et nous nous retrouvons dimanche prochain
23:22pour « La force de l'engagement » à 15h sur Sud Radio.
23:26À le bon dimanche.
23:27Merci.
23:27C'était « La force de l'engagement ».
23:29Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur,
23:34prévoyance, santé.
23:35AJP !
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