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  • il y a 8 minutes
Judith Beller reçoit Jean-François Lepy, directeur général de Soufflet Négoce (groupe InVivo).

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##PARLONS_DE_VOUS-2026-03-29##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:02Sud Radio, parlons de vous, Judith Bélair.
00:05Dans Parlons de vous, on donne la parole aussi à celles et ceux qui font tourner notre économie,
00:09des dirigeants engagés qui transforment les crises en décision.
00:13Alors aujourd'hui c'est un sujet brûlant qu'on aborde quand la guerre s'invite jusque dans nos champs.
00:18Jean-François Lepi, bonjour.
00:19Bonjour Judith.
00:20Bienvenue.
00:21Merci.
00:21Jean-François, vous êtes directeur général de Soufflé Négoce by InVivo,
00:25c'est un acteur majeur du commerce de céréales en France.
00:27Vous êtes au cœur des flux agricoles et des réalités de terrain,
00:31là où les nations mondiales deviennent très concrètes, notamment en Ukraine.
00:35Et vous allez pouvoir nous raconter un petit peu le quotidien de vos équipes là-bas.
00:39Oui c'est vrai, je vous remercie en tout cas de l'opportunité de parler de notre activité.
00:46Donc c'est vrai qu'aujourd'hui on est un acteur pas très connu,
00:50mais on fait à peu près 30% des exportations de céréales françaises.
00:55Et nous avons des implantations en Ukraine évidemment,
00:59donc on est très affecté par ce qui se passe,
01:02mais également aussi dans les pays du Golfe,
01:04puisque nous avons une activité de distribution en Arabie Saoudite notamment.
01:08Alors pour revenir sur l'Ukraine,
01:11moi je trouve qu'on a des équipes qui sont juste extraordinaires.
01:17Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est que de vivre 4 ans avec un quotidien de bombardement,
01:24un quotidien de couvre-feu, un quotidien d'insécurité.
01:30Et malgré tout, tous les jours, les équipes sont là, sont au travail, avec le sourire.
01:36Quand on les a en visio toutes les semaines,
01:40on a des gens qui sont extrêmement motivés,
01:43qui nous remercient de continuer l'activité.
01:46Moi je suis quand même impressionné par les Ukrainiens.
01:51Et c'est vrai que la guerre en Ukraine,
01:52c'était une guerre qui était avant tout agricole.
01:55Parce que quand la Russie a envahi l'Ukraine,
01:57finalement on a eu une période pendant 6 à 9 mois,
02:00où 20 à 25% d'alimentation du marché mondial en céréales,
02:04et en particulier en blé, était bloquée.
02:06Bien sûr.
02:07Donc ça a eu un effet immédiat.
02:10Inflation.
02:10Alors plus que de l'inflation, c'est une crise.
02:13Et dans les produits agricoles, quand on fait une crise,
02:15on a une réponse avec des prix qui explosent.
02:18C'est logique.
02:19On produit une fois, on mange tous les jours.
02:21Et finalement, si on n'a pas accès à cette ressource,
02:23on est en crise.
02:25Donc ça, c'était vraiment ce côté-là.
02:29Et puis aussi, l'autre aspect, c'est qu'ils ont continué à travailler,
02:34ils ont continué, les agriculteurs ont continué à exploiter leurs terres
02:37quand ils le pouvaient.
02:38Et l'Ukraine, il faut comprendre que c'est des productions
02:42qui sont importantes et destinées à l'exportation.
02:47De blé, hein ?
02:48Alors, du blé, historiquement, oui.
02:50Mais les cultures qu'ils ont développées ces dernières années,
02:53c'est plutôt des cultures à usage pour l'alimentation du bétail.
02:56Donc on va parler de maïs, on va parler de protéines végétales.
03:00Et c'est surtout ces produits-là qui sont exportés d'Ukraine.
03:03Alors, on va revenir un petit peu en France.
03:05L'impact concret de cette crise sur nos agriculteurs français,
03:08que ce soit la crise en Ukraine ou en Iran,
03:10dans le Moyen-Orient en ce moment ?
03:11Alors, très directement,
03:13les marchés céréaliers ont repris quelques couleurs.
03:17Je vous rappelle qu'on est dans un contexte
03:20assez déprimé en termes de prix.
03:22On a... 2025 a été une année extraordinaire sur les planètes
03:26puisqu'on n'a jamais autant produit de grains partout.
03:29Il n'y a quasiment pas eu l'accident climatique.
03:32Et de ce fait, la conséquence, c'est que les prix ont été bas, voire très bas.
03:36Et bien souvent, dans beaucoup d'endroits du monde,
03:39en dessous des prix de revient.
03:40D'accord.
03:41Donc la première conséquence directe de cette guerre,
03:43c'est qu'il y a eu un phénomène un petit peu...
03:46Alors, je ne vais pas rentrer dans les détails très complexes,
03:47mais en gros, les prix ont repris 10%.
03:51Mais ils n'ont pas non plus explosé.
03:53Parce que les pays du Golfe sont d'abord des consommateurs,
03:56ce ne sont pas des producteurs de produits agricoles.
03:58Tout à fait.
03:59Le deuxième impact,
04:01et celui-là, peut-être celui qui nous inquiète le plus,
04:04c'est ce qui va se passer sur...
04:07Ce qui est nécessaire pour produire,
04:09c'est donc apporter de la nourriture aux plantes,
04:10donc les engrais.
04:12Et là, il faut savoir...
04:13Il y a un vrai sujet.
04:14Les pays du Golfe, aujourd'hui,
04:15et en particulier, ce qui passe par le détroit d'Hormouz,
04:18c'est à peu près 40 à 50% de la production de sulfure du monde.
04:24C'est une trentaine de pourcents de certains types de produits
04:27qui sont nécessaires dans les engrais,
04:29et 20 à 25% des engrais azotés.
04:32Et donc, tout ça, le fait qu'on ait cette rupture,
04:37ça génère, pour le coup,
04:39une pression inflationniste très forte sur les engrais,
04:44qui n'est pas suivie par la hausse des cours de grains, aujourd'hui.
04:48D'accord.
04:49Donc, elle va le venir, mais peut-être plus tard.
04:51Donc, l'effet ciseau va être réel, encore une fois,
04:54sur nos agriculteurs,
04:56puisque les céréaliers, aujourd'hui, en France,
04:59à peu près une tonne sur deux est exporté.
05:01Donc, la compétitivité de nos agriculteurs
05:05est très importante pour qu'ils puissent continuer à exporter.
05:08Puis, j'ai tendance à dire que l'export, c'est être souverain.
05:10– Tout à fait, vous avez bien raison.
05:12– Et de ce fait, l'impact à moyen et long terme
05:16sur les engrais peut être à voir assez importante
05:19sur les productions.
05:21– Alors, excusez-moi, il nous reste très peu de temps,
05:24Jean-François Lépi, en deux mots,
05:25est-ce que demain, on va mettre à horizon 3-5 ans,
05:29une sortie de crise est envisageable ?
05:31Et est-ce qu'à un moment donné,
05:32il pourrait être serein, nos agriculteurs ?
05:34– Alors, oui, la sortie de crise peut être envisageable.
05:37Je pense qu'il y a deux aspects qui vont se passer.
05:39Certainement, on verra un effet prix dans les céréales
05:42qui vont se faire parce qu'une réduction de production,
05:46moins de rendement à l'hectare,
05:48une consommation qui est toujours présente.
05:49Donc, on risque peut-être de voir un rebasement
05:51des prix un peu plus élevés qu'il n'est aujourd'hui.
05:54Puis, le deuxième aspect sur lequel il faut qu'on travaille,
05:56et je pense que c'est plus franco-français,
05:58c'est le sujet de compétitivité.
06:00– Oui, bien sûr.
06:01Je vous remercie beaucoup, Jean-François Lépi.
06:03C'est un sujet que j'aurais pu continuer à développer avec vous
06:06un certain temps tant il est passionnant.
06:07– À votre disposition.
06:09– Merci.
06:09– Oui, je note.
06:10Vous êtes directeur général de Souffles et Négoces
06:12by In Vivo.
06:13C'est le premier groupe agricole français.
06:15Merci.
06:16– Sous-titrage Société Radio-Canada
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