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NewsTranscription
00:0113h-14h, Sud Radio, Génération Bercoff, André Bercoff, Céline Alonso.
00:21Eh oui, l'international André Bercoff, ce chant révolutionnaire a vraiment bercé une partie de votre jeunesse.
00:28Alors oui, il fut un temps où vous étiez de gauche, mais ça c'était avant, dans les années 60
00:33-70,
00:34et aujourd'hui, eh bien, vous êtes, enfin, du moins, vous vous dites anarchiste libéral.
00:39Parce qu'il faut dire quelque chose, mais...
00:41Eh oui, en fait, pour résumer, vous êtes passé de Joseph Staline à Elon Musk, André.
00:47Vous allez nous expliquer pourquoi, pourquoi ce rivage, et ce, dans un instant, sur Sud Radio, André ?
00:52Oui, oui, je vais, on va parler de tout ça, effectivement, effectivement, à 10 ans, 12 ans, mon père était
00:58bolchevique,
00:59et moi aussi, on allait applaudir Staline, eh oui.
01:03Et puis, je lisais les journaux communistes, français, Jacques Duclos et compagnie, etc.
01:07Et puis, il y a eu tout ce qu'il y a eu, vous savez, ça fait quelques décennies, hein,
01:11c'est pas...
01:12C'est ancien, et en même temps, je vais vous dire pourquoi vous dites, pourquoi vous n'êtes pas de
01:17gauche,
01:17parce qu'il y a aussi que, fondamentalement, je me sens de gauche,
01:20mais la gauche actuelle n'a rien à voir avec la gauche qui avait quelque part, quelque chose.
01:26Et évidemment pas le bolchevisme, et puis il y a eu tout ce qu'on a appris depuis.
01:30Donc, voilà, et pourquoi je suis passé du côté des rivages d'Elon Musk ?
01:36Eh bien, c'est pas par hasard, mais je vous expliquerai.
01:38Eh oui, pourquoi vous avez été désenchanté, André Bercoff, par la gauche ?
01:42Quel a été le point de bascule ?
01:44Vous allez voir, chers auditeurs, ça a été très progressif chez André Bercoff, et surtout...
01:49Et même progressiste.
01:51Exactement.
01:52Vous nous raconterez tout ça dans un instant, sur Sud Radio, Génération Bercoff, restez avec nous.
01:58C'est dans quelques instants, sur Sud Radio, à tout de suite.
02:0213h-14h, Sud Radio, Génération Bercoff, André Bercoff, Céline Alonso.
02:09Génération Bercoff, votre nouveau rendez-vous du vendredi, tous les vendredis, de 13h à 14h, en direct sur Sud Radio.
02:16On parle des grandes transformations du monde depuis 60 ans,
02:19à travers votre parcours de journaliste, d'écrivain et de témoin privilégié, André Bercoff.
02:24Et aujourd'hui, c'est de l'homme de gauche que vous avez longtemps été,
02:27dont nous allons parler des raisons de votre divorce avec cette famille politique.
02:48Cette chanson, André, en hommage à Edouard Bercoff, votre papa,
02:53qui était d'origine russe et qui est arrivé au Levant dans les années 30,
02:57à l'époque où le Liban était sous mandat français, André Bercoff.
03:00Alors, votre père était bolchevique, mais l'était-il vraiment au sens du parti ? Racontez-nous.
03:05Non, non, mon père, alors, il faut le dire, c'est vrai, c'est vrai que le Liban,
03:10moi, je suis né, comme on le sait, je ne peux pas le cacher, en fin 1940,
03:15et mon père lisait, et j'ai commencé à lire à 10-12 ans, les journaux du Parti communiste français.
03:24Eh oui, c'était Jacques Duclos, c'était la barbarie et contre-action, la démocratie contre-action.
03:33C'était en pleine, c'était le grand temps de l'Union soviétique, et tout ce qui était à gauche.
03:39C'est pour ça qu'il faut parler d'aujourd'hui et d'hier, et vous savez que nous faisons
03:43ça, Céline, en permanence.
03:46Eh bien, je vais vous dire, moi, j'ai grandi, j'ai un souvenir très précis.
03:50Je me rappelle, j'avais 10 ans, ma conscience politique, elle était dans les limbes.
03:55Mais je me rappelle qu'en 1953, t'es au cinéma, à Beyrouth, il y a les actualités.
04:01À l'époque, il y avait les actualités avant le film, et on annonce, Staline est mort.
04:05Et je me rappelle qu'on a été les seuls, mon père et moi, à se lever et à applaudir.
04:11Staline, c'était le grand Staline, célébré absolument par tout le monde,
04:15et on sait très bien qu'une grande partie de la gauche française, c'était le parti des 115 000
04:21fusillés,
04:22le parti de la Résistance, etc.
04:24Il y aurait beaucoup de choses à dire, ce qui s'est passé en 39-41 mai.
04:28Donc, il y avait ce mythe, et moi, j'ai grandi, effectivement, dans cette espèce de bolchevisme.
04:35Ça n'a pas duré très longtemps, je vous expliquerai pourquoi.
04:37Mais qu'est-ce que ça voulait dire exactement, être communiste au Liban, dans les années 50, André ?
04:43À l'époque, il faut le dire, pratiquement personne ne savait réellement ce qui se passait en URSS.
04:48Non, et non seulement on ne savait personne ce qui se passait en URSS,
04:52et aussi, je me rappelle même au Liban, c'était les mêmes querelles qu'en France,
04:56c'est pour ça que je me dis qu'on a été à ce point imprégnés,
04:58c'est que quiconque, quiconque osait dire que la Russie,
05:03je parle à gauche, à la gauche,
05:05et on dit que la Russie n'était pas le pays progressiste,
05:07quand Arthur Kessler a écrit le zéro et l'infini,
05:10quand il y a eu le... j'ai choisi la liberté, l'autre livre,
05:14on dit oui, c'est des agents de la CIA, c'est des...
05:18Des traîtres.
05:20Absolument, Hitlerotrotskistes, c'est comme aujourd'hui,
05:22quand on n'est pas d'accord avec vous, vous êtes Hitlerotrotskistes d'Asie et compagnie.
05:26Regardez ce qui se passe en 2026,
05:29totalement dans d'autres domaines, mais c'est la même chose.
05:32Et bien à l'époque, on se disait,
05:33dès que quelqu'un disait que l'URSS n'était pas vraiment le paradis,
05:39et bien il était adepte d'Adolf Hitler, ou presque.
05:43Donc, vous voyez, rien de nouveau sous le soleil, de ce point de vue-là.
05:46Mais cette gauche dans laquelle vous avez baigné, André, à Beyrouth,
05:50en quoi elle n'était pas une copie de la gauche française, pour résumer ?
05:54D'abord, la gauche Beyrouth, encore une fois, j'étais trop jeune.
05:57Moi, vous savez, c'est après que j'ai commencé à fréquenter les intellectuels arabes et tout cela.
06:03À l'époque, c'était vraiment la famille.
06:05Mon père, et encore, je dois dire que ma mère n'était absolument pas d'accord avec mon père.
06:10Mon père était athée, il n'en avait rien à faire, etc.
06:14Après, il s'est radouci.
06:15Après quand ?
06:16Après, quand on a appris le rapport Khrouchev et les crimes qui sont passés.
06:20C'était en 56, effectivement.
06:22Non, 56, 56, oui, c'est ça, exactement.
06:2553, Staline est mort.
06:2756, c'était le rapport Khrouchev qui a parlé, le premier, des crimes de Staline,
06:31enfin, qui en a parlé en Russie, en URSS à l'époque.
06:34Et puis, il y a eu l'insurrection hongroise.
06:36C'est ça.
06:36Oui, bon, mais à l'époque, j'avais 15 ans.
06:40Mais là, déjà, vous savez, je n'ai jamais été d'un parti.
06:44Et là, déjà, on pouvait vraiment, on se posait des questions et on y répondait quand même.
06:48Et cette culture de gauche, dans ces années-là, 50, 60, 70, est-ce qu'elle était très répandue dans
06:55le monde arabe ?
06:56Alors, d'abord, elle était très répandue à Beyrouth, chez les francophones et chez les anglophones.
07:02Les francophones, encore une fois, sachez que le français était à Beyrouth une des langues,
07:06avec l'arabe, bien sûr, mais une des langues les plus...
07:08Enfin, c'était la langue parlée.
07:10C'est-à-dire que la bourgeoisie libanaise, dans sa splendeur, dans son écrasante majorité, par les français,
07:16qu'elle soit chrétienne ou musulmane, il faut aussi le rappeler.
07:21Et donc, on lisait quoi ?
07:22On lisait l'Observateur, on lisait l'Express, on lisait tout cela.
07:27Et on lisait surtout Sartre.
07:29Sartre, je le rappelle, à l'époque, avait écrit Les communistes et la paix,
07:33où il disait tout anticommuniste était un chien, disait Jean-Paul Sartre.
07:37Donc, c'était ça. On pouvait, évidemment, avoir, prendre ses distances, etc.
07:43Mais le parti communiste, c'était le parti communiste.
07:46Il faut bien se rappeler de ça, c'était les années 50-60, c'était ça.
07:50Et ensuite, effectivement, ça a basculé.
07:53Et alors, la gauche arabe, et bien la gauche arabe, c'était...
07:57Il y avait un parti communiste en Syrie, au Liban et ailleurs.
08:01Il y avait ensuite, il y a eu, on en reparlera, le parti bassiste, nationaliste, tout ça.
08:06Et il faut savoir que même Nasser, c'est très important de rappeler ça.
08:10Abdel Nasser, par exemple, qui a été, après Naguib, au pouvoir, évidemment, il y a si longtemps, en Égypte.
08:15Vous savez qu'il avait fait...
08:17Vous pourrez le retrouver sur les réseaux sociaux.
08:19Et il disait, mais le voile, le voile, mais j'en veux pas du voile.
08:21J'en ai rien à faire du voile.
08:23Il n'était pas islamiste.
08:28Les politiques arabes étaient nationalistes.
08:31C'était le nationalisme arabe.
08:34Il fallait faire un seul monde arabe.
08:36Et d'ailleurs, il y a eu les tentatives d'union entre l'Égypte et la Syrie,
08:39qui ont très très très vite déchanté.
08:41Mais voilà, la gauche arabe de l'époque était une gauche
08:46beaucoup plus nationaliste et progressiste qu'islamiste.
08:50L'islamisme est venu beaucoup plus tard.
08:52Et oui.
08:53Mais concrètement, votre père, qu'est-ce qu'il vous a transmis exactement, André Bercoff ?
08:58Est-ce qu'il vous a transmis le goût de la révolte, de la discipline,
09:02ou voire même le dégoût des partis, André ?
09:04Non, écoutez, c'est pas le goût ou le dégoût qui m'a transmis.
09:07C'est que je voyais très bien, et paix à son âme, mon père, que j'ai beaucoup aimé,
09:14il était certes bolchevique, bon, il vivait comme un petit bourgeois.
09:17Il vivait comme, voilà, c'était un petit fonctionnaire de banheur français.
09:21Ensuite, il a travaillé dans une banque à Véroutes, après l'indépendance.
09:24Il a continué, il a fait son temps de travail.
09:27Il était effectivement profondément de gauche.
09:30Bon, mais il vivait un peu comme tout le monde, hein.
09:33Sauf que, je veux dire, on va pas s'étendre là-dessus.
09:35On n'a jamais eu un appartement.
09:37L'appartement, ils louaient leur appartement.
09:40Les parents, ils ont jamais eu de voiture, etc.
09:42C'était un petit fonctionnaire.
09:43On ne manquait de rien.
09:44Mais on vivait vraiment modestement, mais bien.
09:48Je n'ai jamais le souvenir d'avoir manqué de quoi que ce soit dans mon enfance.
09:52Mais pour revenir à la politique, c'est très important.
09:56C'est qu'on était, effectivement, viscéralement à gauche.
10:00À gauche, ça veut dire quoi ?
10:01Il faut juste dire ça.
10:03La gauche, c'était...
10:04Rêve d'égalité et de justice ?
10:06Oui, c'est ça.
10:07On est pour le peuple.
10:09Il faut combattre pour le peuple.
10:11Il faut être là pour le peuple.
10:12Il faut être là.
10:12C'était les grands rêves d'égalité.
10:14Les Victor Hugo, les Jaurès,
10:17les Blum du Front Populaire.
10:19Et pas ce Front Populaire qui a, trois ans après,
10:23les parlementaires qui ont voté au trois quarts,
10:26les pleins pouvoirs à Pétain en 1940.
10:29Le Front Populaire, c'était en 1936.
10:31Quatre ans après.
10:32Donc, il y avait cette tentation de gauche que je ne renie pas du tout.
10:36Parce que cette tentation de la vraie gauche,
10:39elle n'est plus du tout la caricature totalement grotesque
10:43que nous avons aujourd'hui en France.
10:44On en reparlera si vous voulez.
10:46Mais vous, André, pour résumer, à 18 ans, vous étiez marxiste.
10:50Vous rêviez d'une révolution mondiale.
10:55Est-ce que vous rêviez, par exemple,
10:57comme les insoumis aujourd'hui,
10:58de taxer les riches, d'interdire les milliardaires ?
11:02Écoutez, ce n'était pas du tout un programme,
11:05même pas le programme commun.
11:06C'était de se dire, de toute façon,
11:08c'était les rêves d'égalité, les rêves de justice, etc.
11:11Et on ne savait pas, je veux dire,
11:13et ce n'est pas une excuse,
11:16c'est une explication,
11:17on ne savait pas que les rêves d'utopie que nous nourrissions
11:21et que des millions de gens,
11:23et des dizaines de millions de gens nourrissaient à travers le monde,
11:26s'étaient transformés en cauchemars
11:28dans un certain nombre de pays,
11:30dont l'URSS,
11:32dont beaucoup d'autres.
11:34Et encore aujourd'hui, vous avez des pays,
11:36vous savez très bien ce qui s'est passé au nom de la gauche,
11:38en Chine, avec la révolution culturelle,
11:41au Cambodge, avec un tiers de la population
11:44assassinée, massacrée, etc.
11:46Non, à l'époque, c'était vraiment,
11:48ah, on l'avait, c'était bien.
11:50Et aujourd'hui, d'ailleurs,
11:51les gens du camp du bien s'estiment de la gauche
11:54alors qu'ils vivent absolument différemment
11:56et qu'ils ne font pas grand-chose
11:58pour aider, effectivement, le peuple.
12:01Eh oui.
12:01Alors, vous avez parlé de Sartre, André Bercoff.
12:04À part Marx, à part Sartre,
12:07qui étaient vos maîtres à penser
12:09dans votre jeunesse ?
12:10Disons que j'avais, à l'époque,
12:12des maîtres à penser
12:13qui n'étaient pas encore des centimètres à penser
12:15ou des millimètres à penser.
12:17Il faut dire, c'était pas encore ça.
12:19Non.
12:20Sartre, effectivement, pourquoi Sartre ?
12:21Parce que Sartre,
12:22avec tous les problèmes
12:24et tout ce qu'on peut lui reprocher
12:25dans sa vie,
12:27il quand même,
12:27la manière dont il parlait de la liberté...
12:29Moi, je vais vous dire,
12:30quand j'avais 18 ans,
12:32j'ai lu Sartre,
12:32je me rappelle toujours,
12:33c'était dans une interview,
12:34on lui demandait Sartre,
12:36vous avez écrit énormément de bouquins
12:37sur la liberté,
12:38mais c'est quoi la liberté pour vous ?
12:40Et il avait cette phrase
12:42que je trouve toujours formidable,
12:44il dit,
12:44la liberté,
12:45c'est ce que vous faites
12:46de ce qu'on a fait de vous.
12:48Et ça, c'est formidable.
12:49Et on le dit à tout le monde,
12:50on n'avait pas choisi vos parents,
12:51on n'avait pas choisi votre enfance,
12:53on n'avait pas choisi de naître,
12:54on n'avait pas choisi
12:55votre programme d'éducation,
12:57mais après,
12:57c'est à vous de le gérer.
12:59C'est-à-dire,
12:59est-ce que vous vous faites écraser
13:01par cette éducation,
13:02cette enfance,
13:04etc.,
13:04ou est-ce que vous le rejetez
13:05ou le reniez,
13:06ou est-ce que vous le gérez ?
13:08Est-ce que vous arrivez
13:08à vivre avec ?
13:09Eh bien,
13:10ça, c'est votre liberté.
13:12C'est la liberté
13:12de chacun d'entre nous.
13:14Et ça, vous voyez,
13:16ça, c'est une phrase de Sartre
13:17que j'ai retenue
13:18et qui me paraît toujours
13:20absolument,
13:22je dirais presque vitale,
13:23parce que la liberté,
13:24pour moi,
13:24c'est vital.
13:25Eh oui,
13:26Sartre,
13:26il faut le rappeler,
13:27qui a dit aussi,
13:27l'homme est condamné
13:29effectivement à être libre.
13:31Et comme vous venez de le dire,
13:32André Bercoff,
13:32cette liberté,
13:33c'est vraiment votre ADN.
13:35Elle a toujours été
13:36dans votre vie,
13:37votre moteur.
13:38Totalement.
13:39Et d'ailleurs,
13:39j'aime pas,
13:39en revanche,
13:40j'ai moins cette phrase de Sartre,
13:41condamné à être libre.
13:42On est condamné ou pas,
13:44ou pas.
13:45C'est-à-dire que chacun a choisi.
13:46C'est ça que je veux dire.
13:47Personne n'a à imposer
13:49telle ou telle conduite
13:50à quelqu'un d'autre.
13:52Sauf s'il fait des saloperies.
13:53Eh bien,
13:53à ce moment-là,
13:54c'est la justice qui donne.
13:55Donc voilà,
13:56cette culture de gauche,
13:58elle était,
13:58vous savez,
13:58il n'y avait pas que Sartre,
14:00il y avait énormément
14:01d'intellectuels.
14:02Les situationnistes,
14:03mais ça,
14:03c'était un peu plus tard,
14:04dans les années 60.
14:06Mais parlons de Roger Vaillant,
14:07justement.
14:08Roger Vaillant,
14:08vous a aussi influencé, André.
14:11Oui, beaucoup.
14:11C'est un bolchevik,
14:12surtout un jouisseur.
14:14Comment il vous a forgé ?
14:15Je vais vous dire,
14:16j'ai lu les romans de Roger Vaillant
14:17à 18, 19 ans.
14:19Ah oui,
14:19il faut que je vous dise aussi
14:20quelqu'un d'autre
14:20qui m'a beaucoup,
14:21beaucoup influencé.
14:22Il faut le dire.
14:23Mais c'est toujours à gauche,
14:24vous voyez,
14:25c'est Prévert,
14:26bien sûr.
14:26Parole de Prévert,
14:27je l'ai lu à 14 ans,
14:28comme j'ai commencé
14:29à lire Sartre à 14 ans.
14:31Et Prévert,
14:31cette espèce d'anarchisme formidable,
14:34cet athéisme combattant,
14:36cette espèce,
14:37c'est lui qui disait
14:37notre père qui est aux cieux,
14:38restez-y.
14:39Mais il disait aussi
14:40au vent de la résistance,
14:42et c'était Aragon,
14:43aussi Aragon,
14:44Aragon,
14:44membre du Parti communiste,
14:45mais qui a écrit
14:46celui qui creuait au ciel
14:48et celui qui ne les croyait pas,
14:49la rose et le réséda.
14:50Ah, ça veut dire
14:51quelles que soient
14:51vos convictions,
14:54à un moment donné,
14:54comme aujourd'hui,
14:55quand le pays est en danger,
14:57il faut savoir s'unir.
14:58Et il y a eu aussi,
14:59je veux dire,
15:00quelqu'un qui a joué,
15:01c'est mon professeur
15:03au brevet,
15:04en troisième,
15:05Pierre Barberis.
15:06Pierre Barberis,
15:06communiste,
15:07vous voyez,
15:07il y en avait beaucoup là,
15:09qui est mort aujourd'hui,
15:11enfin qui est parti
15:12il y a quelques années,
15:13et qui était un spécialiste
15:14de Balzac,
15:15qui a été un des grands
15:15spécialistes de Balzac,
15:17et qui aussi
15:18m'a beaucoup apporté.
15:19Il m'a fait lire Malraux,
15:20celui qui m'a fait lire Malraux,
15:21celui qui m'a fait lire Aragon,
15:22celui qui m'a fait lire...
15:23Donc vous voyez,
15:24il y avait une espèce
15:25de climat comme ça,
15:26et que non seulement
15:27je ne relis pas,
15:28ces gens-là sont formidables,
15:29et vous parlez de Roger Vaillant,
15:30oui, Roger Vaillant
15:31m'a appris qu'on pouvait
15:32être absolu révolutionnaire
15:34et aimer le plaisir.
15:35Parce qu'il a été libertin
15:37et bolchévique.
15:38Et ça a joué,
15:39oui,
15:40un rôle de ma vie.
15:41Il a uni effectivement
15:42le communisme
15:43et le libertinage.
15:44Voilà.
15:45Un mot sur Romain Garry,
15:47qu'est-ce qu'il vous a appris
15:49cet écrivain fonciel ?
15:50Romain Garry,
15:50c'est une histoire.
15:51Romain Garry est venu
15:52parce que Gene Seiberg,
15:54qui était sa femme à l'époque,
15:56je parle des années 64,
15:57comme ça,
15:58en 304,
15:59est venu jouer un film.
16:00Il y avait Jean-Paul Belmondo
16:01qui était là,
16:03il y avait beaucoup d'histoires là.
16:04Donc Gene Seiberg
16:05tournait un film
16:06qui s'appelait
16:07Échappement libre,
16:08je me rappelle,
16:09film de Jean Becker,
16:11le fils de Jacques Becker.
16:13Et je me rappelle
16:14que j'ai interviewé,
16:15vous savez,
16:15j'étais à Lorient à l'époque,
16:16j'étais journaliste à Lorient
16:17et donc j'étais responsable
16:19des pages culturelles
16:20et universitaires
16:21et donc j'interviewais tout le monde
16:23et comme je vous rappelle
16:24et je l'ai dit,
16:25tout le monde,
16:26enfin tout le monde,
16:26énormément d'artistes,
16:28d'écrivains,
16:28d'intellectuels,
16:29de peintres,
16:30venaient à Beyrouth
16:31comme on va aujourd'hui
16:32à Marseille ou à Toulouse
16:33ou à Lille ou ailleurs.
16:35Et donc,
16:36je parlais de ce que j'étais,
16:38moi,
16:39un peu partagé,
16:40un peu espagnol,
16:43turc,
16:44etc.
16:44français bien sûr,
16:46mais en pays arabe,
16:47etc.
16:48Et il m'avait,
16:49je me rappelle,
16:49pendant deux heures,
16:51il dit en tout cas
16:52la chose la plus importante,
16:54soyez vous-même.
16:55N'ayez absolument pas peur
16:56d'être vous-même
16:57et de vous affirmer
16:58en tant que vous êtes.
16:59Et je me rappelle,
17:00ça m'avait vraiment marqué,
17:01Romain Garry,
17:02qui est quand même
17:03un immense écrivain,
17:04vous savez,
17:05il a été émis à jarre,
17:07il a eu deux fois le concours
17:09sous pseudonyme
17:10et comme lui.
17:11Donc,
17:11ça a beaucoup joué.
17:12Et oui,
17:13autre personnage très marquant
17:14qui a marqué,
17:15André,
17:16votre carrière,
17:17c'est l'une des figures
17:18les plus controversées
17:20de l'histoire contemporaine,
17:22à savoir Fidel Castro.
17:24Vous l'avez interviewé
17:25à Havane,
17:26c'était au début
17:27de votre carrière
17:27de journaliste,
17:28en 67.
17:30On va en parler
17:31dans un instant
17:32sur Sud Radio,
17:33parce que votre jeunesse,
17:35effectivement,
17:35vous l'avez passée
17:36en grande partie
17:36au Liban,
17:37mais après,
17:38vous êtes arrivé à Paris
17:39et vous êtes devenu
17:40le journaliste
17:41que l'on connaît aujourd'hui.
17:42A tout de suite.
17:43Restez avec nous
17:43sur Sud Radio.
17:4413h-14h,
17:46Sud Radio,
17:46Génération Bercoff,
17:48André Bercoff,
17:49Céline Alonso.
18:01Paris, André Bercoff,
18:02c'est en mars 1967
18:04que vous y débarquez
18:05à l'âge de 26 ans.
18:07Pourquoi avez-vous décidé
18:08de quitter le Liban ?
18:09Écoutez,
18:10j'ai décidé de quitter le Liban,
18:12on m'a souvent posé la question,
18:13absolument pas
18:14pour des raisons politiques.
18:15C'était la guerre
18:17qui a eu,
18:17c'était en 75,
18:19donc c'était 8 ans après.
18:21Non,
18:21parce que je vivais
18:22à l'heure de Paris,
18:24c'est vrai,
18:25j'étais journaliste
18:26donc je rêvais,
18:27j'avais envie
18:28d'être journaliste à Paris
18:29parce que,
18:30voilà,
18:30pour moi,
18:30à l'époque,
18:31c'était là,
18:32ça se passait là
18:32et j'avais envie d'être là
18:34donc dès que j'ai eu l'occasion,
18:36eh bien,
18:36je suis,
18:37j'ai débarqué à Paris
18:38et à l'époque,
18:39j'étais,
18:40j'ai été engagé
18:41dans un hebdomadaire
18:42jeune Afrique
18:43où je suis resté
18:44un an et un an et demi.
18:46Eh oui,
18:46et ce,
18:46dès votre arrivée à Paris,
18:47effectivement,
18:48vous entrez à l'hebdomadaire
18:49jeune Afrique
18:50qui très vite
18:51et comme par hasard
18:52vous envoie à Cuba.
19:07Eh oui,
19:08là,
19:08on est carrément
19:08à la Havane,
19:09André Bercoff
19:10et vous,
19:10en pleine nuit,
19:11on est en 67,
19:13eh bien,
19:13vous avez interviewé
19:14Fidel Castro,
19:15c'est,
19:16on peut le dire,
19:16un souvenir très marquant
19:18de votre carrière.
19:20Racontez-nous
19:20comment vous avez réussi
19:21à décrocher cette interview.
19:23Oui,
19:23oui,
19:24c'était assez...
19:25Alors,
19:25d'abord,
19:26d'abord,
19:26il faut vous dire,
19:27c'est la suite
19:28de ce que je vous ai dit
19:29à propos de la gauche.
19:30C'est en 67,
19:32donc,
19:32il y a pratiquement 60 ans,
19:34je rappelle,
19:35qu'on arrive à Cuba.
19:37On sait déjà
19:38qu'il s'était passé,
19:39le rapport Khrouchev,
19:40la mort de Staline,
19:42etc.,
19:43etc.,
19:43que ce n'était pas le...
19:44Mais on découvre
19:46le communisme tropical,
19:48c'est-à-dire
19:49qu'on découvre,
19:50par exemple,
19:51les boueurs,
19:52le ramasseur d'ordures
19:53avec un cigare
19:54partagasse comme ça.
19:56Tu crois,
19:56le ramasseur d'ordures
19:57avec un cigare,
19:58vous voyez,
19:58c'était les symboles,
19:59évidemment.
19:59Et puis,
20:00on découvre la mer,
20:01le soleil,
20:02la musique,
20:03la salsa et tout ça,
20:05et on se dit,
20:06tiens,
20:06ça,
20:06c'est une révolution,
20:08ça,
20:08c'est une révolution,
20:09elle n'est pas comme
20:11en Europe centrale,
20:12c'est terrible
20:13ce qui se passe,
20:13c'est pas ça.
20:14Là,
20:14c'est autre chose,
20:15c'est le soleil.
20:16Et bon,
20:17évidemment,
20:18il y avait d'autres problèmes,
20:20mais ça a été extrêmement...
20:22Si vous voulez,
20:23bon,
20:23c'était ça.
20:24Et alors,
20:24il faut que je vous raconte
20:25comment,
20:26donc,
20:26j'ai comme tout le monde,
20:27comme tous les journalistes,
20:28j'ai demandé une interview
20:29avec Fidel Castro,
20:30et j'ai vu son service
20:31le prof de communication,
20:33et vous savez,
20:34à l'époque,
20:34je rappelle,
20:35il n'y avait ni portable,
20:36ni internet,
20:37ni quoi que ce soit de ça,
20:38on était très loin encore,
20:40et j'ai dit,
20:40écoutez,
20:40voilà où j'habite,
20:41voilà l'hôtel,
20:42voilà l'admireau de l'hôtel,
20:43si c'est possible,
20:44eh bien,
20:45voilà,
20:45vous me laissez un message.
20:47Et puis,
20:48je suis resté trois semaines,
20:49je me rappelle,
20:50deux semaines passent,
20:51rien,
20:52deux jours avant mon départ,
20:53je me dis,
20:53bon,
20:54ben,
20:54écoutez,
20:54s'oubliez,
20:55tant pis.
20:55Et je me rappellerai toujours,
20:57parce que tous les soirs,
20:57on sortait,
20:58on allait danser,
20:59on allait tout ça,
21:00c'est vrai que c'était ça,
21:02avec quelques démols,
21:03évidemment,
21:04dont je parlerai.
21:04Et,
21:05trois heures du matin,
21:07le téléphone sonne,
21:08Seigneur Bercoff,
21:09j'ai dit si,
21:10il dit,
21:11vous avez demandé un rendez-vous
21:12avec le commandant T,
21:13j'ai dit oui,
21:14ben,
21:14il arrive à votre hôtel
21:15dans une demi-heure.
21:17Et j'ai raccroché en disant,
21:18arrêtez vos conneries,
21:19qu'est-ce que ça veut dire ?
21:20C'est un mec qui me fait une farce,
21:22re-téléphone,
21:23il dit,
21:23Seigneur Bercoff,
21:24il dit si,
21:25il dit,
21:25vous avez bien demandé un rendez-vous
21:26avec Castro,
21:27je dis,
21:27attendez,
21:28il est trois heures du matin,
21:28il dit,
21:29oui,
21:29mais,
21:29vous savez,
21:30il peut venir maintenant.
21:31Et je me suis rappelé qu'il était,
21:32vous m'avez dit qu'il était insomniaque,
21:34mais quand même.
21:34Et je me suis dit,
21:35on ne sait jamais,
21:36peut-être c'est une farce,
21:36je me suis douché,
21:37je me suis habillé,
21:38je suis descendu dans le lobby,
21:39et effectivement,
21:41un quart d'heure après,
21:42Castro est venu avec un aide de camp.
21:44Et on a passé à discuter
21:46de quatre heures à huit heures du matin.
21:49Je m'en rappellerai toujours.
21:50Quatre heures,
21:50ce qui est une exception aujourd'hui,
21:51il faut le dire aux auditeurs de Sud Radio,
21:53aucun président du monde entier
21:54n'accorde effectivement ce délai
21:56pour une insamnure.
21:56Oui, c'est déjà beaucoup de Trump.
22:01Mais racontez-nous,
22:02comment s'est déroulée cette interview ?
22:04Justement,
22:04c'est important,
22:05la révolution cubaine
22:07avait déjà commencé
22:08depuis huit ans.
22:12Avez-vous eu la liberté
22:13d'aborder toutes les questions ?
22:15Ou vous avez eu des consignes
22:17bien avant ?
22:18Non, aucune consigne.
22:19Aucune consigne,
22:20mais si vous voulez,
22:21en fait,
22:22je voulais le laisser parler,
22:23je voulais l'entendre.
22:25Il m'a raconté
22:26ce qu'il avait raconté
22:27sur Cuba,
22:28sur les Russes,
22:29et c'est intéressant
22:30parce que déjà,
22:31en 67,
22:33je lui ai dit,
22:33mais écoutez,
22:34pourquoi vous vous êtes mis
22:35complètement dans le camp des Russes,
22:37etc.
22:37Et il m'a dit,
22:38bon,
22:39il m'a dit,
22:39mais les Américains
22:40nous ont mis sous embargo,
22:41ce qui était absolument vrai,
22:43et on allait crever
22:44s'il n'y avait pas eu les Russes,
22:45si je n'avais pas eu les Russes,
22:46on allait crever.
22:47Et je me rappelle très bien,
22:49il m'a parlé d'alphabétisation,
22:51il m'a parlé de tout ça,
22:51on se demandait à l'époque
22:52où était Che Guevara,
22:53où il était en Colombie,
22:55il n'était pas encore,
22:55l'annonce de sa mort n'avait pas,
22:57je crois qu'il n'était pas encore mort d'ailleurs,
22:59et Che Guevara n'était plus à Cuba,
23:01il avait voulu poursuivre la guérilla
23:03en Colombie,
23:04et on sait ce qui s'est passé ensuite.
23:07Et donc,
23:07il m'a parlé,
23:08il m'a parlé de la paysannerie,
23:10il m'a parlé d'alphabétisation,
23:12il m'a parlé de tout ça,
23:13il est passionnant,
23:15parce que ce type,
23:16il est...
23:16Qu'est-ce qui vous fascinait,
23:19vous fascinait, pardon,
23:20à l'époque,
23:21chez Castro ?
23:23Écoutez,
23:24c'était...
23:24Vous savez,
23:25on a toujours...
23:25C'est son génie politique,
23:27entre guillemets,
23:28ou l'homme en lui-même ?
23:29Ce type,
23:29il faut le dire quand même,
23:31il a pris le pouvoir
23:32avec quatre pelés,
23:33trois tondus,
23:34et dans la Sierra Maestra,
23:36ils étaient quoi ?
23:3615, 20, 30, 40,
23:38et puis,
23:39effectivement,
23:40il faut le dire aussi,
23:41parce qu'aujourd'hui,
23:41après,
23:42il y a eu ce qu'on a appris,
23:43mais à l'époque,
23:44à l'époque,
23:45c'était Batista
23:46qui était un dictateur terrifiant,
23:48et le peuple cubain
23:49en avait marre.
23:50Et vous savez,
23:50on a dit après,
23:51et c'était très intéressant,
23:53parce qu'on a dit,
23:54qu'est-ce qui marche à Cuba,
23:55qu'est-ce qui ne marche pas à Cuba ?
23:56Il y a trois choses
23:57qui marchent très bien,
23:59c'est l'éducation,
24:00la santé,
24:00le sport,
24:01aujourd'hui,
24:02ce n'est plus le cas,
24:03et trois choses
24:04qui marchent mal,
24:05c'était le petit-déjeuner,
24:06le déjeuner,
24:06le dîner.
24:07C'était très difficile,
24:08Cuba n'a que la canne à sucre,
24:10et les cigares,
24:11bien sûr,
24:11mais enfin,
24:11ça ne fait pas une industrie,
24:13ça,
24:13et il y avait
24:14l'embargo américain total.
24:15Donc,
24:16le peuple cubain
24:17a suivi Castro,
24:18Guevara et tout ça,
24:19parce qu'ils étaient vraiment
24:22un peuple opprimé
24:23par une dictature
24:24terrifiante,
24:25à la Pinochet,
24:26à la Batista.
24:27Après,
24:27il y a eu ce qu'il y a eu,
24:28et effectivement,
24:29on pouvait déchanter.
24:30La répression,
24:31il faut le rappeler
24:32aux auditeurs de Sud Radio,
24:33effectivement,
24:33en 67,
24:34elle était déjà très forte,
24:35André Bercov,
24:3520 000 prisonniers politiques,
24:3835 000 personnes
24:39enfermées dans des camps
24:40de travail forcés,
24:42des opposants,
24:42des homosexuels,
24:43des religieux,
24:44et nombreux ont été fusillés
24:46à l'époque,
24:47André.
24:47Vous ne l'avez pas du tout
24:49interrogé sur cette répression ?
24:51Je vais être franc avec vous,
24:53c'est même pas que je me suis trompé,
24:55on ne savait pas.
24:55Alors,
24:56on a eu tort,
24:57on aurait pu se renseigner
24:59ou dû se renseigner,
25:00mais j'avoue que franchement,
25:02franchement,
25:03on n'avait aucune idée
25:04qu'il y avait déjà
25:06des prisons,
25:07etc.
25:07En tout cas,
25:08parmi les gens,
25:09vous savez,
25:09moi je me rappelle très bien
25:10qui étaient là,
25:11c'était,
25:12on avait été invités
25:13à l'organisation
25:14de solidarité latino-américaine.
25:16Je reste un peu de temps
25:17là-dessus
25:18parce que ça concerne
25:19aujourd'hui aussi.
25:20Il y avait Marguerite Duras,
25:21il y avait tous les intellectuels
25:23qui venaient,
25:23il y avait,
25:24bon,
25:24Régis Debray était avec le TCHE,
25:25avait été emprisonné,
25:26etc.
25:27Ils ont fait partie
25:28de ceux
25:29qui ont vraiment
25:30fermé les yeux
25:31sur cette répression.
25:32Jean-Paul Sartre
25:33était venu en 60...
25:34Pourquoi a-t-il choisi
25:35de ne pas voir ?
25:35Expliquez-moi.
25:36Attendez,
25:36Jean-Paul Sartre
25:37est venu à Cuba
25:38un an après la révolution,
25:40il a fait 10 grands papiers
25:42dans François,
25:43« Ouragan sur le sucre »,
25:44il avait rencontré
25:45Che Guevara,
25:45Jean-Paul Sartre,
25:46Timone Devoir,
25:47tout ça.
25:47On a beaucoup parlé
25:48ensuite
25:48de l'aveuglement
25:50et peut-être
25:51de la trahison
25:52des intellectuels.
25:53Oui,
25:53il y a eu ça,
25:54on ne va pas le nier
25:55et on sait,
25:56on a peut-être
25:57été aveugle.
25:59bon,
26:00je ne me mets pas
26:00sur le même plan,
26:01ce n'est pas le problème
26:01mais c'est vrai
26:02qu'on ne...
26:03Moi, personnellement,
26:04je n'avais aucune idée
26:05de cela,
26:05aucune,
26:06et on l'a appris
26:07après avec un certain
26:09nombre de témoignages,
26:10etc.,
26:11etc.,
26:11et évidemment,
26:12mais il faut bien voir
26:13que ceci,
26:15ce qui est terrible
26:16effectivement dans l'histoire,
26:17c'est que comme aujourd'hui,
26:19attendez,
26:19je vais vous dire une chose,
26:20il faut le dire
26:21parce qu'il faut parler
26:21d'aujourd'hui,
26:22qui parle du génocide
26:24des chrétiens
26:25en Angola ?
26:25Qui ?
26:26On ne...
26:27qui parle de ce qui se passe
26:31avec les Ouïghours en Chine ?
26:32Très bien de parler de Gaza,
26:34mais pourquoi on ne parle pas
26:35de l'Angola ?
26:36Pourquoi on ne parle pas
26:37de l'esclavage en Mauritanie ?
26:38Pourquoi on ne parle pas
26:40du sort des femmes
26:41en Afghanistan ?
26:43En Iran ?
26:44Dites-moi,
26:44les ultra-féministes,
26:45on n'entend pas beaucoup,
26:46non,
26:47non,
26:47non,
26:47non,
26:47c'est pas le bon camp.
26:49Ah,
26:49si c'est pas le bon camp,
26:50donc ça ne va pas.
26:51C'est cette hémiplégie
26:53que j'ai connue,
26:54mais qui aujourd'hui
26:55est explosée
26:57avec ce qui se passe,
27:01explosée
27:02avec des gens
27:03qui pratiquent
27:04ce que j'appelle
27:05l'alignation
27:06à géométrie variable.
27:07Les seuls coupables,
27:09les seuls,
27:10ce sont les blancs,
27:11oui,
27:11bien sûr qu'ils ont été blancs,
27:13ils ont été,
27:13pardon,
27:14ils ont été coupables,
27:15mais les autres,
27:16et dites-moi,
27:17on parle de la traite négrière,
27:19pourquoi on ne parle pas
27:20de la traite arabo-musulmane
27:21qui a duré 4 siècles,
27:23où il y a eu 11 millions
27:24de noirs castrés,
27:2511 millions de noirs castrés,
27:27pourquoi on ne parle pas
27:28de la traite africaine ?
27:29Mais qui vendait
27:30les esclaves aux blancs ?
27:31C'était pas les africains,
27:33les monarques africains,
27:34alors ça suffit,
27:34et les tribus,
27:36ça suffit de nous raconter
27:37des histoires,
27:37et bien c'est la même chose,
27:39voilà,
27:39on ne touchait pas à Cuba,
27:41si on osait dire,
27:42et après on a vu,
27:43que,
27:44on ne savait pas
27:45que Castro,
27:46c'était un régime
27:47aussi autoritaire
27:49et oppresseur,
27:50et bien on était
27:51évidemment à la droite
27:52d'Adolf Hitler,
27:53ou presque.
27:53Oui,
27:54mais vous,
27:54quand vous en avez pris conscience,
27:56André Bercoff,
27:57de qui était Castro,
27:58racontez-nous ce moment-là,
28:00vous,
28:00qu'est-ce qui s'est passé en vous ?
28:01Ben,
28:02qu'est-ce qui s'est passé ?
28:03C'est pas ça.
28:03Déception ?
28:03C'est que,
28:04oui,
28:04mais comme quand j'ai su
28:07ce qu'il y avait en URSS,
28:09l'enfant que j'étais,
28:11on disait,
28:11Staline,
28:12le grand Staline,
28:13quand vous apprenez
28:14que ça veut dire
28:15que ça m'a amené,
28:16alors il faut que je vous le dise,
28:17simplement Céline,
28:19ça m'a amené
28:20à une très grande méfiance
28:22vis-à-vis des partis,
28:23vis-à-vis des idéologies,
28:25vis-à-vis des croyances,
28:26parce que ce sont des sectes.
28:27Quelque part,
28:28aujourd'hui,
28:29comme hier,
28:30comme hélas,
28:31demain,
28:31j'espère que,
28:32de moins en moins,
28:33ce sont des sectes.
28:34Donc vous adhérez,
28:35vous dites,
28:36mais non,
28:36mais non,
28:36personne,
28:37et quand on vous dit,
28:38mais c'est pas vrai,
28:38regardez le réel,
28:40regardez ça,
28:40vous dites,
28:41mais non,
28:41c'est parce que vous êtes un conservateur,
28:43parce que vous êtes un réactionnaire,
28:44parce que vous êtes ceci,
28:45parce que vous êtes,
28:46et moi je suis le camp du bien,
28:47c'est ça le terrible,
28:49c'est qu'on tombe
28:50dans cette espèce
28:51d'aveuglement sectaire
28:53qui vous fait que,
28:54quand le réel arrive,
28:55non non,
28:56c'est pas le réel,
28:56le réel,
28:57moi c'est mon narratif,
28:58c'est ce que j'ai écouté,
28:59c'est pas le réel,
29:00et aujourd'hui,
29:00très sincèrement,
29:01je me méfie,
29:02mais aujourd'hui,
29:04il y a déjà quelques années,
29:06je me fie totalement,
29:08radicalement,
29:10existentiellement,
29:11de ce sectarisme-là,
29:12qui franchement nous tue.
29:14Et oui,
29:14nous tue,
29:15on va continuer d'en parler
29:16dans un instant sur Sud Radio,
29:17vous allez effectivement
29:19nous raconter vraiment
29:20les raisons
29:21de votre désenchantement
29:23de la gauche,
29:24André Bercoff,
29:25dans un instant,
29:25sur Sud Radio,
29:27et vous allez nous parler
29:27surtout de comment aujourd'hui
29:29redonner goût aux Français,
29:31à la politique,
29:31André,
29:32à tout de suite,
29:32sur Sud Radio.
29:35Sud Radio,
29:37parlons vrai,
29:38Sud Radio,
29:39génération Bercoff,
29:41André Bercoff,
29:42Céline Alonso.
29:55Et vas-y,
30:00André Bercoff,
30:01on a mis
30:01Mylène Farmer sur Sud Radio,
30:02pourquoi ?
30:03Parce que vous aussi,
30:04effectivement,
30:05vous êtes d'une génération
30:07désenchantée.
30:07Oui, mais moi j'ai l'enchanté,
30:09à Mylène Farmer,
30:10je chante.
30:10Et oui,
30:11et les raisons
30:11de votre désenchantement,
30:13et bien c'est la mort
30:14de l'utopie de gauche,
30:15André.
30:16Votre désillusion,
30:17racontez-nous,
30:18elle s'est faite brutalement
30:19ou progressivement ?
30:21Progressivement,
30:21j'ai commencé à vous le raconter,
30:23mais je vais vous dire,
30:24c'est très intéressant,
30:25parce qu'on va reparler
30:27de surgenité et tout cela,
30:29mais elle s'est faite
30:31progressivement,
30:31parce que quand on a commencé
30:33à connaître vraiment
30:34les crimes de l'URSS,
30:36les crimes de Staline,
30:37quand on a vu,
30:38et c'était la même chose,
30:40je veux dire,
30:41Mao Tse-Tung,
30:42moi je me rappelle,
30:43moi alors j'étais déjà
30:44un peu en distance,
30:46la révolution culturelle,
30:48mais les Philippe Solers,
30:49les Macioki,
30:50ils allaient tous en Chine,
30:51ah, fabuleux,
30:53Mao, Mao,
30:53il n'y avait que les situationnistes,
30:55ils disaient,
30:56c'était la lutte entre Mao
30:57et il n'y a pas l'autre,
30:58c'était deux bureaucraties,
31:00tout aussi dictatoriales
31:01qui se baladaient.
31:02Il y a eu des millions
31:03et des millions de morts,
31:04il y avait des enfants
31:05qui donnaient leurs parents,
31:06il y a eu des tortures,
31:08des millions et des millions
31:09de morts,
31:09et nous avions nos petits
31:10intellectuels qui disaient,
31:11ah, la Chine c'est bien,
31:13évidemment je rentrais
31:14à Saint-Germain-des-Prés,
31:15j'étais content,
31:16et je pouvais dire
31:17que la Chine,
31:18je suis révolution culturelle.
31:20Vous savez,
31:21c'est formidable,
31:22c'est Guillaume Kengam,
31:23un extraordinaire,
31:25un type que j'adorais,
31:26qui faisait partie
31:27du frau homosexuel
31:28d'action révolutionnaire,
31:30qui a écrit ce livre
31:30qui s'appelait
31:31les lettres ouvertes
31:32aux maoïstes,
31:33à ceux qui sont passés
31:34du col mao au Rotary.
31:36Eh bien,
31:37c'est exactement ça.
31:38Tous ces bons petits bourgeois
31:39qui se sont ouverts
31:41des petits frissons,
31:42et j'en faisais partie
31:44à un moment donné,
31:44mais je suis parti
31:46il y a plus longtemps,
31:47qui,
31:48dans le petit confort
31:50de chez eux,
31:52à Paris ou ailleurs,
31:53prévait une révolution,
31:55pendant que des millions
31:56de morts
31:57à Cambodge
31:58et ailleurs,
31:59et aujourd'hui,
32:00en Angolaire,
32:01crèvent,
32:01oui,
32:02mais ça,
32:02c'est loin,
32:03c'est pas notre problème.
32:04Non, non,
32:04je me choisis,
32:05mes petites gardes
32:06de spécifisation,
32:07pour exister,
32:08vous voyez ?
32:09Eh oui,
32:09et par un mot sur,
32:11effectivement,
32:11l'archipel du goulag,
32:13paru en 1974,
32:15de Solzhenitsyn,
32:17André,
32:17qui a révélé,
32:17ça a été,
32:18oui,
32:18l'archipel du goulag,
32:19qui a révélé vraiment
32:20au monde entier
32:21ses crimes,
32:21effectivement.
32:22Il a été 12 ans au goulag,
32:23vous savez,
32:24il faut payer pour voir,
32:25et lui,
32:26qu'est-ce qu'il a payé
32:26Jean-Hélène Insigne ?
32:27Et c'était le quatrième
32:28clou du cercueil,
32:30le cercueil du communisme
32:31bolchevique
32:32qui a été enterré là.
32:33Et si vous voulez,
32:35le truc terrible,
32:36c'est qu'ils ont enterré
32:37aussi les vrais idos
32:38de la gauche,
32:39en quels je me reconnais,
32:40quand je dis une gauche,
32:41en tout cas,
32:42ça ne veut plus rien dire
32:43aujourd'hui.
32:44Parce que je vais vous dire
32:45pourquoi.
32:46On était à la fête,
32:47on était,
32:48attendez,
32:48à juste un moment,
32:49à la fête de l'humanité,
32:51la fête de l'humanité,
32:53là,
32:53il y a quelques semaines,
32:54j'ai regardé les images,
32:56et puis il y a eu
32:56un grand remplacement
32:57à la fête de l'humanité,
32:58c'est que la France insoumise
33:00de Jean-Luc Mélenchon
33:01a remplacé le parti communiste
33:03de Fabien Roussel.
33:04C'était un grand remplacement
33:06que l'on l'a constaté
33:07de visu.
33:08C'est pas formidable ça ?
33:09Voilà où en est la gauche.
33:11Alors,
33:11évidemment que
33:13quiconque,
33:13alors évidemment,
33:14ça marche très bien
33:15aux ceux qui ont besoin
33:16de sectes pour exister.
33:17La secte,
33:18ça marche du tonnerre de Dieu,
33:19ça marche encore aujourd'hui
33:20avec le gourou
33:21qu'on se choisit.
33:22Mais vous voyez,
33:22la gauche n'est plus là.
33:24Eh oui,
33:24la gauche n'est plus la gauche,
33:25André Bercoff.
33:26Alors vous,
33:26aujourd'hui,
33:27vous vous définissez
33:27comme anarchiste libéral.
33:31Mais qu'est-ce que ça veut dire
33:32précisément ?
33:33Et qu'est-ce qui vous distingue
33:34de l'anarchie classique,
33:36dirais-je ?
33:37Oui,
33:38non mais d'abord,
33:39l'anarchie classique,
33:40je ne vais pas commencer
33:41à faire un cours de philosophie,
33:42ça demanderait des heures.
33:44Je donne cette définition
33:46qui ne me plaît pas vraiment
33:47parce que
33:48anarchiste libéral,
33:50c'est un mot valise,
33:52c'est une auberge espagnole,
33:54on peut tout en mettre
33:54en deux mots.
33:56Je dirais que ce qui est
33:57le plus important pour moi,
33:58mais je crois que je ne suis pas le seul,
34:00on est des millions,
34:01c'est la liberté.
34:02Se battre pour la liberté
34:04envers et contre tout.
34:05Que ce ne soit pas seulement
34:06la liberté d'expression
34:07dont nous avons parlé plus tôt
34:09avec Fabrice et Belboin,
34:10que ce soit pour la liberté
34:11et de choisir sa vie,
34:13que ce soit pour la liberté,
34:14de choisir ce qu'on veut être,
34:16c'est tellement important.
34:18Face aux intégrismes,
34:20face au wokisme,
34:21face à tous ceux
34:22qui veulent nous enfermer
34:23dans des bulles,
34:27dans des cavernes
34:29où ils ne veulent surtout pas
34:30qu'on sorte,
34:31la liberté,
34:31c'est extrêmement important.
34:33Et puis l'autre chose aussi,
34:34c'est arrêter,
34:36effectivement,
34:36avec ce communisme
34:39qui en fait
34:40est très proche du fascisme,
34:42parce que c'est un bon chiffre,
34:43très proche du fascisme,
34:44il faut bien le dire,
34:45ceux qui veulent
34:46l'enrégimentation,
34:48ceux qui veulent la censure,
34:49ceux qui veulent l'État,
34:50l'État absolument souverain,
34:54l'État qui décide de tout,
34:55vous voyez,
34:56et ça,
34:56on voit très très bien
34:57les résultats,
34:58et cette espèce
34:59de faux libéralisme,
35:01parce que quand
35:01toute la France est libérale,
35:02il hurlait de rire,
35:03la France est étatiste,
35:04la France est une monarchie bananière
35:07aujourd'hui,
35:07c'est tout ce qu'on veut,
35:09sauf un État libéral.
35:11Donc,
35:11voilà,
35:12si vous voulez,
35:13je ne trouve pas
35:13de meilleure définition,
35:14mais je dirais que...
35:15C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
35:17pour résumer,
35:17effectivement,
35:18votre point de vue,
35:19c'est le seul parti
35:20pour lequel vous pourriez voter
35:22aujourd'hui,
35:22on peut dire que ce serait
35:23le parti du bon sens,
35:24André ?
35:24Absolument,
35:25absolument,
35:26on n'est ni de droite
35:27ni de gauche,
35:28pour moi,
35:29c'est le bon sens,
35:30c'est le bon sens,
35:30c'est ce que c'est,
35:31c'est le respect du réel.
35:33On l'a vu
35:34pour le Covid,
35:35on la voit pour la Russie-Ukraine,
35:37on ne le voit moins rien,
35:38tout ça.
35:38À un moment donné,
35:39le réel enfonce la porte,
35:40et quand le réel enfonce la porte,
35:42il faut quand même le regarder.
35:43Vous savez ce qui se passe ?
35:44C'est que beaucoup de gens,
35:46et je vois très très bien
35:46que ce soit partout,
35:48dans les médias,
35:49chez les politiques ou ailleurs,
35:50ils voient ce qu'ils...
35:51Il y a le tableau,
35:52le tableau du monde,
35:53il est immense.
35:54Et ils ne voient que
35:55ce qui les intéresse,
35:56la partie du tableau
35:57qui les intéresse,
35:58et ils confondent
35:59l'arbre et la forêt.
36:00Et c'est,
36:01vous savez,
36:02le sage montre la lune,
36:04l'imbécile regarde le doigt.
36:06Eh bien,
36:07nous avons une classe
36:08intellectuale,
36:11politico-médiatico,
36:12dont certains se contentent
36:14de regarder le doigt.
36:16Et c'est pour ça
36:17que nous en sommes là.
36:19J'espère que,
36:19quand même,
36:20quelque part,
36:21ça va bouger.
36:22Et on est beaucoup,
36:22beaucoup à vouloir
36:23que ça bouge.
36:24Oui.
36:24Mais alors,
36:24André Bercoff,
36:25aujourd'hui,
36:26qu'auriez-vous envie
36:26de répondre à tous ceux
36:27qui vous classent
36:29à l'extrême droite,
36:30à ceux qui vous traitent
36:31de fachos,
36:31même certains qui osent
36:33vous traiter
36:34de génocidaires,
36:36sionistes.
36:37Bien sûr,
36:37sionistes,
36:38sionistaires,
36:39et en même temps,
36:40ils me traitent aussi
36:41de grands poutinolâtres,
36:43partisans de Poutine.
36:44Voilà.
36:44Donc,
36:45vous savez,
36:49passer pour un idiot
36:51aux yeux d'un imbécile
36:52est une volupté
36:53de fin gourmet,
36:54comme disait Courteline.
36:56Moi,
36:56je crois que,
36:56simplement,
36:57il faut suivre sa route.
36:58C'est complètement imbécile.
37:00J'ai été le premier,
37:01il y a 50 ans,
37:02le premier,
37:02l'un des premiers
37:03à parler de la solution
37:04à deux États.
37:05Ce n'est pas pour demain.
37:06Je parle
37:06État palestinien
37:07à côté d'un État israélien.
37:09Si,
37:09pour ceux qui veulent
37:10éradiquer complètement
37:11l'État israélien,
37:12évidemment,
37:12je ne suis pas là
37:14pour faire la solution finale.
37:16En revanche,
37:17en revanche,
37:17ce qu'il faut dire un peu,
37:18c'est qu'il faut arrêter
37:20cette réduction
37:21à d'Hitlerum grotesque
37:22pour revenir en France.
37:24C'est que,
37:24dès que vous n'êtes pas
37:25à la gauche,
37:26mais quoi à la gauche ?
37:27Si vous n'êtes pas
37:28un tout petit peu
37:29à droite de Mélenchon,
37:30vous êtes un réactionnaire.
37:31C'est tellement grotesque,
37:33ces noms d'oiseaux.
37:34Il n'y a plus,
37:35si vous voulez,
37:35de débat d'idées,
37:37il y a un débat d'étiquette.
37:38Et ce débat d'étiquette
37:40est tellement grotesque.
37:40C'est la paresse.
37:41Vous savez,
37:42on prend des béquilles,
37:43au lieu de discuter
37:44avec quelqu'un,
37:45ce que nous faisons aujourd'hui,
37:46ce que nous faisons
37:47à Sud Radio,
37:47ce que nous faisons ailleurs,
37:49au lieu de discuter,
37:50eh bien,
37:50on ne discute de rien.
37:52Pourquoi ?
37:52Parce qu'ils ne veulent
37:53surtout pas discuter d'opinion,
37:55parce que ça demanderait
37:56effectivement des arguments.
37:58Ils discutent de passion.
37:59Or,
37:59vous ne discutez pas
38:00avec une passion.
38:01Quand vous avez une passion,
38:02vous ne discutez pas,
38:03vous l'acceptez,
38:03vous ne l'acceptez pas.
38:05Or,
38:05quand la passion
38:06et l'émotion
38:07la plus
38:09remplacent l'opinion,
38:10remplacent les arguments,
38:11remplacent le réel,
38:13eh bien,
38:13il y a plus de discussions possibles.
38:14Et il est là,
38:15le problème.
38:16Le problème,
38:16André Bercoff,
38:17c'est qu'aujourd'hui,
38:17il faut le dire,
38:18la France est au bord du gouffre.
38:20Alors,
38:20vous,
38:20vous citez régulièrement
38:23Javier Milei.
38:24Est-ce qu'il nous faudrait,
38:25aujourd'hui,
38:26en France,
38:26selon vous,
38:27un Javier Milei ?
38:28En tout cas,
38:29il faudrait des gens
38:29qui,
38:29comme Javier Milei,
38:31ramènent l'inflation.
38:32Alors,
38:32l'argentine,
38:32ce n'était pas la France.
38:33Mais c'est vrai.
38:34Nous,
38:34nous avons 3 500 milliards
38:38de dettes.
38:38Nous avons des gens
38:42qui n'en peuvent plus
38:43que ce soit à la pompe
38:45et ailleurs
38:45et on nous parle
38:46de faire la guerre à la Russie.
38:47Non,
38:47mais où on est là ?
38:48Où on est ?
38:49Il faut quand même
38:50se poser le problème
38:51une fois pour toutes
38:52et savoir
38:53ce que veut dire le bon sens.
38:55Et moi,
38:55je vais vous dire,
38:56quand vous parlez
38:56de la France
38:57qui est au bord
38:58du gouffre,
38:59j'espère qu'on ne fera pas
39:00un grand point en avant.
39:01Oui.
39:01Il est là,
39:02le problème.
39:03Le problème,
39:03c'est l'homme providentiel.
39:04Il est où aujourd'hui,
39:05selon vous,
39:06André Bercoff ?
39:06Vous savez,
39:07l'homme providentiel,
39:08je vais vous dire,
39:09l'homme providentiel,
39:11je ne sais pas
39:11où il est,
39:12mais la nature
39:13est en horreur du vide.
39:14L'homme ou la femme
39:15providentielle,
39:15d'ailleurs,
39:16ou l'équipe providentielle,
39:17elle arrivera.
39:18Il faut faire attention.
39:19Moi,
39:19je vais vous dire,
39:20je crois que c'est,
39:22effectivement,
39:23il faut faire très,
39:23très attention
39:24que l'homme providentiel
39:26ne soit pas
39:26le tyran providentiel,
39:28ne soit pas
39:29l'irresponsable providentiel.
39:31En fait,
39:32ce qu'il faut,
39:33c'est des contre-pouvoirs.
39:34En France,
39:35notre vrai problème,
39:36c'est les contre-pouvoirs.
39:37Il faut absolument
39:38multiplier les contre-pouvoirs
39:40et arrêter,
39:41et on finit avec ça,
39:42les gens qui ne font
39:43que gaspiller
39:44notre argent,
39:45de gaspiller
39:46notre futur
39:47et de gaspiller
39:48nos bonheurs.
39:49Fini la chasse,
39:51commencez, pardon,
39:52la chasse au gaspille,
39:53la vraie.
39:53Mais êtes-vous optimiste
39:55pour 2027,
39:56vu la situation actuelle
39:57de la France ?
39:58Écoutez,
39:59il faut être lucide,
40:00il faut se battre.
40:02On va se battre
40:03et on se bat ici
40:04dans Génération Bercoff
40:06et sur Sud Radio,
40:07la radio du Parlons Vrai,
40:09André Bercoff.
40:10On va se retrouver
40:11vendredi prochain
40:12de 12h à 14h
40:13sur Sud Radio.
40:15On va notamment
40:16parler de mai 68
40:19qui a été un véritable séisme
40:21politique en France
40:22pour le meilleur
40:23et pour le pire.
40:25Alors aujourd'hui,
40:25que reste-t-il
40:26de cette génération ?
40:27Rendez-vous la semaine prochaine
40:29dans Génération Bercoff
40:30sur Sud Radio.
40:32Tout de suite,
40:33c'est Brigitte Laé
40:34sur Sud Radio.
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