00:00Vous passez à Alexandre Astier et vous allez écouter ce que dit Alexandre Astier qui est un comédien
00:05et qui est en miroir de ce qu'a dit hier Teddy Riner.
00:08Et on va l'écouter mais c'est pas pour condamner ce que dit Alexandre Astier, c'est pas le
00:12but, c'est vraiment pas le but.
00:14Le but c'est de constater que ce qu'il dit, ce qui m'intéresse toujours c'est qu'il
00:18le pense.
00:19S'il le dit c'est qu'il le pense et je suis étonné de ce qu'il pense pour
00:22tout vous dire.
00:23Mais peu importe, c'est pas le sujet.
00:25Donc il imagine lui que demain cette élection présidentielle, c'est le nazisme, c'est le fascisme qui pourrait l
00:32'emporter.
00:32C'est ça qui m'intéresse. Je me dis mais comment des comédiens peuvent-ils à ce point penser cette
00:38situation aussi dramatique ?
00:39Donc il était interrogé par quelqu'un qu'on a bien connu sur ce plateau qui s'appelait Clément Victorovitch
00:44qui est aujourd'hui youtubeur et il avait publié, alors c'est pas nouveau, ça date du 28 mai, une
00:50interview d'Alexandre Astier.
00:52Mais elle est en miroir, je vous le disais, de ce qu'a dit Teddy Riner et en miroir aussi
00:57de ce qu'a pu dire Léon Marchand.
00:59Écoutez, dites-moi ce que vous en pensez.
01:01Moi j'ai très peur de ce que je vois là, j'ai très peur de l'avènement de certaines
01:05choses que je croyais.
01:06Je suis quand même né dans un monde, je suis pas si vieux que ça, mais enfin quand même, moi
01:10j'ai connu un monde
01:11où le monde de Le Pen, c'était une espèce de fin de fond de peau de mec nostalgique, un
01:20peu de pétain, un peu de l'Algérie, un peu de machin
01:23qui faisait 3% aux élections et où on se foutait un peu de leur gueule quoi.
01:27C'était un peu les zinzins, mais là les gars, ils sont super là quoi.
01:34C'est plus du tout anecdotique, c'est plus du tout, pourtant c'est les mêmes, faut arrêter les conneries,
01:40faut arrêter de dire, oh ça a rien à voir, si ça a complètement à voir.
01:43Et ils sont là, pour de bon, ils sont en Italie, ils sont partout.
01:50Ça, je suis content d'en avoir plus que pour, si tout va bien, une trentaine d'années.
01:54Je reste pas 60 là, c'est fou, ça va.
01:58Parce que moi j'ai été aussi élevé dans le fait de dire que ces gens-là, c'était juste
02:02dangereux en fait.
02:03C'était clair quoi, je dis pas qu'on sortait de la guerre en 74, mais il y avait un
02:08truc, il y avait encore les restes de ça.
02:10On touche pas à ça, on ne touche pas à ça.
02:14Il y a quelques nostalgiques de tout un truc un peu zinzins, mais ça non, c'est surtout pas.
02:20Bah là, le surtout pas, il se froisse quoi, il s'effrite sérieusement.
02:27Et maintenant on nous les fait passer pour dire, ils sont dans Paris Match et dans machin et tout.
02:31Moi je suis pas élevé comme ça, moi j'ai pas les armes pour ça.
02:35J'espère que mes enfants les auront.
02:36Moi je suis un peu...
02:40Bon, je le répète, il s'agit pas de condamner ce qu'il dit, à mon avis.
02:43Il s'agit simplement d'essayer de comprendre pourquoi il dit ça.
02:48Bon, il est comédien, il est en rapport avec le public, il y a 35% des gens qui s
02:53'apprêtent à voter pour l'ERN.
02:55C'est donc, c'est pas exactement l'analyse qui peut être juste.
02:58La sienne ne...
03:00Il a donné la réponse.
03:02Il croit toujours que c'est le Front National de l'époque.
03:04Et il dit, ce Rassemblement National ne peut pas nous faire croire qu'ils ont changé, ce sont les mêmes.
03:10C'est ça sa réponse.
03:11Joachim Lefloc-Imad.
03:12C'est un discours qui est extrêmement daté.
03:13Je me souviens d'un texte de Philippe Muray de 2002 qui déplorait déjà cet antilopénisme qui tenait lieu non
03:18pas de pensée mais de passion.
03:21On voit bien, je pense que tout le monde a le droit d'exprimer une opinion, tout le monde a
03:24le droit de faire du marketing,
03:26tout le monde a le droit d'être dans une logique de signalement, de vertu, tout le monde a le
03:29droit de s'inquiéter de 2027.
03:30Maintenant, ce qui devrait inquiéter ces gens-là aussi, c'est la situation présente.
03:33Ce ne sont pas eux qui subissent l'insécurité, l'immigration hors de contrôle, ce n'est pas eux qui
03:37sont à l'europrès à la fin du mois,
03:38ce n'est pas eux qui subissent le délitement de chaque service public.
03:41C'est de ça qu'ils devraient s'inquiéter et en ne s'en inquiétant pas, ils nourrissent le sentiment
03:45qu'ont une grande partie des Français d'une sécession d'une élite politique, médiatique, culturelle.
03:50Et c'est ça qui est vraiment au fondement de la crise démocratique qu'on vit actuellement.
03:54Alexandre De Vecchio ?
03:54Ce qui est intéressant, c'est qu'il parle de son éducation, de sa jeunesse et en fait, il nous
03:59résume un peu 30 ans de propagande médiatique.
04:01Tout de même, parce qu'on lui a expliqué que les uns et les autres étaient des nazis.
04:07Jean-Marie Le Pen a eu des provocations antisémites qui vraiment étaient condamnables et ont peut-être justifié qu'il
04:13y ait une forme de cordon sanitaire autour de lui.
04:15Mais moi, je ne vois pas le parallèle entre ce que dit aujourd'hui Marine Le Pen et les erreurs
04:20les plus sombres de l'histoire.
04:21Mais les prisonniers d'une rhétorique, comme beaucoup de gens de sa génération, il l'a tellement entendu que le
04:27récit est devenu la réalité.
04:30Il y a des personnes qui ont peur de ce qu'ils fantasment, puis il y a des personnes qui
04:33ont peur de ce qu'ils vivent.
04:34Tout à l'heure, vous avez lu un message où la communauté juive va célébrer...
04:40Mais d'ailleurs, Guy Citrucq, pardonnez-moi, il est né en Tunisie, j'ai dit né en France, j'ai
04:45fait un lapsus.
04:46Mes deux parents étaient nés en Tunisie, comme moi et mes deux sœurs, et pourtant je me sens pleinement français.
04:51Pardonnez-moi.
04:52Nous allons célébrer Kipour sous protection policière, nos enfants vont à l'école sous protection policière,
04:57on se rappelle des enfants de Toulouse, etc.
04:59Voilà où est le danger aujourd'hui.
05:01Oui, c'est-à-dire qu'une partie de la population est en insécurité en France, et ça ne vient
05:06pas de ce côté-là.
05:07Non, mais ce qui me frappe dans Alexandre Estier, c'est qu'en plus, il n'est pas précis.
05:11Exactement.
05:11C'est-à-dire que ce n'est pas très argumenté, je ne veux pas le critiquer non plus, parce
05:15que c'était d'Irinère hier.
05:17Ce n'est pas très argumenté, mais peu importe, j'ai envie de dire.
05:20Il pense ça.
05:22Il pense ça.
05:22Alors vous, vous dites, c'est le résultat d'un bourrage de train de 30 ans.
05:26Il dit, c'est les mêmes, alors M. Chenu, M. Jacobelli, pourquoi pas, M. Bardella, ce seraient les mêmes que
05:35des pétinistes.
05:36C'est un ridicule.
05:37Voilà, tout ça ne tient pas, évidemment.
05:40L'héritage pétiniste, on sait de quel côté il est aujourd'hui.
05:42Oui, et puis, bon, on va en parler pendant des heures.
05:47Et alors, effectivement, ce que vous avez dit, parce qu'hier sur Europe 1, nous étions entre 16h et 18h.
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